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Guinée. Interview avec le député Sébastien Nadot

Réélu à la tête de la Guinée pour un troisième mandat (après avoir modifié la constitution, qui limitait le pouvoir à deux mandats), le président Alpha Condé accentue la répression à l’encontre de ses opposants. Bilan : plus de 200 personnes ont été tuées par les Forces de défense et de sécurité (FDS) depuis 2010. 

Sébastien Nadot, député de la Haute Garonne et membre de la commission des affaires étrangères à l’assemblée nationale française, suit de près la situation en Guinée. Il a accepté notre invitation et a répondu aux questions de Mamadou Bah.

 

 

D’autres articles sur l’Iran

“Rendez-vous européen” avec un journaliste irakien

PORTRAIT.  Journaliste irakien exilé en France, son enquête sur les crimes d’honneur a remporté le prix Nirij (Network of Iraqi Reporters for Investigative Journalism) en 2018. Habillé avec élégance, portant une courte barbe soigneusement taillée, Ahmed Hassan affiche une timidité enfantine qui se dissipe rapidement au fil de notre rencontre. Portrait de ce journaliste, également résident de la Maison des journalistes (MDJ).

Ahmed avait 13 ans lorsque la guerre d’Irak éclata en 2003. D’une voix à peine audible, il raconte cette période dramatique et traumatisante durant laquelle il a perdu plusieurs proches. “J’étais terrorisé de voir les chars et les militaires américains occuper des rues devenues désertes. Avant, il y avait une agitation quotidienne des gens sortant des souks…” Cependant, ces temps de guerre n’évoquent pas que de tristes souvenirs à Ahmed. Il dit avoir vécu une enfance aussi heureuse que celles des autres enfants. “Unis, nous avons pu en tant que famille dépasser tous les obstacles. Mes parents ont bien pris soin de nous. On se réunissait le soir et on discutait. Mon père nous racontait des histoires, dont certaines inventées par lui-même. Il n’y avait ni radio ni télévision, car l’électricité avait été coupée. Tout avait été détruit. On entendait juste les tirs, les cris et les pleurs.

     Ahmed est né à Al-Rusafa, l’un des plus vieux quartiers de Bagdad. Situé au cœur de la ville, ses places publiques abritent de superbes monuments. Dès son adolescence, il participe aux diverses manifestations et aux activités politiques. “J’ignorais complètement leurs objectifs (rires) et mon père me demandait continuellement de faire attention.” Afin d’approfondir ses connaissances, Ahmed intègre en 2008 la faculté de sciences politiques de Bagdad. “C’est là où ma vie a changé”, dit-il dans un demi-sourire. “Ça commence par une histoire d’amour avec une jeune fille chrétienne très cultivée. C’est elle qui m’a encouragé à faire du journalisme. D’ailleurs, mon premier article, je l’ai écrit avec elle. ‘Les jeunes d’Irak ont besoin de la vie’, tel était son titre. Les jeunes souffraient énormément à cette époque. Ils ne pouvaient même pas se promener dans les jardins ou au bord du fleuve Dijla. Ils avaient peur des extrémistes et des milices.” 

 

Cet article a été le début de sa carrière, durant laquelle Ahmed a collaboré avec huit journaux plus ou moins indépendants. Mais il n’était pas au bout de ses peines. “J’ai rencontré des difficultés dans les salles de rédaction. On nous demandait alors de nous plier aux pressions des partis politiques et des financiers. J’ai toujours refusé”, lâche-t-il avec beaucoup de fierté. “Ces institutions diffusaient un discours haineux contre certaines composantes du peuple irakien. Pour elles, le terrorisme était sunnite, et les milices qui tuent et volent étaient chiites… En réalité, sunnites comme chiites souffrent des milices et du terrorisme. Aucun des deux ne représente la volonté du peuple irakien, pas plus que le gouvernement parachuté par les forces américaines. Ici, je ne souhaite exprimer aucune sympathie avec le régime de Saddam Hussein, qui était pire pour le peuple irakien, d’autant qu’à son époque il n’y avait même pas de journalisme.

     C’est cette absence d’un journalisme indépendant et professionnel qui a poussé la nouvelle génération à se lancer dans des aventures professionnelles numériques. C’est le cas d’Al Alam Al Jadid – Le Nouveau Monde –, fondé en 2013 et dirigé par Ahmed Hassan. Le journal espérait contourner l’emprise économique et éditoriale des partis politiques sur les médias. “Depuis 2003, les gouvernements successifs ne cessent de faire l’éloge d’un prétendu paysage médiatique libre et ouvert à une opinion critique. Ceci est un mensonge auquel bien des démocraties ont malheureusement adhéré, probablement pour des raisons économiques.” Pour appuyer ses propos, Ahmed Hassan évoque un rapport de l’association de défense de la liberté de la presse en Irak – dont il est l’un des fondateurs–, qui relate les violations ayant ciblé des journalistes entre 2010 et 2020. En l’espace de dix ans, au moins 90 journalistes ont été assassinés et 350 ont été la cible d’agressions ou de tentatives d’assassinat par des groupes armés affiliés au pouvoir. “Nous n’avons pas vu la justice ou le gouvernement bouger pour punir les responsables de ces crimes. C’est l’impunité totale”, s’indigne Ahmed. 

À ce climat d’insécurité pour les journalistes viennent s’ajouter des problèmes hérités de la dictature. “Les autorités continuent à appliquer des lois qui datent de l’époque de Saddam Hussein. Les symboles de l’État – président, président du parlement, Premier ministre, etc. – sont intouchables”, estime Ahmed.

L’exil en France

Ahmed a commencé à réfléchir à l’idée de quitter le pays après l’assassinat de plusieurs amis et collègues journalistes. Mais c’est lorsqu’il a vu son nom figurer sur une liste des prochaines cibles qu’il a pris sa décision. Il n’a alors pas beaucoup hésité sur la destination. “La France est un état laïc; et puis j’aime cet équilibre entre le socialisme et le capitalisme. Je m’intéresse à la sociologie française depuis mes études à l’université et je pense que j’aurai plus de chances de réussir professionnellement dans une ville comme Paris.” Arrivé en France en septembre 2020, Ahmed envisage de reprendre ses études en master puis doctorat de sociologie politique.

Souvenir

     Ahmed hésite un peu avant de nous montrer un objet auquel il est attaché. “Toutes les affaires auxquelles je tenais sont restées à Bagdad. Ma bibliothèque, mon bureau, et bien sûr ma maison”. Il jette un regard sur sa montre numérique et enchaîne : “S’il y a un objet précieux que j’ai apporté avec moi, c’est cette montre. Je l’ai achetée à Bagdad un mois avant de venir en France. Elle contient un agenda qui m’aide beaucoup dans mon travail de journaliste. J’avais un problème avec l’exactitude avant de posséder cette montre. Mes amis ajoutaient toujours deux heures aux rendez-vous qu’ils me donnaient (rires).”  Mais ces retards n’étaient pas le fait seulement de ses oublis : “ Bagdad est connue pour la piètre qualité de ses transports publics, ainsi que ses embouteillages dus à l’état des routes, aux travaux interminables et aux checkpoints. Il est difficile d’honorer plus de deux rendez-vous par jour. Même les étrangers sont conscients de cela, c’est pourquoi ils ne s’installent pas loin de Karrada, où se concentrent les médias. À Bagdad on vous demande souvent de préciser ‘rendez-vous européen ou irakien?’.” Pour l’heure, ses rendez-vous sont parisiens, mais pourra-t-il un jour retourner à Bagdad et y exercer librement son métier ?  

 

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Danielle Mitterrand ou « la mère des Kurdes »

Nous avons l’habitude, dans les pays de la région, de voir des rues et des places publiques porter les noms de martyres, de guerres et même parfois d’occupants. Mais l’un de ceux choisis au Kurdistan d’Irak peut surprendre : celui de Danielle Mitterrand. Qui est donc cette farouche défenseuse des droits des opprimés et pourquoi est-elle adulée par les Kurdes?

Première dame de France – épouse de François Mitterrand, ancien président de la République française de 1981 à 1995 –, elle a embrassé la cause des Kurdes et a ouvert la porte de l’asile aux familles irakiennes. En parallèle, bien entendu, du soutien politique et militaire de son mari. 

La mémoire des Kurdes est riche en histoires célébrant le rôle de Danielle Mitterrand dans le soutien à leur cause. Notamment pour son aide face aux attaques de l’ancien président irakien Saddam Hussein contre leurs villes et villages.

Ce n’est pas par hasard que les Kurdes la surnomment encore « la mère des Kurdes ». Elle fut en effet à l’origine de nombreuses résolutions internationales visant à mettre fin aux massacres contre eux. Comme la résolution 688 émise par le Conseil de sécurité de l’ONU en avril 1991, condamnant la répression des Kurdes qui provoquait alors un flux massif de réfugiés, dont des enfants, vers les montagnes du Kurdistan, la Turquie, l’Iran, etc. Une décision qui a largement contribué à la mise en place d’une zone d’exclusion aérienne (no-fly zone) au-dessus de l’Irak et, surtout, a contraint Saddam Hussein à cesser ses attaques contre les Kurdes. Cette mesure a d’ailleurs perduré jusqu’à la chute du régime de Saddam en 2003.

Danielle Mitterand dans un camp de réfugiés

Danielle Mitterand dans un camp de réfugiés

Parmi ses autres actions dont l’ancienne comme la nouvelle génération des Kurdes se souviennent, on peut citer l’envoi au milieu des années 90, d’une délégation de la fondation France Liberté qu’elle présidait, pour œuvrer à la réconciliation entre le Parti démocratique du Kurdistan (PDK) et l’Union patriotique du Kurdistan (UPK) – deux “frères” en conflit armé.

En juillet 1992, Danielle Mitterrand avait également marqué les esprits par son inauguration de l’Assemblée nationale du Kurdistan fraîchement élue. D’autant que lors de ce séjour, sur la route de la ville martyre de Halabja, son convoi fut victime d’un attentat des services irakiens faisant plusieurs morts parmi les peshmergas chargés de sa protection. Son engagement auprès du peuple kurde n’a cependant pas faibli, comme en témoigne en 2003, sa participation à la session parlementaire historique annonçant l’unification du gouvernement régional du Kurdistan. 

En signe de reconnaissance pour toutes ses contributions et en hommage à sa personne, son nom a donc été donné à plusieurs lieux publics, dont l’un des principaux boulevards de la ville de Dohuk

Grâce à Danielle Mitterrand, les Kurdes considèrent désormais les Français comme des alliés historiques. Ils les accueillent chaleureusement et leur offrent du thé irakien accompagné d’un sourire.

Ainsi, malgré les attaques et les menaces iraniennes et turques qui pèsent encore sur le pays, la population entretient cette mémoire qui l’a aidée à se libérer du règne de Saddam Hussein et à construire un État qui reste l’un des plus sûrs de la région.

Shiyar khaleal

Journaliste syrien, ancien résident de la MDJ

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Covid-19 : l’Afrique en passe de lâcher prise?

Nombre d’observateurs prévoyaient les ravages du Covid-19 en Afrique. Ces prophéties ne s’étant pas réalisées totalement, les Africains ont cru disposer, à leur avantage, de jours moins lugubres que d’autres continents. Ils pensaient qu’il en serait ainsi, jusqu’à la disparition totale du virus. C’était sans compter avec la capacité de celui-ci à revenir par vagues successives et à muter. Et, même, pourquoi pas, à resurgir un jour ici et là, comme c’est le cas d’Ebola.

Nombre d’observateurs prévoyaient les ravages du Covid-19 en Afrique. Ces prophéties ne s’étant pas réalisées totalement, les Africains ont cru disposer, à leur avantage, de jours moins lugubres que d’autres continents. Ils pensaient qu’il en serait ainsi, jusqu’à la disparition totale du virus. C’était sans compter avec la capacité de celui-ci à revenir par vagues successives et à muter. Et, même, pourquoi pas, à resurgir un jour ici et là, comme c’est le cas d’Ebola.

Effectivement, pendant qu’on déplorait, dans les pays du Nord, des dizaines de milliers de personnes infectées et de milliers d’autres mortes, en Afrique subsaharienne, en revanche, le Covid-19 était comme inhibé. Et l’occasion faisant le larron, les charlatans, pour leur gloriole, qualifiait le virus d’une vue de l’esprit. Alors que le président tanzanien, John Magufuli, y ajoutant de son grain de sel, invitait son peuple à éviter tout produit pharmaceutique et à le remplacer par une prière fervente. Le sophisme marquait des points!

Pendant ce temps, le virus, lui, continuait son œuvre destructive. En Occident, la crise sanitaire devenait incontrôlable. Au point que quelques sociologues et philosophes, à cause des statistiques effrayantes de personnes atteintes ou mortes de la maladie, commençaient à voir le spectre de la peste noire asiatique, en 1330. Ou celle plus proche de nous, la peste espagnole, en 1918. Des crises ayant emporté des millions de personnes. La peur gagnait en intensité.

Les carottes étaient cuites

Aujourd’hui, la preuve de ce sentiment est là. À titre d’exemple, la France a enregistré jusqu’au 02 février 2021, 76 512 décès, tandis que la Grande-Bretagne en comptait 106 564.

Frémissements en Afrique ? Sans doute. La brutalité de la réalité était telle que toute superstition se rétrécissait comme peau de chagrin. Le nombre des morts ici et là commençait à inquiéter, malgré le fait que beaucoup ne croyaient pas à la fiabilité des statistiques, pourtant données par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon cette organisation, en août 2020, soit cinq mois après la manifestation de la pandémie, l’Afrique comptait 21 000 décès pour un million des cas confirmés.

Les carottes étaient donc cuites pour le continent noir, en dépit des mesures prises par les gouvernements dans le cadre de la réponse sanitaire. En ce début du mois de février 2021, l’OMS recense 3 569 145 cas confirmés pour 90 955 décès. L’impact économique, selon le cabinet britannique Brand Finance, s’élève à 50 milliards.

Quelle sera la situation de ce continent, à l’économie précaire, devant la violence de la deuxième vague du Coronavirus déjà présente ? Qui plus est, il semble que les « conditions naturelles » le protégeaient jusque-là sont en train de lâcher prise. Et, une faiblesse en plus pourrait lui être fatale. A moins que les vaccins en cours d’utilisation soient une bonne solution pour lui. 

 

Jean-Jules LEMA LANDU

Journaliste congolais, réfugié en France.



D’autres articles

FRANCE – La liberté d’informer contre la loi « Sécurité Globale »

La loi « Sécurité Globale » est beaucoup critiquée par les défenseurs de la liberté de la presse à cause de l’article 24 qui sanctionne la diffusion “malveillante”  de l’image des policiers notamment lors de manifestations.

Qui va décider quelle diffusion est “malveillante” ? On peut juger une intention plutôt que des actes beaucoup plus concrets capturés grâce à la vidéo ? Par exemple si je filme la violence de la police pendant une manifestation, est-ce qu’un jour, un pouvoir, en utilisant cette loi peut me chasser ? Un journaliste ou un réalisateur peuvent-ils demeurer libre avec de telles questions en tête ? Ou, par peur, peut-être commenceront-ils à s’autocensurer?

J’ai participé aux manifestations des samedi 21 et 28 novembre à Paris avec cette question en tête.

 

Des risques pour les libertés

Une chose est sûre, si la loi « Sécurité Globale » qui interdit de filmer la police, avait existé en 2016 je n’aurais jamais pu faire ce court documentaire reçu par des festivals et récompensés par des prix.

« Une fois j’ai perdu un pays. Je ne veux pas en perdre un deuxième. »

Je suis en France depuis maintenant 4 ans. J’ai décidé de vivre en France en tant que journaliste et réalisateur parce que j’ai cru qu’ici, la liberté d’expression régnait. Mais pendant ces 4 ans j’ai pu observer un manque de liberté, pendant les manifestations des Gillets Jaunes ou encore lors de la marche du 1 Mai 2019… La violence est partout même lors des manifestations pacifiques.

Et cette question de l’accréditation… Monsieur le Ministre de l’intérieur Gérald Darmanin a déclaré que les journalistes “doivent se rapprocher des autorités, en l’occurrence les préfets de département, singulièrement ici le préfet de police de Paris, pour se signaler, pour être protégés par les forces de l’ordre, pour pouvoir rendre compte, faire [leur] travail de journaliste dans les manifestations »

Est-ce que je suis en Chine ou Corée du Nord ? Ces régime totalitaire au sein desquels les journalistes doivent se rapprocher des autorités pour exercer.

Dans le combat pour la liberté si on perd la France, où va-t-on pouvoir aller ? Je ne sais pas.

Une fois j’ai perdu un pays. Je ne veux pas en perdre un deuxième.

Photographies par Beraat Gokkus.

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Cinéma – Le film « Soumaya », un mélange d’émotions et de revendications

Grâce aux rencontres alternatives organisées dans le cours «Politique linguistique à l’égard des migrants» assuré par la professeure Nancira Guénif du département Sciences de l’Éducation à l’université Paris 8 Saint Denis, j’ai pu vivre un moment exceptionnel ce mardi 4 mars 2020 : la projection du film «Soumaya», une histoire vraie, dont les suites judiciaires sont en cours, et pour lequel l’actrice principale est venue à notre rencontre.

Exceptionnelle, car ce moment s’est tenu loin de la sphère universitaire. D’habitude les étudiants et la professeure échangent autour de sujets scientifiques ou des formations professionnalisantes. L’université Paris 8 étant en grève, l’idée de prolonger l’enseignement en-dehors des cours est un moyen de respecter la grève tout en partageant des connaissances liés à notre sujet.  

Pour cette rencontre exceptionnelle, nous étions réunis dans un endroit cinématographique, un lieu conçu pour recevoir des spectateurs. Nous avons eu la chance d’aller au cinéma, au 30 rue Saint-André des arts, dans l’élégant 6ème arrondissement de Paris.

À 13h15, flanqué au fond du mur, un écran géant dans une salle ornée de chaises rouge s’impose à nous, d’ailleurs rien ne gêne la bonne vue des spectateurs. Les lumières sont éteintes, ce qui rend le lieu sombre, doux et calme.

C’est dans ces conditions apaisantes et silencieuses qu’un son nous interpelle, puis l’écran s’est mis à scintiller, à illuminer la salle, prenant toute notre attention. Le film commençait.

https://www.youtube.com/watch?v=yf5zkVG7YnY

Le personnage principal, Soumaya, est cadre dans une société aéroportuaire depuis une dizaine d’années. Elle travaille dans une ambiance chaleureuse, jusqu’au jour où elle apprend son éviction de l’entreprise, à la télévision.

Nous sommes dans la période des attentats, et le secteur aéronautique est particulièrement surveillé. Pour ses employeurs, le fait qu’elle porte le voile en-dehors de son travail est un fait aggravant. Elle fait aussi partie d’un groupe affilié à une mosquée qui aide à l’apprentissage coranique.

Pour ses comportements légaux liés à sa religion, Soumaya est virée pour faute lourde, donc sans indemnité.

Au moment où j’écris ces quelques lignes, Soumaya est en bataille judiciaire contre son ancien employeur.

Je vous invite bien sûr à voir le film « Soumaya ». Soraya Hachoumi, qui tient le rôle de Soumaya, est venue en personne nous présenter ce film. Nous avons pu échanger avec elle et prendre quelques photos.

Le film ne laissant aucune chance aux cœurs fragiles, j’ai moi aussi ressenti beaucoup d’émotions. Le film « Soumaya » est très émouvant. Il m’a tellement bouleversé que je suis vite rentré à la Maison des journalistes pour écrire cet article et rendre hommage à ce que j’ai vu et ressenti. Je n’ai même pas pris le temps de boire un verre d’eau !

Soumaya

Sortie, le 5 février 2020, le film Soumaya dure 103 minutes, réalisé par Waheed Khan et Ubaydah Abu-Usayd, avec comme acteurs principaux Soraya Hachoumi, Sarah Perriez, Khalid Berkouz, Karine Dogliani, Sonya Mellah, Islem Sehili, Majida Ghomari et Assia Ait Abdelmalek.

https://twitter.com/ajplusfrancais/status/1108443841248428032

D’autres articles sur la culture

« Countryman » – un court-métrage réalisé par le journaliste Hassanein Khazaal, ancien de la MDJ, pour dénoncer la violence de la répression en Irak

Un poème palestinien dit: « Je suis de là-bas. Je suis d’ici. Et je ne suis ni là-bas, ni ici. » C’est exactement ça; quand tu vis dans une belle ville comme Paris, et que tu vois la situation horrible dans laquelle se trouve la ville d’où tu viens. J’ai fait ce film après avoir suivi inlassablement, pendant un mois, sur les chaînes de télévision et les vidéos en ligne, la situation en Irak. Car même quand je sors, quand je vois des amis, je ne parle que d’une chose : « Tu as vu ce qui se passe? La situation là-bas? En Irak? ». Partout où je vais, je porte mon pays avec moi. C’est l’idée de ce film…

Hassanein Khazaal, auteur du film

En sept semaines de révolte en Irak, il y a eu plus de 330 morts, avec environ 15.000 blessés.

Les jeunes Irakiens revendiquent l’accès à l’emploi, l’égalité sociale et la fin du régime politique totalement corrompu selon eux.

La plupart des personnes tuées ont été abattues à balles réelles, d’autres ont subi des blessures mortelles causées par des grenades lacrymogènes tirées à bout portant sur les manifestants.

En outre, des canons à eau ont été utilisés, pulvérisant de l’eau bouillante selon les informations fournies par les manifestants.

Il n’y a pas que la jeunesse de Bagdad qui se soulève en Irak, la ville pétrolière de Bassorah a réduit sa production de 50% suite au mouvement de protestation dans la ville. 

Pour mieux comprendre la situation actuelle en Irak, voici une série de reportages traitant de la révolte irakienne.