Dessin de Liza Donnelly – de L’exposition internationale L’Exil de la Maison des journalistes
À l’occasion de la Journée mondiale du réfugié 2014, un recueil de témoignages de reporters de la Maison des journalistes :
Larbi Graïne (Algérie) : « Être réfugié dans un pays étranger » ne revient pas à cesser les hostilités à l’encontre de nos persécuteurs mais c’est se donner les moyens de les poursuivre depuis un lieu où l’on est invincible.
Jean Mati (Congo RDC) : Le refuge est le résultat d’un long processus d’exil. Trouver refuge, c’est toujours un moment d’exaltation dans la vie d’un exilé.
Certes, ce n’est pas une fin en soi, mais c’est un temps de soulagement et d’allégresse. C’est pourquoi en tant qu’exilé et demandeur d’asile je suis en attente d’une régularisation. Je tiens à travers ces quelques lignes malformées soutenir par mes mots solidaires, tous les exilés et autres réfugiés du monde.
Djibril Diaw (Mauritanie) : Etre réfugié en France change le statut de journaliste : quand on est dans son Pays, on peut travailler aussi comme correspondant pour des médias français, alors qu’une fois réfugié en France, on a du mal à s’intégrer dans ces mêmes médias.
Soro Solo (Cote d’Ivoire) En ce qui concerne l’accueil et la condition des réfugiés en France, si je m’appuie sur l’exemple de la MDJ où j’ai moi-même été hébergé pendant six mois. Je ne peux que tenir des propos élogieux quand à l’accueil des réfugiés en France. J’ai rencontré des réfugiés reçus par d’autres structures françaises. Ils étaient moins « chouchoutés » qu’à la MDJ mais ce n’était pas la misère du tout. Mes 2 enfants, eux, étaient réfugiés aux USA et croyez-moi, ils n’avaient aucune aide matérielle. Par contre, ils étaient autorisés à travailler tout de suite, contrairement à la France où il faut d’abord obtenir son statut de réfugié pour pouvoir travailler légalement. Aux Etats Unis, les réfugiés n’ont pas de soins gratuits comme en France, n’ont pas d’argent de poche comme en France où on nous accorde 280 euros (en tout cas en mon temps en 2003 – 2004 (350 euros aujourd’hui, NDLR). Mes enfants n’avaient RIEN de tout ça !
Rebin Rahmani (Kurdistan d’Iran) Le monde d’aujourd’hui est très difficile pour nous, les réfugiés, même s’il peut nous offrir de meilleures opportunités. Être réfugié signifie pour moi vivre dans un limbe, entre le monde d’aujourd’hui et celui d’autrefois.
Mon corps est ici, même si mon âme reste toujours dans mon pays.
Je ne peux pas rentrer dans mon pays, parce que de 2006 à 2008 j’ai été en prison en Iran. Lors de ma libération, j’ai continué à collaborer clandestinement avec des organisations humanitaires, en envoyant des rapports sur la situation humanitaires dans le Kurdistan Iranien.
Benson Sérikpa (Cote d’Ivoire) : Ma situation de réfugié a changé mon métier de journaliste. Je suis plus libre d’écrire mes opinions sans craindre de persécutions, de représailles et de menaces de mort. Je suis réfugié en France parce que j’ai échappé à une tentative d’assassinat par rapport à mon travail de journaliste
John Chitambo Lobe « Rigolo » (Zambie) : Je suis réfugié en France car étant journaliste, ce pays reconnait les droits de l’homme notamment ceux relatifs à la liberté d’expression dans les médias.
Carole Attioumou-Serikpa (Cote d’Ivoire) Ma situation de réfugiée a beaucoup entamé ma fonction de journaliste. Surtout dans la mesure où le récépissé que nous délivre la préfecture ne nous permet pas de circuler librement.
Priyanka S. Wikesinghe (Sri Lanka) Comme réfugiée politique en France, je dois remercier le gouvernement français pour m’avoir aidée à sortir de ma grave situation.
Muzzafar Salman (Syrie) Qu’est-ce que signifie être réfugié dans un pays étranger ? C’est le contraire de l’idée qu’on peut avoir : dans mon pays je vivais comme un réfugié, il n’y avait pas de travail, pas d’assurance maladie, aucune droit, vu qu’on pouvait être emprisonné à n’importe quel moment pour n’importe quelle raison. En France les droits de l’homme sont respectés. En plus, être ici est une opportunité pour moi de connaître une autre langue et une autre culture.
Nart Abdalkareem (Syrie) Etre réfugié signifie la naissance d’une nouvelle vie.
Sékou Chérif Diallo (Guinée Conakry) Etre réfugié : le combat reste le même mais dans un contexte différent.
Majid Sedghi (Iran) Etre réfugié dans un pays étranger signifie avoir été accepté, et c’est un dernier recours, pour quelqu’un qui supportait difficilement sa situation dans son pays.
Pour un réfugié, l’amour de la liberté est ce qui guide la vie.
Dès que je suis arrivé comme réfugié en France, mon travail a changé. Maintenant je peux écrire plus librement.
La situation des réfugiés en France est meilleure que dans d’autres pays. Il existe de nombreuses associations en France pour aider les réfugiés.