Iran – «Je vote le changement de régime» aux élections législatives

Le 21 février 2020, les «élections» législatives se tiendront en Iran pour les 290 sièges de «l’Assemblée islamique» appellée Majles. En réalité, le Guide suprême du régime et l’institution sous son contrôle, le Conseil des gardiens de la Constitution (CGC), sélectionnent les candidats sur la base de leur allégeance « dans le cœur » et « dans la pratique » au Guide suprême, Ali Khamenei.

Conformément à l’article 90 de la Constitution, toutes les candidatures à une élection sont examinées par ce Conseil de surveillance, qui est une chambre de 12 membres, dont six –issus du clergé– sont nommés par le guide suprême tandis que les six autres sont nommés par le chef du pouvoir judiciaire lui-même nommé par le guide suprême!

Au total, plus de 50% des personnes inscrites comme candidats aux 290 sièges du parlement ont été disqualifiées par le CGC comme inéligibles, principalement sous prétexte de manque de preuve suffisante d’allégeance à Khamenei.

Ironie de l’histoire, 90 membres du parlement actuel (donc qualifiés pour les élections précédentes) sont déclarés disqualifiés pour celles du 21 février 2020.

Ainsi cette farce électorale est devenue la crise la plus profonde du régime des mollahs depuis les soulèvements de novembre 2019 et de janvier 2020.

Élection ou sélection ?

Le régime est devenu si fragile que même Khamenei, comme tous les dictateurs dans la dernière phase de leur règne, ne peut tolérer sa faction «rivale». Et cela malgré le fait que les membres de cette faction lui aient prouvé à plusieurs reprises leur allégeance dans la pratique. Par le biais du CGC, sorte de Conseil de surveillance de la théocratie, qui est chargé de contrôler les candidats, Khamenei s’est employé à éliminer toute personne qui n’est pas à 100% obéissante.

La situation est si mauvaise que le président du régime, Hassan Rohani, a publiquement qualifié ces élections de «cérémoniale» qui s’apparente plutôt à des «sélections».

Pour sa part, la faction de Khamenei a attaqué Rohani pour ses commentaires, lui rappelant que ce sont les mêmes processus et procédés qui ont conduit Rohani lui-même au pouvoir. Ils soulignent que Rohani a déclaré publiquement avoir loué le Conseil des gardiens dans le passé. Mais fidèle à son cynisme habituel, Rohani vient de supplier le peuple de participer aux élections qu’il qualifie lui-même de «sélections».

Le 11 février 2020, la télévision d’État a diffusé les propos de Khomeiny sur le Conseil des gardiens, où il avait déclaré: «Celui qui dit que la décision du Conseil des gardiens est erronée, est corrompu. Une telle personne est corrompue et doit être poursuivie comme quelqu’un qui sème la corruption sur Terre.»

Querelles dans le cercle du sérail

Les querelles intestines entre les factions du régime ont atteint un niveau sans précédent. Il y a, en Occident, une perception erronée de la situation, qui est davantage encouragée par le régime iranien et ses lobbies, selon laquelle il existe une faction « modérée » au sein du régime, qui résiste aux « extrémistes » ou « durs ».

Cette analyse erronée signifie un grave manque de connaissances sur le régime iranien, sa nature et sa politique. Les luttes intestines en cours entre les deux principales factions du régime ne découlent pas de deux écoles de pensée différentes ni d’aucune véritable velléité de réforme. Elles relèvent plutôt d’une aggravation de la crise et l’incapacité du régime à contenir ses crises multiples, encore moins à les résoudre.

La principale divergence entre ces factions n’est pas entre les «réformateurs» et les tenants du statu quo, mais sur la meilleure façon de préserver le système. Il s’agit d’une crise existentielle profonde, où chaque faction soutient que l’approche du parti rival conduira au renversement du régime.

Paradoxalement, les deux factions ont raison. C’est le dilemme auquel le régime est confronté. D’un côté, il ne peut pas maintenir le statu quo beaucoup plus longtemps. De l’autre, il n’a pas la volonté, ni la capacité de changer de comportement.

Le changement de régime est sur l’agenda du peuple

Un sondage semi-officiel a montré que 83% de la population n’envisagent pas de participer à ces « élections ». Le sondage a été immédiatement retiré (du site de la TV officielle de l’Etat). Les « élections » pour cette nouvelle législature sont tenues dans un contexte très différent de celles de 2016.

Depuis 2017, le peuple iranien s’est insurgé à quatre reprises lors des soulèvements majeurs à l’échelle nationale pour réclamer un changement de régime. En novembre 2019, au moins 1500 manifestants ont été assassinés de manière sauvage et indiscriminée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et d’autres forces répressives.

En janvier 2020, les gens sont descendus dans la rue une fois de plus, scandant «mort à l’oppresseur, que ce soit le chah ou le chef suprême».

Les gens scandaient également «conservateurs !réformateurs ! votre jeu est maintenant terminé», ce qui signifie que seul un changement de régime est sur l’agenda du peuple.

Ainsi, «mon vote est un changement de régime» est la réponse du peuple iranien à la farce électorale du régime. Madame Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), a appelé le peuple iranien à boycotter ce simulacre d’élections. Selon elle, boycotter cette mascarade est un devoir patriotique et signe de l’engagement de la nation envers les martyrs du peuple iranien, en particulier les 1 500 morts du soulèvement de novembre 2019. Il reflète également les exigences du soulèvement de janvier 2020 du peuple et des étudiants pour le renversement de la théocratie illégitime au pouvoir dans son intégralité.

Quelles leçons pourrons-nous en tirer?

Le fait que Khamenei ait eu recours à une purge aussi drastique signifie que face à la montée des crises et des pressions à l’intérieur et celles venant de l’extérieur, il a un besoin urgent de resserrer les rangs. La faiblesse et la vulnérabilité de son régime sont telles qu’il ne peut résister à aucun schisme interne, en particulier au sommet de l’Etat.

Le peuple iranien a voté pour un changement de régime lors de son soulèvement de mi-novembre 2019 et janvier 2020. Le renversement du régime est devenu inévitable. L’appel de Madame Radjavi à boycotter la farce électorale du régime bénéficie déjà d’un large soutien. Les appels à un changement de régime se multiplient sur les réseaux sociaux et des affiches et des bannières affichées dans des lieux publics à travers le pays reflètent l’aspiration du peuple iranien à un changement démocratique.

Le régime des mollahs en Iran est arrivé à son terme et n’a aucun avenir. Ce n’est qu’une question de temps pour le peuple de le renverser et d’instaurer la liberté et la démocratie dans leur pays d’une civilisation millénaire. Il est temps que le monde reconnaisse le droit du peuple iranien à un changement de régime et se range du côté du peuple iranien et de sa véritable alternative démocratique, le Conseil national de la Résistance iranienne dirigé par Madame Maryam Radjavi.

Le régime iranien ne peut continuer sans terrorisme. Mais l’approche des pays occidentaux a été la politique de complaisance et de tolérance à son égard.

De 1983 à 2020: de nombreux attentats attribués à l’Iran 

Sur la base de la déclaration de l’ancien chef du FBI, les Occidentaux savaient que les plus hautes autorités, du Guide suprême au ministre du Renseignement, sont impliquées dans l’explosion des tours Khobar le 25 juin 1996. Ils n’ont pas fait preuve de réaction sérieuse à cet attentat si ce n’est le déplacement des forces américaines hors de la région, ce qui a montré au régime qu’il ne paierait pas le prix de son terrorisme.

Malgré les enquêtes de monsieur Nisman démontrant l’implication des plus hautes autorités de Téhéran dans l’explosion du Centre culturel juif Amia en Argentine, enquête dans laquelle il a perdu la vie, le régime iranien poursuit sa politique terroriste.

L’attentat de l’Amia à Buenos Aires

C’est une attaque à la voiture piégée perpétrée le 18 juillet 1994 à Buenos Aires, la capitale de l’Argentine, qui visait un bâtiment abritant plusieurs associations juives, dont l’Association mutuelle israélite argentine (Amia).

Bilan: 84 morts et 230 blessés.

C’est l’attentat le plus meurtrier de l’histoire du pays, mais il n’a jamais été revendiqué.

En 2006, le nouveau procureur chargé du dossier, Alberto Nisman, accuse formellement le gouvernement iranien d’être le commanditaire de l’attentat, et le Hezbollah d’en être l’auteur

En 2009, Carlos Menem, le président argentin alors en exercice au moment des faits, est accusé d’entrave à l’enquête. Mais il bénéficie d’une immunité parlementaire.

Le 19 janvier 2015, Nismam est retrouvé mort, d’une balle dans la tête, malgré plusieurs gardes du corps et 170 caméras de surveillance. Mais les raisons restent mystérieuses, plusieurs entités y compris en Argentine, ont été soulagés par sa mort… la veille d’une audition officielle par la commission spéciale de la chambre des députés d’Argentine. 

En 2017, c’est l’avocat de Nisman (en exercice lors de l’attentat de Buenos Aires) qui est assassiné.

source Wikipedia

Un complot d’assassinat contre l’ancien ambassadeur d’Arabie Saoudite a été dénoncé et la tentative d’attentat à la bombe dans un grand rassemblement de l’opposition iranienne a été neutralisée. Cet événement en juillet 2018, rassemblait des dizaines de milliers de personnalités politiques américaines, européennes et arabes. Heureusement, les polices de Belgique, de France et d’Allemagne ont fait un excellent travail pour l’empêcher.


Ce qui doit être contesté c’est de traiter avec ce gouvernement terroriste.


De l’explosion du quartier général des Marines américains aux meurtres de soldats français au Liban le 23 octobre 1983, à l’explosion en Argentine le 18 juillet 1994, et à la dernière tentative terroriste ratée à Paris contre l’opposition iranienne en 2018, les plus hautes autorités du régime ont laissé leurs empreintes.

https://www.youtube.com/watch?v=0t–mwD8cj0

C’est pourquoi divers tribunaux en Argentine et en Allemagne ont condamnés les plus hautes autorités de Téhéran. Nul n’ignore la nature criminelle de ce régime et nul ne la conteste.

Par contre, ce qui doit être contesté c’est de traiter avec ce gouvernement terroriste.

Enfin une réaction américaine !

Lorsque les États-Unis ont réagi aux attaques terroristes du régime iranien contre leur ambassade en Irak en éliminant le général Qassem Soleimani le 3 janvier 2020, le régime a payé prix incommensurable pour ses menées terroristes.

Craignant de nouvelles attaques américaines, il n’a jamais osé d’attaquer à nouveau les bases américaines. Certains observateurs ont déclaré qu’il avait délibérément tiré par erreur. Mais il ne cessera son terrorisme aveugle qu’en payant un prix substantiel et en rendant des comptes.

Les 40 dernières années ont clairement montré que le régime iranien ne veut ni ne peut suivre les normes internationales du 21ème siècle.

Le soulèvement du peuple iranien en novembre 2019 et en janvier 2020 a montré que les Iraniens rejetaient la dictature religieuse dans son intégralité et appelaient à la mise en place d’un gouvernement moderne.

Il ne sera possible de libérer la région et la communauté internationale de ce terrorisme aveugle qu’en soutenant les peuples de la région qui appellent à se libérer du régime des mollahs.

« Un petit prince au pays des Mollahs », une dénonciation en version Bande Dessinée

Découvrez l’interview de l’auteure de cet article, Raouf Massoumeh, qui présente son livre « Un petit prince au Pays des mollahs ».  

L’histoire de son jeune frère, Ahmad Raouf Bachari Doust, arrêté cinq ans avant -à l’âge de 16 ans- et qui fera partie des 30 000 prisonniers politiques exécutés.

D’autres articles sur l’Iran

Egypte – Histoires de la plus grande prison pour femmes, Al-Qanatir

C’est une matinée d’hiver ensoleillée au Caire où moi et un petit groupe de Maadi Community Church (MCC) prenons la route pour la prison d’al-Qanāṭir.

Après une heure de route à travers différents quartiers entourant la capitale égyptienne, je me retrouve devant la porte principale de la prison, signalé par un gros écrit en arabe «Manṭiqa al-sujūn al-Qanāṭir» (zone des prisons d’al-Qanāṭir) au sommet duquel flotte le drapeau tricolore égyptien.

Située dans la zone d’al-Qanāṭir, au sommet du delta du Nil, la prison d’al-Qanāṭir comprend la seule grande prison pour femmes d’Égypte. De plus, le complexe présente une division pour les détenus étrangers et les détenus égyptiens. Un visiteur fréquent de la prison a indiqué qu’environ 2000 détenus sont actuellement détenus dans la section des femmes, dont 200 étrangers, malgré une capacité maximale de 1200 personnes. Les hommes sont au nombre de 250, dont 160 Égyptiens et 90 étrangers.

Poncet, originaire du Congo Kinshasa RDC qui visite les prisonniers depuis 23 ans, passe attentivement en revue les principales règles applicables à la zone: pas de téléphone, pas d’équipement électronique, identification personnelle obligatoire. Avec Nina, il organise des visites régulières aux détenus des divisions hommes et femmes de la prison d’al-Qanāṭir et dans d’autres endroits comme le poste de police de Nuzha. Avec certains membres de l’église communautaire de Maadi (MCC), ils fournissent un soutien aux détenus étrangers, à travers des visites régulières, des consultations avec les avocats et les ambassades ainsi que la livraison de nourriture et de fournitures générales.

La longue attente

Comme c’est la première fois que je visite une prison, je suis particulièrement vigilante, observant attentivement mon environnement et essayant de saisir chaque détail autour de moi. Tout en restant dans la longue file d’attente pour le contrôle de sécurité, un certain nombre de choses attirent inévitablement mon attention.


Une atmosphère humaine remarquable est paradoxalement générée dans un endroit confiné où, par définition, les gens ne peuvent pas bénéficier du même traitement humain qu’à l’extérieur.


En particulier, je suis stupéfaite par la variété de personnes qui se réunissent par hasard en visitant leur conjoint en prison. Des familles entières, femmes, hommes, plusieurs enfants, des gens de la ville ainsi que de la campagne, des classes sociales différentes, des emplacements géographiques, des niveaux d’éducation, d’âge, toutes ces catégories de personnes se mélangent et partagent le même espace pendant presque toute une journée.

En raison du long temps d’attente et de l’absence de dispositifs technologiques, les visiteurs inévitablement interagissent les unes avec les autres, se regardent et s’engagent même dans des conversations. En conséquence, une atmosphère humaine remarquable est paradoxalement générée dans un endroit confiné où, par définition, les gens ne peuvent pas bénéficier du même traitement humain qu’à l’extérieur.

De plus, un certain nombre d’événements sont observables dans ce très petit espace rempli de trop de monde.

À côté de moi, un groupe de femmes venant du Caire échange avec désinvolture des discussions sur leur voyage à al-Qanāṭir.

De l’autre côté, certains hommes font la queue en silence, tandis que d’autres s’entraident en portant les sacs lourds avec les fournitures nécessaires aux détenus. Pendant ce temps, d’autres personnes traversent la porte après avoir parlé avec les responsables de la prison. Je ne peux que remarquer l’échange d’argent et des bakchich qui se produisent à la porte d’entrée. Je me souviens immédiatement de l’avertissement du «Code de conduite – Ministère pénitentiaire international» que Poncet m’a envoyé avant la visite:

«Veuillez ne donner aucun baqshīsh (bakchich) à aucun membre du personnel pénitentiaire. C’est la seule responsabilité du chef d’équipe.»

Après avoir été soigneusement fouillés par les policiers, nous finissons par entrer dans la zone de la prison. Cependant, un autre long temps d’attente nous attend. Tout le monde essaie de se mettre à l’aise en espérant que la visite aura lieu bientôt.

L’étape suivante consiste à faire de nouveau la queue pour trouver une place dans les wagons tirés par un tracteur menant à la division féminine de la prison. Alors que nous approchons de la destination, certains officiers marchent le long du chemin et un camion transportant des détenus passe. Loin du bruit constant de la circulation au Caire, seuls les sons des oiseaux interrompus par les voix fortes des gardiens de la prison résonnent.

Détérioration des conditions des détenus

Nous sommes finalement devant le bâtiment dédié à la détention des femmes, étrangères et égyptiennes. D’autres procédures de sécurité approfondies sont nécessaires avant de pouvoir enfin rencontrer les prisonniers.

Ayant à l’esprit quelques informations générales sur le système pénitentiaire égyptien ainsi que des rapports spécifiques sur les conditions des détenus, je ne peux que porter mon attention sur la condition physique des détenus ainsi que sur l’environnement général.

Sans surprise, une grande image du président égyptien Abd al-Fattāḥ al-Sīsī accompagné des pyramides et de la mosquée de MuḥammadʿAlī se dresse au centre de la prison pour femmes, entourée de la devise répandue « Taḥyā Miṣr » (« Vive l’Égypte ») et une déclaration anglaise définissant l’Égypte comme le meilleur pays de tous les temps.

Je ne peux pas imaginer comment la vie peut devenir une fois enfermé dans cet endroit. Par conséquent, je me prépare à observer silencieusement et à écouter ce que les détenus sont prêts à partager avec moi.


«Je n’en peux plus», poursuit-elle


«J’ai commencé à détester l’Égypte depuis que je suis ici», raconte Nada, originaire du Soudan et condamné à cinq ans de prison pour enlèvement [très probablement un enfant à la suite d’un divorce et d’une lutte pour la garde d’un ou plusieurs enfants].

Sa peine est presque terminée car elle m’explique qu’elle a officiellement encore sept mois de prison. En pensant à l’avenir, les yeux de Nada brillent. Elle prévoit de retourner au Soudan et de prendre sa famille entre ses bras. Cependant, une ride de douleur apparaît soudain sur son visage. «Je n’en peux plus», poursuit-elle. Avant sa détention, Nada souffrait de problèmes de santé qui ont profondément affecté sa vie. Depuis son arrivée en prison, sa santé s’est détériorée physiquement et psychologiquement. Elle m’explique son besoin de médicaments, mais en raison de l’absence de soins médicaux appropriés, ses conditions physiques et mentales se détériorent de façon inquiétante comme la plupart des autres détenus autour de nous.

Elle décrit brièvement les conditions de vie dans la prison d’al-Qanāṭir, où depuis quatre ans et cinq mois elle est privée non seulement de sa liberté mais également de son espace privé dans la vie quotidienne.

«Nous avons une petite pièce, nous dormons près les uns des autres sans aucun espace privé vital», raconte-t-elle.

De plus, la nourriture fournie par la prison est insuffisante et les détenus survivent avec les vivres de leurs visiteurs à leur arrivée. Elle ne peut toujours pas croire à quel point sa vie a pris une telle tournure depuis son arrestation et sa mise en prison rapide.

Évitant d’entrer dans les détails de son arrestation, elle se souvient simplement qu’elle a aimé ce pays au cours des premiers mois en tant que personne libre malgré le stress de ne pas disposer de documents juridiques suffisants.

Les raisons de l’arrestation peuvent en effet être diverses et parfois contraires à la condamnation officielle prononcée. Parmi le groupe de détenus étrangers que Maadi Community Church (MCC) visite régulièrement, certaines personnes sont déclarées condamnées pour meurtre, drogue, vol, fraude, prostitution, enlèvement et immigration. Ils viennent de Biélorussie, de Bolivie, du Brésil, du Chili, d’Angleterre, d’Allemagne, de Guinée, des Pays-Bas, du Kenya, du Maroc, du Nigéria, du Pérou, des Philippines, du Soudan du Sud, du Soudan, de Tanzanie, d’Ukraine et du Venezuela.

Des détenues politique pour un post Facebook qui critique le régime en Egypte

L’image de la prison pour femmes d’al-Qanāṭir ne serait pas complète sans mentionner un autre type de détenue. Il est en effet possible de retrouver des prisonniers politiques, dont le crime était de s’opposer au récit officiel de l’État.


Je quitte la prison d’al-Qanāṭir, avec de nombreuses réflexions sur la valeur du mot « liberté ».


C’est le cas d’une jeune fille de 21 ans originaire d’un village du gouvernorat de Minufia. Je ne l’ai pas rencontrée personnellement car elle ne faisait pas partie du groupe de personnes qui m’était attribuée. Pourtant, j’ai appris son histoire à travers sa famille en attendant notre visite.

Selon sa mère, elle est détenue depuis 45 jours. Elle a été enlevée de chez elle après avoir publié un post sur Facebook condamnant l’arrestation de plusieurs personnes innocentes en Égypte. Ironiquement, sa mère dit: «Maintenant, elle est devenue l’une d’entre elles. C’est ce qui se passe en Egypte».

Elle a besoin de médicaments réguliers, donc chaque semaine, la famille vient avec des médicaments en plus de la nourriture. Sa mère, dont le visage indique la présence d’une profonde souffrance intérieure, ne dispose d’aucune information sur un éventuel procès ou remise en liberté. Elle attend, soutenue par sa sœur et les deux autres filles, tout en espérant que ce cauchemar se terminera bientôt.

Avec les images des nombreux officiers de prison, les voix fortes résonnant partout dans la prison d’al-Qanāṭir dans mon esprit et les histoires de certains détenus dans mon cœur, je quitte la prison d’al-Qanāṭir, avec de nombreuses réflexions sur la valeur du mot « liberté ».

D’autres articles

Iran – 40 ans de lutte contre la communauté internationale, 40 ans de terrorisme

Les 40 dernières années ont clairement montré que le régime iranien ne veut ni ne peut suivre les normes internationales du 21ème siècle. Cela fait 41 ans que le régime des mollahs a été instauré en Iran. Hassan Rohani (Président depuis 2013) a récemment déclaré qu’ils étaient en conflit constant avec la communauté internationale depuis quarante ans. Ce régime n’a pas passé un moment sans semer la guerre et le terrorisme. Ce régime religieux, issu de l’époque médiévale, s’est imposé au monde moderne profitant d’une faille politique parce que le chah avait éliminé les mouvements progressistes.

Fondé sur les dogmes médiévaux, cette théocratie n’a pas été capable de générer la prospérité économique en créant des emplois pour répondre aux besoins économiques et culturels des forces libérées par le soulèvement antimonarchique de 1979.

La prospérité économique exigeait une atmosphère relativement démocratique incompatible avec la nature de ce régime religieux. C’est pourquoi il s’est appuyé sur la politique étrangère et les stratégies répressives pour se maintenir en place et asseoir sa dictature religieuse.

Non seulement il a déçu les forces libérées en ne parvenant pas à créer la prospérité économique, mais il les a également jetées dans une guerre dévastatrice.

Puisqu’il s’agit d’un régime anachronique, il est hostile au monde du progrès, en particulier aux États-Unis d’Amérique. Les slogans anti-américains ont pu rassembler tant de couches sociales arriérées, endommagées et arrivistes autour de ce régime à l’intérieur de l’Iran et dans la région.

Le régime islamiste s’appuie sur la répression et la violation des droits humains dans son pays et sur les attentats terroristes à l’étranger. Le terrorisme lui a servi à s’imposer au monde moderne et à faire avancer ses politiques.

Terrorisme institutionnalisé par la République Islamique d’Iran

Étant donné que le terrorisme est un outil essentiel de sa stratégie, le régime iranien l’a institutionnalisé en même temps que la violation systématique des droits humains, l’autre pilier de son pouvoir.

Après la guerre Iran-Irak, dans ses discussions internes, le régime iranien a finalement trouvé son moyen de survie dans le terrorisme et l’exportation du terrorisme ce qui l’a conduit à fonder la Force Qods en 1989 pour des opérations spéciales à l’étranger.

Dès lors, la Force Qods a non seulement mené des opérations terroristes dans la région, mais elle a également mené la politique étrangère du régime dans des pays tels que l’Irak, la Syrie et le Liban.


Le régime iranien ne peut continuer sans terrorisme.


Le régime iranien ne peut continuer sans terrorisme. Mais l’approche des pays occidentaux a été la politique de complaisance et de tolérance à son égard.

De 1983 à 2020: de nombreux attentats attribués à l’Iran 

Sur la base de la déclaration de l’ancien chef du FBI, les Occidentaux savaient que les plus hautes autorités, du Guide suprême au ministre du Renseignement, sont impliquées dans l’explosion des tours Khobar le 25 juin 1996. Ils n’ont pas fait preuve de réaction sérieuse à cet attentat si ce n’est le déplacement des forces américaines hors de la région, ce qui a montré au régime qu’il ne paierait pas le prix de son terrorisme.

Malgré les enquêtes de monsieur Nisman démontrant l’implication des plus hautes autorités de Téhéran dans l’explosion du Centre culturel juif Amia en Argentine, enquête dans laquelle il a perdu la vie, le régime iranien poursuit sa politique terroriste.

L’attentat de l’Amia à Buenos Aires

C’est une attaque à la voiture piégée perpétrée le 18 juillet 1994 à Buenos Aires, la capitale de l’Argentine, qui visait un bâtiment abritant plusieurs associations juives, dont l’Association mutuelle israélite argentine (Amia).

Bilan: 84 morts et 230 blessés.

C’est l’attentat le plus meurtrier de l’histoire du pays, mais il n’a jamais été revendiqué.

En 2006, le nouveau procureur chargé du dossier, Alberto Nisman, accuse formellement le gouvernement iranien d’être le commanditaire de l’attentat, et le Hezbollah d’en être l’auteur

En 2009, Carlos Menem, le président argentin alors en exercice au moment des faits, est accusé d’entrave à l’enquête. Mais il bénéficie d’une immunité parlementaire.

Le 19 janvier 2015, Nismam est retrouvé mort, d’une balle dans la tête, malgré plusieurs gardes du corps et 170 caméras de surveillance. Mais les raisons restent mystérieuses, plusieurs entités y compris en Argentine, ont été soulagés par sa mort… la veille d’une audition officielle par la commission spéciale de la chambre des députés d’Argentine. 

En 2017, c’est l’avocat de Nisman (en exercice lors de l’attentat de Buenos Aires) qui est assassiné.

source Wikipedia

Un complot d’assassinat contre l’ancien ambassadeur d’Arabie Saoudite a été dénoncé et la tentative d’attentat à la bombe dans un grand rassemblement de l’opposition iranienne a été neutralisée. Cet événement en juillet 2018, rassemblait des dizaines de milliers de personnalités politiques américaines, européennes et arabes. Heureusement, les polices de Belgique, de France et d’Allemagne ont fait un excellent travail pour l’empêcher.


Ce qui doit être contesté c’est de traiter avec ce gouvernement terroriste.


De l’explosion du quartier général des Marines américains aux meurtres de soldats français au Liban le 23 octobre 1983, à l’explosion en Argentine le 18 juillet 1994, et à la dernière tentative terroriste ratée à Paris contre l’opposition iranienne en 2018, les plus hautes autorités du régime ont laissé leurs empreintes.

https://www.youtube.com/watch?v=0t–mwD8cj0

C’est pourquoi divers tribunaux en Argentine et en Allemagne ont condamnés les plus hautes autorités de Téhéran. Nul n’ignore la nature criminelle de ce régime et nul ne la conteste.

Par contre, ce qui doit être contesté c’est de traiter avec ce gouvernement terroriste.

Enfin une réaction américaine !

Lorsque les États-Unis ont réagi aux attaques terroristes du régime iranien contre leur ambassade en Irak en éliminant le général Qassem Soleimani le 3 janvier 2020, le régime a payé prix incommensurable pour ses menées terroristes.

Craignant de nouvelles attaques américaines, il n’a jamais osé d’attaquer à nouveau les bases américaines. Certains observateurs ont déclaré qu’il avait délibérément tiré par erreur. Mais il ne cessera son terrorisme aveugle qu’en payant un prix substantiel et en rendant des comptes.

Les 40 dernières années ont clairement montré que le régime iranien ne veut ni ne peut suivre les normes internationales du 21ème siècle.

Le soulèvement du peuple iranien en novembre 2019 et en janvier 2020 a montré que les Iraniens rejetaient la dictature religieuse dans son intégralité et appelaient à la mise en place d’un gouvernement moderne.

Il ne sera possible de libérer la région et la communauté internationale de ce terrorisme aveugle qu’en soutenant les peuples de la région qui appellent à se libérer du régime des mollahs.

« Un petit prince au pays des Mollahs », une dénonciation en version Bande Dessinée

Découvrez l’interview de l’auteure de cet article, Raouf Massoumeh, qui présente son livre « Un petit prince au Pays des mollahs ».  

L’histoire de son jeune frère, Ahmad Raouf Bachari Doust, arrêté cinq ans avant -à l’âge de 16 ans- et qui fera partie des 30 000 prisonniers politiques exécutés.

D’autres articles sur l’Iran

Nouveau rapport de force face à un Iran affaibli

La mort du maître du terrorisme iranien, le général Qassem Soleimani (numéro 2 du régime religieux), et la mort d’Abou Mahdi Mohandis, figure centrale de la milice irakienne Hashd al-Sha’abi financée et armée par l’Iran, a remporté le ticket gagnant pour l’effondrement du régime iranien. Ce dernier est confronté à une fronde populaire à l’intérieur de ses frontières, ainsi qu’en Irak et au Liban, des pays qu’il avait déclaré officiellement comme sa « profondeur stratégique ». Le soulèvement en Irak fait tache d’huile, ralliant chaque jour davantage de villes et de provinces qui veulent s’affranchir de la main de fer de l’Iran.

Au cours des 20 dernières années, Qassem Soleimani a fait prospérer la stratégie de Téhéran: créer et développer des proxies (des forces par procuration) dans toute la région. Il se déplaçait pour vider les institutions étatiques et les remplacer par des organisations terroristes encadrées par la Force Qods. Il les faisait passer pour des organisations politiques.

La Force Al-Qods (en persan سپاه قدس sepāh-e qods) est une unité d’élite du Corps des Gardiens de la révolution islamique en Iran, créée au début des années 1990. Elle est destinée aux activités de guerre non conventionnelle, de renseignements et est en charge des opérations extérieures.

source Wikipedia

En tant que chef de la Force Qods, Qassem Soleimani avait instauré un «croissant chiite» d’influence iranienne s’étendant jusqu’à la Méditerranée et encerclant les pays arabes conservateurs du Golfe.

Avec une idéologie enracinée dans le dogme islamiste médiéval, le régime iranien est incapable de répondre aux exigences culturelles, économiques et politiques de sa population au XXIe siècle.


 Les responsables iraniens considéraient Soleimani comme le gardien de leur propre sécurité.


Sur le plan intérieur, Téhéran a cherché à contenir le mécontentement populaire généralisé avec une répression brutale et des violations flagrantes des droits humains. Parallèlement, le gouvernement iranien a attisé les conflits confessionnels et les guerres tout en s’ingérant dans les affaires intérieures des pays de la région.

C’est ainsi que le pouvoir religieux s’est maintenu en place, grâce à cette «profondeur stratégique» qui lui évite de se battre dans les rues d’Iran. C’est pour cela que les responsables iraniens considéraient Soleimani comme le gardien de leur propre sécurité.

La mort de Qassem Soleimani change tout

L’aventurisme étranger a permis à Qassem Soleimani de répandre la terreur et la répression en Iran, tout en créant une illusion de sécurité. La mort de Soleimani a jeté le Guide suprême Ali Khamenei dans une situation d’une grande précarité alors que les soulèvements éclatent à répétition.

Khamenei a rationalisé son bellicisme étranger en disant: «Si nous ne combattons pas l’ennemi dans les rues d’Irak et de Syrie, nous devrons le combattre dans les rues de Kermanchah, Hamedan, Téhéran et d’autres villes d’Iran.»

A présent, le cauchemar de Khamenei est devenu réalité, et sa guerre avec le peuple iranien qui aspire à sa légitime liberté et prospérité se déroule dans les rues d’Iran. Avec la politique de complaisance en tout genre au cours de la dernière décennie, les pays occidentaux ont fermé les yeux sur le terrorisme et la politique militariste de la dictature religieuse en Iran afin de conserver leurs propres intérêts économiques.

Mais cette politique est désormais obsolète. Avec le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire en 2017 et les sanctions en rafales contre l’Iran, Khamenei est seul sur le champ de bataille, face au peuple iranien.

« Vengeance acharnée »

La récente confrontation militaire avec les États-Unis a brisé l’image du régime à la fois localement et mondialement. Tôt le mercredi 8 janvier 2020, le régime iranien a tiré plusieurs roquettes «de représailles» et a attaqué la base d’al-Assad près de Bagdad, où sont stationnées des troupes américaines.

Dans des déclarations contradictoires, les gardiens de la révolution ont annoncé le tir de dizaines de missiles sur Ein Al-Assad et des bases militaires américaines à Erbil (Kurdistan irakien), ajoutant qu’ils avaient fait quatre morts et quatre blessés parmi les Américains. Erreur délibérée! Mais que s’est-il passé en réalité ? Les déclarations du régime n’ont été étayées par aucun gouvernement, aucune source militaire ou d’information.

L’agence de Reuters a toutefois déclaré: «l’Iran aurait intentionnellement tiré des missiles contre les forces américaines en Irak.»


Le régime voulait convaincre les pays européens qu’il était une puissance régionale et qu’ils devaient le prendre en compte dans l’élaboration de la politique du Moyen-Orient.


Le Premier ministre irakien, Adel Abdul Mahdi, a également twitté que Téhéran l’avait contacté à propos d’attaques de missiles et de toute évidence, il en avait averti les autorités américaines. Par conséquent, les slogans du régime sur la «vengeance dure» et autres menaces ont soudain éclaté comme un ballon de baudruche, laissant un régime apeuré par une contre-attaque américaine.

Le pouvoir iranien pensait que les États-Unis n’avaient pas de plan de guerre. Il voulait gêner Trump en attaquant l’ambassade américaine et par d’autres actes de terrorisme avant l’élection présidentielle américaine.

Son but était probablement de le faire destituer de ses fonctions, de le forcer à suspendre les sanctions ou de faire fuir ses partisans. Au lieu de cela, ils ont brisé leur propre corps fragile du pouvoir en préparant le terrain pour la mort de Qassem Soleimani. Avant cela, le régime voulait convaincre les pays européens qu’il était une puissance régionale et qu’ils devaient le prendre en compte dans l’élaboration de la politique du Moyen-Orient.

Mais aujourd’hui un nouveau rapport de force s’est établi entre le peuple iranien et le régime. Dans une nouvelle vague de manifestations à la mi-janvier lancées par les étudiants après l’abattage du Boeing 752 d’Ukraine International Airlines, les slogans ont visé directement le guide suprême. Les manifestants ont appelé ouvertement à sa démission et à un changement de régime.

« Un petit prince au pays des Mollahs », une dénonciation en version Bande Dessinée

Découvrez l’interview de l’auteure de cet article, Raouf Massoumeh, qui présente son livre « Un petit prince au Pays des mollahs ».  

L’histoire de son jeune frère, Ahmad Raouf Bachari Doust, arrêté cinq ans avant -à l’âge de 16 ans- et qui fera partie des 30 000 prisonniers politiques exécutés.

D’autres articles sur l’Iran

Crash du Boeing: le peuple iranien révolté contre le régime

Les cris des manifestants: “Khamenei honte à toi, dégage du pays” résonnent encore. Après avoir démenti haut et fort durant des jours, le régime des mollahs au pouvoir en Iran a enfin reconnu officiellement, samedi 11 janvier, avoir abattu par erreur le Boeing 737 qui s’est écrasé le 8 janvier. Cela s’est déroulé peu après son décollage de Téhéran, causant la mort de 176 personnes.

Hassan Rohani, le président des mollahs, et l’état-major de commandement des forces armées de ce régime, ont été contraints, avec 72 heures de retard et suite à des mises en scène confortant leurs mensonges, de reconnaitre que l’avion de ligne ukrainien avait été abattu par un tir de missile des gardiens de la révolution.

Cet aveu retentissant intervient après les protestations, les révélations et la publication de photos et de films qui contredisait cette version officielle. Ces contradictions à grande échelle sur les réseaux sociaux et dans les médias de résistance, ainsi que la confirmation par les Etats-Unis, le Canada, le Royaume-Uni, l’OTAN et beaucoup d’autres sources internationales ont achevé de mettre au jour la vérité.

Pourtant, durant ces trois derniers jours, de nombreux responsables du régime, notamment le porte-parole de Rohani et le directeur l’aviation civile du régime, avait affirmé avec le plus grand cynisme que l’appareil s’était écrasé en raison d’une avarie technique.

Explosion de la haine contre le régime dans les rues de Téhéran

Samedi après-midi, de larges groups de personnes et d’étudiants ont manifesté à Téhéran, dans les universités Sharif, Amir Kabir et Allameh pour protester contre les pasdarans du régime qui ont abattu un avion de ligne ukrainien.

Ils scandaient: “A bas le dictateur”, “A bas ce régime assassin”, “Ne nous appelez pas des fauteurs de troubles, vous fomentez les troubles, vous êtes des oppresseurs”, “A bas cette théocratie pour les crimes de toutes ces années”, “Nous n’avons pas donné de morts pour des compromis et encenser un guide assassin”, “Khamenei honte à toi, dégage du pays”, “Pasdarans, honte à vous, dégagez du pays”, “N’ayez pas peur, nous sommes tous ensemble”, “Je tuerai celui qui a tué mon frère”, et “1500 tués en novembre”.

En criant “Commandant en chef des forces armées, démission, démission”, les manifestants ont appelé au renversement du régime de Khamenei. Les forces répressives ont chargé les manifestants et tenté de les disperser à coups de gaz lacrymogène.

Les manifestations à Téhéran, Ispahan, Hamadan, Rachte et autre ville de l’Iran été si répandues que la télévision d’état a été contrainte de diffuser les informations.

Maryam Radjavi: le régime a commis un crime majeur que le peuple ne pardonnera ni n’oubliera. Madame Maryam Radjavi, Présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne, a présenté à nouveau ses condoléances aux familles des victimes et à l’ensemble du peuple iranien.

Elle a déclaré qu’il s’agit là d’un nouveau crime majeur du fascisme religieux que le peuple iranien ne pardonnera pas, ni n’oubliera. Selon son ministre des Affaires étrangères, le régime avait prévenu le pouvoir et l’armée en Irak, et par ce biais les Etats-Unis, de son attaque au missile sur le sol irakien, mais dans un signe de négligence coupable, il n’avait pas ordonné l’arrêt des vols de ligne. Or dans le monde entier, en état de guerre et d’alerte aérienne, tous les vols de lignes sont immédiatement suspendus.

Précisons que le régime des mollahs tente actuellement de blanchir les principaux responsables de cette catastrophe à coups de démagogie et d’excuses ridicules, Madame Radjavi a déclaré que les principaux coupables sont Khamenei, Rohani et les commandant des pasdarans et qu’ils doivent être traduits en justice pour ce grand crime.

« Un petit prince au pays des Mollahs », une dénonciation en version Bande Dessinée

Découvrez l’interview de l’auteure de cet article, Raouf Massoumeh, qui présente son livre « Un petit prince au Pays des mollahs ».  

L’histoire de son jeune frère, Ahmad Raouf Bachari Doust, arrêté cinq ans avant -à l’âge de 16 ans- et qui fera partie des 30 000 prisonniers politiques exécutés.

D’autres articles sur l’Iran

2019 – La liste des 10 journalistes et collaborateurs tués en Afghanistan

Selon l’association NAI – Supporting Open Media in Afghanistan, en 2019, 10 journalistes et professionnels des médias ont été tués et 21 blessés. Il y a aussi 115 cas de violence enregistrés par la NAI contre des journalistes, notamment: assassinat, enroulé, roué de coups, menaces, insulte, arrestations de courte durée, enlèvement, attaque contre des médias et manque d’accès à l’information en 2019 dans le pays.

Parallèlement, Reporters sans frontières (RSF) a reconnu dans son rapport annuel que l’Afghanistan était le troisième pays dangereux pour les journalistes en 2019 dans le monde mais en ne recenssant la mort que de six journalistes et travailleurs des médias.

Les talibans et l’État islamique (EI) sont très impliqués dans ces attaques contre le journalisme et le personnel des médias en Afghanistan. ils ont visé le journaliste dans le but de faire taire la liberté de la presse et sans peur.

Qui sont les victimes?

Le premier décès d’un journaliste en 2019 s’est passé en Afghanistan

Le premier décès d’un journaliste en 2019 dans le monde en 2019 a été enregistré en Afghanistan. Javid Noori, 27 ans, fut la première victime des crimes contre les journalistes. 

Nom: Javid Noori

Travail: Citizen-journalist pour Radio Neshat

Comment ? Meurtre

Par qui ? Taliban

Où ? Province de Farah

Quand ? 5 Janvier 2019

Nom: Rahimullah Rahmani

Travail: Presentateur à Hamsada Radio

Comment ? Meurtre

Par qui ? Inconnu

Où ? Ville de Taliqan dans la province de Takhar

Quand ? 5 février 2019

Nom: Shafiq Aria

Travail: reporteur à Hamsada Radio

Comment ? Meurtre

Par qui ? Inconnu

Où ? Ville de Taliqan dans la province de Takhar

Date: 5 février 2019

Nom: Sultan Mahmoud Khirkhwa

Travail: journaliste à Zhman TV channel

Comment ? Meurtre

Par qui ? ISIS (=Daesh)

Où ? Khost City

Date: 15 mars 2019

Nom: Meena Mangal

Travail: présentatrice des journaux d’information à la télévision Lemar TV

Comment ? Meurtre

Par qui ? Des hommes armés inconnus

Où ? Kabul

Quand ? 11 mai 2019

Nom : Sakhi Baluch           

Travail : Technicien de State TV

Comment ? Meurtre

Par qui ? Un inconnu

Où ? Trinkut, province de Zabul

Date: 12 juin 2019

Nom : Abdul Raouf Emalzai

Travail : Fixeur, accompagnateur et sécurité pour Shamshad TV

Comment ? Meurtre

Par qui ? Taliban

Où ? Kabul

Date: 1 Juillet 2019

Nom: Nader Shah Sahibzada

Travail: Présentateur et producteur à la radio « Voice of Gardiz »

Comment ? Meurtre

Par qui ? Des inconnus

Où ? Gardiz dans la province de Paktia

Date: 13 juillet 2019

Nom: Abdul Hamid Hotaki

Travail: présentateur à Hewad Radio

Comment ? Sauter dans une mine

Par qui ? Taliban

Où ? Province de Kandahar

Date: 25 septembre 2019

Nom: Waheed Mujda

Travail : écrivain, rédacteur et analyste politique

Comment ? Assassinat

Par qui ? Des inconnus armés 

Où ? Kabul

Quand ? 20 novembre 2019

berny mugisha

Articles d’Hafiz Ahmad Miakhel

40 ans de tyrannie en Iran, Khamenei et le cauchemar de l’échec

Le rapport choquant publié par Reuters sur le massacre en Iran, était finalement la preuve la plus probante de la faiblesse du régime. D’ailleurs, 3 sources du Ministère de l’Intérieur iranien ont confirmé les 1500 morts et 12000 arrestations, en concordance avec les chiffres publiés par l’Organisation des Moudjahidine du peuple d’Iran (OMPI), qui a défini les victimes comme “les forces ennemies de l’Iran”.

Mulla Farzaneh, représentant de Khamenei et Imam lors de la Prière du Vendredi à Mashhad, a déclaré le 20 décembre:

« Les gens sont frustrés et quand la colère explose, rien ne pourra l’arrêter. Les incidents tragiques se sont récemment produits. Si leurs demandes sont ignorées, il n’y a aucun doute sur ce qui se passera dans les prochains jours. Ils enlèveront notre peau, mangeront notre chair et écraseront nos os. Nous sommes confrontés à une situation très, très dangereuse”.

Résultat des 40 ans de tyrannie

Après 40 ans, le mécontentement résultant de la tyrannie religieuse sauvage, et de la pauvreté due à la corruption et au pillage du clergé, ont atteint leurs plus hauts niveaux.

Selon le journal d’Etat Arman, entre 40 et 45% des populations vivent sous le seuil de pauvreté dans un pays riche en pétrole et bien d’autres ressources naturelles.


Il n’y a plus de classe moyenne et la société est devenue bipolaire.


Le 17 décembre dernier, Farshad Momeni a écrit: ”La société est en train d’exploser de telle manière que sa colère accumulée peut être comparée à une bombe à retardement.« 

Bien sûr, Khamenei ne pourra pas contrôler les rebelles, même avec tout son système répressif. La terreur a également changé il y a longtemps. La colère des jeunes est si grande qu’elle a découragé le régime de continuer à réprimer. Le malheureux candidat à la présidence Mohammad Baqer Qalibaf, a participé contre l’actuel président de l’Iran, Hassan Ruhani, et d’autres candidats à un débat, où il a déclaré que 4% des Iraniens sont riches, tandis que 96% des populations ne peuvent même pas survivre. Il n’y a plus de classe moyenne et la société est devenue bipolaire.

Maintenant, dans ces circonstances, le régime sera tout à fait capable de contrôler l’emportement et l’irritation des gens. Après avoir libéré les 150 milliards de dollars bloqués par les États-Unis et l’argent gagné pour la vente du pétrole au cours des trois dernières années, les populations sont devenues plus pauvres à tel point que leur colère a explosé en 2017 et 2018. Et elles sont finalement descendues dans la rue.

Lorsque les ressources du pays ne sont pas pillées, elles sont utilisées pour réprimer la population ou nourrir le militantisme de ce régime.

Une nouvelle vague de chômage et de faim se profile à l’horizon; la réduction des exportations de pétrole n’a fait que doubler le chaos. Dans un discours largement diffusé sur le renversement du régime, Mulla RazaviArdakani, Imam du Vendredi de Shiraz, a déclaré le 20 décembre: ”Ce problème existe depuis les premiers jours de notre révolution et durera encore longtemps« .

Ces précautions prises par les représentants du chef révèlent qu’ils ont peur de ce qui peut se passer dans les prochains jours et qu’ils n’ont pas un bon plan à contrôler. Tous ses fonctionnaires et experts sont frustrés de ne pas trouver de nouveaux moyens pour éviter les émeutes.

Le régime des mollahs, pire que Shah d’Iran

Comparant le soulèvement de novembre aux derniers meurtres à Shah, qui a conduit à son effondrement, Hossein Musavian, ancien Premier ministre du régime, a souligné: “Les incidents sont graves et nous ne pouvons pas analyser l’ensemble des forces, leurs relations les unes avec les autres, et leurs complications en utilisant le schéma précédent. Tant de choses se sont passées qu’elles ne peuvent être comparées avec les précédents incidents de 2009 et 2017”.

De l’autre côté, Maryam Rajavi, leader de l’opposition en Iran, a commenté: “ces jours-ci, Khamenei est au milieu d’un cauchemar au sujet de son échec. Il sait parfaitement que ce feu ardent de colère qui a été mis dans tous les coins du pays, atteindra sa propre maison”.

Voilà pourquoi Khamenei ordonne si facilement la suppression des réserves.

« Un petit prince au pays des Mollahs », une dénonciation en version Bande Dessinée

Découvrez l’interview de l’auteure de cet article, Raouf Massoumeh, qui présente son livre « Un petit prince au Pays des mollahs ».  

L’histoire de son jeune frère, Ahmad Raouf Bachari Doust, arrêté cinq ans avant -à l’âge de 16 ans- et qui fera partie des 30 000 prisonniers politiques exécutés.

D’autres articles sur l’Iran