Le tabou républicain de la petite muette : violence des surveillants sur les prisonniers

[LIBERTÉ D’INFORMER] Laurence Delleur est journaliste et documentariste. Elle a notamment travaillé plusieurs années sur la violence des surveillants de pénitencier envers les prisonniers. Laurence Delleur a décidé de développer ce sujet dans un documentaire «Matons violents, la loi du silence» qui a été diffusé sur France 5 le dimanche 11 juin 2018 à 22h30. L’occasion pour nous de revenir sur la genèse du projet et des difficultés rencontrées pour développer un sujet si délicat, dans un lieu si tabou.

Quand les religieux se mêlent de la politique

[TRIBUNE LIBRE] Cette nouvelle loi est taillée sur mesure pour punir les faibles. En Mauritanie, le tissu social se dégrade de jour en jour face à l’impunité. Le raciste esclavagilise avec les discriminations et les détournements de ces personnes, il les emprisonnent dans l’insécurité… Ces pratiques sont contraires à l’Islam.

En Mauritanie, Aziz berne le monde : la lutte contre le terrorisme excuse tout !

[TERRORISME] Le Président Aziz comme ses paires a demandé une importante aide financière pour maintenir les soldats dans ces zones à très fortes tensions. La communauté internationale est sous l’influence du Président de la Mauritanie puisque le monde est en guerre contre le terrorisme, ce qui excuse les formes d’autoritarisme que le pouvoir exerce.

« J’ai 20 ans et je veux un futur »

[MIGRATION] Rania Mustafa Ali a filmé son voyage de Kobani en Syrie à l’Autriche. Ses images montrent ce que de nombreux réfugiés affrontent lors de leur voyage risqué en Europe. Rania a rencontré des passeurs, elle fut gazée et battue à la frontière macédonienne. Elle risqua ensuite de se noyer en Méditerranée, voyageant dans un bateau destiné à accueillir 15 personnes mais bourré avec plus de 60 personnes.

Comprendre les enjeux de la loi “Secret des Affaires” pour les journalistes

[SECRET DES AFFAIRES] 61 voix contre 21. Voici le résultat du vote de la proposition de loi « Secret des Affaires » adoptée jeudi 14 juin à l’Assemblée. Si elle n’est pas la première loi controversée de la République En Marche, la directive sur le secret des affaires alarme la sphère journalistique. Mais attention: si les journalistes et lanceurs d’alerte se dressent au nom de la liberté d’informer, ils ne récusent pas la proposition dans son entièreté. A travers une pétition rassemblant 548.690 signataires, les rédactions et ONG demandent simplement la limitation du champ d’application de la loi au domaine concurrentiel.

Lancer une alerte à l’ère du numérique

Dans un monde rythmé par des algorithmes dont le langage se traduit par des 1 et des 0, le lanceur d’alerte s’inscrit dans ce nouveau rapport au monde. Un simple « copier-coller », un simple clic sur une touche de votre clavier, et ce sont des milliards de documents qui peuvent être transmis instantanément.

C’est autour de ce constat qu’a commencé la discussion entre Rayna Stamboliyska, experte en gestion des risques et des crises, Francis Chateauraynaud, sociologue à l’origine du terme « lanceur d’alerte » et Antoine Deltour, lanceur d’alerte dans l’affaire Luxleaks, à l’occasion de la table ronde «Le lanceur d’alerte et la démocratie numérique» organisée par la Fondation Biermans-Lapôtre à Paris dans le cadre d’Université pour la paix 2018.

Seule la justice décide d’attribuer le statut de lanceur d’alerte

En janvier 2018, la justice juge deux hommes de l’affaire LuxLeaks qui obtiennent des statuts différents malgré leur travail en commun et leur implication égale. Ainsi, Antoine Deltour est qualifié de «lanceur d’alerte» par la Cour de cassation du Luxembourg. À l’inverse, les documents transmis par Raphael Halet, autre divulgateur de l’affaire Luxleaks, n’ont pas été jugés suffisamment d’intérêt général. Par conséquent, ce dernier n’est pas considéré comme lanceur d’alerte par la justice, mais comme un délateur ou un « oiseau de mauvaise augure », pour reprendre un terme qui a précédé celui de « lanceur d’alerte ».

Pour le sociologue Francis Chateauraynaud, « l’incertitude étant omniprésente, nous devons d’abord éclaircir les définitions ». Comme en France avec la loi Sapin 2, dans plusieurs pays, le législateur se penche dans l’urgence sur une définition juridique du terme. Mais il est difficile de donner un écho législatif juste à une réalité sociale qui se construit. Comme le souligne Antoine Deltour, « certains lanceurs d’alerte sont en avance sur leur temps et mordent la poussière ».

Le lanceur d’alerte et ses profils divers

Le numérique joue un rôle important dans la complexification de cette définition. La facilité de circulation et de consultation de documents dévoilés donne une autre ampleur aux alertes. Cette problématique atteint son point culminant avec le cas de Julian Assange, co-fondateur de Wikileaks. Selon lui, la « transparence radicale » est l’idée à défendre, malgré les dommages collatéraux.

Antoine Deltour a quant à lui choisi de « faire confiance à la déontologie journalistique ». Les journalistes ont les compétences pour évaluer l’intérêt de la divulgation et la capacité pour traiter et vulgariser les données. Cependant Rayna Stamboliyska explique que cela implique un choix éditorial pour le journaliste, et donc nécessairement un jugement et un tri dans l’information. « C’est à celui qui diffuse de prendre la décision », précise-t-elle.

L’illusion d’agir

Le numérique a été l’étincelle qui a permis l’embrasement de plusieurs alertes ces dernières années, mais il a aussi apporté de nouveaux obstacles à la propagation de ces alertes. Les lanceurs d’alerte sont les premiers concernés comme le raconte Antoine Deltour : « le numérique a permis que je ne passe pas des heures devant une photocopieuse mais ça a aussi conduit à ma condamnation parce que j’avais laissé des traces dans le serveur de l’entreprise ».

Par ailleurs, l’ex-employé de PwC a rencontré un fort soutien financier et moral avec la réalisation d’une pétition. Et puis, Internet a fait vivre l’alerte. Mais Françis Chateauraynaud averti : « le numérique donne l’impression de remettre l’information en circulation, et pourtant ça n’a pas d’impact tangible. La participation à un réseau donne simplement l’illusion d’agir. »

Aujourd’hui le terme de lanceur d’alerte est entré dans le langage courant pour parfois se galvauder. Pourtant, il connait une définition juridique claire et précise avec la loi Sapin 2. Par ailleurs, l’esprit de cette loi est bien de protéger l’administration, les entreprises et un fonctionnement juste de ce processus démocratique, loin de donner les pleins pouvoirs aux personnes qui dénoncent des pratiques illégales à l’intérieur de leur entreprise. Bien que des lanceurs d’alerte occupent régulièrement les gros titres des médias et l’actualité judiciaire, leur impact sur les enjeux sociétaux reste limité. Pour preuve, malgré l’affaire LuxLeaks, l’entreprise PwC se porte bien.  

Maria Efimova : une lanceuse d’alerte menacée en toute légalité par les institutions

Cinq mois après le meurtre de la journaliste maltaise Daphné Caruana Galizia, Le gouvernement et la police maltais ont été fortement critiqués pour ne pas avoir enquêté sur le meurtre de manière appropriée. Ils ont attiré l’attention de la communauté internationale qui est concernée par le droit à la liberté de la presse.

En décembre 2017, une délégation composée de membres du Parlement européen s’est rendue à Malte pour une mission d’enquête. Les députés ont qualifié leur expérience de « extrêmement préoccupante ». Ils ont expliqué que la police et le procureur général maltais ont tous deux exprimé « un haut degré de réticence à enquêter et à ne pas poursuivre la corruption et le blanchiment d’argent », selon Sven Giegold, parlementaire européen.

A la recherche du commanditaire et de son mobile

Vince Muscat, Alfred Degiorgio et George Degiorgio ont été mis en accusation devant le tribunal le 5 décembre.pour meurtre, conspiration, appartenance à une bande criminelle, utilisation d’explosifs pour tuer, possession d’explosifs et rechute. Ils plaident tous non coupables.

Beaucoup de gens déclarent qu’il y a une motivation politique derrière l’assassinat, et que l’ordre de tuer doit avoir été commandé à un pouvoir supérieur. Le gouvernement maltais offre une récompense de 1 million d’euros pour des informations sur qui a ordonné le meurtre de Caruana Galizia, et l’enquête reste ouverte.

Maria Efimova, la lanceuse d’alerte qui a fait savoir à Daphné Caruana Galizia qu’elle risquait d’être visée par le gouvernement maltais soupçonné d’être corrompu, s’est rendue lundi 19 mars 2018 aux autorités athéniennes. Ses informations contenaient des détails sur les transferts de grandes quantités d’argent aux comptes de la famille royale d’Azerbaïdjan d’Egrant, une entreprise domiciliée au Panama qui était impliquée dans le scandale des Panama Papers.

La lanceuse d’alerte harcelée et menacée en toute légalité par les institutions

Maria Efimova a travaillé dans une banque privée, Pilatus, où elle a affirmé que des fonds avaient été transférés illégalement à des politiciens maltais et au président des enfants azerbaïdjanais. Deux autres entreprises mentionnées dans les documents de Panama appartenaient au ministre maltais de l’énergie et au chef de cabinet du Premier ministre. Efimova a affirmé qu’Egrant appartient à l’épouse du premier ministre, Michelle Muscat.

Voyant le sort de Daphné Caruana Galizia, Maria Efimova s’est éloignée de Malte. Cependant, quitter le pays n’était pas suffisant pour éviter la persécution ou les poursuites. Maria Efimova, confrontée à un mandat d’arrêt européen émis par des fonctionnaires maltais, s’est présentée le 19 mars à un poste de police athénien, affirmant qu’elle était en détresse émotionnelle et craignait pour sa propre vie.

Les allégations selon lesquelles Maria Efimova aurait formulé de fausses allégations contre la police locale ont conduit à un autre mandat d’arrêt à Chypre, où elle vivait et travaillait chez Pilatus, pour avoir fraudé son employeur.

Les membres du même groupe de députés qui se sont d’abord rendus à Malte pour enquêter sur le décès de Caruana Galizia en décembre ont publié une déclaration sur ce nouveau développement. « Nous appelons les autorités grecques à assurer à Maria Efimova la protection et la sauvegarde de sa sécurité, celle de sa famille et à ne pas la renvoyer à Malte. »