Le voyage d’un Achille syrien en fuite vers l’Europe

Le voyage d’un Achille syrien en fuite vers l’Europe

Je ne suis pas Achille, je suis G.T., et, contrairement à lui, son talon est devenu ma force, car j’ai survécu à ma mort et à ma propre personne. J’ai placé la carte d’identité italienne que le passeur m’avait donnée dans l’interstice entre mon talon et ma chaussure. Je voulais que la photo mise sur la carte prenne un aspect usé comme le style et l’écriture des lettres italiennes, avec nos identités humaines. Je continue de marcher et de me déplacer… Je voulais passer de l’Autriche en Allemagne, tout en sachant que la frontière allemande est difficile et que si l’on découvre que je suis Syrien, ou plutôt que je ne suis pas Italien, je serai renvoyé vers mon pays, où j’ai toujours vécu.

Qui a dit que nous voulions rentrer en Palestine ?

Qui a dit que nous voulions rentrer en Palestine ?

La distance qui me sépare de la Palestine me paraît si grande, autant qu’est éloignée la libération de la Palestine des intentions de ceux qui parlent en son nom. Le dernier moyen grâce auquel nous avions une idée de notre éloignement par rapport à la Palestine était celui que nous ont communiqué nos grands-parents : le nombre de nuits qu’ils avaient passées à dos d’âne ou, au meilleur des cas, de cheval.

L’art n’est pas seulement chez les iraniens

L’art n’est pas seulement chez les iraniens

[Par Sadegh HAMZEH] « L’art est seulement chez les iraniens ». Si vous voyagez en Iran et que vous parlez aux iraniens à propos de l’art vous entendrez certainement cette phrase de Ferdowsi, le grand poète iranien. Cette phrase, comme pour la plupart des iraniens, provoquait en moi un fort enthousiasme, mais aujourd’hui, ayant fuit l’Iran pour me réfugier en France, j’ai pu comparer la place de l’art iranien avec l’art d’autres pays, et en particulier l’art en France […]