Le 7 mars 1977, déclenchement de la 1re guerre du Shaba (aussi appelée « Guerre des 80 jours ») . Photo : Personnages.CD
La République démocratique du Congo est traversée par des cycles de violences armées quasi continus, révélateurs d’une instabilité politique durable, de luttes de pouvoir internes et d’ingérences régionales. La mutinerie de la Force publique en juillet 1960, suivie de l’intervention militaire belge, ouvre une première séquence de crises.
Par Marcos Podé
Sous le régime de Mobutu, les guerres du Shaba (1977-1978) prolongent cette instabilité, opposant le pouvoir central aux anciennes forces katangaises, avec l’intervention directe de puissances étrangères.
La chute de Mobutu en 1997, portée par Laurent-Désiré Kabila avec le soutien du Rwanda et de l’Ouganda, ouvre une nouvelle phase, rapidement transformée en conflit régional majeur. Dès 1998, la guerre impliquant le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD) et le Mouvement de libération du congo (MLC) installe une fragmentation durable du territoire sous influence rwando-ougandaise. Les accords de paix du début des années deux mille ne mettent pas fin aux logiques de rébellion armée. Elles se recomposent sous de nouvelles formes.
La création du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) en 2006, puis l’émergence du Mouvement du 23 mars (M23) en 2012, prolongent cette dynamique de cycles rebelles, marqués par des accords fragiles, des intégrations militaires incomplètes et des résurgences armées.
Depuis 2022, la réapparition de l’AFC/M23 illustre la persistance de ces mécanismes dans un contexte de rivalités régionales, de tensions diplomatiques et de convoitises économiques autour des ressources stratégiques de l’est du pays.
L’histoire des conflits en RDC révèle ainsi une continuité structurelle : faiblesse de l’État, fragmentation du pouvoir, instrumentalisation des identités, ingérences extérieures et économie politique de la guerre. Plus qu’une succession de crises, il s’agit d’un système de conflictualité enraciné où chaque rébellion s’inscrit dans l’héritage des précédentes. Ce qui alimente une instabilité durable du territoire congolais.