Entrées par Rédaction

Interview de l’Ambassadeur des Droits de l’Homme François Croquette

François Croquette a rendu visite à la Maison des journalistes. L’occasion de lui présenter la vie et le fonctionnement de la MDJ et de rencontrer les journalistes réfugiés pour avoir exerceur leur métier sur la liberté d’informer. Accompagné de la directrice de la MDJ, Darline Cothière, l’ambassadeur a pu prendre connaissance de l’histoire personnelle des journalistes qui l’ont alerté sur des cas de violation fragrante des droits humains et de la liberté d’informer dans leur pays respectif.

A la suite de ces échanges, l’équipe de l’Oeil a interviewé l’Ambassadeur qui a répondu sans détour à nos questions. 

Quel est le rôle du métier d’ambassadeur Français des Droits de l’Homme ? 

Du droit des citoyens aux relations internationales, des situations individuelles à celles du collectif, le rôle d’ambassadeur des droits humains est varié et exigeant.

Y a-t-il d’autres ambassadeurs des Droits de l’Homme en Europe et dans le monde? 

Il y en a neuf dans l’Union Européenne ce qui ne signifie pas que les pays qui n’en ont pas se désintéressent de cette question.

Avec les autres ambassadeurs, ensemble nous travaillons de manière informelle, déclaration conjointe, situation individuelle et collective des pays concernés. 

Tribune : universitaires et chercheurs s’inquiètent de l’ingérence marocaine envers Maâti Monjib

Un procès ouvert en 2015, reporté 15 fois. Avec notre confrère de la Maison des journalistes Hicham Mansouri, Maâti Monjib est visé par une plainte suite à la création d’une application mobile aidant les journalistes marocains et depuis censurée par le pouvoir. Hicham a du quitter le Maroc après avoir connu la diffamation et la prison. Maâti Monjib, universitaire a pu rester au Maroc, mais à quel prix?

Le 22 avril 2019, l’historien Maâti Monjib est entré dans une grève préventive de la faim pour 48 heures. Enseignant-chercheur à l’Institut des études africaines (IEA) de l’Université Mohammed V de Rabat, il est menacé de se faire radier de l’université et de la fonction publique, après avoir accepté de participer, en qualité de rapporteur, à la soutenance d’habilitation à diriger les recherches (HDR) de Mounia Bennani-Chraïbi, le 13 février 2019, à l’École normale supérieure (ENS), à Paris.

L’affaire de l’ENS

Quatre ans plus tôt, Maâti Monjib a mené une grève de la faim illimitée qui a duré 24 jours, pour défendre son droit à la libre circulation. En lien avec la formation de jeunes journalistes à des outils de la presse citoyenne, il a été poursuivi avec six autres personnes, d’abord pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État ».

Le procès court toujours et Maâti Monjib fait l’objet de campagnes incessantes de diffamation et d’harcèlement moral. À l’origine des pressions que Maâti Monjib subit actuellement, rien de bien révolutionnaire : il a tenu à remplir ses engagements auprès de ses collègues en prenant part à un événement hautement académique.

Invité dès le mois de juin 2018 à faire partie du jury d’HDR de Mounia Bennani-Chraïbi, il a rapidement avisé les autorités de tutelle et produit tous les documents exigés, y compris la convocation officielle de l’ENS, sans pour autant obtenir un accord administratif formel, que peu d’universitaires sollicitent.

Maâti Monjib décide quand même de participer à la soutenance : sa présence est essentielle au bon déroulement de ce processus d’habilitation long et complexe. Peu après son retour à Rabat, il reçoit plusieurs « demandes d’explication » de la part des autorités universitaires pour non-présence sur son lieu de travail.

Un choix cornélien

Il y répond et dépose personnellement, à chaque fois, ses réponses à l’administration de l’institut ; preuve supplémentaire de sa présence. Or, son ministère de tutelle a engagé contre lui une procédure en abandon de poste (depuis le 11 février 2019), notifiée le 18 avril. Sommé de signer un formulaire de « reprise du travail » dans un délai de sept jours, Maâti Monjib a le choix entre reconnaître des accusations fallacieuses ou se faire radier.

Il a déposé un dossier officiel attestant qu’il n’a nullement abandonné son poste et 19 de ses collègues de l’institut ont témoigné par écrit qu’il « se présente régulièrement au poste de son travail » à l’institut et s’acquitte normalement de ses tâches.

Le procès-verbal signé par l’ensemble des membres du jury d’HDR atteste également de sa participation active à une activité scientifique, qui relève du cahier des charges de tout professeur universitaire.

L’Institut des études africaines se flatte sur sa page web de favoriser la coopération universitaire internationale et la mobilité des enseignants. N’est-ce pas contradictoire de soumettre Maâti Monjib à des épreuves kafkaïennes, alors même qu’il ne faisait que représenter son université dans une institution pour le moins prestigieuse ? En notre qualité de professeurs universitaires et de chercheurs, nous exprimons toute notre inquiétude face à cette entrave à la liberté académique.

231 signataires au 9 mai 2019 : 

Nom Prénom Pays Institut / fonction
Bennani-Chraïbi Mounia Suisse Université de Lausanne
Allal Amin Tunisie CNRS-IRMC
Bocco Riccardo Suisse The Graduate Institute
Burgat François France CNRS
Camau Michel France Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence
Casimiro Isabel Maria Mozambique Eduardo Mondlane University
Catusse Myriam France CNRS
Chalcraft John Royaume-Uni London School of Economics and Political Science (LSE)
Dakhli Leyla Allemagne Centre Marc Bloch
Desrues Thierry Espagne IESA-CSIC
El Khawaga Dina Liban American University of Beirut
Fillieule Olivier Suisse Université de Lausanne
Gamal Wael Égypte Carnegie Endowment for International Peace
Greeman Richard États-Unis University of Hartford
Gusev Aleksey Russie Moscow State University
Hammoudi Abdellah États-Unis Princeton University
Hudis Peter États-Unis Oakton Community College
Iharchane Omar Maroc Université Cadi Ayyad
Jeppie Shamil Afrique du Sud University of Cape Town
Kane Ousmane États-Unis Harvard University
López García Bernabé Espagne Université Autónoma
Löwy Michael France CNRS
Miller G. Susan États-Unis University of California, Davis
Mouna Khalid Maroc Université Moulay Ismail
Mounib Nabila Maroc Université Hassan II
Naciri Mohammed Maroc Géographe, Université Mohammed V
Neveu Erik France Sciences Po Rennes
Offerlé Michel France École normale supérieure de Paris
Rachik Hassan Maroc Université Hassan II
Siméant-Germanos Johanna France École normale supérieure de Paris
Stenner David États-Unis Christopher Newport University
Uysal Aysen Turquie Politologue (expulsée de l’Université d’Izmir)
Vairel Frédéric Canada Université d’Ottawa
Villalon Leonardo États-Unis University of Florida
Vermeren Pierre France Paris 1 Panthéon-Sorbonne, France
Wainscott Ann Marie États-Unis Miami University
Waterbury John Liban American University of Beirut

 

Les autres signataires par ordre alphabétique :

 

Aainouss Abdelghani Maroc  
Aarour Fatiha France  
Abdelmoumni Souad Maroc  
Abdelmoumni Naima Maroc  
Achahboune Abdellaziz Maroc  
Achibane Mehdi Maroc  
Afkir Mostafa France  
Afsahi Kenza France Centre Emile Durkheim – Université de Bordeaux
Aghbal Ahmed Maroc Université Moulay Ismail
Ahndar Mohamed Maroc  
Aitba Mouhssine Maroc  
Akanni Saloua France  
Akesbi Najib Maroc Institut agronomique et vétérinaire Hassan II
Aksikas Jaafar États-Unis Columbia College Chicago
Alami Mchichi Houria Maroc Université Hassan II
Allal Tewfik France  
Allioui Hanane Maroc  
Andalous Ouartassi Kamal Maroc  
Ankari Hamid Maroc  
Arib Ahmed Maroc  
Assidon Sion Maroc  
Augier Jean-Paul France Historien
Azdem Mehdi Maroc  
Baczko Adam France Université Paris I
Bajjaji Gabriel France  
Balarbi Najat Suisse  
Baranzini Roberto Suisse Université de Lausanne
Belarbi Mohamed    
Belfquih Abdelkhalek France  
Belghazi Amine Maroc  
Bella Hassan Maroc  
Ben Mami Amine France Sciences Po Aix
Ben Saud Youssef Maroc  
Benchebab Abdellatif Maroc  
Benmoussa Younes Maroc  
Bennani Taoufik Maroc  
Benslimane Dounia Maroc  
Bernich Abdallah Maroc  
Bouabid Ali Maroc Politologue
Bouagga Yasmine France École normale supérieure de Lyon – Triangle
Boubelrhiti Lhoucine Maroc  
Bouchra Moulouda Maroc  
Bouguiyoud Said Qatar  
Bouharou Sulliman Maroc  
Boula Farouk Maroc  
Boulakhrif Ahmed Maroc  
Boutahar Driss Maroc  
Bouzendaga Abdallah Maroc  
Brazek Abdeslam France  
Brouksy Omar Maroc Journaliste et universitaire
Butin Cyprien France Consultant en développement urbain
Capon Corinne Suisse  
Casani Alfonso Espagne  
Chahir Aziz Maroc Politologue
Charpentier Isabelle France Université de Picardie
Chbibi Mohamed    
Cheikh Meriam France Anthropologue
Cherbib Mouhieddin e  

 

Militant des droits de l’homme tunisien

Cherouaou Brahim    
Cherqui Ilham Canada  
Cherradou Mohammed Maroc  
Choubi Mohamed Maroc  
Choukri Hmed France Université Paris Dauphine
Chraibi Saad Maroc  
Dafir Hassan Maroc  
Değer Ozan Turquie Politologue (expulsé de l’Université d’Ankara)
Demetriou Eleni Chypre Aix-Marseille Université
Derouich Said Maroc  
Diani Morad Qatar Université Cadi Ayyad (actuellement chercheur au Doha Institute)
Dirèche Karima France CNRS
Duchesne Sophie France CNRS
Duthu Françoise Belgique Université Paris Ouest Nanterre
Eichenberger Pierre États-Unis Chercheur invité à la New School
El Amine Amal Maroc  
El Ayar Mhamed Maroc  
El Fahli Mohamed Maroc  
El Imame Soumia Maroc  
El Kawkabi Hassan Maroc  
Elalaoui Charif France  
ElAmine Adnan Liban American University of Beirut
Elbelghiti Rachid Maroc  
Elbousky Belaid États-Unis  
Elkhairi Ayoub Maroc  
Elouajjani Said Maroc  
Elyamlahi Zakia Maroc  
Emperador Montserrat France Université Lyon 2
Fakir Intissar États-Unis Carnegie Endowment for International Peace
Farhat Abdellatif France  
Fatmi Youssef Maroc  
Fernandez-Molina Irene Royaume-Uni University of Exeter
Ganev Venelin États-Unis Miami University
Gaubert Julie Suisse Chercheuse
Ghadeer Ahmed Égypte Chercheuse
Gobille Boris France École normale supérieure de Lyon
Gonnet Aurélie France Chercheuse
González García de Paredes Marta Espagne IESA-CSIC
Graz Jean- Christophe Suisse Université de Lausanne
Grotti Laetitia Maroc  
Guedira Abdellah Maroc  
Hayat Samuel France CNRS
Heddouchi Omar Maroc  
Idbelaid Hamid Maroc  
Idhmida Mohamed Maroc  
Ilahiane Hsain États-Unis Mississipi State University
Imm Anas Maroc  
Jahija Qendrim Suisse  
Jamal Ayoub Maroc  
Janne d’Othée Nathalie Belgique Centre national de coopération au développement (CNDD 11.11)
Jenkal Abdelaziz    
Jeradi Mohamed    
Jimenez Mar Espagne  
Jouvenet Morgan France CNRS
Kerdellass Achraf Maroc  
Khadir Khaddouj France  
Khalil Omnia Égypte Chercheuse
Kheir Ahmed Égypte Chercheur
Kosulu Deniz France Chercheuse
Ksikes Driss Maroc Écrivain et professeur à HEM
Kurtoğlu Zerrin Turquie Sociologue
Laaroussi Omar Maroc  
Lahmamed Elmehdi Qatar  
Lizé Wenceslas France Université de Poitiers
López Hernández Dolores Espagne Universidad de Navarra
Loukili Chrif Al Mostafa Maroc  
Maaninou Larbi France  
Mach André Suisse Université de Lausanne
Machrouhi Dahbi Maroc  
Manry Veronique France Sociologue
Masrour Aissa Maroc  
Mathieu Lilian France École normale supérieure de Lyon – Centre Max Weber
Mayaux Pierre-Louis France Centre international de recherche pour l’agriculture et le développement
Mazigh Bahri Maroc  
McLaughlin Fiona États-Unis University of Florida
Mejjad Ghani Maroc  
Meliani Youssef Maroc  
Menoux Thibaut France Université de Nantes
Meziaty Mouad Maroc  
Mezzi Youssef Maroc  
Mias Coline France Doctorante Sciences Po Aix
Mohamed-Chaabani Saliha France  
Mortabit Zouhair France Polytech Clermont-Ferrand
Mota Milton Suisse  
Mouhallil-Leroy Sophie Belgique  
Moustekfu Abdellatif Maroc  
Mrabti Mohammed Maroc  
Mulhem Monif Syrie Intellectuel et militant syrien
Naguib Mohamed France  
Naih Mohammed Maroc  
Naim Mustapha Maroc  
Najeme Ibrahim Maroc  
Naoua Adiba Maroc  
Nasr Ayman France  

 

Nuino Mourad

Mourad Nuino

 

Maroc

 

Docteur en droit

Ocana Morgan France  
Olivier Isabelle France  
Oubaka Brahim Maroc  
Oukmeni Idir Maroc  
Oumlil Kenza Maroc Université Al Akhawayn
Paboeuf Jean-Louis France  
Pagis Julie France CNRS
Papadopoulos Ioannis Suisse Université de Lausanne
Paternotte David Belgique Université libre de Bruxelles
Pereira Cristina Suisse  
Pierret Monique Belgique  
Qmichou Khadija Maroc  
Raddaoui Raddaoui Maroc  
Rajib Said Maroc  
Raoud Mostafa Maroc  
Raymond Candice France IREMAM
Rhrib Sami Suisse  
Rivet Bénédicte France Centre Max Weber
Ruchet Evan Suisse  
Ruel Anne France Historienne
Ruiz de Elvira Laura France Université Paris Descartes

 

Sadki

Abdelouahe d

 

Maroc

 
Saidi Rachida Maroc  
Sammouni Mohamed Maroc Journaliste et chercheur en sociologie politique
Sefrioui Kenza Maroc Docteure de l’Université Paris IV, journaliste culturelle, critique littéraire et éditrice
Silly Vinca France  
Solanas Facundo Argentine Université de Buenos aires
Sommier Isabelle France Université Paris 1
Taj Mustapha Maroc  
Talbi Alaa Tunisie

Docteur de l’Université de Tunis, Forum

tunisien pour les droits économiques et sociaux

Tayebi Mohammed Maroc  
Tbeur Issam- Eddine Maroc Université Mohammed V
Tek Eylem Turquie  
Tisserdi Rachid Maroc  
Tmart Ahmed Maroc  
Toker Nilgun Turquie Politologue (expulsée de l’Université d’Izmir
Turkmen Buket France Centre Emile Durkheim
Wahnich Sophie France CNRS
Yuksel Hakan France  
Zejly Nassim France  
Zwanenburg Elsa Suisse  

Syrie – Liberté d’information : « Au coeur de la guerre, les femmes reporters. »

[TÉMOIGNAGES DE GUERRE] Dans un pays où la guerre fait rage depuis 2011, qui sont les journalistes encore présents aujourd’hui en Syrie? Quel est leur quotidien et que risquent-ils? A l’occasion d’une conférence Skype, trois journalistes présentes en Syrie ont apporté des éléments de réponses à ces questions. En arabe puis en français, elles ont livré leur témoignage devant un panel de spectateurs dont certains sont journalistes. Ces trois femmes journalistes syriennes sont : Merna al-Hassan, Judi Arash et Shadia Taataa.

Des journalistes turcs oubliés dans les prisons d’Erdogan crient à l’aide !

[LIBERTÉ D’INFORMER] « Nous sommes des journalistes oubliés dans la prison de Silivri », ont déclaré 19 journalistes turcs dans une lettre publiée sur Internet la semaine dernière. Détenus depuis plus de deux ans, les 19 journalistes ont déclaré : «Nous qui n’avons pas d’autre métier que le journalisme, nous disons que nous ne voulons pas être oubliés et que nous attendons que justice soit rendue».

Concert solidarité pour les Droits et les Libertés en Turquie

A cela, il dénonce le « silence complice des pays Européens » et demande notamment une annulation de l’accord passé entre la Turquie et les pays Européens concernant les migrants. Erdal Kılıçkayal, Président de la Fuaf Haber Fédération Union des Alévis en France (FUAF), prend ensuite la parole pour parler de la situation des Alévis, minorité religieuse, ils sont souvent qualifiés de « progressistes » de l’islam pour leur courant hétérodoxe de l’islam.

Inconnus, prisonniers, journalistes

Aujourd’hui, des milliers de personnes restent enfermées en prison de manière arbitraire. Parmi eux des journalistes. C’est leur histoire que nous raconte notre interlocuteur. Un « Etat sécuritaire » est-il compatible avec un « Etat de Droit et de Liberté » ?