Photo de  Tasnim News Agency, CC BY 4.0

Pendant que la région brûle et que les civils meurent, l’Iran change de guide suprême. Mojtaba Khamenei, fils de Ali Khamenei, prend les rênes d’un régime dos au mur. Succession dynastique, guerre dévastatrice, populations sacrifiées : le pouvoir iranien joue sa survie sur le sang des autres.

 

Par Massoumeh Raouf

Le 28 février dernier, les Etats-Unis et Israel ont lancé une attaque sans précédent sur l’Iran. Des frappes aériennes ont visé des dizaines de sites à Téhéran et dans plusieurs villes. L’ayatollah Ali Khamenei – et plusieurs hauts responsables – a été tués. Le 9 mars, le régime iranien a dévoilé le nom de son successeur qui n’est autre que son fils, Motjaba Khamenei.

Pour le peuple iranien, déjà confronté à des décennies de répression, de crise économique et de privation de libertés, cette succession révèle l’écart abyssal entre un pouvoir corrompu et les aspirations du peuple. L’arrivée de Mojtaba Khamenei au sommet de l’État illustre la dépendance du régime à l’égard du nom de Khamenei et sa volonté de transformer la République islamique en une dynastie cléricale.

Cette nomination ne symbolise pas seulement la continuité, mais l’officialisation d’une « monarchie héréditaire » au cœur du pouvoir théocratique. Ce système, qui prétendait représenter la justice religieuse et la révolution, se transforme ouvertement en un mécanisme dynastique qui vise à maintenir un pouvoir illégitime.

Comme l’a souligné Maryam Rajavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne : « L’intronisation de Mojtaba Khamenei consacre une “monarchie héréditaire” du guide religieux. Le régime de la suprématie absolue du guide suprême s’est établi ce soir en une monarchie héréditairei. Mais cela ne pourra pas sauver le navire brisé du fascisme religieux. »

L’architecte de la répression du peuple

Cette évolution constitue une trahison flagrante des idéaux de la révolution de 1979, qui avait renversé la monarchie du shah pour combattre exactement ce type de pouvoir héréditaire. Pour la résistance iranienne, ce choix révèle un système dépourvu de toute légitimité populaire, qui ne survit que par la terreur et l’usurpation de la souveraineté du peuple.

Mojtaba Khamenei n’est pas un simple héritier ; il est l’un des principaux architectes de la répression du peuple iranien. Pendant plus de deux décennies, il a exercé une influence directe sur les Gardiens de la révolution et les services de renseignements, il a coordonné les opérations de répression et supervisé les violences contre les soulèvements populaires.

La résistance iranienne le considère comme responsable de la répression des grandes manifestations de 2019, de 2022 et de 2026, qui ont illustré l’ampleur du rejet du régime par le peule. Son rôle s’étend également au contrôle des ressources économiques. Il a ainsi participé au pillage systématique des biens publics et au renforcement des inégalités sociales.

 L’accession de Mojtaba Khamenei au pouvoir ne résout aucune crise et expose encore plus l’incapacité du régime à répondre aux aspirations de la société 

                   

 

Cette concentration des pouvoirs, à la fois politique et économique, a plongé des millions d’Iraniens dans la pauvreté et la précarité, notamment les travailleurs, les enseignants, les infirmiers, les agriculteurs et les retraités.

L’accession de Mojtaba Khamenei au pouvoir ne résout aucune crise et expose encore plus l’incapacité du régime à répondre aux aspirations de la société. Maryam Rajavi l’a clairement affirmé : « Le peuple, à bout de patience, qui s’est soulevé pour renverser le régime, ne se soumettra pas à la mafia cléricale qui dirige l’Iran. Le destin est entre les mains du peuple iranien. »

La véritable question n’est plus qui est guide suprême, mais qui détient réellement le pouvoir : le peuple ou une dynastie corrompue. La résistance iranienne propose une alternative claire : une république démocratique avec des élections libres, le suffrage universel et l’égalité des droits pour tous. Dans cette perspective, un gouvernement provisoire de six mois aurait pour mission d’organiser ces élections et de transférer le pouvoir au peuple.

L’histoire récente de l’Iran montre que même les dictatures les plus répressives ne peuvent survivre face à un peuple déterminé à conquérir sa liberté. L’accession de Mojtaba Khamenei au pouvoir ne fait que confirmer que le régime est à bout de souffle et que l’avenir appartient à ceux qui luttent pour la liberté et la justice.

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