Tchad. La France de Macron à l’épreuve des réalités ?
/dans Afrique, France, Journaliste MDJ, Liberté de la presse /par Jean-Jules Lema Landu
La disparition du président tchadien Idriss Deby va-t-elle influencer la politique de la France envers ce pays? Le décryptage de Jean-Jules LEMA LANDU, journaliste congolais, réfugié en France.
Françafrique ! Ce néologisme est très connu en Afrique. Il renvoie aux réseaux d’influence « opaques », militaro-mercantiles, entretenus par la France dans sa relation avec le continent africain. Le président Macron, qui voulait être le « dernier de cordée » dans cette mauvaise entreprise, avait promis d’y mettre un point final. Quelle sera l’attitude de la France vis-à-vis de la situation au Tchad, après la disparition du président Idriss Deby ? On sait qu’au-delà de l’inconnue politique qui se présente devant ce pays, ce chef d’Etat constituait un appui non négligeable aux forces françaises Barkane déployées au Sahel.
Pas que. Depuis des décennies, la France militaire campe au Tchad, pour diverses autres raisons, dont celle, capitale, de défendre et contrôler son pré carré.
Novembre 2017, à l’université de Ouagadougou (Burkina Faso), le président français casse les codes : « Il n’y a plus de politique africaine de la France », martèle-t-il. C’est direct. C’est précis. Tonnerre d’applaudissements parmi les 800 étudiants burkinabè qui s’y trouvaient. La déclaration a eu une grande résonance en Afrique. En effet, depuis la chute du Mur de Berlin, en 1989, tous ses prédécesseurs ont certifié la mort de la Françafrique, mais personne n’y est parvenu.
Les présidents François Mitterrand et François Hollande, les socialistes, se sont limités à des vœux pieux. Est-ce parce que la Françafrique avait la vie dure en soi ou, au contraire, c’est parce que ses tenants ne voulaient pas, tout simplement, lâcher leur pactole ? Quant au président Sarkozy, son désir pour mettre fin à cette forme subtile de néocolonialisme n’avait rien de sincère. A preuve, dans un discours, à Dakar, 2007, il a traité les peuples africains d’arriérés, puisque « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’Histoire », selon lui. Autrement dit, la notion de tuteur qui régente tout pour eux devait leur être appli
Ces propos méprisants ont suscité une véritable levée de boucliers en Afrique noire francophone. Plusieurs écrivains et penseurs ont réagi à la provocation dans un ouvrage intitulé « L’Afrique répond à Sarkozy » (Editions Philippe Rey, 2008). Son résumé est simple : « Sapere aude ! » de Horace ou « ose savoir ». Les Africains voulaient dire qu’ils « savaient se servir de leur entendement ».
C’est dans cette atmosphère de méfiance, exprimée de part et d’autre, que le président Macron entre en scène, en 2017. Figure de pédagogue – le bon – et le verbe haut, il promet la mort de la Françafrique dans une sorte de serment : « J’appartiens à une génération qui ne vient pas dire aux Africains ce qu’ils doivent faire », professe-t-il. Exit donc, la génération des Jacques Foccart et autres Albert Bourgi, ceux, qui, après le général de Gaulle, constituaient l’âme damnée des présidents français, à l’égard de l’Afrique.
Aujourd’hui, l’Afrique regarde la France de Macron sur le Tchad, en tourments. Elle est placée au pied du mur. Que va-t-elle faire pour ce pays considéré comme une sorte de fer de lance dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest, ensanglantée par des groupes terroristes ? En 2019, le président Macron avait déjà rompu le serment, en bombardant une colonne venue encore une fois de Libye, pour sauver l’ami Idriss.
La situation actuelle au Tchad nous apportera la preuve que la France de Macron a donné un coup de grâce à la Françafrique. Un vrai piège !
D’autres articles sur l’Iran

























Iran – Coronavirus, la réalité des chiffres







New balance from collapse of a weakened Iran










Rebin Rahmani, la voix des Kurdes d’Iran


L’oeil de Reza Jafarian

Liberté : Le fruit défendu des iraniens


Tous les chemins mènent à la prison !
En Afghanistan, les talibans répandent encore et toujours la peur auprès des journalistes02/05/2023 - 2:26
La fin de l’espoir pour les journalistes afghans ?09/01/2023 - 4:28
SYRIE. La difficile intégration des citoyens-journalistes dans l’industrie des médias29/12/2022 - 2:00
Iran : les femmes, « l’avant-garde de la révolution » nationale09/12/2022 - 12:00
Afghanistan: women’s journalists cry of alarm23/11/2022 - 10:32
War in Afghanistan : one year under the Taliban regime08/11/2022 - 9:57
Afghanistan : un an sous le régime des Talibans08/11/2022 - 9:17
ELYAAS EHSAS : COUVRIR LA GUERRE LORSQU’ON Y EST NÉ 03/11/2022 - 9:29
Karzan Hameed, journaliste Kurde exilé, “ Il a toujours son nom : Irak, mais le pays n’existe plus” (#Portrait)01/08/2021 - 12:07
Ahmad Muaddamani, journaliste syrien exilé: « Les Misérables » me rappelle ma situation22/07/2021 - 12:44
ISRAËL – Le logiciel espion de NSO Group traque les journalistes en toute impunité19/07/2021 - 2:52
Les morts peuvent-ils migrer et demander l’asile ?19/07/2021 - 3:50
RENCONTRE. Ignace Dalle, le récit de carrière d’un véteran de l’AFP15/07/2021 - 10:21
PORTRAIT. Avec Anas, photojournaliste syrien, «dans sa maison»12/07/2021 - 1:50
IRAN. Élection présidentielle : Aggravation de la crise hégémonique et du contrôle politique15/06/2021 - 4:10
Dara (dessinateur iranien) : “Des jeunes vivent la liberté sans en avoir conscience”10/05/2021 - 3:27
Ibrahim Cheaib : La Maison des journalistes m’a sauvé !10/05/2021 - 1:48
Syrie. Du béton, de la guerre et de la reconstruction06/05/2021 - 3:37
IRAK/IRAN- Les illusions de la levée du blocus et de l’accord sur le nucléaire (3/3)26/04/2021 - 9:04
IRAK-IRAN. Les illusions de la levée du blocus et de l’accord sur le nucléaire (2/3)22/04/2021 - 8:19