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Soudan – La transition vers la démocratie bénéficie à la presse

Une année après la démission du dictateur soudanais Omar el-Béchir, le paysage médiatique du pays s’est totalement redessiné. Nous revenons sur ces changements, conséquence de la transition démocratique.

«Plus jamais dans le nouveau Soudan, un journaliste ne sera réprimé ou emprisonné.» Mercredi 25 septembre 2019, l’annonce du Premier ministre soudanais, Abdallah Hamdok, promet aux journalistes une liberté jamais acquise auparavant.

À l’occasion de la conférence «Defend Media Freedom», organisée lors de l’Assemblée générale des Nations Unies à New-York, il approuve et signe le «Global Pledge to Defend Media Freedom» [l’Engagement mondial pour la liberté des médias]. À travers cet acte symbolique, Abdallah Hamdok s’engage à améliorer l’environnement médiatique soudanais, décimé par trois décennies de dictature.

Arrivé au pouvoir le 21 août 2019, Abdallah Hamdok remplace Omar el-Béchir, dictateur du Soudan depuis 1989, renversé au cours de la «révolution de décembre».

Bien que la traque aux journalistes et aux rédactions ait cessé depuis l’arrivée d’un gouvernement dirigé par un Premier ministre civil, tout le paysage médiatique reste à reconstruire. Unissant censure, répression, contrôle et exactions contre les journalistes, Omar el-Béchir laisse derrière lui des rédactions pleine refontes.

En juillet 2019, Mediasrequest, un site dédié à répertorier les médias du monde, décomptait près d’une quarantaine de journaux de presse écrite, pour la majorité en langue arabe. D’autres journaux internationaux couvrent l’actualité du pays. De son côté, le ministère de l’Information et des Communications, sous la houlette d’Hassan Ismail Sayed Ahmed nouvellement élu, dirige les médias publics à travers le Sudan Radio and Television Corporation [SRTC] : Sudan Radio – Suna Sudan New AgencySudan TV.

«Le Soudan d’aujourd’hui n’a rien à voir avec le Soudan d’hier», affirme Mohamed Nagi, directeur de la rédaction de Sudan Tribune, un site d’information couvrant l’actualité des pays de la région.

Fondé en 2002, le réseau gouvernemental SRTC contrôle et monopolise la majeure partie des émissions de télévision et des infrastructures de diffusion.


Selon des témoignages, des journalistes critiques du pouvoir en place ont été à plusieurs reprises envoyés dans des «ghost houses», prisons secrètes où l’on incarcérait les opposants pour y être exécuté ou torturé.


À l’époque d’Omar el-Béchir, dont l’objectif est de contourner ce monopole, des médias sont apparus à l’extérieur du pays pour tenter d’exercer leur métier.

Radio Dabanga ou encore Afia Darfur ont été fondés pour élargir le champ de parole des opposants politiques au Parti de l’ancien dictateur, le Congrès National. Radio Dabanga est basée aux Pays-Bas tandis qu’Afia Darfur diffuse ses émissions du Tchad.

Le «tout puissant NISS»

Arrivé à la tête du Soudan lors du coup d’État militaire le 30 juin 1989, Omar el-Béchir a imposé un système autoritaire, banni toute opposition politique et institutionalisé la censure.

  • Censure

Sous son règne, les services de renseignement soudanais «National Intelligence and Security Service», [NISS] sont devenus les acteurs centraux de la répression, de la censure et de la surveillance du régime autocratique. Aujourd’hui, cette unité rebaptisée «General Intelligence Service» [GIS] est sur le point d’être démantelée.

Le NISS possédait le pouvoir d’intervenir au sein même des rédactions et des imprimeries avec comme objectif le blocage de la parution des journaux. Les autorités fixaient également la «ligne rouge» à ne pas franchir selon les intérêts propres au pouvoir en place.

Osmane Mirghani, rédacteur en chef du journal indépendant Al-Tayar est arrêté le 22 février 2019. Des agents du NISS se sont invités ce jour-là dans les bureaux du journal pour interpeller le journaliste lui reprochant d’avoir critiqué à la télévision Sky News Arabia la mesure d’État d’urgence décrété par Omar el-Béchir.

Selon des témoignages, des journalistes critiques du pouvoir en place ont été à plusieurs reprises envoyés dans des «ghost houses», prisons secrètes où l’on incarcérait les opposants pour y être exécuté ou torturé.

Cette pression quotidienne permettait à l’ancien régime de contrôler tous les faits et gestes des journalistes œuvrant à l’intérieur de ses frontières.

  • Contrôle et régulation

Comme le raconte Abdelmoneim Abu Idris Ali, alors journaliste au Soudan pour l’AFP dans son article intitulé «Vie et mort dans une guerre oubliée», le NISS pouvait décider de la présence de journalistes sur les lieux pour couvrir l’actualité du pays.

28 mai 2014, dix heures du matin, le journaliste reçoit un coup de téléphone. Le «tout puissant NISS» l’appelle et lui manifeste: «Soyez à l’aéroport dans trente minutes» pour partir dans l’Etat du Kordofan du Sud. «C’est inhabituel. Et c’est urgent», explique Abdelmoneim Abu Idris Ali.

Pour cause: l’accès à cette région est habituellement contrôlé rigoureusement.

Au Kordofan du Sud, des rebelles et les forces armées gouvernementales s’affrontent depuis l’indépendance du Soudan du Sud en 2011. Zone inaccessible, sous haute régulation, les autorités tentent de camoufler les exactions commises sur la zone.

Mais, ce jour-là, les services de renseignement ont décidé de contacter le journaliste dans l’optique de couvrir la création d’une unité paramilitaire: une opération de communication l’imposait.

Contactée par nos soins, une journaliste qui a souhaité rester anonyme témoigne de la difficulté d’exercer le métier de journaliste durant les trente de dictature : «Travailler en tant que journaliste sous le règne d’Omar el-Bechir fut vraiment une douleur traumatique. La peur d’être lue et relue puis arrêtée nous hante.» Ne pouvant pas être publiée par la presse soudanaise, elle décidait de transmettre ses articles aux médias internationaux.

«J’ai tout de même été arrêtée à deux reprises à cause de mon travail. On m’a aussi menacé de mort. Je couvrais les élections au Kordofan du Sud en 2011 pour le referendum d’indépendance du Sud Soudan. Ces élections se sont mal déroulées et la guerre a repris entre le gouvernement et le mouvement rebelle des SPLM.»

Sa présence embarrassait le gouvernement soudanais, «ils ont donc décidé de me kidnapper et m’interroger pendant un jour pour ensuite me laisser partir. Ils m’ont aussi menacé de mort pour que je quitte la région.»

La transition démocratique au Soudan

Au Soudan, après 30 ans de dictature, «la révolution de décembre» renverse Omar el-Béchir le 11 avril 2019.

L’armée reprend le pouvoir jusqu’aux accords signés le 17 août 2019 entre le conseil militaire de transition (CMT) et la contestation. Cet accord ouvre la voie à la création du Conseil de souveraineté, un organe exécutif de transition composé de six civils et cinq militaires avec une présidence confié dans un premier temps à Abdel Fattah Abdelrahmane al-Burhan, un général de l’armée soudanaise.

Un gouvernement de transition est mis en place après l’investiture de l’économiste Abdallah Hamdok en tant que Premier ministre, désigné par l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC) – principal protagoniste de la contestation.

Parallèlement, l’accord prévoit la formation de l’Assemblée législative de trois cents membres.

En pleine transition démocratique, des élections présidentielles devraient avoir lieu en 2022.

Un héritage qui perdure malgré la transition

Dès lors, se pose la question inhérente à cette transition: aujourd’hui, que reste-t-il du système d’antan qui encadrait les médias soudanais ?

La transition en cours donne espoir aux journalistes soudanais. Le Soudan est passé de la 175ème place au classement mondiale de la liberté de la presse en 2019 à la 159ème place aujourd’hui. Arnaud Froger, responsable du bureau Afrique au sein de reporter sans frontière assure avoir rarement assisté à une telle ascension.

Une Constitution provisoire a été adoptée pour couvrir la période de transition. Celle-ci garantit officiellement à sa population une presse totalement libre.

Une réforme des médias a d’ailleurs été lancée sous l’égide de l’UNESCO en novembre 2019. Cependant, aujourd’hui, les lois sur la cybercriminalité (2007) sur la presse (2009), et sur la sécurité nationale (2010) continuent d’être actives et constituent selon Arnaud Froger «une grave menace pour la pratique du journalisme dans le pays.»

Ces lois représentent selon lui «une épée de Damoclès au-dessus des journalistes. Mais, c’est un chantier gigantesque. On ne passe pas de trois décennies de dictature à une démocratie totale.»  De son côté, Mohamed Nagi explique que «ces lois ne sont plus appliquées puisque la constitution les en empêche

Toutes ces lois profèrent aux autorités en place un arsenal législatif gigantesque pour restreindre et soumettre les journaux du pays. Comme expliquer dans le rapport d’Amnesty.

Selon la loi sur la presse, le conseil national de la presse détient de nombreux pouvoirs allant de l’accord d’une licence aux institutions journalistiques à l’interdiction des publications d’articles.

De son côté, ladite loi de 2010 sur la sécurité nationale a institutionalisée l’immunité des autorités, actives dans la censure des médias au nom de la sécurité nationale.

Les autorités ont peu à peu cessé la politique de répression systématique d’antan. Des changements qui ne font cependant pas l’unanimité au sein du service général de renseignement. Une mutinerie s’est produite dans les bâtiments du GIS le 14 janvier pour contester le démantèlement de l’unité.

Malgré tout, la censure systémique s’est institutionalisée et s’exerce aujourd’hui au sein même des rédactions.

Le site web Index, affirmait en 2013 que les services de renseignement soudanais «National Intelligence and Security Service» [NISS], aujourd’hui les Services de renseignement général «General Intelligence Service» [GIS], posséderaient 90% de tous les journaux du pays en 2013.

À cette époque, les NISS rachetaient deux journaux indépendants et influents: Al-Sahafa et Al-Kartoum. À la suite de cette acquisition, Mozdalfa Osman décide de démissionner de son poste de directeur éditorial au sein d’Al-Khartoum: «J’ai démissionné en raison de l’influence négative sur mon travail et de la mise en œuvre de l’agenda du NISS, ce qui a contredit mon professionnalisme.»

Pour le secteur de la radio, l’organisation Fanack spécialisée sur les sujets d’Afrique du Nord, affirme que le gouvernement possède 15% des parts de toutes les chaînes audios.

«Il n’y a plus de censure aujourd’hui au Soudan. Je n’ai jamais entendu mes confrères me rapporter de tels cas de la part du nouveau gouvernement. Mais l’autocensure s’est établie et installée. Vous savez, pendant 30 ans les journalistes ont travaillé sous une dictature. Tout devait être relu deux fois avant d’être publié. Ces automatismes perdurent d’une certaine façon. D’autant plus qu’une majorité des médias ont des connexions avec l’ancien régime, à l’exception de deux ou trois», explique la journaliste soudanaise.

Cette situation est représentée par le récent licenciement de Lubna Abdella du journal Al Sudani Al Dawlia à la suite d’une enquête sur la corruption au sein de la commission, des droits de l’homme.

Mohamed Nagi ne s’alarme pas: «Ce cas ne dépend pas du gouvernement. Ça ne permet pas d’estimer la liberté de la presse au Soudan. Certains journaux sont certes dirigés par des proches de l’ancien régime mais ils ont prouvé leur indépendance financière. Donc, au nom de la liberté d’expression, ces personnes ont le droit de faire valoir leur idéologie.»

En janvier 2020 également, dans le cadre de la transition, les autorités soudanaises ont interdit la diffusion de deux journaux et deux chaînes de télévision, avançant que «ces institutions ont été financées par l’État et nous voulons rendre l’argent au peuple soudanais», déclarait alors Mohamed al-Fekki, membre du conseil de transition du Soudan. Les journaux Al-Sudani et Al-Ray Al-Am ainsi que les chaînes Ashrooq et Tayba ont été visés.

Mohammed Nagi nous explique que «le nouveau gouvernement a fermé ces médias dont le rôle était de faire la propagande pour l’ancien régime qui les finance. Ashrooq et Al-Sudani se sont par la suite restructurés et ont pu rouvrir. L’interdiction n’était pas pour des raisons idéologiques mais financières.»

En parallèle, selon les informations de RSF, le Cyber Jihadist Unit, un service d’espionnage et de surveillance des journalistes, est encore actif et diffuse régulièrement de fausses informations pour discréditer les autorités de transition et préserver les intérêts de l’ancien régime. Cette unité dirigée par les services de renseignement continuerait d’œuvrer dans l’ombre.

Elle «surveille et contrôle le contenu publié par les journalistes. Elle diffuse de fausses informations qui peuvent influencer les médias.  Elle traque les journalistes, les intimide avec des messages malveillants continuant d’exercer une forte pression sur les journalistes du pays.»

Arnaud Froger perçoit en cette unité le signe d’un héritage d’Omar el-Béchir à démanteler prochainement.

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Guinée – La liberté de la presse sombre à nouveau

Selon le site Guineedirect, les députés guinéens fraichement élus ont adopté ce 3 juillet 2020, un texte de loi qui limite une fois de plus la liberté de la presse en Guinée. Ainsi, le Président de l’institution HAC (Haute Autorité de la Communication – équivalent du CSA pour la presse guinéenne)) sera désormais nommé par le président de la République, en l’occurrence Alpha Condé. La HAC est en charge du bon fonctionnement de la presse en Guinée Conakry.

Après le chaos électoral du 22 mars 2020 qui a bénéficié aux députés à la solde du pouvoir présidentiel, nous pouvons affirmer sans se tromper que le Président s’empare de tous les pouvoirs: exécutif, législatif, judiciaire et maintenant médiatique.

Le rôle de la HAC sera de censurer selon le bon vouloir du Président

A l’heure du passage mondial au numérique, la Guinée Conakry décide de passer sous le contrôle d’un seul homme qui décidera qui a le droit de dire quoi.

Cet homme, nommé par le Président de la République, ne sera qu’un pantin obéissant au pouvoir absolu du chef de l’Etat.

En effet, quel média s’opposera à la ligne éditoriale dictée par la présidence? Aucun média ne sera épargné par ce musellement généralisé.

La HAC est vidé de sa substance, comme une coquille vide. Il est évident que les futurs commissaires risquent d’être mis devant des situations de fait accompli. Si le président de l’organe de régulation des médias est nommé par Alpha Condé, il n’aura aucune marge de manœuvre. Il suffira que le chef de l’Etat décide de retirer un agrément ou d’annuler une licence pour que cela soit tout de suite acté.

Naturellement, avant de nommer quelqu’un à ce poste prestigieux, Alpha Condé posera ses conditions à prendre ou à laisser. Autre nouvelle, la HAC passera de 11 à 13 membres.

Les conditions des délivrances et des retraits des agréments d’exploitation pour les médias audiovisuels, l’attribution et le retrait des fréquences et la création d’un poste de secrétaire général, chef du service administratif, sont d’autres nouveautés.

Selon nos confrères de Guinéedirect, la nomination des commissaires devant siégé à la HAC est encore floue. Dans tous les cas, les règles de nominations vont changer et cela impactera considérablement la presse libre en Guinée Conakry.

Voici le résumé des nouvelles mesures prises par la HAC :

Les amendements apportés ont aussi porté sur :

  • l’Article 4 (réécriture pour la reformulation du dernier aliéna pour des besoins de précision),
  • l’Article 6 (relèvement de nombre des membres de 11 à 13),
  • la réorganisation des corporations membres de la HAC (Art.10),
  • la réintroduction de l’âge minimum de 35 ans pour être membre, la réorganisation des commissions spécialisées (Art.13).

Il y a aussi eu la réécriture du dernier alinéa sur les mesures disciplinaires applicables aux membres de la HAC (Art.15), le relèvement du quorum de 7 à 9 membres pour siéger (Art.24), réintroduction et précision à l’alinéa 3 de la durée de validité de la carte professionnelle de journaliste; et au Titre V, il y a eu réécriture des articles 58,59 et 60 relatifs aux dispositions transitoires et finales.

Les nouveaux législateurs ont également revu à l’Article 5, un alinéa premier relatif au renforcement du rôle de la HAC dans l’émergence et la promotion de médias libres et responsables.

Au total, la nouvelle HAC aura en son sein 5 représentants des associations de presse; 3 représentants de la présidence de la République ; 1 représentant de l’Assemblée nationale.

Le conseil supérieur de la magistrature, le ministère des postes, télécommunications et de l’économie numérique, le collectif des imprimeurs, libraires, bibliothécaires et archivistes et le collectif du cinéma et de la photographie désigneront chacun un représentant.

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Lecture – « Hot Maroc », chronique d’une presse dont l’objectif est de diffamer

hot maroc livre

Le roman Hot Maroc de Yassin Adnan se déroule entre la dernière décennie du règne de Hassan II et la première décennie du règne de Mohamed VI (jusqu’à 2009). Écrit en arabe et publié au Maroc en 2016, le livre, qui vient d’être traduit en français, est une chronique attrayante et sarcastique des changements, des défaites et des contradictions politiques et sociales que vit alors le Maroc. Des paraboles jusqu’à Internet en passant par les «années de plomb» jusqu’à la «nouvelle ère» du règne de Mohamed VI, bienvenue dans ce Maroc chaud.

C’est à travers le personnage central de Rahal Laaouina que Yassin Adnan fait le diagnostic des tares de la société marocaine et des maux politiques qui rongent le pays. Tout au long du roman, l’écrivain dessine les lignes de la personnalité de Rahal : timide, peureux, «évitant les lumières», «il ne se vengeait de ses ennemis qu’en rêve».

Un jeune puceau, qui se contentait de «relations» imaginaires, convaincu d’avoir hérité d’une malchance qui le condamne, un homme «entouré de scénarios noirs», terrorisé par la répression et la mort.

Rahal —et avec lui le lecteur— va découvrir des points forts dans chacune de ces faiblesses.

Son incapacité à avoir des relations avec des filles l’a par exemple incité à développer une aptitude impressionnante à connaître la vie des gens dans les moindres détails, se rapprochant ainsi du travail d’un indicateur: «Rahhal s’attachait à tout savoir de ses amis . Ainsi se laissait-il submerger par les rapports précis et exhaustifs qu’il s’astreignait à préparer sur eux, pour servir l’étrange amitié qu’il leur vouait. Mais qui dit amitié ne dit pas toujours amour».

Pourtant, Rahal qui avait jusque-là soigneusement évité les lumières et s’était habitué à se mouvoir dans l’ombre se retrouve soudain en plein cœur de ce qu’il avait fui, sous les projecteurs de la police et de la politique. Ainsi se met-il à travailler pour la campagne électorale du parti d’un proche du roi et à collaborer en tant qu’agent électronique des services secrets.

« Meurtre symbolique » des opposants par les journalistes au Maroc

Le roman aborde avec audace l’émergence des médias en ligne à la botte du pouvoir, spécialisés dans la diffamation et le «meurtre symbolique» des opposants.

Des médias qui ont pullulé de manière remarquable ces dernières années. À l’instar de ce qu’on peut trouver dans d’autres pays de la région au lendemain de la vague dite des «printemps arabes», « Hot Maroc » n’est qu’un site Internet parmi d’autres, qui abritait une armada de bouchers, armés de couteaux électroniques toujours prêts à l’emploi pour affronter les «gauchistes de la dernière heure qui se languissaient encore du temps maudit des idéologies» et «ces islamistes qui se languissaient d’un califat calqué sur la prophétie» entre autres «ennemis de la patrie» parmi les journalistes opposants qui «profitent de la liberté d’expression dont jouit notre pays pour s’opposer à nos intérêts suprêmes».

Le site veille aussi à éviter «la dérive» du débat public sur Internet. Comme les autres sites de ce genre, il jouit d’un soutien haut placé, se trouve à l’abri de toute poursuite judiciaire et ne s’encombre pas du droit de réponse ou du «droit à gémir», selon l’expression de l’un des personnages.

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Guinée – Cinéma – « Safiatou », des vertus de la campagne aux vices de la ville

Safiatou est le prénom d’une jeune femme guinéenne qui vivait à la campagne avant d’être contrainte de s’installer dans la capitale. Elle y découvrira les vices de la ville, des pratiques sexuelles inconnues et l’incompréhension de la société qui l’entoure. Un film réalisé par le guinéen Bobo Hérico (produit par LaGuiPlus) raconte son histoire avec force. 

Dans la région de Moyenne-Guinée, en plein cœur de l’Afrique de l’Ouest, le son d’une flûte pastorale Peul retentit ce qui annonce le début du film. Sa sonorité est sublimée par l’image: une savane herbeuse entourée de montagnes, de plateaux et de plaines fertiles. Le climat est humide, nous sommes dans le château d’eau de l’Afrique Occidentale.

Partir de sa campagne, c’est quitter une vie tranquille où les valeurs ancestrales n’ont pas changé. Mais quand des jeunes femmes de la ville viennent recruter de nouvelles personnes, Safiatou en fait partie. On lui parle de travail, de bonnes conditions de vie et la possibilité de s’épanouir.

Une fois en ville les filles doivent travailler, non pas à l’usine ou dans une entreprise, mais dans «une maison de tolérance». De tolérance ? Oui, on appelle ça aussi «maison close» ou «bordel». Et ce n’est qu’une première étape. Si elle n’échange pas son corps contre de l’argent dans ce cadre protégé, elle sera trainée à le faire dans la rue.

Elle y croise donc des maquerelles, des clients, d’autres filles de la campagne contraintes à la prostitution et à une vie honteuse. Elle y survit en tentant de garder ses valeurs et de protéger sa vie future. L’histoire se termine bien.

L’équipe du film Safiatou

Un film polémique et social

Autre sujet du film, l’homosexualité en Afrique. Dans l’un des passages du film, nous voyons un jeune homme maquillé. Il a une orientation sexuelle de type LGBT, c’est à dire  «lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres», là où l’homosexualité est absolument interdite en Guinée.

Un passage dans le film fait beaucoup réagir. Pour avoir discuté avec des spectateurs de ce film, ce moment est vu comme une promotion pour la banalisation de l’homosexualité. Pourtant, tout comme la prostitution qui est interdite, l’homosexualité est aussi une réalité.

On le comprendra, le réalisateur Bobo Hérico ne fait aucune concession dans son portrait de la ville de Conakry. Parmi ses habitants, certains se livrent à des pratiques prohibées. Ils obtiennent ainsi de l’argent facile au détriment de leur dignité.

Et que dire du harcèlement sexuel subit par les filles à longueur de journée dans les villes. Aucune dénonciation de la part des victimes par peur d’être humiliées, et si c’était le cas, le peu de poursuites judiciaires en Guinée n’incite pas à porter plainte. La pratique de certaines personnes déshonore leur éducation et leur culture.

De plus, au mode de vie traditionnel guinéen, se substitue la domination des biens matériels qui prend une place démesurée au vu de la morale. Safiatou est restée digne, elle a conservé les valeurs de sa culture, elle n’a jamais accepté de changer ou de monnayer sa  dignité pour obtenir plus d’argent et de confort.

Cette dérive sociale est parfaitement résumée par Amadou Hampaté Ba, écrivain peul du Mali, qui déclarait: «Les orteils des jeunes doivent se poser exactement sur  les traces laissées par les anciens». 

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Guinée – Comme à chaque campagne électorale, les journalistes sont menacés

La double campagne du référendum et élection législative a été lancé par le président Alpha Condé. Au programme des journalistes guinéens: menace de mort, arrestation arbitraire, assassinat, kidnapping, disparition, emprisonnement, attaque et saccage des médias ou au domicile des journalistes. Quelques-unes de ces affaires ont été retracées par notre journaliste.

C’est en plein automne, en octobre 2017, que le seul cas d’exaction dénoncé vis-à-vis d’un journaliste guinéen par RSF a eu lieu. Il s’agit d’Abdoubacar Camara, directeur de radio et télévision. Le week-end précédent, sa radio avait diffusé une musique funèbre suite au décès d’un de ses journalistes, crime imputé au président de la République Alpha Condé.

Depuis cet épisode, les arrestations arbitraires et les menaces de l’Etat se multiplient à l‘encontre des journalistes. En d’autres termes, la loi L002/22/ 06/2010, qui encadre la presse guinéenne et l’exercice du métier de journaliste en Guinée, est souillée sans scrupule.

Un premier journaliste sous la menace de l’Etat

Remontons au samedi 15 juin 2019. Ce jour-là, Elhadj Madifing Diané, ancien ministre de la sécurité et actuel gouverneur de la région administrative de Labé, a menacé de faire arrêter et emprisonner le correspondant de Guineematin.com et de l’Agence guinéenne de presse (AGP) à Labé. Il s’agit du journaliste Idrissa Sampiring Diallo.

Suite au meurtre de l’étudiant Amadou Boukariou Baldé, bastonné à mort par des agents de la sécurité, eux-mêmes envoyés à l’université de Labé sur ordre du gouverneur, le 31 mai 2019. L’étudiant est mort à l’hôpital régional de Labé.

Se contredisent alors la version des journalistes et celle du pouvoir. Les autorités locales ont fait croire que le jeune Amadou Boukariou Baldé a cessé de respirer au cours de son évacuation vers Conakry… à cause des manifestations qui auraient empêchées l’ambulance de circuler. Sans manifestant, il ne serait donc pas mort. Or, les médias locaux ont prouvé que le jeune est bien mort à l’hôpital et non dans l’ambulance.

Conséquence, malgré une loi adoptée en 2010 qui dépénalise les délits de presse, le journaliste a été entendu par le juge de Dixinn. En attente de son jugement, il pointe tous les mercredis et vendredis à 10 heures au TPI de Dixinn.

Fin 2019, répression contre des journalistes pour des motifs très futiles

Jeudi 31 octobre, une foule se rassemble pour accueillir le président Alpha Condé à Conakry. Mais le président ne s’arrête pas pour les saluer. Ce simple fait, évoqué par la presse, a provoqué une onde de choc répressive.

Le directeur général de la radio Lynx FM, Aboubakr Diallo a été inculpé et placé sous contrôle judiciaire pour « diffusion de données de nature à troubler la sécurité publique par le biais d’un système informatique ». Il avait juste diffusé cette information sur sa radio.

3 jours plus tard, c’est le chef des reporters de l’influent Guinée Matin, Ibrahima Sory Diallo, qui est agressé au siège du parti au pouvoir, le RPG, situé au quartier Aviation de Conakry. Parti couvrir l’assemblée générale ordinaire du parti comme plusieurs autres journalistes, il a été violemment pris à partie par des militants, avant d’être bousculé et traîné dehors manu militari par les agents de sécurité.

Mohamed Mara, agressé par la police puis menacé de mort depuis plusieurs mois

Depuis mi-décembre 2019, notre confrère Mohamed Mara, animateur de l’émission Les Grandes Gueules fait l’objet de menace de mort. Mohamed Mara avait été violemment agressé le 16 novembre 2019 par des policiers de la CMIS, Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité à Conakry dans le quartier Cosa, dans la commune de Ratoma. Malgré une bataille qu’il a menée pour que justice soit rendue, les policiers identifiés comme auteurs de l’agression ont toujours bénéficié d’une impunité totale. Ils sont protégés par leur hiérarchie, plus exactement par le commandant Ansoumane Bafoé.

En 2020, des gens anonymes l’appellent pour le mettre en garde. «Il y a une sorte de contrat sur ta tête» avait lancé un inconnu. «Il y a une petite liste noire dans laquelle tu figures» martèle un autre.

Des appels et des messages téléphoniques se multiplient, des individus tapis dans l’ombre jurent de mettre fin à la vie de Mara, jugé trop critique sur les sujets concernant la violation des droits humain.

On pouvait lire dans le message que le journaliste a reçu le 30 Janvier 2020 notamment celui-ci: «Tu dois savoir que tu n’es pas le seul journaliste du pays, ou tu la fermes, ou on te la ferme pour toujours!».

Même les journalistes des médias français ne sont pas épargnés

Mercredi 12 février 2020, au marché de Coyah, Thomas Dietrich, journaliste presse pour «Le Media» s’est vu retirer son accréditation par un officier militaire, alors qu’il filmait des manifestations de rue.

Joint par mosaiqueguinee.com, à propos de la confiscation de son accréditation, le journaliste français Thomas Dietrich est revenu sur les faits.

« J’ai une accréditation en bonne et due forme, je travaille pour l’entreprise de presse française «Le Média ». Je filmais les manifestations à Coyah ce matin, et finalement un officier militaire est venu me dire que c’est interdit de filmer. Il m’a dit que c’est un lieu stratégique. Je lui ai répondu que je suis en train de travailler dans un quartier, ce n’est donc pas un camp militaire. L’officier militaire a voulu retirer les images que j’ai prises, j’ai refusé. Ensuite il a pris mon accréditation, en exigeant que je lui donne mes images. Il a donc confisqué mon accréditation, pour avoir filmé les manifestations. Je ne peux donc plus exercer mon travail»

2020, à l’approche des élections, la répression contre les journalistes s’intensifient

Mercredi 22 janvier 2020, à Kankan, le journaliste correspondant de la radio lynx FM, Abdoulaye N’Koya Sylla, a été mis aux arrêts par la police, détenu puis libéré au terme d’une audition. Joint par mosaiqueguinee.com quelques heures après sa libération, celui-ci est revenu sur les circonstances de son arrestation.

«Le matin, j’étais avec un confrère, on est venu pour couvrir une manifestation des élèves-maîtres de l’ENI, qui avaient érigé des barricades devant l’inspection régionale de l’enseignement technique et professionnel. C’était à 9 heures. Les agents de la CMIS ont investi les lieux pour disperser les manifestants. Les agents m’ont arrêté, puis ils m’ont embarqué avec certains élèves. J’avais mon badge et mes équipements. On m’a détenu au CMIS pendant 3 heures. J’ai été auditionné pour trouble à l’ordre public. Grâce à l’intervention de mes confrères, j’ai été libéré» a-t-il relaté à mosaiqueguinee.com. «Je suis déçu de la CMIS de Kankan, leur premier responsable m’a insulté père et mère».

Le 2 février 2020, le journaliste de la radio nostalgie FM Aunée, Thierno Madjou Bah,  l’animateur d’Africa 2015, l’émission politique phare de la radio Nostalgie, est menacé d’arrestation. Selon le journaliste, on lui reprocherait d’avoir tenu des propos malveillants et incitatifs à la violence dans son émission. En décembre 2018, la Haute Autorité de la Communication avait déjà suspendu Thierno Madjou et deux ses collègues pour une période d’un mois.

Cette menace d’arrestation a été lancée suite à une plainte du ministre de la communication Amara Somparé.

Même les enquêtes déconnectées des élections sont sujet à répression

Vendredi 21 février 2020, c’est au tour de Mamadou Aliou BM Diallo, journaliste reporter d’images arrêté par les services de la police routière d’Enco5. Selon nos informations, le journaliste était en train de filmer un scénario de corruption entre un policier et un conducteur de taxi.

«Nous avons vu un policier retirer de l’argent des mains d’un chauffeur de taxi et le journaliste s’est mis à filmer la scène. C’est ainsi qu’un autre policier est venu lui demander ce qu’il est en train de faire. Il a demandé à visionner le film et la discussion a commencé. Ils l’ont ensuite emmené au commissariat. Tout cela parce que les policiers rackettent les conducteurs de véhicules ou de motos. Et ils n’aiment pas que ces actes soient mis au grand jour» explique un témoin de la scène sous couvert d’anonymat.

Le matériel de travail du journaliste y compris son téléphone a été retiré. Le journaliste a été détenu au sein du commissariat d’Enco5 pendant 2 jours avant d’être libéré.

Le lendemain, samedi 22 février 2020, Alpha Ousmane Bah, journaliste reporter du site d’information Africaguinée.com et à la radio Espace Foutah et son collègue Mamadou Kossa Sow, ont été arrêté à Koundara. Foutah est une ville située à la frontière entre la Guinée et le Sénégal.

« Nos confrères étaient partis en reportage dans cette préfecture, sur la fermeture de la frontière aux camions transportant des marchandises dans des pays voisins. » déclare un journaliste de cette rédaction.

Ces quelques exemples ont été vérifiées par plusieurs sources mais ne reflètent que partiellement la dure répression que vit la liberté de la presse en Guinée. Notre journaliste, contraint à l’exil et dont voici l’histoire cf portrait, aurait pu étayer cet article par d’autres exemples. Mettre en lumière tous les journalistes guinéens menacés de mort pour avoir exercés leur métier de journaliste semble un travail titanesque. Bien qu’une aprtie de la répression soit liée à la campagne électorale et référendum qui aura lieu le 1er mars 2020, la liberté d’informer en Guinée est régulièrement et gravement remis en cause, y compris hors période électorale.

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Guinée – Kit de la répression avant les élections, par Alpha Condé

Pour briguer un troisième mandat présidentiel, le président guinéen en exercice Alpha Condé a lancé un référendum. Il aura lieu le 1er mars 2020, en même temps que les élections législatives. Une partie de la population est opposée au référendum.

En campagne pour la nouvelle constitution à Faranah, localité située dans la région de la Haute Guinée fief du parti au pouvoir, le président Alpha Condé a donné des «instructions» dit-on pour la «sécurisation des bureaux de vote».

Alpha Condé se préparer à l’affrontement pour faire passer son référendum

En lieu et place des forces de sécurité, le président demande à des jeunes gens de s’attaquer aux opposants. Cette campagne pour le référendum a déjà endeuillé le pays avec une trentaine de jeunes tués depuis octobre 2019.

«Le jour du vote, faîtes tout pour que chaque bureau de vote soit sécurisé par 10 jeunes. Quiconque veut saccager les urnes le jour de l’élection, frappez-le» a ordonné Alpha Condé il y a quelques jours, devant des milliers de partisans.

Alors que le président se doit d’assurer la sécurité de l’ensemble de la population, ces propos sont indignes.

2 jours plus tard à Kankan, il a réitéré ses menaces, «quiconque veut saccager un bureau de vote occupez-vous de lui». Alpha Condé multiplie ses propos incendiaires, de va-t’en guerre depuis belle lurette.

Le 22 mars 2019 au siège de son parti à Conakry, Alpha Condé avait déjà demandé à ses militants de se préparer à l’affrontement. Des propos qui risquent de plonger la Guinée dans le chaos et la guerre civile.

Comment rendre crédible ce référendum sans l’OIF et la COFEL ?

Pendant ce temps, l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) suspend sa participation au processus électoral contesté du 1er mars.

Qu’est-ce que l’OIF ?

300 millions de locuteurs, répartis sur les cinq continents, parlent français.

L’Organisation internationale de la francophonie dit OIF est un dispositif institutionnel voué à promouvoir le français et à mettre en œuvre une coopération politique, éducative, économique et culturelle au sein des 88 Etats et gouvernements qui ont signé la charte sur la francophonie de l’OIF.

Ce dispositif est fixé par la Charte de la Francophonie, adoptée en 1997.

L’OIF a pour missions de :

  • Promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique
  • Promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme
  • Appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche
  • Développer la coopération économique au service du développement durable

L’organisation internationale de la francophonie justifie sa suspension en évoquant la divergence  avec le pouvoir sur la question du fichier électoral.

«Sur le constat de ces insuffisances qui persistent, et qui ont été particulièrement signalées à la Commission électorale lors de la récente remise du rapport de mission, il sera difficile pour l’OIF de continuer à soutenir le processus électoral en Guinée, tant qu’un consensus sur le nombre d’électeurs ne sera pas négocié par toutes les parties prenantes nationales», a déclaré l’organisation dans un communiqué publié ce lundi matin. Source RFI.

En plus de l’OIF, la COFEL (Coalition des Femmes Leaders de Guinée), se retire aussi du dispositif d’observation des élections. Leur courrier a été adressé au NDI, ce mardi 25 février 2020 par la présidente de la COFEL, Fatou Baldé Yansané.

Qu’est ce que la COFEL ?

La Coalition des femmes leaders de Guinée est une ONG nationale qui a la volonté de donner aux femmes leur place en tant qu’acteurs de développement dans le monde, il s’avère important pour les femmes et les jeunes filles d’être solidaires entre elles afin de constituer une force incontournable en vue d’assurer leurs responsabilités et de participer pleinement au processus de développement.

C’est ainsi qu’un groupe de Jeunes Femmes Leaders se sont mises ensemble pour créer un réseau professionnel dynamique et innovateur favorisant l’esprit d’entraide et de solidarité, d’échange et de partage.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=0BtUF52NiGo&feature=emb_logo

Dans ce courrier, la COFEL a énuméré plusieurs raisons ayant motivé sa décision de retrait de ce dispositif d’observation des élections. 

https://twitter.com/machiabel/status/1229196433967996930

Couvre-feu et réquisition pour mieux préparer ce référendum

Dans le but d’imposer une nouvelle constitution aux guinéens, avec ou sans l’appui des organes internationales et nationales pouvant crédibiliser une élection, Alpha condé use de tous les moyens illégaux pour arriver à son projet de troisième mandat. Au menu des guinéens: couvre-feu et réquisition de l’armée pour sécuriser les élections du 1er mars.

Selon le site de nos confrères de La Guinée 224 le couvre-feu  sera instauré du 28 février au 3 mars 2020. Le communiqué de presse précise que toutes les unités de l’armée de terre resteront en alerte.

Ce couvre-feu est instauré pour sécuriser les élections selon la même source. D’autres instructions concernant le contrôle systématique et la fouille effective des véhicules et des passagers au niveau des frontières terrestres sont aussi à noter. Selon le site Guinematin.com (au moment où nous publions cet article le site est inaccessible), dans un communiqué publié ce mardi 25 février 2020, le chef d’État-major de l’Armée de Terre a confirmé que toutes les unités de l’armée de terre sont en alerte à partir de ce jour.

https://twitter.com/Sam_hanryon/status/1232983122934992897

Il a invité les 4 régions militaires de l’intérieur du pays à organiser des patrouilles nuit et jour, du 28 février au 3 mars prochain. Les militaires sont appelés également à être disponibles pour renforcer la sécurité des bureaux de vote le 1er mars 2020, au besoin. 

Ce mardi 24 février, le FNDC, porteur des aspirations démocratiques du Peuple de Guinée, décide de ne plus reconnaître Alpha Condé comme Président de la République de Guinée et demande son départ immédiat et sans conditions du pouvoir. Lisez plutôt sa déclaration ci dessous.

DÉCLARATION N°69 du FNDC

La Guinée entame une semaine cruciale de son Histoire. Monsieur Alpha Condé est en passe de perpétrer son coup d’Etat constitutionnel en dépit de la désapprobation du peuple de Guinée et des multiples interventions des autorités morales et religieuses, des leaders d’opinion et de la communauté internationale.

Ayant noté que tous les sacrifices consentis par le Peuple de Guinée (assassinats, emprisonnement, kidnapping) ainsi que toutes les démarches engagées pour convaincre Monsieur Alpha Condé d’abandonner son projet de troisième mandat, ont toutes échoué ;

  • Considérant le Coup d’Etat civil en cours depuis le 19 décembre 2019 et qui est maquillé sous le label de ‘’référendum’’ ; 
  • Considérant le parjure dont M. Alpha CONDÉ s’est rendu coupable en violant son serment de respecter et de faire respecter la Constitution ;
  • Considérant le refus de M. Alpha Condé de mettre en place la Haute Cour de justice qui aurait pu le juger pour haute trahison ;

Le FNDC, porteur des aspirations démocratiques du Peuple de Guinée, décide de ne plus reconnaître M. Alpha CONDÉ comme Président de la République de Guinée et demande son départ immédiat et sans conditions du pouvoir.

Par conséquent, le FNDC :

  • Appelle toutes les guinéennes et tous les guinéens à sortir massivement à partir de ce jeudi 27 février pour empêcher par tous les moyens légaux le putsch constitutionnel de M. Alpha CONDE;
  • Invite tous les citoyens à user de la légitime défense pour résister, conformément à l’article 21, alinéa 4 de la Constitution, aux milices que M. Alpha Condé tente de constituer pour perpétrer son coup d’Etat constitutionnel ;
  • Appelle tous les citoyens guinéens civils et militaires à se mobiliser pour déjouer le coup d’Etat constitutionnel en cours ;  
  • Exhorte ses antennes dans les préfectures, les sous-préfectures, les communes, les quartiers et districts ainsi que toutes ses organisations membres et leurs démembrements sur l’ensemble du territoire à redoubler d’engagement pour éviter le recul démocratique; 
  • Met en garde les représentants des institutions de la République et les administrateurs territoriaux quant aux conséquences de leur collaboration directe ou indirecte avec ceux qui ont trahi la Constitution, la République et la souveraineté nationale ;     
  • Appelle l’Armée nationale à demeurer républicaine et à cesser de protéger un seul Guinéen, M. Alpha Condé contre tout le Peuple de Guinée.

Par ailleurs, le FNDC :

  • Invite la CEDEAO et l’UA au respect de leurs propres principes sur la gouvernance démocratique, notamment en ce qui concerne les coups d’Etat, car qu’il soit militaire ou civil, un Coup d’Etat équivaut à un Coup d’Etat ;
  • Félicite et remercie les députés européens pour leur courageuse prise de position et demande à la Commission de l’UE de prendre des sanctions concrètes contre le régime dictatorial et sanguinaire de M. Alpha Condé ;
  • Appelle la CEDEAO, l’UA et le Conseil de sécurité des Nations Unies à prendre des sanctions collectives et individuelles contre les promoteurs du coup d’Etat constitutionnel ainsi que les auteurs et commanditaires des répressions sanglantes et crimes contre l’humanité en Guinée ;

La lutte de longue haleine entreprise par le Peuple souverain de Guinée épris de paix et de justice, ne s’arrêtera pas au 1er mars et continuera jusqu’au départ de M. Alpha Condé.

Ensemble unis et solidaires, nous vaincrons !

Conakry, le 24 février 2020

Jeudi 27 février 2020, c’est au tour de la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

Une mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest,  dit aussi Cédéao, pilotée par plusieurs chefs d’État de l’organisation devait se rendre en Guinée ce vendredi. Selon deux sources haut placées, la Cédéao, présidée par le chef d’État nigérien, Mahamadou Issoufou, envisageait d’envoyer ce vendredi une délégation en Guinée, à quelques jours des élections législatives et du référendum pour une nouvelle Constitution. La mission de haut niveau aurait dû regrouper quatre présidents : le Nigérian Muhammadu Buhari, le Ghanéen Nana Akufo Ado, le Burkinabè Roch Christian Kaboré et le Nigérien et dirigeant en exercice de l’institution régionale, Mahamadou Issoufou. Selon les informations de RFI, le président guinéen Alpha Condé aurait été approché par la Cédéao, mais le chef d’État a opposé une fin de non recevoir à la délégation.

La mission a donc été avortée. Cela faisait plusieurs jours que la Cédéao menait de démarches pour tenter de résoudre la crise en Guinée. Une situation qui agace certains, et qui en inquiète beaucoup d’autres.

Le scrutin réunissant le référendum et les élections municipales en Guinée aura lieu le dimanche 1er mars 2020 et les résultats sont attendus vers le 3 mars. 

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Didier Decoin, nouveau président de l’Académie Goncourt – Réactions exclusives de Tahar Ben Jelloun et Philippe Claudel

Lors de leur réunion mensuelle qui se tient chaque mois au restaurant Drouant à Paris, comme le veut la tradition depuis 1914, les membres de l’académie Goncourt ont élu, presque à l’unanimité, le lundi 20 janvier 2020, Didier Decoin comme nouveau président de l’Académie.

Succédant à Bernard Pivot, Didier Decoin nous a livré ses sentiments en exclusivité, juste avant de tenir une conférence de presse qui a eu lieu à la Bibliothèque, l’un des salons chics du restaurant Drouant, établissement centenaire.

Le nouveau président du Goncourt Didier Decoin nous raconte son élection 

«C’est le plaisir d’avoir été reconnu comme un bon compagnon! C’est essentiellement ça. Ce n’est même pas une question d’autorité. J’ai présenté un projet axé, surtout, sur l’humain et les relations internationales. Il ya des grandes questions, notamment, les questions internationales, que je traiterais avec beaucoup d’attention. Je me suis présenté, après le retrait de mon ami Bernard Pivot et ça a bien marché ; je suis heureux du résultat, et le fait que je sois nommé à la tête de cette institution, c’est comme réaliser un rêve d’enfant» nous confie-t-il.

Il ajoute: «Ma collègue Françoise Chandernargor a présenté aussi un projet tout à fait recevable, basé sur les questions juridiques et administratives, qui est également important pour notre institution…»

Tahar Ben Jelloun et Philippe Claudet ont répondu à nos questions

En marge de cette rencontre, nous avons rencontré l’écrivain Tahar Ben Jelloun, lui aussi membre du jury du Goncourt. Il nous a fait quelques confidences sur le nouveau président.

«C’est un type très paisible et apaisant. Didier mérite d’être à la tête de cette mythique Académie! C’est le plus ancien parmi nous! Cela fait 25 ans qu’il est là! Il va apporter beaucoup de choses à l’institution, j’en suis persuadé!»

Quant à Philippe Claudel qui est resté dans le salon Goncourt, sirotant son Armagnac après un excellent repas, n’est pas uniquement le plus jeune représentant de cette vieille institution, c’est aussi le plus gentil et le plus avenant. 

Il se confie à l’Œil de la Maison des journalistes.

«On avait un choix difficile à faire ! Ils sont là depuis plus de vingt ans. Il faut savoir que Françoise et Didier sont les plus anciens membres de l’Académie Goncourt. Le choix a été porté sur Didier, parce qu’on voulait que l’académie soit présidé d’une façon humaniste et cordiale.

Et en même temps, l’autre candidate, qui est Françoise et qui ne démérite pas, a proposé quelque chose de différent et intéressant! Mais il ne faut tout de même pas prendre ça comme des élections politiques ou présidentielles (rires)! Françoise a présenté quelque chose, comment dirais-je, axé sur l’aspect, pas financier, mais administrative et juridique. Didier incarne, les valeurs de cette académie.»

«Ce que je veux dire aussi de primordial, c’est que l’académie Goncourt est plus forte que nous tous! Nous on passe et l’académie reste. Françoise, Bernard, Virginie, Didier ou moi, on passe. Cela fait plus d’un siècle qu’elle existe! On est juste là pour la servir et non pas pour se servir d’elle!» conclut l’auteur de L’archipel du Chien.

Qui remplacera Virginie Despentes et Bernard Pivot au jury du Goncourt? 

Tahar Ben Jelloun, le lauréat du prix Goncourt « La Nuit sacrée » de 1987 avoue: «On cherche encore! On n’en trouve pas! Vous savez; c’est difficile de trouver des gens qui vont travailler tout le temps. Il faut trouver le temps pour lire et écrire! Et ce n’est pas une mince affaire!»

À notre question s’il y avait des noms qui se profilaient à l’horizon ? «Pour l’instant je n’ai pas de noms à vous avancer. On le saura le 11 février 2020 lors de notre prochaine réunion qui se tiendra ici chez Drouant.»

Certaines rumeurs dont nous ne pouvons prouver le fondement murmure les noms de Yann moix et Daniel Pennac pour remplacer Bernard Pivot et Virginie Despentes !

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