La perfidie des alliances

Les alliances entre les États au XXIème siècle ! On doit encore en parler, vu la kyrielle des conséquences qu’elles génèrent sur la planète avec les risques d’occasionner une troisième guerre mondiale.

Deux siècles (XXème et XXIème) semblent s’être accordés pour se décliner en siècles de violence extrême, de tragédies humaines et de complots de tout genre. Les deux guerres mondiales (1914 et 1935) du vingtième siècle n’ont pas suffi à mettre en péril la terre entière, et voilà que le vingt-unième siècle prend le relais pour servir à l’humanité d’autres guerres essentiellement transfrontalières et dont moultes personnes disent qu’elles ouvrent le chemin à la 3ème guerre mondiale.

Pessimisme ou fatalisme, réalisme ou supputation, les guerres sont bien là, aussi cruelles et dévastatrices que celles du siècle dernier. Elles mettent en selle, cette fois encore, des alliances qui se dévoilent au fil des événements si elles n’ont pas été les instigatrices des conflits pour des raisons qui se laissent deviner.

À chaque belligérant ses alliés constitués sur la base d’intérêts. Personne ne peut soutenir que c’est pour de simples convenances que la fédération de Russie est en odeur de sainteté auprès de la Chine, l’Inde, la Corée du Nord, la Biélorussie, et de certains pays africains comme l’Érythrée et autres courtisans du continent venus en Russie pendant le sommet Afrique-Russie pour solliciter la bienfaisance du Kremlin.

Beaucoup de ces États se sont rapprochés de Poutine, soit pour des raisons d’instinct de survie (le cas de la Syrie de Bachar Al-Assad dont le régime ne tient que grâce au président russe). La Chine et l’Inde sont suspendues au pétrole de la fédération.

L’Iran et la Corée du Nord nourrissent une haine viscérale pour l’Occident. Kim Jong-Un trouve dans le discours du Kremlin le même tempo que celui qui fonde sa propre dynamique politique. Dans le réseau des alliances, l’Ukraine n’est pas l’enfant pauvre. Le soutien des États-Unis et de l’Europe lui est acquis.

Emmanuel Macron a franchi le Rubicon en annonçant urbi et orbi qu’il serait prêt à envoyer les troupes françaises combattre aux côtés des forces ukrainiennes. Biden continue de saigner le trésor américain dans la fourniture des armes et des munitions. Ainsi, la guerre change plus ou moins de front. Elle n’est plus russo-ukrainienne, américano-russe… 

À cette allure, la déflagration générale est au seuil de la terre. Les prémices de la troisième guerre mondiale sont visibles.

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

La diplomatie internationale en panne

Après deux décennies de succès diplomatiques, les Nations unies montrent des signes d’essoufflement. Les conflits se perpétuent sous l’œil impuissant du Conseil de Sécurité dont les membres sont préoccupés par des intérêts économiques.

Il n’est de doute pour personne que les conflits qui secouent le monde aujourd’hui participent sans conteste de la conquête des terres. Que l’on prenne la guerre russo-ukrainienne, israélo-palestinienne ou celle qui sévit en République démocratique du Congo entre le Rwanda et ce pays, les pays en belligérance partagent les mêmes frontières. En droit international public, la communauté des frontières informe la question du bon voisinage, principe qui intègre la règle diplomatique.

Il est entendu tout d’abord que le bon voisinage suppose le respect de la souveraineté étrangère, le non recours à la force, le règlement pacifique des conflits et l’esprit de coopération entre les États ; mais la notion comprend plus spécifiquement l’obligation pour chaque État de ne pas utiliser son territoire contre l’État voisin, l’obligation de prendre des mesures efficaces, afin d’éviter de porter préjudice.

C’est aussi l’obligation d’informer ou de consulter le voisin sur les activités qui peuvent l’affecter, et l’obligation de ne pas commettre d’actes de nature à aggraver un état de tension. Il apparaît, en définitive, que le bon voisinage n’est pas autre chose que le respect de certains principes fondamentaux du droit international. Il semble que les pays cités plus haut connaissent tous, d’une façon ou d’une autre, ces principes et ont paraphé des textes y relatifs.

Mais pour des raisons d’hégémonie, certains de ces pays, notamment ceux considérés dans l’imaginaire collectif et même dans la réalité géopolitique comme les agresseurs, foulent aux pieds les principes de bon voisinage. Il est certain que des États membres des Nations Unies sont de connivence avec les pays dits agresseurs, jouant parfois la taupe pour des intérêts financiers. Les agressions sont encouragées, entretenues et soutenues par certaines puissances.

Les U.S.A par exemple, fournissent mensuellement un arsenal militaire important et accordent une aide financière à hauteur de plusieurs milliards de dollars à Israël qui lui permettent d’assiéger la Palestine. La communauté internationale ne prend pas non plus des sanctions contre l’État hébreux qui continue les bombardements et distribue les armes aux colons dans les territoires occupés. Il a fallu attendre 31889 morts pour que les U.S.A pensent à une résolution à l’ONU.

Un « processus de paix » historiquement instable

Comment donc les institutions onusiennes pourraient réussir à ramener la paix dans les foyers de tension ? On constate aisément une panne diplomatique criarde des institutions bilatérales et multilatérales. Disons d’ores et déjà que toutes les négociations et les nombreux pourparlers entrepris sous l’égide de l’ONU sont des coups d’épée dans l’eau. Rappelons quelques faits qui jalonnent l’interminable « processus de paix » semé de beaucoup d’échecs depuis 1993 dans le conflit israélo-palestinien. Le 13 septembre 1993, le président américain Bill Clinton amorce une démarche d’apaisement en recevant à la Maison Blanche le chef de l’OLP Yasser Arafat et le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin qui se serrent la main pour la première fois.

D’aucuns pensaient que l’exploit du président américain devait permettre aux deux ennemis d’enterrer la hache de guerre. Ce geste de mansuétude n’était que pure hypocrisie. Entre la conquête des terres par Israël et la protection de celles qui étaient un patrimoine pour les Palestiniens qui continuent de voir leur espace vital se rétrécir comme une peau de chagrin, le droit et la raison étaient entrés dans une impasse diplomatique. La poignée de mains entre Arafat et Rabin qui aurait pu être décisive dans la résolution du conflit n’a jamais fait des émules.

Trop d’intérêts géostratégiques étaient en jeu ; beaucoup de pays du Moyen-Orient et ceux d’ailleurs, ainsi que les firmes européennes, fabricants d’armes, empêchaient subtilement la “roadmap” de la paix de se dérouler sans heurts. Rien ni personne ne pouvait contenir les violences et les drames humains aboutissant à la tragédie que nous connaissons aujourd’hui.

Octobre noir, comme on peut l’appeler, est le sombre repère du déluge qui va de nouveau s’abattre sur la bande de Gaza. Le 7 octobre 2023, la terre de Gaza s’imbibe de sang qui coule à grands flots rendant impuissantes toutes les initiatives de paix enchevêtrées dans les courants politiques des coulisses complotistes et hypocrites de la diplomatie.

Entre obstinations et postures égotiques, la guerre russo-ukrainienne, déclenchée le 24 février 2022, est dans l’impasse. Les alliances pro-russes d’une part, et pro-ukrainiennes, d’autre part, se livrent une guerre militaro-diplomatique dense. Poutine remue le spectre de l’arme nucléaire, une menace approuvée sans rechigner par les alliés de la Russie qui applaudissent littéralement l’annexion par Poutine des territoires de l’Ukraine. Les Occidentaux font une réplique en soutenant fortement l’armée de Volodymyr Zelensky. La situation s’enlise faute de démarches diplomatiques. Cela illustre bien les égoïsmes et l’irresponsabilité des élites des pays belligérants et de celles des alliés.

Bref, la diplomatie internationale est un marché de dupes, ou tout au moins un moyen de mise en œuvre d’intérêts mercantilistes. On le voit avec la situation à l’Est de la République démocratique du Congo, un pays considéré comme un scandale géologique. C’est justement les riches minerais qui attisent les convoitises. Les puissances occidentales feignent d’intervenir en sachant que leurs intérêts sont également en jeu. Le rôle de la Monusco a souvent été critiqué du fait de son laxisme et parfois de son parti pris. De même, celui de Denis Sassou Nguesso suspecté de vouloir accompagner le Rwanda dans ce conflit par la cession des terres aux rwandais dans le département du Pool frontalier à la RDC.

Ghys Fortune BEMBA DOMBE

Ahoua Don Mélo : « À quoi ont servi les 25 milles milliards de Francs CFA ? »

CÔTE D’IVOIRE – En mission à Paris pour le compte du PPA-CI depuis le début du mois de mars, le vice-président de l’internationale des BRICS n’a pas manqué de tirer à boulet rouge sur l’endettement astronomique de l’État ivoirien depuis 2011, année d’accession au pouvoir d’Alassane Ouattara, actuel président de la République.

Après dix années d’exil, c’est l’histoire d’un retour sur sa terre natale. Celui de Ahoua Don Mélo, ancien ministre de l’infrastructure et de l’assainissement et ancien porte-parole du gouvernement pendant les derniers mois du règne du président Laurent Gbagbo, il est aujourd’hui membre exécutif du Parti des peuples d’Afrique section Cote d’Ivoire (PPA-CI), parti du même Laurent Gbagbo, nouvellement créé pour donner un nouveau souffle à la scène politique ivoirienne, après l’éclatement du Front populaire ivoirien (FPI), son ancien parti politique.

Ancien ministre de l’infrastructure et de l’assainissement et ancien porte-parole du gouvernement pendant les derniers mois du règne du président Laurent Gbagbo, Ahoua Don Mélo, après dix années d’exil, de retour sur sa terre natale, est aujourd’hui membre exécutif du Parti des peuples d’Afrique section Cote d’Ivoire (PPA-CI), parti de Laurent Gbagbo, nouvellement crée pour donner un nouveau souffle à la scène politique ivoirienne, après l’éclatement du Front populaire ivoirien (FPI), son ancien parti politique.

Une scène politique ivoirienne, faut-il le rappeler ici, qui est pris par l’étau d’une dictature farouche, savamment installée par le président Ouattara en poste, où règnent désormais corruption, pistonnage, parrainage, cooptation, détournement de deniers publics, népotisme, despotisme et clanisme à en croire le nombre vertigineux de prisonniers politiques, d’exilés, sans y inclure le nombre d’assassinats non élucidé ou encore de meurtres mystérieux.

Un endettement contradictoire aux dépenses publiques

Ahoua Don Mélo s’appuie sur la déclaration de l’actuel ministre ivoirien des infrastructures. En effet, ce dernier reconnaît lui-même que seuls 3 milles milliards de francs CFA soitenviron 457 milliards d’euros ou encore 15 % de la dette ont servi à la construction de quelques routes et de quelques ponts seulement. Le reste de cette pharaonique somme d’argent empruntée aux bailleurs de fonds internationaux est introuvable.

C’est ce qui a d’ailleurs poussé cet ancien porte-parole du gouvernement ivoirien à taxer un tel investissement de mauvais : « Lorsque vous empruntez de l’argent et que celui-ci ne permet pas de rembourser la dette contractée, cela signifie que vous avez fait un mauvais investissement. Et en Côte d’Ivoire, on peut parler de mauvais investissement. », a-t-il déclaré devant une jeunesse ivoirienne qui n’a pas manqué de montrer sa déception à en croire les cris ahurissants qui ont inondé la salle où s’est tenue cette conférence.

Mais n’allons pas croire qu’une telle critique fustige toute idée d’emprunt. Tout au contraire, Ahoua Don Mélo est allé plus loin en expliquant qu’« aucun peuple ne peut se développer sans dette. Cela est certain. Mais la meilleure dette c’est celle qui permet de générer des revenus pour rembourser cette dette-là. ». Une leçon d’économie qui lui a valu les applaudissements de la salle.

Un endettement vicieux

Dans sa critique, l’homme de main de Laurent Gbagbo a aussi souligné un point très important. Un point qui a paru comme rocambolesque à son auditoire. Il a en effet expliqué que cet endettement a aussi plongé le pays dans un cercle vicieux. Pour autant que les investissements n’ont pas pu générer des revenus qui devaient aider à rembourser la dette, l’État est donc dorénavant obligé d’emprunter encore pour rembourser sa dette et ainsi de suite. Une quadrature de cercle qui n’est pas du tout facile à briser pour le gouvernement qui n’a plus d’autre solution.

D’après monsieur Soumaïla Bredoumy, porte-parole du parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), lors de sa conférence de presse à Abidjan, il y a de cela deux semaines, cette situation a contraint le Fonds Monétaire International (FMI) à mettre le pays sous ajustement structurel. Ce dernier n’a pas manqué de faire le ratio entre le nombre de citoyens et la somme d’argent à rembourser par chacun d’entre eux : « Une telle situation laisse planer sur la tête de chaque citoyen une dette d’un million de francs CFA soit près de 1600 € à rembourser », a-t-il affirmé.

Les dérives d’un État totalitaire

Si la situation économique du pays est désastreuse, cela est dû à la forme politique de l’État. La démocratie, sensée encouragée l’initiative privée et l’échange d’opinions pour faire avancer une nation, est désormais, en Côte d’Ivoire, une simple vue de l’esprit.

Tous les pouvoirs sont concentrés entre les mains d’un seul groupe d’individus souvent incompétents et qui ne manquent pas de traquer partout ceux qui veulent bien faire avancer les choses, ainsi pense Ahoua Don Mélo : « Il n’y a pas de débat démocratique. Tout le combat mené par le FPI durant de longues années pour la démocratisation du pays a été vain. Les libertés démocratiques, on connaît leur sort. La justice sociale, on connaît son sort. Et nous sommes arrivés vraiment au stade inférieur de la démocratie et au stade le plus caricatural de la démocratie. Nous sommes dans un gouvernement du RHDP (le Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix), par le RHDP et pour le RHDP à l’exclusion de tous les autres citoyens. ».

Grégoire Blaise Essono

‘Let all obstacles be removed in the way of women’s empowerment in Bangladesh’

Empowerment of women will be ensured only when women are independent and dignified at every stage of life. Empowering women is not possible in a day. Real development of women will not be possible if the ideas developed in the society are not completely resisted. The position of women in the society of Bangladesh has not yet been established. Women are not valued anywhere. It’s not possible to get rid of this problem if the negative mentality is not removed.

“All the great creations in the world are eternally good, half made by women and half made by men”

Women are still neglected in the family. Discrimination against a girl child starts after she is born. If there is such discrimination against women in the family, it’s difficult to bring real respect for women outside the home. As a result, respect for women should be created from the family. Equal importance should be given to the mental development of boys and girls in the family. One should refrain from misbehaving with the girl child considering her as a deposit of the next house. Family is the first step to ensure women’s empowerment. Therefore, equality, freedom, freedom of expression should be developed within the family first.

Women have right to independent life, every person is individual. Our family, society does not allow women to live freely, even if they don’t impose barriers on men to live independently. Even women are not taught that they can live independently. She had to walk on someone’s shoulders since childhood. Today’s women are becoming aware of their rights. As a result, the more advanced women are in expressing their opinions, the more freely and safely they can live their lives, the smoother the empowerment of women will be. So we stop wearing shackles on women’s feet to awaken women’s power.

Respect for women should be developed in the family and society. Remember, women are not a commodity. Even today it is heard from all corners of the society that you are a woman, so this work can never be done by you. This misconception needs to be changed. Women should be made aware of why they can’t. If a man can do anything, why not a woman?

Education is the biggest obstacle in the path of women’s empowerment in Bangladesh. Women lag behind men in education. Especially in rural areas. Child marriage has not been completely stopped yet. Child marriage must be stopped if women are to be empowered. 100% female education should be ensured. Napoleon said, “Give me a good mother, I will give you a good nation!” Therefore, women’s education must be ensured to free the future of the nation. Empowerment of women will increase if education is ensured.

In addition to women’s education, women-friendly working environment should be developed to strengthen women’s empowerment. The unemployed are a burden to society. As a result, in addition to women’s education, attention should be paid so that they do not face any problem in entering the world of work.

Religion and politics against women

Another major obstacle in the path of women’s empowerment is economic poverty. Even today, women are not given much importance in the family and society if women are not financially prosperous. No matter how much work a woman does at home, our society does not accept it within the context. As a result, women should be made economically independent so that their work can be appreciated and their respect can increase. There is no substitute for education to become economically prosperous.

Another big obstacle in the path of women’s empowerment is religious bigotry. Many fundamentalist groups believe that it is a grave sin for a woman to go outside the house. As a result, women are confined in the house and empowerment is not possible.

Some of the other obstacles in the way of women’s empowerment are: imbalanced power structure, continuation of social traditions, gender segregation, mentality of slavery to men, lack of democracy and stable political environment, non-attachment of civil society.

To ensure women’s empowerment, protection and rights must be ensured through legislation. In 1975, the women’s conference in Mexico was the main comment on the policy of protecting women’s rights, which was the empowerment of women. Currently, women are becoming more aware, but they are not able to play any effective role in the country’s economy due to lack of proper working environment and security. As a result, to ensure the empowerment of women, a safe environment must be created for women.

Although some steps have been taken to empower women, they are still tortured, kidnapped and trafficked, raped, murdered for dowry, molested, attacked with acid. And these crimes have become common everyday occurrences.

More than 50 women disappears each month in Bangladesh

© Mika Baumeister
© Mika Baumeister

According to human rights organization ‘Ain O Salish Kendra’ [Law and Justice Center in English] (ASK), A total of 573 women were victims of single and gang rape in 2023. 33 women were killed after rape and five people committed suicide after rape. Besides, 129 women were victims of rape attempts in 2023. Three of them were killed after attempted rape and three committed suicide due to attempted rape.

At least 142 women have been victims of sexual harassment. Among them 12 women committed suicide. 122 men were tortured and harassed while protesting these incidents. And 4 women and 4 men were killed while protesting.

In the domestic violence and dowry section of the report, a total of 507 women were victims of domestic violence this year. Out of which 292 women died and 142 women committed suicide.

This calculation is found in another statistic of ‘ASK’. The organization says that from 2017 to July 2022, a total of 3,376 women were killed or forced to commit suicide. By year, 597 women in 2017, 528 in 2018, 587 in 2019, 661 in 2020, 684 in 2021 and 319 women in the first seven months of 2022 have experienced this extreme event. That means more than 50 women are missing on an average per month. Where there are more murders than suicides.

According to other statistics of ‘ASK’, 251 women were victims of domestic abuse in the year 2022 (July-December) across the country. Out of which 152 women died due to torture and 55 women committed suicide. 5 women were victims of acid throwing.

A beautiful and healthy nation is formed by the combined efforts of men and women. The patriarchal mentality must be avoided. It should be recognized from the heart that women are an important part of the society. Men are not co-competitors of women. As a result, to ensure women’s empowerment, both men and women must be respected.

If we can create a society without discrimination, women will have more opportunities to engage in the welfare of the country. Women’s education, freedom of expression, work should be respected. Women’s work should be given due recognition. Women should not be looked down upon.

All adverse political, social, family, economic and legal environments should be made favorable. Women should be aware of the need to remove all obstacles in the way of women empowerment. They should get their rights.

Jamil Ahmed

SÉNÉGAL : UN PAYS AU BORD DU CHAOS

Armés de cailloux et de gourdins, des jeunes gens courent dans tous les sens, d’autres attisent le feu sur les chaussées, des coups de fusils qui tentent de les disperser. Telle est l’atmosphère qui prévaut sous le ciel de Dakar depuis le 10 février dernier. Mais que se passe-t-il exactement au pays de Cheick Anta Diop ?

C’est l’annonce de Macky Sall qui a mis le feu aux poudres. En effet, président sortant, ce dernier a unilatéralement décidé de prolonger son mandat en repoussant la date des élections présidentielles prévues le 25 février 2024. En guise de réponse, la jeunesse sénégalaise a décidé de protester par des marches pacifiques. Mais elle s’est aussitôt vue en train de faire face aux forces de l’ordre qui ont été mobilisées pour empêcher tout débordement.

Contexte

Arrivé au pouvoir en 2012, le président Macky Sall, comme la plupart des dirigeants africains, avait promis monts et merveilles, pendant sa campagne électorale, à la jeunesse sénégalaise en proie à une vie meilleure. Une jeunesse amèrement frappée par la misère et le chômage comme dans tout le continent. Mais après deux mandats à la tête de l’État, aucune de ses promesses ne s’est réalisée.

Comble d’étonnement et de frustration pour la population, les principaux opposants sont plutôt arrêtés et traînés devant les tribunaux avec des motifs le plus souvent imaginaires. Karim Wade, le fils de l’ancien président, Abdoulaye Wade et le maire de Dakar, Khalifa Sall, les deux principaux opposants, sont les premières victimes de cette justice à tête chercheuse. C’est d’ailleurs ce qui avait poussé celui-là même que Macky Sall avait remplacé à la tête de l’État à lancer un boycott général contre toute élection dans le pays après la victoire du camp présidentiel aux élections législatives de 2017 qui avaient été sévèrement contestées par l’opposition.

Mais la population va véritablement se réveiller après la dernière condamnation d’Ousmane Sonko, un jeune opposant adulé par tous. Ce dernier a été condamné en juin dernier pour débauche de mineure. Une condamnation que dénonçait un de ses avocats, Massokhna Kane, comme « une opération de liquidation politique d’un adversaire avec un chronogramme où on compte les jours pour dire que telle personne ne participera pas à l’élection présidentielle », ainsi rapporte TV5 Monde le 5 janvier dernier.

Coup d’État constitutionnel

Pour beaucoup de jeunes sénégalais, l’annonce de la date du 5 février par le président de la République a été perçue comme un coup d’État constitutionnel. C’est ce qui les a d’ailleurs poussé à inonder les rues de la capitale. Ainsi peut-on lire sur France Info dans un article du 5 février 2024 : « J’ai voté pour lui et soit il nous tue, soit il nous emprisonne, regrette un troisième qui l’assure : On reste ici. Il y aura une élection le 25 février ! ». Mais après plusieurs marches qui ont occasionné des dizaines de morts, Macky Sall a saisi l’Assemblée nationale afin de corroborer sa décision de repousser la tenue des élections présidentielles.

Mais le conseil constitutionnel a pris une décision très importante pour empêcher le pays de sombrer dans une guerre civile. Cette haute juridiction a exigé la tenue des élections présidentielles avant la fin de l’expiration du mandat présidentiel prévue le 2 avril prochain. « La fixation de la date du scrutin au-delà de le durée du mandat du président de la République en exercice est contraire à la Constitution », a précisé le conseil constitutionnel comme l’explique le journal Le Monde le 6 mars 2024. Depuis cette annonce, la jeunesse s’est calmée et attend d’aller aux urnes afin d’élire leur président.

Grégoire Blaise Essono

CÔTE D’IVOIRE : FATIGUÉ DE L’EXIL, GUILLAUME SORO TENTE UN DERNIER COUP DE FORCE POUR PÉNÉTRER LE TERRITOIRE.

Ancien Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, l’homme qui avait porté au pouvoir Alassane Dramane Ouattara, l’actuel président, a été contraint à l’exil depuis 2019 après avoir été condamné à 20 ans de prison, à la prison à perpétuité et à verser une amende de près de 8 millions d’euros. 

C’est en majeure partie grâce à Guillaume Soro qu’Alassane Ouattara se trouve aujourd’hui à la tête de l’État ivoirien. Arrivé au pouvoir en 2000 par une élection démocratique, l’ancien président, Laurent Gbagbo, avait été longtemps confronté à plusieurs rébellions qui menaçaient de renverser son pouvoir. Il fut ainsi contraint de reporter les élections pendant plusieurs années afin d’apaiser le pays. 

Mais sous la pression de la communauté internationale, il décide finalement en 2010, d’organiser le fameux scrutin qui allait provoquer une sanglante guerre civile qui l’opposa aux hommes de Ouattara dont le leader, Guillaume Soro, ne ménagea aucun effort pour le détrôner au profit de son mentor. 

Mais comble d’étonnement, après avoir partagé le pouvoir avec ce dernier pendant quelques années, sa tête est mise à prix. Il est ainsi forcé à l’exil. Un exil qui sera plutôt marqué par des traques. Las de cette vie de fugitif, l’homme qui renaît toujours de ses cendres, a décidé, contre toute attente, en novembre dernier, de rentrer dans son pays. Pour mieux comprendre ce feuilleton, un petit tour dans le temps nous est nécessaire.   

L’arrivée d’Alassane Ouattara dans la scène politique ivoirienne 

Fonctionnaire international né en Haut Volta, actuel Burkina Faso, Ouattara avait toujours exercé au compte de ce pays. Mais la donne va changer lorsque la crise économique frappe de plein fouet beaucoup de pays africains au début des années 90. En poste au Fonds Monétaire International (FMI), il est sollicité d’urgence, comme expert, par Félix Houphouët-Boigny, le tout premier président de la Côte d’Ivoire, pour redresser l’économie ivoirienne en souffrance. 

Nommé Premier ministre, il commence aussitôt à nourrir des ambitions présidentielles. C’est ainsi qu’à la volée, il se crée un village et une appartenance ethnique au nord du pays. C’est d’ailleurs ce qu’explique l’ancien conseiller français de Laurent Gbagbo, Bernard Houdin, dans son livre « Les Ouattara, une imposture ivoirienne ».

Le problème d’ivoirité

Le père de l’indépendance ivoirienne meurt finalement en 1993 et Henri KONAN BÉDIÉ, président de l’Assemblée nationale d’alors, accède au pouvoir et finit le mandat jusqu’à 1995 tel que stipulait l’article 11 de la constitution : En cas de vacance du poste présidentiel, c’est le président de l’Assemblée nationale qui assure l’intérim du pouvoir jusqu’à son terme. Lors de l’élection présidentielle de la même année, OUATTARA est candidat mais se voit disqualifier par une loi votée uniquement contre sa personne. Celle-ci stipule qu’il faut être né de parents ivoiriens et eux-mêmes nés aussi des parents ivoiriens pour être candidat. On parle alors d’ivoirité. Sans surprise, KONAN BÉDIÉ remporte les élections. Mais un coup d’État est perpétré contre lui en 1999 par lé général Robert GUEÏ qui crée une transition jusqu’en 2000. Il organise les élections mais maintient toujours le concept d’ivoirité. OUATTARA est pour une deuxième fois exclu de la course au pouvoir. Mais à la surprise générale, c’est Laurent GBAGBO, le candidat du front populaire ivoirien ( F.P.I. ), le plus ancien parti d’opposition du pays, qui accède au pouvoir.

Tribalisme et religion comme leviers des rébellions

À la suite de ses deux exclusions de la course au pouvoir, Alassane Ouattara est obligé d’user de la fibre tribale et religieuse pour rester en vie sur la scène politique ivoirienne. Il prétend que c’est parce qu’il est musulman et originaire du nord du pays qu’il est souvent recalé. Par ce comportement, il réussit à faire basculer dans son camp la jeunesse musulmane du nord où Guillaume Soro est originaire. Ce dernier fait partie de cette jeunesse universitaire des années 90 et 2000 qui a longtemps bousculé les lignes politiques en Côte d’Ivoire notamment pour la démocratisation du pouvoir politique qui était encore sous le joug du parti unique.  

Guillaume Soro à Paris en octobre 2020

Leader charismatique de la fédération estudiantine et scolaire de la Côte d’Ivoire (F.E.S.C.I.) 1995-1998, il est souvent surnommé le Che en souvenir au révolutionnaire argentin Che Guevara. Suite aux déclarations de Ouattara, il crée les Forces nouvelles (F.N.), un mouvement qui a pour but de combattre le président en place, Laurent Gbagbo. S’en suivent alors plusieurs rébellions qui visent à le renverser. Guillaume Soro dit vouloir changer les choses dans la gouvernance du pays en donnant à tout Ivoirien la possibilité d’émerger à partir de ses propres compétences. 

« Pourquoi je suis devenu rebelle » est le titre du livre dans lequel il justifie son positionnement politique. Mais dans les coulisses et sur certaines vidéos devenues virales sur la toile, c’est Ouattara qui est en arrière-plan de toutes ces rébellions.

Controverse électorale

Après plusieurs négociations, les accords de Marcoussis et de Ouagadougou, Laurent Gbagbo finit par prêter le flanc à Soro en le nommant tour à tour ministre de la Communication, ministre d’État chargé de la reconstruction et de la réinsertion et pour finir Premier ministre. Il supprime la loi sur l’ivoirité. Mais lors des élections de 2010, Ouattara et Gbagbo se retrouvent au second tour. Une controverse naît. La cour constitutionnelle proclame le président sortant comme vainqueur mais la commission électorale indépendante (C.E.I.), l’organe chargé de superviser les élections, déclare Ouattara gagnant. 

En guise de protestation, une nouvelle rébellion commence. Soro démissionne de son poste de Premier ministre et rejoint son mentor qui est soutenu par la communauté internationale. En coulisse, un deal existerait entre lui, Ouattara et Konan Bédié qui est sorti troisième au premier tour et a demandé à ses partisans de voter pour Ouattara qui leur a promis de faire seulement un seul mandat et de leur laisser le pouvoir. 

Ouattara & Soro, un marché de dupe

La rébellion dont Soro occupe la tête réussit finalement à extirper Gbagbo de son palais présidentiel pour y mettre Ouattara. Une fois dans ses fonctions de chef de l’État, il nomme le rebelle en chef comme Premier ministre. Ainsi commence la cohabitation entre les deux hommes. 

Afin de rassurer ses partenaires de leur deal, le nouveau président réorganise le paysage politique ivoirien. Il fait fusionner le rassemblement des ouphouötistes pour la démocratie et la paix (R.H.D.P.), et le parti de Konan Bédié, parti démocratique de Côte d’Ivoire (P.D.C.I.), ceci donne lieu au R.H.D.P.-P.D.C.I. Le but ici est d’avoir le monopole sur la politique ivoirienne. C’est cette nouvelle coalition qui doit toujours porter tous les présidents à la tête de l’État.

Guillaume Soro qui voit le mal venir de loin se fait élire président de l’Assemblée nationale en 2012, poste qu’il va occuper jusqu’en 2019. Mais après son premier mandat, le président est indécis. Il hésite à se prononcer mais finit par se présenter à la présidentielle de 2015 dont il est déclaré vainqueur avec un score à la soviétique. En 2019, Ouattara cherche à briguer un troisième mandat alors que la Constitution le lui interdit. 

Konan Bédié se retire de la coalition et Soro, qui vient de se rendre compte qu’il a été dupé, crée son parti pour la prochaine élection présidentielle, Générations et peuples solidaires (G.P.S.).  

Recherché mort ou vif

En 2019, Guillaume Soro démissionne de son poste de président de l’Assemblée nationale et commence à battre sa campagne pour l’élection présidentielle de 2020. Alors même qu’il est en pleine tournée internationale, un procès s’ouvre contre lui à Abidjan. Il est accusé de détournement de deniers publics et blanchiment de capitaux. Le procès se déroule en son absence et ses avocats boycottent l’audience comme explique le journal Le Monde dans un article publié au mois d’avril 2020. Il est alors condamné à 20 ans de prison et à verser à l’État ivoirien une somme de plus de huit millions d’euros. Un mandat d’arrêt international est aussitôt émis contre lui. Dans un premier temps, Guillaume Soro est traqué en Espagne par des agents d’Interpol. 

Mais ces derniers sont très vite rattrapés par la police espagnole et pointent les autorités d’Abidjan comme en étant les principaux commanditaires. Il débarque en France où quelques temps après, il est sommé de quitter le territoire sans délai lorsqu’il encourage l’armée ivoirienne à mettre fin au régime de Ouattara. 

Une information qui nous est révélée par le magazine Presse Côte d’Ivoire. En 2021, un autre procès s’ouvre contre lui à Abidjan : il est accusé, cette fois-ci, d’atteinte à l’autorité de l’État, de complot et de diffusion de fausses informations tendant à jeter le discrédit sur les institutions et le moral des populations. Il est condamné à la prison à perpétuité, y compris ses principaux collaborateurs qui sont directement emprisonnés dont certains commencent à trouver la mort mystérieusement.

Fin de l’exil

C’est en Turquie que Guillaume Soro avait finalement trouvé refuge après sa débâcle de l’Europe. Mais les autorités d’Abidjan n’avaient toujours pas dit leurs derniers mots. Elles étaient encore à sa suite lorsqu’il proclame haut et fort dans un post devenu viral sur la toile que « j’ai décidé de rentrer dans mon pays pour vivre auprès de ma femme et de mes enfants. »

Alors que la police ivoirienne, à la tête de laquelle se trouvait madame la procureure générale de la cour d’Abidjan, Nayé Henriette épouse Sori, s’apprêtait à le saisir à l’aéroport d’Istanbul, le 03 novembre dernier, il leur échappe de justesse mais quelques jours plus tard, il apparaît dans une vidéo aux portes de la Côte d’Ivoire, reçu en grandes pompes par le nouveau  président du Niger,  monsieur Abdourahamane Tchiani et quelques jours plus tard encore par le président du Burkina Faso, Ibrahim Traoré. Ce geste n’a pas laissé indemnes les autorités d’Abidjan qui redoutent une quelconque attaque de cet ancien putschiste qui maîtrise bien les frontières, où lui et ses commandos, étaient passés pour renverser l’ancien président Laurent Gbagbo.

Grégoire Blaise Essono

R.D. CONGO. Des millions de morts, des centaines de milliers de femmes violées. S’achemine-t-on vers un génocide ?

En ébullition depuis 1997, année de départ du pouvoir de Mobutou Sese Seko, ancien président ayant dirigé le pays d’une main de fer pendant 32 ans, le Congo a, tour à tour, connu plusieurs guerres causées par des groupes rebelles qui sévissent dans l’est du territoire notamment dans la région du Kivu. D’après le journaliste et politologue Charles Onana qui parle d’holocauste, ces guerres ont causé déjà plus de 10 millions de morts et plus de 500 000 femmes violées.

Très déçu de la situation chaotique de leur pays vers la fin du règne de Mobutou, Laurent Désiré Kabila avait suscité beaucoup d’espoir chez les Congolais. Vieux routier de la rébellion et de l’agitation politique, il était arrivé à la tête de l’État porté par une coalition de groupes rebelles en provenance des pays voisins : Rwanda et Ouganda. Mais après quatre années de pouvoir secouées par d’intenses massacres dans l’est du pays, causés par ses propres groupes rebelles qui s’y étaient recroquevillés, il mourrait assassiné par un de ses aides de camp. Son fils, Joseph Kabila, général d’armée, lui succédait automatiquement.

Mais après 17 ans de règne, pendant lesquels il avait réussi à briguer au forceps deux mandats politiques de cinq ans, il était toujours incapable de mettre fin aux massacres des populations dans l’est du territoire. Ainsi fut-t-il contraint, par une sorte de compromis électoral avec les partis politiques, notamment avec l’Union pour la Démocratie et le progrès Social (UDS), de rendre le pouvoir aux civils après une élection qui portait au sommet de l’État Félix Tshisekedi. Malgré l’arrivée de ce dernier aux Affaires en 2018, les Congolais n’ont toujours pas fini de compter, en masse, leurs morts au Kivu.

Installation des groupes rebelles dans l’est du pays

Situé au cœur du continent, le Zaïre avait souvent été l’objet d’attaques extérieures par des groupes rebelles lumumbistes taxés de communistes. Ces groupes avaient trouvé refuge dans la frontière est du pays. Car ils avaient la possibilité de s’y ravitailler en armes et en munitions grâce au pillage des ressources minières, très prisées pour les grandes compagnies industrielles, qui regorgent dans cette zone. Mobutou réussissait toujours à les repousser avec l’aide des mercenaires venus de l’Occident.

Mais lâché par ses paires à la fin de la bipolarisation du monde, son armée s’était affaiblie en un temps record rendant ainsi les frontières du pays poreuses. C’était donc presque sans effusion de sang que le lumumbiste Laurent Désiré Kabila avait réussi à s’emparer du pouvoir. « La chute du maréchal Mobutu a lieu le 16 mai 1997. Ce jour-là, le Zaïre tourne la page du « Léopard ». Le lendemain, le 17, les troupes de l’AFDL entrent victorieuses dans Kinshasa, sans aucune résistance des Forces armées zaïroises. ».

Ainsi peut-on lire sur le site de Rfi dans un article paru en 2017 au sujet de l’ancien président zaïrois. Une fois à la tête de l’État, le nouvel homme fort rebaptisait le territoire République Démocratique du Congo, ancien nom du pays lors de son accession à l’indépendance en 1960.

Mais l’affection que lui vouaient les anciens zaïrois étaient retombée lorsque ses rebelles, faisant dorénavant partie de l’armée nationale, pour la plupart des non Congolais, avaient commencé des exactions de tout genre sur le peuple. C’est ainsi qu’il fut obligé de se séparer d’eux pour ne pas perdre la confiance et le soutien de ses concitoyens. Très mécontents de cette décision de leur ancien acolyte, les rebelles avaient replié dans l’est du pays, où ils allaient tenter plusieurs assauts afin de le renverser.

Notons que si les rebelles ont toujours choisi cette zone, outre ses richesses, c’est parce qu’elle est très difficile à contrôler, sans aides extérieures, par un État du tiers monde. On se souvient très bien que c’est à partir de cette même zone que Laurent Désiré Kabila, toujours porté par une coalition de groupes rebelles, dirigée par l’illustre Che Guevara, avait envahi, en 1967, les 3/4 du Zaïre avant d’être repoussé par Mobutou.

Des massacres à grande échelle

Première guerre du Congo

Depuis 1996, le Congo a connu trois grandes guerres. La première, encore appelée « guerre de libération », est celle qui emmène Laurent Désiré Kabila au pouvoir. Elle se déroule de fin 1996 à mai 1997. Elle fut, on peut dire, pacifique car l’armée de l’ancien président, étant déjà défectueuse, les militaires avaient préféré de se rendre plutôt que de résister et se faire saigner inutilement.

Selon le journaliste François Soudan, le général Mahelé, alors chef d’état-major du Zaïre, aurait donné le plan des positions des militaires zaïrois aux rebelles lors de la bataille de Kenge, dernier bastion de la résistance avant d’entrer dans la capitale politique Kinshasa. Cet affrontement avait fait 250 morts entre militaires et rebelles. C’était d’ailleurs le deuxième affrontement entre les deux camps après la bataille de Lemara qui avait, des mois plutôt, causé 39 morts toujours entre militaires et rebelles.

Au total, les pertes en vies humaines, lors de la première guerre du Congo, peuvent être estimées à 289 morts. Mais selon certains rapports des missions de l’ONU au Congo, encore non officiel, plus de 200.000 réfugiés hutus auraient disparu lors des attaques des rebelles à l’est du pays. Ceci est d’ailleurs soutenu par les écrivains Marc Le Pape et Jean-Hervé Bradol dans leur livre « Les disparus du Congo-Zaïre 1996-1997 ». La question des massacres de réfugiés rwandais hutus en République démocratique du Congo. Charles Onana en parle aussi sans oublier l’article de l’écrivain belge David Van Reybrouck, « Congo, une histoire ».

Deuxième guerre du Congo

Le 02 août 1998, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), soutenu par le Rwanda et l’Ouganda, lançait les attaques à l’est du pays. Très rapidement, ce mouvement mettait la main sur les ressources minières et s’installait à Goma. Après avoir pris le contrôle des villes de Bukavu et Uvira, ces rebelles prenaient la direction de Kinshasa. Quelques semaines leur avaient suffi pour se retrouver aux portes de la cité capitale. Malgré le soutien des milices Maï-Maï et des forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), mouvement rebelle hutu, hostile aux gouvernements rwandais et burundais, Laurent Désiré Kabila ne parvint pas à contrer les rebelles du RCD. C’est ainsi qu’il fut obligé de lancer un appel de détresse international.

Les premiers à répondre furent les membres de la Communauté de développement de l’Afrique australe en abrégé SADC en anglais. La Namibie, le Zimbabwe et l’Angola vinrent donc soutenir les armées de la RDC. Plus tard, ils furent rejoints par le Soudan, le Tchad et la Libye. Nous sommes donc de plain-pied dans la deuxième guerre du Congo encore appelée « la grande guerre africaine » ou la « première guerre mondiale africaine ». Après d’âpres affrontements sur plusieurs années, entre les alliés et les groupes rebelles qui en faisaient déjà une trentaine, particulièrement soutenus par le Rwanda et l’Ouganda, un cessez-le-feu fut signé sous la supervision de l’ONU le 31 décembre à Gbadolite.

Le 30 juin 2003, un gouvernement de transition, entérinant officiellement la fin de la deuxième guerre du Congo, est formé. Cette guerre, selon le rapport de l’International Rescue Committee, aurait causé plus de 4,5 millions de morts avec des millions de déplacés et de réfugiés.

La guerre du Kivu

Après la formation du gouvernement de transition en 2003, l’armée congolaise fut reformée et rebaptisée sous le nom de Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

Plusieurs leaders des différents groupes rebelles y furent intégrés. Parmi eux, se trouvait Laurent Nkunda, le leader du Congrès nationale pour la défense du peuple (CNDP). Il intégrait la nouvelle armée comme colonel. Quelques mois plus tard, il devint général. En 2004, alors que les FARDC menaient des offensives contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), ce dernier décida de démissionner de l’armée pour entrer au maquis. En mai 2004, il lançait les hostilités contre les FARDC avec pour prétexte de prévenir un génocide. C’est le début de la guerre du Kivu qui ne connaîtra jamais un terme. Ce sera plutôt un conflit entrecoupé d’intermèdes qui se déroule jusqu’à ce jour dans le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et l’Ituri. Si Wikipédia parle de 11 873 morts, notons qu’aucune source n’a encore donné le chiffre exact des dommages humains causés par cette interminable guerre.

Des viols systématiques

Le viol est une autre arme de guerre que les groupes rebelles utilisent pendant leurs multiples attaques. Depuis plus de 20 ans que l’est de la République démocratique du Congo est en ébullition, la journaliste Anne Guion, dans son article « Guerre du Kivu : des chrétiens au chevet des femmes violées », publié le 27 novembre 2012 dans l’hebdomadaire La vie, parle de plus de 500.000 femmes violées. Outre les stigmatisations que sont victimes les enfants issus de ces viols, l’autre conséquence de cette barbarie réside dans les mutilations génitales que les rebelles pratiquent sur la plupart des femmes violées. Surnommé « l’homme qui répare les femmes », le gynécologue Denis Mukwege, qui vit au quotidien ces horreurs, a décidé depuis 2012 de les faire connaître à la communauté internationale. Cet engagement lui a d’ailleurs valu la distinction du prix Nobel de la paix en 2018.

Un génocide en prélude à la création de la République des volcans

Pour le journaliste et politologue Charles Onana, derrière ces massacres, ces viols et ces mutilations génitales, se cache un projet fortement mûri depuis des années. Spécialiste de la région des grands lacs, il explique, au micro d’André Bercoff sur Sud Radio, qu’il s’agit de la théorie du grand remplacement. Exterminer les populations de cette partie du Congo pour les remplacer par des Tutsis afin de créer un État dénommé la République des volcans est l’objectif que poursuivent les présidents Rwandais, Burundais et Ougandais car ce sont eux qui soutiennent les différents groupes rebelles qui y sèment la terreur. Une thèse de génocide soutenue par l’Organisation des Nations unies dans le Projet Mapping qui avait documenté les différents massacres qui s’étaient déroulés entre 1993 et 2003. Ceci avait alors suscité les colères des présidents mis en cause qui continuent de réfuter, avec la dernière goutte d’énergie, ce rapport.

Grégoire Blaise Essono