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Mamadou Bah en France : de la rue à la Maison des Journalistes (PORTRAIT 2/2)

« Une dictature couverte par le vent de la démocratie. Le vent peut souffler un peu, on peut se dire “oh c’est frais, agréable”, mais après ça repart, et on reste toujours dans le même climat ». Mamadou Bhoye Bah. 

  •   Par. Clémence Papion, étudiante en droit international, stagiaire à la Maison des journalistes et Ange Fabre, étudiant en droit et science politique, stagiaire à L’oeil de la Maison des journalistes. 

Mamadou Bhoye Bah arrive en France en octobre 2017. Une vie très difficile s’ouvre à lui. Il n’a plus rien, ses diplômes sont dévalorisés en France, sa famille est restée en Guinée. Il se retrouve seul mais découvre très vite la Maison des Journalistes, par le biais d’une association qui organisait des maraudes. Pour pouvoir y accéder, il faut remplir le formulaire en ligne. Sans téléphone, sans ordinateur, sans internet, c’est presque mission impossible. Mamadou vit donc dans la rue. Il raconte: « Chaque matin, quand tu te lèves, tu ne sais pas d’où tu viens et où tu vas. C’est très compliqué à gérer ».  Au fil des rencontres, Mamadou finit par être « invité » à rejoindre un camp. Cela lui fait penser à un camp militaire, mais il s’agit en fait d’un camp de migrants dont plusieurs associations humanitaires s’occupent près de la Porte de la Chapelle, à Paris. D’abord réfractaire à cette idée, il est convaincu par plusieurs personnes qui lui indiquent que cela l’aidera à trouver un logement, à s’en sortir. Il s’y rend, observe, se renseigne. « Il y a des gens qui dansent, qui se vident l’esprit. Moi je reste là, assis ». Il discute pendant de longues minutes avec une bénévole d’Emmaüs. Elle ne lui cache pas qu’il est très compliqué d’obtenir un titre de séjour, ou tout autre document lui permettant de régulariser sa situation en France, encore plus dans ce camp. Ses a priori confirmés, Mamadou décide de quitter le camp. « Je leur ai raconté que j’avais oublié un sac dans la rue, que je devais à tout prix aller le récupérer. Et puis c’est comme ça que je me suis enfui ». Il y revient finalement une semaine plus tard, après avoir rencontré un guinéen, qui, lui aussi, était passé par ce camp. Ce dernier confie à Mamadou que beaucoup se battent pour pouvoir intégrer cet endroit, qu’il doit saisir sa chance.

Pour l’anecdote, Mamadou réussit à réintégrer le camp car il est pris pour un autre. « Coïncidence ou choix du destin, un autre guinéen, appelé Mamadou, était présent sur les listes du camp. C’est comme ça que j’ai réussi à y entrer de nouveau ». Il est donc logé dans un petit abri en contre-plaqué, insalubre, il l’avoue, mais c’est toujours mieux que la rue. Il y reste dix jours, avant que les Restos du cœur, pour lesquels il était bénévole, ne lui trouvent un hébergement dans le 94. Il réussit alors à collecter toutes les informations nécessaires pour rejoindre la Maison des Journalistes. Après plus d’un an passé dans la rue, il trouve enfin un hébergement stable, et des personnes décidées à l’aider dans toutes ses procédures.

Mamadou lors d’un entretien avec le député Sébastien Nadot à la MDJ

En parallèle, il complète une licence 2 et une licence 3 en sciences de l’éducation. Il s’inscrit également en Master 1 en 2020 afin de pouvoir passer les concours de l’enseignement. Sans naturalisation, impossible pour lui de passer le concours, mais sans ce concours pas d’emploi, et sans emploi la naturalisation est inenvisageable.

Une intégration pas facile

Pris dans une spirale infernale, Mamadou est finalement engagé en tant que professeur contractuel dans l’enseignement primaire. Il fait des remplacements, ici et là. Il écrit des articles pour le journal de la Maison des Journalistes (L’oeil), de manière bénévole. « Le journalisme, c’est le seul métier que je peux exercer gratuitement ». Malgré son expérience, il ne trouve aucun poste dans ce domaine. « Même les journalistes français ont du mal à trouver du travail, alors les journalistes étrangers, même francophones, je ne vous en parle pas ». L’idée reste là, dans un coin de sa tête, d’un jour reprendre sa passion et de rejoindre une radio. Il en parle longuement, pour lui, le journalisme et l’enseignement sont deux métiers qui vont de pair. La facilité d’accès aux réseaux sociaux, à l’information de toute sorte, implique d’être bien éduqué, d’avoir été averti de la manière dont il faut prendre l’information et se l’approprier. Il apprend à ses élèves à se nourrir intelligemment des informations qu’ils reçoivent, tout en restant en alerte. Il leur apprend aussi à faire valoir leur droit, à ne jamais se laisser faire à ce propos. « Je suis touché quand mes élèves me confient qu’ils m’admirent, et qu’ils aimeraient un jour, comme moi, devenir journaliste ».

Les élèves de Mamadou pendant un atelier de peinture

L’intégration en France n’est pas chose facile donc. Mamadou l’illustre assez bien : « Il faut reconstruire ta vie. Alors que tu avais atteint 10, il faut recommencer à 0. Mais est-ce que tu es sûr que tu pourras encore atteindre 10 ? La réponse est non ». Il poursuit avec un adage africain : « Le séjour dans l’eau ne transforme pas un tronc d’arbre en crocodile ». Peu importe ce qu’il fera ici, il est sûr de ne jamais avoir le même statut qu’une personne qui est née et a grandi toute sa vie en France.

 

Un exil loin de la famille

Désormais bien établi, Mamadou le reconnaît : « La Guinée reste mon premier pays, mais la France est devenue mon pays d’accueil ». S’il avait le choix, s’il n’était pas menacé, il n’hésiterait pas une seconde et rejoindrais sa femme et sa fille, toutes deux restées en Guinée. Mais selon lui, la situation ne risque pas de s’améliorer tout de suite. « Ça ne m’étonnerait pas qu’il y ait toujours des régressions ». Lorsqu’on lui parle du régime politique, il le qualifie de dictature. Par une jolie métaphore il précise : « Une dictature couverte par le vent de la démocratie. Le vent peut souffler un peu, on peut se dire “oh c’est frais, agréable”, mais après ça repart, et on reste toujours dans le même climat ». Certes des élections ont lieu, mais ce sont des élections formelles, avec beaucoup de fraudes et de corruption. Outre le contexte politique, Mamadou déplore tout particulièrement le fait que sa fille soit privée d’une présence paternelle. « À partir du moment où vous êtes absent, l’enfant va lui-même se poser des questions : pourquoi cette personne qui était là, qui me faisait tout, qui était présente devant chaque situation et difficulté n’est plus là ? ». Mais un jour, il les retrouvera.


Si vous avez aimé cet article, lisez l’épisode 1.

 

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Mamadou Bhoye Bah en Guinée: une lutte contre la corruption (PORTRAIT 1/2)

Enfant calme et studieux, Mamadou Bhoye Bah débute dans le journalisme dès le lycée, au début des années 2000.

  •   Par. Clémence Papion, étudiante en droit international, stagiaire à la Maison des journalistes et Ange Fabre, étudiant en droit et science politique, stagiaire à L’oeil de la Maison des journalistes.

Enfant calme et studieux, Mamadou Bhoye Bah débute dans le journalisme dès le lycée, au début des années 2000. L’un de ses professeurs travaille dans une radio de la capitale guinéenne. Fasciné, Mamadou tente très vite de lui démontrer son intérêt pour le domaine, ce qui lui vaut un droit d’accès en tant qu’observateur plusieurs fois par mois dans les locaux de la radio. Mamadou en est persuadé, il a trouvé sa voie. Les perspectives sont claires, après le lycée, il s’inscrira dans une école de journalisme.

Toujours très lié à son professeur, qu’il avoue même considérer comme un « demi-dieu », il suit ses conseils et poursuit une licence en droit des affaires. « J’avais déjà le verbe, et il le savait. Mais une formation en droit serait un réel atout par rapport à d’autres journalistes ». Il obtient donc sa licence en 2012, et développe le projet d’enseigner. Le jeune guinéen en est persuadé, journalisme et enseignements sont liés. Il évolue dans le processus de formation et dans les concours afin d’obtenir son matricule d’enseignant.

Mamadou à la radio rurale de Pita

Mais alors qu’il obtient le concours avec brio, son nom ne figure pas sur la liste des étudiants intégrant la fonction publique. C’est là que débute le combat de Mamadou contre la corruption en Guinée : « Certaines personnes ont le bras long et quand tu as un bras dans l’administration on peut facilement te pistonner ».

 Un combat contre l’injustice 

Seule la moitié des étudiants ayant réussi le concours a été engagée, et Mamadou n’en fait pas partie. Il ne compte pas se laisser faire et comprend très vite que ces places, sa place, ont été données à des individus haut placés, n’ayant jamais validé toutes les étapes nécessaires pour obtenir le matricule, en échange d’une somme d’argent versée au ministère. « Certains d’entre eux n’avaient même jamais mis un pied dans une école ». Un long travail d’investigation débute alors pour Mamadou. Il rencontre plusieurs personnes de l’administration, se présente en tant que journaliste, et demande à voir différentes listes : celle des admis au concours, celle des différents stages effectués par chacun, celle des recrutés à la fonction publique. Il finit, après avoir insisté pendant plusieurs jours, par les obtenir. Face à ces listes, Mamadou le sait, il doit garder des traces, commencer à collecter des preuves matérielles qu’il pourra montrer au grand public. « Avec l’administration, ce sont les actes qui parlent ». Dans un élan d’adrénaline et de courage, et alors qu’il est seul dans un bureau pour consulter ces listes, il court dans un autre bureau pour faire des photocopies des pages les plus importantes. Ces photocopies, il les cache dans sa veste. Il revient tranquillement dans le bureau, repose les originaux, et s’en va. C’est la première fois qu’il est confronté à un tel travail d’investigation.

Mamadou interviewe des femmes productrices de légumes dans la banlieue de Pita.

Il faut maintenant exploiter ces listes. « Quand je suis sorti il y avait aussi un travail en aval, il fallait avoir toute une équipe. Mener ce combat seul c’est compliqué. » Mais Mamadou n’est pas seul, comme lui, plus de trois cent autres personnes ont réussi le concours sans être finalement titularisées. Pour les connaître, un travail méticuleux a dû être réalisé. La liste des personnes titularisées est affichée en ville. Ainsi, Mamadou vient chaque jour et observe le comportement des gens qui passent devant. Chaque air étonné, déçu, chaque signe de colère ou d’incompréhension est un indice précieux pour identifier les personnes qui, comme lui, sont victimes de la corruption guinéenne. De cette manière, Mamadou recense plus de deux cents personnes, et les invite à rejoindre sa lutte. Communications, révélations, tout un travail se déclenche. Il reçoit alors ses premières menaces, notamment de la part du chef de l’enseignement pré-universitaire. Il n’est pas question d’abandonner, Mamadou poursuit sa lutte, continue à se rendre dans des émissions, à rédiger des articles. Il lance un appel à toutes les personnes étant dans la même situation, et organise un sitting devant le ministère. Manifester fait partie de ses droits, il le sait, tout comme les quatre-cent personnes qui l’accompagnent.

Article de D. Labboyah, en date de mai 2012, faisant état du sit-in.

Le sit-in a lieu le 2 mai 2012. Le climat est tendu, la menace est grande. « On se savait sous la menace mais j’estime que c’est un combat noble ». Mamadou est la figure de ce soulèvement, il est particulièrement recherché par les autorités. Après quelques minutes seulement, il est arrêté, passé à tabac. « L’arrestation était très brutale. J’ai reçu plusieurs coups de matraque, dont un sur la main. J’avais une bague à cet endroit, elle est rentrée dans ma peau. J’étais ouvert, on voyait mon os ». Il reste en garde à vue, sans recevoir de soins pour ses blessures, pendant plus de vingt-quatre heures. Le groupe a tout de même manifesté, mais sans son porte-parole. Mamadou est finalement relâché. 

Loin d’être intimidé, il poursuit sa lutte et rencontre de grandes personnalités politiques, directement dans leur cabinet : le ministre de l’éducation ou encore le ministre de la sécurité. « J’étais assis en face d’eux, et je ne mâchais pas mes mots. Je savais que je détenais des preuves tangibles ». Plusieurs tentent de le corrompre en lui proposant de grosses sommes d’argent. Hors de question pour Mamadou qui n’hésite pas à faire part aux médias de ces tentatives pour étouffer l’affaire. « Je suis resté intraitable durant toute ma lutte contre la corruption ». Les responsables politiques le comprennent, le mouvement ne s’étouffera pas. La lutte a été efficace puisque plus de deux cents trente personnes ont été rétablies dans leurs droits.

Une victoire la lutte continue

Mamadou fait partie des personnes qui ont finalement réussi à se faire entendre. Mais comme une sorte de punition, il est envoyé à plus de quatre cents kilomètres de la capitale, dans l’une des plus petites écoles du pays, coupé de tout. C’est un moyen de le faire taire, mais c’est mal connaître le jeune guinéen.

Il réussit à se rapprocher de la capitale grâce à une mutation et saisit donc un poste dans une autre école quelques mois plus tard. Il rejoint aussi une radio, pour poursuivre sa lutte contre la corruption. 

Article de Mamadou dans lequel il dénonce la destitution des délégués scolaires

Le combat sera encore long, il le sait. L’émission dans laquelle il figure est de plus en plus connue, et Mamadou s’intéresse désormais aux personnes déchues de leur poste en raison de leurs affinités politiques, ou de leur origine ethnique. Même si les Peuls constituent l’ethnie majoritaire en Guinée, ils n’ont pas le pouvoir politique et sont considérés comme des opposants. « La politique en Afrique a été ethnicisée. Aujourd’hui en Guinée, quand tu es de cette ethnie même si tu n’es pas politicien le pouvoir te voit comme un opposant ». Mamadou est Peul, et dans le cadre de sa lutte contre la corruption, il trouve cette situation inacceptable. Il mène plusieurs interviews à ce sujet, et se retrouve à nouveau sous le coup de menaces, principalement des coups de téléphone très virulents. « Une fois, alors que je cherchais à avoir de nouvelles informations auprès de l’administration, un employé m’a menacé d’appeler la police, et de me faire arrêter ». Il est finalement contraint de quitter la Guinée en 2017, alors que les menaces s’intensifient.


Si vous souhaitez en savoir plus sur le parcours de Mamadou, restez connectés. L’épisode 2 sera publié très prochainement et fera part du périlleux parcours de Mamadou lors de son arrivée en France.

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Guinée. Interview avec le député Sébastien Nadot

Réélu à la tête de la Guinée pour un troisième mandat (après avoir modifié la constitution, qui limitait le pouvoir à deux mandats), le président Alpha Condé accentue la répression à l’encontre de ses opposants. Bilan : plus de 200 personnes ont été tuées par les Forces de défense et de sécurité (FDS) depuis 2010. 

Sébastien Nadot, député de la Haute Garonne et membre de la commission des affaires étrangères à l’assemblée nationale française, suit de près la situation en Guinée. Il a accepté notre invitation et a répondu aux questions de Mamadou Bah.

 

 

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GUINEE CONAKRY – La liberté de la presse attaquée

Pour avoir diffusé les opérations de dépouillement de vote en direct (dans un contexte de fraude massive), la Haute Autorité de la Communication a suspendu le site d’information Guinéematin.com pour un mois. C’est une décision lue dimanche soir sur les ondes des médias d’État. Le fondateur du site, dans une interview accordée à l’émission les grandes gueules ce matin de mardi 20 octobre, indique que la décision ne lui a même pas été notifiée !

« C’est par les réseaux sociaux que j’ai appris la suspension de mon site alors que mes reporters étaient encore sur le terrain. J’ai demandé à Ahamed, un ami qui est commissaire de la HAC, quelle loi interdisait à mon média de diffuser sur notre page Facebook en direct le dépouillement des bulletins de vote ? Personne n’a su me donner la réponse ! Mon avocat m’indique que la loi n’interdit pas au site de diffuser en direct le dépouillement. » 

Plus grave, cette décision émane d’un ancien journaliste chevronné devenu président de la HAC, Boubacar Yacine Diallo. Il est le fondateur de la radio horizon FM et il fut le président de l’urtelgui, l’union des radios et télévisions guinéenne. Puis il a bénéficié d’un décret présidentiel le nommant président de la HAC.

Et c’est un effet de mode qui se diffuse en Guinée Conakry. Avant 2020, ce poste de la HAC était un poste électif, donc soumis à un eélection. Dorénavant c’est un poste attribué par le pouvoir. Le pouvoir exécutif s’empare de toutes les instances électives en transformant les modes de désignations par décrets. Ce qui permet à l’exécutif de décider à la place du peuple.

Alors que la Guinée Conakry a reculé de trois points sur le baromètre de la liberté de la presse l’année dernière, passant de la la place 107 à 110, les médias privés continuent d’être la cible du pouvoir exécutif de Conakry. Aujourd’hui, c’est au tour du fondateur du site guinéemat.com de faire l’objet d’un acharnement de la part de l’État. Qui sera le prochain victime de l’injustice médiatique ?

Nous profitons de cette tribune pour saluer et encourager nos confrères de Guinée Matin. Informer les citoyens en ces lendemains d’élection contribuent à la démocratie.

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GUINEE CONAKRY – Au lendemain des élections présidentielles, le chaos

Ils avaient 13, 14 et 18 ans. Tués par balle alors qu’il fêtait la supposée victoire de leur candidat à la présidentielle, l’armée n’a pas fait dans la demi-mesure. Ces règlements de comptes ne sont pas isolés. Tout porte à croire que des fraudes ont eu lieu un peu partout en Guinée lors de cette élection qualifiée d’illégale, puisque le Président sortant a modifié la Constitution unilatéralement pour se présenter à un 3ème mandat. 

Le 18 octobre 2020, l’élection présidentielle a tourné à la fraude électorale à ciel ouvert. Des preuves vidéos confirment ces soupçons. 

Se faire élire par des armes, plutôt que par des urnes 

Dans les fiefs du parti au pouvoir, notamment à Kankan, des militants épaulés par les forces de sécurité ont fraudé sans vergogne pour espérer faire gagner l’élection. Une première vidéo montre un agent de sécurité prendre plusieurs bulletins de vote pour les remettre à une seule personne qui part s’isoler pour voter. Tout porte à croire que cet électeur y va pour ajouter illégalement des votes au candidat Président Alpha Condé dans son fief à Kankan. 

Une deuxième vidéo montre un membre du bureau de vote confortablement assis. Il coche plusieurs bulletins de vote désignant Alpha Condé. On entend des personnes autour du fraudeur lui dire de faire vite car un délégué arrive. L’ensemble se passe en langue malinké. Découvrez cette vidéo en cliquant sur ce lien

Autres méthodes utilisées pour faire gagner le candidat, enregistré un nombre de votant supérieur au nombre d’inscrits dans un bureau de vote, malgré la présence de la Cedeao (Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest) et de l’Union Africaine présentes pour surveiller le bon déroulement du scrutin. En lieu et place du terrain, les surveillants des élections préfèrent se prélasser dans le luxueux confort de leur hôtel. Ils dressent leurs oreilles afin d’écouter les déclarations fallacieuses des Présidents en place qui légitiment les dictatures en Afrique au détriment de l’intelligence des peuples africains qui restent dominés par l’illettrisme. Il s’agit de Cellou Dalein Diallo. 

Selon le site Tribune Ouest, bien introduit en Guinée, et qui a pu prendre connaissance des premières estimations à la sortie des urnes, Alpha Condé aurait perdu le vote des Malinkés en Haute-Guinée, son fief historique, ainsi que celui des Soussous en Basse-Guinée. 

Cedeao et Union africaine: des organisations qui ont pour but de conforter les dictateurs en place grâce aux fraudes lors des élections démocratiques 

Pour se maintenir au pouvoir, le Président en place et candidat Alpha Condé n’a d’autre choix que d’utiliser la fraude. Avec ses acolytes de la Cedeao, il sait que la CENI (Commission électorale nationale indépendante) va valider les résultats. En Afrique, les immenses défaites stratégiques peuvent être sans conséquence. Par exemple, c’est bien la Cedeao et l’Union Africaine qui se pavanait au Mali, faisant croire que le Président élu était légitime, qu’il n’y avait pas eu aucune fraude. Quelques jours après ces élections, l’ampleur de la fraude ne faisait aucun doute. Le peuple malien décidant sans aide de renverser l’usurpateur avec l’aide de l’armée. 

Ces deux instances sont là pour légitimer aux yeux du monde les élections organisées par des dictatures. Elles permettent la mise en place des basses besognes du pouvoir qui se servent de la démocratie comme d’un jouet. Le mois prochain, ce sera au tour de la Côte d’Ivoire d’aller voter pour leur président. 

C’est à nouveau la Cedeo qui encadrera ces élections. Prenant goût aux jeux de pouvoir, ils n’hésitent pas à intervenir dans le processus des élections pour soutenir le dictateur en place ! Non seulement, la Cedeao condamne sans réserve l’opposition ivoirienne à bout de nerf et proche de la désobéissance civile depuis qu’ils ont appelé, ce qui est leur droit, au boycott de l’élection présidentielle. Fait aggravant, l’Union Africaine et la Cedeo ne se sont pas gênées par la violation constitutionnelle qui comme en Guinée Conakry a été transformé pour permettre un troisième mandat au dictateur en place, en l’occurrence Alssane Ouattara. 

En Guinée Conakry, on compte les morts 

En Guinée Conakry, l’opposant charismatique Cellou Dalein partant de son expérience, s’est auto-déclaré vainqueur de l’élection. Il s’est basé sur les procès-verbaux à la sortie des urnes. La liesse populaire s’est alors emparée de Conakry, les rues se sont remplies et la ferveur était à la hauteur de l’attente d’une fin de règne souhaité par la population. Ces scènes ont également eu lieu en Guinée forestière, en Moyenne et en Basse Guinée. 

À Conakry, les forces de sécurité à la botte du pouvoir, ont tué dans la soirée du 19 octobre 2020 trois jeunes élèves selon un communiqué du parti UFDG de Cellou Dalein Diallo. Il s’agit de Thierno Nassirou Sylla, 13 ans, Mamadou Saîdou Diallo, 14 ans et Abdoulaye Diombo Diallo, 18 ans. 

Que s’est passera-t-il dans les prochains jours en guinée ? La CENI confirmera-t-elle les résultats des urnes ? Ou cautionnera-t-elle les fraudes en proclamant le candidat du RPG illégal ? Le chaos menace la Guinée Conakry.

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GUINEE CONAKRY – L’élection présidentielle réveille la haine ethnique

Après une campagne électorale marquée par un regain de violences dans les fiefs de l’opposition et du parti au pouvoir, dont un mort à Conakry, environ cinq millions d’électeurs sont appelés à voter ce dimanche 18 octobre 2020. Les guinéens éliront à nouveau un homme ou une femme qui prendra les destinées des 12 à 13 millions d’habitants durant les cinq prochaines années. Plus exactement, ce sera cinq ou six ans. Cinq si l’on respecte la constitution légitime. Il faut en revanche ajouter une année supplméentaire selon la nouvelle constitution controversée adopté dans des conditions ubuesques.

En lice, 12 candidats (dont deux femmes) pour un seul fauteuil. Les projecteurs seront tournés vers le président sortant, candidat à sa propre succession. Candidature illégale puisque la Constitution de 2010 empêche l’exercice du troisième mandat. 


C’est dans ces violences que Mamadou Saïdou Diallo, 14 ans, élève en classe de 8ème année, a été tué.


Un challenger est également à surveiller: Cellou Dalen Diallo, ancien premier ministre de Lansana Conté. Le rififi a lieu principalement entre ces deux candidats. Rififi le mot est tendre, car leur chamaillerie tue des guinéens, en traumatisent d’autres et font bruler la flamme de la haine. 

Le parti au pouvoir chahuté par la foule

Mardi 29 septembre 2020 vers 15h30, une prétendue attaque attribuée aux militants du principal opposant Cellou Dalen Diallo a peut-être eu lieu après le meeting tenu par Ibrahima Kassory Fofana, premier ministre et directeur de campagne d’Alpha Condé (le Président en exercice).

Cette scène s’est déroulée au stade Elhadj Saîfoulaye à Labé, situé dans le quartier Konkolah. Alors que le premier ministre quittait les lieux, sa délégation a subi une attaque violente par plusieurs individus incontrôlés. Conséquence, sept véhicules ont été caillassés et l’une des voitures s’est encastrée contre un mur en cherchant à éviter les casseurs.

Voici la version officielle du gouvernement de Guinée Conakry: «Mardi, 29 septembre 2020 – C’est avec une grande amertume que le Gouvernement apprend l’attaque dont a été l’objet le cortège de son Excellence Ibrahima Kassory Fofana, Premier Ministre de la République de Guinée et Directeur de campagne du candidat du RPG Arc en ciel».

Cette version a été fortement nuancée par le représentant de l’Etat dans la région, le préfet de Labé, Elhadj Safioulaye Bah. Dans l’émission les GG sur les ondes Espace FM de Guinée Conakry, le préfet s’est très clairement exprimé:

«Le premier ministre n’était nullement ciblé. Depuis le matin, dès 8 heures, la population s’est rassemblée au stade. Une forte animation et beaucoup de personnes y étaient. L’événement s’est très bien passé, jusqu’au départ. C’est là que les jets de pierres ont eu lieu, uniquement à la fin du cortège. Je ne dirai même pas le mot «cortège» car il n’y avait quelques véhicules. Le véhicule de notre premier ministre n’a pas été atteint. A priori, il n’était pas visé. Il faudrait que cela se sache !»

Le préfet ose continuer: «Il y a des personnes qui sont incontrôlées, peut-être qu’ils ont eu des promesses qui n’ont pas été tenues et qu’ils ont réagi en fonction de cela. En tous les cas, s’il s’agissait d’un sabotage, dès le matin, ils auraient saboté cela. Nous avons ouvert une enquête pour essayer de trouver ceux qui sont auteurs des jets de pierres et les raisons qui les ont amenés à faire cela

Le parti d’opposition ethniquement pris à partie

Ce dimanche 11 octobre, c’est le cortège de l’opposant, leader de L’UFDG, Cellou Dalein Diallo qui a été attaqué à Kankan, fief du pouvoir traditionnel d’Alpha Condé.

L’accès à la ville a été bloqué dimanche par un groupe de militants «RPG ARC en Ciel». Ces jeunes ont barricadé l’entrée principale de Kankan par des troncs d’arbres entrecoupés et entreposés ça-et-là sur la chaussée.

Le cortège de Cellou Dalein Diallo a décidé finalement de rebrousser chemin pour éviter des affrontements. Mais cette fuite n’a pas suffi et ce qui s’en suit est anormal, surtout si l’on précise que toutes les violences dont nous allons vous parler ont eu lieu alors que le « Ministre de la défense nationale » et le « Ministre de l’administration du territoire et des affaires politiques » sont tous les deux présents à Kankan.

Mais leur présence n’a en rien dissuadé ou gêné les loubards. En effet, les jeunes du RPG ne se sont pas limités à bloquer le cortège du Président de l’UFDG. Ces racailles s’en sont pris (encore !) aux militants massivement mobilisés pour accueillir leur leader.

Beaucoup d’entre eux ont été bastonnés et blessés. Leurs motos ont été volées ou calcinées. Mais pas que. Les boutiques et magasins des commerçants issus de la même communauté ont été pillés et saccagés.

Pourquoi tant de violence ?

Au-delà des luttes de pouvoir, c’est la triste mais logique conséquence des discours à relent ethnique qui fleurissent dans les discours d’hommes politiques guinéens. Qui plus est, des types dangereux car extrémistes bénéficient des largesses du pouvoir. Parmi ces extrémistes, nous devons citer au moins ceux du mouvement RPG (auteur de ces violences) notamment Talibi Dabo de la coordination régionale du RPG, ainsi qu’Oumar Diakité lui-même maire RPG de Kankan, sans oublier Moussa Dian Condé du syndicat des transports. A eux trois, leur haine et leur rage rempliraient tous les fleuves de Guinée Conakry !

Cette haine basée sur l’ethnie est grave. Il faut être sérieux. Tant d’exemples nous montrent à quel point des personnes partageant un même territoire et une même langue, sont capables de rentrer dans une logique de génocide. Nous n’en sommes pas là. Mais la situation ne se limite pas à ces exemples dans les fiefs de chacun, elle s’étend à l’ensemble du territoire de Guinée Conakry.

Par exemple, à Conakry, la capitale guinéenne a été la scène de violents affrontements ce jeudi 8 octobre 2020 faisant un mort. Idem deux jorus plus tard, cette fois à Yattaya Fossidet, dans la commune de Ratoma.

Des accrochages ont éclaté entre des partisans du RPG Arc-en-ciel et de l’UFDG, entraînant un mort et des dégâts matériels, selon nos confrères de Guineematin.com. Plusieurs partisans de l’UFDG quittaient la T6 pour se rendre à Sonfonia, via Yattaya. A l’arrivée de leur cortège à cet endroit, où des partisans du RPG Arc-en-ciel battaient campagne, les choses ont très mal tournées.

Suite aux échanges peu amicaux, les deux camps se sont affrontés à l’aide de jets de pierre. Les opposants du président en place ont pris le dessus sur leurs adversaires. Ils ont saccagé le stand du RPG Arc-en-ciel, installé au niveau de ce rond-point, incendiant le groupe électrogène et les matériaux de sonorisation qui étaient sur les lieux. Après leur passage, certains militants du parti au pouvoir ont mené des représailles, en s’attaquant à des commerces situés dans les alentours et appartenant aux partisans de l’UFDG.

C’est dans ces violences que Mamadou Saïdou Diallo, 14 ans, élève en classe de 8ème année, a été tué.

Élections mis à part, ces violences sont avant tout une tragédie pour toute la Guinée Conakry. Chacun peut penser comme il veut pour analyser le présent, mais quelles seront les suites ? Qu’est-ce qu’il y a après ? Les responsables politiques ne semblent pas se rendre compte ni admettre leur responsabilité dans ce déferlement de haine. Dimanche, l’élection présidentielle aura lieu. En espérant qu’aucun guinéen, qu’il est 14 ans ou plus, ne sera à son tour victime des démons politiques guinéens.

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GUINÉE CONAKRY – L’insécurité règne en maître absolu dans certains villages

Sinthiourou est une localité situé a environ 480 kilomètres de la capitale Conakry. Les habitants de cette localité située dans la région administrative de Mamou, préfecture de Dalaba, a comme autorité la sous-préfecture de Mombeya. Ce village est un endroit à l’écart, au loin, isolé, qui n’a jamais bénéficié de services publics. Comme ailleurs, la vie des habitants est menacée par des voleurs qui bénéficient de la complaisance des autorités locales.

Les hors-la-loi profitent des méthodes acadabrantesques des autorités locales comme les maires ou les sous-préfets pour passer au travers des mailles du filet. Pire, les victimes se retrouvent menacées par ces autorités pour qui les juges sont inutiles, car c’est eux qui rendent les jugements. Peu importe que le prix demandé soit en-deça du prix de la chose volée, qu’une vie de labeur soit ruinée par des voleurs, que le desespoir envahisse les coeurs. Prisonnier des autorités qui les menacent, c’est souvent les habitants eux-mêmes qui supplient de ne pas emprunter le chemin de la justice, uniquement par peur.  

En somme, cette population qui ne bénéficient ni d’accompagnement ni de sécurité de la part de l’état guinéen dans leur quotidien se voient dépouiller de leur bien. Cela fait plus d’un mois que ça dure ! Mais ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres de ce qui se passe loin de la capitale et pour lequel les préfets eux-mêmes n’ont pas la main. 

Accepter d’être volé ou se préparer aux représailles des autorités locales

Madame Bah Mariama Tala joint au téléphone ce mardi 22 septembre 2020 vers 22 heures était en larmes. Dans sa voix, on ressent la peur. Elle me décrit comment les hors-la-loi terrorise son village.

Circulant en moto, armées jusqu’au dent, adeptes des tirs de sommation, ils ont pour mission d’attraper les beaufs et de les égorger. Ils prennent alors leur part de viande, celle qui les intéresse, et laisse le reste en brousse à la merci des charognards et des animaux sauvages.

Le dernier cas porté à ma conaissance date du jeudi 17 septembre 2020. Ils ont égorgé une vache qui avait accouché d’un veau il y a quelques mois. Ils lui ont pris le cœur et les cuisses arrières. Puis ils ont tiré plusieurs coups de fusils avant de rebrousser chemin.

Avant cela, c’était le taureau de Thierno Oumou Kanté que les assaillants ont égorgé. Pourtant, deux semaines ils sont revenus et ont égorgé la vache de Madame Bah Aminata. « Moi je n’ai pas même pas retrouvé ma vache alors que cela fait une semaine. Nous avons tous très peurs pour notre vie et pour nos bovins. La peur est tellement intense qu’on en parle même pas entre nous. Dorénavant, chaque nuit, on s’attend a tout. Depuis un mois, nous vivons dans cette inquiétude. Nous somme là sans sécurité, nous avons vraiment peur. Nous lançons un appel pressant à l’endroit des autorités a tous les niveaux au président Alpha Condé et de son gouvernement pour nous venir en aide. Nous avons besoins d’être sécurisé. Une vache coute tellement chère et nous est tellement utile, qu’allons-nous devenir ?« 

Punissez les voleurs, non la population !

Dès 2015, moi-même, Bah Mamadou Bhoye, natif de ce village nommé Sinthiourou, j’avais subi des menaces quand j’ai interpellé les autorités administratives guinéennes sur les vols et violations des droits les plus élémentaires que subissent ses habitants.

Les faits remonte à 2015 lorsqu’un voleur a dérobé des mouton dans ce village avant d’être interpellé dans la brousse par la population de mon village de Sinthiourou. Le voleur a été remis aux autorités sous-préfectorales de Mombéya.

Il a alors été jugé à la va vite, sans même la présence de juges ! Ces personnes non assermentées, dont le sous-préfet de Mombeya d’alors, le maire de la commune rurale, le président de district de Hafia lié administrativement au secteur de Sinthiourou.

Leur jugement condamnait le voleur reconnu coupable. Sa peine, un paiement de 150 mille francs guinéen a la propriétaire du mouton, soit 15 euros.

Le voleur a versée la somme convenu, surtout qu’elle  n’avait rien à voir avec le prix réel du mouton volé.

Quelques jours après le versement de la somme a la propriétaire du mouton, c’est en toute décontraction que monsieur le maire de Mombeya et le président de district de Hafia (toujours en poste) font irruption dans le village de Sinthiourou pour réclamer à la victime la somme qu’elle avait perçue des mains du voleur.

Ces trois acolythes, représentant l’Etat guinéen et la justice guinéenne, ont menacé la pauvre maman qui a fini par remettre l’argent au maire de Mombeya et au président du district d’Hafia.

A ce moment-là, je travaillais à la radio rurale de Pita et en même temps j’enseignais à l’école primaire de Sraya situé a 9 kilomètres du centre de Pita.

Quand j’ai pris connaissance de cette injustice, la violation en flagrant délit des droits les plus élémentaires que subit ma famille, je n’avais pas d’autre choix que de prendre la situation en main. En effet, je suis le seul citoyen de ce village qui a fait des études. En plus je suis journaliste, je me devais donc de dénoncer ses abus. Surtout que je ne suis pas dupe, d’autres villages doivent connaitre le même sort. 

Je me suis d’abord rendu dans mon village pour rencontrer ma famille et tiré au clair cette affaire. Il s’est avéré que les faits se sont déroulés comme dit précédemment. Je retournais à Pita et a cherché à joindre le préfet de Dalaba pour lui demander s’il avait la connaissance de cette situation du secteur de Sinthiourou qui relève de sa circonscription administrative.

Le préfet dit qu’il va s’en informer, qu’il va appeler le sous-préfet de Mombeya pour en savoir d’avantage. Le préfet m’avait promis de me faire un retour quand il en sera informé. Effectivement, il avait bien appelé le sous-préfet de Mombeya pour lui demander. L’affaire refaisant surface, les pressions sont montés d’un cran avant de fuser de partout.

C’est a cause de cette situation que mon père fut destitué de son poste de chef secteur du village (éthiquement, dois-je m’en vouloir ?) tandis qu’aujourd’hui les mêmes personnes continuent de menacer ma famille.

A cela s’ajoute, l’insécurité des habitants de ce village. La pression sociale qui s’y diffuse. Les villageois n’ont pas envi que leur réputation soit salie, ils n’ont pas envi que le sous-préfet vienne proférer ces menaces… Mais que faire lorsque ces voleurs de bétail prolifèrent ? Et que faire lorsque les autorités raquettent les victimes de leur compassentation ?

Vous pouvez constater que la situation ne change pas. Comme l’a écrit le prix Nobel de la littérature Wolé Soyinka: « L’homme meurt en tous ceux qui se taisent devant la tyrannie ».

Pour ma part, j’estime que nous nous battrons pour la liberté et que nous dénoncerons toujours les violations des droits humains, l’insécurité des personnes et de leurs biens pour donner un avenir à notre pays, la Guinée Conakry.

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