Orhan Pamuk Photo checksbalances.clio.nl

C’est une strophe d’un poème de William Wordsworth qui poursuit Mevlüt, le dernier héros d’Orhan Pamuk, pendant quatre décennies de sa vie troublante.

[Par Khosraw MANI,
envoyé spécial du Festival de Cinéma de Douarnenez]

Mevlüt Karataş, fils d’un vendeur de yaourt et de boza, quitte son village natal très jeune, afin d’aider son père qui vend cette boisson traditionnelle dans les rues et les ruelles d’Istanbul. Ses aventures, de 1969 à 2012, entrent en résonance avec le récit d’une époque troublée : les transformations sociales, les coups d’Etat militaires, les conflits politiques.

Mevlüt fait son service militaire, tombe amoureux, il est trompé par son propre cousin, il voit disparaître un passé chéri et fait l’expérience de la métamorphose pénible de sa ville. Mais il reste le simple vendeur de boza qu’il a toujours été, gardien de cette vieille tradition ottomane.

Après Mon Nom est Rouge, Istanbul et Neige, Orhan Pamuk, lauréat du prix Nobel, vient de livrer son dernier opus, plus contemporain que le premier, plus profond que le deuxième, plus impressionnant que le troisième. Orhan Pamuk fait, avec Istanbul, ce que James Joyce a fait il y a presque un siècle avec son Dublin imaginaire : il recrée la ville à la lumière du hüzün, le nom turc de la mélancolie, qui hante Istanbul.

A paraître bientôt en français.

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