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Leila Shahid : Le cinéma est beaucoup plus expressif que l’essai politique

[Par Hicham MANSOURI]

Cet article a été publié en partenariat avec le journal Kezako du Festival de Douarnenez

Leila Shahid

Après 27 ans d’absence, la grande Leila Shahid – l’ex-ambassadrice de la Palestine en France, Irlande, Pays-Bas, Unesco puis Union Européen – est de retour au festival de Douarnenez. Elle y voit « comme un signe du destin » car elle vient remplacer Omar Barghouti, qui n’a pas pu venir pour cause d’empêchement familial. « Je ne pouvais qu’accepter l’invitation car j’aime ce festival et je lui dois bien ça », raconte-t-elle avec sincérité.

Avant de participer au débat sur l’occupation de la Palestine jeudi, elle a pu voir plusieurs films pendant trois jours. «J’adore le cinéma. J’ai toujours pensé que le cinéma est un moyen beaucoup plus expressif que l’essai politique parce qu’il est un art… ça touche aussi les émotions » nous explique l’ancienne diplomate palestinienne.

 

Un festival révélateur

Pour Leila, le festival est très bien organisé. La preuve? Elle évoque notamment la qualité, les longues files d’attente et la musique « qui rend les gens heureux » selon son expression. «Quand je vois ça, je me dis que la France va bien. Dans le milieu politique on a besoin d’actions comme celles de ce festival. Je dis bravo aux organisateurs et aux bénévoles ! »

En souhaitant au festival plus de soutien à l’avenir, elle nous promet déjà qu’elle sera là avec son mari pour la prochaine édition, en tant que spectatrice.

Fête de l’Humanité : « Allez-y à droite, comprenez que c’est à gauche ! »

[Par Larbi GRAÏNE]

Paris a dansé et chanté à gauche ce week-end à l’occasion de la fête de l’Humanité (du 12 au 14 septembre 2014). L’événement tout aussi coloré et grandiose que lors des précédentes éditions a drainé des foules immenses. Le site retenu pour cette manifestation gigantesque, – le Parc départemental Georges Valbon de la Courneuve -, a été aménagé sous forme de village planétaire reflétant à la fois la dimension internationale des mouvements de gauche et l’enracinement dans la société française du PCF (Parti communiste français) et des mouvements qui lui sont proches. En moyenne 200 000 visiteurs par jour s’y sont rendus. Politique et musique, commerce militant et tout le côté théâtral qui va avec, se sont donc mêlées en un étrange accouplement.

DR/Cédric Faimali

DR/Cédric Faimali

Tout l’imaginaire à la Karl Marx et Engels a été convoqué. Sur le fronton des chapiteaux, on pouvait lire des mots d’ordre tels que « Vivre comme un arbre, sauf et libre, vivre en frères comme les arbres d’une foret, ce rêve est le nôtre ». « L’unité des travailleurs, solidarité des peuples », « Non au traité transatlantique », « Liberté pour tous les prisonniers politiques en Iran ». Le cas de la Palestine encore d’une brûlante actualité, a trouvé une large place dans cette manifestation. Idem pour Cuba. Bref beaucoup de partis et de mouvements de libération de part le monde ont été conviés y compris le Polisario. « Un tel événement est important pour nous, car c’est le moment où jamais où il faut raffermir la solidarité internationale, et engager des contacts avec les différentes délégations » affirme Noel Murphy, membre du parti communiste irlandais qui paraît très remonté contre le « pouvoir très réactionnaire » des deux Irlandes. Pour ce représentant palestinien qui a participé à un meeting de soutien au peuple de Gaza « les forces de l’exil nous les avons transformées en compagnons de liberté avec pour seule perspective une Palestine libre ». Et celui-ci de rendre hommage à Fernand Tuil « qui a compris l’importance de ces camps de réfugiés palestiniens lieux de désespoir, transformés par notre volonté en souffle d’espoir pour l’ensemble de notre peuple, comme il a compris l’importance du combat pour les prisonniers palestiniens qui vont nous mener une fois libre vers la libération ». D’après lui « Mandéla était déjà libre dans sa cellule, il fallait juste un peu de temps pour s’en rendre compte ». Et d’asséner « Merouane al-Berghouti est libre dans sa cellule ». De son côté Jacques Milhas, membre de la rédaction de « Cuba Si FRANCE » dénonce « l’omerta des médias » sur le cas des trois Cubains emprisonnés par les États-Unis. « ce sont des gens (les 3 prisonniers, NDLR) qui n’ont jamais fait du mal à personne puisqu’ils n’ont jamais porté une arme, ni une grenade, ni quoi que ce soit. Ils étaient simplement infiltrés dans les commandos anti-castristes en Floride pour prévenir sur les attentats qui se préparaient contre le peuple cubain » soutient-il. Pour le coprésident du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui était apparu sur une tribune dédiée au pays de Fidel Castro, Cuba  « n’a pour elle que la solidarité de son peuple ». Et d’exprimer « notre profonde estime, amitié et solidarité avec Cuba socialiste ».

Jean-Luc Mélenchon, à la Fête de l'Humanité, le 13 septembre 2014. (AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD)

Jean-Luc Mélenchon, à la Fête de l’Humanité, le 13 septembre 2014. (AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD)

Pour Mélenchon « l’empire a fait de Cuba non seulement la cible d’une règle inexpugnable qui se poursuit avant même que les condamnations de l’ONU se succède l’une derrière l’autre contre l’embargo qui est fait contre ce petit peuple ». Pourfendeur à souhait des Etats-Unis, le dirigeant du Parti de gauche s’en prend non sans ironie au « droit que s’attribuent les Américains face au monde entier afin de punir les autres peuples comme ils punissent leur propres ressortissants qui ne respectent pas l’embargo ». Concentrant ensuite ses attaques contre le pouvoir français, Mélenchon fustige Hollande en l’accusant de s’être soumis au diktat de l’Oncle Sam. « Il est stupéfiant de voir que le président de la république française, ait capitulé aussi vite lorsque la France a été condamnée par les États-Unis d’Amérique parce qu’elle avait fait des échanges en dollars avec Cuba » a-t-il accusé. Mélenchon est ovationné. Le stress convoqué par les discours politiques est vite absorbé par les diverses distractions. C’est l’atout de ce genre de manifestation. Quand on demande notre chemin pour sortir, on nous conseille de « prendre la droite, puis la gauche, encore la droite » mais il nous est rappelé qu’il faut toujours prendre la gauche », du moment que c’est la fête de l’humanité.

Gaza, quand le nombre de victimes ne paraît pas choquer

[Par CHICHI]

La guerre entre Israël et la Palestine, c’est une vieille histoire sanguinaire. Elle continue de faire couler du sang. Espérons que la communauté internationale tranche bientôt en faveur d’une paix durable au bénéfice des deux peuples du Moyen­ Orient, puisque même des enfants et des femmes innocents sont souvent les victimes de ces guerres incessantes déclenchées depuis 1948, année de la création de l’État d’Israël. D’où les problèmes des frontières et d’ailleurs les Palestiniens ont des revendications sur le territoire israélien. Il s’ensuit alors que ces deux peuples sont toujours en guerre perpétuelle.

Le ciel de Gaza, illuminé par les bombardements et les bâtiments en flammes  [Photo tirée de www.linfo.re]

Le ciel de Gaza, illuminé par les bombardements et les bâtiments en flammes
[Photo tirée de www.linfo.re]

La région voit toutes sortes de tuerie, d’enlèvement et de bombardement. L’insécurité et l’instabilité politique sont devenues la règle.

D’où vient cette différence de traitement face à des désastres humanitaires majeurs ?

Puisque le nombre de morts ne paraît pas choquer l’opinion publique, quels sont les éléments qui polarisent l’attention sur la guerre entre Israël et Hamas, et pourquoi ceux qui meurent en Syrie ne suscitent pas le même intérêt ?

Barbès, manifestation pro-palestinienne interdite : le reportage photo

La manifestation pro-palestinienne prévue dans la capitale, samedi 19 Juillet, à Barbes, malgré l’interdiction de la préfecture de police de Paris, a dégénéré :

le reportage photo de Muzaffar Salman.

© Muzaffar Salman © Muzaffar Salman © Muzaffar Salman © Muzaffar Salman © Muzaffar Salman © Muzaffar Salman © Muzaffar Salman © Muzaffar Salman © Muzaffar Salman © Muzaffar Salman © Muzaffar Salman © Muzaffar Salman © Muzaffar Salman

Qui a dit que nous voulions rentrer en Palestine ?

Article de Mohammed Sha’ban, palestinien-syrien
Traduit de l’arabe au français par Aline Goujon
Article publié en arabe sur www.alaraby.co.uk

La distance qui me sépare de la Palestine me paraît si grande, autant qu’est éloignée la libération de la Palestine des intentions de ceux qui parlent en son nom. Le dernier moyen grâce auquel nous avions une idée de notre éloignement par rapport à la Palestine était celui que nous ont communiqué nos grands-parents : le nombre de nuits qu’ils avaient passées à dos d’âne ou, au meilleur des cas, de cheval.

Cartoonist : Hani Abbas

Cartoonist : Hani Abbas

Jusqu’à un beau jour de l’année 2008 où un ami m’a fait connaître le logiciel Google Earth, qui existait alors déjà depuis environ trois ans. Il se trouve que le logiciel avait récemment été enrichi d’un nouvel outil permettant de mesurer la distance entre un point et un autre de la surface de la Terre.
Je me suis mis à tester cette invention stupéfiante, en choisissant des lieux au hasard, parfois entre plusieurs États, d’autres fois entre plusieurs continents. Jusqu’au moment où j’ai appris, pour la première fois, la distance entre notre maison du campement de Yarmouk, au sud de Damas, et mon village palestinien occupé (Firim, dans la région de Safed) : 97 kilomètres seulement.
Quatre-vingt-dix-sept kilomètres qui m’ont conforté de plus en plus dans l’idée que nous sommes tout aussi colonisés que la terre, et m’ont fait prendre conscience de l’étendue du territoire que nous perdons à la suite de chaque discours ou sommet arabe au cours duquel est évoquée la Palestine.
Nous atteignons aujourd’hui le soixante-sixième anniversaire de la Nakba (défaite palestinienne contre Israël), dans un climat manifeste d’indifférence et de négligence concernant cet événement. Pire, les réfugiés palestiniens sont traités de la façon la plus ignoble, dans les pays frères-ennemis. Leurs pièces d’identité ne sont pas reconnues, voire, dans de nombreux endroits, ceux qui possèdent de tels papiers font l’objet de soupçons ou sont considérés comme des criminels, ce qui les conduit à être expulsés ou emprisonnés. Les exemples de tels cas ne manquent pas.
Oui, cela fait longtemps que nous avons quitté le pays pour la première fois, mais, pour ceux qui n’ont pas encore compris, je déclare à messieurs les acteurs du conflit israélo-arabe (gelé) :
Moi, citoyen palestinien réfugié pour la quatrième fois en 28 ans (en Syrie, Libye, Syrie à nouveau, au Liban, et à présent en France), bien qu’appartenant à la troisième génération depuis la Nakba et ignorant tout de la géographie des pays, je continue à plaisanter avec mon ami en lui disant : « Chez vous, à Safed, le sol de la ville est pavé de dalles », et lui me répond : « Chaque nuit, la mer est criblée de balles, chez nous, à al-Tira ».
Non, nous ne voulons plus rentrer en Palestine, parce qu’en réalité elle ne nous a jamais quittés.

 

Dans la carte ci-dessus, l’itinéraire le plus rapide entra Yarlouk et Safed conseillé par Google Heart. Au même temps, vous pouvez vois le vrai distance entra les deux villes : juste 97 Km.

Dans la carte ci-dessus, l’itinéraire le plus rapide entra Yarmouk et Safed conseillé par Google Earth. Au même temps, vous pouvez voit le vrai distance entra les deux villes : juste 97 Km.