Journée internationale de la Femme : Du Maghreb à l’Occident

[Par Larbi GRAINE, journaliste algérien – larbigra @ gmail . com]

 

Cette année l’ONU célèbre le 8 mars, journée internationale de la femme sous le slogan de « l’égalité pour les femmes, c’est le progrès pour toutes et tous ».  Outre son aspect rituel – rappeler ce que l’Humanité tout entière doit à la  gente féminine- le 8 mars est aussi une halte pour évaluer à l’échelle du monde les progrès et les régressions en la matière. C’est forcément le temps des plaintes et des rapports mondiaux sur la question. Et souvent, ce sont les Etats, investis par leur rôle de mauvais pères qui prennent pour leur grade car la mondialisation n’est pas encore parvenue à imposer le même statut de la femme partout dans le monde.  La femme est plus ou moins libre selon les cultures. A cette occasion, on aime à se référer à diverses agences spécialisées, qu’elles soient des organisations humanitaires ou même des structures de police dont on s’évertue à citer les chiffres relatifs au nombre de femmes violentées par leur mari, de victimes du harcèlement sexuel, des mariages forcés, de mutilation génitale, etc.

Photo prise par le site : http://euro-mediterranee.blogspot.fr/

Photo prise par le site : http://euro-mediterranee.blogspot.fr/

 

La cause des femmes progresse

 

Dérogeons un peu à cette règle pour dire  que, la cause des femmes progresse, et que sous des dehors de reculade, se cachent parfois des percées notables.  D’ailleurs ces statistiques souvent sont rendues publiques afin de mettre au pilori un gouvernement jugé trop répressif envers sa population. L’Egypte par exemple a dégringolé dans le classement en termes de respect des droits des femmes, dès lors qu’on avait compté les femmes qui ont été battues sur la place Tahrir dans ce que les médias appellent le Printemps arabe. Ces statistiques omettent par exemple de faire allusion aux tueries d’hommes comme si les femmes étaient les seules concernées par la violence. Or, c’est connu, il faut du temps pour que le fruit d’une révolution soit cueilli. Retenons plutôt l’appropriation par les femmes égyptiennes de la place publique et des réseaux sociaux. Les organisations humanitaires ne sont pas les seules à manipuler les statistiques. Les gouvernements pour des raisons diamétralement opposées font de même. Ils en usent et abusent pour la consommation interne et aussi pour séduire les instances internationales. Nombre de pays (ils sont parait-il 87 aujourd’hui) ont souscrit au principe des quotas des femmes au niveau du Parlement.  Mais souvent ces pays qui se targuent d’avoir tel pourcentage de personnalités féminines dans leur représentation nationale, ont conservé les mêmes mœurs et coutumes, en se gardant d’apporter tout correctif à la matrice idéologique à l’origine de l’asservissement des femmes. Souvent le Parlement en question ne possède aucun pouvoir législatif. Du fait  d’institutions démocratiques de façade, la femme se retrouve alors prisonnière du même système. L’Algérie illustre bien ce cas.  Quand Abdelaziz Bouteflika projetait de briguer un nouveau mandat, il a engagé une révision constitutionnelle qui introduisait une  disposition faisant obligation de faire représenter les femmes par un  système de quotas qui, à terme parviendrait à la parité hommes-femmes. Or concomitamment à cette mesure qui donnait pleine satisfaction à l’Occident, le pays connaissait une vague d’islamisation sans précédent, car d’un autre côté, le régime était soucieux de satisfaire  l’opinion interne. Il faut dire que les progrès ne découlent presque jamais d’actes volontaristes ou délibérés. C’est l’évolution économique, la diffusion des nouvelles technologies, les progrès de la scolarisation, le salariat qui créent de nouveaux rapports de force dans la société. Un exemple : Vers 2005, le gouvernement algérien avait instruit les banques à l’effet d’accorder des crédits aux  salariés (hommes et femmes) justifiant d’un certain revenu pour l’achat de véhicules. Les femmes dont un nombre impressionnant de jeunes filles ont alors souscrit à cette formule. Quelques temps plus tard on allait assister à un phénomène jamais vu auparavant. Des jeunes filles à bord de leur voiture personnelle viennent klaxonner au bas des immeubles pour prendre leurs copines avant  de partir en promenade et ce, même en fin de journées. Or ce privilège n’était pas longtemps l’apanage des seuls garçons dont les pères tenaient à mettre à leur disposition leur propre voiture.

 

L’islam politique  a des racines plus profondes

 

L’œil occidental a tendance à percevoir l’islamisation de la société maghrébine comme un mouvement religieux stricto sensu alors qu’il plonge ses racines dans un fond socioculturel très ancien qui puise ses valeurs dans le système patriarcal. La féminité au Maghreb est associée du reste à des valeurs ancestrales faisant référence au code de l’honneur et au prestige du lignage.

 

Certes les révolutions et les guerres créent les conditions du dépassement de l’ordre établi. On l’a vu déjà, que ce soit pendant la guerre d’indépendance algérienne ou pendant la seconde guerre mondiale comment les femmes en Europe vont gagner leur liberté en se retrouvant investies par de nouveaux rôles. En Europe, ce mouvement préfigurera d’ailleurs la révolution sexuelle des années 60 qui fera tomber en désuétude le tabou de la virginité qui soit dit en passant est toujours en vigueur sous beaucoup de latitudes, notamment au Maghreb et au Moyen-Orient.

 

Dans ces sociétés qui pourfendent l’individualisme, sont exaltées les valeurs inhérents au  collectif et au communautaire, de sorte que même l’homme est pris dans les rets de l’oppression sociétale. Certes l’homme a tous les pouvoirs, mais il en a moins lorsque par exemple il est célibataire. Le contrôle sexuel étant de mise, les relations hors mariage sont interdites. Il en résulte que l’homme qui demeure dans le célibat, se sentira tout aussi dans la peau d’un être mineur que la femme. S’il possède un chez soi individuel, il devient un danger pour le voisinage qui se croit en devoir de le surveiller. Lorsque parlant de la construction de logements, le chef de l’Etat algérien s’écrie qu’il ne veut plus entendre parler de F1, il ne fait que se ranger à l’avis de la majorité conservatrice pour qui F1 rime avec studio et tout ce que cela peut invoquer comme déviation par rapport à la norme.

 

La femme-démon

 

Lorsque l’on pense femme au Maghreb, on pense diable. Passons sur la filiation biblique avec le péché originel, qui valut à Eve et à Adam d’être chassés du paradis. Du reste la fascination pour la femme démoniaque garde tout son sens au plus fort des soulèvements en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. La révolution tunisienne, ce n’est pas uniquement la chute de Ben Ali mais également de son épouse Leila Trabelsi que les chroniques locales ont décrite comme la véritable instigatrice de toutes les conspirations contre le peuple tunisien. Suzanne Moubarak, épouse du raïs égyptien n’a pas échappé au même procès. Femmes manipulatrices, vicieuses et malicieuses, ces reines déchues avaient tenu en laisse leur mari ! Dans la même veine, quoique plus tempérée, les médias français notent « le sens politique » de Carla Bruni  dans l’affaire des extraits choisis des enregistrements de Nicolas Sarkozy. « Sarkozy et Carla Bruni, entre mépris du peuple et vulgarité ? » titre le site d’information le Plus, Le Nouvel observateur.

 

Au Maghreb la femme ne vaut que par la famille

 

Le chanteur Idir déclame que la femme est une « bombe ». Pour la désamorcer, il faut diluer son individualité, la dissoudre complètement dans la famille. Quand on parle de famille, ça passe mieux  car ça alimente un imaginaire de la procréation, où la femme est parée de ses vertus de mère nourricière dont le destin se confond avec celui de ses enfants et de son époux. Point donc de femmes en dehors de la famille. En Algérie, le ministère chargé de gérer les affaires de la femme est dénommé Ministère de la Solidarité nationale, de la Famille et de la condition de la femme. Au Maroc, son équivalent est dénommé Ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du développement social. Mais celui de Tunisie se mêle de sport ! Il est dénommé Ministère de la Jeunesse, du Sport, de la Femme et de la Famille. Signe tout de même que le pays de Habib Bourguiba a une longueur d’avance sur ses voisins, un secrétariat d’Etat chargé de la Femme et de la Famille a été nouvellement crée. En France c’est plus simple : le département ministériel chargé de la même fonction s’appelle Ministère des droits des Femmes.  La détentrice du portefeuille, Mme Najat Vallaud Belkacem, également porte-parole du gouvernement, passe pour être la ministre la plus populaire du gouvernement français.

 

Le voile, c’est la voile

 

Vu du dehors les régimes politiques du Tiers-monde paraissent être les principaux obstacles à  l’émancipation des femmes alors que les choses ne sont pas aussi simples. Les pesanteurs culturelles sont telles que les Etats sont obligés d’en tenir compte. Les polices politiques s’y maintiennent d’autant plus durablement qu’elles ont développé la capacité de compréhension du système patriarcal dans lequel elles se positionnent en tant que tutrices veillant au bien être général. Ces polices y trouvent donc un terreau fertile  pour exercer la tutelle sur des populations qu’elles jugent immatures pour prendre leur destin en main.

 

L’œil occidental du reste ne distingue guère le foulard kabyle ou la capuche oranaise du hidjab. Tout est amalgamé sous un générique exotique. Si les femmes conduisent et vont au travail et se marient  elles le font selon des critères relationnels très anciens. Le voile traditionnel, aujourd’hui quasi abandonné au profit du hidjab, était jadis porté par les citadines et était la marque de l’aristocratie. Toute femme habitant la campagne devait arborer le voile en venant en ville. On le constate aujourd’hui, le hidjab est devenu l’habit qui permet à la femme maghrébine d’aborder la modernité. (Encore qu’il faille faire une autre lecture du voile dans les diasporas).

 

Or cette fameuse preuve de religiosité qu’est le voile pour les Occidentaux (pourtant métaphore de l’hymen et de la chasteté. Passons sur ses ramifications chrétiennes) ; est devenu au Maghreb, l’alpha et l’oméga d’une évolution inéluctable qui se fait tout de même en sourdine. Tout y est permis pourvu qu’on mette le voile (la voile ?).

 

 

 

 

La démocratie dans le monde est-elle en recul?

Par Nahed BADAWIA (nahedbada @ gmail . com)

Avec l’aide du professeur de français de la Maison des journalistes, Guillaume Tournier.

 

La démocratie dans le monde est-elle en recul? De nos jours, est-ce que la volonté d’un peuple d’avoir la démocratie suffit pour réussir? Le résultat actuel de la révolution syrienne tend à prouver que non, et nous conduit vers notre question principale: Est-ce que la démocratie, maintenant, dans le monde se porte bien ?

 

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En effet, chaque pays est sous l’influence de la communauté internationale. Et les institutions internationales ce qu’on appelle la communauté internationale, ne sont pas démocrates. Car elles convenaient pour gérer la guerre froide. Et elles sont les enfants de la deuxième guerre mondiale et ont été fondées par les cinq vainqueurs, qui se sont donné le droit de véto. Celui de la Russie est toujours utilisé contre la volonté de la majorité des états membres de l’ONU quand ils veulent soutenir la révolution Syrienne. C’est pourquoi le rôle de communauté internationale peut être soit un soutien soit un obstacle, dépend la volonté d’un de ces cinq pays « Vétoieux ».

 

Par ailleurs, le monde témoigne d’un changement radical dans les dernières décennies. Celui dont parle le politologue français Bertrand Badie dans son livre le « retournement du monde ». Il observe que « les identités sont de plus en plus culturelles et de moins en moins universelles ». Or comme la démocratie et la liberté sont des valeurs universelles, elles sont, de fait, en recul.

 

Mais je pense, au contraire, que les valeurs universelles de liberté et la démocratie ont diffusé et traversé les frontières européennes. Elles sont sorties du monopole de l’Occident. Parce que L’ère de l’information, Internet et satellite transforme monde en un espace commun et ouvert. Mais ce processus est plus rapide que celui des transformations culturelles qui sont toujours caractérisés par une lente. En témoignent les réactions conservatrices et réactionnaires de certains groupes dans tous les pays. Et c’est pourquoi l’extrémisme prévaut partout. On assiste ainsi à un retour aux valeurs anciennes,(prémoderne), à une croissance de l’extrême droite en Europe et une montée de l’extrémisme islamiste dans d’autres pays. Les deux dernières tendances expriment la peur de l’ouverture aux autres, considérée comme une invasion culturelle. Mais le changement viendra et ces groupes adapteront avec les valeurs de diversité et avec le monde ouvert et coloré.

 

La révolution syrienne a reflété la volonté de l’homme du peuple d’embrasser les valeurs démocratiques de la modernité Alors que ces valeurs étaient jusque-là réservées aux élites politiques et culturelles. Profitant de la méfiance de certains à l’égard des porteurs de ces valeurs modernes, le régime syrien les a décrits comme terroristes et extrémistes islamistes dès le premier cri de liberté des millions de jeunes qui aspirent à une société libre et démocratique et juste. Cela afin de convaincre le monde de le soutenir quand il massacre son peuple.

 

En fait le combat pour la démocratie et la liberté doit continuer partout et toujours. Et les Syrien luttent, en ce moment, pour la démocratie pas seulement en Syrie. Ils se battent pour renouveler et relancer la démocratie internationale parce qu’ils ont révélé l’incapacité du monde actuel d’agir pour défendre ses acquis humains et démocrates.

 

A l’heure des diasporas / L’exil serait-il en crise ?

Par Larbi GRAINE, journaliste algérien.
La notion d’exil est-elle en crise ? Dans un contexte de mondialisation économique et culturelle, caractérisé par la prolifération de diasporas dans des métropoles gigantesques, peut-on être sûrs que les populations de métèques qui y vivent se sentiraient dépaysées et mal dans leur peau et souffriraient du calvaire du « vivre-séparés » ? Les étrangers qui viennent s’installer durablement dans un pays qu’ils ont peu ou prou connu éprouveront-ils le sentiment d’exil de la même façon nonobstant leur différence de race, de culture et de religion ? Peut-on supposer que l’éloignement géographique par rapport au pays d’origine soit à la base du sentiment ineffable d’étrangeté dont souffre l’exilé ?

Originaire d’Algérie, l’auteur de ces lignes, va tenter de répondre à ce pack de questions, tout en interrogeant les migrations contemporaines à partir de sa propre subjectivité (qui soit dit en passant, comme a dit le philosophe) permet de reconnaître les objets. Puisqu’il me faut parler de la France afin de permettre à l’exilé que je suis censé être de scruter les réalités françaises, c’est-à-dire aborder toutes choses qui m’éloigneraient de mon pays, qui m’exileraient encore davantage en me projetant loin de mon territoire habituel, c’est ce qui fait de moi du reste un journaliste d’un pays tiers, un apatride dont on espère qu’il va jeter un regard neuf sur des choses archaïques et peut-être passées de mode. La chose n’est pas sans rappeler l’exotisme qui jadis se pratiquait sur les contrées de l’ailleurs, dans cet orient lumineux que Flaubert avait cru déceler aux portes mêmes de la province. On se délecte bien du français de l’étranger, sa langue est d’autant plus attrayante qu’elle est habitée par des sonorités et des réminiscences de la langue première.Algérien, je vais dire aux Français dont des millions sont d’origine algérienne comment je les perçois. Et d’ailleurs comment prendre le fait que ce plat berbère qu’est le couscous soit devenu celui que préfèrent les Français ? Saviez vous qu’il est plus facile de manger un couscous dans les restaurants de Paris que dans ceux d’Alger ? Saviez-vous que l’exilé, algérien de surcroît, ne peut retenir de la France que ce qu’elle a d’Algérie en elle ? Barbès explose au rythme des victoires de l’équipe d’Algérie, ce qui nous donne parfois l’impression que c’est la France qui s’exile sur ses propres terres. On le constate bien les Algériens installés en France, y compris ceux qui sont en situation irrégulière, s’y comportent comme s’ils étaient chez eux. La même observation vaut pour les ressortissants de l’Afrique subsaharienne, relevant des anciennes colonies françaises. On le voit le poids de l’histoire y est prépondérant. Réfugié à Paris, un confrère syrien qui a fui la guerre civile qui déchire son pays souligne qu’il éprouve un sentiment d’exil encore plus profond que celui que ressentiraient « les Arabes d’Algérie, du Maroc ou de Tunisie » arguant qu’en France il n’a pas eu le loisir de rencontrer beaucoup d’Arabes du Moyen-Orient.
De tradition arabo-berbère et fortement présents en France, les Maghrébins en général et les Algériens en particulier seraient-ils plus proches des Français ? A vrai dire, les Français ont leurs Arabes depuis longtemps. Dans l’hexagone aujourd’hui on entend parler le kabyle et l’arabe d’Algérie à chaque coin de rue. En plus des places fortes tenues par les Maghrébins, la France abrite une floraison de sociétés diasporiques. L’agglomération parisienne en est la plus parfaite illustration, Italiens, Noirs Africains, Chinois, Turcs, Indiens et j’en oublie se disputent son sol. Mais s’il n’y a point de Syriens à l’horizon, les traces du pays perdu seront plus difficiles à retrouver. L’exilé s’attellera à les chercher, et la vision qu’il aura de son pays d’accueil en sera profondément marquée. A la quête du pays qu’il vient de quitter, il est sans cesse rappelé à la dure réalité de sa condition. Tout aussi exilé qu’il le fut chez lui, il l’est tout autant sur sa terre d’adoption. N’ayant jamais été prophète en son pays, il ne saurait devenir le messie chez les autres. Vivant un double exil, il atterrit (quand il a la chance d ‘appartenir à une forte communauté expatriée), dans une diaspora, substitut de la société d’origine, laquelle va en quelque sorte le travailler au corps, le malaxant ne serait-ce que parce qu’il va pouvoir continuer à faire usage de sa langue maternelle. Certes, la vie en diaspora peut atténuer le sentiment de l’exil mais elle ne peut empêcher le désarroi découlant de la coupure d’avec la terre d’origine – devenant par la force des choses la terre promise. 

 

Regards étranges et étrangers !

photo impression de jean - credits paris.site-touristique-com

Credits : paris.site-touristique-com

Par Jean MATI

Depuis des siècles, la désignation « étranger » porte une connotation négative. Les regards portés sur eux (sur nous) concrétisent cette pensée. C’est comme ce jour où je suis arrivé à Paris. A première vue, la ville Lumière ressemble aux petits dessins d’un livre. J’écarquillais les yeux devant la splendeur de la capitale. 

Les constructions urbanistiques sont très différentes de nos grandes métropoles africaines. Sur le continent noir, l’étranger est ce villageois qui vient pour la première fois en ville où tous les citadins ne veulent pas lui tenir compagnie. Ses agissements peuvent  agacer à cause de son incivilité. Oui, Paris s’avère tout de même très différent.

Il y a un fourmillement d’informations, de communication même, surtout non verbales telles que les affiches d’indications, le code de la route, ou encore les panneaux publicitaires. En revanche, d’autres soucis, d’ordre technique, se posent : par exemple la manipulation des machines sophistiquées comme celle de l’achat de titre de transport. En Afrique, nous avons l’habitude d’avoir des contacts d’homme à homme, et non d’homme à machine. Alors le premier jour, la tâche n’était pas facile. Un véritable baptême de feu.

La rencontre des cultures dans la ville Lumière

Le continent noir comporte beaucoup d’espaces. Parfois pour rien. S’étendent d’immenses terrains alors que les populations y meurent de faim. Ici, les gens se battent pour la bonne gestion du territoire. Une volonté d’ordre se ressent. Les rues et quartiers parisiens sont bien tracés, sans doute taillés sur mesure. C’est un décor paradisiaque, en tout cas entre les longues avenues se croisant aux Champs-Élysées et toutes ces lumières qui éclairent la ville. Une luminosité pareille redonne la joie de vivre. J’y ai également découvert la Tour Eiffel. Haute de 324 mètres, cette tour de fer puddlé représente le symbole de toute une ville. La capitale française est une véritable odyssée  de toutes les cultures du monde. On découvre la multiculturalité de tous les horizons  dans les transports (métro, bus et train). Les riverains se lancent des regards parfois étranges. Mais au-delà de tout ça, il y a le respect mutuel. C’est la classe ! En RD Congo, à Kinshasa, les gens se piétinent et s’échangent des mots parfois violents pour une place dans un combi (bus local).

Loin de la chaleur de l’Afrique

Les gens d’ici sont très réservés. Ils s’ouvrent difficilement vers les autres. Ce n’est pas le froid qui en est la principale cause. C’est une question identitaire ou culturelle. En outre, cette problématique peut se révéler toutefois très complexe. Par ailleurs, la ville de Paris est aussi la tombe des tous les acheteurs et vendeurs d’illusion. A côté des belles constructions modernes, se présente un décor plus triste, celui des mendiants. Ils racontent leur histoire dans le métro en espérant récolter quelques pièces. Les âmes charitables n’hésitent pas à glisser un peu de monnaie aux gens qui font la manche. Quelle tristesse ! Certains dorment dans la rue même en plein hiver. Les gens d’ici les appellent les SDF (Sans domicile Fixe). C’est tellement horrible. Le froid d’ici me paraît insoutenable. Si en Afrique la chaleur est au rendez-vous, les populations n’en profitent pourtant pas. Crises et guerres font leur quotidien.

Être journaliste : les pensées de la MDJ

« Le journaliste est souvent appelé à faire le métier d’historien du temps présent, c’est-à-dire d’expliciter et de contextualiser l’événement afin d’en éclairer le sens. C’est cette faculté qui l’expose finalement à la vindicte des pouvoirs de tout acabit »

Larbi GRAÏNE, journaliste algérien

« Le journalisme est un métier passionnant et noble. Sa conséquence, parfois, est que l’on fait et défait les politiques mises en place sous l’effet d’un regard critique propre à notre profession… c’est pourquoi il est recommandé d’aller lentement et sûrement dans cet exercice délicat. »
Alareny BAILLO BAH, journaliste reporter guinéen

« J’ai emprunté le chemin du journalisme afin d’exprimer les idées et les valeurs de l’humanité auxquelles j’ai adhéré. Mais aussi pour la diffusion des connaissances et transmettre des faits occultés par le régime et ses appareils qui pratiquent la désinformation. »

Mazen ADI, journaliste syrien

« Informer, dénoncer, proposer, éveiller les consciences sur les réalités du monde dans lequel nous vivons, telle est la mission de ma passion et pour cela, je m’engage toujours à fond. Même si je conserve une certaine distance pour ne pas plonger dans le fanatisme, je n’abandonne jamais. »

Marciano Romaric KENZO CHEMBO, journaliste radio centrafricain

« Si la liberté de la presse est respectée dans un pays, nous pourrons alors le considérer comme un pays libre. »
Raafat ALOMAR ALGHANIM, journaliste et bloguer syrien

« Presse, cinéma, journaux, médias. Telles sont les voies qui mènent vers l’Humanité tous ceux qui croient en l’humain d’abord. Nous ne pouvons oublier la voix de ceux qui font cette presse, celle qui nous rend libre. »
Wareth KWAISH, réalisateur irakien

« La mission d’un journaliste est d’essayer de montrer la complexité de la réalité. Pas seulement se contenter de reporter les faits bruts. »
Roohollah SHAHSAVAR, journaliste et bloguer iranien

«Le dessin n’a ni langue ni frontières, car il peut parler à n’importe qui et n’importe où. A travers mes traits de crayon, j’essaie de mettre en éveil cette bonne conscience dont on a besoin de nos jours.»
Samy DAINA, illustrateur et dessinateur tchadien

«Je suis photographe parce que je cherche sans cesse à montrer aux gens tout ce que voient mes yeux afin qu’ils puissent découvrir ce qui se passe réellement dans cette vie.»
Zakaria ABDELKAFI, photographe syrien

« La liberté est un paradoxe. Mais, comme beaucoup d’écrivains, de journalistes, de poètes ou de militants inconnus, je continue de lutter pour la liberté d’expression, de pensée, de mouvement. Car, après tout, nous ne connaissons rien de meilleur qui vaille de se battre.»
Nahid SIRAJ, journaliste et poète bangladais 

«Dans le discours journalistique, les valeurs humaines sont unies et indivisibles. L’image et le mot (le visuel et le verbal) sont deux outils pour transmettre tout ce qui ne peut pas être dit, dans un cadre humanitaire avec objectivité. Le travail journalistique signifie porter cette cause et défendre des objectifs nobles.»
Shiyar KHALEAL, journaliste kurde-syrien

« Défendre la liberté d’expression c’est le seul moyen de défendre les autres droits, un journalisme libre c’est la principale clé vers l’émancipation.»
Abdessamad AIT AICHA (Samad IACH), journaliste marocain

«Éduquer, dénoncer et anticiper au prix de sa vie, telle est la MISSION du journaliste.»
Benson SÉRIKPA, journaliste ivoirien

« J’ai embrassé la carrière de journaliste pour pouvoir témoigner sur les grands bouleversements du monde. Peu de gouvernements apprécient la présence de scribouillards de notre espèce, mais sans nous il n’y aurait que des « guerres sans images »…»
Saïd KACED, journaliste et écrivain algérien

«Pour moi, écrire c’est vivre. Dans mon enfance, j’ai vu les livres apporter du réconfort aux vivants. A travers les yeux de l’écrivain, le monde se sublime. Par son verbe, son style et son esthétique, l’auteur tente de fixer dans l’éternité l’existence humaine.»
Ali AL MUQRI, journaliste et écrivain yéménite

« Si Jésus est la parole de Dieu, alors la parole est l’âme de notre esprit et de notre corps, d’elle naît le changement. »
Abdelmoneim RAHMA, poète et journaliste soudanais

« Au delà de la présentation et l’analyse des faits, le journaliste doit stimuler la réflexion en faisant de son métier un rempart contre toutes les formes d’abus.»
Sékou Chérif DIALLO, journaliste et sociologue guinéen

« J’ai commencé le journalisme pour prendre part au  »Printemps de Damas », mouvement démocratique syrien. J’écris des articles politiques et féministes pour lutter et construire la Syrie de demain, démocrate et libre. »
Nahed BADAWIA, journaliste, écrivaine et militante féministe syrienne

« L’Univers offre les mêmes droits à tous les êtres humains. Pourquoi la société ne les partage qu’avec les hommes, au détriment des femmes ? »
Rahima NOORI, journaliste afghane

« Le journaliste se doit d’éveiller la conscience du citoyen ; il l’alerte quant au fonctionnement du monde qui l’entoure »
Armand IRÉ, journaliste ivoirien

« Etre journaliste m’a permis de défendre les droits et les libertés fondamentales de l’Homme. Ayant grandi dans un pays en guerre, j’ai toujours voulu être la voix des sans-voix, porter plus loin la parole des plus vulnérables. Je suis avant tout une activiste acharnée des droits de l’Homme. »
Yvette MUREKASABE, journaliste radio burundaise

« Depuis quelques années, j’ai essayé d’être autant que possible la voix des victimes des violations des droits de l’Homme au Kurdistan. La chose la plus importante aujourd’hui pour le peuple kurde est d’obtenir la liberté et la démocratie. »
Rebin RAHMANI, journaliste kurde iranien

« Il n’est pas essentiel pour le journaliste de viser une certaine neutralité, ce qui compte c’est son engagement aux côtés des plus démunis. »
Ali AL-DAHER, journaliste syrien

« Le journalisme est un métier ingrat qui cherche à mettre sur la place publique ce que les autres cachent. »
Abdoulaye Djibril SOW, journaliste guinéen

« Le journaliste se doit d’éveiller la conscience du citoyen ; il l’alerte quant au fonctionnement du monde qui l’entoure. »
Armand IRÉ, journaliste ivoirien

« Etre journaliste, c’est consolider les valeurs de la démocratie en vue d’obtenir une stabilité politique et d’aboutir à une véritable paix sociale. »
Makaila NGUEBLA, journaliste tchadien

« Le vrai journaliste doit dire des vérités qui dérangent. »
Behzad QAYOMZADA, journaliste afghan

« En tant que journaliste, je me bats: je suis un véritable combattant des droits de l’homme au Soudan ».
Mohmed AL ASBAT, journaliste soudanais

« En tant que journaliste, je suis engagé à montrer tous les interdits que connaît mon peuple. Je le dois à L’Irak, ainsi qu’à un public le plus large possible. »
Hassanein NEAMAH, journaliste et réalisateur irakien

« Le journalisme est pour moi un métier qui se veut dénué d’intérêts : il s’agit de diffuser un fait le plus objectivement possible, et ce peu importe ce que le fait en question représente. »
Bassel TAWIL, photoreporter syrien

« Nous nous battons pour la liberté positive, la démocratie et une justice de transition en Syrie. »
Sakher EDRIS, journaliste syrien

« Nous sommes de véritables chiens de faïence là où le droit et la liberté sont menacés. »
Elyse NGABIRE, journaliste burundaise

« Etre journaliste pour moi passe d’abord par un engagement : être la porte-parole de tous ceux qui sont opprimés et déconsidérés. »
Diane HAKIZIMANA, journaliste burundaise

« On ne peut pas comprendre la réalité sans des voix locales et des reporters locaux. »
Mortaza BEHBOUDI, journaliste et photographe afghan

« L’un de mes mantras : vivre librement et mourir dignement. En effet, il m’est difficile de voir de l’hésitation et de la peur chez des personnes connaissant l’oppression. Mon combat est en faveur des droits humains et contre les injustices. »
Hicham MANSOURI, journaliste d’investigation marocain

«Je ne suis pas venue ici pour travailler juste dans mon propre intérêt, j’ai aussi cette responsabilité de faire entendre les voix des femmes afghanes. »
Mariam MANA, journaliste afghane

« J’aime la vie quand elle est pleine de valeurs. »
Bahram RAWSHANGAR, journaliste afghan

« Je pense que la vie est une chose absurde que nous sommes condamnés à supporter. »
Khosraw MANI, journaliste et écrivain afghan

« La détermination: l’étape la plus dure. Combien de personnes ont eu des ambitions, sans pour autant oser faire le premier pas? Je me lève donc je suis. »
Marie-Angélique INGABIRE, journaliste télé rwandaise

« Liberté j’écris ton nom » Paul ELUARD, illustré par Fernand LEGER