IRAN – La catastrophe nationale de la Covid19 frappe toujours

Pendant plusieurs jours d’affilée, les statistiques officielles du régime iranien portant sur les décès dus au coronavirus, ont été supérieures à 300 par jour. Le jeudi 28 octobre, 415 décès ont été signalés par les autorités. Bien que cette statistique soit nettement inférieure aux statistiques réelles, elle prouve les dimensions de la catastrophe qui frappe le peuple iranien.

Selon M. Mardani, membre du comité de lutte contre le coronavirus, la statistique réelle est deux fois et demi plus importante que la statistique officielle.

Des réactions critiquent la gestion de la crise

Le Président iranien, Hassan Rohani, a déclaré, à la suite du rapport du Ministre de la Santé sur la situation catastrophique de l’épidémie de coronaropathie, les moyens efficaces pour faire face à la vague croissante de cette pandémie:

Il n’y a pas d’autre choix que la patience, le don de soi, la dévotion et la prudence.” (Site de Rouhani, 21 Octobre 2020)

« Les restrictions mises en place pour prévenir la propagation du coronavirus ne sont pas appliquées et sont un soulagement pour els autorités car c’est une échappatoire à toute responsabilité » a déclaré Ahmad Naderi, membre de la commission parlementaire de la santé, sur le site web d’Etat Vatan-e-Amrooz, le 15 Octobre 2020.

« Bien sûr, le président lui-même suit bien les protocoles de santé et ne se rend pas en public de peur de contracter le virus, mais il est indifférent à la mise en place de mesures préventives pour briser la chaîne du coronavirus » a-t-il ajouté.

Peu importe les statistiques, compte tenu de l’état actuel des hôpitaux et du nombre croissant de patients chaque jour, il est très clair que le coronavirus en Iran a causé plus de décès que jamais auparavant et qu’il n’y a aucune tentative pour endiguer sa tendance haussière. (Journal d’État Sharq, 19 Octobre 2020)

Dans son rapport du 22 octobre 2020, le Centre de Recherche Parlementaire a critiqué l’approche iranienne face à la pandémie, citant deux méthodes communes en Corée du Sud, notamment « la quarantaine complète et le dépistage maximum » qui ont largement contribué à endiguer la maladie.

Il a jugé infructueuse, la mise en œuvre de politiques similaires en Iran et a écrit: « En Iran, aucune de ces deux politiques n’a été mise en œuvre correctement et complètement. Ni la quarantaine urbaine (en général ou dans les centres d’épidémie) n’a été sérieusement poursuivie, ni la politique de dépistage et d’isolement maximum n’a été poursuivie.” (Le Journal d’État Arman-e-Melli, 22 Octobre 2020)

« Le Ministère de la Santé a rédigé et approuvé des instructions et des protocoles pour chaque étape de la crise, mais ils ne sont pas mis en œuvre » a déclaré Mardani, membre du Comité Scientifique du Groupe de Travail National de Lutte Contre les Coronavirus (NCCT), au journal d’Etat Vatan-e-Amrooz, le 15 Octobre 2020. « Vous allez voir qui bloque sa mise en œuvre.« 

Bien que les membres du CNCT (Conseil national de la résistance iranienne) considèrent la fermeture et les restrictions supplémentaires dans les villes critiques comme le meilleur moyen de couper la chaîne de transmission de la COVID-19, le régime iranien continue d’insister sur la non-fermeture.

Se référant aux différentes stratégies qui existent pour faire face à la COVID-19, Mardani a déclaré: « Jusqu’à présent, 15 à 25 pour cent de la population du pays ont été infectés, et si nous voulons assurer la sécurité de la population, 60 pour cent doivent être infectés. Dans ce cas , nous subirons de graves pertes et, par conséquent, ce n’est pas seulement inefficace mais aussi inhumain.« 

Trois méthodes pour faire face au coronavirus 

Le premier groupe de pays a opté pour une quarantaine complète.

Le deuxième groupe de pays s’est vanté de la sécurité de la population et a choisi de laisser le virus poursuivre sa propagation sans aucune quarantaine afin d’obtenir l’immunité collective. Il est vite devenu évident que l’adoption de cette politique est très risquée car en cas de multiplication excessive du virus, des mutations du virus peuvent se produire. De hauts fonctionnaires de l’Organisation Mondiale de la Santé considèrent que cette politique est immorale.

Le troisième groupe de pays a augmenté le nombre de kits de diagnostic et de tests pour identifier les cas suspects de coronaropathie, puis a utilisé la recherche des contacts pour limiter la propagation. Cette méthode a été utilisée dans la plupart des pays du monde et s’est révélée fructueuse.

La performance du régime iranien s’inscrit davantage dans la catégorie de la sécurité des populations. Les propos choquants du Ministre de la Santé montrent clairement que l’objectif du régime iranien est de parvenir à cette immunité collective. « Le virus s’est multiplié par 10 … L’une de mes inquiétudes est que, Dieu nous en préserve, nous tombons dans un trou noir dont il est très difficile d’en sortir » a déclaré le Ministre de la Santé.

S’ils ne réparent pas nos ailes cassées, il n’y aura pas d’épidémie dans ce cas. Nous allons ramasser les cadavres et les blessés au fond de la rivière. Les gens savent que je ne peux pas créer une épidémie tout seul. Les gens savent que si un jour l’échec de la gestion de l’épidémie est signalé au Ministère de la Santé, mes lèvres se délieront, et je dirai qui a échoué. » (Khabarfori, 19 octobre 2020)

Un journal gouvernemental a déclaré avec sarcasme que maintenant le coronavirus peut être considéré comme un ennemi militaire. En raison de nombreux problèmes économiques, de la dévaluation de la monnaie nationale, de la hausse constante des prix depuis 1999, et maintenant de cette pandémie de coronavirus, le peuple iranien est confronté à quelque chose contre lequel on peut s’opposer.

Cela se produit à un moment où il ne fait aucun doute que les deux dernières années, par rapport à 2020, ont connu de meilleures conditions économiques. Nous avons eu les émeutes de janvier 1996, qui se sont transformées en un soulèvement fondé sur des problèmes économiques.

Deux ans plus tard, nous avons tous constaté que l’augmentation du prix de l’essence du jour au lendemain a entraîné les événements sanglants de novembre 1998. Les crises économiques de 1996-98 ne sont en aucun cas aussi importantes que celles de 1999 et ce que les gens traversent ces jours-ci.

Khamenei avait précédemment déclaré que nous voulions faire du coronavirus une opportunité. Pour Khamenei, quelle peut être cette opportunité si ce n’est de garantir la survie du régime en brisant l’esprit du peuple iranien?

Que peut-on en conclure sur le régime des Mollahs ? 

Le régime iranien cherche en toute sécurité à étouffer la société et à anéantir un autre soulèvement en faisant un à deux millions de morts après avoir infecté au moins 60% de la population. Un journal gouvernemental déclare que malgré les efforts du gouvernement pour produire l’unité des iraniens en réponse au coronavirus, il semble que ce problème soit également devenu un enjeu politique en Iran.

Cela peut également être bien compris dans les remarques de Hassan Rohani ces derniers jours, qui a présenté le discours de la Maison-Blanche comme la source de tous les problèmes de l’Iran et a de nouveau détourné l’attention des politiques du régime qui ont eu un impact négatif sur le peuple iranien.

Le Coronavirus est considéré comme une tragédie pour le peuple iranien, mais il a également eu des avantages pour le système actuel du pays et l’a protégé d’un autre soulèvement jusqu’à présent.

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IRAN – Mort de Mohammad-Reza Shajarian, chanteur légendaire militant et engagé

Le plus célèbre chanteur et compositeur iranien est décédé ce jeudi 8 octobre 2020 à l’âge de 80 ans à l’hôpital Jam de Téhéran, des suites d’un long combat contre le cancer. Chanteur, instrumentiste et compositeur engagé, Mohammad-Réza Shajarian a incarné plus que tout autre pendant un demi-siècle la musique traditionnelle et classique iranienne à l’étranger comme en Iran.

Mohammad-Reza Shajarian maître de la musique traditionnelle persane était connu pour ses prises de position publiques contre la répression brutale des manifestations nationales de 2009 et pour sa rhétorique contre le régime.

Très vite après l’annonce de la mort de l’Ostad (qui signifie « maître » en persan), des milliers d’admirateurs de tous âges ont convergé vers l’hôpital Jam de Téhéran où il avait été admis il y a quelques jours dans un état critique, selon des journalistes de l’AFP sur place.

La foule qui s’est rassemblée devant l’hôpital Jam a scandé « Mort au dictateur« , « La télévision et la radio officielles sont une honte« , reprenant le chant de Shajarian lors des manifestations de 2009.

Les forces de sécurité iraniennes ont attaqué les personnes en deuil. Puis elles ont dispersé les foules qui célébraient la vie de Shajarian et protestaient contre la censure de son art et de sa musique.

Le régime a également tenté d’opprimer les voix du peuple iranien en limitant la bande passante de l’internet pendant ces manifestations. Mais certains ont pu poster de courtes vidéos sur les médias sociaux. Une vidéo a été largement diffusée sur les médias sociaux.

Elle montre Shajarian dans sa voiture qui brandit un symbole de paix tout en disant «Mort au dictateur» pendant les manifestations. Malgré les efforts du régime pour soumettre et contrôler l’expression artistique de Shajarian, cette manifestation publique démontre son importance pour le peuple iranien.

https://twitter.com/binam1418/status/1314253597924904963

L’héritage de Shajarian en matière de «solidarité avec le peuple»

Bien que Mohammad-Reza Shajarian soit un artiste iranien légendaire qui a changé le visage de la musique classique iranienne, il était également aimé du peuple à cause de ses discours contre le régime.

Dans une interview accordée à Euronews en 2015, Shajarian avait dit qu’il était populaire pas seulement pour sa musique. Il savait que le peuple l’aimait aussi parce qu’il était aux côtés du peuple, et non de l’élite dirigeante.

«Les artistes doivent faire très attention à leur comportement. La communauté est très intelligente et consciente. J’ai essayé de prendre le parti du peuple. Ma musique est pour le peuple, pas pour les ministres et les hommes d’État.»

Il était également un fervent partisan de la liberté. Dans plusieurs interviews, il a déclaré que les Iraniens finiraient par l’emporter sur le régime. Il avait foi en la force de son peuple pour aller arracher sa liberté.

«La mentalité de la majorité est une priorité par rapport à la mentalité d’une seule personne et finalement, la majorité l’emportera», a-t-il déclaré dans une interview accordée à la chaîne de télévision australienne SBS en 2010.

Dans une autre interview, il a déclaré que «les gens se battront pour ce qu’ils veulent et finiront par réussir.»

Sa musique chantait les rêves de liberté des Iraniens En 2002, Mohammad-Reza Shajarian a déclaré que l’Iran n’avait pas encore connu la démocratie et que sa musique reflétait la douleur et la souffrance du peuple.

«Il suffit de regarder notre histoire. Elle est pleine de guerre, de meurtres, de misère, de pression et de tyrannie. Et nous n’avons toujours pas vu la démocratie. Ma musique reflète cette situation. On ne peut pas demander à la musique de fermer les yeux et de se contenter de s’amuser et de danser. Nous n’avons pas encore atteint le moment d’utiliser ce genre de musique. Pour l’instant, notre musique reflète notre douleur. Tout cela découle de la tyrannie et de l’oppression. Tout notre art a changé pour refléter cela.»

Dans une chanson sortie en 2009, Zaban-é Atache (Langage du feu), il lançait un « Laisse ton fusil à terre mon frère« , compris immédiatement comme un message aux forces paramilitaires qui tirent sur les manifestants. L’artiste avait alors assuré que ses chansons ont toujours un rapport avec la situation politique et sociale du pays, même lorsqu’il chante les poèmes lyriques de Hafez ou Rumi. Boycotté dans les médias contrôlés par les mollahs Shajarian avait l’interdiction d’organiser des concerts depuis 2009. C’est à ce moment qu’il a défendu les manifestants du simulacre d’élection présidentielle des mollahs.

Sa musique a également été interdite de diffusion à la télévision publique, y compris sa célèbre prière du Ramadan, «Rabanna.»

Lors d’une cérémonie en l’honneur du légendaire poète iranien Hafez, en avril 2015, Shajarian a répondu au public qui l’encourageait à chanter.

Il lui a dit: «Je vis dans un pays où, depuis plusieurs années, il m’est interdit de chanter pour mon propre peuple.» En raison de sa popularité massive, le régime n’a pu riposter qu’en interdisant ses concerts et ses albums. Cela n’a fait que le rendre plus populaire.

Après une interdiction de 11 ans, la chaîne de télévision officielle, IRIB TV, a montré son image pour annoncer la nouvelle de sa mort jeudi 8 octobre 2020. Shajarian enterré près de la tombe du poète persan Ferdossi Mohammad-Réza Shajarian a été inhumé samedi 10 octobre dans la ville de Tous, près de la tombe du poète du dixième siècle Ferdossi, auteur de l’épopée persane Chahnameh (le Livre des Rois).

Son corps a été transporté le lendemain dans la ville sainte chiite de Mashhad, capitale de la province du Khorassan-é Razavi (nord-est), où il est né. Craignant de manifestations majeures, le régime a organisé les funérailles de M. Shajarian sous de hautes mesures sécuritaires.

Une foule d’«environ 150 personnes» dont sa famille était présente dans la cour du mausolée lors de l’enterrement. Des milliers personnes se sont rassemblées à l’extérieur, chantant les chansons de l’«Ostad» et regardant la cérémonie sur de grands écrans. Homayoun Shajarian a remercié les participants d’assister à la cérémonie de son père, en dépit «des difficultés».

Maryam Radjavi: son hommage à une voix irréductible en faveur de la liberté et d ela démocratie

Concernant le décès de M. Shajarian, Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) a déclaré:

«J’adresse toutes mes condoléances au peuple iranien et à la communauté des artistes, à la famille et aux amis de Shajarian pour la perte d’un des plus grands artistes d’Iran. Certes, ses œuvres brillantes lui survivront et s’inscrivent au nombre des trésors inestimables de l’art national. Shajarian a déclaré à plusieurs reprises dans des interviews qu’il faisait face à une dictature qui voulait le soumettre et qu’il refusait de plier. Il ne fait aucun doute que la communauté artistique en Iran et les amoureux de la musique iranienne nourriront davantage ses œuvres, ses enseignements et ses innovations et viendront enrichir les joyaux uniques de l’art et de la culture de notre pays. Sa voix a toute sa place dans le cœur de millions d’Iraniens depuis plusieurs générations et ne peut être réduite au silence. Le régime des mollahs ayant empêché la participation nombreuse aux obsèques de Shajarian, nous continuerons de rendre hommage à cette voix irréductible contre la dictature, jusqu’à sept jours. »

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IRAN – « Le tsnunami » du Covid19 continue ses ravages

La pandémie de la Covid-19 continue en Iran et bien que la censure nous empêche d’avoir une vision transparente de la situation du pays, plusieurs signaux concordants confirme l’existence d’un drame sanitaire. La mise en garde du chef du Centre national de lutte contre le coronavirus à Téhéran est un signal de plus durant cette crise qui a déjà tué des milliers d’iraniens, à commencer par les prisonniers politiques en prison.   

« Les unités de soins intensifs du pays sont saturés de malades du coronavirus et le pourcentage de décès en USI est très élevé. La situation à Téhéran est très dangereuse, le virus devient incontrôlable » – Agence Mehr, le 5 octobre 2020.

« 105 hôpitaux de la province de Téhéran admettent des malades du coronavirus, mais sont complets. » – Hamshahri, 4 octobre 2020.

Le Président du conseil de Téhéran a comparé cette catastrophe au tsunami: « Nous sommes à un pas d’un tsunami de victimes du coronavirus » – Hamshahri, 4 octobre 2020.  

En donnant des chiffres précis, le gouverneur de Téhéran a confirmé ces propos: «Le 1er septembre nous avons eu 2860 hospitalisations, le 2 octobre 4868, et nos décès augmentent au même rythme» – Télévision officielle, 3 octobre 2020  

Concernant l’augmentation des malades, l’association des spécialistes des maladies infectieuses a déclaré qu’ «il est prévu que la mortalité quotidienne atteigne 600 personnes et atteindra d’ici décembre 900 personnes».  – Télévision officielle, 3 octobre 2020.

Alireza Zali, chef du centre national de lutte contre le coronavirus (CNLC) à Téhéran présente la dégradation de la situation dans la capitale d’une autre manière: « L’écart entre l’hospitalisation et le décès est de moins de 48 heures dans de nombreux cas à Téhéran. Le personnel médical n’a pas le temps de délivrer des soins. Si la maladie se développe nous aurons à Téhéran 3 à 5 fois plus de malades et 1,5 à 3 fois plus de décès. » – Agence ISNA, 3 octobre 2020.

Le régime a toujours essayé de cacher que la vague de contagion dans tout le pays est principalement due aux célébrations religieuses publiques du mois de Moharram, sur lesquelles les autorités ont tant insisté.

Bien que l’Iran soit désormais confronté à une véritable catastrophe, « le gouvernement se soustrait à ses responsabilités (face au coronavirus) sous divers prétextes. Fait intéressant, il donne l’adresse de la Maison Blanche à la population comme cause de ces problèmes. » – Quotidien Siasat-e-rouz, 6 octobre 2020. 

Copyright – Agence de presse ISNA

Aucun budget pour la lutte contre la Covid-19

Dans de nombreux pays touchés par le coronavirus, en plus de fournir des soins médicaux, le gouvernement a élargi son champ d’action et a accordé des subventions aux salariés et aux groupes à faibles revenus.

Or en Iran, aucun budget spécial n’a été alloué au ministère de la Santé, aucune allocation n’a été versé aux travailleurs confinés et «le gouvernement compte toujours sur le fait que la population se procure elle-même ses besoins fondamentaux.» – Siasat-e-rouz, 6 octobre 2020.

Un grand nombre de gens n’ont pas les moyens d’acheter un masque au quotidien.

Par exemple, une famille de 5 personnes doit acheter 5 masques. Chaque masque coute 1500 rials iraniens par jour, ce qui est impossible pour les familles vivant sous le seuil de pauvreté et qui constituent la grande majorité de la population.

Maryam Radjavi, la dirigeante de l’opposition iranienne, a salué les médecins et les infirmières qui tentent de sauver la vie des patients en courant les risques les plus élevés.

A présent, a-t-elle déclaré, « tout le monde voit que le régime clérical est directement responsable du nombre croissant de victimes du coronavirus. Au lieu de financer les travailleurs pendant plusieurs mois avec les milliards de dollars de richesses et de biens de la nation iranienne accaparés par Khamenei, le guide suprême des mollahs, ce dernier et Rohani les envoient à l’abattoir du coronavirus et dilapident les ressources du pays dans la guerre, le terrorisme et des projets nucléaires et de missiles« .

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IRAN – Téhéran aspire à la révolte, les mollahs songent à déplacer la capitale

Own work

La base «Khatam», le centre de commandement supérieur des opérations militaires en Iran, a écrit une lettre officielle au président Rohani, lui demandant de transférer de la capitale iranienne. Un membre de la commission de la sécurité nationale du Parlement iranien a déclaré que la demande avait été faite en raison de la crainte de nouvelles protestations populaires et de désobéissances civiles. Il a gardé secret le nom du lieu qui remplacera la capitale.

Cette base «Khatam», chargée de planifier et de coordonner les opérations des forces armées iraniennes (l’armée officielle et les gardiens de la révolution islamique), est le plus haut niveau des opérations militaires en Iran.

Au cours des deux dernières années, l’Iran a été confronté à deux soulèvements populaires majeurs. Les responsables du régime admettent que la raison de cette demande hâtive (à un moment où les caisses de l’Etat sont vides) est la peur de nouvelles émeutes, exacerbées par la mauvaise situation économique du pays.

Abolfazl Torobi, membre de la Commission de la sécurité nationale et de la politique étrangère du Parlement, a déclaré la semaine dernière aux agences de presse officielles iraniennes que le lieu de transfert de la capitale avait été choisi et que la base de ‘Khatam al-Anbia’ (Subdivision économique des Gardiens de la révolution) était prête à concevoir et à construire cette nouvelle capitale administrative et politique, de A à Z.

Selon Torabi, retirer des casernes, des universités, des grandes usines automobiles comme ‘Iran Khodro’ et ‘Saipa’ de Téhéran est l’une des mesures à prendre. Il a explicitement déclaré que la concentration excessive de personnes, de richesses, de connaissances et d’industries à Téhéran est une menace réelle et un risque potentiel d’attaques militaires et de désobéissance civile.

L’antécédent de ce plan

Depuis au moins 30 ans, certains experts ont suggéré de déplacer la capitale pour réduire la migration des petites villes et villages vers Téhéran, la pollution de l’air, le trafic et décentraliser l’administration.

L’emplacement de Téhéran dans une zone sujette aux tremblements de terre était une autre préoccupation des experts qui voulaient déplacer la capitale. Mais c’est la première fois que les institutions militaires se concentrent ouvertement sur cette question de la sécurité du régime.

Selon le dernier recensement du Centre national de statistique en 2016, la population de la capitale était de 13 267 000 personnes et devrait atteindre 20 millions d’ici 2026.

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Les expériences d’émeutes urbaines à Téhéran

La République islamique n’a pas été confrontée à un soulèvement urbain grave pendant très longtemps après les répressions sanglantes et des années 1980.

Dans les premières années de la fin de la guerre Iran-Irak et au début des années 90, des soulèvements ont eu lieu dans les banlieues de Mashhad (nord-est de l’Iran), Qazvin (80 km à l’ouest de Téhéran) et Islamshahr (une zone ouvrière au sud de Téhéran). Elles ont été rapidement réprimées et n‘ont pas pu se développer.

Le seul soulèvement qui a secoué la capitale iranienne pendant plusieurs jours a eu lieu en juillet 1999, lorsque la police a attaqué un dortoir d’étudiants dans le centre de Téhéran. L’attaque a marqué le début d’un mouvement étudiant à grande échelle qui a provoqué des troubles généralisés à Téhéran et s’est étendu aux universités de villes telles que Tabriz.

Mais l’expérience de ce soulèvement urbain de plusieurs jours et les faiblesses de l’appareil répressif ont incité le gouvernement à décider pour la première fois de retirer les casernes militaires de Téhéran dans un parlement dominé à l’époque par des réformistes pro-Khatami. Les partisans de ce plan se sont souvenus de l’expérience de la révolution en 1979 lorsque le peuple s’est emparé des casernes militaires et a réussi à récupérer les armes qui s’y trouvaient. Ceci a conduit à la chute de la dictature monarchiste.

Aujourd’hui, avec l’expansion incontrôlée et massive de Téhéran, davantage de casernes et de sites militaires sont situés dans la capitale. Selon ce plan, si la capitale devenait hors de contrôle en raison du soulèvement du peuple, la possibilité d’armer la population serait très faible et les forces militaires présentes dans les casernes à l’extérieur de la capitale pourraient reprendre Téhéran plus facilement.

La demande de retrait des casernes de la capitale montre que ce plan n’a pas suffisamment avancé. La deuxième grande agitation qui a longtemps transformé Téhéran en une scène de manifestations généralisées a été la protestation contre les résultats de l’élection présidentielle de 2009.

Ce mouvement, d’abord massif, a souffert de l’incompétence de ses dirigeants pro-Khatami et n’a pas réussi à gagner le soutien des masses, en particulier de la classe ouvrière et des quartiers pauvres de la capitale.

Le soulèvement de décembre 2017-janvier 2018, qui a concerné 140 villes d’Iran et a ébranlé les fondations du gouvernement des mollahs pendant plusieurs jours, a ramené la question de la sécurité de la capitale, en particulier la protection des bâtiments gouvernementaux, des sites militaires et des agences de renseignement.

Plus récemment, lors du soulèvement national de novembre 2019, les mollahs ont été confronté à la plus grande menace depuis trois décennies pour la sécurité du régime. Leur cauchemar de renversement du régime a été réel. Environ 200 villes iraniennes se sont révoltées et selon Reuters, plus de 1500 personnes ont été tuées par les forces de sécurité.

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Dispersion des zones sujettes aux émeutes

Il existe plusieurs «résolutions» approuvées par le gouvernement, le Conseil suprême de sécurité nationale et le ministère des Sciences concernant le transfert des universités et des résidences étudiantes situées à Téhéran.

En effet, l’expérience a montré que les étudiants peuvent être le moteur de ces mouvements. La population étudiante de la capitale est estimée à environ 400 000 personnes. Le départ de grandes usines comme ‘Iran Khodro’ et ‘Saipa’ est également prévu dans le plan de transfert en question, qui semble être à l’ordre du jour en raison de l’intensification des manifestations et des grèves. A eux deux, ces deux grands complexes automobiles rassemblent 110 000 personnes.

Quoiqu’il en soit, avec ces propos des hauts responsables de la République islamique, on voit bien que les mollahs s’endorment avec la peur d’un soulèvement populaire incontrôlable et que Téhéran se réveille avec le rêve d’une révolte décisive. Pour ceux qui ne croient pas aux miracles, le temps va trancher entre les peurs et les rêves.

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LIBAN – Guerre et Paix, le symbole de la Beit Beirut

«L’art est le plus court chemin de l’homme à l’homme» – André Malraux


La guerre civile libanaise entre 1975 et 1989 a eu des effets profonds et dévastateurs sur le peuple libanais. Des milliers ont été tués et d’autres sont toujours portés disparus. L’après-guerre n’a jamais pu retrouver le goût d’avant-guerre. Pour réunir les Libanais et permettre de refonder le « vivre ensemble », l’art a servi de lien. Symbole de ce lien entre libanais, le batiment nommé la Beit Beirut, symbole d’une unité difficile à maintenir et ouverte à tous.

Selon Jean-Pierre Klein, ce type d’œuvre dévoile la quintessence de ce que le culturel peut apporter à une société civile: une «entremise destinée à mettre d’accord, à concilier ou à réconcilier des personnes, des partis, des États».

Connaitre le Liban à travers une œuvre d’art aimé et partagé par tous, c’est prendre l’histoire du Liban sous un angle particulier. Le lieu nommé «Beit Beirut» incarne les étapes du développement urbain et social de la capitale libanaise.

Beith Beirut: un symbole historique de la société multiculturelle libanaise

Beit Beirut est un musée vivant témoin de la guerre civile libanaise. Un témoin de la guerre civile libanaise, un héritage qui peut être partagé par les Libanais afin de tirer les leçons du passé douloureux et sanglant.

Sa forme reflète les caractéristiques sociales, culturelles et politiques de la ville. Édifié en 1924 par l’architecte libanais Youssef Afandi Aftimos, puis surélevé en 1932 de deux étages supplémentaires par l’architecte Fouad Kozah, Beit beruth est surnommée la «maison jaune» à cause de son grès ocre employé pour sa construction.

Détruite, reconstruite, témoin des horreurs de la guerre civile alors que ce lieu était devenu un dépôt pour les armes de guerre et un terrain privilégié pour les snipers. Les plaies du bâtiment sont aujourd’hui le symbole des effets psychologiques de la guerre gravée dans le subconscient du peuple libanais.

Il suffit d’un coup d’œil sur le bâtiment pour comprendre la représentation artistique et culturelle entre ses deux bâtiments qui ne font qu’un.

Maquette finale d’avant-projet d’ingénierie de Beit Beirut.

Le bâtiment jaune a résisté aux nombreuses tentatives de démolition des années 1990 grâce à l’appui de la société civile. Finalement, le bâtiment est devenu la propriété de la municipalité de Beyrouth et la décision de démolition a été annulée. Le projet de réhabilitation a conservé ses caractéristiques anciennes, mêlant les cicatrices du temps à la modernité, pour rester un espace ouvert et interactif documentant l’histoire de Beyrouth ancienne et moderne avec une exposition permanente.

Et plusieurs années plus tard en 2006, un projet de réhabilitation est né. La ville de Paris et la ville de Beyrouth ont uni leurs compétences pour atteindre l’objectif souhaité. Selon une approche intégrant préservation patrimoniale et innovante technologiquement, l’immeuble Barakat (du nom de ses propriétaires) est un lieu qui devait devenir un lieu de mémoire, de débat, d’échanges, de rencontres et d’Histoire, à même de réunir les citoyens en un lieu ouvert au public.

Aujourd’hui, la culture se transmet oralement grâce à la musique diffusée sur place, et dont le but est de transformer les vibrations négatives en vibrations positives, étant donné que chaque coin de la place nous ramène à l’époque de la guerre civile libanaise.

Beit Beirut, sa survie dépend-il des décisions politiques ?

L’aventure de ce lieu est comme la ville de Beyrouth, un combat du présent. Cet édifice souffre d’un manque de soutien financier et moral. Jusqu’à présent, aucun comité culturel n’a été nommé pour s’occuper des affaires de Beyrouth.

Ce n’est pas étonnant dans un pays comme le Liban, pays des contradictions et de la procrastination bien connue des services administratifs de la municipalité de Beyrouth. Conséquence, le lieu n’est ni valorisé, ni respecté. Il n’y a presque pas de promotion, que ce soit lors des événements artistiques ou pour d’autres événements. Et que dire de la page Facebook et du site web qui ne sont pas très actifs ?

Désormais, la Beit Berut est fermée au grand public sauf les jours où il y a des expositions d’art. Certains artistes comme Zeina El Khalil ont notamment utilisé la projection vidéo et la sculpture, quitte à désacraliser le lieu.

Car l’objectif de ces artistes libanais, est de «transformer cette ancienne machine à tuer en une plate-forme pour la guérison, la paix et la réconciliation» (agendaculturel, 2017).

L’art comme témoin d’une époque de transition

L’art devient le seul témoin de la réconciliation et la guérison du passé douloureux. Et indirectement, la société libanaise devient dynamique et innovante. Un processus de transformation de l’énergie négative et des éléments de violence et de destruction en énergie positive qui répand l’amour et la paix.

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#Repost @theslowfactory with @get_repost ・・・ On August 4, 2020 two massive explosions erupted in the port of Beirut, Lebanon, destroying homes, businesses, and full city blocks and injuring thousands. So far, 300,000 people are now homeless, 5,000 have been injured and 135 people have died. As more people are being reported missing and buildings keep collapsing, these numbers will likely keep increasing. A state of emergency has been declared and the army will be taking over the city for two weeks. Beyond loss of life and massive wreckage to the city, this explosion has severe consequences for the livelihood of the entire country. Up to 80 percent of the country's food needs are imported in any given year while the port of Beirut handles 60% of all Lebanon imports. With the destruction of the port, access to food, basic necessities, and medical supplies is now close to none. While we need to rebuild Beirut, the explosions are just one example of the mismanagement and negligence of the Lebanese government. Everyone must play a part by holding the Lebanese government accountable, sharing accurate information, donating wherever you can and demanding your country’s officials put international pressure to investigate this disaster. Swipe for more information on how to help >> Follow & support the below >> Domestic workers aid @egnalegna @alinedeloscampos Food relief aid @lebfoodbank @ahlafawda @atfalouna.leb @kafe_be_kafak @foodblessed General relief aid @lebaneseredcross @offre.joie @beitelbaraka @impact.lebanon @baytna_baytak @daleelthawra @lebanonneeds @rebuild_beirut #lebanon #beirut #beirutlebanon

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Beit Beyrout fait partie de nombreux projets à l’ordre du jour, au même titre que le Musée de l’Histoire de Beyrouth (Place des Martyrs), le Musée Archéologique de Beyrouth et la Maison de Fairouz. La réalité libanaise se transforme en activant le travail de ces lieux.

Est-ce que la suppression des effets psychologiques de la guerre civile commence par la destruction de tout ce qui la symbolise, y compris Beit Beirut ?

Après l’explosion du mois d’aout, les symboles d’unité nationale reste primordiale, et selon moi, Beit Berut est tout en haut de la liste.

Toujours debout, icône de la guerre civile, dédiée aux citoyens et à la mémoire, porteuse des valeurs du vivre ensemble avec le reste de la société, témoin de l’histoire architecturale libanaise, témoin d’une guerre qui a enflammée le pays pendant quinze ans et plus. Beit Berut est plus qu’un simple musée ou un haut lieu culturel, c’est la résistance artistique face à la violence au Liban. 

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IRAN – Le lutteur Navid Afkari exécuté malgré la mobilisation internationale

Le régime iranien a exécuté le samedi 12 septembre 2020 Navid Afkari, champion de lutte âgé de 27 ans, au mépris des appels de la communauté internationale à mettre fin à cette exécution. Navid Afkari, un manifestant, a été arrêté en 2018, avec ses deux frères à Chiraz. Le 2 août 2018 comme plusieurs autres villes d’Iran, Chiraz avait été le théâtre de manifestations hostiles au pouvoir et dénonçant la situation économique et sociale du pays.

Après des mois de tortures horribles et des «aveux télévisés», Navid a été condamné à deux peines d’exécution dans des circonstances louches, pour le meurtre d’un fonctionnaire lors d’une manifestation antigouvernementale.


Ils me battaient avec des bâtons et des matraques, me frappant les bras, les jambes, l’abdomen et le dos.


Ses frères Vahid et Habib ont été condamnés respectivement à 54 et 27 années de prison dans la même affaire. La requête de Navid Afkari demandant un nouveau procès a été rejetée par la Cour suprême du régime.

Dans une lettre qu’il a transmise secrètement de la prison, Navid a écrit: « Pendant environ 50 jours, j’ai dû endurer les plus horribles tortures physiques et psychologiques. Ils me battaient avec des bâtons et des matraques, me frappant les bras, les jambes, l’abdomen et le dos. Ils mettaient un sac en plastique sur ma tête et me torturaient jusqu’à ce que je suffoque au bord de la mort. Ils ont également versé de l’alcool dans mon nez« .

«Trampled Humanity»

Amnesty International a publié un rapport choquant, «Trampled Humanity», le 2 septembre 2020, confirmant le recours par le régime à de graves tortures, en particulier contre les personnes détenues lors de deux manifestations nationales en Iran en 2018 et novembre 2019.

Selon ce rapport, le régime iranien a eu recours à «des tortures généralisées, notamment des passages à tabac, des flagellations, des décharges électriques, des positions de stress, des simulacres d’exécutions, des waterboarding, des violences sexuelles, l’administration forcée de substances chimiques et la privation de soins médicaux» pour faire pression sur des milliers de manifestants arrêtés lors du soulèvement de novembre 2019.

L’organisation de défense des droits humains Amnesty international s’était alarmée dès le vendredi 11 septembre de l’“exécution secrète imminente” de Navid Afkari, affirmant que lui et ses deux frères, condamnés à de lourdes peines de prison dans la même affaire, étaient les “dernières victimes du système judiciaire iranien déficient”.

Désemparée, sa mère a lancé un appel à l’aide.

La mère de trois jeunes manifestants iraniens a fait une déclaration publique pour sauver la vie de ses fils, après que la justice iranienne a prononcé des peines injustes à leur encontre pour avoir participé à des manifestations publiques en 2018 à Kazeroun et Chiraz.

Dans son enregistrement vidéo publié sur Internet le 30 août, Madame Afkari (Bahieh Namjou) a déclaré: « Des agents en civil sont entrés par effraction dans notre maison à 5 heures du matin en septembre 2018, sans montrer de mandat, et ont emmené deux de mes fils, Vahid et Navid. Au bout d’un certain temps, ils sont venus et ont emmené mon mari et mon beau-fils. Au bout de trois mois, ils sont venus et ont arrêté Habib« .

Dans une autre partie de sa vidéo, la mère précise: « Ils ont torturé Habib psychologiquement et physiquement à tel point que trois fois, il s’est suicidé en prison… Plus tard, nous avons appris qu’il avait été torturé pour faire des (faux) aveux contre Navid. »

Décrivant la procédure régulière du régime comme injuste et fausse, Madame Afkari a appelé « le peuple du monde, le peuple d’Iran et toute personne qui peut entendre sa voix » à aider de toutes les manières possibles à sauver la vie de ses trois fils.

L’UFC et même Trump ont demandé de l’épargner

Exécuté ce samedi par les autorités, Navid Afkari avait obtenu le soutien de nombreuses personnalité après la publication d’informations affirmant que ses aveux avaient été extorqués après usage de la torture.

« S’il vous plaît l’Iran, épargnez Navid Afkari » a lancé Dana White, le patron de l’UFC dans une vidéo partagé sur les réseaux sociaux.

Le président des Etats-Unis, Donald Trump y est aussi allé de son message de soutien pour appeler de ses voeux à la grâce du champion. 

« J’apprends que l’Iran s’apprête à exécuter une grande star de la lutte, Navid Afkari, 27 ans, qui n’a fait que participer à une manifestation antigouvernementale », a expliqué le dirigeant américain sur Twitter. « Ils protestaient contre l’aggravation de la situation économique du pays et l’inflation.« 

Ce samedi 12 septembre, le Comité international olympique (CIO) s’est dit “choqué” par l’exécution du lutteur, comme l’instance basée à Lausanne l’a expliqué dans un communiqué. “Il est profondément regrettable que les appels des athlètes du monde entier, et tout le travail en coulisses du CIO, avec le Comité national olympique iranien, la Fédération internationale de lutte et la Fédération iranienne de lutte, n’aient pas atteint leur objectif”, a regretté le CIO, dont les “pensées vont à la famille et aux amis” de Navid Afkari.

Les conséquences et l’issue pour le régime

Pour contrôler la société iranienne, en particulier après le soulèvement de novembre 2019 qui a ébranlé les fondations du régime, les mollahs ont multiplié les exécutions.

L’exécution de Navid Afkari, et avant lui Mostafa Salehi, qui a également été arrêté lors des manifestations nationales en Iran en 2018, vise donc à contrecarrer un autre soulèvement et à intimider le public. Ces exécutions sont la continuation de la répression brutale par le régime des deux soulèvements de 2018 et de novembre 2019, ce dernier à une échelle beaucoup plus grande avec plus de 1500 martyrs.

Ces exécutions et l’oppression des deux soulèvements sont conformes à la frénésie meurtrière du régime des années 80, qui a atteint son apogée à l’été 1988 lorsque plus de 30.000 prisonniers politiques ont été exécutés en quelques mois.

L’échec de la communauté internationale à tenir le régime responsable de ses violations des droits de l’homme, principalement le massacre de 1988, a conduit le régime à jouir d’une impunité de longue date, poursuivant ainsi sa brutalité et ses violations des droits de l’homme.

Pourtant, il y a une différence entre l’oppression du régime aujourd’hui et dans les années 80. Dans les années 80, le régime a exécuté et torturé des personnes à l’échelle de milliers, mais le monde est resté silencieux. Mais maintenant, l’exécution de Navid a été suivie d’une énorme réaction internationale. C’est principalement à cause des deux récents soulèvements glorieux du peuple iranien et des quatre décennies de résistance iranienne à dénoncer les violations des droits de l’homme du régime.

L’exécution de Navid Afkari, avec ses condamnations internationales et nationales croissantes, augmentera la haine du public en Iran envers le régime et l’isolement des mollahs sur la scène internationale.

Au sujet du résultat de cette exécution criminelle et du devoir de la communauté internationale, Madame Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), a déclaré:

« La jeunesse courageuse d’Iran se lèvera en solidarité avec le peuple héroïque de la province du Fars et pour protester contre l’exécution indue de Navid Afkari. L’Iran pleure Navid et partage le chagrin de la famille Afkari alors que le monde est choqué par Khamenei et la barbarie du régime clérical. Le fascisme religieux au pouvoir en Iran ne peut pas survivre un jour sans exécution, torture et répression domestique. En versant le sang de jeunes comme Navid Afkari, les mollahs cherchent à maintenir leur emprise sur le pouvoir face aux manifestations iraniennes. L’exécution de Navid Afkari, cependant, ne fera qu’alimenter les flammes du soulèvement du peuple iranien et enverra le régime des mollahs à la poubelle de l’histoire.« 

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LIBAN – A nouveau sur la carte internationale, mais sous conditions

Le Liban fait face à une nouvelle réalité après la deuxième visite de Macron. Une visite qui vise, selon le président français, à accélérer la formation d’un gouvernement pour mettre en œuvre les réformes et faire le point sur les développements concernant l’aide d’urgence au Liban. Il réaffirme le soutien de la France au peuple libanais.

Pour la deuxième fois en un mois depuis l’explosion du port, le président français Emmanuel Macron s’est rendu à Beyrouth lundi soir 31 août 2020, à la veille du premier centenaire de la renaissance du Liban.

Cette visite intervient quelques heures après la nomination de l’ancien ambassadeur du Liban en Allemagne, Mustafa Adib en tant que président chargé de former un nouveau gouvernement.

Lors de son arrivé à Beyrouth, Macron s’est déplacé de l’aéroport jusqu’au domicile de l’artiste libanaise Fairouz, décrit comme un symbole de l’unité du Liban. Le président français a décerné à Fairouz la plus haute médaille française: la Légion d’honneur du Commandeur. En retour, Fairouz l’a remercié et lui a présenté à son tour un souvenir, un tableau selon The National News Agency (site officiel libanais).

La première chanteuse libanaise, Fairouz, est considérée comme un symbole national. Elle est l’une des chanteuses les plus célèbres du monde arabe. Sa voix est considérée comme une bande originale du Liban malgré toutes les épreuves que le pays a traversé.

Danser sur les airs de Fayrouz

Revenant à la politique, le président français Macron voulait peut-être faire danser la politique intérieure libanaise sur l’air de la voix de Fairuz.


L’aide financière serait refusée au pays et que des sanctions lui seraient imposées si la corruption constituait un obstacle aux réformes.


Il a donné aux dirigeants libanais jusqu’à fin octobre pour commencer à mettre en œuvre des réformes, affirmant que l’aide financière serait refusée au pays et que des sanctions lui seraient imposées si la corruption constituait un obstacle aux réformes.

Il fait ainsi pression pour prendre des mesures et faire face à une crise financière décuplée par la corruption et la mauvaise gestion. Le chef d’Etat français a souligné qu’aucun chèque en blanc ne serait remis au Liban sans réformes.

Il a également rappelé que des sanctions ciblées peuvent être imposées en cas de corruption avérée et qu’une coordination sera établie avec l’Union européenne à cet égard.

Lors de sa première visite le 6 août, soit deux jours après l’explosion de Beyrouth, Macron a appelé les responsables à approuver une nouvelle charte politique, à effectuer des réformes urgentes et a promis de revenir pour évaluer les progrès qui ont été accomplis. Ce qui s’est produit lors de cette deuxième visite au Liban.

Macron, qui a tenu une réunion avec son homologue libanais Michel Aoun et le président du Parlement Nabih Berri, au palais présidentiel, où un déjeuner officiel a eu lieu en son honneur. En présence de hauts fonctionnaires, de chefs de blocs parlementaires et d’ambassadeurs, Macron a pris des positions de premier plan. Notamment en ce qui concerne la formation d’un gouvernement avec une mission spécifique dans les plus brefs délais.

Nommer un nouveau Premier ministre est le premier signe de changement

La désignation d’Adib résulte d’un consensus politique entre les forces les plus importantes du pays: en particulier le chef du Mouvement du futur, Saad Hariri, Aoun et le Hezbollah.

Macron a déclaré qu’il fallait donner au gouvernement nouvellement élu tous les moyens de réussir, après avoir confirmé quelques instants plus tôt que cette decision ne lui appartenaitpas.

Cependant, il considère que cette nomination rapide, soit trois semaines après la démission du gouvernement d’Hassan Diab, au lieu de six mois, représente le premier signe d’un changement plus rapide lié à la pression populaire sur la classe politique.

Lors d’un dialogue avec des représentants de la société civile et des Nations Unies à bord du porte-hélicoptère « Tonnier » dans le port de Beyrouth, le président français a indiqué la nécessité de se concentrer au cours des six prochains mois sur l’état d’urgence. Il souhaite continuer à mobiliser la communauté internationale, ajoutant qu’il est prêt à organiser, peut-être entre mi et fin octobre octobre, a-t-il dit, une conférence internationale de soutien avec les Nations Unies.

La présidence française a annoncé que Macron prévoyait une troisième visite à Beyrouth en décembre.

Disparité entre les parties françaises et américaines, le Hezbollah au coeur des tensions

À l’international, il est vrai que Macron s’est entretenu avec les responsables accusés de corruption, dans le cadre de son initiative. Mais il a utilisé des stratégies différentes lors de ses deux visites.

Que ce soit lorsqu’il s’est mêlé au peuple, s’engageant à traiter exclusivement avec des organisations non gouvernementales, ou lors de ses rencontres exceptionnelles, qui ont abouti à sa rencontre historique avec Madame Fairouz.

Cependant, le côté opposé était présent en marge de la visite du secrétaire d’État adjoint américain David Schenker.

L’élément (peut-être) le plus important de la visite de ce dernier était l’absence de tout rendez-vous officiel avec un haut fonctionnaire.

De sorte, les réunions diplomatiques traditionnelles étaient absentes.

Le responsable américain n’a pas rencontré le président de la République, le chef du gouvernement intérimaire, Pas même le Président du Parlement qui l’attendait, comme certains le disent, pour terminer la discussion avec le dossier délimitant les frontières, après que l’ambassadeur David Hale lui en ait parlé lors de sa dernière visite il y a quelques jours.

Beaucoup estiment que cette question indique un message de négligence envers la classe politique que l’administration américaine a voulu délivrer.

Bien que Washington ait confirmé la coordination avec Paris sur la ligne de sa dernière initiative, il s’agit d’un test pour les dirigeants libanais. La distinction est claire, notamment au niveau de l’approche du rôle du Hezbollah.

Schenker a affirmé que le parti devrait être exclu de la vie politique, car il est classé comme une organisation terroriste. En opposition de la volonté de Macron d’inclure le Hezbollah dans ses réunions car il fait parti intégrante de la société libanaise, et fait la différence entre ses ailes politiques et militaires, selon Macron.

Dans ce contexte tendu, le papier d’un célèbre journaliste français George Malbrunot, ancien otage en Irak et correspondant pour le journal Le Monde, a éclaircit les zones obscurs de ce dossier.

Georges Malbrunot avait justement écrit sur le Hezbollah et des rendez-vous officieux avec entre représentant français et ceux du mouvement chiite. Dans Le Parisien, Georges Malbrunot confirme ses dires: « Sur la forme, c’est inacceptable d’être attaqué comme ça. Sur le fond, j’ai dit au président que mes sources étaient sûres. Il m’a reproché d’avoir gêné son action, moi je fais mon métier de journaliste.« 

La France se fait-elle dépasser par les Etats-Unis au Liban ? 

Dans les milieux politiques locaux, on s’accorde presque à dire que le règlement français est intérimaire.

C’est-à-dire que sa mission est censée prendre fin après les élections présidentielles américaines prévues en novembre prochain. Ou au maximum jusqu’à ce que le prochain président américain arrange ses dossiers, c’est-à-dire quand le nouveau président américain élu aura constitué son identité politique et son administration. Il faudra donc attendre 4 ans pour ouvrir le débat sur les politiques américaines dans le monde et au Moyen-Orient en particulier.

La détermination par Macron de trouver dans son agenda une date pour sa troisième visite au Liban en décembre prochain n’est pas venue de nulle part. Sa première visite est intervenue immédiatement après l’explosion du port pour empêcher une nouvelle détérioration de la situation. La seconde avant l’entrée officielle des États-Unis dans la course présidentielle pour pousser vers un accord sur le nom du Premier ministre désigné.

Alors que sa troisième visite quand il saura l’identité du prochain président américain, ce qui confirme que le président français mise également sur ce pari dans l’élaboration de sa politique à l’égard du Liban.

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