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GUINÉE CONAKRY – Les opposants en prison afin de préparer l’élection présidentielle

Sous couvert de lois scélérates et d’une démocratie tronquée, la purge des candidats à l’élection présidentielle continue et n’épargne aucun opposant politique. C’est ce qui s’est passé ce samedi 12 septembre 2020 : le régime dictatorial d’Alpha Condé a kidnappé Souleymane Condé. Cet homme est l’ancien coordinateur du FNDC (Front pour le respect de la Constitution) aux États-Unis d’Amérique. Le FNDC dénonce un règlement de compte contre Souleyene Condé. Son arrestation étant intervenue après le lancement de son mouvement politique: Diversité Républicaine de Guinée.

Souleymane Condé n’est pas un inconnu. Pour preuve, il était l’invité de l’émission «Les Grandes Gueules» de la radio Espace FM le vendredi 11 septembre.

Son arrestation pourrait avoir des liens avec des propos qu’il a tenu lors de cette émission. Selon le site Guinéenews, voici les raisons mis en avant par le patron de la Direction centrale de la police judiciaire, Fabou Camara.

« Souleyemane Condé a été arrêté pour ses publications sur son compte Facebook. On l’a interpellé pour ça. Tout ce qui viole la loi constitue une infraction. C’est donc par rapport à ça qu’on l’a interpellé« .

A la question de savoir si une convocation a été envoyée à Souleymane Condé, il affirme qu’il n’en avait pas besoin: « On ne convoque pas quelqu’un qui est en flagrant délit. Il n’y a pas de convocation. On le [localise], on le trouve, on l’interpelle. C’est ça la règle.« 

Du coup, nous nous sommes penchés sur la règle de droit concernant le flagrant délit en Guinée Conakry :

  • Article 50 :
    • – Est qualifié crime ou délit flagrant, le crime ou le délit qui se commet actuellement, ou qui vient de se commettre.
    • Il y a aussi crime ou délit flagrant lorsque, dans un temps très voisin de l’action, la personne soupçonnée est poursuivie par la clameur publique ou est trouvée en possession d’objets, ou présente des traces ou indices, laissant penser qu’elle a participé au crime ou délit.
    • Est assimilé au crime ou délit flagrant tout crime ou délit qui même non commis dans les circonstances prévues à l’alinéa précédent a été commis dans une maison dont le chef requiert le Procureur de la République ou un Officier de Police Judiciaire pour le constater.
    • Est également soumise à la procédure du flagrant délit, toute infraction correctionnelle, passible d’une peine d’emprisonnement qui, à la suite d’une enquête officieuse, ne paraît pas devoir faire l’objet d’une instruction préalable, en raison soit des aveux de l’inculpé, soit de l’existence de charges suffisantes.

Donc, quelle publication de Souleyemane Condé est qualifiable de flagrant délit ? Malgré une lecture acharnée, rien ne nous a semblé enfreindre la loi. 

En somme, il faut juste s’opposer au troisième mandat du président pour être arrêter, puis se voir attribuer des infractions non fondées. C’est la loi assujetie à la volonté et à l’humeur du pouvoir dictatorial d’Alpha Condé.

On se souvient qu’Oumar Sylla, alias Foniké Mengué, coordinateur national adjoint de « Tournons la page – Guinée » et responsable de la mobilisation et des antennes du Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) le 17 avril dernier, au lendemain de son intervention dans cette émission, avait lui aussi été immédiatement arrêté et conduit à la maison centrale de Conakry.

Il patienta plus de quatre mois en prison, avant d’obtenir sa liberté par la contribution des organisations nationales et internationales de droits de l’homme et les avocats du FNDC.

Alpha Condé, un dictateur de plus en plus violent

Pour rappel, en plus de sa candidature illégale pour obtenir un troisième mandat présidentiel contraire à la Constitution de 2010, Alpha Condé a endeuillé plusieurs familles guinéennes.

Cette campagne électorale et cette élection contestée tuera plus d’un guinéen. Dans l’opposition acculée et réprimée, les esprits s’échauffent. Les partisans de Cellou Dalein Diallo font craindre une violence post-électorale non maitrisée.

Mais comment imaginer qu’une dictature si répressive et à l’allure si démocratique, qui a déjà changé la Constitution comme si ce n’était rien, qui envoie ses opposants en prison pour des écrits sur les réseaux sociaux ou des commentaires en radio, comment ce régime pourrait perdre ces élections ? Y aura-t-il un contrôle anti-fraude et serait-ce efficace ?

Mais si nous restons sur les faits, une lecture de l’histoire prime sur les autres: Alpha Condé veut mourir au pouvoir comme ces prédécesseurs. Que ce soit Sekou Touré mort au pouvoir en 1984 ou le général Lansana Conté, lui aussi mort au pouvoir en 2008. Mais pour l’instant, les seuls qui risquent de mourir, c’est le peuple guinéen et les idéaux démocratiques.

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GUINÉE CONAKRY – Alpha Condé, «le soleil des incompétences» brille dans le ciel africain

De la politique à l’écriture ! Si la politique est un terrain qui donne la part belle au médiocre et à l’incompétence, l’écriture quant à elle, impose des valeurs et des savoirs: savoir faire, savoir être, savoir savant… C’est à cette seconde catégorie que souhaite appartenir le président de Guinée Conakry, Alpha Condé. 

Mais la noblesse de l’écriture semble très loin de l’écrivain Alpha Condé. D’où le titre de son livre qui est un tel plagiat, que les réseaux sociaux s’en sont moqués allègrement jusqu’à le tourner en dérision. Plutot que de créer, il copie.  

“Une certaine idée de l’Afrique » par Alpha Condé

Édité par l’Harmattan Guinée, “Une certaine idée de l’Afrique » a été dédicacé par le président guinéen vendredi 11 septembre 2020 à Conakry. Pourtant, ce livre aurait du avoir un autre titre : « Une certaine idée de la Guinée ».

C’est sous ce nom qu’il avait présenté son livre la première fois. Mais l’appétit du chef de l’Etat guinéen pour le prestige l’a surement poussé à voir ses positions à la hausse, passant d’un livre ambitieux sur la Guinée à l’Afrique toute entière ! 

Ce titre a déclenché des réactions très violentes sur les réseaux sociaux. Moqueries et accusations de plagiat ont fusé. Et pour cause. Julian Jackson avait raconté l’épopée du Général Charles De Gaulle dans son libre best-seller « Une certaine idée de la France » traduit de l’anglais par Marie-Anne de Béru. 

Par ce copiage conforme des titres, dont la seule différence est le nom des lieux (France pour l’un, Guinée ou Afrique pour l’autre), la personnalité et l’incompétence d’Alpha Condé se présente sous sa forme authentique et brute : s’approprier le géni des autres et s’en gargariser.

Alpha Condé, « le soleil des incompétences » qui brille en Guinée Conakry

Par la conformité des titres de ces livres que nous ne comparerons pas, il y a queqlues évidences. Si le premier est bien une invention qui montre le talent, la valeur ou l’inspiration de son auteur, alors le second met en lumière la notion de simple plagiat.

Qu’est ce qu’un plagiaire ? Le plagiaire est quelqu’un qui, dans le domaine artistique ou littéraire, donne pour sien ce qu’il a pris à l’œuvre d’un autre.


Le plagiat est souvent assimilé à un vol immatériel.


Le plagiat est ce qui est emprunté, copié, démarqué, autrement dit le plagiaire est celui qui s’approprie indûment ou frauduleusement tout ou en partie d’une œuvre littéraire, technique, artistique. Certains étendent ceci par extension à un style, des idées ou des faits.

Qu’est-ce que le plagiat ? Le plagiat est une faute d’ordre moral, civil ou commercial, qui peut être sanctionné au pénal. Cela  consiste à copier un auteur ou accaparer l’œuvre d’un créateur dans le domaine des arts sans le citer ou le dire, ainsi qu’à fortement s’inspirer d’un modèle que l’on omet, délibérément ou par négligence, de désigner. Il est souvent assimilé à un vol immatériel.

Le plus important est de différencier l’écrivain du plagiaire.

L’arme des écrivains est la plume, la plume fait coulé l’ancre et enferme le réel entre des mots. C’est à la fois artistique et méticuleux. La censure qui guette démontre bien l’importance des mots. L’écrivain en joue, l’écrivain en donne un sens.

Mais le plagiaire quant à lui n’est pas un écrivain, au contraire. C’est un farceur (au sens médiocre du mot), qui reprend à droite et à gauche, au gré du vent, et se fait passer pour ce qu’il n’est pas et ne saura jamais être. Ce désormais président écrivain, ou plutot ce président plagiaire, qui a fait coulé du sang et des larmes à son peuple, lui qui favorise les armes à l’encre, la propagande à la plume, la censure aux idées, la dictature à la démocratie, fait de lui ce qu’il tente de nous cacher : un simple plagiaire, rien de plus.

Bien sur le climat politique instable lui demande de réassoir constamment son autorité, d’où une tentative de légitimité ou de respectabilité par son livre… Pari raté. Rien qu’au plagiat du titre, on devine à quel loustic on a à faire.  

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GUINÉE CONAKRY – Création de « Guinée Chek » pour lutter contre les fake news !

Dans le cadre de la lutte contre la désinformation, les fake-news sont en plein essor grâce aux réseaux sociaux. Dans un pays où plus de 70% de la population est illettrée a cela s’ajoute la manipulation politique, la main mise du pouvoir et influence de la corruption dans le traitement des informations publique.

Une plate forme dénommé « Guinée Check » dédiée a la lutte contre la désinformation vient de voir jour.

C’est le résultat d’un immense investissement de l’association « villageeois 2.0 » conduit par le jeune blogueur Sally Bilaly Sow, coordinateur de l’association et son équipe qui viennent de bénéficier d’un financement octroyé par l’agence française de développement (AFD) pour la réalisation de ce projet.

https://twitter.com/sbskalan/status/1228762727906267141

La plateforme se trouve dans la région de Labé, cité de Karamoko Alpha. C’est à environ 500 kilomètres de la capitale guinéenne.

La lutte contre les fake news, c’est aussi une façon de combattre le Covid-19 et de promouvoir la démocratie

Cette vérification s’inscrit aussi dans la lutte contre les fausses informations sur le Covid-19 qui circule en Guinée Conakry. 

L’authenticité des informations destinées aux citoyens est aussi un cheval de bataille que se fixe Guinée Chek.

Les citoyens guinéens peuvent déposer sur la plateforme des images et des vidéos à vérifier.


Découvrez l’article sur « l’ail, le gingembre et le piment qui ne peuvent pas guérir le coronavirus ».


A l’heure du numérique, des initiatives comme celle-ci viennent a point nommé pour aider les utilisateurs des réseaux sociaux à mieux s’informer. 

Comme dit l’adage (qui est à la fois un précepte et un proverbe): « la liberté s’arrête là où commence celle des autres ».  

Ce site internet dédié à la lutte contre la désinformation autour de la Covid-19 en Guinée bénéficie d’un appui financier de l’Agence Française de Développement (AFD) à travers Expertise France et CFI Médias.

Publiée par GuineeCheck sur Dimanche 6 septembre 2020

La liberté d’informer et de s’informer est à la fois d’ordre juridique, déontologique, mais aussi démocratique, car pour voter selon ses convitions lors des enjeux électoraux, il est nécessaire d’avoir été bien informer. 

Alors qu’il est impossible pour une grande partie des guinéens de discerner une fake news d’une vraie information, la manipulation des informations n’a rien d’anodin. On peut ainsi parler d’intoxication des faits réelles en faits corrompus, manipulés dans un objectif précis.

Réussira-t-on à débusquer ces faussaires de l’information ? Attendons de voir ce qu’apportera Guinée Chek dans ce combat pour la liberté d’informer, car comment débusquer les vraies informations si la majorité des informations disponibles est corrompue ?

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GUINÉE CONAKRY – Quand les fêtes religieuses développent le pays…

La célébration des fêtes est devenue l’occasion de favoriser l’économie locale et la protection de l’environnement. Cette transformation sociale a commencé par les tisserands pour s’étendre au renouvellement des arbres et aux fameuses pommes de terre de Guinée. Entre promesse politique non tenue et crise du covid19 empêchant l’export, les guinéens, à commencer par les jeunes, ont décidé de se prendre en main. 

Lors de la fête musulmane de l’Aïd el-Kebir (Eid el-Adha ou Tabaski en guinéen) durant laquelle un mouton (ou une chèvre) est sacrifié,  les familles se réunissent et partagent un grand moment de convivialité. C’est ainsi que les guinéens reviennent dans leur localité familiale pour fêter ensemble ce jour saint. 

Depuis l’an dernier, les efforts des habitants de la Moyenne-Guinée s’orientaient sur le textile guinéen appellé « Donkin léépi ». Ces habits que les tisserands et teinturiers locaux confectionnent sont idéals pour les fêtes comme l’Aïd. Or, le secteur était en perte de vitesse et les débouchées commerciaux se faisaient rares. La fête de l’Aïd a permis de booster les ventes. 

La Basse-Guinée a emboité le pas. Le textile de Kindia fut mis a l’honneur. Idem en Guinée-Forestière où les yeux des habitants sont ornées par des textiles. Cette partie du pays qui s’appelle « La Forêt Sacrée » a une tradition ancestrale de travailleurs locaux. 

En somme, les guinéens ont trouvé un équilibre assez simple : consommer des produits locaux pour relancer l’économie locale.

Délaissée malgré les promesses politique, la pomme de terre est de la fête

Sur la même lancée, les habitants de la Moyenne-Guinée ont compris que cette année 2020 allait être très difficiles. Des milliers de tonnes de pomme de terre (plus de 20.000 tonnes en 2010 pour la fameuse pomme de terre dite la « Belle de Guinée ») ont été produits pour l’export. Les frontières étant fermés, il suffit de les stocker. 

Sauf qu’il n’y a nulle part où les stocker à faute de graves faits de corruption et un manque de responsabilité de la part des autorité incapable de construire un lieu de stockage. Conséquence, les pommes de terre pourrisent. Imaginez le désastre sociale et économique plongeant la Moyenne-guinée dans une crise sans précédent. 

Un appel a été lancé pour sauver le secteur des pommes de terre. C’est le président de la Fédération des paysans du Fouta Djalon (FPFD) et du Conseil national des Organisations paysannes de Guinée (CNOPG) Moussa para Diallo qui a osé. Pari réussi ! Les guinéens, comme un seul homme, sont allés acheter des pommes de terre permettant la pérénité des commerces locaux. L’Aîd a été le point culminant de ce sauvetage in-extremis. 

En effet, le produit guinéen le plus vendu à l’étranger est la pomme de terre. Fait surprenant, la plupart des plats guinéens sont à base de riz, alors que la Guinée Conakry ne produit pas de riz ! A l’inverse, la consommation des pommes de terre n’est pas un aliment de base en Guinée malgré le fort coût d’importation.

Exclu du secteur économique, la jeunesse guinéenne pense au futur écologique

Dans notre prochain article, nous analyserons en détail la dégradation catastrophique de l’environnement en Guinée, une zone d’investigation à haut risque pour les journalistes. 

Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’il existe aussi un rapport entre la fête de l’Aïd et les arbres. En effet, la déforestation sauvage a joué un rôle désastreux pour l’environnement. Les sources ont besoin des arbres pour s’étendre et rejoindre le lit des fleuves, particulièrement nombreux en Moyenne-Guinée. Leurs suppressions ont tari plusieurs rivières.

Reprenant une tradition nouvelle qui consiste à planter un arbre à chaque anniversaire, les familles profitent de l’Aïd pour le faire à leur tour et ainsi reboiser la Guinée Conakry qui en a besoin. 

C’est dans ce sens que les filles et fils de la région de Moyenne-Guinée construisent ensemble une union sacrée autour des valeurs culturelles, économique et écologique. Bien loin des promesses non tenues par Alpha Condé et son gouvernement qui préfèrent l’argent de la corruption que le bien être des citoyens, que ce soit au présent ou dans l’avenir.

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Guinée Conakry – Quelle éducation quand le taux d’alphabétisme est de 25% ?

Dans un pays où la méthodologie de l’éducation nationale, la formation des professeurs et la corruption généralisée n’aident pas les élèves à trouver les chemins de l’école, le taux d’analphabétisme représente 75% de la population. A cela s’ajoute le manque de considération que subit les enseignants en Guinée Conakry. Les enjeux sont importants car l’impact dépasse les enjeux de l’instruction.

Depuis des années le système éducatif guinéen classique est dominé par la pédagogie des 5 pas didactique.

  • le prérequis
  • la mise en situation
  • l’apport notionnel
  • le réinvestissement
  • le bilan

Ce système éducatif guinéen ne répond pas aux besoins des enfants, surtout avec une absence totale d’adaptation à l’environnement des familles qui ont plus d’intérêts à laisser leurs enfants en-dehors de l’école que de les enfermer dans une salle de classe. Instruire les enfants en-dehors de l’école aurait pu être une alternative intéressante, surtout en cette année de pandémie de Covid19.

Mauvaise formation des enseignants et grèves durement réprimées

À cela s’ajoute le manque de formation continue des professionnels éducatifs. Ils sont souvent mal payés par l’Etat guinéen et méprisés pour leur travail.

Cette situation a favorisé de gigantesques grèves comme nous vous l’annoncions dans notre article du 5 février 2020. Mais ces événements n’ont rien d’exceptionnel, cela fait longtemps qu’il n’y a pas eu d’année scolaire normale, c’est-à-dire sans grève. 

Éducation Nationale et corruption

La corruption s’invite trop souvent dans la relation entre l’Etat et les professeurs. Certains élèves paient des backchichs pour être admis alors que d’autres qui ont réussi leurs examens n’ont plus de place pour s’inscrire. Cette corruption baisse le niveau scolaire des classes et enferme les meilleurs élèves dans un rythme qui n’est pas assez soutenu. 

Il n’y a pas que les aprents d’élèves qui paient pour que leurs enfants accèdent aux classes du collège. Des écoles trichent également. Selon des sources bien informées, une grosse affaire a eu lieu en 2019 dans la préfecture de Pita, située à quelques 400 kilomètres de la capitale Conakry. Plusieurs écoles privées auraient payées des sommes d’argent pour faire obtenir l’examen à un grand nombre d’élèves. Ainsi, l’école obtenait un taux d’acceptation anormalement élevée (maisqui prouve la qualité de l’enseignement proposé) et ce n’était pas basé sur le mérite des élèves.

D’autres accusations de corruption ont touché les délégués communales de l’éducation: ils se sont octroyé un pourcentage équivalent à 50.000 francs guinéens « FG » pour chaque prime reçu par l’enseignant. Pire, certains ont encaissé l’intégralité de la prime de l’enseignant. Il est alors très difficile pour l’enseignant de porter plainte : les chefs de l’éducation nationale sont intouchables.

Deux questions se posent auxquelles nous n’avons pas encore la réponse :

  • Quelle est la valeur des résultats pour cette année scolaire perturbée par plusieurs phénomènes?
  • Y aura-t-il des sanctions lorsque la fraude est avérée aux examens?

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Soudan – La transition vers la démocratie bénéficie à la presse

Une année après la démission du dictateur soudanais Omar el-Béchir, le paysage médiatique du pays s’est totalement redessiné. Nous revenons sur ces changements, conséquence de la transition démocratique.

«Plus jamais dans le nouveau Soudan, un journaliste ne sera réprimé ou emprisonné.» Mercredi 25 septembre 2019, l’annonce du Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, promet aux journalistes une liberté jamais acquise auparavant.

À l’occasion de la conférence «Defend Media Freedom», organisée lors de l’Assemblée générale des Nations Unies à New-York, il approuve et signe le «Global Pledge to Defend Media Freedom» [l’Engagement mondial pour la liberté des médias]. À travers cet acte symbolique, Abdallah Hamdok s’engage à améliorer l’environnement médiatique soudanais, décimé par trois décennies de dictature.

Arrivé au pouvoir le 21 août 2019, Abdallah Hamdok remplace Omar el-Béchir, dictateur du Soudan depuis 1989, renversé au cours de la «révolution de décembre».

Bien que la traque aux journalistes et aux rédactions ait cessé depuis l’arrivée d’un gouvernement dirigé par un Premier ministre civil, tout le paysage médiatique reste à reconstruire. Unissant censure, répression, contrôle et exactions contre les journalistes, Omar el-Béchir laisse derrière lui des rédactions en pleine refontes.

En juillet 2019, Mediasrequest, un site dédié à répertorier les médias du monde, décomptait près d’une quarantaine de journaux de presse écrite, pour la majorité en langue arabe. D’autres journaux internationaux couvrent l’actualité du pays. De son côté, le ministère de l’Information et des Communications, sous la houlette d’Hassan Ismail Sayed Ahmed nouvellement élu, dirige les médias publics à travers le Sudan Radio and Television Corporation [SRTC] : Sudan Radio – Suna Sudan New AgencySudan TV.

«Le Soudan d’aujourd’hui n’a rien à voir avec le Soudan d’hier», affirme Mohamed Nagi, directeur de la rédaction de Sudan Tribune, un site d’information couvrant l’actualité des pays de la région.

Fondé en 2002, le réseau gouvernemental SRTC contrôle et monopolise la majeure partie des émissions de télévision et des infrastructures de diffusion.


Selon des témoignages, des journalistes critiques du pouvoir en place ont été à plusieurs reprises envoyés dans des «ghost houses», prisons secrètes où l’on incarcérait les opposants pour y être exécuté ou torturé.


À l’époque d’Omar el-Béchir, dont l’objectif est de contourner ce monopole, des médias sont apparus à l’extérieur du pays pour tenter d’exercer leur métier.

Radio Dabanga ou encore Afia Darfur ont été fondés pour élargir le champ de parole des opposants politiques au Parti de l’ancien dictateur, le Congrès National. Radio Dabanga est basée aux Pays-Bas tandis qu’Afia Darfur diffuse ses émissions du Tchad.

Le «tout puissant NISS»

Arrivé à la tête du Soudan lors du coup d’État militaire le 30 juin 1989, Omar el-Béchir a imposé un système autoritaire, banni toute opposition politique et institutionalisé la censure.

  • Censure

Sous son règne, les services de renseignement soudanais «National Intelligence and Security Service», [NISS] sont devenus les acteurs centraux de la répression, de la censure et de la surveillance du régime autocratique. Aujourd’hui, cette unité rebaptisée «General Intelligence Service» [GIS] est sur le point d’être démantelée.

Le NISS possédait le pouvoir d’intervenir au sein même des rédactions et des imprimeries avec comme objectif le blocage de la parution des journaux. Les autorités fixaient également la «ligne rouge» à ne pas franchir selon les intérêts propres au pouvoir en place.

Osmane Mirghani, rédacteur en chef du journal indépendant Al-Tayar est arrêté le 22 février 2019. Des agents du NISS se sont invités ce jour-là dans les bureaux du journal pour interpeller le journaliste lui reprochant d’avoir critiqué à la télévision Sky News Arabia la mesure d’État d’urgence décrété par Omar el-Béchir.

Selon des témoignages, des journalistes critiques du pouvoir en place ont été à plusieurs reprises envoyés dans des «ghost houses», prisons secrètes où l’on incarcérait les opposants pour y être exécuté ou torturé.

Cette pression quotidienne permettait à l’ancien régime de contrôler tous les faits et gestes des journalistes œuvrant à l’intérieur de ses frontières.

  • Contrôle et régulation

Comme le raconte Abdelmoneim Abu Idris Ali, alors journaliste au Soudan pour l’AFP dans son article intitulé «Vie et mort dans une guerre oubliée», le NISS pouvait décider de la présence de journalistes sur les lieux pour couvrir l’actualité du pays.

28 mai 2014, dix heures du matin, le journaliste reçoit un coup de téléphone. Le «tout puissant NISS» l’appelle et lui manifeste: «Soyez à l’aéroport dans trente minutes» pour partir dans l’Etat du Kordofan du Sud. «C’est inhabituel. Et c’est urgent», explique Abdelmoneim Abu Idris Ali.

Pour cause: l’accès à cette région est habituellement contrôlé rigoureusement.

Au Kordofan du Sud, des rebelles et les forces armées gouvernementales s’affrontent depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011. Zone inaccessible, sous haute régulation, les autorités tentent de camoufler les exactions commises sur la zone.

Mais, ce jour-là, les services de renseignement ont décidé de contacter le journaliste dans l’optique de couvrir la création d’une unité paramilitaire: une opération de communication l’imposait.

Contactée par nos soins, une journaliste qui a souhaité rester anonyme témoigne de la difficulté d’exercer le métier de journaliste durant les trente de dictature : «Travailler en tant que journaliste sous le règne d’Omar el-Bechir fut vraiment une douleur traumatique. La peur d’être lue et relue puis arrêtée nous hante.» Ne pouvant pas être publiée par la presse soudanaise, elle décidait de transmettre ses articles aux médias internationaux.

«J’ai tout de même été arrêtée à deux reprises à cause de mon travail. On m’a aussi menacé de mort. Je couvrais les élections au Kordofan du Sud en 2011 pour le referendum d’indépendance du Sud Soudan. Ces élections se sont mal déroulées et la guerre a repris entre le gouvernement et le mouvement rebelle des SPLM.»

Sa présence embarrassait le gouvernement soudanais, «ils ont donc décidé de me kidnapper et m’interroger pendant un jour pour ensuite me laisser partir. Ils m’ont aussi menacé de mort pour que je quitte la région.»

La transition démocratique au Soudan

Au Soudan, après 30 ans de dictature, «la révolution de décembre» renverse Omar el-Béchir le 11 avril 2019.

L’armée reprend le pouvoir jusqu’aux accords signés le 17 août 2019 entre le conseil militaire de transition (CMT) et la contestation. Cet accord ouvre la voie à la création du Conseil de souveraineté, un organe exécutif de transition composé de six civils et cinq militaires avec une présidence confié dans un premier temps à Abdel Fattah Abdelrahmane al-Burhan, un général de l’armée soudanaise.

Un gouvernement de transition est mis en place après l’investiture de l’économiste Abdallah Hamdok en tant que Premier ministre, désigné par l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) – principal protagoniste de la contestation.

Parallèlement, l’accord prévoit la formation de l’Assemblée législative de trois cents membres.

En pleine transition démocratique, des élections présidentielles devraient avoir lieu en 2022.

Un héritage qui perdure malgré la transition

Dès lors, se pose la question inhérente à cette transition: aujourd’hui, que reste-t-il du système d’antan qui encadrait les médias soudanais ?

La transition en cours donne espoir aux journalistes soudanais. Le Soudan est passé de la 175ème place au classement mondiale de la liberté de la presse en 2019 à la 159ème place aujourd’hui. Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique au sein de reporter sans frontière assure avoir rarement assisté à une telle ascension.

Une Constitution provisoire a été adoptée pour couvrir la période de transition. Celle-ci garantit officiellement à sa population une presse totalement libre.

Une réforme des médias a d’ailleurs été lancée sous l’égide de l’UNESCO en novembre 2019. Cependant, aujourd’hui, les lois sur la cybercriminalité (2007) sur la presse (2009), et sur la sécurité nationale (2010) continuent d’être actives et constituent selon Arnaud Froger «une grave menace pour la pratique du journalisme dans le pays.»

Ces lois représentent selon lui «une épée de Damoclès au-dessus des journalistes. Mais, c’est un chantier gigantesque. On ne passe pas de trois décennies de dictature à une démocratie totale.»  De son côté, Mohamed Nagi explique que «ces lois ne sont plus appliquées puisque la constitution les en empêche

Toutes ces lois donnent aux autorités en place un arsenal législatif gigantesque pour restreindre et soumettre les journaux du pays. Comme expliquer dans le rapport d’Amnesty.

Selon la loi sur la presse, le conseil national de la presse détient de nombreux pouvoirs allant de l’accord d’une licence aux institutions journalistiques à l’interdiction des publications d’articles.

De son côté, ladite loi de 2010 sur la sécurité nationale a institutionalisée l’immunité des autorités, actives dans la censure des médias au nom de la sécurité nationale.

Les autorités ont peu à peu cessé la politique de répression systématique d’antan. Des changements qui ne font cependant pas l’unanimité au sein du service général de renseignement. Une mutinerie s’est produite dans les bâtiments du GIS le 14 janvier pour contester le démantèlement de l’unité.

Malgré tout, la censure systémique s’est institutionalisée et s’exerce aujourd’hui au sein même des rédactions.

Le site web Index, affirmait en 2013 que les services de renseignement soudanais «National Intelligence and Security Service» [NISS], aujourd’hui les Services de renseignement général «General Intelligence Service» [GIS], posséderaient 90% de tous les journaux du pays en 2013.

À cette époque, les NISS rachetaient deux journaux indépendants et influents: Al-Sahafa et Al-Kartoum. À la suite de cette acquisition, Mozdalfa Osman décide de démissionner de son poste de directeur éditorial au sein d’Al-Khartoum: «J’ai démissionné en raison de l’influence négative sur mon travail et de la mise en œuvre de l’agenda du NISS, ce qui a contredit mon professionnalisme.»

Pour le secteur de la radio, l’organisation Fanack spécialisée sur les sujets d’Afrique du Nord, affirme que le gouvernement possède 15% des parts de toutes les chaînes audios.

«Il n’y a plus de censure aujourd’hui au Soudan. Je n’ai jamais entendu mes confrères me rapporter de tels cas de la part du nouveau gouvernement. Mais l’autocensure s’est établie et installée. Vous savez, pendant 30 ans les journalistes ont travaillé sous une dictature. Tout devait être relu deux fois avant d’être publié. Ces automatismes perdurent d’une certaine façon. D’autant plus qu’une majorité des médias ont des connexions avec l’ancien régime, à l’exception de deux ou trois», explique la journaliste soudanaise.

Cette situation est représentée par le récent licenciement de Lubna Abdella du journal Al Sudani Al Dawlia à la suite d’une enquête sur la corruption au sein de la commission, des droits de l’homme.

Mohamed Nagi ne s’alarme pas: «Ce cas ne dépend pas du gouvernement. Ça ne permet pas d’estimer la liberté de la presse au Soudan. Certains journaux sont certes dirigés par des proches de l’ancien régime mais ils ont prouvé leur indépendance financière. Donc, au nom de la liberté d’expression, ces personnes ont le droit de faire valoir leur idéologie.»

En janvier 2020 également, dans le cadre de la transition, les autorités soudanaises ont interdit la diffusion de deux journaux et deux chaînes de télévision, avançant que «ces institutions ont été financées par l’État et nous voulons rendre l’argent au peuple soudanais», déclarait alors Mohamed al-Fekki, membre du conseil de transition du Soudan. Les journaux Al-Sudani et Al-Ray Al-Am ainsi que les chaînes Ashrooq et Tayba ont été visés.

Mohammed Nagi nous explique que «le nouveau gouvernement a fermé ces médias dont le rôle était de faire la propagande pour l’ancien régime qui les finance. Ashrooq et Al-Sudani se sont par la suite restructurés et ont pu rouvrir. L’interdiction n’était pas pour des raisons idéologiques mais financières.»

En parallèle, selon les informations de RSF, le Cyber Jihadist Unit, un service d’espionnage et de surveillance des journalistes, est encore actif et diffuse régulièrement de fausses informations pour discréditer les autorités de transition et préserver les intérêts de l’ancien régime. Cette unité dirigée par les services de renseignement continuerait d’œuvrer dans l’ombre.

Elle «surveille et contrôle le contenu publié par les journalistes. Elle diffuse de fausses informations qui peuvent influencer les médias.  Elle traque les journalistes, les intimide avec des messages malveillants continuant d’exercer une forte pression sur les journalistes du pays.»

Arnaud Froger perçoit en cette unité le signe d’un héritage d’Omar el-Béchir à démanteler prochainement.

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Guinée – La liberté de la presse sombre à nouveau

Selon le site Guineedirect, les députés guinéens fraichement élus ont adopté ce 3 juillet 2020, un texte de loi qui limite une fois de plus la liberté de la presse en Guinée. Ainsi, le Président de l’institution HAC (Haute Autorité de la Communication – équivalent du CSA pour la presse guinéenne)) sera désormais nommé par le président de la République, en l’occurrence Alpha Condé. La HAC est en charge du bon fonctionnement de la presse en Guinée Conakry.

Après le chaos électoral du 22 mars 2020 qui a bénéficié aux députés à la solde du pouvoir présidentiel, nous pouvons affirmer sans se tromper que le Président s’empare de tous les pouvoirs: exécutif, législatif, judiciaire et maintenant médiatique.

Le rôle de la HAC sera de censurer selon le bon vouloir du Président

A l’heure du passage mondial au numérique, la Guinée Conakry décide de passer sous le contrôle d’un seul homme qui décidera qui a le droit de dire quoi.

Cet homme, nommé par le Président de la République, ne sera qu’un pantin obéissant au pouvoir absolu du chef de l’Etat.

En effet, quel média s’opposera à la ligne éditoriale dictée par la présidence? Aucun média ne sera épargné par ce musellement généralisé.

La HAC est vidé de sa substance, comme une coquille vide. Il est évident que les futurs commissaires risquent d’être mis devant des situations de fait accompli. Si le président de l’organe de régulation des médias est nommé par Alpha Condé, il n’aura aucune marge de manœuvre. Il suffira que le chef de l’Etat décide de retirer un agrément ou d’annuler une licence pour que cela soit tout de suite acté.

Naturellement, avant de nommer quelqu’un à ce poste prestigieux, Alpha Condé posera ses conditions à prendre ou à laisser. Autre nouvelle, la HAC passera de 11 à 13 membres.

Les conditions des délivrances et des retraits des agréments d’exploitation pour les médias audiovisuels, l’attribution et le retrait des fréquences et la création d’un poste de secrétaire général, chef du service administratif, sont d’autres nouveautés.

Selon nos confrères de Guinéedirect, la nomination des commissaires devant siégé à la HAC est encore floue. Dans tous les cas, les règles de nominations vont changer et cela impactera considérablement la presse libre en Guinée Conakry.

Voici le résumé des nouvelles mesures prises par la HAC :

Les amendements apportés ont aussi porté sur :

  • l’Article 4 (réécriture pour la reformulation du dernier aliéna pour des besoins de précision),
  • l’Article 6 (relèvement de nombre des membres de 11 à 13),
  • la réorganisation des corporations membres de la HAC (Art.10),
  • la réintroduction de l’âge minimum de 35 ans pour être membre, la réorganisation des commissions spécialisées (Art.13).

Il y a aussi eu la réécriture du dernier alinéa sur les mesures disciplinaires applicables aux membres de la HAC (Art.15), le relèvement du quorum de 7 à 9 membres pour siéger (Art.24), réintroduction et précision à l’alinéa 3 de la durée de validité de la carte professionnelle de journaliste; et au Titre V, il y a eu réécriture des articles 58,59 et 60 relatifs aux dispositions transitoires et finales.

Les nouveaux législateurs ont également revu à l’Article 5, un alinéa premier relatif au renforcement du rôle de la HAC dans l’émergence et la promotion de médias libres et responsables.

Au total, la nouvelle HAC aura en son sein 5 représentants des associations de presse; 3 représentants de la présidence de la République ; 1 représentant de l’Assemblée nationale.

Le conseil supérieur de la magistrature, le ministère des postes, télécommunications et de l’économie numérique, le collectif des imprimeurs, libraires, bibliothécaires et archivistes et le collectif du cinéma et de la photographie désigneront chacun un représentant.

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