Entrées par Ghys Fortune BEMBA DOMBÉ

Congo Brazzaville – Le coronavirus attaque, les politiques réagissent

Le 15 mars, un premier cas de coronavirus est diagnostiqué à la capitale Brazzaville. Depuis plusieurs jours, les églises sont fermées et les frontières aussi. Le pays s’apprête à recevoir l’onde de choc du covid19, sous l’œil attentif de Ghys Fortuné Bemba Dombé, journaliste contraint à l’exil.

Denis Sassou-Nguesso est le président du Congo. Firmin Ayessa est depuis 2017 vice-premier ministre et Claude Alphonse Nsilou est ministre du Commerce, des Approvisionnement et de la Consommation du Congo Brazzaville.

Quand Sassou et Cie distraient les âmes naïves

Les grands esprits de la planète terre sont préoccupés par les conséquences néfastes du Covid 19 qui n’épargnent aucun État, ni humain, moins encore, le système économico-financier mondial. Les charlatans et les manipulateurs montent en puissance. Sur la base des fakes news, par exemple, des «hommes de Dieu» de la RDC et du Nigeria font le buzz.

Évidemment, la psychose généralisée et l’avilissement mental laissent difficilement la place à la réflexion, si ce n’est à la naïveté. Sinon, comment expliquer que même l’élite congolaise puisse spéculer sur la prétendue contagion et santé de Sassou Nguesso, alors qu’il est «bunkerisé» à Oyo, dépassé par le prix du baril de pétrole qui vient de chuter à 23 dollars américains et divers événements qui aggravent la situation?

Vivre c’est prévoir

Au lieu de se contenter des fakes news, il faudrait réfléchir par exemple aux solutions qui permettraient de stopper les effets dévastateurs de Covid 19 en saison fraiche en Afrique centrale ? Comment appliquer les règles d’hygiène ou de confinement dans un pays ou la pauvreté est endémique ? Comment améliorer ou gérer les déplacements dans les transports en commun ? Comment faire respecter les mesures barrières pour freiner le Covid 19 ? Pourquoi ne pas développer l’élevage et le potager ? Pourquoi ne pas ressusciter la médecine traditionnelle « des plantes » ? Les chercheurs vont-ils continuer à se taire ?

Que faisons-nous des valeurs du «Mbongui» ou de solidarité ?

Pourquoi ne pas prendre l’attitude des chrétiens de Berée dans la bible face à des inepties balancées çà et là par plus d’une personne ? Pourquoi ne pas forcer les dignitaires à rapatrier l’argent planqué dans les paradis fiscaux comme le conseille la conférence épiscopale de l’Église catholique du Congo.

Pourquoi ne pas achever et équiper les douze hôpitaux qui ont engloutis des milliards ? Pourquoi ne pas équiper et transformer les logements sociaux de Mpila en centre de confinement ?

Peut-on faire comme le Rwanda qui a acheté les drones qui pulvérisent des produits pour désinfecter les rues ? Pourquoi la Ministre des PME ne peut-elle pas par exemple donner des tissus, fils, argent pour fabriquer des masques ?

Bref, l’heure est venue de prendre des grandes décisions que d’épiloguer sur les fakes news et sur le silence de Sassou qui s’apparente à celui de Biya, Obiang, Deby.

Les ministres Ayessa, Nsilou et Cie ont-ils « distribué » la maladie ?

C’est un secret de polichinelle, Firmin Ayessa a été évacué sanitaire depuis quelques temps. Le ministre des fake news, Thierry Lézin Moungalla peut-il encore parler de mission comme il avait tenté de l’affirmer lors de l’évacuation du ministre Calixte Ganongo ?

Quant au ministre Claude Alphonse Nsilou, bien qu’il ne soit pas évacué à l’étranger, son péché capital a été celui de ne pas avoir mis en quarantaine tous ses collaborateurs dès qu’il avait appris le caractère positif au coronavirus du citoyen américain avec lequel il a eu des séances de travail.

Le bas peuple ne disposant pas des moyens pour vérifier s’il est sous traitement ou pas, se demande si monsieur Nsilou, avant le test qui l’aurait déclaré négatif, n’avait pas distillé le covid 19, dans le cas où il aurait été déclaré positif au contact du patient contaminé.

S’il est vrai que le gouvernement congolais vient de fermer les frontières, il est urgent pour lui de mettre sur pieds les mesures d’accompagnement de la quarantaine telles que la prise en charge les factures d’électricité, d’eau et une petite prime de transport pour tous les citoyens, financées par l’argent des générations futures dont parlait fréquemment Gilbert Ondongo et les fonds cachés quelque part, tels que l’évoquaient Isidore Mvouba et Bruno Jean Richard Itoua autrefois.

En attendant ces mesures, nous conseillons vivement aux congolais à s’abstenir de prendre les bus, de se laver régulièrement les mains, de respecter la distance d’un mètre, d’éviter les attroupements et de faire attention aux cabines téléphoniques.

Mais surtout, ne pas céder à la panique et à la peur qui provoquent des accidents cardiovasculaires et des gastro-entérites.

La peur précipite la mort.


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Afrique – Les dictateurs Sassou, Condé, Gnassingbé, Biya, Sissi… interpellés par le Coronavirus qui les menace

Après la Chine où la maladie s’est déclenchée, des cas de coronavirus ont été détectés en France, en Italie, au Japon, en Iran, en Irak, en Coré du sud, aux Usa… Des pays avec une surveillance médicale évoluée. L’Afrique, continent le plus vulnérable et le plus perméable, peine encore à prendre des dispositions solides. Pourtant la Chine, épicentre de la maladie, est devenue au cours de cette dernière décennie, le pays le plus prisé des Africains.

La difficulté dans l’obtention de visas pour l’Europe et les Etats-Unis d’une part et des avantages commerciaux vers la Chine d’autre part, ont fait que les Africains choisissent le pays de Mao comme destination de prédilection. Malheureusement c’est dans ce nouveau centre d’affaire mondial que le Coronavirus s’est déclenché, faisant à ce jour environ 2700 morts et plus de 77000 malades, dont la plupart sont mis en quarantaine.

«Il est impensable que le continent africain soit le seul épargné. Il est fort possible que nous ayons des cas sur le continent qui n’ont pas été détectés.»

Premier partenaire commercial du continent, avec des échanges qui ont dépassé les 200 milliards de dollars en 2019 et une augmentation de plus de 600%. des liaisons aériennes entre l’Afrique et la Chine. Il y a six vols directs d’Ethiopian Airlines, quatre vols direct de Royal Air Maroc, trois vols direct Kenya Airways, deux vols direct de Rwandair…

Tous relient la chine à l’Afrique chaque semaine. Tous les jours, des centaines des chinois posent leurs valises sur le continent noir et dans le sens contraire, de nombreux africains continuent à se fréquenter comme si le confinement ne concernait que les occidentaux.

Certes, le sous-sol africain est le plus riche de la planète terre cependant, ses habitants sont les plus désorganisés qui existent avec des structures sanitaires en lambeau. Face donc à cette désorganisation, pauvreté et divers échanges, on est en droit de paraphraser John Nkengue, directeur du centre africain de prévention de la lutte contre les maladies a l’UA qui a déclaré: « Il est impensable que le continent africain soit le seul épargné. Il est fort possible que nous ayons des cas sur le continent qui n’ont pas été détectés ».

Si par le passé, les africains ont bénéficié du concours des occidentaux pour lutter contre le virus Ebola au Libéria, en Sierra Leone, en Guinée Conakry, en République Démocratique du Congo (RDC), il n’est pas sûr aujourd’hui que ses mêmes partenaires préoccupés par leur sécurité par rapport au virus puisse voler à leurs secours.

Les dictateurs, pillards et gouvernants africains ne doivent donc plus tout attendre, des partenaires au développement, des institutions spécialisées des Nations Unies, de l’OMS (Organisation Mondiale de la santé) ou des pays du nord pour prendre des initiatives. La surveillance doit être organisée afin d’épargner les populations en proie à la pauvreté endémique et à des violences de tout genre. La Chine par exemple, a construit plusieurs centres hospitaliers spécialisés contre le virus en un temps record. En France, où 6 cas ont été déclarés, une batterie de mesures est prise et la sensibilisation se fait au quotidien au plus haut sommet de l’Etat afin d’empêcher la propagation de la maladie.

Le glas vient de sonner pour les dictateurs et violeurs des droits, plus préoccupés par leur image, par la tricherie des élections, par le pillage. Il faudrait faire plus que de bomber leur torse et leurs muscles pour combattre efficacement le virus Coronavirus sur le sol africain.

Par ailleurs, en présence des gouvernants irresponsables tels ceux qui ne communiquent pas et bâillonnent les voix discordantes, les populations doivent se prendre en charge elles-mêmes pour ne pas subir les effets pervers du Coronavirus.

Un espoir à confirmer

Testé en Chine dans une dizaine d’hôpitaux selon le Huffinghton Post, la chloroquine pourrait être un traitement efficace contre le Coronavirus. Cette information relayée par le docteur Raoult, spécialiste français des maladies infectieuses, reste à confirmer.

En attendant que l’espoir se confirme, j’appelle les africains à appliquer les méthodes de prévention classiques comme partout dans le monde.

Les médias doivent jouer leur rôle traditionnel d’enquêter et d’informer comme le site zenga-mambu qui traite ce sujet constamment.

Selon nos informations, le mardi 25 février plusieurs ressortissants chinois seraient confinés suite à leur retour de voyage en Chine. D’autres sources affirment que certains chinois au Congo sont aussi concernés. Nous espérons que le gouvernement communiquera précisément sur ce sujet brûlant.

Enfin, bien que débordé, l’OMS dont le siège régional est à Brazzaville, devrait aider le Congo pour une riposte et une prévention efficace contre l’épidémie du Coronavirus. Cette attitude de l’OMS mettra en confiance plusieurs africains qui pensent qu’ils sont abandonnés.


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