Articles

RD Congo : à l’heure de la révolte populaire?

Lundi 26 août. Le gouvernement que vient de nous offrir la coalition FCC-CACH, après sept mois de discussions qu’on savait d’ailleurs byzantines, est tout, sauf un gouvernement de «changement». Un beau mélange de genres et d’«équilibres budgétivores», loin des intérêts du peuple. Lisez le document et tirez objectivement la conclusion.

C’est, pour beaucoup, un supplément de mépris et de provocations. On en est ainsi arrivé au point de penser et de dire comme Jean-Jacques Rousseau, subodorant les effluves de la Révolution française: «Nous approchons de l’état de crise et du siècle des révolutions».

Entre chimère et hold-up électoral, « l’élection en RD Congo est une honte »

Qui a dit qu’un soulèvement populaire ne se préparait pas? Pourtant, il ne tombe pas du ciel. Il se crée, en réaction aux actes politiques machiavéliques. Puis, un jour, comme une bombe à retardement, il éclate. Il en a été ainsi pour la plupart des révoltes urbaines. D’une manière ou d’une autre, celles-ci se tissent… en sourdine.

Mais, on ne peut pas parler de la vacuité de ce gouvernement, sans rappeler ses origines, ses racines pourries. Il est le couronnement d’un rare mensonge politique, qui remonte aux résultats d’élections générales de décembre dernier, dont tout était faux. Truqué et tronqué. Car, ce n’était pas Félix Tshisekedi qui a gagné la présidentielle. Ce n’était pas non plus le FCC qui l’a remporté au niveau des législatives. On a montré et proclamé plutôt une chimère.

Si, pour l’Eglise catholique qui y a déployé quarante-mille observateurs, le vainqueur se nommait Fayulu, avec près de 62 % des suffrages exprimés, le FCC, par hypothèse, ne pouvait prétendre gagner les législatives, avec près de 70 % des voix. Il y a là un sophisme, car cela ne pouvait être possible dans le même temps et, avec les mêmes électeurs. Retenons, tout simplement, pour clore ce chapitre d’hold-up électoral, la petite phrase lumineuse du milliardaire soudanais Mo Ibrahim: «L’élection en RD Congo est une honte» (Jeune Afrique, n° 3054, du 21 au 27 juillet).

Ainsi donc, dès le départ, on a transigé avec le faux. On a flirté avec la théorie du «moindre mal».

Voici, par ailleurs, ce que dit à ce propos le philosophe Hannah Arendt :


«Politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal.»  


C’est en cela que réside le fond du problème actuel.

Par conséquent, l’Onu, l’Union africaine (UA) et les grandes nations de la démocratie occidentales, en ayant finalement accepté, à rebrousse-poil, la «nomination» de Tshisekedi par Kabila, ont clairement choisi le mal.

Y compris l’Eglise catholique du Congo, qui a renié l’Evangile dont un des enseignements est basé sur la vérité (Jean 8 : 32). La sagesse populaire en fait constamment référence, comme c’est le cas dans cette fameuse chanson en lingala de l’OK-Jazz, intitulée «Mabele, traduire ‘la terre’». Dans ce morceau lyrique, l’auteur exalte la victoire éternelle de la vérité : «Aucun fusil au monde ne peut ‘tuer’ la vérité», crie-t-il.

Un ours mal léché

A partir de là, on ne pouvait espérer récolter que ce que les «faux partenaires» ont semé. Le monstre que vient d’accoucher le FCC-CACH ne peut surprendre personne. C’est un enfant illégitime, un ours mal léché. Illégitime, au regard de sa «conception incestueuse», liée à un accord caché, malsain, dont personne ne connaît à ce jour la teneur; ours mal léché, à cause de son gigantisme obtus, qui, dans la répartition des postes ministériels, accorde au FCC tout ce qui constitue le substrat d’un Etat. Laissant l’accessoire à  son allié le CACH, qui d’ailleurs s’en accommode, puisque, c’est à l’aune de moins de 20 % réunis que Tshisekedi et son comparse Kamerhe ont obtenus à la présidentielle.

Quid? Voici un gouvernement qui comprend soixante-cinq ministres, quarante-deux pour le FCC et 23 pour le CACH! Du fait même de sa taille, il y a à déplorer l’hybris (la démesure) que les Romains considéraient comme un crime. On a rarement vu au monde une telle absurdité politique, sinon dans les Etats faillis, où le peuple ne compte pas. Au fait, le FCC s’empare de tous les ministères régaliens stratégiques: Défense, Fiances, Mines et Justice.

A cet égard, il ne jette dans l’escarcelle de son allié que deux postes régaliens. Dont l’un, celui du ministère de l’Intérieur, déjà vidé de sa substance, étant donné que tous les gouverneurs de province sont du FCC, ainsi que celui des affaires Etrangères, qui n’est en réalité qu’un ministère de représentation.

Il en est de même pour le reste de tous les maroquins classiques. Le CACH n’hérite que de «morceaux à problème», tels que les ministères de l’éducation et de la santé publique, tandis que le ministère du Portefeuille, autre levier de taille, puisqu’il s’occupe de la gestion des entreprises de l’Etat, va engraisser les dividendes du FCC.

C’est peu dire qu’un gouvernement aussi bancal ait non seulement la chance de bien fonctionner, mais aussi celle de bénéficier de l’onction du peuple. Ce peuple qui, pour sa majorité, s’est dévêtu peu à peu de  son illettrisme pour ne pas manquer de comprendre le fond des enjeux politiques du moment. Arque-bouté sur ses millions de bacheliers ainsi que sur ses ceux, très nombreux également, qui ont vu les lumières académiques, il est aujourd’hui vent debout contre ce régime qui l’a asservi. C’est une armée redoutable en réserve au sein de laquelle bouillonne la révolte. Il se tient en embuscade, en attendant que sonne l’hallali.

La coulée de larve

Les signes ne manquent pas pour l’illustrer. Au grand dam des sceptiques. Le premier fait à épingler est que la peur s’est évanouie, sous l’effet de l’acte même d’avoir rejeté vigoureusement le régime Kabila au niveau des urnes.

Jamais les manœuvres du «raïs» n’ont été autant mises à nu, au point de le dépouiller de tout aura, en tant que chef. Cette fois-ci, il a dégringolé de l’Olympe pour rejoindre tous les humains sur terre, où il est couvert du mépris frontal. Touchée au vif, Olive, la première dame, est descendue dans l’arène pour défendre son mari de «raïs». A travers les réseaux sociaux ! Imaginez Brigitte Macron, épouse du président français, faire un jour de même. C’est que la peur a changé de camp. Sans le faire apparaître, les membres du FFC sont dans l’angoisse.

Le deuxième élément, corollaire du premier jalon posé sur le chemin de la victoire, est que la jeunesse est prête à en découdre. En effet, c’est pour la première fois que les Congolais ont publiquement réclamé des armes pour combattre la dictature. Quand on a entendu la foule formuler cette demande, à cor et à cri, au cours d’un meeting de Fayulu à Kisangani, beaucoup croyaient rêver. Une première ! Autres temps, autres mœurs, dirait-on, sinon, une clameur aux accents autant «subversifs» aurait conduit plusieurs personnes à la peine capitale. Sans doute, ce bon exercice de la démocratie est-il à mettre à l’actif de Tshisekedi. Même si cela reste à nuancer. Depuis, cette revendication a fait tache d’huile. A l’intérieur du pays comme au niveau de la diaspora congolaise.


«C’est seulement par le risque de sa vie qu’on conserve la liberté» (Hegel)


Enfin, l’implosion, qui plane sur toutes ces plates-formes de circonstance, est déjà à l’ordre du jour. Y compris sur Lamuka. Nous allons assister, bientôt, à leur éclatement aussi brillant que bruyant. Les fissures qui y apparaissent promettent la coulée de larve. Pas étonnant. Telle est inévitablement la destinée de toute alliance contre-nature: éphémère, météorique.

Pour le FCC, «l’affaire Bahati» [l’homme qui a claqué la porte de cette plate-forme] n’est pas anodine. Elle constitue un signe annonciateur de démantèlement prochain de la forteresse. Certes, Bahati l’a fait, sans aller jusqu’au bout. Intimidé et menacé qu’il était, par la suite. Mais l’avantage est que cet exemple reste pour renseigner qu’au sein du FCC alternent cajolerie et cynisme. Que c’est un monde des brutes quand leurs intérêts sont mis à mal. Sans doute, d’autres membres du FCC l’imiteront-ils quand ils se seront rendu compte que «c’est seulement par le risque de sa vie qu’on conserve la liberté» (Hegel).

Ceux-là le feront avec beaucoup plus de détermination. «On ne reste esclave que quand on veut le rester», affirme Frantz Fanon. Et, aucun homme normal ne peut aspirer à l’esclavage… puisque le FCC est un «enclave  d’esclaves psychologiques».

Quant au CACH, on sait que la mésentente sur la répartition des maroquins est l’arbre qui cache la forêt. Il y a, en son sein, beaucoup d’empoignades feutrées, qui ont déjà suffisamment miné la base de l’édifice, construit à la hâte à Nairobi (Kenya). Citons, à titre d’exemple, la colère biblique des partisans de Tshisekedi  vis-à-vis de Kamerhe, son directeur de cabinet et allié, qu’ils accusent d’usurpation en prenant souvent des postures de nature à éclipser le chef de l’Etat. D’aucuns demandent son écartement. Ce n’est rien de moins que l’indication claire d’une obsolescence programmée de la baraque.

Reste Lamuka. Instituée déjà comme parti politique, la plate-forme est en sursis, malgré l’unité de façade qu’elle présente. On ne peut imaginer, un seul instant, que les trois caïmans que sont Bemba, Katumbi et Fayulu, maîtres des marécages si éloignés les uns des autres, puissent accepter de vivre sur un même rivage, sous l’autorité de l’un entre eux. Alors que chacun a l’ambition affichée d’être appelé «Monsieur le président de la République».

Chassez le shah

Ainsi, de fil en aiguille, nous voici à l’approche de «l’état de crise». D’un soulèvement populaire. Si la Révolution française avait des origines d’ordre social, économique et politique, elle ne se matérialisa pas moins à travers une grave crise sur l’augmentation du prix du pain entre 1787 et 1789 (+ 75 %). Avec un pic de colère du peuple par la prise de la Bastille, en 1789.  C’est presque dans les mêmes conditions que le Palais d’Hiver de Saint-Pétersbourg, en Russie, fut pris d’assaut, en 1917.

Sous nos yeux, se déroulent en Algérie et au Soudan des événements similaires. Ils se sont vite mués en orage, qui a emporté deux dictateurs endurcis: Bouteflika et Al-Bachir. A l’origine, plus ouvertement liés à l’augmentation du prix du pain au Soudan, alors qu’en Algérie le phénomène se cachait plus ou moins derrière le refus du peuple de voir l’ex-président Bouteflika rempiler pour un cinquième mandat.

Enfin, en France -encore une fois-, les manifestations brutales des Gilets jaunes n’en sont qu’un autre versant lumineux, puisqu’il s’est agi de ceux qui n’arrivaient pas à nouer les deux bouts du mois.

Qu’en sera-t-il de la République Démocratique du Congo, sinon une violente révolte, où les trois quarts de la population vivent avec moins d’un dollar par jour, depuis plusieurs décennies?

Où dans l’Ituri profond (nord-est), on en est à manger des beignets à base d’argile?

Comment ne pas voir d’épais nuages s’amonceler sous le soleil congolais, sur cette République des faméliques?

Pour le peuple, à n’en pas douter, ce gouvernement n’est rien d’autre que la perpétuation du régime Kabila. Métamorphosé. Avec à sa tête un certain Sylvestre Ilunga Ilunkamba, un disciple inaltérable du «raïs». D’où la nécessité de passer par une révolte populaire, pour pouvoir en finir avec le «mal».

En finir avec le mal! Comme ce fut le cas, en Iran, en 1979. Le mal, ce fut le shah (roi) Mohammad Reza Pahlavi: tyran, prédateur, boucher, au même titre que Kabila. Il fut chassé du trône par la puissance de trois mots, en formule publicitaire: «Chassez le shah», contenus dans de simples cassettes audios, envoyées à Téhéran par l’ayatollah Khomeiny (en exil). Si l’empire persan, millénaire, fut emporté par ce moyen de communication à influence limitée, à combien forte raison l’empire, imaginaire, du «raïs» congolais, serait-il la proie facile vis-à-vis de la puissance que porte Internet, à travers les réseaux sociaux?

En écho, Francis Balle dans «Médias et sociétés» n’affirme pas moins que pour le moment ce sont «des médias qui redistribuent les cartes du pouvoir».

Si, hier, il y avait l’ayatollah Khomeiny, pour réveiller ses concitoyens, il y a, aujourd’hui, des milliers «d’ayatollahs Khomeiny-Congolais», à l’extérieur, pour secouer l’esprit du peuple congolais. La Toile en parle jusqu’à plus soif. Et puis, il y a ces exemples vivants et éclatants de révolte que donnent les Soudanais et les Algériens.

Chassez le «raïs» Kabila

Ailleurs, en Europe Occidentale, les lignes bougent: le populisme montre ses crocs et gagne du terrain; en Russie, Poutine ne dort plus sur ses deux oreilles, bouchées par des cris stridents réclamant la démocratie; en Asie, la question sur le Cachemire refait surface et met face à face deux Etats atomiques, à savoir l’Inde et le Pakistan, alors que Hong-Kong (mi-chinois, mi-occidental) proteste avec ses tripes dans les rues, pour défendre ses droits démocratiques, au point d’embarrasser Pékin; quant aux Etats-Unis, ils ont placé à leur tête un pyromane en chef, un certain Trump, qui se croit sortir de la cuisse de Jupiter et, de ce fait, dérange toute la vision classique du monde…

Tout cela, mis bout à bout, sonne le tocsin du bouleversement qu’engendre le «siècle des révolutions» de Jean-Jacques Rousseau, nouvelle version. Le Congolais n’est pas aveugle pour ne pas voir, ni sourd pour ne pas entendre, ni si ignare pour ne pas comprendre que c’est également à son tour d’entrer dans la danse. Il y est d’ailleurs poussé par une sorte de tropisme tentaculaire.

Pour ceux qui doutent encore de cet air du temps sous nos latitudes, prière de prêter l’oreille pour bien écouter, et d’ouvrir l’œil pour bien lire entre les lignes; des centaines de milliers de mots, soutenus par des images de toute sorte, qui sont déversés chaque jour contre le kabilisme, à travers Internet, se résume à cette formule subliminale: « Chassez le «raïs»Kabila ». Unique solution pour mettre fin à la «théorie du moindre mal» dans laquelle ce dernier puise encore ses dernières énergies.

RD Congo : un criminel au perchoir du Sénat

Tout se passe dans la logique de Kabila et de son FCC (Front Commun pour le Congo) de gagner tous les votes. Il y eut été étonnant, voire surréaliste, que Thambwe Mamba, candidat de la plate-forme fidèle à l’ancien chef de l’Etat, perde le scrutin pour l’occupation du perchoir du Sénat. Mais il l’a difficilement emporté par 65 voix contre 43 voix arrachées par Modeste Bahati Lukwebo, pour un total de 108 votants. Moins la voix de Kabila, absent à la séance. C’était le samedi 27 juillet.

Bahati Lukwebo est à féliciter avec un roulement de tambour, du fait que l’histoire retiendra qu’il aura été le premier homme politique à claquer la porte du FCC et à défier ensuite celui-ci à travers un vote.

En somme, l’ancien ministre de la justice, Thambwe Mamba, un des thuriféraires du premier cercle de Kabila, ne peut se réjouir d’un succès qui a tout d’une gloriole. Compte tenu de son âge (76 ans), de sa longue carrière politique, de sa richesse immense et de sa proximité avec le « raïs », il aurait dû faire mieux que par cette victoire poussive contre un Bahati Lukwebo, décidé à monter sur le ring et à combattre presqu’à mains nues.

Au-delà de cette décision téméraire de Bahati Lukwebo, il n’y a pas à voir que la victoire du courage d’un homme qui s’est arrêté, en se disant « ça suffit », mais la fragilité de l’édifice que Kabila est en train de construire pour se maintenir au pouvoir. L’acte du challenger de Thambwe Mamba  vient de démontrer que le FCC est une mosaïque constituée non pas de convictions politiques, mais plutôt d’illusions et de profits matériels.

Maintenant que la direction du Parlement est entièrement à la dévotion du « raïs », aussi bien l’Assemblée nationale que le Sénat, que reste-il à faire par le FCC? L’expérience nous montre que Kabila et ses comparses ne font jamais rien au hasard. Toutes les étapes que la vie politique congolaise est en train de traverser, depuis la grande mascarade de la passation du pouvoir entre Kabila et Tshisekedi, sont réglées comme du papier à musique.

Les temps sont mûrs

La réponse est simple. Le nouveau cap pour le FCC est maintenant l’amorce d’un travail de sape pour faire tomber Tshisekedi. Jusque-là, celui-ci n’a fait que multiplier des erreurs, après avoir pensé que Kabila le laissera évoluer sans anicroche. Puisqu’il aurait été élu par le peuple, donc « président élu », sa première démarche positive aurait été celle de s’émanciper de l’ancien président -rompre unilatéralement l’accord qui les lie. Il aurait, ensuite, cherché à démontrer que la majorité ainsi gagnée par le FFC, au niveau des législatives, était pure invention, sans aucune logique. Enfin, il se serait dépensé à faire cause commune avec Lamuka.

La formule aurait marché à merveille, puisque le peuple séparé par la mésentente des leaders, réconciliés, se serait réconcilié avec lui-même, à son tour, pour exiger le départ de Kabila. Au lieu de cela, Félix Tshisekedi a cherché le serrage de boulons de son siège éjectable à l’extérieur. Y compris au Rwanda et en Ouganda, dont le regard sur la situation en RD Congo, n’est pas du tout désintéressé. Que pourront faire ces pays contactés s’il arrive que le FCC décide le destituer? Rien du tout.

Or, tel est l’enjeu de la démarche entreprise par Kabila. Pour lui, c’est le pouvoir et rien d’autre. Et le chemin royal pour y parvenir, dans le contexte actuel, restait la mise en accusation et la destitution de Tshekedi par le Parlement. La suite passe comme une lettre à la poste : modification de la Constitution et élection d’un nouveau président par le Sénat. En la personne de Kabila.

Sur le papier ou dans l’imagination, tout cela semble facile à se réaliser. Mais, c’est sans compter, désormais, avec un effet de criquet : le peuple dont le FFC ne tient aucunement compte. Car, le peuple congolais de 2018 -qu’on nous le conteste ou non– n’est pas celui de 2019. En témoigne l’attitude homérique de Modeste Bahati Lukwebo. Par cette brèche s’engouffreront, sûrement, plusieurs autres kabilistes repentis. Mine de rien, les temps sont comme mûrs!

Les temps sont comme mûrs, puisqu’à consulter « les réseaux sociaux », les cris d’orfraie montent de partout, en RD Congo, et même en Afrique, pour moquer l’occupation du perchoir du Sénat par un criminel de guerre. En effet, Thambwe Mwamba est accusé de ce forfait par un juge belge.

RDCongo : une nouvelle pierre d’achoppement dans les négociations sur le gouvernement

À dix jours de la fin de session parlementaire, prévue pour le 15 juin et au cours de laquelle le nouveau gouvernement congolais doit être investi, les négociations entre la coalition CASH de Félix Tshisekedi et le FCC de Joseph Kabila sont au point mort. Les deux camps ne s’accordent toujours pas sur la répartition des postes au sein du futur gouvernement.

La dernière réunion de négociations qui s’est tenue mardi soir à Kinshasa a tourné court. La réunion n’aura duré que quelques minutes pour se conclure sur un constat d’échec, avant même que la question du gouvernement à proprement parler ne soit abordée.

En cause : la décision lundi du chef de l’État Félix Tshisekedi de procéder à des nominations à la tête de la Gécamines et de la Société Nationale des Chemins de fer Congolais (SNCC), sans l’aval du nouveau Premier ministre.

Des nominations jugées « illégales »

Une décision jugée « illégale » par les pro- Kabila, qui n’ont pas fait mystère de leur mécontentement dès le début de la réunion.

Pour Constant Mutamba, avocat et cadre de cette coalition, elles « violent l’article 81 de la Constitution » car elles n’ont pas été contresignées par le nouveau Premier ministre. L’avocat menace de saisir le Conseil d’État.


« On ne peut pas éternellement bloquer tout un pays », abonde un cadre du parti présidentiel.


Une lecture contestée par Me Kapiamba, le président de l’Acaj (Association congolaise pour l’accès à la justice). Pour lui, le chef de l’État a agi en vertu de l’article 60 de la Constitution de l’État, alors que l’ex-Premier ministre est démissionnaire et que le nouveau Premier ministre n’est pas encore formellement investi, faute d’accord sur la composition du gouvernement. « On ne peut pas éternellement bloquer tout un pays« , abonde un cadre du parti présidentiel.

Mais au- delà du débat juridique, c’est aussi le choix de Gabriel Kyungu pour diriger le conseil d’administration de la société nationale des chemins de fer (SNCC) qui dérange, estime une source au FCC. Ce proche de Moïse Katumbi, ne fait pas partie de la coalition au pouvoir. « C’est un message subliminal de la part du chef de PPRD Joseph Kabila », explique cette source pour qui le Raïs laisserait ainsi entendre à ses partenaires qu’il pourrait au besoin se chercher de nouveaux alliés.

« Nous n’en sommes pas à la rupture, mais nous sommes bloqués »

Une pierre d’achoppement de plus en tout cas dans des discussions déjà bien difficiles. « Nous n’en sommes pas à la rupture, mais nous sommes bloqués », reconnaissait mercredi l’un des négociateurs du président Tshisekedi tout en accusant ses partenaires d' »entraver » les discussions avec des « manœuvres dilatoires » et de « refuser de céder » la moindre parcelle de pouvoir.

Les deux camps n’arrivent pas se mettre d’accord sur ce que doit être la répartition des postes entre les deux coalitions. Pas question côté FCC, largement majoritaire dans les deux assemblées de concéder aux pro-Tshisekedi plus 24% des postes ministériels, quand ces derniers en réclament 45%, avec pour argument « qu’ un poste de président « devrait peser » plus » dans les négociations que « quelques députés », explique l’un des négociateurs.

Bref, des positions encore très éloignées. Sans oublier l’épineuse question des postes régaliens, revendiqués par les deux camps, qui augure là aussi de tractations houleuses et n’a pas encore été abordée. Signalons que les plateformes de Tshisekedi et Kabila optent pour une coalition gouvernementale n’aspirent aucun confiance au sein de la classe politique, ni à la société civile et, moins encore à la presse congolaise qui constate que les violations des droits humains restent très élevées en 2019, selon l’ONU.

Les agents de l’État sont plus que jamais pointés du doigt en ce moment, ils sont même responsables selon l’ONU, d’au moins 73% des exactions comptabilisées sur tout le territoire national, contre 53% en décembre. A noter le nombre très élevé d’exécutions extrajudiciaires : au moins 47 dont 7 femmes, soit plus d’une par jour. Au total, l’ONU relève 574 violations, soit plus qu’en novembre ou décembre 2018, et sur ces 574, un bon tiers sont des violations à caractère politique.

Au moins une cinquantaine de personnes, pour l’essentiel des militants des droits de l’homme et des journalistes, ont fait l’objet de menaces ou d’attaques et ils ont eu besoin, dans les quatre semaines qui ont suivi l’enterrement à Kinshasa de sphinx de Limite Monsieur Étienne Tshisekedi (le père de l’actuel président Félix Tshisekedi), mesures de protection des Nations- unies. Nascimento Christian Journaliste politique.

Confusion artistique au sommet de l’Etat congolais : tous masqués et perdants !

Des images contradictoires, futiles à souhait. Du sur-place politique. Au sommet de l’Etat, trônent deux présidents de la République, le premier visible (sans pouvoir), le second masqué (détenant illégalement l’imperium). Le tout rehaussé, en théâtralité, par un début d’éclatement du parti d’opposition LAMUKA. Voilà ce à quoi assiste le peuple congolais, depuis la « passation du pouvoir civilisée » entre Kabila et Tshisekedi. Il y a plus de trois mois. Au total, un vrai flou artistique !

Entre-temps, les cent jours probatoires pour le nouveau chef de l’Etat se sont consommés. Sans roulement de tambour. Quant au gouvernement, on continue de chercher le fil d’Ariane indispensable pour le tirer des labyrinthes de Kingakati (capitale politique des kabilistes). Tout cela sur le dos du peuple, qui en bave.

Quel est donc le problème de gouvernance en République Démocratique du Congo ?

Qu’est-ce qui enraye la machine, justifiant ainsi les allégations de ceux qui pensent que, globalement, c’est à cause des accords scélérats signés entre Kabila et Tshisekedi que tout va à vau-l’eau.

Dans cette vision -généralement partagée par nombre d’observateurs objectifs-, il y va des choses qui paraissent simples à celles qui relèvent d’une importance capitale : d’un président de la République logé en dehors du palais présidentiel, par exemple, au blocage de la nomination d’un Premier ministre et, dans la foulée, de la mise en place d’un gouvernement pour le fonctionnement normal du pays.

Marché de dupes

Une simple observation, par rapport au dernier point, suggère que les dessous de l’accord passé entre Kabila et Tshisekedi porteraient sur des intérêts divergents. Non avoués au moment ultime de la signature.

Si tel est le cas, il y a entre Kabila et Tshisekedi, un véritable dindon de la farce. Une dupe. Un jeu de « tel est pris, qui croyait prendre« . La formation du gouvernement achopperait à cette difficulté.

Sinon, la ruse de Kabila aurait préparé, à l’avance, ce scénario pour donner le change et faire croire à l’opinion que CACH a son mot à dire sur le déroulement des affaires.

Pendant ce temps, Kabila prend le plaisir de se lover dans un palais présidentiel où il n’a plus le moindre droit de séjourner, continuant à se regarder dans un miroir brisé, qui lui renvoie sa propre image brisée à laquelle il ne veut pas croire.

Pourtant, c’est cela la réalité de la situation qui prévaut. Il y a eu un « après Kabila », en dépit de la démonstration de force qu’il continue d’étaler.

Par exemple, convoquer « tous » les gouverneurs de province à Kingakati, sa ferme privée.

 

Alors, Tshisekedi « partenaire » de Kabila ou pas ?

Difficile à dire, pour le moment, en attendant que les masques tombent. Car, il n’y a pas que Kabila, dans cette pièce théâtrale tragi-comique, qui porte le masque ; Tshisekedi en porte un, également, quand il reste muet sur le contenu des accords qui le lient à Kabila.

Or, ces accords ayant un caractère secret ne seront pas connus de sitôt, faisant en sorte que Tshisekedi est aussi masqué, vis-à-vis du peuple.

L’Eglise se rétracte

Contradictions polluantes au sommet de l’Etat, mais contradictions également à l’extérieure de la sphère officielle du pays. L’Eglise catholique, appui indéfectible de la « vérité des urnes », se rétracte aujourd’hui avec force philosophie, en soufflant le chaud et le froid. Confirmer la « vérité des urnes » et, dans le même temps, accepter « d’accompagner le faux » est troublant.

Plus troublant quand le mot « vérité » traverse les pages de la Bible en se déclinant de plusieurs manières, et surtout lorsqu’elle évoque l’épître de Paul à Timothée, en parfaite corrélation avec la situation politique actuelle du pays :

« Je t’écris ces choses, avec l’espérance d’aller bientôt vers toi, mais afin que tu saches, si je tarde, comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’Eglise du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité » (1 Tim. ch. 3 : 14-15).

Le mot vérité est employé ici autant dans son sens général que dans celui qui voudrait prouver l’existence de Dieu.

En prenant l’attitude de mi-figue, mi-raisin, l’Eglise catholique du Congo se soustrait à ses responsabilités, alors qu’ailleurs c’est cette Eglise-là qui se place « au milieu du village » pour libérer la vérité.

L’Amérique latine nous en donne un exemple éloquent et, singulièrement, le cas de Cuba.

L’Eglise romaine y a mis du sien pour arriver à favoriser l’assouplissement du régime communiste tortionnaire, en matières de droits de l’homme. Les deux derniers papes (Jean-Paul II et Benoît XVI), y compris François actuellement à la tête du Vatican, y ont tous séjourné et, dans la foulée, des prisonniers politiques ont été libérés.

La vérité a triomphé sur l’obscurantisme entretenu pas le régime communiste vis-à-vis des droits humanitaires.

On y découvre le sens épanoui de cette expression « l’Eglise au milieu du village », hélas galvaudé pour des raisons diverses.

La communauté internationale n’est pas claire

La communauté internationale, quant à elle, a également versé dans l’ambiguïté. Et, spécialement, les Etats-Unis de Trump : ils confirment que le résultat des élections « n’est pas conforme à la volonté du peuple congolais », tout en acceptant d’accompagner le président non élu.

Dans la galère, il y a aussi la présence d’un certain Joseph Kabila, et, la cerise sur le gâteau, c’est ce dernier qui est le capitaine du bateau!

Faut-il admettre que cette dichotomie exprimée à la fois par l’Eglise catholique et les Etats-Unis résulterait d’une approche qui privilégie la notion de « fait accompli »? Tout en sachant qu’une telle délibération n’est qu’une fuite en avant, qui laisse derrière elle un problème non résolu?

Pour la communauté internationale, la compréhension y est aisée, elle qui ne jure que par le nom de ses intérêts. Mais, il est malaisé de comprendre la volte-face de l’Eglise. Son attitude aurait été moins choquante, si elle s’était résolue à garder le silence.

 

Faux et usage de faux

Qu’en conclure ? La réponse est des plus faciles. Depuis 1960, date de l’indépendance, la « Maison Congo » n’a jamais eu de fondement.

Et, aujourd’hui plus qu’hier, elle ressemble à une baraque construite sur le sable, destinée à être emportée par le vent, à tout bout de champ.

Jamais au monde élections n’ont été autant torpillées, suivies d’une période postélectorale aussi embrouillée. Comment imaginer, un seul instant, dans ce cas précis, que le pays sera gouverné, alors qu’il est assis sur le « faux et usage de faux « ?

Et, c’est à cet horizon déjà suffisamment brouillé que la plate-forme LAMUKA, qui incarnait plus ou moins les espoirs du peuple, donne les signes d’éclatement. Petit à petit la sirène des ambitions personnelles a fini par vaincre les nobles idéaux portés par ce regroupement politique pour la libération du peuple congolais. Demain, on le verra bien, chacun des leaders de LAMUKA jouera sa propre partition. Ces gens, dans leur ensemble, sont masqués et seront tous perdants! Au grand dam de l’avenir du pays.

  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

    Alors que la Chine est classée 177 sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontière (RSF), la presse de la région administrative spéciale de Hong Kong a elle, pendant longtemps, bénéficié de son système libéral. Mais depuis la rétrocession en 1997, la donne a drastiquement changé. Hong Kong […]

  • Makaila Nguebla: un journaliste tchadien devant la justice française05/09/2019 - 10:45

    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

    Bien-connu dans la région pour sa tolérance en matière de liberté de la presse, le Liban accueille de nombreux journalistes en exil des pays voisins. Pourtant, de nombreux défis à plusieurs niveaux entravent le travail des journalistes en exil. Conséquence, ils arrivent au Liban mais ils ne souhaitent pas s’installer. Situé dans une région où […]

  • Recrudescence des attaques contre les journalistes en RD Congo03/09/2019 - 9:15

    Journaliste en danger (JED), s’insurge contre le regain d’attaques enregistrées depuis quelques semaines contre des journalistes et des médias. Le JED appelle les nouvelles autorités de la République Démocratique du Congo à prendre des mesures immédiates pour que cessent ces attaques répétées. En l’espace de deux semaines, le JED a enregistré au moins 6 cas […]

  • Corée du nordCorée du Nord & AFP: enquête sur le journalisme sous dictature27/08/2019 - 12:27

    En novembre 2016, l’Agence France-Presse (AFP) inaugurait son bureau à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Son objectif: couvrir le pays de l’intérieur en capturant tout ce qui lui était possible de voir, via des reporters présents sur place. Trois ans après, la Maison des journalistes est entrée en contact avec Philippe Massonnet, directeur […]

Etre une femme journaliste en exil


A l’occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, la Maison des journalistes et Magnum Photos se sont associés pour une exposition nommée « D’ICI ». Inauguré le 3 mai 2019, le vernissage a été suivi d’une table ronde sur le thème « La liberté de la presse, un enjeu rédactionnel et photographique » à l’Hôtel de Ville. L’opportunité pour Thelma Chikwanha et Rowaida Kanaan de se livrer sur leur condition de journaliste en exil.

Des itinéraires sombres et pourtant, le sourire n’a jamais quitté le visage des deux journalistes durant la rencontre-débat. A l’aide de leurs interprètes, les deux femmes se sont prêtées au jeu des questions dont les réponses touchantes débordaient de sincérité.

L’exil, une nécessité pour la survie

Rowaida Kanaan est une journaliste syrienne née à Damas en 1976. Elle a écrit pour plusieurs sites internet syriens en parallèle de son activité principale à la radio. Elle est arrêtée dès le mois d’août 2011 pour sa participation aux manifestations. Puis de nouveau en 2012, et en 2013, lors d’un contrôle à un checkpoint alors qu’elle est avec son compagnon. Elle est emprisonnée pour détention de carte de presse.


« Chaque minute, une femme est violée ou torturée en prison en Syrie ».


Avec émotion, Rowaida décrit la torture qu’elle a observée mais aussi subie en prison. De la même manière que les hommes, les femmes y sont battues, certaines subissant des violences sexuelles répétées. La gorge tremblante, la journaliste l’affirme, « chaque minute, une femme est violée ou torturée en prison en Syrie ». Des faits avérés passés sous silence par le gouvernement syrien.


Pour survivre, Rowaida n’avait pas d’autres choix que fuir.


Un départ similaire à celui de Thelma qui a quitté le Zimbabwe pour éviter le pire. Consultante en communication, correspondante pour One World UK, rédactrice politique pour les plus grands magazines, Thelma Chikwanha a couvert de nombreux évènements mondiaux.

Le 6 octobre 2016, elle se rend à l’aéroport à la demande d’un média pour prendre l’avion : direction la Suède pour assister à une conférence. A peine les portes franchies, la journaliste se fait attaquée. Ses effets personnels, son téléphone et son ordinateur lui sont arrachés. 3 jours plus tard, ses assaillants font irruption chez sa mère, retourne la maison et lui profère des menaces. Ils lui jurent de faire disparaitre Thelma de la même façon qu’ils avaient éclipsé l’un de ses collègues journalistes. Pour sa sécurité ainsi que celle de sa famille, Thelma Chikwanha décide de quitter le Zimbabwe pour faire de la France sa terre d’asile.

Rowaida KANAAN s’exprimant lors de l’événement #DICI à la Mairie de Paris : regards croisés entre journalistes exilés et photographes de l’agence Magnum.

Les premiers pas sur le sol français

La fraicheur et la pluie du 23 janvier 2017 ont marqué Thelma à son arrivée. Une journée d’hiver où elle est accueillie par une policière dont elle garde un sympathique souvenir. A cette époque, les mots « Bonjour », « Au revoir » et « Je t’aime » constituent la base de son vocabulaire français. Ayant emportée son fort caractère avec elle et son franc-parler dans ses bagages, elle exige aux policiers du commissariat voisin d’appeler le 115, le numéro d’urgence pour l’hébergement.


Elle dit se sentir dans les premiers temps « comme un arbre arraché à ses racines ».


Elle est hébergée la première semaine puis fait la connaissance d’une famille qui l’accueille à Mantes-la-Jolie. « Je leur dois énormément » déclare t-elle avec émotion en pointant du bout des doigts l’une des membres de cette famille assise au fond de la salle.

Pour Rowaida, l’intégration semble plus rude. Arrivée en 2014, les débuts sont difficiles. Passé 40 ans, la journaliste en exil comprend qu’il est compliqué de décrocher un travail et d’apprendre une nouvelle langue qui lui est inconnue. Elle dit se sentir dans les premiers temps « comme un arbre arraché à ses racines ».

Rowaida garde tout de même en tête une anecdote qui l’a fait sourire. « En France, on a besoin de faire beaucoup de papiers » s’exclame t-elle. Après un an et demi d’attente, elle fini par obtenir ses premiers papiers officiels. Par inadvertance, elle perd son sac à main quelques semaines plus tard. De quoi décrocher un vif fou rire dans l’auditorium.

Thelma CHIKWANHA s’exprimant lors de l’événement #DICI à la Mairie de Paris : regards croisés entre journalistes exilés et photographes de l’agence Magnum.

Comment se reconstruire ?

Rowaida a choisi le théâtre dès son arrivé en France. Elle est l’une des comédiennes de la pièce « X-Adra », un projet porté par Ramzi Choukair, comédien et metteur en scène franco-syrien.


Les journalistes savent où la trouver mais s’intéresse bien plus à la manière dont elle s’occupe d’un enfant plutôt qu’à son avis sur la situation au Zimbabwe.


Un décor où se mêlent témoignages de femmes, sur deux générations, passées par les geôles et la torture du régime syrien. Cette pièce est un moyen pour la journaliste de s’intégrer en France sans pour autant oublier son beau pays jalonné de problèmes politiques et sociaux. Pour elle, le théâtre est une forme de lutte. Thelma, de son côté, ne trouve pas la paix qu’elle recherchait en France. Lorsque Michel Urvoy lui pose la question de l’intégration, la journaliste débute un monologue passionnée sans laisser le temps à son interprète de traduire.

Thelma se révolte d’être une babysitter en France, elle qui a pourtant couvert des évènements majeurs tels que les élections américaines ou encore le G8. Selon elle, les journalistes savent où la trouver mais s’intéresse bien plus à la manière dont elle s’occupe d’un enfant plutôt qu’à son avis sur la situation au Zimbabwe.

Un sentiment partagé par une grande partie des journalistes en exil comme Maria Kuandika qui déclare « tels sont effectivement les secteurs les plus accessibles aux étrangers, pour ne pas dire aux réfugiés et aux migrants ».

Malgré la réintégration et la nouvelle vie qui s’offre aux journalistes, l’exil reste une blessure psychologique. Le temps apaise la douleur mais ne permet pas à ces femmes d’oublier qu’elles ont perdu leur statut pour lequel elles ont travaillé avec acharnement. La peur est définitivement présente mais l’envie d’écrire et d’informer reste plus forte. Comme le déclare Thelma, le journalisme, ce n’est pas une profession mais une vocation.

  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

    Alors que la Chine est classée 177 sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontière (RSF), la presse de la région administrative spéciale de Hong Kong a elle, pendant longtemps, bénéficié de son système libéral. Mais depuis la rétrocession en 1997, la donne a drastiquement changé. Hong Kong […]

  • Makaila Nguebla: un journaliste tchadien devant la justice française05/09/2019 - 10:45

    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

    Bien-connu dans la région pour sa tolérance en matière de liberté de la presse, le Liban accueille de nombreux journalistes en exil des pays voisins. Pourtant, de nombreux défis à plusieurs niveaux entravent le travail des journalistes en exil. Conséquence, ils arrivent au Liban mais ils ne souhaitent pas s’installer. Situé dans une région où […]

  • Recrudescence des attaques contre les journalistes en RD Congo03/09/2019 - 9:15

    Journaliste en danger (JED), s’insurge contre le regain d’attaques enregistrées depuis quelques semaines contre des journalistes et des médias. Le JED appelle les nouvelles autorités de la République Démocratique du Congo à prendre des mesures immédiates pour que cessent ces attaques répétées. En l’espace de deux semaines, le JED a enregistré au moins 6 cas […]

  • Corée du nordCorée du Nord & AFP: enquête sur le journalisme sous dictature27/08/2019 - 12:27

    En novembre 2016, l’Agence France-Presse (AFP) inaugurait son bureau à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Son objectif: couvrir le pays de l’intérieur en capturant tout ce qui lui était possible de voir, via des reporters présents sur place. Trois ans après, la Maison des journalistes est entrée en contact avec Philippe Massonnet, directeur […]

Ghislaine Dupont, Claude Verlon et Camille Lepage : une place en leur mémoire pour honorer la liberté de la presse

Le 3 mai 2019, à l’occasion de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse, une place au nom des trois journalistes français Ghislaine Dupont, Claude Verlon et Camille Lepage sera inauguré dans le 2ème arrondissement de Paris. La municipalité de Paris a décidé de rendre hommage à ces trois personnalités qui se sont distinguées par leur travail journalistique et au cours duquel elles ont finalement été tuées. Un regard plus attentif sur leurs histoires inspire de nombreuses réflexions pour cette date importante consacrée à la liberté de la presse.

Ghislaine Dupont, tuée à l’âge de 57 ans au Mali aux côtés de Claude Verlon, âgé de 55 ans, a commencé sa profession de journaliste dès son plus jeune âge.

Ghislaine Dupont, une vie dédiée au journalisme

Après une spécialisation à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Paris (ESJ) et des expériences de travail antérieures dans le domaine de l’imprimerie et des émissions de radio, Ghislaine Dupont s’est tournée vers l’Afrique, où elle avait déjà passé une partie de son enfance.

Ghislaine Dupont et Claude Vernont

Journaliste à Radio France Internationale (RFI), elle a couvert depuis les années 1990 les principaux événements de l’époque, dont la mission de l’UNITA en Angola, le conflit érythréen-éthiopien, le génocide au Rwanda, puis au Soudan, en Algérie et en Côte d’Ivoire. A travers son journalisme d’investigation rigoureux, elle a rapporté à plusieurs reprises au monde des histoires vitales et dénoncé des faits cruciaux tels que l’existence de fosses communes à Abidjan en Côte d’Ivoire. Tout en gardant son intérêt persistant pour la région africaine, entre 1997 et 2007, elle s’est installée en République Démocratique du Congo où elle a continué activement à rendre compte de la réalité politique et sociale interne tout en démarrant une série de nouveaux projets. Elle a non seulement participé à la création de la nouvelle Radio Okapi, qui deviendra plus tard le principal média d’information du pays, mais elle s’est également impliquée dans la formation de jeunes journalistes dans la région. Les années passées en République Démocratique du Congo révèlent l’engagement sans faille de Dupont à rendre compte de la réalité de manière indépendante et précise sans exception. En raison de ses activités sur les questions sensibles et de sa couverture de la campagne électorale de 2006, elle a été expulsée de la République démocratique du Congo sous le gouvernement de Joseph Kabila. Tout en essayant de continuer à couvrir les événements de la République démocratique du Congo, l’attention de Dupont s’est concentrée sur de nombreux autres sujets, dont le Mali.

La rencontre avec Claude Verlon

C’est à ce moment qu’elle croise le chemin de Claude Verlon, avec qui elle partagera le même destin cruel d’assassinat le 2 novembre 2013. Journaliste et ingénieur du son de renom, Claude Verlon est arrivé au Mali après des années d’expérience sur le terrain. Après avoir étudié à l’Ecole Nationale Supérieure Louis-Lumière et plusieurs cours du soir, Claude Verlon rentre en 1982 à Radio France Internationale (RFI) en tant qu’ingénieur du son, poste pour lequel il travaillera jusqu’à sa mort. Spécialisé dans les zones de conflit, il n’a cessé de reporter sur des pays difficiles comme l’Afghanistan, le Liban, l’Irak, la Libye et bien d’autres encore. Tout au long de son travail sur le terrain, il s’est largement fait connaître comme un journaliste talentueux, capable de faire des reportages dans les régions les plus reculées du monde. Parmi les innombrables pays et conflits dont il a été témoin, le continent africain a constitué un domaine d’intérêt majeur depuis le début de sa carrière. C’est notamment de l’Afrique et, surtout, du Mali que son dernier reportage « La crise au Nord Mali et la réconciliation » devait traiter. Cependant, à son arrivée à Kidal au Mali dans la matinée du 29 novembre 2013, sa collègue Ghislaine Dupont et lui ne savaient pas encore ce que la vie allait leur réserver quelques jours plus tard.

En effet, le 2 novembre, les deux journalistes ont été enlevés et tués par balle. Leurs corps ont été retrouvés quelques heures plus tard par des soldats français. De nombreux doutes subsistent quant aux circonstances et aux raisons de leur mort et deux enquêtes sont ouvertes au Mali et en France selon RFI Afrique. Tout en attribuant l’assassinat à des membres de l’organisation militante islamiste Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), de nombreux faits restent à élucider, notamment le lien entre leur assassinat et la libération des otages d’Arlit quatre jours avant leur disparition, comme le montre un reportage sur France 2.

Camille Lepage, une jeune journaliste tuée dans des circonstances non élucidées 

Similairement, aucune élucidation complète n’a encore été apportée à la mort du troisième journaliste auquel la place parisienne sera dédiée, Camille Lepage.

Après une formation académique en journalisme, elle devient une photojournaliste de renom qui s’est déplacée dans différents pays d’Afrique. Après avoir largement couvert l’Egypte et le Sud-Soudan, elle s’est installée en République centrafricaine et son travail a été publié dans des journaux internationaux de renom tels que le New York Times, The Guardian, Le Monde et The Washington Post ainsi que pour des ONG telles qu’Amnesty International et Médecins Sans Frontières. Son véritable intérêt pour la région et son penchant naturel pour le dialogue et l’écoute ont accompagné toute sa carrière journalistique qui a toujours été marquée par une ferme détermination à rapporter librement ce dont elle a été témoin sans compromis.

Camille Lepage

Elle était déterminée à faire la lumière sur des histoires qui n’étaient pas couvertes par les médias grand public, comme le rappelle un article du Washington Post, en citant ses déclarations à sa mémoire : « Je ne peux accepter que les tragédies des gens soient réduites au silence simplement parce que personne ne peut en tirer de l’argent ». Toujours au début de sa carrière et avec de nombreux autres projets en tête, la République Centrafricaine sera sa dernière destination. Le 13 mai 2014, le corps de la journaliste de 26 ans a été retrouvé par les troupes françaises de maintien de la paix dans la région occidentale de Bouar. Ses comptes Twitter et Instagram ont révélé qu’elle voyageait en moto avec une milice anti-balaka pour aller rapporter les massacres qui ont eu lieu pendant des mois dans la localité d’Amada-Gaza. Deux ans après sa mort, en 2016, en dépit d’une riche mobilisation internationale pour que les responsables de son assassinat répondent de leurs actes, l’enquête est toujours dans l’impasse, comme l’a dénoncé Reporters Sans Frontières.

Unis par le même destin inoubliable, Ghislaine Dupont, Claude Verlon et Camille Lepage ont fait preuve d’un dévouement sans faille à la cause du reportage inconditionnel sur la réalité, dont nous pouvons nous inspirer pour la récurrence de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse. Leurs noms sur la place nous rappellent l’importance du reportage et de l’information libres, sans lesquels le journalisme ne peut servir son but comme le souligne l’écrivain Albert Camus ; « Une presse libre peut, bien sûr, être bonne ou mauvaise, mais, très certainement, sans liberté, la presse ne sera jamais que mauvaise« .

  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

    Alors que la Chine est classée 177 sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontière (RSF), la presse de la région administrative spéciale de Hong Kong a elle, pendant longtemps, bénéficié de son système libéral. Mais depuis la rétrocession en 1997, la donne a drastiquement changé. Hong Kong […]

  • Makaila Nguebla: un journaliste tchadien devant la justice française05/09/2019 - 10:45

    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

    Bien-connu dans la région pour sa tolérance en matière de liberté de la presse, le Liban accueille de nombreux journalistes en exil des pays voisins. Pourtant, de nombreux défis à plusieurs niveaux entravent le travail des journalistes en exil. Conséquence, ils arrivent au Liban mais ils ne souhaitent pas s’installer. Situé dans une région où […]

  • Recrudescence des attaques contre les journalistes en RD Congo03/09/2019 - 9:15

    Journaliste en danger (JED), s’insurge contre le regain d’attaques enregistrées depuis quelques semaines contre des journalistes et des médias. Le JED appelle les nouvelles autorités de la République Démocratique du Congo à prendre des mesures immédiates pour que cessent ces attaques répétées. En l’espace de deux semaines, le JED a enregistré au moins 6 cas […]

  • Corée du nordCorée du Nord & AFP: enquête sur le journalisme sous dictature27/08/2019 - 12:27

    En novembre 2016, l’Agence France-Presse (AFP) inaugurait son bureau à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Son objectif: couvrir le pays de l’intérieur en capturant tout ce qui lui était possible de voir, via des reporters présents sur place. Trois ans après, la Maison des journalistes est entrée en contact avec Philippe Massonnet, directeur […]

Niger : une démocratie souvent perturbée

15 avril 1974, le Niger est à son tour victime du virus alors répandu des coups d’états en Afrique. Le lieutenant-colonel Seyni Kountché dépose Hamani Diori. Ce dernier, père de l’indépendance, démocratiquement élu par la chambre unique du parlement nigérien est emprisonné. Il sera ensuite contraint à une résidence surveillée jusqu’en 1987. Libéré par le successeur de Seyni Kountché, il se refugie au Maroc où il meurt le 23 avril 1989. Depuis lors, Diori a été réhabilité et le Niger a alterné coups de force et démocratie.

En 2021, cet immense (1,268 millions de kilomètres carrés) pays pauvre ira aux urnes pour élire le président de la république et les députés. Ces élections se feront sans Mahamadou Issoufou l’actuel président qui selon la constitution ne peut briguer un troisième mandat. Le Niger est en chantier mais la classe politique vit au rythme de la présidentielle de 2021. Reportage à Niamey.

Au coeur des discussions à Niamey : l’élection présidentielle plutot que Boko Haram

A la sortie de l’aéroport Diori Hamani, on est tout de suite « happé » par le béton qui coule et ces ouvriers qui travaillent à la pioche et sans grande protection. Le Niger est en chantier. Notre arrivée coïncide avec l’inauguration du deuxième hôpital de référence de ce pays sans façade maritime. Le gotha de la majorité au pouvoir s’est déplacé à Maradi à des centaines de kilomètres de Niamey pour mettre officiellement en service ce joyau hospitalier, fruit de la coopération sino-nigérienne.

Cependant, l’actualité au Niger c’est surtout la présidentielle de 2021.

Dans toutes les chaumières politiques, c’est le sujet le plus débattu loin devant l’insécurité créée par les djihadistes et les dernières attaques de Boko Haram dans la région de Diffa dans sud-est du pays.

A Niamey : code électoral, article 8, Ceni, sont les expressions qui reviennent fréquemment dans le langage des politiques.

La menace des groupes djihadistes et la présence de la secte terroriste Boko haram font de l’entrée de certains endroits de Niamey, de véritables « check points ». Mais les politiques n’en n’ont vraiment cure, seules les prochaines élections sont au centre de leurs préoccupations.

Soumana Sanda, député de l’opposition

Pour l’opposition, le code électoral dans sa mouture actuelle est un détonateur qui peut mettre à mal la relative stabilité du Niger. Dans son bureau cossu de questeur de l’assemblée nationale, le député vice-président de Moden Fa Lumana, le principal parti d’opposition assène ses vérités et la stratégie de son parti : « Nous allons faire un boycott actif des élections si l’article 8 du code électoral ainsi que la commission électorale nationale restent en l’état« .

Article 8 : l’inscription sur les listes électorales au Niger

Le fameux article 8 régit l’inscription sur la liste électorale nigérienne. Son alinéa 2 interdit le vote à toute personne condamnée à un an de prison de prison, donc in extenso inéligible.

Pour l’opposition cet article vise le chef de file de l’opposition l’ancien premier ministre Hama Hamadou. Condamné par la justice du Niger à un an de prison dans la fameuse affaire de « trafic de bébés achetés », Hama Hamadou qui est en exil à Paris est considéré par les autorités nigériennes comme en fuite.

Mohamed Bazoum candidat de la coalition au pouvoir

La majorité présidentielle semble sereine face aux accusations de l’opposition. Pour Mohamed Bazoum le super ministre d’état en charge de l’intérieur et candidat officiel de la coalition au pouvoir, le processus électoral est en bonne voie. Il balaie du revers de la main les dénégations de l’opposition et soutient mordicus que l’article 8 est impersonnel et qu’il figure dans le code électoral nigérien depuis belle lurette.

Le dauphin de l’actuel Président Mahamadou Issoufou est formel : « L’article 8 existe dans le code électoral du Niger depuis 1992 et ne concerne pas la question de l’éligibilité mais celui de l’inscription sur la liste électorale« .

Le rôle fondamental du CENI

L’institution la plus contestée du Niger est sans nul doute la commission électorale nationale indépendante appelée communément par ses initiales -Ceni-. Elle pilote en amont et en aval le processus électoral.

Prise à partie avec virulence par l’opposition qui la boycotte, son président l’avocat Issaka Souna invite les uns et les autres à prendre leur place dans le processus.

Le président de la CENI au Niger – Maitre Issaka Souna

Pour cet ancien ministre de la justice il est clair que « le code électoral n’est pas exempte de critique mais toutes les corrections sont entrain de se faire pour que tout le monde participe au processus« .

Au Niger les autres acteurs et observateurs de la vie politique notamment la société civile ne sont véritablement pas intéressés par l’article 8 du code électoral. Pour Nouho Arzika le coordinnateur de la coalition des associations de la société civile seule la Ceni pose problème du fait de sa prise en otage par les partis politique.

La Ceni actuelle ne remplit pas les conditions morales et éthiques pour rassurer les gens de faire confiance au travail de cette institution‘.

madame Barry

Les femmes nigériennes suivent de près le processus électoral en cours au Niger. La conférence nationale de 1991 a fait découvrir une catégorie de femmes leadeures. Maitre Barry Bibata, ancienne ministre et première femme gouverneure de Niamey en fait partie. Ayant réussi une belle reconversion au barreau de la capitale nigérienne, elle résume l’engagement des femmes nigériennes : « Nous avons dit aux femmes que non seulement vous pouvez être électrices mais vous pouvez être aussi des élues« .

Tout ce beau monde a pourtant un cadre permanent de discussion et de concertation: le conseil national de dialogue politique -Cndp- dirigé par le premier ministre et dont le secrétaire permanent El Hadji YahayaGarba dit José est un patron de presse réputé. Au Niger la succession de Mahamadou Issoufou est enclenchée et le processus est irréversible… 

  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

    Alors que la Chine est classée 177 sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontière (RSF), la presse de la région administrative spéciale de Hong Kong a elle, pendant longtemps, bénéficié de son système libéral. Mais depuis la rétrocession en 1997, la donne a drastiquement changé. Hong Kong […]

  • Makaila Nguebla: un journaliste tchadien devant la justice française05/09/2019 - 10:45

    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

    Bien-connu dans la région pour sa tolérance en matière de liberté de la presse, le Liban accueille de nombreux journalistes en exil des pays voisins. Pourtant, de nombreux défis à plusieurs niveaux entravent le travail des journalistes en exil. Conséquence, ils arrivent au Liban mais ils ne souhaitent pas s’installer. Situé dans une région où […]

  • Recrudescence des attaques contre les journalistes en RD Congo03/09/2019 - 9:15

    Journaliste en danger (JED), s’insurge contre le regain d’attaques enregistrées depuis quelques semaines contre des journalistes et des médias. Le JED appelle les nouvelles autorités de la République Démocratique du Congo à prendre des mesures immédiates pour que cessent ces attaques répétées. En l’espace de deux semaines, le JED a enregistré au moins 6 cas […]

  • Corée du nordCorée du Nord & AFP: enquête sur le journalisme sous dictature27/08/2019 - 12:27

    En novembre 2016, l’Agence France-Presse (AFP) inaugurait son bureau à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Son objectif: couvrir le pays de l’intérieur en capturant tout ce qui lui était possible de voir, via des reporters présents sur place. Trois ans après, la Maison des journalistes est entrée en contact avec Philippe Massonnet, directeur […]