Une armée de plus d’un million de jeunes

Les jeunes de la Iounarmia défilent chaque 9 mai sur la place Rouge pour célébrer la victoire de l’URSS sur l’Allemagne nazie. Photo: ministère russe de la Défense

En 2016, le gouvernement russe s’est doté de son propre mouvement pour les enfants et les adolescents : la Iounarmia, « armée de la jeunesse ». Entre embrigadement et propagande, la Russie prépare ses patriotes de demain.

Par Axel Monnier

Qui contrôle la jeunesse contrôle l’avenir. Vladimir Poutine, le président de la Russie, l’a bien compris. En 2016, le régime s’est doté d’une « armée de la jeunesse », la Iounarmia en russe, une organisation qui revendique avoir vu passer 1 1750 000 « jeunes et adolescents » entre ses mains selon leur site internet. Elle se revendique comme étant un « mouvement public militaro-patriotique panrusse des enfants et des jeunes » qui enseigne les « bonnes traditions ».

Quelles traditions ? Fidélité à la Russie, préparation à la guerre, endoctrinement, valeurs anti-LGBT… Une armée qui devient un moule.

Et cela se traduit jusque dans les territoires ukrainiens occupés par l’armée russe. Au total, cette Iounarmia est présente dans au moins 29 écoles des territoires occupés selon un décompte de France 2. Son objectif : effacer la culture ukrainienne via la jeunesse endoctrinée, comme l’expliquent nos confrères de Sud-Ouest.

À chaque parti son organisation

Si la Iounarmia est ce qui semble l’organisation de jeunesse russe la plus conséquente, elle n’est pas la seule. Chaque parti politique possède son organisation du même genre. La Jeune Garde revendique 160 000 membres et forme les futurs cadres de Russie unie, le parti de Vladimir Poutine. Les partis qui se revendiquent d’opposition se sont eux aussi dotés d’un tel mouvement. Le plus représentatif, le Parti communiste de la fédération de Russie, peut compter sur les 40 000 membres revendiqués des Ligue léniniste des jeunes communistes. Des chiffres bien en deçà de ceux de la Iounarmia, qui ne laisse pas le choix de l’enrôlement à certains jeunes.

Ce type de mouvements a une histoire particulière à l’Est. En Union soviétique déjà, le pouvoir communiste s’était doté des pionniers pour les jeunes de 10 à 14 ans et du komsomol pour ceux de 15 à 28 ans.