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Le festival Cinéma de Turquie à Paris : un refuge pour la liberté d’expression

C’est la 15ème édition Cinémas de Turquie” à Paris du 30 Mars au 8 Avril. Le Festival organisé avec la Mairie de 10ème arrondissement et l’association ACORT. L’intérêt de ce festival est la libre expression : certains films diffusés sont censurés en Turquie. Découvrez le programme ici

Une semaine de cinéma dédiée à la Turquie, le tout à Paris ! Attention, ce ne sont pas “des films turques” ce sont les films qui parlent de la Turquie, qui traverse la Turquie, qui viennent de Turquie, avec toute la diversité culturelle de ce pays.

A l’époque de la mondialisation, les relations, les subventions internationales et les équipes travaillant à la production d’un film sont internationales. Que signifie film turque, français, américain ou kurde dans ce contexte ?

Assurément pas grand chose. Il est donc important de souligner la volonté des organisateurs : c’est un festival de « cinéma de Turquie » et non pas de « cinéma turque ».

Cette balade des films de Turquie à Paris fête son 15ème anniversaire lors de cette édition. Pendant le Festival, il est possible de voir les dernières œuvres du « cinéma de Turquie » d’aujourd’hui qui ont gagné des prix dans les festivals internationaux. Dans certaines projections, il y a des rencontres avec l’équipe des films en compétition. C’est une chance de pouvoir poser des questions directement aux réalisateurs ou aux comédiens.

Liberté d’expression aux salles de cinéma parisiennes

Mais pour moi, en tant que journaliste et réalisateur de cinéma en exil, le plus important côté de ce festival est « la liberté d’expression ». Comme madame la Maire du 10ème arrondissement, Alexandra Cordebard, a souligné pendant son discours d’ouverture de ce festival, « la Turquie passe des temps difficiles ».

L’autoritarisme et la censure surplombent tous les domaines en Turquie. Malheureusement, cela comprend aussi le cinéma. Il y a beaucoup de films comme « Zer » de Kazım Öz ou « Tereddüt » de Yeşim Ustaoglu qui sont censurés par l’Etat ou bien autocensurés par leurs auteurs de peur de représailles. Et cette situation tragique crée aussi des situations absurdes.

Absurdité & Censure

Si vous voulez mieux comprendre l’absurdité de la censure qui se passe en Turquie, je veux partager avec vous ce qu’a expliqué Monsieur Öz, le réalisateur de « Zer » après la projection de son film pendant l’ouverture du festival.

Öz a dit que son film « Zer » est peut-être le premier film de toute l’histoire du cinéma où l’Etat a accepté de financer le long métrage pour après le censurer : rendez-vous compte, cette subvention du Ministre de la Culture Turque a financé un film car c’était proposé pendant l’époque de paix. Malheureusement, la diffusion du film a été au moment où la guerre a commencé. Conséquence, la conjoncture politique de la Turquie a joué un rôle de censure dans ce film. L’Etat n’a donc pas voulu sa diffusion sans censure alors qu’il l’avait subventionné.

Vous avez donc la chance d’être à Paris et  de voir ces films sans censure grâce au Festival de « Cinéma de Turquie ». C’est pour cette raison cette vision ouvert et position politique a coté de la liberté d’expression de ce festival fait Paris aussi un refuge pour le « cinéma de Turquie ».

Ce Festival peut faire plus !

J’espère que cette rencontre dédiée au cinéma de la Turquie peut enrichir les échanges entre la Turquie et la France du cinéma: dans le futur, on pourrait imaginer  des compétitions avec des rencontres entre professionnels de cinéma français et turque. Y compris, au niveau de la production pour développer des partenariats et peut-être avec la création d’un budget de subvention afin d’aider les cinéastes indépendants.

La programmation turque du festival à découvrir ici

La nécessaire éducation aux médias : la MDJ présente au Forum des images

[Par Romane SALAHUN]

« Aujourd’hui, il y a une nécessité nationale de sensibilisation des jeunes. Il faut sensibiliser au fait que la liberté de la presse et la liberté d’expression ne sont jamais acquises ». Darline Cothière, directrice de la Maison des journalistes exprimait ainsi son engagement dans le cadre de la rencontre « Education à l’image, aux médias et au Numérique » se tenant au Forum des images, à Paris, organisée par le Ministère de la Culture et de la Communication, les 12 et 13 octobre 2016.

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Rencontre « éducation à l’image, aux médias et au numérique » , Session  » Résidences de journalistes » au Forum des images le 12 octobre 2016. Crédits photo : Lisa Viola ROSSI

La session « Résidences de journalisme » se tenant l’après-midi du 12 octobre 2016 au Forum des images, à Paris, fut l’occasion pour la Maison des journalistes, l’association Globe Reporters et le contrat local d’éducation artistique Dunkerque Grand littoral (CLEA) de présenter leurs actions éducatives menées par des journalistes auprès d’un public jeune. C’est donc la nécessité d’une éducation aux médias qui a réuni ces différents acteurs.Si chaque action conserve ses particularités, toutes se rejoignent dans leur finalité : initier une ouverture sur le monde, sensibiliser aux valeurs citoyennes et à la liberté d’expression, et ouvrir un espace de dialogue pour tous.

L’éducation aux médias, une nécessité ?

Pour ces intervenants, ces actions éducatives semblent indispensables aujourd’hui face au constat qui est fait dans la société et particulièrement chez les jeunes. Suite aux attentats contre la rédaction de Charlie Hebdo, le 7 janvier 2015, le débat a enflé autour de la liberté de la presse, de la liberté d’expression et de la laïcité donnant lieu à un déchainement sur les réseaux sociaux et parfois à un repli sur soi. Face à ces enjeux, qui occupent régulièrement l’espace médiatique, les professeurs se retrouvent parfois démunis pour aborder les interrogations des étudiants, ces derniers étant soumis à un flot constant d’informations. Ces actions éducatives, pensées comme outils pédagogiques, répondent donc en partie à une demande du corps enseignant et à une nécessaire réflexion sur les manières de s’informer et sur la liberté d’expression, dans un monde multimédia en effervescence.

Confronter les jeunes aux professionnels des médias en collaboration avec le professeur permettrait alors de poser les termes du débat et entamer une réflexion sur leur rapport à l’information.  Le but : lutter contre le « gobage » sans recul de l’information, disponible instantanément sur les réseaux sociaux, première source d’informations des jeunes[1]. Au-delà, rester vigilant, prendre du recul sur l’appréhension et la production de l’information est un des axes fort de cette pédagogie. Cela permet également de redéfinir le concept de liberté d’expression devenu trop flou, et de le rapporter à la situation quotidienne du jeune. Car s’informer, c’est avancer dans la prise de décision. C’est s’ouvrir au monde, à l’autre.

Le projet de la MDJ : « Privilégier le contact humain, le témoignage »

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Darline Cothière, directrice de la Maison des journalistes. Crédits photo : Lisa Viola ROSSI

La Maison des journalistes, véritable « Tour de Babel » poursuit deux missions principales, que nous explique Darline Cothière, directrice de l’association. En premier lieu, il s’agit de l’accueil et l’aide dans la résidence de la MDJ apportés aux journalistes exilés venus des quatre coins du globe.  Dans un second temps, la MDJ poursuit une mission de sensibilisation aux enjeux de l’utilisation des médias, de la liberté d’expression, de la vie citoyenne et du vivre-ensemble, auprès du grand public en particulier des jeunes.

Le projet « Renvoyé Spécial » mis en place en 2006, vise à répondre à ce deuxième objectif. Les journalistes exilés vont à la rencontre de jeunes lycéens partout en France pour parler de leur expérience et les sensibiliser à la cause de la liberté de la presse et la défense de la démocratie. La venue du journaliste dans les classes est l’occasion d’une rencontre riche qui est insérer dans le projet pédagogique établi par le professeur.

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Marie-Angélique INGABIRE, journaliste rwandaise en exil, participante du projet Renvoyé Spécial. Crédits photo : Lisa Viola ROSSI

Quel est le point fort de ce projet ? Dans l’éducation aux médias, la MDJ privilégie le contact humain, direct, avec un journaliste exilé. Cela permet tout d’abord une confrontation entre l’information relayée et le vécu comme nous l’explique Marie Angélique Ingabire, journaliste rwandaise en exil, ayant participé au projet Renvoyé Spécial. « Les informations qu’ils ont (les jeunes) à disposition peuvent être biaisées car relayées par des journaux étrangers. Il est donc intéressant de confronter ces informations au vécu, au témoignage». Ces échanges sont également le lieu de déconstruction des préjugés sur un pays, sur l’exil, sur la vision de l’autre. « Le génocide est comme un cachet imprimé sur la Rwanda », de même que le mot « réfugié » engage un certain nombre de schémas préconçus. Par cet échange, les jeunes découvrent ou redécouvrent un pays, où la liberté de la presse est parfois différente. « Si en France, vous pouvez entrer dans la vie privée d’une personne de haute autorité, au Rwanda c’est impossible » illustre Marie-Angélique. En définitive, l’échange concoure à créer un climat de dialogue et à participer à l’éveil des consciences, ce qui semble nécessaire à l’heure où les débats se crispent sur les questions d’identité.

[1]  75% des 15-24 ans utilisent les réseaux sociaux chaque jour ou presque. Etude Médiamétrie au 4eme trimestre 2015.

Black Sun : « Ma musique est centrée sur la liberté d’expression »

La vingtaine révolue, le rappeur français Black Sun se présente comme le porte-voix de la jeunesse consciente et engagée. En pleine préparation de son premier opus « Blacksunrice » qui sortira bientôt sur le marché du disque, le jeune musicien lorrain d’origine guadeloupéenne a accordé une interview exclusive à L’oeil de l’exilé.

Propos recueillis par Jean MATI

Le rappeur Black Sun

Le rappeur Black Sun

Jean Mati : Pouvez-vous nous parler brièvement de votre parcours musical ?

Black Sun : Ma carrière musicale a bel et bien débuté dans les années 2000. J’ai commencé à rapper en 2004 au lycée Alain Fournier à Verdun. C’était très bref avec des potes. Et ça n’a pas trop marché. Après je me suis lancé dans l’improvisation de 2008 à 2012. Pour la première fois, j’ai  enregistré en 2013. J’avais travaillé avec l’allemand Fererwer. On avait lancé l’album « Evo Live ». Malheureusement, ça n’a pas connu un grand succès. L’album était en français et en allemand. Par la suite, on n’a pas travaillé ensemble. Et pourtant, on avait une bonne idée de faire la suite de « Evo Live », en renversant les mots, ça donnait  « Evil love ! ».  (Rires)

Après 2013, j’ai commencé à enregistrer régulièrement. J’ai réalisé beaucoup de sons individuellement. Entre 2013 et 2015, j’ai produit une compilation de sons, intitulée « La Malédiction de Cham ». Dans l’ensemble, il y a eu vingt et un sons. Parallèlement, j’ai lancé aussi « Laisse moi te parler ».  Maintenant, j’ai un groupe dénommé « Les Zombres ».

J. M. : Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir musicien, plus particulièrement rappeur ?

B. S. : J’ai l’âme d’un artiste chevronné. Ce génie de l’art d’Orphée a toujours habité en moi. J’aime le côté revendicateur du rap. Certes, j’étais un peu doué en littérature. Toutefois, j’aimais bien le milieu. C’est l’une des raisons qui m’a poussé à faire du rap. J’ai toujours été inspiré par le groupe « Wu-tang ». Au niveau de la revendication, j’aime bien le groupe « Afro Jazz ».

J. M. : Quel message, vous véhiculez par le biais de votre musique?

B. S. : Je fais passer le message de conscientisation. J’amène les gens à réfléchir. Je déteste la manipulation. Je suis contre l’oppression. Je prône l’égalité des peuples. Je suis contre l’injustice. Ma musique est centrée sur la liberté d’expression.

J. M. : Aujourd’hui, le monde est menacé par l’obscurantisme, la liberté d’expression est remise en cause, quelle est votre lecture des faits en tant que leader opinion ?

B. S. : En effet. Au jour d’aujourd’hui, il est déplorable de constater qu’il y a beaucoup de censure. Il y a des choses qu’avant on pouvait dire. Mais aujourd’hui, tout est contrôlé. On l’a vu récemment avec le rappeur Booba à Lyon. Je trouve que les gens se trompent d’ennemis.

J. M. : Selon vous, c’est quoi la liberté d’expression ? Cette liberté permet-elle de tout dire ?

B. S. : La liberté d’expression, c’est le fait de s’exprimer librement. Il y a aussi des limites. Fort malheureusement, certains en abusent fortement. Non, je pense que la liberté d’expression doit être encadrée pour éviter les dérapages. L’abus peut conduire aux scènes déplorables comme on l’a vu aux Etats-Unis avec des gens se promenant avec des drapeaux nazis. Je pense qu’en cas d’injures et de racisme, il n’y a plus de liberté d’expression.

J. M. : Quels sont vos projets d’avenirs ?

B. S. : Là je me concentre sur mon premier album « Blacksunrice ». Je compte le sortir en début 2017. Entre-temps, je vais faire une vidéo (un clip) sur ma carrière qui sera intitulée « Ma vie d’Artiste ». Je continuerai aussi à faire de la scène.

J. M. : Votre mot de la fin …

B. S. : Il ne faut pas dépenser les énergies dans des luttes inutiles. Il faut se donner la main pour aller de l’avant. Le vivre ensemble est un élément essentiel dans une société démocratique. Donc, les races du monde, ne peuvent pas se diviser. Il faut être ensemble pour combattre toute forme d’oppression afin de construire un monde meilleur.

Altermondes à l’École des métiers de l’information pour la liberté d’expression

[Par Bahram RAWSHANGAR]

Le 23 juillet dernier, l’équipe d’Altermondes tenait une conférence à l’École des métiers de l’information, un temps d’échanges entre des vingtaines de jeunes sur « La liberté d’expression à l’épreuve des questions identitaires ».

J’ai participé à cette conférence grâce à la Maison des journalistes. Il y avait un espace de dialogue entre des jeunes sur différents sujets et problématiques par apport la liberté d’expression, la situation des journalistes dans des pays en guerre et la menace terroriste par tout dans le monde.

En ce moment la liberté d’expression est menacée, à la fois par des gouvernements autoritaires et aussi beaucoup par les groupes terroristes et notamment les extrémistes religieux.

(Source : Tijani Lemrabott)

(Source : Tijani Lemrabott)

Les participants ont rappelé que le terrorisme dans plusieurs pays de l’Est et de l’Ouest. En effet, les attaques de Daesh frappent même au cœur des pays occidentaux, ce qui était inimaginable il y a cinq ans.

Les attaques dans les bureaux de Charlie Hebdo, les attentats du 13 novembre et de Bruxelles montrent qu’on le doit considérer le terrorisme comme une vraie menace contre l’humanité.

Le délégué Syrien a ajouté que la guerre en Syrie a touché des millions de personnes. Des centaines milliers personnes ont immigré, déplacé, sont mortes ou blessées. Avec le danger permanent qui règne là bas, les questions sur la liberté d’expression ne se posent pas.

Lorsque vint mon tour, j’ai parlé de l’Afghanistan et de ses problématiques : Depuis 2001 le gouvernement est plus ou moins démocratique et la liberté d’expression a été instaurée. Il y a eu depuis quatre élections présidentielles et parlementaires. Mais il y a toujours une forte menace contre les journalistes, la liberté d’expression, à cause surtout des Talibans. Ils sont toujours très présents dans certains provinces lointaines et ils n’hésitent pas à attaquer les villes avec des attentats suicide. Récemment encore il y a eu une attaque à Kaboul et des dizaines personnes ont trouvé la mort.

(Source : Tijani Lemrabott)

(Source : Tijani Lemrabott)

J’ai expliqué que selon moi il n’y a pas de différences entre des Talibans, Daesh et n’importe quel groupe terroriste. Ils font tous pareil. Ils tuent des innocents et menacent notre civilisation.

La fin de la conférence était concentrée sur comment lutter contre le terrorisme ? Différentes solutions ont été proposées et aussi pas mal de solution pour défendre les valeurs humanitaires, la liberté d’expression, la démocratie et la laïcité. Les interventions militaires mises à part, les intervenants ont considéré que la meilleure façon reste d’éduquer les gens. Parce que les groupes terroristes utilisent toujours l’ignorance des gens pour les inviter sur le terrain de l’extrémisme.

 

 

UNESCO : Sécurité des journalistes, les médias se mobilisent

[Par Johanna GALIS]

La sécurité des journalistes dans le monde inquiète. Les derniers des chiffres viennent de tomber et Reporters sans Frontières tire fortement la sonnette d’alarme.

Dans son bilan de l’année 2015 du nombre d’agressions, d’assassinats, et de kidnappings de journalistes dans le monde, l’organisation dénombre 54 journalistes portés disparus à la fin de l’année – dont légèrement moins de la moitié sont détenus en Syrie. 67 journalistes ont, eux, été assassinés. L’UNESCO et les Nations Unies ont pris progressivement conscience, et ce dès 1997 avec la condamnation du Directeur général de l’UNESCO, de l’impunité des assassinats de journalistes exerçant leurs fonctions pour la plupart dans des zones de hauts conflits politiques. Depuis, des directives ont été adoptées : en 2008, l’UNESCO soumet un rapport biennal sur la sécurité des journalistes et les dangers de l’impunité auprès du Conseil du Programme International pour le développement de la communication (PIDC). Plus récemment, en 2013, un Plan de Travail a été créé par l’exécutif de cette même organisation pour réfléchir à des solutions concrètes à mettre en place afin d’éviter que la situation ne s’aggrave.

(source: Unesco)

(source: Unesco)

Malheureusement, si l’on pouvait dresser un bilan de l’année 2015 – sur le quota de confiance que chacun pourrait placer en la politique sécuritaire de son pays, l’Occident lui-même – dont la France, qui a été frappée 2 fois par des attaques terroristes sur son territoire en l’espace d’un an – semble ne plus être un lieu sûr. D’où la nécessité pour l’UNESCO de créer une conférence de premier ordre, le 5 février dernier, sur la sécurité des journalistes vis-à-vis d’une violence qui s’installe un peu partout dans le monde. Son titre le souligne de manière significative « Les médias se mobilisent pour la sécurité des journalistes »: il s’agit de se fédérer pour faire changer les choses, et vite.

Préparer les journalistes pour les terrains hostiles
Trois tables rondes ont été tenues: l’une sur les bonnes pratiques des salles de presse pour garantir la sécurité de ses journalistes, la deuxième sur la sécurité des médias locaux, régionaux et communautaires, et enfin la troisième sur la sécurité des journalistes indépendants et des producteurs de médias sociaux. Plus de deux-cent représentants de médias (propriétaires, dirigeants et journalistes eux-mêmes) étaient présents sur place, ainsi que des ambassadeurs.

Larry Kilman, Secrétaire général de l'Association mondiale des journaux

Larry Kilman, Secrétaire général de l’Association mondiale des journaux (Source: blog.wan-ifra.org)

Des actions de premier ordre ont été suggérées: que les salles de presse garantissent les formations – physiques, psychologiques et mêmes d’outils numériques – de leurs journalistes pour les préparer à leur arrivée sur le terrain. Larry Kilman, Secrétaire général de l’Association mondiale des journaux et des éditeurs de médias d’informations a par ailleurs souligné d’une manière très juste : « Trop souvent les journalistes ne sont pas salués pour leur rôle de vigie », d’où la nécessité de médiatiser plus souvent les risques qu’ils encourent pour informer le grand public sur l’importance de leur métier dans la compréhension de notre monde actuel, et sur les dérives dangereuses dont ils peuvent être les victimes. Pourquoi ne pas fournir aux grands acteurs des médias une plateforme pour parler de la sécurité de leurs journalistes? Et à l’échelle de ce que le journaliste peut faire une fois sur place – mieux se renseigner auprès des forces de sécurité présentes, des associations locales, pour mieux saisir les risques du terrain. Des institutions gouvernementales doivent agir de pair avec les médias pour permettre d’enquêter de plus près sur les crimes commis, et la création d’une commission nationale serait la bienvenue.

(Source: Wikimédia)

(Source: Wikimédia)

La conférence se termine sous le signe d’une véritable dialogue à l’échelle internationale sur les dispositifs nécessaires à la fin de l’impunité des crimes commis envers les journalistes dans le monde, tandis que de nombreux outils auront été proposés pour que les médias et l’UNESCO puissent développer pour eux un futur meilleur et plus sûr.

 

 

Mon combat continue : le témoignage de l’Azerbaïdjanais Agil Khalil

[Par Yvette MUREKASABE]

“Je voulais que justice soit rendue, que les autorités de mon pays reconnaissent leur responsabilité pour tout le mal qu’ils m’ont fait, mais mon combat est loin d’être fini », me confie Agil Khalil, en ce moment. Il me fixe droit dans les yeux mais son regard est surtout tourné vers son pays. Il repense sûrement à tout ce qu’il a enduré ainsi qu’au calvaire que peuvent vivre ses confrères qui sont encore là-bas.

3« Le régime dictatorial qui m’a contraint à l’exil est toujours là. Je sais que rien n’a changé et je me battrai jusqu’à la fin contre ce système corrompu » ajoute-t-il.

Journaliste d’investigation pour le principal quotidien de l’opposition « Liberté », il s’exile en France après des années de lutte et de persécutions par les autorités de son pays. Une fois sur place, il porte plainte contre cet Etat à la cour européenne de justice (CEDH) en 2008. Six ans après, le 29 octobre, le verdict est rendu: son gouvernement est reconnu coupable des actes de tortures morales et physiques dont il a été victime.

« Je ne suis pas satisfait et mon combat est loin d’être fini. Les vingt-huit mille euros de dédommagements qui me seront versés par le gouvernement Azerbidjanais ne peuvent en aucun cas me laver de toutes les humilliations et de toutes les peines que j’ai endurées; je ne dépenserai aucun centime ». Il rajoute ensuite avec compassion: « Je les donnerai aux prisonniers politiques de mon pays, qui croupissent dans la misère. Le reste sera pour mes confrères Azéris et pour les organisations qui m’ont accueilli et soutenu en France, principalement la Maison des journalistes de Paris ».

Agil garde espoir qu’une nouvelle ère viendra et qu’il pourrait repartir dans son pays. Il reste optimiste qu’un jour l’Azerbaïdjan deviendra un Etat de droit et que tous les citoyens azerbjadaïnais pourront jouir de la liberté d’expression et les journalistes pourront exercer leurs métiers en toute liberté.

Non au crime contre les journalistes

[Par Sintius MALAIKAT]

« Les plantes ont besoin d’une lumière pour produire la chlorophylle, catalyseur de la photosynthèse.
Sans chlorophylle, pas de photosynthèse. Sans photosynthèse, pas de vie. Au fond de ma cellule, je ne vois aucune lumière »

J’entends de loin la voix de mon confrère
Qui crie de douleur due à la torture physique
La torture physique dont il a été victime
Victime d’avoir produit une émission critique
Critique des atrocités à l’endroit des êtres humains
Etres humains dont le droit est sensé être respecté
Respecté par tous les pays du monde entier

Le monde entier célèbre ce jour
Jour de condamnation des crimes
Crimes contre les droits des Journalistes
Journalistes photosynthèses de la société
La société qui a besoin d’être informée
Informer a été ma passion depuis longtemps

Depuis longtemps je donnais des informations impartiales
Impartiales dans le sens de vraies, balancées et justes
Justice est tout ce que je mérite
Je le mérite et je le demande
Demande que j’adresse au monde
Ce monde qui ne cesse de chanter la liberté
Liberté sous toutes ses formes
Au fond de ma cellule de détention

J’aperçois la lueur du soleil
Le soleil qui ne brille pas pour nous journalistes
Au fond de ma cellule, j’ai eu un rêve
Le rêve du soleil qui brille
La porte de ma cellule qui s’ouvre
L’ouverture du droit d’expression
Ainsi le monde sera informé
Et tous mes confrères libérés
Non au crime contre les journalistes