«Ni le Congo du Sud, ni du Nord, mais le Congo du cœur» – Présentation du livre de Ghys Fortuné Bemba Dombe, résident à la MDJ

Malgré les efforts, certaines conférences se transforment en meeting politique. Il aura fallu toute l’énergie du journaliste Ghys Fortuné pour rappeler l’objectif de cette rencontre: la sortie de son livre «de l’enfer à la liberté». De nombreuses personnes sont venues l’écouter. Parmi eux, d’éminents représentants dont d‘anciens ministres congolais. Les propos du journaliste sontt donc scrutés à la lettre près.

En guise d’introduction, le rôle essentiel de la liberté d’informer pour exercer la liberté de voter. Sans les bonnes informations, comment peut-on savoir pour qui on vote?

Contextualiser le rôle de chacun est essentiel, mais c’est bien le parcours de Ghys Fortuné qui intéresse les invités. Par exemple, sa volonté inébranlable de ne pas céder malgré les pressions subies: 18 mois de prison, 19 kilos en moins.

Or, il suffisait d’avouer la non véracité des articles, reconnaitre la calomnie (alors que toutes les informations avaient été scrupuleusement vérifié par lui-même) ; si il avouait, il sortait.

Ghys Fortuné a donc pris la parole, énumérant les violences subies comme autant d’anecdotes trahissant le calvaire des prisonniers au Congo. Tandis que certains prisonniers entrent et sortent selon les bons vouloirs de la République, Ghys Fortuné croupit dans une cellule où les conditions sanitaires sont déplorables.

«Les Congolais continuent de payer un lourd tribut pour les manipulations tribalistes et les querelles manigancées par les politiciens pour leurs intérêts personnels. Quelques exemples :

  • Trois guerres civiles en trois décennies qui ont entrainés de milliers de morts
  • Malgré sa richesse (pétrole, forêt, hydrographie, végétation etc.), le Congo est classé par le PNUD parmi le pays à indice de développement humain faible ;
  • Une économie exsangue souffrant d’un endettement colossal et de crises à répétition alors que le pays a bénéficié d’une remise de sa dette à la fin de la première décennie des années 2000 et a accumulé des revenus pétroliers faramineux pendant en 2010 et 2015 ;
  • Délitement d’un État qui ne fonctionne pas, où règne l’arbitraire et l’impunité. La faillite systémique a permis l’émergence d’une catégorie de citoyens cherchant à dénoncer la mauvaise gouvernance et les multiples dérives régimes.

Dans cet élan Talassa, notre organe de presse, a pris une part active à cette démarche. À partir de ce moment nous étions devenus une cible pour le pouvoir. Les hommes du système nous ont intenté procès sur procès depuis la création du journal Talassa en 2001. J’ai été victime d’intimidations, d’harcèlements, de tentatives d’enlèvement et d’assassinat et de plusieurs arrestations avant la dernière, en janvier 2017, qui a duré 18 mois.»

En prison, les rumeurs courent. Dehors, il y aurait tel ou tel événement qui s’attaque au moral des prisonniers politiques.

En prison, les sévices s’attaquent aussi bien à l’esprit qu’au corps

La nourriture est-elle empoisonnée? Peu importe, il faut la nettoyer avant consommation, elle est si rare: seulement trois repas par semaine. Les sévices physiques ne suffisent pas à briser un esprit combattif, l’humiliation est donc de mise.


L’Etat congolais lui confisque ses biens, ses comptes en banque, les autorités ratissent larges: même les cadeaux apportés par sa famille en prison disparaissent.


Ghys Fortuné sort de la prison pour des interrogatoires qui ne mènent à rien, à peine a-t-il la possibilité de faire des allers-retours à l’hôpital malgré une condition physique qui se dégrade chaque jour.

«Mon incarcération a été un véritable enfer. Je suis sortie de là avec plusieurs pathologies. Mêmes à mes pires ennemis je ne souhaite pas qu’ils vivent ce que j’ai subi au cours des 18 mois d’incarcération:

  • Sévices corporels ;
  • Pressions psychologiques ;
  • Privation de visite ;
  • Privation de sommeil ;
  • Privation de nourriture (2 repas par semaine ; par compassion Norbert Dabira me donnait de la nourriture) ;
  • Privation de soins ;
  • Enfermement en isolement total et complet dans des cellules sans électricité où je dormais à même le sol. Elles prenaient l’eau à chaque pluie. Elles étaient d’une insalubrité insupportable et infestées de souris, cafards, scorpions et fourmis, moustiques et vers de terre. En guise de toilette j’avais un seau sans couvercle que je vidais selon l’humeur de la hiérarchie pénitencière (tous les 24, 48, 72 heures voir plus).
  • Il est arrivé de partager ma cellule de la maison d’arrêt de Brazzaville avec des psychopathes assassins envoyés surement dans le but de m’achever. Mais grâce à Dieu notre cohabitation de 2 mois s’est déroulée sans problème.»

Et à force d’insister, la folie, la paranoïa, la solitude et la crainte pour ses proches sont devenus ses compagnons de cellule. En revanche, le désespoir n’a jamais été la bienvenue.


L’Etat congolais lui confisque ses biens, ses comptes en banque, les autorités congolaises ratissent larges: même les cadeaux apportés par sa famille en prison disparaissent. On y découvre un système où chaque chef fait ce qu’il veut sur son territoire de compétence, c’est du harcèlement quotidien.

L’objectif? Faire craquer Ghys Fortuné. S’il ne craque pas physiquement, les autorités visent le mental. Et à force d’insister, la folie, la paranoïa, la solitude et la crainte pour ses proches sont devenus ses compagnons de cellule. En revanche, le désespoir n’a jamais été la bienvenue.

Soutien à Ghys Fortuné via Mediapart

«Pour sortir le Congo d’une situation économique délabrée et d’une situation politique qui fait craindre l’éclatement du pays, il faut un sursaut citoyen, surtout de la part des « intellectuels ».

Toutefois, les personnes qui ont connu la torture, le harcèlement, l’emprisonnement, les violences sexuelles, les familles qui ont perdu leurs biens gagnés à la sueur, ceux qui ont perdu des parents… portent dans leur chair et dans leur esprit des stigmates profonds indicibles.

Ces personnes sont souvent amenées à croiser les responsables de cette violence institutionnelle, leurs bourreaux, qui, en raison de l’impunité qui les protège, continuent à les narguer, à les intimider voire à les menacer afin qu’elles se taisent.

Leur peur l’emporte ainsi sur la rage. Alors, ce sursaut, la réconciliation et la paix sont-elles possibles dans un pays qui porte autant de blessures, autant d’injustice, autant d’impunités…?

Comment faire pour préserver réellement l’unité nationale dans un tel environnement et dans ces conditions?

Dans ces conditions: Comment vivre avec l’horreur? Nul ne doit empêcher le recouvrement de la mémoire, surtout pas les bourreaux. Ensuite l’oubli ne se fera qu’à certaines conditions…

Cependant, quelles que soient les souffrances subies et les difficultés il faut toujours positiver ; en effet, les congolais ont à vivre ensemble, ont à reconstruire un pays détruit par l’égoïsme, la bêtise et la folie des Hommes.

Il faut donc pardonner et aimer même les traitres et les bourreaux comme le firent Jésusde Nazareth pendant qu’on le clouait sur le poteau et, par la suite, ceux qui ont véhiculé son message de pardon, de réconciliation et de paix comme Paul de Tarse et, plus près de nous, Mahatma Ghandi, Martin Luther King, Nelson Mandela….

La force du pardon est le véritable antidote à la tristesse provoquée par la rancune et la vengeance. La réconciliation et la paix sont-elles possibles dans un pays qui porte autant de blessures ? Comment faire pour préserver réellement l’unité nationale dans un tel environnement et dans ces conditions?

Les Congolais peuvent-ils prendre exemple sur l’Allemagne et la France qui se sont fait des guerres atroces, mais qui ont pourtant trouvé la voie pour se réconcilier et se donner un avenir partagé. Les Congolais peuvent-ils prendre exemple sur le Rwanda et sur l’Afrique du Sud? »

Les questions du public

Le public est varié: des confrères prennent la parole pour apporter leur soutien, louer le courage et s’interroger sur l’avenir du Congo Brazzaville.

La réponse de Ghys est toujours la même. Il leur parle d’amour. «Il faut s’aimer et ainsi se respecter».


Quand un homme d’une cinquante d’années à qui on a gelé les comptes et fermer tous les titres de presse et les entreprises qu’il a créé, l’expression «nouvelle vie» n’est pas heureuse.


Au problème politique s’ajoute les problèmes ethniques, les congolais du nord et du sud ne se réconcilient pas, pire le cycle des vengeances continue. Face à cette dramatique situation qui perdure, Ghys Fortuné ose prendre cet exemple personnel.

Ses parents (sous-entendu des personnes de son ethnie) ont violé une femme et sa fille il y a des années. Pourtant, lorsque l’Etat congolais a gelé ses comptes et que ses meilleurs soutiens ne pouvaient plus rien pour lui, la fillette violée (devenue femme) a pris la décision de payer les frais scolaires des enfants de Ghys Fortuné. Au-delà de la somme, le risque social pris état conséquent (aider un paria politique). Elle a su pardonner. Elle a su mettre en place l’amour qui crée plus qu’un simple pont entre ceux du Nord et ceux du Sud, elle réunit les enfants du Congo.

Cette anecdote, comme beaucoup d‘autres, donne de l’espoir aux personnes venus assister à l’événement.

Démonstratif, Ghys Fortuné continue sur cette ligne lorsque le représentant officiel pour l’Europe du parti politique au pouvoir (qui l’a donc mis en prison) prend la parole. Ils évoquent leur constat respectif et mettent en valeur les points de convergence plutôt que de divergence.

Combattif, Ghys Fortuné peut enfin savourer ce moment qui représente pour lui la transition entre l’horreur qu’il a vécu et cette nouvelle vie qui s’offre à lui. Nouvelle vie? Quand un homme d’une cinquante d’années à qui on a gelé les comptes et fermer tous les titres de presse et les entreprises qu’il a créé, l’expression «nouvelle vie» n’est pas heureuse.

Mais il a de quoi être fier. Et c’est sans l’once du moindre doute qu’il affirme: «Je vous le dis chers amis, un jour je retournerai au Congo!»

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Partir ou rester ? Être homosexuel russe… en Russie

«Je ne conseille à personne, si celle-ci a le choix, de partir de son pays» témoigne Yousef, jeune activiste LGBT russe réfugié en France, à la table ronde organisée par IREX Europe au sein des locaux d’OXFAM, et de l’organisation Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM) le 19 novembre 2019 à Paris. Auparavant, ce groupe était venu rendre visite à la Maison des journalistes où un échange a pu avoir lieu entre journalistes exilés et militants de la cause homosexuel.

Pourtant, si certains peuvent «se battre», d’autres n’ont d’autres choix que de quitter leur pays pour des horizons plus tolérants vis-à-vis de leurs orientations sexuelles. C’est le cas de plusieurs activistes membres de la diaspora russe en France, qui ont connu résiliences et traumatismes, aussi bien moraux qu’institutionnels.


« Si on me le demandait, je ne conseille à personne, si celle-ci a le choix, de partir de son pays. »


Outre le défi de quitter son pays d’origine, il y a le défi d’intégrer son pays d’asile. La migration forcée entraîne une véritable souffrance, une isolation à plusieurs niveaux. Les barrières culturelles et linguistiques, mais aussi géographiques vis-à-vis de ses proches restés en Russie, rendent les enjeux d’une telle migration essentiels à prendre en compte.

Que dit la loi russe sur l’homosexualité ?

Si l’homosexualité est légale en Russie depuis 1993, une loi réprimant la «propagande homosexuelle» pour défendre les mineurs est entrée en vigueur en 2013.

Selon une décision de la Cour européenne des droits de l’homme en juin 2017, cette nouvelle loi renforce «la stigmatisation des homosexuels et encouragent l’homophobie, ce qui est incompatible avec les valeurs d’une société démocratique».


« L’homophobie ne cesse de grimper en Russie »


Appuyé par une étude du centre analytique Levada, Mikhail Tumasov représentant élu du Russian LGBT Network et activiste et défenseur des droits de l’Homme, confirme que l’homophobie ne cesse de grimper en Russie.

En 2017, c’est 83% de la population russe qui considère que les relations homosexuelles ou LGBT sont toujours ou presque toujours condamnables.

Depuis 2013, les activistes sur le terrain et présents à la table ronde témoignent qu’en effet, le rejet de la minorité LGBTQI+ et les violences à son encontre sont «plus fréquentes, plus visibles».

«Être un membre de la Communauté LGBTQI+ en Russie, c’est se confronter à des situations violentes, mais aussi paradoxales ou contradictoires.» affirme Mikhail Tumasov.

C’est le principal combat comme l’exprime Yousef.

«Ici, il faut créer ses propres liens, son propre entourage. Pour moi, ma famille, ce sont mes amis français désormais. Ce que je souhaiterais tout de même ajouter: je suis reconnaissant à la France pour cette décision et cela m’a sauvé, le système en France est costaud, je ne critique pas mais c’est mon fait et mon vécu.

Le système en France est assez darwinien. L’attente est longue sans que tes droits soient à 100% garantis. Logement, nourriture, santé. Tout est compliqué. Si tu es jeune et en forme tant mieux. Mais ta survie dépend essentiellement de toi. Si on me le demandait, je ne conseille à personne, si celle-ci a le choix, de partir de son pays.»


«Seul le peuple russe peut faire changer la Russie» conclut Mikhail.


A l’inverse, Temur Kobalia, fondateur de NCO TV Russia et journaliste, rajoute: «Si nous sommes persécutés pour nos articles et certains uniquement pour leur orientation sexuelle mais que l’on décide malgré tout de rester en Russie, ce n’est ni pour nous plaindre, ni pour subir sans rien dire, mais pour témoigner et éclairer nos concitoyens de ce qui se passe véritablement en Russie.»

«Seul le peuple russe peut faire changer la Russie» conclut Mikhail.

Crédit Sarah Villard

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Les Talibans imposent toujours la terreur en Afghanistan

Un conflit meurtrier entre le gouvernement et les talibans ravage l’Afghanistan. Environ 4000 Afghans, dont 927 enfants ont été tués en 2018. Hafiz Ahmad Miakhel, journaliste afghan est contraint de quitter son pays, après avoir subi plusieurs menaces des talibans. Arrivé en France il y a moins d’un an, il vit en tant que réfugié politique et dénonce la situation déplorable de son pays. Il a accepté de répondre à nos questions. 

Quelles sont les divergences entre le gouvernement afghan et les talibans durant la médiation américaine?

Un processus de paix a débuté en septembre 2018 au Qatar à Doha. Durant ces pourparlers, les talibans maintiennent leurs positions : ils exigent le retrait total des troupes américaines du sol afghan et souhaitent établir un émirat islamique afin de remplacer la république islamique d’Afghanistan.

Ils disent se battre pour la liberté du pays et de sa population. Ils affirment que leur pays n’a pas besoin d’aide d’autres pays non-musulmans comme les Etats-Unis. Je pense que les talibans ne changeront jamais, c’est un groupe extrémiste. Ils ont été au pouvoir entre 1996 et 2001 et ce fut une très mauvaise expérience.

Les talibans reflètent un passé et un présent noirs pour l’Afghanistan. Ils continuent de tuer des soldats et des innocent, ils ne croient pas aux droits de l’Homme. Le peuple afghan ne veut plus des talibans au pouvoir. Au contraire, le gouvernement afghan se base sur les aides des organisations internationales. Il considère que l’Afghanistan a besoin de cette présence de troupes étrangères. Cela lui permet de se développer au niveau économique et politique. Le gouvernement croit en l’alliance avec les Etats-Unis.

Cependant, le processus de paix manque de cohérence, le gouvernement afghan est exclu.

Quelle a été la portée des élections présidentielles du 28 septembre?

Deux principaux candidats se sont présentés pour ces élections. L’actuel président afghan, Ashraf Ghani, et son chef de l’exécutif, Abdullah Abdullah.

Les deux hommes politiques ont chacun leur tour annoncé leur victoire. La situation devrait donc se muer en un conflit entre les deux camps: lorsqu’un des deux candidats va gagner, l’autre rejettera les résultats. Il s’agit du même problème qu’en 2014. Les deux mêmes candidats revendiquaient la victoire. Les Etats-Unis sont donc intervenus. Ils ont partagé le pouvoir en deux.

Durant les cinq années suivante, il n’y a eu aucune coordination entre les deux et le système s’est bloqué. Depuis, la situation du pays ne fait qu’empirer.

En 2014, davantage de personnes ont participé aux élections qu’en 2019. Les situations économiques, sociales et politiques se sont, elles aussi, dégradées. Aujourd’hui, les deux parties rejettent l’idée de reproduire cette situation.


« Si ces pays se coordonnent et souhaitent réellement une paix durable en Afghanistan, nous y arriverons. »


Ce sont les quatrièmes élections présidentielles depuis la chute des talibans en 2001. Les élections du 28 septembre n’ont toujours pas rendu leur verdict.

La commission électorale d’Afghanistan annonce leur publication pour le 14 novembre. L’abstention est apparue comme la plus grande difficulté. Neuf millions de personnes sont inscrites, et seulement deux millions sont allées voter.

Cette situation découle de l’insécurité omniprésente en Afghanistan. Les talibans ont attaqué plusieurs bureaux de votes. L’insécurité perdure depuis 40 ans.

Selon l’ONU, plus de 20 groupes terroristes sont enregistrés et se battent contre le gouvernement afghan, tuent des civils, des personnes innocentes. Malgré un processus de paix, les combats continuent. D’après les Etats-Unis, l’Afghanistan est l’un des pays les plus meurtriers en 2018, devant la Syrie et le Yemen. C’est un réel problème pour la population.

Il y a aussi d’autres challenges. La fraude et la corruption amplifient la défiance de la population vis-à-vis de la classe politique. Il n’y a aucune transparence.

copyright Muhammed Muheisen

Copyright Muhammed Muheisen

Quel est l’impact de cette instabilité sur l’émigration?

Dans les quatre dernières décennies, des millions de gens ont quitté le pays à cause des violences.

Plus de 7 millions de réfugiés afghans sont demandeurs d’asile. 90 % d’entre eux vivent au Pakistan et en Iran.

Le gouvernement essaye donc de retenir cette jeune génération. C’est essentiel pour le bon développement du pays. De plus, leur situation est très mauvaise dans certains pays. Des millions d’afghans n’y sont pas enregistrés. Certains vivent dans des camps, n’ont pas accès à l’éducation, aux soins médicaux, aux besoins vitaux. Parfois, les relations sont tendues entres les réfugiés et les populations locales ainsi qu’avec la police.

Quel est pour vous, le meilleur chemin pour restaurer la paix ?

Je pense que la guerre prendra fin quand les deux camps (le gouvernement afghan et les talibans) négocieront ensemble, avec l’aide des Etats-Unis.

Le gouvernement afghan fait entièrement partie de cette guerre. Des centaines de milliers de civils et des milliers de soldats afghans ont été tués.  Les talibans refusent les négociations avec le gouvernement afghan. Ils ne négocient qu’avec les Etats-Unis.

Par ailleurs, nous sommes en conflit depuis quatre décennies. Pour avoir un pays en paix dans le futur, il faut une coopération régionale et internationale. Certains pays ne sont pas honnêtes dans le combat contre les terroristes en Afghanistan. Tous ces pays ont des intérêts là-bas. La position du pays est très stratégique. Il y a une grande compétition entre les grandes puissances (Chine, Russie, Iran, Etats-Unis). Si ces pays se coordonnent et souhaitent réellement une paix durable en Afghanistan, nous y arriverons.

Nous n’avons pas encore évoquer les médias, pourriez-vous me dire quelle est la situation?
 
Les médias renaissaient en Afghanistan après la chute des Taliban en 2001 ; aujourd’hui le pays a des centaines de publications, une douzaine de stations de télé et de radio ainsi que plusieurs agences d’informations.
 
La croissance rapide du média est un grand accomplissement pour le gouvernement mais les journalistes afghans paient un prix élevé pour un tel development.
 
Selon Reporters Sans Frontières, l’Afghanistan était le pays le plus mortel du monde pour des journalistes en 2018.
 
Les journalistes sont régulièrement battus, menacés et tués par des bombardments de tous les côtés dans la guerre — des insurgés, des fonctionnaires du gouvernement, des élus locaux et parfois des forces étrangères.
 
La censure est un autre défi pour les journalistes en Afghanistan. Le phénomène existe mais il est difficilement quantifiable.
 

Articles d’Hafiz Ahmad Miakhel

Une nouvelle attaque blesse gravement un journaliste afghan

[Attaque] L’Afghanistan ? Un cimetière pour journalistes. Détenant le record du nombre de journaliste tué en 2018, l’Afghanistan reste dans un rythme élevé avec déjà deux décès en 2019. Il s’agit d’une attaque le 5 février où les journalistes Rahmani Rahimullah et Arya Shafiq de la radio Hamseda ont été tués.

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« La plupart des français ne savent pas ce qu’il se passe au Yemen » – Presse 19 à Turin avec la Maison des journalistes

Deux journalistes yéménites en exil, Ali Al-Muqri et Ameen Al-Safa, ont accompagné la directrice de la Maison des journalistes Darline Cothière à la sixième édition de « Presse 19 » – « Voci Scomode » en Italie, pour une table ronde dédiée à la liberté de la presse dans le monde, et plus spécialement au Yemen. Cet événement a eu lieu le mercredi 20 novembre 2019 au Circolo della Stampa de Turin.

A cette occasion, nous avons interviewé Ameen Al-Safa, pour lui poser quelques questions sur le Yemen et la liberté de la presse. 

« Mon nom est Ameen Al-Safa, journaliste yemenite, titulaire d’une maitrise en journalisme. J’ai travaillé à l’agence nationale du Yemen Saba. 

J’ai commencé en 2007 à la direction générale pour l’information nationale et internationale. En 2012, j’ai intégré un journal dans lequel j’ai été nommé secrétaire de rédaction en 2015.

J’écrivais sur des sujets politiques et sociaux. Et bien sûr, j’ai couvert la guerre.

J’ai donc observé les rebelles Houthis construirent leur hégémonie, de la prise de la ville de Sa’Dah jusqu’à celle de la capitale. Sanaa est tombé en 2014, ils ont ensuite renversé le gouvernement légitime. »

Comme journaliste, Ameen a donc suivi les différentes prises des rebelles. Aujourd’hui, ces rebelles contrôlent le pays et ont changé de capitale, la ville de Sanaa a perdu son statut au profit d’Aden. 

Ameen, journaliste recherché, a donc dû fuir le pays. Il a depuis consacré beaucoup d’énergie pour permettre à sa femme et sa fille de le rejoindre en France.

Menacé par la guerre, l’angoisse d’Ameen pour sa famille était palpable durant de longs mois quand il habitait à la Maison des journalistes. Mais la MDJ n’est pas qu’un refuge pour journaliste exilé, c’est aussi une association qui promeut la liberté d’informer.

Ainsi, Ameen participe régulièrement à l’opération Renvoyé Spécial organisée conjointement avec le CLEMI, ce qui lui permet de présenter son parcours à des lycéens. Au coeur de son intervention, le Yemen. 

« Je regarde de temps en temps les réseaux sociaux et les medias français, c’est plus simple quand ils parlent arabe comme France 24. Mais d’une manière générale, les journaux francais ne donnent pas d’importance à cette guerre.

Lorsque je rencontre des lycéens et des français, la plupart n’ont jamais entendu parler du Yemen. Ils disent « je ne sais rien de ce qui se passe au Yemen ». Ils ajoutent que ce n’est pas de leur faute, les medias français ne traitent pas le sujet du Yemen. »

Certes, les ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite au profit des rebelles qui s’attaquent au Yemen ont défrayé la chronique. Cependant, le sujet traité n’était pas la guerre au Yemen, mais uniquement la vente d’armes françaises.

Le Yemen, un pays qui a connu l’essor d’une presse libre dans les années 90

Le Yemen a aussi connu un « printemps de la presse » dans les années 90 jusqu’aux années 2000. Ameen nous raconte l’histoire de quelques magazines avec émotion. 

« Il y a eu beaucoup de journaux en anglais. Le premier fut publié dès 1960, Aden Chronicile fondé par Mamad Ali Loukman et le second The Recorder a été créé par Mamad Bachar Rail.

En 1991 le docteur Abdelaziz Sakaf, fondateur du journal Yemen Times, premier journal en anglais à paraitre au Yemen, permet aux citoyens de s’informer et de faire connaitre aux anglophones l’actualité du pays. Il publiait deux fois par semaine.

En 1996, Faris Saggaf fonde le journal Other Fa, publié trois fois par semaine.

S’en suit la création d’autres journaux comme Yemen Today et Yemen Post tous deux créés par Akhim Massmari. Tous leurs articles sont en anglais.    

Depuis la guerre, il y a toujours des journaux qui sont publiés, mais dorénavant ils appartiennent tous au Président Hadi. »

Fresque de Murad Subay à Paris pour dénoncer la guerre au Yemen

La guerre a aussi détruit les médias yéménites

« Depuis le 21 septembre 2014, le mouvement houthiste controle la capitale Sanaa. Dès cet instant, ils ont commencé à détruire des médias, des chaines d’information et des bureaux de presse. Visés en priorité, les médias qui s’expriment en arabe (et qui sont donc plus accessibles pour la population).

Aujourd’hui, beaucoup de journalistes sont en prison, tout comme les écrivains, les activistes… Il n’y a aucun journal qui publie tous les jours au Yemen, sauf le journal intitulé 14 octobre qui est pro-gouvernemental. Il est uniquement publié dans la nouvelle capitale, Aden. Il glorifie les rebelles et les saoudiens au détriment du gouvernement légitime. 

Je peux donc vous dire que la liberté de la presse est en deuil au Yemen, mais si nous revenons vers un régime plus républicain, les yéménites ont déjà gouté à cette liberté et ils en voudront encore. »

Pour lire le communiqué de presse en italien, cliquez ici.

Merci au journaliste tchadien Adam Mahamat qui nous a permis de traduire de l’arabe yéménite vers le français.

© Stefano LORUSSO

Qui est Ali Al-Muqri ?

Outre Ameen Al-Saffa, Ali Al-Muqri sera aussi présent lors de cette conférence. Ancien résident de la MDJ, son parcours journalistique et d’écrivain lui permettent d’avoir un regard aiguisé sur la liberté de la presse au Yemen. 

Ali Al-Muqri est né dans le nord du Yémen en 1966. Dès la fin des années 80, Il collabore avec de nombreux journaux progressistes yéménites.

En 1997, il devient éditeur d’Al-Hikma, l’organe de presse de l’association des écrivains yéménites. Dix ans plus tard, il est élu directeur de la revue littéraire Ghaiman.

Acquérant la réputation d’homme de lettres engagé, il publie trois romans : « Goût Noir, Odeur Noire », « Le Beau Juif » et « La Femme Interdite »  qui a reçu le prix Littérature arabe en 2015.

Il est également auteur d’un essai sur l’alcool et l’islam, livre qui lui a valu de nombreuses menaces et représailles. En 2015, il est contraint de partir du Yemen et vit depuis en France.

Ci-dessous, une vidéo du « Voci Scomode – Presse 19 » en 2018

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    [ÉLECTION] « Le combat du CLC est une autre nature, c’est un combat de longue haleine pour qu’au Congo, enfin, un Etat de droit puisse s’instaurer et que la population puisse vivre mieux. Nous continuerons, mais notre combat n’est pas une question d’individus, c’est une question de systèmes et là nous avons encore des choses à faire parce que l’État de droit et la liberté d’expression n’e sont pas encore mis en place, les libertés publiques ne sont pas encore acquises » a déclaré vendredi à Top Congo FM, l’historien Isidore Ndaywel modérateur du CLC.

  • L’OFPRA n’a plus de chef depuis décembre, Pascal Brice n’a pas été renouvellé31/01/2019 - 2:03

    [BILAN] L’Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides – OFPRA – n’a plus de directeur général depuis le 28 décembre 2018. Le diplomate Pascal Brice surnommé « Monsieur migrants » n’ayant pas été reconduit dans ses fonctions, a-t-on appris le jeudi 17 janvier auprès du syndicat de l’agence.

  • Solidarité avec les journalistes et syndicalistes turcs11/12/2018 - 9:42

    [APPEL A LA SOLIDARITÉ] La répression en Turquie contre les journalistes et syndicalistes se poursuit inexorablement mettant en cause l’existence même de la liberté d’expression et de la liberté syndicale : cinq de nos confrères, dont une responsable syndicale, viennent de se voir condamnés à de lourdes peines de prison ferme.

  • Il y a 28 ans, jour de fête nationale, commençait le génocide mauritanien29/11/2018 - 2:21

    [CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ] 28 ans après l’indépendance qui divise encore la Mauritanie, des veuves et des orphelins sont descendus dans la rue pour commémorer les pendaisons des militaires noirs d’Inal, les 27 et 28 novembre 1990. Cette manifestation a été réprimée par les forces de police. Le communiqué ci-dessous des victimes montrent l’unité nationale encore loin car victime de son passé non résolu. L’Etat a reconnu sa responsabilité dans ces crimes mais peine à donner des droits aux victimes.

  • Critique du film « Le Procès: L’Etat de Russie vs Oleg Sentsov »27/11/2018 - 4:31

    [FILM] Le Procès c’est l’histoire d’une cinéaste originaire de Crimée qui s’appele Oleg Sentsov, un directeur qui est devenu célèbre après la sortie en 2012 de son film Gamer. Il a aussi travaillé comme un activiste pendant le mouvement de protestation ukrainien appelé « Euromaidan. » Le mouvement était contre l’annexion russe de la Crimée. Le gouvernement russe l’a arrêté et retenu pour les activités te

  • Théâtre : hommage à Anna Politkovskaïa et à la liberté d’informer14/11/2018 - 11:47

    [THÉATRE] Opposante au jeune président Vladimir Poutine, Anna Politkovskaïa était un symbole vivant bien avant sa mort. Célèbre autant pour avoir couvert le conflit tchétchène et les exactions de l’armée russe, que pour ses investigations sur le pouvoir en place, la corruption, les violences, Anna Politkovskaïa était particulièrement menacée.

  • Manifestation contre l’esclavage en Mauritanie violemment réprimée30/10/2018 - 2:24

    [LUTTE CONTRE L’ESCLAVAGE] « Aujourdhui plusieurs militants ont été gravement blessés, battus sauvagement par des policiers armés jusqu’aux dents et ayant pour ordre de casser les militants pacifiques. Des blessés graves, victimes de tabassage violent à coups de matraques, de godasses sur toutes les parties du corps. »

  • Prison sans jugement pour le partage d’une publication Facebook30/10/2018 - 1:19

    [CENSURE] Eddie Armel Kouassi, 20 ans, étudiant et cyber activiste fait désormais partie des pensionnaire de la plus grande prison civile de Côte d’Ivoire, la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (MACA). Les autorités ivoiriennes lui reprochent d’avoir traité le Président Alassane Ouattara et Fabrice Sawegnon, le candidat malheureux a la mairie, d’étrangers.

  • Alizée Gau met en vedette « les Porteurs de Paix »18/10/2018 - 9:21

    [EXPOSITION] Que font les peuples après la guerre ? La journaliste Alizée Gau s’est interrogée. Rédactrice et photographe, elle s’est rendue sur le terrain pour trouver la réponse. Résultat : une exposition itinérante intitulée « Tales of the afterwar », des articles et des projections commentées.

  • Le prix Bayeux 2018 des correspondants de guerre17/10/2018 - 1:58

    [ÉVÉNEMENT] 25 ans plus tard, le prix Bayeux est encore là avec davantage de réussite. « 25 ans plus tard, nous avons une énorme organisation, tous les services de la ville sont mobilisés derrière le Maire, mais, il y a 25 ans personne n’y croyait sauf Marie Jean-Alexe, directrice d’animation à Bayeux et moi » déclare Jean-Léonce Dupont Conseiller départemental de Bayeux et Président du Conseil départemental.

  • L’exposition photo d’Ameer à la Chapelle Notre-Dame de la Sagesse11/10/2018 - 10:06

    [EXPOSITION] Samedi après-midi 6 octobre 2018. À 4.000 km d’Alep, en Syrie. 6 ans après le début des bombardements. Retour à Paris. D’une photo à une autre, le regard d’Ameer Al Hablbi nous habite. Le temps de l’exposition, nous vivons dans deux mondes parallèles: l’angoisse de la guerre et la douceur de vivre d’un étudiant parisien.

  • Un voyage sans retour10/10/2018 - 10:07

    [EXIL] C’est le départ. Il faut y aller. Aller loin de ce pays, loin de tout ce cauchemar. Parcequ’il faut survivre. A l’aéroport ce jour, le militaire à qui on avait donné beaucoup d’argent pour m’aider à sortir vint me chercher dans la voiture. C’est lui qui a géré les bagages. Il m’a bien dit d’en prendre sinon j’allais attirer l’attention. Il a raison après tout. J’ai presque eu un excédant mais tout est rentré dans l’ordre.

Pascal Brice: « Tant que nous n’aurons pas une politique migratoire européenne digne de ce nom, la politique du droit d’asile restera sous pression. »

Ce lundi 14 octobre, il y a foule dans l’Amphi 4 de la Sorbonne pour accueillir Pascal Brice, ancien directeur de l’OFPRA et auteur du livre « Sur le fil de l’asile » paru chez Fayard. Il va s’exprimer pendant plus d’une heure au sujet de  l’accueil des réfugiés en France et en Europe, et plus particulièrement l’asile politique. C’est aussi une rencontre entre monde diplomatique et académique.

Pascal Brice © Camille Millerand

Contrairement aux précédentes interventions publiques de Pascal Brice relayées sur notre média, le directeur de l’OFPRA a quitté ses fonctions, c’est donc le citoyen qui nous parle.


OFPRA, Pascal Brice: « Je ne connais qu’une réponse: l’accueil, l’humanité et la rigueur »


​Durant cette allocution, il va dresser plusieurs constats: l’Union Européenne est désunie sur l’immigration et cela a des conséquences négatives pour les européens et les migrants. De plus, le droit n’est que partiellement appliqué.

L’explosion migratoire, la crise syrienne et les défaillances de l’Europe : 2015, année du chaos

Depuis 1946, le droit d’asile est inscrit dans la Constitution française. Il est même considéré comme un droit fondateur de la République française. Sa directive inclut une protection juridique et administrative aux migrants ainsi qu’une procédure définie par le Conseil Constitutionnel.


« Le citoyen peut être bouleversé par l’ampleur de la catastrophe humanitaire, mais le directeur de l’OFPRA agit en fonction d’un cadre juridique. »


En 2014, la Méditerranée devient la route principale de l’exil et les européens découvrent avec effroi les nombreux morts par noyade. L’année suivante, les demandes d’asile explosent: tandis que la Turquie reçoit de l’argent par l’Union Européenne pour prendre en charge 3 millions de réfugiés, l’Europe agit en ordre dispersé.

Camp de réfugié le long du canal de la Vilette proche de la rotonde de Stalingrad – Hiver 2017 © Valentine Zeler

En 2015, l’Allemagne accueille un million de réfugiés tandis que la France se limite à 120.000 personnes.

« La Grande Bretagne quant à elle ferme ses frontières au mépris de toutes les conventions signées, y compris celle de Genève. L’Europe de l’est suit la tendance britannique. »

Parmi eux, certains subissent les passages de milliers réfugiés comme l’Autriche.

Des difficultés d’organiser le droit d’asile

« Le citoyen peut être bouleversé par l’ampleur de la catastrophe humanitaire, mais le directeur de l’OFPRA agit en fonction d’un cadre juridique. » Or, la convention de Genève et les autres traités internationaux dédiés à l’immigration sont mal appliqués.

« On est loin des exigences » rappelle-t-il. « Tant que nous n’aurons pas une politique migratoire européenne digne de ce nom, la politique du droit d’asile restera sous pression. »

Quelle est la capacité des européens à  faire face aux questions migratoires ? « Il faut avant tout éviter le catastrophisme car l’argument se transforme en chantage. Essayons d’être bienveillant et d’appliquer le droit. »

Ce droit, Pascal Brice a essayé de l’appliquer dès sa prise de fonction en décembre 2012. Il constate que l’OFPRA a accordé le droit d’asile à 9% des demandeurs en 2012. Les 91% qui ont été refusés peuvent demander un appel devant la Cour Nationale du droit d’asile. Parmi ceux qui ont fait cette nouvelle demande, 12% était admis. Ainsi, il y avait plus de demandes accordées par le juge que par l’OFPRA. « Cette situation était anormale. Comment l’oganisme indépendant qui valide les demandes peut valider un chiffre inférieur de régularisation par rapport à un juge qui tranche en appel ? »

Pascal Brice a décidé d’agir. « Ce n’est pas la question d’être sympa ou non, c’est la rigueur de l’application du droit. Nous avons à la fois codifié ‘le bénéfice du doute’ et ‘la crédibilité des craintes’ par rapport à un récit mal construit » souligne-t-il. 

En outre, la vigilance vis-à-vis de potentiels terroristes est impérative. « Même si c’est vraiment infime, la menace est bien réelle ».

Comment organiser l’arrivée des migrants ? Hotspot versus Externalisation

Pour Pascal Brice, « deux choix s’offrent à l’Europe. »

La seule solution viable à ses yeux est la création d’hotspot. Un hotspot est situé aux frontières de l’espace Schengen. Il a pour mission d’accueillir dignement tous les migrants et de lancer leurs procédures administratives.

Camp de la Moria à Lesbos en Grèce – Photographie Mortaza Behboudi

Durant le temps de traitement, les migrants ne sont plus libres de circuler, c’est un centre fermé. Une fois la décision rendue, ils sont soit raccompagnés à la frontière ou bénéficient d’une aide de réinstallation fournie par le HCR, soit ils obtiennent un statut de réfugié ou une carte de séjour.

Il existe certains camps comme celui de la Moria à Lesbos en Grèce où notre journaliste Mortaza Behboudi a travaillé plusieurs mois. Mais dans les faits, ces centres sont relativement inhumains et les drames se succèdent.

L’autre solution a été proposée dès 2003 par plusieurs dirigeants européens comme Sivio Berlusconi en Italie, José Maria Aznar en Espagne ou Tony Blair en Angleterre. Elle consiste à externaliser les demandes d’asile aux pays frontaliers comme la Lybie. « Mais outre les difficultés de mis en place, il est évident qu’on est loin des critères d’accueil signés dans les traités internationaux. »

Pour Pascal Brice, cette solution d’externalisation est mauvaise.

L’impact important et très négatif du traité de Dublin

Le traité de Dublin impose une demande dans le premier pays où le migrant est arrivé. Conséquence, les pays du sud de l’Europe reçoivent la plupart des demandes.

« Durant des années, ce traité était resté bien enfoui dans un fond de tiroir de l’Union Européenne. Quand il a dû être appliqué, cela s’est accompagné d’un certain laxisme » se souvient Pascal Brice, un brin désabusé. A cette époque, la police des frontières laissait plus ou moins passé les migrants aux frontières greques ou italiennes. Mais l’arrivée du gouvernement italien d’extrême droite de Matteo Salvini a changé la donne.

Pascal Brice se rend régulièrement à Calais pour rencontrer des migrants et les persuader de quitter la « jungle » ou  du moins établir un dialogue. S’y rendant en 2018 comme chaque année, il se rend compte que les 400 migrants venu l’écouter ont systématiquement été enregistrés dans le pays d’arrivée. Il est donc impossible pour eux de demander leur statut en France tant que l’Italie n’a pas statué sur leur cas.


« Les citoyens des pays d’accueil constatent cette inactivité alors que les migrants sont nourris et logés au frais de l’Etat du pays d’accueil. Cela renforce la xénophobie. »


Le premier pays européen où arrive le migrant est donc obligé de déclencher une procédure d’accueil. Tant que la réponse n’est pas donnée, le migrant ne peut pas entreprendre d’autres démarches administratives. C’est donc les pays frontaliers qui endossent les demandes d’asile. 

Quant aux pays qui ne sont pas frontaliers, ils refusent de prendre les demandes de migrants se réfugiant derrière la loi de Dublin. La France a aussi joué ce jeu qui fait le lit des nationalistes xénophobes.

Pour résumer sa colère, Pascal Brice souligne « non seulement le manque de solidarité entre pays d’arrivée et pays de destination », mais aussi l’inactivité imposée aux migrants durant des périodes allant jusqu’à 18 mois. « Les citoyens des pays d’accueil constatent cette inactivité alors que les migrants sont nourris et logés au frais de l’Etat du pays d’accueil. Cela renforce la xénophobie. »

La dissuasion et la reconduite à la frontière

Il ne faut pas que les conditions sociales soient trop bien pour les migrants sinon ils viendront tous !

Cette phrase maintes fois entendues n’est pas du tout recevable pour Pascal Brice. « D’abord parce que les gens viennent quand même, mais en plus ils sont mal accueillis, dans des conditions très difficiles qui renforcent les incompréhensions de part et d’autres ».


« Le droit d’asile n’est pas qu’une politique migratoire, c’est un droit politique.« 


L’asile doit être garanti comme le stipule le droit européen dans le respect de l’ordre public. Ni plus, ni moins. C’est inscrit dans la Constitution française et c’est notre devoir de Nation.

Pascal Brice: « Réformer le droit d’asile est indispensable mais cela ne suffira pas »

Au fil de l’exposé, on comprend que la politique migratoire est non seulement inefficace mais aussi dangereuse, aussi bien pour les migrants que pour les européens. Pascal Brice ajoute: « Le droit d’asile n’est pas qu’une politique migratoire, c’est un droit politique. »

Il est donc nécessaire que ce problème soit pris de manière collégiale au sein des pays qui appliquent la libre circulation du traité de Schengen. Les répartitions deviendraient plus équitables. Alors qu’au contraire, chaque pays réfléchit pour lui-même. Dès lors, on constate le retour implacable des frontières entre chaque pays. 

L’autre point, c’est la stricte application du droit. Le droit des migrants se confond de plus en plus avec ceux des réfugiés politiques. Beaucoup de migrants ne correspondent pas à ces critères. Ils n’auront même pas de carte de séjour.

Quid des expulsions.  

« Nous avons pris la mauvaise habitude de s’habituer au fait que le droit est plus ou moins appliquée ». Parfois l’expulsion est impossible mais quand c’est le cas, c’est rarement effectif.  « Les conséquences sur la montée des xénophobies européennes sont dévastatrices pour le vivre ensemble. »

Et la régularisation de masse ? « C’est un aveu d’échec. »

Comment la France accueille administrativement les migrants?

Chaque pays européen a un processus d’accueil spécifique. Certains camps comme Lesbos en Grèce sont dirigés par le HCR (Haut-Commissariat aux Réfugiés).

  • En France, les migrants s’inscrivent sur la plateforme PADA (Plateforme d’Accueil de Demandeurs d’Asile) qui leur demande le relevé d’état civil.
  • Ils obtiennent alors un rendez-vous « au guichet unique ». Ce guichet est géré par la préfecture et par l’OFII (Office Français de l’Immigration et de l’Intégration).
  • Soit ils sont dans le cadre de la procédure Dublin et doivent attendre la décision du premier pays par lequel ils sont passés, soit se déclenche une procédure normale ou accélérée.
  • La demande d’asile est formulée. Le guichet unique renvoie le dossier à l’OFPRA qui vérifie le récit de la personne.
  • Soit l’OFPRA valide le dossier, soit il est renvoyé devant un juge du CNDA. Si le CNDA refuse le droit d’asile, le migrant rentre alors dans un processus d’expulsion.
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  • Afghanistan : dans une province d’1,5 millions d’habitants, aucune femme journaliste07/03/2019 - 2:07

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  • RD Congo : corruption et violation des Droits de l’Homme sanctionnées par les Etats-Unis05/03/2019 - 3:05

    [INTERNATIONAL] Les autorités américaines évoquent leur implication « dans une corruption importante, des violations des droits de l’homme, des abus ou une atteinte à la démocratie ». Ces personnes et les membres de leur famille ne peuvent entrer aux USA car ces personnes se sont enrichies par la corruption ou ont dirigé et supervisé des actes de violence à l’encontre de personnes qui exercent leur droit de réunion pacifique et leur liberté d’expression.

  • Amnesty International révèle les violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire12/02/2019 - 11:24

    [DROITS DE L’HOMME] La situation en matière de droits humains demeure fragile, présentée avant l’Examen périodique universel (EPU) sur la Côte d’Ivoire en mai, Amnesty International Côte d’Ivoire a mis en lumière des préoccupations majeures en termes de droits humains, notamment l’usage de lois répressives pour faire taire la dissidence.

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  • Un voyage sans retour10/10/2018 - 10:07

    [EXIL] C’est le départ. Il faut y aller. Aller loin de ce pays, loin de tout ce cauchemar. Parcequ’il faut survivre. A l’aéroport ce jour, le militaire à qui on avait donné beaucoup d’argent pour m’aider à sortir vint me chercher dans la voiture. C’est lui qui a géré les bagages. Il m’a bien dit d’en prendre sinon j’allais attirer l’attention. Il a raison après tout. J’ai presque eu un excédant mais tout est rentré dans l’ordre.

La photo comme témoignage: entre action et réactions

Au cours de leurs carrières, les photojournalistes prennent un nombre incalculable de clichés. Alors parmi ce nombre impressionnant de photos, quelles sont celles qui vont retenir l’attention du public, celles qui vont faire le tour du monde et celles qui vont recevoir des prix ? Quel rôle voient-ils à la photo? Réponses de photographes.

Selon Zaher, photojournaliste syrien de 23 ans qui a dû fuir son pays le métier de photojournaliste consiste à rendre compte de la réalité. « Je pense que je fais ce que je peux pour atteindre la vérité et la transmettre ».

Il ajoute: « Ce que je fais n’est pas politique, je ne suis pas dans un parti, je ne fais que raconter la vérité. »

Pour d’autres, ce qui compte c’est de comprendre pleinement une situation. « Je veux comprendre pourquoi » explique un autre journaliste syrien Abdul Eassa. « Je ne veux pas seulement prendre une photo, je veux surtout comprendre pourquoi ». Il poursuit en expliquant que les manifestations des Gilets Jaunes au cours de cette année lui ont appris beaucoup de choses sur la France elle-même.

Le photojournalisme est également vu comme un moyen de créer du lien social, s’intéresser à des situations particulières, à des individus. C’est le constat que fait Zaher quand il dit « j’ai choisi la photo car chaque photo a une histoire, elle représente un moment (précis) ».

Pour d’autres encore le photojournaliste a pour mission d’interpeller le public, de toucher au moins une personne. C’est ce que confirme Abdul Eassa « le point essentiel [du photojournalisme] est d’avoir un impact sur les gens et sur l’humanité en général. Afin de stopper quelque chose, en particulier les crimes. Et aussi informer -prevent- sur les choses inconnues du public – that no one care. »

C’est d’autant plus vrai en cas de guerre, comme en Syrie, car il s’agit ici de rendre compte d’une situation dans sa globalité, de la violence sous toutes ses formes peu importe les acteurs impliqués et le positionnement politique. C’est d’ailleurs souvent cette violence qui pousse les photographes à vouloir des actions concrètes, au-delà de simples réactions. Surtout lorsqu’on est impliqué soi-même dans le conflit.

Voir leurs photographies partagées sur les réseaux sociaux puis reprises par les grands médias à la Une peut sembler avoir un effet sur la politique.

© Julia Le Duc – La Jornada de Matamoros

La photo du migrant salvadorien et de sa fille retrouvée noyés en essayant de traverser le Rio Grande en est un parfait exemple. Cette autre photo de migrants cherchant à atteindre les États-Unis en traversant la frontière a fait le tour de la planète et a engendré une vague d’émotion collective.

Un présentateur de CNN n’a d’ailleurs pas pu contenir ses larmes face à la violence qui s’en dégage. Mais pour le photographe de l’AFP, Abdul Eassa ce n’est pas l’image qui est choquante mais l’histoire qui se cache derrière.

D’autant plus que dans un monde saturé d’images, un cliché chasse l’autre, ce qui montre la limite d’une photo malgré l’émotion qu’elle suscite. Pourtant, cette image n’a pas fait dévier de son cap le président des États-Unis Donald Trump face à sa stricte politique migratoire.

Et au-delà du foisonnement d’images, l’apparition des fake-news est venue rendre les choses encore moins lisibles. Le lecteur se sent perdu et impuissant face à un flot d’images permanent et à cette concurrence de l’information. Cette inertie face à la diffusion de ces photos peut être très difficile pour les photojournalistes.

Pour Zaher Al Zaher témoigner est presque vital, c’est pourquoi il peine à comprendre l’absence d’actions. D’après lui, la situation en Syrie relève de la crise humanitaire. Lorsqu’il était en Syrie, il voulait travailler avec des journaux étrangers afin que la communauté internationale soit alertée et s’empare du problème. Cette frustration est toujours présente aujourd’hui et elle est commune à de nombreux photographes ayant fait face à ce genre de situations.

Ces reporters peuvent finir frustrés voire déçu du manque de réactions. En effet ils ont été sur le terrain pendant des mois et ont mis leur vie en danger, afin de livrer un récit fidèle de ce qu’ils ont vu et de témoigner de choses inconnues du grand public. Frustrés de ne pas avoir eu l’impact attendu et d’observer que la situation ne change pas.

Malgré tout, certaines photos deviennent iconiques, comme celle de Nick Ut représentant une petite fille brulée au Napalm en 1972 lors de la guerre d’Indochine.

Cette photo a fait le tour du monde et est devenu un symbole des violences subies par les civils lors de la guerre d’Indochine. Malgré son succès (on en fait même aujourd’hui des sacs), cette photo n’a pas fait basculer le cours de la guerre. Elle n’a fait que confirmer ce que pensait l’opinion publique américaine, lassée par ces huit années de conflits.

Au-delà même de la violence qu’elle dégage, cette photo est efficace car elle est simple et sobre, mettant en valeur la souffrance vécue par la petite fille et les enfants qui l’entourent. Elle montre une réalité violente et inconnue du grand public. Encore aujourd’hui cette photo est mondialement connue et elle illustre même les manuels d’histoire français.

Zaher Al Zaher


« Je me rends compte sur le coup que la photo est puissante et plus tard je me rends compte qu’elle représente l’Histoire ».

Né à Alep en Syrie, Zaher Al Zaher, 23 ans, commence à travailler en tant que photographe pour des journaux internationaux à partir de 2013. Il couvre l’évolution de la guerre civile syrienne, principalement à Alep.

À cause de son engagement politique, il est enlevé et torturé par les forces gouvernementales syriennes.

Il réussit à fuir en Turquie puis arrive en France à la Maison des Journalistes en 2017. Depuis il fait partie de la Society of Professional Journalist et suit principalement les manifestations, comme celles des Gilets Jaunes.

Abdulmonam Eassa


« Il y a pleins d’images, mais peu {de photojournalistes} prennent en compte l’histoire qu’il y a derrière »

Abdulmonam Eassa est un jeune photojournaliste syrien de 24 ans qui a commencé à travailler en tant qu’autodidacte lors de la guerre civile syrienne en particulier à Damas à partir de 2013.

Depuis plus de cinq ans il travaille en free-lance avec l’AFP d’abord en Syrie et depuis octobre 2018 en France. Avant d’arriver à la Maison des Journalistes il est resté un an en Turquie afin d’obtenir un visa pour la France.

Depuis il couvre principalement les manifestations, notamment celles des Gilets Jaunes à Paris. Il a reçu le Visa d’Or pour ses photos sur l’action des ONG en Syrie. 

Le dessin de presse aux portes du marché de l’art

A quand une grande vente aux enchères de dessins de presse comme le font les maisons Drouot ou Sothebys pour des artistes tel que Picasso ?

Autour de Martine Mauvieux, conservatrice du dessin de presse à la Bibliothèque de France, une cinquantaine de dessinateurs venus des 4 coins du monde (Portugal, d’Inde, d’Ecosse, de Jordanie, de Grande Bretagne, du Brésil, du Nigéria…) et des ayants droits se sont réunis à la BnF dans le cadre des Etats Généraux du dessin de presse. L’occasion de nous plonger dans l’univers des caricatures d’actualité, siamois du journalisme. 

Le public est impatient, percutant et chamailleur, il n’hésite pas à poser des questions et rend cette conférence aussi intéressante que dynamique. 

L’histoire du dessin de presse 

La caricature a commencé par l’humour. « L’humour dans l’image existe depuis toujours » rappelle Martine Mauvieux. 

Pour que le dessin de presse soit pris au sérieux au sein du milieu culturel et artistique, il a fallu attendre certaines donations pour qu’en 2007 le Ministère de la Culture ouvre le premier poste de conservateur à la BNF dédié au Dessin de Presse. 

Le dessin de presse est aux portes du marché de l’art

Ce marché de l’art est encore balbutiant. Certes, de grandes maisons d’enchères comme Sothebys ou Drouot ont déjà proposé des dessins de presse lors de leurs ventes aux enchères, mais ils sont rares et n’ont jamais eu droit à une cession consacrée. 

Sans la reconnaissance des plus grandes maisons de ventes aux enchères, il est difficile pour le dessin de presse de créer ou stabiliser un marché de l’art. De plus, certains vendeurs mettent aux enchères des fonds entiers. La profusion impacte les prix. Lorsque des centaines de dessins sont mis en vente d’un seul coup, cela fait baisser le prix de chaque dessin de presse. Malgré un potentiel important, le marché balbutie. 

L’autre handicap du dessin de presse est le traitement du sujet. Un dessin du général De Gaulle a toute sa place chez le particulier ou dans un musée. En revanche, la caricature d’un « simple ministre » ou d’un événement oublié perd de la valeur, ou parfois n’en a aucune. 

La caricature est un art populaire. « Vous pouvez acheter pour 30 euros jusqu’à 80 dessins » se scandalise un spectateur ! En même temps, ceux qui achètent ne sont pas les plus fortunés.

Malgré cela, l’avenir pourrait s’avérer radieux pour le dessin de presse. A titre comparatif, le marché de la Bande Dessinée a explosé en quelques années. La BD avait si peu de valeur que de nombreuses planches originales ont été détruites. Puis au fil des ans, l’essor des ventes aux enchères en a fait un style à part entière qui génère maintenant d’importants profits. 

Cependant, comme pour un dessin de presse, la conservation reste un enjeu primordial. 

L’enjeu crucial de la conservation

« Je suis un dessinateur compulsif, j’écris n’importe où, n’importe quand, y compris sur un coin de table par exemple... »

Devant cet aveu, la conservatrice sourit poliment tout en haussant légèrement les épaules. Comment conserver ces dessins ? Elle qui nous a patiemment énuméré comment la texture du papier (bien plus solide avant 1850) et la qualité de l’encre sont les conditions sine qua non d’une bonne conservation. Vient ensuite l’environnement du dessin, la température, l’éclairage, l’humidité… Garder un dessin de presse en l’état se révèle un travail méticuleux. 

Mais face à la qualité d’une nappe papier de restaurant, la conservatrice ne peut rien conseiller, à part photographier le dessin.

Bien sûr, la question se pose moins quand le dessinateur utilise directement un support digital. 

Et en ces temps où le dessin de presse n’a pas toute la place qu’il mérite, la digitalisation est une bonne option de conservation. C’est ainsi que le caricaturiste Triambak Sharma nous a montré un musée entièrement digital dont la passionnante visite nourrit l’imagination. 

Le dessin de presse est présent partout dans le monde et il deviendra peut-être un art majeur. Comprendre une époque par ces dessins de presse est une approche originale du quotidien par l’information.

Nous ne pouvons nous empêcher de conclure cet article par un dessin de Bilal Daggezen, présent à cette conférence et ancien journaliste de la MDJ. Il a du fuir la Turquie à cause de ses dessins.

 

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