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« La plupart des français ne savent pas ce qu’il se passe au Yemen » – Presse 19 à Turin avec la Maison des journalistes

Deux journalistes yéménites en exil, Ali Al-Muqri et Ameen Al-Safa, accompagnent la directrice de la Maison des journalistes Darline Cothière à la sixième édition de « Presse 19 » – « Voci Scomode » en Italie, pour une table ronde dédiée à la liberté de la presse dans le monde, et plus spécialement au Yemen. Cet événement aura lieu le mercredi 20 novembre au Circolo della Stampa de Turin.

A cette occasion, nous avons interviewé Ameen Al-Safa, pour lui poser quelques questions sur le Yemen et la liberté de la presse. 

« Mon nom est Ameen Al-Safa, journaliste yemenite, titulaire d’une maitrise en journalisme. J’ai travaillé à l’agence nationale du Yemen Saba. 

J’ai commencé en 2007 à la direction générale pour l’information nationale et internationale. En 2012, j’ai intégré un journal dans lequel j’ai été nommé secrétaire de rédaction en 2015.

J’écrivais sur des sujets politiques et sociaux. Et bien sûr, j’ai couvert la guerre.

J’ai donc observé les rebelles Houthis construirent leur hégémonie, de la prise de la ville de Sa’Dah jusqu’à celle de la capitale. Sanaa est tombé en 2014, ils ont ensuite renversé le gouvernement légitime. »

Comme journaliste, Ameen a donc suivi les différentes prises des rebelles. Aujourd’hui, ces rebelles contrôlent le pays et ont changé de capitale, la ville de Sanaa a perdu son statut au profit d’Aden. 

Ameen, journaliste recherché, a donc dû fuir le pays. Il a depuis consacré beaucoup d’énergie pour permettre à sa femme et sa fille de le rejoindre en France.

Menacé par la guerre, l’angoisse d’Ameen pour sa famille était palpable durant de longs mois quand il habitait à la Maison des journalistes. Mais la MDJ n’est pas qu’un refuge pour journaliste exilé, c’est aussi une association qui promeut la liberté d’informer.

Ainsi, Ameen participe régulièrement à l’opération Renvoyé Spécial organisée conjointement avec le CLEMI, ce qui lui permet de présenter son parcours à des lycéens. Au coeur de son intervention, le Yemen. 

« Je regarde de temps en temps les réseaux sociaux et les medias français, c’est plus simple quand ils parlent arabe comme France 24. Mais d’une manière générale, les journaux francais ne donnent pas d’importance à cette guerre.

Lorsque je rencontre des lycéens et des français, la plupart n’ont jamais entendu parler du Yemen. Ils disent « je ne sais rien de ce qui se passe au Yemen ». Ils ajoutent que ce n’est pas de leur faute, les medias français ne traitent pas le sujet du Yemen. »

Certes, les ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite au profit des rebelles qui s’attaquent au Yemen ont défrayé la chronique. Cependant, le sujet traité n’était pas la guerre au Yemen, mais uniquement la vente d’armes françaises.

Le Yemen, un pays qui a connu l’essor d’une presse libre dans les années 90

Le Yemen a aussi connu un « printemps de la presse » dans les années 90 jusqu’aux années 2000. Ameen nous raconte l’histoire de quelques magazines avec émotion. 

« Il y a eu beaucoup de journaux en anglais. Le premier fut publié dès 1960, Aden Chronicile fondé par Mamad Ali Loukman et le second The Recorder a été créé par Mamad Bachar Rail.

En 1991 le docteur Abdelaziz Sakaf, fondateur du journal Yemen Times, premier journal en anglais à paraitre au Yemen, permet aux citoyens de s’informer et de faire connaitre aux anglophones l’actualité du pays. Il publiait deux fois par semaine.

En 1996, Faris Saggaf fonde le journal Other Fa, publié trois fois par semaine.

S’en suit la création d’autres journaux comme Yemen Today et Yemen Post tous deux créés par Akhim Massmari. Tous leurs articles sont en anglais.    

Depuis la guerre, il y a toujours des journaux qui sont publiés, mais dorénavant ils appartiennent tous au Président Hadi. »

Fresque de Murad Subay à Paris pour dénoncer la guerre au Yemen

La guerre a aussi détruit les médias yéménites

« Depuis le 21 septembre 2014, le mouvement houthiste controle la capitale Sanaa. Dès cet instant, ils ont commencé à détruire des médias, des chaines d’information et des bureaux de presse. Visés en priorité, les médias qui s’expriment en arabe (et qui sont donc plus accessibles pour la population).

Aujourd’hui, beaucoup de journalistes sont en prison, tout comme les écrivains, les activistes… Il n’y a aucun journal qui publie tous les jours au Yemen, sauf le journal intitulé 14 octobre qui est pro-gouvernemental. Il est uniquement publié dans la nouvelle capitale, Aden. Il glorifie les rebelles et les saoudiens au détriment du gouvernement légitime. 

Je peux donc vous dire que la liberté de la presse est en deuil au Yemen, mais si nous revenons vers un régime plus républicain, les yéménites ont déjà gouté à cette liberté et ils en voudront encore. »

Pour lire le communiqué de presse en italien, cliquez ici.

Merci au journaliste tchadien Adam Mahamat qui nous a permis de traduire de l’arabe yéménite vers le français. 

© Stefano LORUSSO

Qui est Ali Al-Muqri ?

Outre Ameen Al-Saffa, Ali Al-Muqri sera aussi présent lors de cette conférence. Ancien résident de la MDJ, son parcours journalistique et d’écrivain lui permettent d’avoir un regard aiguisé sur la liberté de la presse au Yemen. 

Ali Al-Muqri est né dans le nord du Yémen en 1966. Dès la fin des années 80, Il collabore avec de nombreux journaux progressistes yéménites.

En 1997, il devient éditeur d’Al-Hikma, l’organe de presse de l’association des écrivains yéménites. Dix ans plus tard, il est élu directeur de la revue littéraire Ghaiman.

Acquérant la réputation d’homme de lettres engagé, il publie trois romans : « Goût Noir, Odeur Noire », « Le Beau Juif » et « La Femme Interdite »  qui a reçu le prix Littérature arabe en 2015.

Il est également auteur d’un essai sur l’alcool et l’islam, livre qui lui a valu de nombreuses menaces et représailles. En 2015, il est contraint de partir du Yemen et vit depuis en France.

Ci-dessous, une vidéo du « Voci Scomode – Presse 19 » en 2018

  • Pascal Brice: « Tant que nous n’aurons pas une politique migratoire européenne digne de ce nom, la politique du droit d’asile restera sous pression. »17/10/2019 - 12:57

    Ce lundi 14 octobre, il y a foule dans l’Amphi 4 de la Sorbonne pour accueillir Pascal Brice, ancien directeur de l’OFPRA et auteur du livre « Sur le fil de l’asile » paru chez Fayard. Il va s’exprimer pendant plus d’une heure au sujet de  l’accueil des réfugiés en France et en Europe, et plus particulièrement l’asile […]

  • Impact et révélations sur l’affaire des ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite par les journalistes d’investigation de Disclose01/06/2019 - 12:57

    Mardi 28 mai à 19h30 se tenait à Paris, au bar le grand Bréguet, le grand live Disclose. L’occasion de revenir sur l’enquête explosive « Made in France ».  Le 15 avril dernier, Disclose a publié une enquête mettant en avant la problématique des ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite. Suite à cette enquête, le 14 mai, […]

  • Interview de l’Ambassadeur des Droits de l’Homme François Croquette30/05/2019 - 1:59

    François Croquette a rendu visite à la Maison des journalistes. L’occasion de lui présenter la vie et le fonctionnement de la MDJ et de rencontrer les journalistes réfugiés pour avoir exerceur leur métier sur la liberté d’informer. Accompagné de la directrice de la MDJ, Darline Cothière, l’ambassadeur a pu prendre connaissance de l’histoire personnelle des […]

  • Deux hommes du pouvoir congolais au coeur d’un système de répression11/04/2019 - 9:26

    Il faut enquêter sur deux anciens responsables des services de renseignement ! En effet, deux anciens hauts responsables de l’Agence nationale de renseignements – ANR – ont été récemment limogés et devraient être traduits en justice. Les autorités de la République démocratique du Congo devraient ouvrir des enquêtes sur deux anciens responsables des services de […]

  • Afghanistan : dans une province d’1,5 millions d’habitants, aucune femme journaliste07/03/2019 - 2:07

    [JOURNÉE DE LA FEMME] En l’honneur de la journée de la femme ce vendredi 8 mars 2019, la MDJ vous propose exceptionnellement la traduction d’un article du média Pajhwok Afghan News. « Il n’y a pas de femme journaliste dans la province du sud-est de Khost sur 1,5 million d’habitants, ont annoncé mercredi 6 mars des responsables. » Au-delà de ce constat, pourquoi aucune rédaction (pourtant nombreuse), n’a pas de femme journaliste ?

  • RD Congo : corruption et violation des Droits de l’Homme sanctionnées par les Etats-Unis05/03/2019 - 3:05

    [INTERNATIONAL] Les autorités américaines évoquent leur implication « dans une corruption importante, des violations des droits de l’homme, des abus ou une atteinte à la démocratie ». Ces personnes et les membres de leur famille ne peuvent entrer aux USA car ces personnes se sont enrichies par la corruption ou ont dirigé et supervisé des actes de violence à l’encontre de personnes qui exercent leur droit de réunion pacifique et leur liberté d’expression.

  • Amnesty International révèle les violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire12/02/2019 - 11:24

    [DROITS DE L’HOMME] La situation en matière de droits humains demeure fragile, présentée avant l’Examen périodique universel (EPU) sur la Côte d’Ivoire en mai, Amnesty International Côte d’Ivoire a mis en lumière des préoccupations majeures en termes de droits humains, notamment l’usage de lois répressives pour faire taire la dissidence.

  • RD Congo : le CLC va poursuivre son combat contre le « Système » et non les « individus »05/02/2019 - 11:41

    [ÉLECTION] « Le combat du CLC est une autre nature, c’est un combat de longue haleine pour qu’au Congo, enfin, un Etat de droit puisse s’instaurer et que la population puisse vivre mieux. Nous continuerons, mais notre combat n’est pas une question d’individus, c’est une question de systèmes et là nous avons encore des choses à faire parce que l’État de droit et la liberté d’expression n’e sont pas encore mis en place, les libertés publiques ne sont pas encore acquises » a déclaré vendredi à Top Congo FM, l’historien Isidore Ndaywel modérateur du CLC.

  • L’OFPRA n’a plus de chef depuis décembre, Pascal Brice n’a pas été renouvellé31/01/2019 - 2:03

    [BILAN] L’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides – OFPRA – n’a plus de directeur général depuis le 28 décembre 2018. Le diplomate Pascal Brice surnommé « Monsieur migrants » n’ayant pas été reconduit dans ses fonctions, a-t-on appris le jeudi 17 janvier auprès du syndicat de l’agence.

  • Solidarité avec les journalistes et syndicalistes turcs11/12/2018 - 9:42

    [APPEL A LA SOLIDARITÉ] La répression en Turquie contre les journalistes et syndicalistes se poursuit inexorablement mettant en cause l’existence même de la liberté d’expression et de la liberté syndicale : cinq de nos confrères, dont une responsable syndicale, viennent de se voir condamnés à de lourdes peines de prison ferme.

  • Il y a 28 ans, jour de fête nationale, commençait le génocide mauritanien29/11/2018 - 2:21

    [CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ] 28 ans après l’indépendance qui divise encore la Mauritanie, des veuves et des orphelins sont descendus dans la rue pour commémorer les pendaisons des militaires noirs d’Inal, les 27 et 28 novembre 1990. Cette manifestation a été réprimée par les forces de police. Le communiqué ci-dessous des victimes montrent l’unité nationale encore loin car victime de son passé non résolu. L’Etat a reconnu sa responsabilité dans ces crimes mais peine à donner des droits aux victimes.

  • Critique du film « Le Procès: L’Etat de Russie vs Oleg Sentsov »27/11/2018 - 4:31

    [FILM] Le Procès c’est l’histoire d’une cinéaste originaire de Crimée qui s’appele Oleg Sentsov, un directeur qui est devenu célèbre après la sortie en 2012 de son film Gamer. Il a aussi travaillé comme un activiste pendant le mouvement de protestation ukrainien appelé « Euromaidan. » Le mouvement était contre l’annexion russe de la Crimée. Le gouvernement russe l’a arrêté et retenu pour les activités te

  • Théâtre : hommage à Anna Politkovskaïa et à la liberté d’informer14/11/2018 - 11:47

    [THÉATRE] Opposante au jeune président Vladimir Poutine, Anna Politkovskaïa était un symbole vivant bien avant sa mort. Célèbre autant pour avoir couvert le conflit tchétchène et les exactions de l’armée russe, que pour ses investigations sur le pouvoir en place, la corruption, les violences, Anna Politkovskaïa était particulièrement menacée.

  • Manifestation contre l’esclavage en Mauritanie violemment réprimée30/10/2018 - 2:24

    [LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE] « Aujourdhui plusieurs militants ont été gravement blessés, battus sauvagement par des policiers armés jusqu’aux dents et ayant pour ordre de casser les militants pacifiques. Des blessés graves, victimes de tabassage violent à coups de matraques, de godasses sur toutes les parties du corps. »

  • Prison sans jugement pour le partage d’une publication Facebook30/10/2018 - 1:19

    [CENSURE] Eddie Armel Kouassi, 20 ans, étudiant et cyber activiste fait désormais partie des pensionnaire de la plus grande prison civile de Côte d’Ivoire, la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Les autorités ivoiriennes lui reprochent d’avoir traité le Président Alassane Ouattara et Fabrice Sawegnon, le candidat malheureux a la mairie, d’étrangers.

  • Alizée Gau met en vedette « les Porteurs de Paix »18/10/2018 - 9:21

    [EXPOSITION] Que font les peuples après la guerre ? La journaliste Alizée Gau s’est interrogée. Rédactrice et photographe, elle s’est rendue sur le terrain pour trouver la réponse. Résultat : une exposition itinérante intitulée « Tales of the afterwar », des articles et des projections commentées.

  • Le prix Bayeux 2018 des correspondants de guerre17/10/2018 - 1:58

    [ÉVÉNEMENT] 25 ans plus tard, le prix Bayeux est encore là avec davantage de réussite. « 25 ans plus tard, nous avons une énorme organisation, tous les services de la ville sont mobilisés derrière le Maire, mais, il y a 25 ans personne n’y croyait sauf Marie Jean-Alexe, directrice d’animation à Bayeux et moi » déclare Jean-Léonce Dupont Conseiller départemental de Bayeux et Président du Conseil départemental.

  • L’exposition photo d’Ameer à la Chapelle Notre-Dame de la Sagesse11/10/2018 - 10:06

    [EXPOSITION] Samedi après-midi 6 octobre 2018. À 4.000 km d’Alep, en Syrie. 6 ans après le début des bombardements. Retour à Paris. D’une photo à une autre, le regard d’Ameer Al Hablbi nous habite. Le temps de l’exposition, nous vivons dans deux mondes parallèles: l’angoisse de la guerre et la douceur de vivre d’un étudiant parisien.

  • Un voyage sans retour10/10/2018 - 10:07

    [EXIL] C’est le départ. Il faut y aller. Aller loin de ce pays, loin de tout ce cauchemar. Parcequ’il faut survivre. A l’aéroport ce jour, le militaire à qui on avait donné beaucoup d’argent pour m’aider à sortir vint me chercher dans la voiture. C’est lui qui a géré les bagages. Il m’a bien dit d’en prendre sinon j’allais attirer l’attention. Il a raison après tout. J’ai presque eu un excédant mais tout est rentré dans l’ordre.

  • « Un Prix Nobel congolais » est-ce un signe des temps ?09/10/2018 - 9:11

    [PRIX NOBEL] « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». L’aphorisme est de Rabelais. En harmonie totale avec l’attribution du Prix Nobel de la paix 2018, vendredi dernier, au médecin gynécologue congolais, Denis Mukwege, pour son abnégation à la cause des femmes violées, au Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo. A la fois, un cas de science et de conscience. Est-ce un présage des lendemains qui « changent » dans ce pays meurtri ?

La « dépouille mortuaire-épouvantail » d’Étienne Tshisekedi

Si Etienne Tshisekedi, cet homme de conviction, faisait peur à ses adversaires politiques, de son vivant, il l’a fait autant, sinon plus, à travers sa dépouille mortelle, deux ans après sa mort. Non seulement à la « kabilie » (cf Kabila), mais aussi au camp de son propre fils, Félix, l’actuel chef de l’Etat de la RD Congo. Détail quasiment occulté.


« Charogne de serpent fait toujours peur », dit un adage bantou.


La démonstration de cette thèse n’appelle pas forcément une longue rhétorique, rompue aux règles de la dialectique. Elle est simple.

Tout est lié à la mort du leader, Etienne Tshisekedi, à Bruxelles, le 1er février 2017.

On attendait beaucoup de lui pour le dénouement du dialogue politique, parrainé par l’Eglise catholique. En vérité, dans le camp de Kabila, on ne s’était pas attristé de ce décès.

Dans une guerre, la mort du principal chef militaire induit souvent la débandade de ses troupes. Le constat est amer au niveau de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Première force de l’opposition (à l’époque) au régime dictatorial de Kabila, celui-ci s’est mis à la dépecer, jusqu’à « apprivoiser » Félix Tshisekedi.

L’UDPS, qu’on le veuille ou non, est aujourd’hui en lambeaux. L’attitude des militants déboussolés, dans lesquels réside encore le cœur battant du parti, en dit long. Nous aurons l’occasion de le démontrer avec force détails dans notre prochain article: « RD Congo : le ferment d’une révolte populaire ».

Ironie de l’Histoire congolaise

Cette paralysie de toute l’opposition, après ce qu’il est convenu d’appeler l’ « Accord de la St-Sylvestre », est la raison pour laquelle le corps d’Etienne Tshisekedi est « resté orphelin » pendant plus deux ans à la morgue à Bruxelles.

La « kabilie » en avait effroyablement peur. Dans son fantasme de voir des millions des Congolais sortir, à Kinshasa, pour honorer la dépouille mortelle du « Sphinx de Limite », et transformer vite la circonstance en révolte populaire, le pouvoir aujourd’hui « échu » s’était chaque fois arrangé pour repousser le rapatriement du corps aux calendes grecques.

Ironie de l’histoire : depuis janvier, c’est son fils qui est devenu Président de la République. Felix Tshisekedi, fils d’Etienne, obtient donc le pouvoir supreme. Les Congolais se sont mis illico presto à espérer, car pour la plupart d’entre eux, feu Tshisekedi était un véritable combattant de la démocratie, un « bwana mkubwa » (un grand monsieur, en kiswahili), après Lumumba.

Son corps devait vite d’être rapatrié au sol qui l’a vu naître, et y être enterré avec des honneurs dus au rang des « Grands ». En France, il aurait été conduit, sans nuances, au Panthéon.

Qu’a-t-il fait, Félix Tshisekedi, à ce propos ?

Une opération en deux temps, trois mouvements.

Les premiers signes négatifs sont partis d’un document confectionné et signé par son chef de cabinet, Vital Kamehre. Un document vague, qui évoquait surtout des chiffres, astronomiques, sur la dépense liée aux obsèques. Or, la stature du défunt devait appeler, pour ce faire, la décision du Parlement congolais. Un acte qui devait être gravé dans les annales de la République. Pour quelle raison s’était-on précipité à réaliser vaille que vaille ces funérailles, qui devaient recevoir, au préalable, une onction de la Nation? Cherchait-on à engranger simplement des effets d’annonce? Ou avait-on véritablement peur? L’actuel chef de l’Etat et son « emblématique » chef de cabinet ont, en quatre mois de gouvernance, accumulé des erreurs d’amatérisme du genre: « M’as-tu vu? ».

Pour des actes sans importance, au regard des défis à relever que pose le pays. Que penser, par exemple, de l’image médiatisée à outrance de Félix Tshisekedi inaugurant la construction d’un pont vicinal, sinon associer celle-ci à un chef d’Etat protocolaire, assigné uniquement à « inaugurer les chrysanthèmes? ».

Avec cette dépouille mortuaire, tout pouvait arriver

Cette parenthèse fermée, revenons à la dépouille mortuaire qui a fait peur à tout le monde.

Il y a deux ans, à la « kabilie », et hier, au camp de Félix. Que s’était-il passé, à Bruxelles, mardi 28, à propos de l’avion?

A ce jour, l’imbroglio est resté total.

On parle de plusieurs choses, à la fois : c’est un gros appareil qui devait transporter plus de cent personnes (qui s’était volatilisé) ; la facture du propriétaire de cet avion n’aurait pas été honorée ; finalement, c’est un avion plus petit, dont on ne connait pas le propriétaire, qui a solutionné la question. Certaines informations ont cité le Togo ou le Gabon comme pays amis bienfaiteurs.

L’avion a décollé de Bruxelles, jeudi 30 mai à 11h25. Pour atterrir à Kinshasa à la nuit tombante. Interrogés, au sujet du retard, les responsables politiques belges ont décliné toute responsabilité.

Tout compte fait, et avec le recul du temps, il n’est pas vain de voir que quelque chose à cloché sur le rapatriement de la dépouille mortelle de Tshisekedi. Un véritable nœud gordien! Y avait-il intention, pour les autorités en place à Kinshasa, que certaines étapes du programme tracé constituant la haie d’honneur soient « brûlées », puisqu’elles étaient potentiellement périlleuses?

Imaginez une foule de centaines de milliers de gens, agglutinés sous le soleil équatorial, criant et courant tout autour du cortège funèbre! Tout dans pareil cas pouvait arriver. Une déferlante qui aurait l’opportunité de tout emporter sur son passage: la « kabilie » et tous ses alliés, c’est-à-dire Félix Tshisekedi, Kamerhe et consorts.

Une « dépouille mortuaire-épouvantail » qu’on a maîtrisée, à travers mille et un calculs savants, en choisissant notamment son débarquement, de nuit, à Kinshasa-La-Rebelle. Pour faire court, disons qu’il y a eu plus de peur que de mal. Heureusement. Paix éternelle à ce grand combattant de la démocratie. C’était un deuxième Lumumba, à sa manière. Quoi qu’on en dise!

Témoignage d’un journaliste syrien en exil : “Je dois me reconstruire, mais je dois toujours lutter pour la Syrie.”

[PORTRAIT] A seulement vingt-quatre ans, le photojournaliste syrien, Abdulmonam Eassa, a témoigné et documenté la destruction de sa ville natale Hamouria, à quelques kilomètres de la capitale et le massacre de son peuple. Au lieu de devenir aigri ou nerveux face à un monde injuste et violent, Abdulmonam dégage une tranquillité totale, avec un regard doux et un sourire charmant.

Le prix Bayeux 2018 des correspondants de guerre

« La plupart des français ne savent pas ce qu’il se passe au Yemen » – Presse 19 à Turin avec la Maison des journalistes

Deux journalistes yéménites en exil, Ali Al-Muqri et Ameen Al-Safa, accompagnent la directrice de la Maison des journalistes Darline Cothière à la sixième édition de « Presse 19 » – « Voci Scomode » en Italie, pour une table ronde dédiée à la liberté de la presse dans le monde, et plus spécialement au Yemen. Cet événement aura lieu le mercredi 20 novembre au Circolo della Stampa de Turin.

A cette occasion, nous avons interviewé Ameen Al-Safa, pour lui poser quelques questions sur le Yemen et la liberté de la presse. 

« Mon nom est Ameen Al-Safa, journaliste yemenite, titulaire d’une maitrise en journalisme. J’ai travaillé à l’agence nationale du Yemen Saba. 

J’ai commencé en 2007 à la direction générale pour l’information nationale et internationale. En 2012, j’ai intégré un journal dans lequel j’ai été nommé secrétaire de rédaction en 2015.

J’écrivais sur des sujets politiques et sociaux. Et bien sûr, j’ai couvert la guerre.

J’ai donc observé les rebelles Houthis construirent leur hégémonie, de la prise de la ville de Sa’Dah jusqu’à celle de la capitale. Sanaa est tombé en 2014, ils ont ensuite renversé le gouvernement légitime. »

Comme journaliste, Ameen a donc suivi les différentes prises des rebelles. Aujourd’hui, ces rebelles contrôlent le pays et ont changé de capitale, la ville de Sanaa a perdu son statut au profit d’Aden. 

Ameen, journaliste recherché, a donc dû fuir le pays. Il a depuis consacré beaucoup d’énergie pour permettre à sa femme et sa fille de le rejoindre en France.

Menacé par la guerre, l’angoisse d’Ameen pour sa famille était palpable durant de longs mois quand il habitait à la Maison des journalistes. Mais la MDJ n’est pas qu’un refuge pour journaliste exilé, c’est aussi une association qui promeut la liberté d’informer.

Ainsi, Ameen participe régulièrement à l’opération Renvoyé Spécial organisée conjointement avec le CLEMI, ce qui lui permet de présenter son parcours à des lycéens. Au coeur de son intervention, le Yemen. 

« Je regarde de temps en temps les réseaux sociaux et les medias français, c’est plus simple quand ils parlent arabe comme France 24. Mais d’une manière générale, les journaux francais ne donnent pas d’importance à cette guerre.

Lorsque je rencontre des lycéens et des français, la plupart n’ont jamais entendu parler du Yemen. Ils disent « je ne sais rien de ce qui se passe au Yemen ». Ils ajoutent que ce n’est pas de leur faute, les medias français ne traitent pas le sujet du Yemen. »

Certes, les ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite au profit des rebelles qui s’attaquent au Yemen ont défrayé la chronique. Cependant, le sujet traité n’était pas la guerre au Yemen, mais uniquement la vente d’armes françaises.

Le Yemen, un pays qui a connu l’essor d’une presse libre dans les années 90

Le Yemen a aussi connu un « printemps de la presse » dans les années 90 jusqu’aux années 2000. Ameen nous raconte l’histoire de quelques magazines avec émotion. 

« Il y a eu beaucoup de journaux en anglais. Le premier fut publié dès 1960, Aden Chronicile fondé par Mamad Ali Loukman et le second The Recorder a été créé par Mamad Bachar Rail.

En 1991 le docteur Abdelaziz Sakaf, fondateur du journal Yemen Times, premier journal en anglais à paraitre au Yemen, permet aux citoyens de s’informer et de faire connaitre aux anglophones l’actualité du pays. Il publiait deux fois par semaine.

En 1996, Faris Saggaf fonde le journal Other Fa, publié trois fois par semaine.

S’en suit la création d’autres journaux comme Yemen Today et Yemen Post tous deux créés par Akhim Massmari. Tous leurs articles sont en anglais.    

Depuis la guerre, il y a toujours des journaux qui sont publiés, mais dorénavant ils appartiennent tous au Président Hadi. »

Fresque de Murad Subay à Paris pour dénoncer la guerre au Yemen

La guerre a aussi détruit les médias yéménites

« Depuis le 21 septembre 2014, le mouvement houthiste controle la capitale Sanaa. Dès cet instant, ils ont commencé à détruire des médias, des chaines d’information et des bureaux de presse. Visés en priorité, les médias qui s’expriment en arabe (et qui sont donc plus accessibles pour la population).

Aujourd’hui, beaucoup de journalistes sont en prison, tout comme les écrivains, les activistes… Il n’y a aucun journal qui publie tous les jours au Yemen, sauf le journal intitulé 14 octobre qui est pro-gouvernemental. Il est uniquement publié dans la nouvelle capitale, Aden. Il glorifie les rebelles et les saoudiens au détriment du gouvernement légitime. 

Je peux donc vous dire que la liberté de la presse est en deuil au Yemen, mais si nous revenons vers un régime plus républicain, les yéménites ont déjà gouté à cette liberté et ils en voudront encore. »

Pour lire le communiqué de presse en italien, cliquez ici.

Merci au journaliste tchadien Adam Mahamat qui nous a permis de traduire de l’arabe yéménite vers le français. 

© Stefano LORUSSO

Qui est Ali Al-Muqri ?

Outre Ameen Al-Saffa, Ali Al-Muqri sera aussi présent lors de cette conférence. Ancien résident de la MDJ, son parcours journalistique et d’écrivain lui permettent d’avoir un regard aiguisé sur la liberté de la presse au Yemen. 

Ali Al-Muqri est né dans le nord du Yémen en 1966. Dès la fin des années 80, Il collabore avec de nombreux journaux progressistes yéménites.

En 1997, il devient éditeur d’Al-Hikma, l’organe de presse de l’association des écrivains yéménites. Dix ans plus tard, il est élu directeur de la revue littéraire Ghaiman.

Acquérant la réputation d’homme de lettres engagé, il publie trois romans : « Goût Noir, Odeur Noire », « Le Beau Juif » et « La Femme Interdite »  qui a reçu le prix Littérature arabe en 2015.

Il est également auteur d’un essai sur l’alcool et l’islam, livre qui lui a valu de nombreuses menaces et représailles. En 2015, il est contraint de partir du Yemen et vit depuis en France.

Ci-dessous, une vidéo du « Voci Scomode – Presse 19 » en 2018

  • Pascal Brice: « Tant que nous n’aurons pas une politique migratoire européenne digne de ce nom, la politique du droit d’asile restera sous pression. »17/10/2019 - 12:57

    Ce lundi 14 octobre, il y a foule dans l’Amphi 4 de la Sorbonne pour accueillir Pascal Brice, ancien directeur de l’OFPRA et auteur du livre « Sur le fil de l’asile » paru chez Fayard. Il va s’exprimer pendant plus d’une heure au sujet de  l’accueil des réfugiés en France et en Europe, et plus particulièrement l’asile […]

  • Impact et révélations sur l’affaire des ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite par les journalistes d’investigation de Disclose01/06/2019 - 12:57

    Mardi 28 mai à 19h30 se tenait à Paris, au bar le grand Bréguet, le grand live Disclose. L’occasion de revenir sur l’enquête explosive « Made in France ».  Le 15 avril dernier, Disclose a publié une enquête mettant en avant la problématique des ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite. Suite à cette enquête, le 14 mai, […]

  • Interview de l’Ambassadeur des Droits de l’Homme François Croquette30/05/2019 - 1:59

    François Croquette a rendu visite à la Maison des journalistes. L’occasion de lui présenter la vie et le fonctionnement de la MDJ et de rencontrer les journalistes réfugiés pour avoir exerceur leur métier sur la liberté d’informer. Accompagné de la directrice de la MDJ, Darline Cothière, l’ambassadeur a pu prendre connaissance de l’histoire personnelle des […]

  • Deux hommes du pouvoir congolais au coeur d’un système de répression11/04/2019 - 9:26

    Il faut enquêter sur deux anciens responsables des services de renseignement ! En effet, deux anciens hauts responsables de l’Agence nationale de renseignements – ANR – ont été récemment limogés et devraient être traduits en justice. Les autorités de la République démocratique du Congo devraient ouvrir des enquêtes sur deux anciens responsables des services de […]

  • Afghanistan : dans une province d’1,5 millions d’habitants, aucune femme journaliste07/03/2019 - 2:07

    [JOURNÉE DE LA FEMME] En l’honneur de la journée de la femme ce vendredi 8 mars 2019, la MDJ vous propose exceptionnellement la traduction d’un article du média Pajhwok Afghan News. « Il n’y a pas de femme journaliste dans la province du sud-est de Khost sur 1,5 million d’habitants, ont annoncé mercredi 6 mars des responsables. » Au-delà de ce constat, pourquoi aucune rédaction (pourtant nombreuse), n’a pas de femme journaliste ?

  • RD Congo : corruption et violation des Droits de l’Homme sanctionnées par les Etats-Unis05/03/2019 - 3:05

    [INTERNATIONAL] Les autorités américaines évoquent leur implication « dans une corruption importante, des violations des droits de l’homme, des abus ou une atteinte à la démocratie ». Ces personnes et les membres de leur famille ne peuvent entrer aux USA car ces personnes se sont enrichies par la corruption ou ont dirigé et supervisé des actes de violence à l’encontre de personnes qui exercent leur droit de réunion pacifique et leur liberté d’expression.

  • Amnesty International révèle les violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire12/02/2019 - 11:24

    [DROITS DE L’HOMME] La situation en matière de droits humains demeure fragile, présentée avant l’Examen périodique universel (EPU) sur la Côte d’Ivoire en mai, Amnesty International Côte d’Ivoire a mis en lumière des préoccupations majeures en termes de droits humains, notamment l’usage de lois répressives pour faire taire la dissidence.

  • RD Congo : le CLC va poursuivre son combat contre le « Système » et non les « individus »05/02/2019 - 11:41

    [ÉLECTION] « Le combat du CLC est une autre nature, c’est un combat de longue haleine pour qu’au Congo, enfin, un Etat de droit puisse s’instaurer et que la population puisse vivre mieux. Nous continuerons, mais notre combat n’est pas une question d’individus, c’est une question de systèmes et là nous avons encore des choses à faire parce que l’État de droit et la liberté d’expression n’e sont pas encore mis en place, les libertés publiques ne sont pas encore acquises » a déclaré vendredi à Top Congo FM, l’historien Isidore Ndaywel modérateur du CLC.

  • L’OFPRA n’a plus de chef depuis décembre, Pascal Brice n’a pas été renouvellé31/01/2019 - 2:03

    [BILAN] L’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides – OFPRA – n’a plus de directeur général depuis le 28 décembre 2018. Le diplomate Pascal Brice surnommé « Monsieur migrants » n’ayant pas été reconduit dans ses fonctions, a-t-on appris le jeudi 17 janvier auprès du syndicat de l’agence.

  • Solidarité avec les journalistes et syndicalistes turcs11/12/2018 - 9:42

    [APPEL A LA SOLIDARITÉ] La répression en Turquie contre les journalistes et syndicalistes se poursuit inexorablement mettant en cause l’existence même de la liberté d’expression et de la liberté syndicale : cinq de nos confrères, dont une responsable syndicale, viennent de se voir condamnés à de lourdes peines de prison ferme.

  • Il y a 28 ans, jour de fête nationale, commençait le génocide mauritanien29/11/2018 - 2:21

    [CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ] 28 ans après l’indépendance qui divise encore la Mauritanie, des veuves et des orphelins sont descendus dans la rue pour commémorer les pendaisons des militaires noirs d’Inal, les 27 et 28 novembre 1990. Cette manifestation a été réprimée par les forces de police. Le communiqué ci-dessous des victimes montrent l’unité nationale encore loin car victime de son passé non résolu. L’Etat a reconnu sa responsabilité dans ces crimes mais peine à donner des droits aux victimes.

  • Critique du film « Le Procès: L’Etat de Russie vs Oleg Sentsov »27/11/2018 - 4:31

    [FILM] Le Procès c’est l’histoire d’une cinéaste originaire de Crimée qui s’appele Oleg Sentsov, un directeur qui est devenu célèbre après la sortie en 2012 de son film Gamer. Il a aussi travaillé comme un activiste pendant le mouvement de protestation ukrainien appelé « Euromaidan. » Le mouvement était contre l’annexion russe de la Crimée. Le gouvernement russe l’a arrêté et retenu pour les activités te

  • Théâtre : hommage à Anna Politkovskaïa et à la liberté d’informer14/11/2018 - 11:47

    [THÉATRE] Opposante au jeune président Vladimir Poutine, Anna Politkovskaïa était un symbole vivant bien avant sa mort. Célèbre autant pour avoir couvert le conflit tchétchène et les exactions de l’armée russe, que pour ses investigations sur le pouvoir en place, la corruption, les violences, Anna Politkovskaïa était particulièrement menacée.

  • Manifestation contre l’esclavage en Mauritanie violemment réprimée30/10/2018 - 2:24

    [LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE] « Aujourdhui plusieurs militants ont été gravement blessés, battus sauvagement par des policiers armés jusqu’aux dents et ayant pour ordre de casser les militants pacifiques. Des blessés graves, victimes de tabassage violent à coups de matraques, de godasses sur toutes les parties du corps. »

  • Prison sans jugement pour le partage d’une publication Facebook30/10/2018 - 1:19

    [CENSURE] Eddie Armel Kouassi, 20 ans, étudiant et cyber activiste fait désormais partie des pensionnaire de la plus grande prison civile de Côte d’Ivoire, la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Les autorités ivoiriennes lui reprochent d’avoir traité le Président Alassane Ouattara et Fabrice Sawegnon, le candidat malheureux a la mairie, d’étrangers.

  • Alizée Gau met en vedette « les Porteurs de Paix »18/10/2018 - 9:21

    [EXPOSITION] Que font les peuples après la guerre ? La journaliste Alizée Gau s’est interrogée. Rédactrice et photographe, elle s’est rendue sur le terrain pour trouver la réponse. Résultat : une exposition itinérante intitulée « Tales of the afterwar », des articles et des projections commentées.

  • Le prix Bayeux 2018 des correspondants de guerre17/10/2018 - 1:58

    [ÉVÉNEMENT] 25 ans plus tard, le prix Bayeux est encore là avec davantage de réussite. « 25 ans plus tard, nous avons une énorme organisation, tous les services de la ville sont mobilisés derrière le Maire, mais, il y a 25 ans personne n’y croyait sauf Marie Jean-Alexe, directrice d’animation à Bayeux et moi » déclare Jean-Léonce Dupont Conseiller départemental de Bayeux et Président du Conseil départemental.

  • L’exposition photo d’Ameer à la Chapelle Notre-Dame de la Sagesse11/10/2018 - 10:06

    [EXPOSITION] Samedi après-midi 6 octobre 2018. À 4.000 km d’Alep, en Syrie. 6 ans après le début des bombardements. Retour à Paris. D’une photo à une autre, le regard d’Ameer Al Hablbi nous habite. Le temps de l’exposition, nous vivons dans deux mondes parallèles: l’angoisse de la guerre et la douceur de vivre d’un étudiant parisien.

  • Un voyage sans retour10/10/2018 - 10:07

    [EXIL] C’est le départ. Il faut y aller. Aller loin de ce pays, loin de tout ce cauchemar. Parcequ’il faut survivre. A l’aéroport ce jour, le militaire à qui on avait donné beaucoup d’argent pour m’aider à sortir vint me chercher dans la voiture. C’est lui qui a géré les bagages. Il m’a bien dit d’en prendre sinon j’allais attirer l’attention. Il a raison après tout. J’ai presque eu un excédant mais tout est rentré dans l’ordre.

  • « Un Prix Nobel congolais » est-ce un signe des temps ?09/10/2018 - 9:11

    [PRIX NOBEL] « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». L’aphorisme est de Rabelais. En harmonie totale avec l’attribution du Prix Nobel de la paix 2018, vendredi dernier, au médecin gynécologue congolais, Denis Mukwege, pour son abnégation à la cause des femmes violées, au Sud-Kivu, en République Démocratique du Congo. A la fois, un cas de science et de conscience. Est-ce un présage des lendemains qui « changent » dans ce pays meurtri ?

La « dépouille mortuaire-épouvantail » d’Étienne Tshisekedi

Si Etienne Tshisekedi, cet homme de conviction, faisait peur à ses adversaires politiques, de son vivant, il l’a fait autant, sinon plus, à travers sa dépouille mortelle, deux ans après sa mort. Non seulement à la « kabilie » (cf Kabila), mais aussi au camp de son propre fils, Félix, l’actuel chef de l’Etat de la RD Congo. Détail quasiment occulté.


« Charogne de serpent fait toujours peur », dit un adage bantou.


La démonstration de cette thèse n’appelle pas forcément une longue rhétorique, rompue aux règles de la dialectique. Elle est simple.

Tout est lié à la mort du leader, Etienne Tshisekedi, à Bruxelles, le 1er février 2017.

On attendait beaucoup de lui pour le dénouement du dialogue politique, parrainé par l’Eglise catholique. En vérité, dans le camp de Kabila, on ne s’était pas attristé de ce décès.

Dans une guerre, la mort du principal chef militaire induit souvent la débandade de ses troupes. Le constat est amer au niveau de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Première force de l’opposition (à l’époque) au régime dictatorial de Kabila, celui-ci s’est mis à la dépecer, jusqu’à « apprivoiser » Félix Tshisekedi.

L’UDPS, qu’on le veuille ou non, est aujourd’hui en lambeaux. L’attitude des militants déboussolés, dans lesquels réside encore le cœur battant du parti, en dit long. Nous aurons l’occasion de le démontrer avec force détails dans notre prochain article: « RD Congo : le ferment d’une révolte populaire ».

Ironie de l’Histoire congolaise

Cette paralysie de toute l’opposition, après ce qu’il est convenu d’appeler l’ « Accord de la St-Sylvestre », est la raison pour laquelle le corps d’Etienne Tshisekedi est « resté orphelin » pendant plus deux ans à la morgue à Bruxelles.

La « kabilie » en avait effroyablement peur. Dans son fantasme de voir des millions des Congolais sortir, à Kinshasa, pour honorer la dépouille mortelle du « Sphinx de Limite », et transformer vite la circonstance en révolte populaire, le pouvoir aujourd’hui « échu » s’était chaque fois arrangé pour repousser le rapatriement du corps aux calendes grecques.

Ironie de l’histoire : depuis janvier, c’est son fils qui est devenu Président de la République. Felix Tshisekedi, fils d’Etienne, obtient donc le pouvoir supreme. Les Congolais se sont mis illico presto à espérer, car pour la plupart d’entre eux, feu Tshisekedi était un véritable combattant de la démocratie, un « bwana mkubwa » (un grand monsieur, en kiswahili), après Lumumba.

Son corps devait vite d’être rapatrié au sol qui l’a vu naître, et y être enterré avec des honneurs dus au rang des « Grands ». En France, il aurait été conduit, sans nuances, au Panthéon.

Qu’a-t-il fait, Félix Tshisekedi, à ce propos ?

Une opération en deux temps, trois mouvements.

Les premiers signes négatifs sont partis d’un document confectionné et signé par son chef de cabinet, Vital Kamehre. Un document vague, qui évoquait surtout des chiffres, astronomiques, sur la dépense liée aux obsèques. Or, la stature du défunt devait appeler, pour ce faire, la décision du Parlement congolais. Un acte qui devait être gravé dans les annales de la République. Pour quelle raison s’était-on précipité à réaliser vaille que vaille ces funérailles, qui devaient recevoir, au préalable, une onction de la Nation? Cherchait-on à engranger simplement des effets d’annonce? Ou avait-on véritablement peur? L’actuel chef de l’Etat et son « emblématique » chef de cabinet ont, en quatre mois de gouvernance, accumulé des erreurs d’amatérisme du genre: « M’as-tu vu? ».

Pour des actes sans importance, au regard des défis à relever que pose le pays. Que penser, par exemple, de l’image médiatisée à outrance de Félix Tshisekedi inaugurant la construction d’un pont vicinal, sinon associer celle-ci à un chef d’Etat protocolaire, assigné uniquement à « inaugurer les chrysanthèmes? ».

Avec cette dépouille mortuaire, tout pouvait arriver

Cette parenthèse fermée, revenons à la dépouille mortuaire qui a fait peur à tout le monde.

Il y a deux ans, à la « kabilie », et hier, au camp de Félix. Que s’était-il passé, à Bruxelles, mardi 28, à propos de l’avion?

A ce jour, l’imbroglio est resté total.

On parle de plusieurs choses, à la fois : c’est un gros appareil qui devait transporter plus de cent personnes (qui s’était volatilisé) ; la facture du propriétaire de cet avion n’aurait pas été honorée ; finalement, c’est un avion plus petit, dont on ne connait pas le propriétaire, qui a solutionné la question. Certaines informations ont cité le Togo ou le Gabon comme pays amis bienfaiteurs.

L’avion a décollé de Bruxelles, jeudi 30 mai à 11h25. Pour atterrir à Kinshasa à la nuit tombante. Interrogés, au sujet du retard, les responsables politiques belges ont décliné toute responsabilité.

Tout compte fait, et avec le recul du temps, il n’est pas vain de voir que quelque chose à cloché sur le rapatriement de la dépouille mortelle de Tshisekedi. Un véritable nœud gordien! Y avait-il intention, pour les autorités en place à Kinshasa, que certaines étapes du programme tracé constituant la haie d’honneur soient « brûlées », puisqu’elles étaient potentiellement périlleuses?

Imaginez une foule de centaines de milliers de gens, agglutinés sous le soleil équatorial, criant et courant tout autour du cortège funèbre! Tout dans pareil cas pouvait arriver. Une déferlante qui aurait l’opportunité de tout emporter sur son passage: la « kabilie » et tous ses alliés, c’est-à-dire Félix Tshisekedi, Kamerhe et consorts.

Une « dépouille mortuaire-épouvantail » qu’on a maîtrisée, à travers mille et un calculs savants, en choisissant notamment son débarquement, de nuit, à Kinshasa-La-Rebelle. Pour faire court, disons qu’il y a eu plus de peur que de mal. Heureusement. Paix éternelle à ce grand combattant de la démocratie. C’était un deuxième Lumumba, à sa manière. Quoi qu’on en dise!

Témoignage d’un journaliste syrien en exil : “Je dois me reconstruire, mais je dois toujours lutter pour la Syrie.”

[PORTRAIT] A seulement vingt-quatre ans, le photojournaliste syrien, Abdulmonam Eassa, a témoigné et documenté la destruction de sa ville natale Hamouria, à quelques kilomètres de la capitale et le massacre de son peuple. Au lieu de devenir aigri ou nerveux face à un monde injuste et violent, Abdulmonam dégage une tranquillité totale, avec un regard doux et un sourire charmant.

Le prix Bayeux 2018 des correspondants de guerre

L’exposition photo d’Ameer à la Chapelle Notre-Dame de la Sagesse

[EXPOSITION] Samedi après-midi 6 octobre 2018. À 4.000 km d’Alep, en Syrie. 6 ans après le début des bombardements. Retour à Paris. D’une photo à une autre, le regard d’Ameer Al Hablbi nous habite. Le temps de l’exposition, nous vivons dans deux mondes parallèles: l’angoisse de la guerre et la douceur de vivre d’un étudiant parisien.

Témoignage de trois journalistes syriens : la guerre passe aussi par l’information

Le métier de journaliste est défié par la question syrienne, qui ouvre des nouvelles problématiques sur cette profession dont le but principal est d’informer. La Maison des journalistes a interviewé trois journalistes syriens qui ont vécu ce conflit interminable. Fatten, Omar et Rafat répondent aux questions non résolues sur la guerre en Syrie.