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Côte d’Ivoire-Paris : l’affaire des « nounous esclaves » au tribunal de Nanterre

[Par Armand IRE’]

Elle s’appelle Sy Kadidia. Elle est de nationalité burkinabé et est la compagne attitrée de l’ex-chef de la rébellion ivoirienne, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Kigbafori Soro. Elle était à la barre du tribunal correctionnel de Nanterre en région parisienne le lundi 8 septembre 2014, pour trafic d’êtres humains, travail dissimulé et absence de bulletins de paie. Cette affaire qui a cours depuis 2008, l’oppose à deux de ses compatriotes qu’elle a engagées à son service et qui l’accusent de les avoir soumis à des traitements dégradants. Nous étions à Nanterre.

Tribunal correctionnel de Nanterre [Photo tirée de affiches-parisiennes.com]

Tribunal correctionnel de Nanterre [Photo tirée de affiches-parisiennes.com]

Allure guindée, démarche assurée, visage affublé d’une paire de lunettes de correction, Sy Kadidia a le visage serein lorsque, accompagnée d’une amie, elle quitte pour un temps court la salle d’audience, quelques minutes avant le début de son procès. Lorsqu’à sa sortie de l’ascenseur, nous tentons de lui arracher quelques mots, celle qui lui sert, on va dire, de garde du corps s’interpose. La compagne de Guillaume Soro file vers la salle d’audience. Quelques minutes après 15h, elle est appelée à la barre. Veste noire et pantalon assorti soutenu par une sorte de body blanc, Sy Kadidia vue de près est d’allure juvénile. Elle tente tant bien que mal de faire face à l’armada de questions parfois intimes que lui pose le juge. Pour elle, ses ex-employées sont bien ingrates. Elle les a nourries, logées, blanchies et voilà comment elle est récompensée. « Elles voyageaient en business class aux frais de mon mari », dira-t-elle en substance. Aux frais de son « mari » ou aux frais du contribuable ivoirien ?

Alain Lobognon et de fausses attestations

Alain Lobognon veut les CAN 2019 et 2021 pour la Côte d'Ivoire. [Photo tirée de rti.ci]

Alain Lobognon  actuel ministre des sports de la Côte d’Ivoire.
[Photo tirée de rti.ci]

Tout commence en 2008. Guillaume Soro est alors Premier ministre suite aux accords de Ouagadougou. Son fils, aujourd’hui âgé de 7 ans, est victime d’une très grave maladie du sang : l’hémophilie. Sy Kadidia, la mère de l’enfant, l’envoie rapidement en France pour des soins. L’état du petit Soro demande une surveillance constante. Kadidia décide de prendre une nounou pour s’occuper de son fils. Les services de Guillaume Soro entrent alors en scène. Selon le juge dans sa présentation des faits, Alain Lobognon, actuel ministre des sports ivoirien, à cette époque conseiller spécial en charge de la communication à la Primature, aurait fait de fausses attestations où il présente Rosalie Nabi, la première nounou, et plus tard la seconde, comme des personnes travaillant pour le compte de l’État de Côte d’Ivoire, et étant affectées à ce titre comme dames de compagnie de Kadidia. A la question du juge, à savoir pourquoi avoir produit ces attestations non conformes à la qualité des plaignantes, Sy Kadidia avouera que c’était dans le but de leur obtenir des visas. Traitées comme des esclaves de Ouagadougou, elle et sa patronne débarquent dans le 16e arrondissement, quartier chic de Paris, dans un trois pièces. Après plusieurs va et vient entre Ouaga , Abidjan et Paris, Sy Kadidia décide de s’installer en France : sa fille de 17 ans, issue d’une première union et qui vit avec elle à Ouaga, est française. Ce qui lui permet de bénéficier d’une carte de séjour. A Paris, le caractère acariâtre de Sy Kadidia atteint son paroxysme, selon les explications de Rosalie Nabi mais aussi de la seconde nounou, Marie Drabo qui, à un an d’intervalles a vécu le même calvaire que sa compatriote. Être au service de la compagne de Guillaume Soro n’est pas une partie de plaisir, disent-elles. Le salaire est dérisoire au vu du droit du travail en France et même au Burkina Faso. 45 euros (29.475 FCFA environ) de salaire mensuel selon les filles, 80 euros (52 400 FCFA environ) selon la version de Kadidia. On est bien loin du compte. Les deux travailleuses ne sont pas déclarées, elles n’ont aucun bulletin de salaire, travaillent dès le lever du jour et finissent tard dans la nuit. Malgré qu’elles n’aient pas vécu à la même période chez leur ex-patronne, leurs récits se rejoignent très souvent. Elles affirment manger les restes de leur patronne, veiller à l’hôpital Necker où était souvent hospitalisé le petit Soro. Elles n’ont pas droit à des congés, reçoivent des insultes lorsque dame Kadidia jugeait que leur cuisine n’était pas bonne. De véritables esclaves en somme selon leur avocat. Fatiguées de vivre ce calvaire, l’une a récupéré son passeport alors que sa patronne était sortie et l’autre a profité du fait qu’elle devait retirer un colis avec son passeport qui lui avait donc été remis par sa patronne… pour prendre le large.

Me David Desgranges avocat des nounous de la compagne de Guillaume Soro, président de l'Assemblée nationale de Côte d'Ivoire. [Photo tirée de ivoirebusiness.net]

Me David Desgranges avocat des nounous de la compagne de Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire. [Photo tirée de ivoirebusiness.net]

Aujourd’hui, épaulées par le Comité contre l’esclavage moderne, elles ont porté plainte. Après la remarquable plaidoirie de leur avocat, Maitre David Desgranges, et le réquisitoire très dilué du procureur qui a requis trois mois de prison avec sursis et une amende de 5000 euros (3.275.000FCFA environ) à l’encontre de la prévenue, le tribunal a renvoyé son verdict au 6 octobre prochain. Le principal axe de la ligne de défense de Sy Kadidia est qu’elle ignorait tout du droit du travail en France. Selon elle, son compagnon a les moyens de lui permettre de payer ses employées en conformité avec le barème français. C’est la tête enveloppée d’un foulard blanc que l’épouse de Guillaume Soro a quitté le tribunal de Nanterre pour s’engouffrer à l’arrière d’une grosse cylindrée en compagnie de sa famille.

Médiapart c’est l’Afrique à part

[Par Armand IRE]

Au 8, passage Brulon du 12e arrondissement de Paris trônent des bâtiments en métal à l’architecture contestable. C’est à partir de ces lieux déjà historiques que « sévit » le journal en ligne l’un des plus indépendants de France et même d’Europe. Sans doute un immense privilège pour nous, journalistes exilés, de partager un moment l’espace de travail de ces confrères qui chamboulent volontiers le paysage politico-économique français. Un constat cependant : Médiapart est bien loin de l’Afrique noire. Compte-rendu de la visite.

Visite à Mediapart [Crédit Photo  Muzaffar Salman]

Visite à Mediapart [Crédit Photo Muzaffar Salman]

Les scandales révélés par ce quotidien numérique financièrement bien installé (du fait de ses 96.400 abonnés) sont nombreux et ont un impact important en France. Un exemple : l’affaire « Karachi » et la vente d’armes et de sous-marins au Pakistan avec, à la clé, d’astronomiques rétrocommissions (alors qu’Edouard Balladur était encore Premier ministre et candidat à la présidentielle française). Autre exemple: l’affaire Cahuzac du nom de l’ancien ministre délégué au Budget de François Hollande (qui, après avoir nié durant des semaines, jusque devant les députés a fini par reconnaitre qu’il possédait des comptes non déclarés en Suisse et à Singapour). Tombé à la suite des révélations de Médiapart, il est aujourd’hui mis en examen pour blanchiment d’argent et fraude fiscale. Ce serait un sacrilège que d’oublier dans l’énumération des « trophées » de Médiapart, la fameuse affaire Bettencourt du nom de la femme la plus riche de France : un scandale politico-financier qui a éclaboussé la Droite française (au Pouvoir au moment des faits) et surtout le chef de l’état d’alors Nicolas Sarkozy à qui cet organe n’a jamais « donné le lait ». Cet article à lui seul ne permet pas d’énumérer toutes les affaires avec effets « tsunami » mis au grand jour par Médiapart.

Visite à Mediapart : Intervention de François Bonnet [Crédit Photo  Muzaffar Salman]

Visite à Mediapart : Intervention de François Bonnet [Crédit Photo Muzaffar Salman]

L’Afrique noire méconnue
Comment se déroule une conférence de rédaction dirigée magistralement par François Bonnet, un ancien du journal Le Monde, tout comme d’ailleurs bon nombre de journalistes de cet organe ? Réponse : 20 minutes maximum où les enquêtes en cours et des sujets divers sont évoqués puis des rôles distribués. Même la situation financière de l’entreprise est évoquée au cours de cette rencontre quotidienne. Ici on va à l’essentiel. On est bien loin de la conférence de rédaction de « L’œil de l’exilé », le journal en ligne de la maison des journalistes où la pluralité des langues et nos nombreux « hors-sujets » nous éloignent de l’efficacité.
Seule ombre au tableau de cette visite inoubliable : le net constat de l’ignorance de l’Afrique noire par Médiapart. Si les guerres françaises au Mali, en Centrafrique mais aussi en Libye ont été condamnées par la rédaction, il n’en demeure pas moins qu’il n’existe, sauf erreur, aucun « spécialiste » de l’Afrique noire au sein de la rédaction.
Ceci étant dit, parmi les aspects réellement positifs qui apparaissent ici, il y a cette volonté : Edwy Plénel, le fondateur de Médiapart et ses associés ont procédé à un savant dosage entre générations. Les plus âgés côtoient les plus jeunes. C’est là une équipe dont l’efficacité fait le bonheur des abonnés qui atteindront très bientôt la barre des 100 000. Pour 9 euros par mois ils reçoivent chaque matin, dans leur boîte mail, une info en prise directe avec les réalités. Une rédaction comme tout bon journaliste en rêve.

Visite à Mediapart [Crédit Photo  Muzaffar Salman]

Visite à Mediapart [Crédit Photo Muzaffar Salman]

Bernard B. Dadié : A l’aune de la résistance ivoirienne

[Par Armand IRE’]

« Quand la police (coloniale-ndlr-) est arrivée : j’ai dit voici mon arme ». Nous sommes en 1949.

Bernard B. Dadié (Photo tirée de babelio.com)

Bernard B. Dadié (Photo tirée de babelio.com)

Cette arme c’est le stylo et la plume. Bernard Binlin Dadié plus connu sous le nom de Bernard B. Dadié est l’incarnation encore vivante de l’opposition pacifique à la colonisation, à l’oppression et au déni des libertés humaines. Homme de lettres hors-pair, ministre de la culture dans son pays, la Cote d’Ivoire, et ce, durant plus d’une décennie, il a choisi son camp dans la crise qui continue de secouer son pays. Il s’est rangé du coté des opprimés et de l’ancien chef d’Etat ivoirien aujourd’hui détenu à la CPI au grand dam sans doute de ceux qui auraient voulu le voir jouer le rôle de réconciliateur impartial. Mais comment peut-il en être autrement, il sait pertinemment que ce qui se passe aujourd’hui dans son pays est le remake de ce qui s’y est déroulé il y a plus de 60 ans.

C’est en pleine grande guerre, en 1916 que nait dans le sud ivoirien précisément dans l’actuelle cité balnéaire d’Assinie-Mafia, l’écrivain Bernard B. Dadié. Il est le fils de Gabriel Dadié grand planteur et compagnon de lutte de Félix Houphouët-Boigny, le premier président ivoirien. Les importantes étapes scolaires signalées dans sa biographie sont l’école primaire supérieure de Bingerville et la prestigieuse école coloniale William-Ponty à Dakar au Sénégal, établissement formant les instituteurs de l’Afrique noire francophone, par lequel ont transité plusieurs dirigeants africains de l’après indépendance. Son diplôme en poche, il est successivement commis administratif, et bibliothécaire-archiviste. Il est journaliste lorsqu’il intègre en 1946 le RDA, le Rassemblement démocratique africain, parti fédéraliste crée en 1946 à Bamako au Mali et présidé par Félix Houphouët-Boigny. Son activisme politique le conduira en prison en 1949 dans la ville historique de Grand-Bassam. Les prémices de l’indépendance se font alors sentir et la répression coloniale devient féroce. C’est dans cette prison qu’il écrit l’un de ses célèbres poèmes : « Le corbillard de la liberté » paru dans son récit autobiographique « Carnets de prison ». L’extrait que nous vous proposons illustre à lui seul le déni des libertés en ces temps-là : « Une voix partie d’une force homicide, dit : tuez-les, comme cela le monde sera libre. Tuez-les, comme cela nous pourrons digérer en paix… Mais ils hésitaient. Cependant les monstres, car, ils savaient bien qu’on ne tue pas comme cela la liberté…».

Écrivain et dramaturge prolixe.

Les œuvres de Bernard Dadié sont innombrables. Il a touché à presque tous les genres littéraires. Da la chronique à la nouvelle en passant par la poésie, le théâtre et le roman. Il est l’auteur d’œuvres intemporelles. Faire le compte des écrits de Bernard B. Dadié est bien fastidieux. Plusieurs de ses œuvres sont étudiées par les Africains durant leur parcours académique. « Le pagne noir », recueil de nouvelles aussi tristes les unes que les autres, dépeint la misère humaine et l’immoralité des hommes face à plus faible que soi. « Un nègre à Paris », d’où est tiré le fameux texte « Kokumbo à l’usine » a eu un énorme succès. N’oublions pas la fameuse pièce de théâtre M. Togoh-Gnini qui relate les aventures d’un zélé qui, profitant de sa fonction de porte-canne du roi et auxiliaire de l’administration coloniale vole ses concitoyens et spolie la veuve et l’orphelin. « Béatrice du Congo » sorti en 1995 aux éditions Présence africaine est sans nul doute la dernière œuvre de ce monument intellectuel.
Refus d’abdiquer malgré le poids des ans.

Lorsque la guerre éclate en 2002 dans son pays et alors qu’il est militant du PDCI (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire, ex parti unique de la Côte d’Ivoire moderne, farouchement opposé au FPI- Front Populaire Ivoirien) de Laurent Gbagbo, Bernard B. Dadié décide de rester républicain et prend fait et cause pour le président Gbagbo victime d’une agression perpétrée par des éléments rebelles venus du nord de la Côte d’Ivoire et de la sous-région ouest-africaine. Il accepte de prendre les rênes du Congrès National de la Résistance et de la Démocratie-CNRD-, mouvement d’action politique mis en place par Simone Gbagbo en vue de rassembler autour de la république les indignés de la guerre injuste qui frappait la Côte d’Ivoire. Pour Bernard Dadié s’il y a des rébellions en Afrique c’est qu’il y a des parrains en occident car les kalachnikovs ne sont pas des grains d’arachide qu’on trouve à tous les coins de rue et l’Afrique n’en fabrique pas. Il assumera donc son choix. Aujourd’hui à l’orée de la centaine, il a encore la plume alerte qui a gardé tous ses sens. Pour lui rien n’a changé dans les rapports entre la France et l’Afrique. Dans un texte publié le 4 décembre 2013 dans les colonnes du journal ivoirien Le Nouveau Courrier dont l’extrait est évocateur, il parle des rapports entre la France et ses ex-colonies mais aussi du combat pour la liberté du peuple français qu’il compare à celui que les ivoiriens mène aujourd’hui : «… A-t- on oublié qu’il est des armes miraculeuses : la plume, le simple « Bic », le crayon. En France, ce sont Voltaire et Rousseau, c’est Beaumarchais, c’est Condorcet qui mettent les mots sur les maux des peuples. Un matin un peuple se lève pour abattre une prison, symbole de l’arbitraire royal, La Bastille. En l’abattant, il commence à semer la graine de la Liberté qu’il s’empresse de faire germer et fleurir au cœur de chaque village sien, dans des arbres soigneusement entretenus, encore aujourd’hui. Pourquoi, comment ce peuple amoureux de sa liberté peut-il accepter de faire d’autres peuples d’éternels clients ; accepter, si ce n’est encourager, les guerres entre pays voisins, cousins, frères, pour exploiter les richesses de l’autre mieux doté ? Entretenir une guerre dans un pays producteur de cacao, pour un morceau de chocolat… « La France ne prendra plus les armes contre un pays d’Afrique » a dit en substance le président Hollande. Mais qui peut affirmer que rien ne changera demain ?… »

Bernard B. Dadié est au soir de sa palpitante vie et ne verra sans doute pas l’Afrique telle qu’il l’a conçoit, celle pour laquelle il s’est battu bec et ongle, celle pour laquelle il a connu le fouet et les sinistres geôles de la colonisation, celle pour laquelle il a choisi de se mettre à dos une partie des Ivoiriens et de la communauté internationale, payant ainsi de son choix pour la légalité.

18 Juillet : la Journée internationale Nelson Mandela à la MDJ

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Armand Iré, Côte d’Ivoire : 

Du terroriste fiché par le FBI au héros mondial, Nelson Rolihlahla Mandela, une vie.

 

Rasoul Asghari, Iran : Résistance 

Nelson Mandela nous a montré la voie par sa lutte et dans sa résistance. Mais le plus important dans ce qu’il nous a enseigné c’est que indépendamment du contexte, lutter pour la liberté est la seule chose qui compte.

 

Murad Moudia, Soudan du Sud : Mandela, le dernier prophète de la Paix et de l’Humanité.

La naissance de Mandela a été la naissance d’une légende, son départ a été le départ du dernier prophète de la paix et de l’humanité. Sa lutte incroyable et sa longue marche vers la liberté pour faire tomber le système de l’apartheid dans son pays a été remarquable et importante pour la liberté et la dignité de l’ensemble de l’humanité. Il est devenu une icône et un symbole de la justice internationale et de l’égalité des droits : Il restera toujours une des figures les plus importantes de l’histoire humaine.

Behzad Qayomzada, Afghanistan : Mandela, le symbole de l’antiracisme. 

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Pa Amadou Jallow, Gambia : Comme le monde se souvient de votre noble effort.

Chaque année, le 18 Juillet – la Journée où Nelson Mandela naquit – l’ONU se joint à l’appel lancé par la Fondation Nelson Mandela à consacrer 67 minutes de temps à aider les autres : un moyen de marquer la Journée internationale Nelson Mandela.

Pour 67 ans, Nelson Mandela a consacré sa vie au service de l’humanité – en tant qu’avocat des droits de l’homme, en tant que prisonnier d’opinion, en tant qu’artisan de la paix internationale ainsi que premier président démocratiquement élu d’une Afrique du Sud libre.

Voici quelques-unes de mes citations préférées, de vous, Madiba…

« Au cours de ma vie, je me suis consacré à cette lutte des peuples africains. J’ai combattu contre la domination blanche et j’ai combattu contre la domination noire. J’ai chéri l’idéal d’une société libre et démocratique dans laquelle tout le monde vivrait ensemble en harmonie et avec des chances égales. C’est un idéal pour lequel j’espère vivre et que j’espère accomplir. Mais si nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir. »

« Les vrais leaders doivent être prêts à tout sacrifier pour la liberté de leur peuple. »

« Si vous parlez à un homme dans une langue qu’il comprend, cela va dans sa tête. Si vous lui parlez dans sa langue, cela va dans son cœur. »

Nelson Mandela est parti, mais ses mots resteront … RIP

Personne ne peut arrêter de compter vos efforts, le monde vous sera toujours reconnaissant.

Sadegh Hamzeh, Iran :  Noirs et blancs ne sont pas différents. L’Humanité, c’est importante.

Aden Duale Gibril, Somalie : La vengeance, l’une des sources de conflits.

Nelson Mandela a été  un personnage célèbre de notre  époque, une figure de notre siècle, mais hélas un homme comme les autres : la mort ne l’a pas épargné. Son parcours  a été hors-norme, sa vie a été  atypique : il a subit la dureté de la période la plus sombre de l’histoire de son pays et il a combattu contre l’injustice et  la discrimination raciale qui existait dans son pays. Il a réussi à sortir son pays du conflit en rejetant la vengeance. Il a laissé derrière lui un pays stable et prospère mais aussi des idées et des valeurs nobles. Son héritage servira l’humanité contre  les conflits !

Le 14 juillet vu des châteaux

[Par Armand IRÉ]

La prise de la Bastille, lieu d’incarcération de tous les « ennemis du roi » le 14 juillet 1789, consacre l’épopée de la Révolution française, celle de la victoire du peuple sur la royauté.

Parade militaire sur les Champs Elysées lors du 14 juillet. [Photo tirée de defense.gouv.fr]

Parade militaire sur les Champs Elysées lors du 14 juillet. [Photo tirée de defense.gouv.fr]


Dans le sang et la tête tranchée de leur souverain d’alors Louis XV, les Français se sont donc déclarés libres en publiant la Déclaration universelle des droits de l’Homme et du citoyen. La France a ensuite assis sa puissance dans le monde en s’adossant de tout son poids à ses colonies africaines. Cette tutelle a fait du pays des droits de l’Homme la destination la plus prisée par les Africains dans le monde. Qu’ils soient immigrés, exilés, ou naturalisés, le 14 juillet, jour de commémoration de la souveraineté française, est jugée de la même façon par les Africains de France. Les quartiers de Château Rouge dans le 18e arrondissement et de Château d’eau dans le 10e ont été notre terrain de contact avec la diaspora africaine.

Louise M. est camerounaise de la région centre du pays des Lions qui ne sont plus indomptables, traînant un caddie bourré de denrées alimentaires et de produits éclaircissant vendus sous le comptoir, elle se dirige péniblement vers la ligne 4 du métro à Château Rouge. Malgré la lourde charge qu’elle traîne, elle se montre réceptive, mais sa réponse à notre question, à savoir que fera-t-elle le 14 juillet, est sidérante.
« Il y a quoi le 14 juillet ? , nous demande-t-elle avec un visage on ne peut plus sérieux.
– C’est la fête nationale française, madame.
– Aka ! Que c’est ma fête ? Je me rappelle même de celle de mon pays avant de parler de celle de la France ?
– Mais, madame, vous êtes en France ?!
– Oui, et alors ? »
Ce premier contact est en fait le résumé de toutes les conversations des Africains que nous interrogerons sur le 14 juillet français. Comme Louise, cette autre dame que nous avons croisée, médecin de son état propriétaire d’un pavillon en banlieue parisienne, elle ne se sent pas concernée par la célébration de la liberté retrouvée des Français.

Scène de marché à Château Rouge 18e arrondissement de Paris [Photo tirée de maps.google.fr]

Scène de marché à Château Rouge 18e arrondissement de Paris
[Photo tirée de maps.google.fr]

Aux encablures d’un restaurant ivoirien de Château d’Eau nous croisons un Sénégalais propre sur lui avec un air un tantinet « intello ». Il nous entraîne dans les dérives de la France en Afrique, où, selon lui, elle fait et défait les dirigeants, et finit par conclure sa longue tirade par la triste histoire du camp de Thiaroye, où des centaines de tirailleurs sénégalais revenus de la Deuxième Guerre mondiale ont été décimés par l’armée coloniale française alors qu’ils réclamaient que leur prime de démobilisation soit convertie en CFA au même taux de change qu’en métropole .
Autre décor, un café situé à l’entrée de la rue Labat de Château Rouge, l’un des quartiers africains de Paris. Ici, la clientèle est de toutes les origines du continent africain. Les Maghrébins sont attablés entre eux tandis que des Congolais, Camerounais et autres Ivoiriens parient sur des courses de chevaux autour d’une bière ou d’un café. Constat, ils s’en foutent royalement du 14 juillet, comme de leur premier pari il y a des années.
« Je suis en France depuis 18 ans, mes enfants sont français ainsi que leur mère, mais que voulez-vous que je fasse du 14 juillet ? C’est du carnaval, tout ça, on importe des troupes des armées africaines pour venir faire allégeance à l’armée française, leur véritable maître, et les chefs d’État invités reçoivent des tapes sur l’épaule en guise d’encouragement en tant que loyaux serviteurs des intérêts de la métropole », nous lance un congolais massif qui a gardé entier son accent kinois.

On nous lance au moment où nous prenons congé : «  Faites un papier sur les pensions des anciens combattants africains qui ont libéré la France et qui meurent de misère ».
Assurément, nous sommes vraiment les seuls en tant qu’Africains à nous intéresser à la fête nationale de notre pays d’accueil.

 

[Cliquez ici pour lire les autres réflexions des plumes de la MDJ]

Cote d’Ivoire : les Eléphants perdent et divisent

[Par Armand IRE]

Allassane Dramane Ouattara en pleurs réconforte le gardien Copa Barry. Février 2012 à Libreville. Finale de la CAN.

Allassane Dramane Ouattara en pleurs réconforte le gardien Copa Barry. Février 2012 à Libreville. Finale de la CAN.

Dans un pays en proie à une crise politique aigue découlant de dix ans de crise politico-militaire, les plaies sont encore ouvertes et rien ne semble à priori possible pour réconcilier les ivoiriens. En tout cas la réconciliation ne passera pas par l’équipe nationale de football, pourtant si adulée autrefois. Le football facteur de rassemblement. Maxime désormais creuse et inexistante en Cote d’Ivoire.
Dimanche 12 février 2012 un tir au but s’élève dans les airs du stade de l’amitié, joyau de la coopération sino-gabonaise de Libreville. C’est le tir de l’attaquant ivoirien Yao Kouassi Gervais plus connu sous le nom de Gervinho actuel sociétaire de l’équipe italienne de l’AS ROMA. C’est la finale de la coupe d’Afrique des nations dernière édition des années paires. Si le tireur zambien réussit son tir au but, l’équipe ivoirienne ne goutera pas à un deuxième sacre en Coupe d’Afrique des Nations. Ce qui fut le cas. Au moment ou plusieurs ivoiriens s’écroulent en larmes avec à leur tête le chef de l’état Allassane Dramane Ouattara, une bonne partie jubile et poussent des cris de joie. La politique a fini par prendre le pas sur le sport. Pour les partisans du président déchu aujourd’hui emprisonné à La Haye, Laurent GBAGBO, une victoire de Didier Drogba et de ses camarades sera mise au compte de l’exécutif ivoirien actuel qui en fera une récupération politique qui divisera encore plus le pays. Les partisans de Ouattara crient au manque de patriotisme des proGBAGBO et leur enjoint de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier. Pour eux le sport est certes parfois très lié au milieu politique mais quand il s’agit de la défense du drapeau national, il faut être patriote.

Balivernes, crient les partisans du président déchu. 

Cette passe d’armes et de mots crus n’est nullement fortuite. Ceux qui observent de manière avertie, la vie socio-politique ivoirienne savent que football et politique ont toujours fait bon ménage dans la crise ivoirienne. On se souvient de ce spot publicitaire des Eléphants demandant aux protagonistes d’aller vers la paix. Didier Drogba et ses coéquipiers ont mis en exergue leurs origines ethniques diverses qui ne les empêchaient pas selon eux d’être de vrais complices sur un terrain de football. Le pouvoir ivoirien d’alors avait même accéder à la requête des joueurs ivoiriens de disputer le match de qualification de la coupe du monde de 2010 contre les scorpions de Madagascar à Bouaké fief de la rébellion ivoirienne et cela au nom de la réconciliation nationale.
Pour les inconditionnels de Laurent GBAGBO, on a nullement vu cet activisme au niveau des Éléphants depuis la tragique crise post-électorale de 2010 qui a conduit ce dernier dans les geôles de la Cour Pénale Internationale. L’équipe nationale se comporte comme si tout va bien en Cote d’Ivoire.

Éléphants de Cote d'Ivoire. Photo officielle

Éléphants de Cote d’Ivoire. Photo officielle

Malaise au sein de la Séléphanto

24 juin 2014, L’Arena Castelão ou stade Governador-Plácido-Castelo de Fortalezade dans l’État du Ceará au Brésil, nous sommes à la.78e minute du match de poule Cote d’Ivoire-Grèce, Didier Drogba qui avait été titularisé doit céder sa place au sociétaire du Fc Bale de Suisse, Sio Giovanni qui fait ses armes au sein de l’équipe. L’ancien sociétaire de Chelsea le prend très mal. A sa sortie du stade il refuse la main tendue des membres de l’encadrement technique assis sur le banc de touche et qui voulaient juste le féliciter pour sa prestation. Visiblement il en voulait à Sabri Lamouchi de l’avoir sorti pendant ces moments cruciaux ou l’équipe avait besoin de porter le danger devant les buts adverses. Le malaise dans l’équipe est profond et tentaculaire. Un vrai tunnel sans fond qui part de la décision ferme du nouveau pouvoir d’écarter Jacques Anouma de la présidence de la Fédération ivoirienne de Football-FIF- alors que son mandat courrait encore. Son crime : directeur financier de la présidence sous Laurent GBAGBO. Plusieurs habitués des vestiaires de la sélection ivoirienne confirment la profondeur des clivages au sein de la sélection. L’embauche du franco-tunisien Sabri Lamouchi comme sélectionneur n’a pas éteint l’incendie…au contraire.

Reconfort_ADO10Le choix de Lamouchi comme coach n’a jamais fait l’unanimité au sein de l’équipe et de la nation ivoirienne. Là encore la politique n’est pas loin et les connexions politico-familiales ont interféré dans le choix de cet entraîneur sorti tout droit d’une école de formation de techniciens du football et qui a eu la chance inouïe de coacher une équipe aussi expérimentée et ambitieuse que les Éléphants. Son épouse est la nièce de l’actuelle première dame ivoirienne Dominique Ouattara, ce qui explique sans doute le fait qu’il soit malgré son inexpérience l’un des entraîneurs les mieux payés au monde. Au sein du onze ivoirien les relations entre les joueurs ne sont nullement au beau fixe. La question du capitanat a exacerbé les tensions et la mésentente entre les joueurs. Après la bagarre en pleine séance d’entrainement entre deux joueurs, on a assisté lors de la coupe du monde à l’étonnante histoire du brassard entre Didier Drogba et Yaya Touré.
Une équipe mal entraînée, des joueurs qui se regardent en chiens de faïence, une nation divisée, voilà les ingrédients explosifs de la mauvaise campagne des Éléphants de Cote d’Ivoire au mondial brésilien. A tel enseigne que le FPI, parti de Laurent GBAGBO a dans un communiqué avec des mots à peine voilé assimile la sortie peu glorieuse de la « Séléphanto » à une volonté de Dieu mécontent qui selon les termes du communiqué a « parlé de manière assourdissante….au Brésil ».
Comme on le constate, en Cote d’Ivoire les Éléphants et la politique sont une paire indissociable et… perdante.

 

(Toutes les photos ont été tirées de Google)

Cameroun : Un journaliste-écrivain dans les geôles de Paul Biya

Arrêté le 22 novembre 2011, au retour d’un voyage en Asie, le prolixe journaliste-écrivain fondateur de l’association des écrivains du Cameroun est incarcéré à la prison centrale de Kodengui. Kodengui, commune éponyme de la capitale du plus important état de l’Afrique centrale, Yaoundé. Enoh Meyomesse a été condamné par un tribunal militaire à 7 ans de prison ferme pour un délit de droit commun. Comment et pourquoi en est-on arrivé là ?! Enquête.

[Par Armand Iré]

Enoh Meyomesse

Enoh Meyomesse

Enoh Meyomesse est un écrivain et homme politique camerounais né il y a plus de 50 ans dans un patelin du centre de son pays. Il est de la même ethnie que le président camerounais Paul Biya, Bulu. Universitaire ayant fait ses études à Strasbourg et à l’université de Paris II, il a milité dans divers mouvements d’étudiants africains de l’époque dont la turbulente Fédération des Etudiants de l’Afrique noire Francophone -FEANF-.

Enoh Meyomesse était candidat à la présidentielle du 9 octobre 2001 au Cameroun. Ce n’était pas sa première élection, puisqu’il avait été candidat aux législatives de 1997. Créateur du PARENA, un parti politique camerounais, il est connu pour sa farouche opposition au régime plus que trentenaire de Yaoundé.

Cette affaire qui lui vaut aujourd’hui une privation de liberté pour bien longtemps commence mi-novembre 2011. Enoh Meyomesse découvre dans son village une exploitation artisanale d’or. Il mandate alors certaines personnes pour faire une réelle prospection et établit un contact avec des investisseurs de Singapour qui l’invitent dans la Mecque des affaires, en Asie. De sources crédibles tout se passe bien à Singapour d’où il revient le 22 décembre 2011. Lorsqu’il descend de l’avion il est « accueilli » par un important dispositif de gendarmes qui le mettent aux arrêts sans sommation après avoir perquisitionné deux jours auparavant son domicile sans mandat. C’est une photo prise à son domicile lors de cette fouille, qu’un des lieutenants de gendarmerie brandira à l’aéroport pour pouvoir l’identifier. Sur le champ Enoh est accusé de coup d’Etat et de braquage car selon la gendarmerie, un vol d’environ 1000 kg d’or et des numéraires a été commis en l’encontre de coréens exploitants d’une mine d’or à Bertoua dans l’Est du Cameroun. Aucun des gendarmes et de leurs supérieurs, joints par plusieurs sources, ne diront jamais exactement la date de braquage.
Après avoir arrêté un certain Manda Bernard, ami de Enoh Meyomesse, sollicité par ce dernier pour une infime aide financière dans le cadre de cette prospection aurifère, les « limiers » de la gendarmerie camerounaise remontent leur piste (?) pour mettre la main sur un autre compagnon d’Enoh et finalement sur lui-même à son retour d’un voyage à l’extérieur du Cameroun comme nous l’avons écrit au début de cet article.

La longue instruction
Transféré au secrétariat d’Etat à la Défense, le fameux SED, lieu de détention de plusieurs pontes déchus du système Biya, Enoh subit sans avocat des heures d’interrogatoire avant d’être envoyé à Bertoua. Il passera plusieurs semaines, plus précisément 30 jours, dans une cellule exigüe, sans droit de visite ou même la possibilité de parler à un avocat. Selon ses dires rapportés par un journaliste de la presse local, il a été sommé de trouver une certaine somme d’argent pour que l’affaire puisse « être étouffée » comme le lui ont dit les hommes du commandant de la légion-est de la gendarmerie camerounaise. Détenu en secret, il est renvoyé à Yaoundé lorsque la presse ébruite sa détention. Commence pour lui une longue instruction judiciaire qui durera 11 mois. Le 14 décembre 2012 après cinq audiences qui ont duré des mois, accusé finalement de complicité de vol d’or et de braquage alors qu’il était absent du Cameroun aux moment des faits, Enoh Meyomesse va écoper de sept ans de prison fermes assortis d’une amande de 200.000 CFA (environ 305 euros). Cette peine sera confirmée en audience le 27 décembre 2012.

Mobilisation
Depuis l’incarcération de l’écrivain, ses amis n’ont eu cesse de crier à l’injustice. Ils ont dénoncé l’habile maquillage juridique pour « camoufler cette affaire politique en une vulgaire affaire de droit commun » lance la présidente du comité de soutien à Enoh-CLE(Collectif pour la Libération d’Enoh)-, Bergeline Domou. Cette dernière, femme politique camerounaise, a failli perdre sa liberté dans cette affaire. C’est elle et Patrice Nganang écrivain d’origine camerounaise vivant aux Etats-Unis et président de l’association Tribunal Article 53, du nom de cet article de la Constitution camerounaise, qui exempte de toutes poursuites les hautes autorités de ce pays pour des crimes commis dans l’exercice de leurs fonctions. Elle, Bergeline Domou, aujourd’hui présidente du mouvement pour la libération d’Enoh, et Patrice Nganang lancent l’alerte suite à la disparition d’Enoh puisque nul n’avait de ses nouvelles. Pour les soutiens de Enoh, son emprisonnement est dû à l’outrecuidance de s’être présenté à la dernière élection présidentielle camerounaise alors qu’il est de la même région que l’inamovible président camerounais. La bataille que ses soutiens mènent contre le gouvernement camerounais est acharnée. Ils sont bien organisés et présents sur tous les fronts. Malgré le manque de moyens, ils ont réussi à rallier à leur cause plusieurs organisations de défense des droits de l’homme tel que PEN qui s’occupe des écrivains en détresse partout dans le monde. Le 02 Mai 2013 le ministre des affaires extérieures du Cameroun (équivalent du ministre des affaires étrangères) a été sommé de s’expliquer devant le conseil des droits de l’homme des nations-unies sur plainte de trois associations de défense des droits humains, notamment le Comité de protection des journalistes (Cpj), Pen international et Internet sans frontières regroupés au sein du mouvement « Libérez Enoh » qui regroupe plusieurs autres associations et intellectuels du monde.

Enoh est donc pensionnaire de la tristement célèbre prison centrale de Yaoundé-Kodengui pour un bon paquet d’années. Ses avocats ont interjeté appel mais restent désemparés car sans aucune raison l’affaire a été renvoyée 14 fois et le condamné croupit toujours dans les geôles du régime de Yaoundé.
En attendant, Enoh Meyomesse s’est remis à l’écriture dans l’inconfort de l’univers carcéral malgré des douleurs oculaires qu’il traine suite aux difficiles conditions de son incarcération à Bertoua. La prison ne l’a nullement muselé. De son infâme cellule, il a sorti un recueil de poème intitulé justement… « Poème carcéral » qui a été traduit en anglais et en allemand et qui est disponible sur le site de l’association PEN international.