Les Chrétiens et la politique

Aucun sujet n’est aussi populaire dans les « démocratures » mais aussi dénaturé dans sa présentation que celle qui lie le Chrétien à la politique. Plancher sur cette question exige préalablement, de définir la politique et la place de l’Homme au milieu de tous les êtres.

Politique vient du grec « politikos », le suffixe « ikos » montre une relation, donc « politikos » est ce qui est en relation avec « polis », mot grec signifiant cité.

La politique c’est les affaires qui sont en relation avec la ville, ce sont les lois, les règles de conduite données aux citoyens pour la bonne marche de la cité, de la province, du pays et entre les pays. La politique, comme le pense plus d’une personne notamment, Socrate et Aristote qui l’assimile à « la science souveraine entre toutes », est donc l’art de gouverner.

L’art de gouverner

La théorie de Charles Darwin sur l’évolutionnisme, est confronté à des critiques pour n’avoir pu démontrer l’origine des premiers éléments qui ont fusionnés pour évoluer.

Cependant elle a de commun avec le Christianisme, la supériorité de l’Homme sur tous les êtres par son intelligence et la conscience. Selon le plus grand best seller de tous les temps, dès le commencement, Yahvé créa l’Homme pour gouverner (Genèse 1:26-29; Psaumes 115:16). Il le dota des capacités crâniennes (1200-1600 cc, 1,3- 1,4kg, 100.000 milliards de neurones) ayant des fonctionnalités dont les propriétés de certains centres du cerveau le différencie des autres êtres qui agissent par l’instinct ou la photosynthèse.

Cette intelligence qui le distingue de tous les êtres, lui donne, la faculté de conception, d’analyses, d’organisation et de délibération à l’image de son Créateur.

Un Chrétien peut-il faire de la politique ?

Cette question trouve sa réponse qu’en démocratie, dans le Coran et dans la Bible. La démocratie prend ses origines au Vè siècle avant Jésus Christ, dans certaines cités comme Athènes.

La Démocratie est la gouvernante par le peuple. Celle ci s’est imposé au fur et à mesure sur la planète terre, au gré des guerres, des traités et révolutions qui ont secoué le monde occidental.


Toute action de participation ou d’opposition à la gouvernante d’un pays consiste à faire de la politique


Ces derniers temps, les dictateurs souvent agacés par la prise de position des chrétiens tels en République Démocratique du Congo, au Togo, au Congo- Brazzaville, n’hésitent pas de renvoyer les chrétiens à se contenter de l’évangélisation et à la cure d’âme.

Prétexte, le chrétien est censé exercer son pouvoir en théocratie donc ne peut faire la politique . Faux !

Implication des Chrétiens dans la vie politique

L’époque du moyen-âge a été dirigé par l’Eglise. Le pape comme les évêques étaient aux commandes des politiques pendant ce règne de 1000 ans. C’est un secret de polichinel, toute action de participation ou d’opposition à la gouvernante d’un pays consiste à faire de la politique.

Les chrétiens, Grecs et Romains par exemple ont été mêlés à la politique par le fait de se constituer en ecclésia (assemblée). Le Concile Vatican II dans la Constitution Gaudium et Spes (SS 75,5) encourage les chrétiens à prendre une part active dans la politique quand il déclare:

« Tous les chrétiens doivent prendre conscience du rôle particulier et propre qui leur échoit dans la communauté politique: ils sont tenus à donner l’exemple en développant en eux le sens des responsabilités et du dévouement au bien commun » en sus, depuis toujours le Vatican accrédite les ambassadeurs et plénipotentiaires dans différents Etats.

Les protestants par ailleurs sont plus ou moins discrets en politique même quand ils pullulent dans certains services de renseignements à travers le monde et cabinets des chefs des Etats le cas de :

  • Martin Luther King qui a marqué l’histoire de l’humanité par sa lutte non violente du racisme aux U.S.A. ;
  • de l’Évangéliste hors pair, Billy Graham  » l’Homme du Réveil  » qui a été longtemps Conseiller de plusieurs présidents américains ;
  • le «lobby chrétien» qui fait de temps à autre basculer les votes au Brésil, aux U.S.A et dans plusieurs grandes démocraties ;
  • la déclaration d’indépendance des USA fait directement référence à Dieu et, le locataire de la Maison blanche prête serment sur la Bible;
  • la constitution française prone la laicité et les protestants en sont des fervents défenseurs, etc.

Autant d’exemples éloquents de politiques.

Les chrétiens font de la politique 

Il existe aucun tabou pour des chrétiens d’occuper des hautes fonctions dans l’administration, judiciaire, militaire etc.

D’ailleurs, la Bible nous donne des exemples précis sur la politique :

  • Joseph premier ministre en Egypte ( Gn 41: 14 -39) ;
  • David deuxième roi d’Israël et Juda, personnage central pour les chrétiens, musulmans et juifs (Premier et Deuxième livres de Samuel, Premier livre des Rois) ;
  • l’engagement de Daniel à la cour babylonienne ( dès 605 et sous l’autorité perse 539 av J.C. ) ;
  • Moise gérait tout un peuple en exile; des chrétiens ont été visibles aussi dans l’entourage proche de l’empereur César (Ph 4.22).
  • Hérode a fait mourir des enfants pour tuer un rival potentiel.

Quand Jésus est entré dans son ministère, il a parlé contre les autorités politiques et religieuses de l’époque et attiré leur hostilité.

Luther a comparu devant les plus hautes autorités civiles et religieuses à la Diète de Worms, il a reçu la protection de princes et de nobles et le choix de la religion a souvent dépendu du choix du prince de cette région suivant l’adage d’Augsbourg «tel prince, telle religion».

Calvin, pour sa part, a quasiment reçu le pouvoir à Genève et a voulu régenter la vie des Genevois.

Les colons anglais en Amérique avaient fui les persécutions religieuses (et politiques) en Angleterre; ils ont créé des colonies à eux en Amérique.

« Le fait de vivre sur terre comme citoyens des cieux fait des chrétiens, des ambassadeurs d’un royaume étranger et confère donc aux chrétiens une fonction politique » Lettre à Diogène.

La politique influe sur tous les domaines de la vie. Les chrétiens ont l’obligation de s’impliquer dans la politique pour faire la promotion de lois qui sont conformes à la Parole de Dieu pour l’honorer et pour notre propre avantage.

Les chrétiens doivent agir partout et ne doivent pas accepter que tout soit décidé a leur place dans les hauts lieux tels, le parlemement et autres. L’inverse, c’est d’accepter subir quelque fois des projets abject batit par des occultistes.

Cependant, il est important pour des chrétiens engagés dans cette voie sinueuse et très glissant de reconfrmer leur appel par le Seigneur pour éviter de clouer à nouveau Jesus Christ sur le bois . I Cor 10:31

Ghys Fortuné BEMBA DOMBE

D’autres articles sur l’Afrique

Chinois, Français, Libanais et le F.M.I dans le cyclone des Africains

La page du Covid-19 sera bientôt tournée. Mais, elle changera les comportements des tiers et de diverses communautés. Elle bouleversera inéluctablement les équilibres géopolitiques et économiques du monde.

Les Chinois par exemple, accusés à tort ou à raison de fabriquer le SRAS-CoV-2, nonobstant des lourds et inégalables investissements dans le monde, sont vus d’un nerf insuffisant par plus d’une personne à travers la planète-terre.

De même, depuis quelques temps, plus d’un Africain et l’Association Survie pointent du doigt des Français, accuser de vouloir maintenir des dictateurs à la tête des anciennes colonies francophones acquis à leur cause, afin de piller les ressources minières et continuer de coloniser les peuples par le biais du franc C.F.A, de plusieurs multinationales et de divers mécanismes.


Si la politique est l’art de gouverner la cité, les opposants des « démocratures  » doivent placer les intérêts du peuple au-dessus, éviter des fake-news et la xénophobie.


Les Libanais quant à eux, qui talonnent les Chinois par leur offensive commerciale en Afrique, sont suspectés constamment d’être en intelligence avec les dictateurs. Conséquences, ils deviennent des sujets à abattre d’une manière ou d’une autre.

Le Fond monétaire international (F.M.I), très convoité par des politiciens et intellectuels, essuie de temps à autre des jugements sévères de ces courtisans qui le taxent d’instrument politique ou déstabilisateur des Etats « pauvres ».

L’Afrique: des richesses et une population convoitée

Le continent africain, avec sa jeune population de 1,3 milliards d’habitants, son hydrographie, sa végétation et ses matières premières, ne cessent d’attirer plus d’une personne: quoi de normal quand on sait que depuis toujours, les intérêts sont au cœur des hommes et des Etats dits puissants. Jules Ferry en 1885 déclarait: « les colonies sont pour les pays riches, un placement de capitaux des plus avantageux« .

Et De Gaulle en 1961 de renchérir: « Notre ligne de conduite, c’est celle qui sauvegarde nos intérêts et qui tient compte des réalités. L’Afrique détient des réserves important du cobalt, de cuivre, de diamant, d’or, de platine, de l’uranium, de gaz. Ajouter à cela, le bassin du Congo, deuxième poumon vert de la planète ainsi que la population qui est un atout majeur des échanges pour les Occidentaux.« 

Des impacts extérieurs en Afrique

La Chine, avec 1,3 milliard d’habitants logés dans la troisième plus grande superficie mondiale regorge d’un des sous-sols les plus riches. Elle est la deuxième économie mondiale par son P.I.B nominal (14217 milliards de dollars) avec une forte croissance annuelle depuis des années. Elle détient 20% de l’économie mondiale. Dans tous les pays d’Afrique, elle réussit à construire des infrastructures de base là où les Occidentaux ont échoué.


La Chine est en passe de devenir le plus grand donateur et incontournable interlocuteur.


La Chine, par contre, rattrape le retard dans ce continent en investissant à grande échelle et en prêtant des sommes colossales sans tenir compte du respect des droits de l’Homme par le débiteur comme l’exigent les Occidentaux. Avec plusieurs opérations séduction lancées dans le monde par Xi Jinping et la crise du Covid-19 qui ralentit les économies, plusieurs études montrent que, très bientôt, l’Empire du milieu détrônera la place de leader économique mondial des U.S.A.

Présente dans toutes les institutions internationales et entretenant pratiquement des relations avec tous les pays, la Chine est en passe de devenir le plus grand donateur et incontournable interlocuteur.

La France quant à elle, est la 7ème puissance économique mondiale avec un PIB de 2762 milliards de dollars (5,8 % du monde). Malgré un déclin certain au niveau international, mais tant soit peu, elle tente de maintenir sa main dans ses anciennes colonies à travers plusieurs canaux :

  • les multinationales comme Total, Areva, Air France-KLM, les banques (Société générale, Crédit lyonnais, BNP Paris, etc.), Bureau veritas, Bouygues ;
  • la coopération militaire, diplomatique, sanitaire, l’assistance technique et la formation dans divers domaines.

Il sied de dire que :

  • 80 % des leaders des pays francophones sont formés en France et actuellement
  • 45% des étudiants étrangers présents en France sont d’origine africaine (Maroc, Algérie, Tunisie, Sénégal, Côte d’Ivoire, Cameroun, Gabon et Congo) ;
  • Chaque année, plusieurs milliards d’euros sont déversés en Afrique francophone par le biais de l’Agence Française de Développement (AFD) et d’autres canaux.

A cela s’ajoute des dizaines des milliards d’euros des transferts effectués par la diaspora africaine en Afrique :

  • Plus d’un milliard d’euros décaissé chaque année pour diverses opérations de maintien d’ordre et de sécurité en Afrique dont 700 millions actuellement pour l’opération Barkhan ;
  • L’import et l’export, l’exploitation forestière et portuaire ;
  • Le plaidoyer de la France auprès de l’Union européenne, du G-20 et des bailleurs de fonds.

Vivre ensemble dans un monde en pleine mutation

Chaque pays africain ayant de disparités et de spécificités, il est difficile de les mentionner tous. Cependant, il serait malhonnête de ne pas reconnaître que les étrangers ont élevé le niveau de vie des Africains. Nombre d’entre eux investissent massivement dans l’agro-industrie, les transports, les télécommunications, l’énergie, l’industrie, l’exploitation forestière et minière.

Nous pouvons citer: les Burkinabés, les Français et Libanais en Côte d’ivoire et au Sénégal; les Français, les Allemands, les Canadiens et les Anglais au Cameroun; les français au Tchad; les Belges et les Français en République démocratique du Congo (RDC) et au Rwanda; les Français, Libanais et les Orientaux au Gabon, Bénin, Togo ; le Congo ou personne ne peut nier l’influence française et chinoise et ignorer le rôle que joue la colonie libanaise dans l’économie asphyxiée par la mauvaise gestion.

Malgré le fait que de nombreuses entreprises ont jeté la clé sous le paillasson, les Libanais animent les secteurs hôteliers, des transports, des BTP, etc. De toutes ces sociétés qui emploient des milliers de personnes nonobstant des créances qui leurs sont dues par l’Etat depuis des années mais continuent les préfinancements, il y a la compagnie aérienne Trans Air Congo, Burotop, Batipro, MBTP, GHS, la Française Plasco…


A l’inverse, les opposants continueront à voir la main noire de la France derrière les dictateurs comme Sassou, Biya, Condé, Deby, etc.


Difficile de conclure sans revenir sur la Chine qui est très active présentement dans tous les pays et notamment ceux d’Afrique. Bien qu’elle soit le pays le plus avancé du monde en découverte des coronavirus mais, il est imprudent d’affirmer qu’elle a fabriqué le Covid-19 avec tous les fake-news qui polluent les réseaux sociaux et le manque d’esprit critique des tiers de percevoir la guerre que se livrent des supers puissances.

De même, rien ne justifie que tous les Libanais soient dans la magouille avec les dignitaires des systèmes africains. Oui ! Les intérêts sont au cœur des Hommes.

La preuve, des Français et Congolais ne cessent de sillonner les couloirs du F.M.I pour sanctionner M. Sassou Nguesso alors que cette institution a pour rôle d’assurer la stabilité du système monétaire international et la gestion des crises monétaires et financières.

Bonne démarche, cependant il faut se demander si ce genre d’actions impactent M. Sassou Nguesso ou la population. Pire, à qui profitent ces batailles entre les Français pros et anti-Sassou ? Si la politique est l’art de gouverner la cité, les opposants des « démocratures  » doivent placer les intérêts du peuple au-dessus, éviter des fake-news et la xénophobie.

A l’inverse, les opposants continueront à voir la main noire de la France derrière les dictateurs comme Sassou, Biya, Condé, Deby, etc.

Une des leçons infligée par le Covid-19 et Emmanuel Macron, du Franc CFA à l’ECO

Les discours dominants d’une certaine élite africaine deviennent de plus en plus ségrégationnistes. Pourtant, à la place des discours xénophobes qui conduisent souvent aux conséquences néfastes, il n’est pas impossible de bâtir des stratégies de cohabitation, de développement et de coopération.

Tenez, Emmanuel Macron le 21 décembre 2019 à Abidjan signait un accord de coopération monétaire avec les gouvernements des Etats de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA) sous l’impulsion du présdent Alassane Dramane Ouattara. Cet accord devrait ouvrir une nouvelle page historique selon les propos du président français.

Le 20 mai 2020, le gouvernement d’Edouard Philippe venait d’entériner la fin du franc C.F.A. en Afrique de l’Ouest. Le franc CFA sera remplacé par l’Eco tout en conservant la parité fixe avec l’euro.

Les réserves de change des Etats d’Afrique de l’Ouest ne seront plus centralisées au Trésor français. Mais bien avant le président ivoirien, l’ancien président du Congo Pascal Lissouba, refusant les contrats léonins signés par son prédécesseur, avait exigé à ELF si elle voulait continuer à exploiter le pétrole congolais, à doubler les redevances des extractions pétrolières du Congo.


Les Africains devraient donc se débarrasser de la xénophobie mais plutôt cultiver le patriotisme et l’amour entre différents peuples. Car personne ne peut prétendre se développer sans le concours des autres.


Ce qui fut fait par la suite. Dans le même ordre d’idées, l’association Survie qui lutte contre la corruption, les détournements des deniers publics et les paradis fiscaux, pense que les pays devraient être sur le même piédestal. Le contraire, c’est confirmer le manque de transparence et le soutien des régimes autoritaires par la France.

Le Covid-19 vient de briser les frontières tel que nous l’avons vu avec des Américains se huer en Chine rechercher les masques, les Cubains débarquer en Italie secourir des malades. Elle a infligé la leçon d’humilité et d’égalité aux humains qui sont tous vulnérables.

Les Africains devraient donc se débarrasser de la xénophobie mais plutôt cultiver le patriotisme et l’amour entre différents peuples. Car personne ne peut prétendre se développer sans le concours des autres. Il faut par ailleurs chercher à copier ce qui est bien chez l’autre pour le bien- être et l’avenir harmonieux de tous.

Ghys Fortune BEMBA – DOMBE

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Idir, pionnier de la World Music et auteur de Avava Inouva, s’éteint !

Né le 25 octobre 1949 au village Ait-Lahcène, situé à une trentaine de kilomètre de la ville de Tizi-Ouzou en Kabylie, Idir, de son vrai nom Hamid CHERIET, est décédé des suites d’une maladie pulmonaire, le samedi 2 mai 2020 à l’hôpital Bichat à Paris.

Idir a chanté l’exil, l’amour et la liberté. Il est l’un des pionniers de la culture kabyle.

Chanteur, auteur, compositeur-interprète et musicien, il débute sa carrière dans les années 70 par pur hasard.

De mère et de grand-mère poétesses, Idir a baigné dans un environnement où les contes, les énigmes et les histoires anciennes font bon ménage. Un milieu familial profondément imprégné de la culture berbère.

Retour sur le palmarès d’une légende hors du commun !

En 1973, alors qu’il remplaçait Nouara, l’une des divas de la chanson kabyle de l’époque, à la radio algérienne, Nouara devait chanter «RSED AYIDHES», une berceuse, qu’Idir lui avait spécialement composée. C’est finalement lui qui s’y produit avec un nom de scène qui lui est resté collé à la peau: Idir.

Il enregistre ce titre en studio ainsi que «Avava Inouva». Puis, il prend son paquetage pour aller effectuer son service militaire qui dura deux ans.


Avava Inouva est considéré comme le premier grand tube venu d’Afrique du Nord.


Il n’avait pas encore imaginé que son passage furtif à la radio allait faire de lui, plus tard, une star internationale. Les deux morceaux tournaient, quasiment en boucle à la radio. Un vrai succès radiophonique. Il écoutait ses tubes sur les ondes des radios nationales et étrangères. Alors qu’il est confiné dans sa petite caserne loin de sa Kabylie natale, son exploit a traversé la Méditerranée.

Diplôme en géologie dans la poche, tout le monde le voyait déjà, œuvrer au service de la gestion et de la recherche au sein de l’industrie pétrolière algérienne.

En 1975, coup de théâtre ! Une maison de disques le contacte et l’invite à Paris. Elle veut produire son premier album. Idir tient sa valise et prend la direction de la capitale française.

Le titre «AVAVA INOUVA» devient rapidement un tube planétaire. En 1976, une version française arrive dans les bacs. Elle est interprétée par le duo David JISSE et Dominique MARGE.

Idir a conquit 77 pays et ses chansons sont traduites en 15 langues et, ce avec simplement, des voix et des guitares. Avava Inouva est considéré comme le premier grand tube venu d’Afrique du Nord.

En 1979, il sort un deuxième album intitulé «Ayarrach negh». Sollicité de partout et adulé par ses fans, Idir effectue bon nombre de tournées et enchaine par plusieurs concerts.

De nature discret et réservé, il s’éclipse de la scène musicale pendant une bonne dizaine d’années et ce, selon nos sources, pour échapper au monde du show-biz dans lequel il ne se reconnaissait pas.

Ses chansons avaient une portée universelle

En 1991, il renoue avec sa passion et sort une compilation de 17 chansons, en s’inspirant essentiellement de ses deux premiers albums. Ce retour, tant attendu, l’a consacré précurseur de la world music. Il occupe le New Morning à Paris, du 7 au 9 février 1992.

Un an plus tard, Idir sort un 3ème album : LES CHASSEURS DE LUMIERES. Au moment où le terrorisme bat son plein en Algérie.

Meurtri par cette situation, qui échappait à tout contrôle, Idir, a chanté l’exil, l’amour et la liberté, pour, faut-il le rappeler, en guise de réponse à l’obscurantisme qui dévastait son pays.

En 1999, le chanteur sort : Identités. Un album hommage qui réunit de nombreux artistes, tels que Maxime LEFORESTIER, Manu CHAO, Karen MATHESON, Gilles SERVAT, Geoffrey ORYEMA, l’Orchestre National de Barbès, ainsi que le groupe ZEBDA.

Sa maison de disques met sur le marché, en 2002, une compilation intitulée : Deux rives, un rêve.

Où l’on peut écouter des morceaux inédits, notamment, «Pourquoi cette pluie ?», écrit par Jean-Jacques GOLDMANN. En référence au terrible déluge qui s’est abattu sur la ville d’Alger, dans le quartier populaire de Bab El Oued, causant plus de mille morts.

Adrar Inu (Ma montagne) arrive chez les disquaires, le 4 février 2013. Cette œuvre intimiste est considérée comme un retour aux sources. Il consacre un tube à sa maman qu’il a perdu quelques mois avant. Trente huit ans après son dernier gala, il a animé son premier concert en Algérie.

Sa dernière apparition publique a eu lieu sur la scène de l’Accor Hotels Arena, à Paris, le 04 janvier 2019, à l’occasion de la fête de Yennayer, le nouvel an berbère.

Idir laisse derrière lui un répertoire inépuisable et des fans et familles kabyles marqués à jamais.

 

Selon un communiqué de presse rendu public par la famille du défunt, Idir va être enterré en région parisienne et «se fera dans l’intimité familiale, conformément à la rigueur des dispositions sanitaires en cours…».

Des voix s’élèvent des deux cotés de la méditerranée pour réclamer le rapatriement du corps. Les proches de la famille du défunt regrettent «profondément cette situation que nous subissons tous, et qui prive temporairement ceux qui souhaitaient lui dire au revoir, de lui rendre hommage». 

«Croyez bien nos chers parents et amis que nous en sommes peinés» ajoute le communiqué.  

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Afrique – L’Observatoire 19, informer librement sur la crise sanitaire du COVID-19

Le 11 mars dernier, l’Organisation Mondiale de la Santé qualifie le COVID19 de pandémie. Les premiers cas ayant été détectés en Chine, l’Afrique est identifiée comme le plus grand foyer à risque de propagation de la maladie. En effet, il existe de nombreux échanges commerciaux entre le continent asiatique et le continent africain. Le 14 février, le premier cas de Coronavirus se déclare en Égypte.

Alors que le virus a placé l’Europe en quarantaine depuis mi-mars, l’épidémie semble se propager plus lentement sur le continent africain. Réalité ou censure de l’information ? Les journalistes restent sceptiques face à des gouvernements qui limitent la diffusion de chiffres et de données concernant la crise sanitaire.

Reporters sans Frontières, organisation internationale qui lutte pour la défense de la liberté de la presse et la protection des sources des journalistes, a mis en place depuis le 1er avril, l’Observatoire 19.

Décrit dans le communiqué officiel comme «un outil de suivi adapté à une crise globale inédite», l’Observatoire 19 est dénommé ainsi «en référence au Covid-19, mais aussi à l’article 19 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme.»

Cet article 19 est d’une grande importance pour le milieu journaliste. La Maison des journalistes organise depuis plusieurs années un événement nommé « Presse 19 », projet socioéducatif qui s’inscrit dans le domaine de l’éducation aux médias, la sensibilisation aux valeurs fondamentales, la communication interculturelle. Il est réalisé en collaboration avec des institutions européennes.


« Tout individu a droit à la liberté d’opinion et d’expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d’expression que ce soit. »

Article 19 des Droits de l’Homme


Le projet Observatoire 19 reprend cette thélatique universelle et précise son objectif : « évaluer les impacts de la pandémie sur le journalisme. Il documente la censure étatique, la désinformation délibérée et leurs effets sur le droit à l’information fiable. » 

A l’origine de ce projet, la conviction, selon RSF, que le gouvernement chinois aurait pu limiter la propagation et sauver de nombreuses vies si ce dernier n’avait pas censuré ses médias et avait informé bien plus tôt sa population de la gravité de l’épidémie. 

«La censure, tout comme le coronavirus, ne connaît pas de frontières et peut causer des ravages considérables» indique RSF.

En Afrique, le travail des journalistes en pleine crise sanitaire est inévitablement lié au contexte politique de corruption, à la situation socio-économique et au manque d’accès à des soins médicaux.

Mamadou Bah, journaliste guinéen à la Maison Des Journalistes, dénonce le monopole de l’État sur les chiffres officiels. En Guinée, «les journalistes ne peuvent relayer que les chiffres donnés par l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire. L’information est contrôlée, surveillée. Cela interroge donc sur la fiabilité de l’information mais aussi sur la confiance que l’on porte à l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire.»

Mamadou B. qualifie les centres de soins de «boucheries médicales», au sein desquels les patients, après avoir été testés positifs au virus, sont traités pendant deux jours seulement. A la suite de leur hospitalisation, ils reçoivent un message de l’ANSS indiquant qu’ils ne sont plus positifs au virus.

«Ces méthodes interrogent fortement, et il n’y a pas de moyen de les vérifier puisque les accès sont fermés aux journalistes », ajoute Mamadou B. Sur le site de l’ANSS, les chiffres officiels sont les suivants : 319 cas confirmés, 17 guéris et 0 morts. Face à ces chiffres, Mamadou B réagit « Pour qu’il n’y ait aucun mort, soit le gouvernement guinéen a un traitement miracle, soit on nous ment.»

La population guinéenne, contrainte de travailler la journée, s’est vu imposée un couvre-feu de 21h à 5h dans le but de limiter la propagation.

Alpha Condé, le président de Guinée Conakry, s’est exprimé dans les rues de Kaloum ce 9 avril 2020. Après avoir alerté la population sur la dangerosité du virus et sur la situation en Italie, il a donné ses propres conseils pour lutter contre le virus:

  • se mettre du mentholatum dans les narines (pommade mentholée)
  • boire de l’eau chaude 

Lutte contre le #Coronavirus : Le Président Alpha Condé de la Guinée propose de boire de l'eau chaude

Lutte contre le #Coronavirus :Le Président Alpha Condé de la Guinée propose de boire de l'eau chaude

Publiée par Lexterieur sur Vendredi 10 avril 2020

«C’est une vaste plaisanterie», commente Mamadou B. «tout comme le fait qu’il ait diffusé un faux projet social qui vise à rendre les transports, l’eau, et l’électricité gratuits dans la capitale, Conakry, alors qu’il n’y a déjà pas de transports et très peu d’eau et d’électricité».

De nombreux sites d’informations et de réseaux sociaux ayant été bloqués par les gouvernements africains pour lutter contre les «fake news», les ONG comme Reporters sans Frontières ou Comittee to Protect Journalists (CPJ) demandent une clarification de leur part sur les raisons de ces censures.

Lutter contre la mal-information mais pour une information libre, c’est l’objectif de l’Observatoire 19 en pleine crise sanitaire mondiale.

Attaques verbales, détentions arbitraires, retraits d’accréditation, Reporters Sans Frontières met à disposition une boîte mail covidrsf@rsf.org afin de recenser au mieux les entraves à l’exercice du journalisme.

Inès Lericollais

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Guinée Conakry – Les conseils extraordinaires du président Alpha Condé pour lutter contre le covid19

La Guinée Conakry a confirmé plus de 250 cas covid19 pour le moment, alors qu’aucun cas de décès na été communiqué par l’ANSS (agence nationale de sécurité sanitaire). Pendant ce temps, le président Alpha Condé improvise des médicaments contre le covid19 pour les guinéennes. Le président a conseillé un remède étonnant contre le Covid-19: se mettre du “mentholatum” dans les narines et “boire de l’eau chaude” !

C’est dans le célèbre quartier de Kaloum, abritant son palais présidentiel appellé Sékoutoureah, qu’Alpha Condé a fait une sortie médiatique le jeudi 9 Avril 2020 vers 16h. 

Devant une foule mobiliser à sa cause, le président se fait médecin à la place des professionnels de santé. Sur les images, on le voit dans les rues de Kaloum, masque sur la figure. C’est là que le chef de l’État prévient sa population du danger du coronavirus en prenant l’exemple de l’Italie. 

«Vous avez vu ce qui est en train de se passer dans le monde. Avez-vous vu ce qui se passe en Italie?» «Il faut se laver les mains plusieurs fois par jour, éviter les regroupements. Ceux qui peuvent acheter du mentholatum peuvent le faire et s’en mettre dans les narines. Ensuite boire souvent de l’eau chaude.»

Le président a donné sa recette miracle, qui n’est pourtant pas recommandée en priorité par les médecins. Aucune étude n’aurait prouvé l’efficacité de cette pommade mentholée, ni de la consommation fréquente d’eau chaude contre le Covid-19. Si c’est un vrai remède, ne pourrait-il pas soigner les 12 membres du personnel d’appui à la présidence testés positifs au coronavirus?

Pendant ce temps, la gestion de la pandémie par les médecins guinéens est vraisemblablement un théâtre ! Les faux positifs font douté sérieusement du nombre exact de porteurs du covid19 en Guinée Conakry.

Des faux positifs au covid 19 en Guinée

Les derniers cas de ping-pong son enregistrés au centre hospitalier Donka. Mademoiselle Keita a l’un de ses collègues testé positif au covid 19 et donc, par mesure de précaution, elle a fait son dépistage avant de se mettre en quatorzaine.

La quatorzaine terminée, mademoiselle Keita ne se plaignait d’aucune douleur mais, contre toute attente, elle reçoit un appel d’une équipe de l’ANSS l’informant que son test passé une semaine plus tôt, s’est révélé positif au covid 19. Elle sera dès le lendemain, admise à Donka au premier étage dans la salle numéro 7. Elle passera sa première nuit là-bas en compagnie d’autres malades du covid 19.

Le lendemain, elle prendra, au même titre que les autres malades, les molécules de traitement à base d’hydroxychloroquine et d’azithromycine. Contrairement aux autres malades, l’organisme de mademoiselle KEITA réagira mal à ce traitement. Des maux de ventre et de fortes céphalées vont surgir. Après un jour de traitement, elle reçoit comme dans un rêve, un message de l’agence nationale de sécurité sanitaire (l’ANSS) l’informant finalement que son test au covid 19 est plutôt négatif.

Après quelque temps c’est le collègue de mademoiselle Keita qui reçoit un message de l’agence nationale de sécurité sanitaire (l’ANSS) l’informant finalement que son test a lui aussi est finalement négatif.

La presse guinéenne touché par le covid 19

Retenons que la presse guinéenne, est à son tour est frappée de plein fouet de coronavirus. Au moins 5 journalistes de différents médias privées et un du public, au total pour le moment 6, sont confirmées positifs. Ils sont entrain de suivre de traitement au centre hospitalier de Donka.

Parmi les journalistes hospitaliers, le bouillant Mohamed Mara connu par ses dénonciations sans réserve des violations des droits humains et de la corruption du pouvoir.

Madame Moussa Yéro Bah et Aboubacar Diallo sont tous trois du groupe Hadafo Média, chroniqueurs de l’émission la plus critique du pouvoir les grandes gueules.

Lamine Mognouma Cissé de la radio Djigui FM, Mamadou Oury Diallo du Groupe de presse Gangan, Mikini Moussa Camara, journaliste à la RTG.

Cette situation constitue une vraie menace pour les journalistes qui sont toujours sur tous les fronts à la recherche de l’information. Dans des conditions difficiles.


Personnel et hébergé de la maison des journalistes, souhaitons prompte rétablissement à toutes les malades de Cvod19, prions pour le repos des âmes de tous les disparus de cette pandémie à travers le monde.

Nos remerciements s’adressent particulièrement à tous les professionnels de santé au monde sans exception.

Respectons les consignes et restons chez nous pour nous sauver et sauver les autres.


 

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Guinée Conakry – Récit du referendum chaotique, entre répression et coronavirus

Ce dimanche 22 mars 2020 s’est tenu le double scrutin organisé pour valider le 3ème mandat du président Alpha Condé qui pour l’obtenir doit changer la Constitution. Même avant la pandémie de coronavirus, ce referendum a été décrié autant par les organisations internationales que par les régions guinéennes, les parties politiques, la société civile et une grande partie de la population. Le referendum avait d’ailleurs été repoussé une première fois. Conséquence prévisible : les élections ont été le théâtre de violents affrontements entre « pro » et « anti »  « 3ème mandat » d’une part, et entre forces de l’ordre appuyer par l’armée contre la population civile mécontente.
Un premier bilan macabre du FNDC (opposant politique au président en place) dans une déclaration publiée ce lundi soir 23 mars, décompte au moins 10 morts et plusieurs blessés ainsi que des arrestations et quelques dégâts matériels. De sources médicales, on dénombre 6 morts.

De sources médicales, on dénombre 6 morts.


Du coté de pouvoir, après avoir voté, Alpha Condé minimise la présence du covid19 en Guinée car selon lui il n’y a que deux cas signalés. A cette occasion, il avait ajouté espérer que les élections se déroulent dans la paix et la tranquillité. Pari risqué ; Pari raté. Le déroulement catastrophique de la journée à Conakry s’est étalé de l’ouverture des bureaux de vote jusqu’au dépouillement : plusieurs urnes ont été saccagées, des bureaux de vote et leur contenu calcinés par les anti 3ème mandat. Pour éviter un chaos généralisé, le bureau de vote du quartier de Gbessia-port avait fermé dès 16h30 au lieu de 18h comme prévu par le code électoral. Cette fermeture illégale a été constatée sur tout le territoire national.

La presse n’a pas le droit d’assister au dépouillement des votes dans la commune de Matam où tout le matériel électoral à été acheminé sous escorte par l’armée.


Le dépouillement ne se fait plus dans les lieux de vote selon l’URTELGUI Union des radios et télévisions guinéenne sous  synergie FM guinée 2020, les urnes sont envoyées sous escorte militaire dans les différentes communes de Conakry. Malgré la pandémie du coronavirus, cette élection s’est déroulée sans kit sanitaire pour le lavage des mains, ni respect des consignes de distance de sécurité de minimum 1 mètre. Les bureaux de vote ont souvent utilisé des écoles primaires, comme à Matam. La presse n’a pas le droit d’assister au dépouillement des votes dans la commune de Matam où tout le matériel électoral à été acheminé sous escorte par l’armée. À l’intérieur du pays, le dépouillement s’est fait dans les préfectures et les sous-préfectures des régions.
  • À Siguiri, fief du parti au pouvoir, le dépouillement a eu lieu dans les bureaux de vote.
  • À Dalaba, ce n’est ni dans les casernes, ni aux bureaux de vote que s’est organisée le dépouillement, c’est dans la résidence du préfet !
  • À Mamou, le bureau de vote a ouvert à 10h et fermé dès 15h, le dépouillement a  également eu lieu à la préfecture.
  • À Labé, seul le quartier Konkola avait accompli le devoir de vote sous une haute surveillance de l’armée.
  • À N’zerekoré, selon Faceli Konaté, journaliste à FM Guinée, par endroit il n’y a pas eu de vote, la journée a été d’ailleurs émaillée de violents affrontements.

Dans certains bureaux de vote, c’est seulement les bulletins « oui » au referendum qui sont imprimés.


Selon Abdoul Gadidé membre de l’OGDH (l’organisation guinéenne de droit de l’homme les droits humains), « les droits humains ont été violés« . Il déplore 9 morts dans la zone de Conakry. Sur le déroulement du vote, il indique que des mineurs ont voté à Kankan. De plus, dans certains bureaux de vote du pays, seulement les bulletins du « oui » ont été imprimés. Il déplore également la tenue du double scrutin en cette période de covid19 avec 400 cas de contacts actuellement en Guinée (sans citer sa source d’information). Pour monsieur Diallo, l’Etat est entrain de camouflé les informations concernant la propagation du virus en Guinée. En plus de deux cas de covid19 avant les élections, deux nouveaux cas de coronavirus viennent d’être testés positifs. Il s’agit d’un des conseillers du ministre du budget et de sa compagne. Le ministre du budget, monsieur Dioubaté, est très proche de son conseiller, il pourrait donc être malade à son tour. Si le ministre du budget est contaminé alors qu’il a fait la campagne en première ligne, en serrant des mains à tout va au milieu de foules, on imagine les risques de propagation. Pour le moment, le ministre du budget nie les contacts directs avec son conseiller, mais on a peine à y croire. Ce cas montre la suffisance et la cupidité de l’Etat vis a vis du danger sanitaire. L’Etat d’Alpha Condé risque de tuer fortement la population guinéenne par incompétence. Qui aujourd’hui par le biais du refrendum a mis en danger la santé du peuple guinéen? Sachant que les structures sanitaire n’existent presque pas en Guinée. La porosité du service sanitaire et l’incapacité de l’État qui ne compte pas sur les aides des institutions pour faire face au covid19 en Guinnée, risque fort de tuer plus qu’EBOLA. Dans ce sinistre contexte, la Guinée risque fort d’être isolé par le reste du monde. En plus du non respect des règles démocratiques s’ajoute la violation continue des droits humains. Selon Mamadou Kaaly de Baînette, en dehors des 9 morts de la capitale Conakry, il y a un mort à Mamou. Ce qui rejoint la déclaration du FNDC qui évoquait 10 morts par balle, dont une femme. Il déplore également la présence des militaires qui terrorisent la population guinéenne.

« C’est de la comédie, Alpha [Condé – le président] dispose déjà des chiffres qu’il va balancer, mais les guinéens ne sont pas dupes, ni la communauté internationale. »


Selon docteur Faya Millimono d’un autre groupe politique, le BL bloc libéral, ce double scrutin est tout sauf une élection : « C’est de la comédie, Alpha dispose déjà des chiffres qu’il va balancer, mais les guinéens ne sont pas dupes, ni la communauté internationale. La Guinée sort diminuée de cet exercice et la paix ne sera pas sauvée. » Dans la suite logique de leur démarche, le FNDC (front national pour la défense de la constitution) appelle à intensifier les manifestations les 23 et 24 mars avec pour objectif ultime le départ du dictateur Alpha Condé devenu illégitime. Le FNDC invite les  citoyens à se mobiliser  massivement dans les carrefours et ronds-points de leurs quartiers d’où partiront les manifestations. Pour rappel, durant toute la journée électorale, l’accès a l’internet fut réduit, le pays coupé des réseaux sociaux, que ce soit Facebook, Twitter…  

Après les élections, les violences continuent

Particulièrement à N’zerekoré où on a dénombré au moins 4 morts et 5 églises incendiées ! Information confirmée par Tamba Zahari Milimono de la radio Espace FM. Et ce décomptage sanglant dérape parfois en conflit ethnique aux conséquences futures imprévisibles selon un membre du FNDC. L’ethnie des Konianké et les ethnies de la forêt s’entendent bien. A l’inverse des Koniagui qui sont pro gouvernement.

Les Konianké disent à leur tour, qu’il faut venger les ethnies de la forêt.


Qu’est ce qui a provoqué et comment s’est déroulé ce conflit ethnique sanglant ? Les Koniagui n’étaient pas contents du fait que les ethnies de la forêt aient refusé de participer à la mascarade électorale en accomplissant le vote, ils les ont donc attaqué: « nous allons brûler tout vos biens parce que vous avez refusé de voter« . Du coup, les Konianké disent à leur tour, qu’il faut venger les ethnies de la forêt. C’est après deux jours d’affrontement que les forces gouvernementales sont intervenues en instaurant un couvre feu à N’zerekore. A Labé, deuxième ville de Guinée, lors de la nuit du 22 au 23 mars, les esprits s’enflamment autour de la mosquée de Tata qui a payé les frais de ces conflits internes. Les fidèles ont été empêchés d’accomplir leur devoir religieux. Des policiers sont venus gazer des fidèles musulmans en pleine prière. Puis ils ont mis le feu aux motos des musulmans stationnées devant la mosquée selon le média Guinéenews. Dans la journée du 23 mars selon la radio Espace Foutah, un jeune a subi un tir dans la commune urbaine de la ville, il a été  admis à l’hôpital régional de Labé et se trouve dans un état très critique. Oui le double referendum a eu lieu. Mais à quel prix ? Est-ce la démocratie ou le tour de passe-passe d’un dictateur ? Est-ce qu’un changement de Constitution par les urnes dans un climat de terreur signifie démocratie ? Et que dire du coronavirus en Guinée… L’inquiétude règne.

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Congo Brazzaville – Le coronavirus attaque, les politiques réagissent

Le 15 mars, un premier cas de coronavirus est diagnostiqué à la capitale Brazzaville. Depuis plusieurs jours, les églises sont fermées et les frontières aussi. Le pays s’apprête à recevoir l’onde de choc du covid19, sous l’œil attentif de Ghys Fortuné Bemba Dombé, journaliste contraint à l’exil.

Denis Sassou-Nguesso est le président du Congo. Firmin Ayessa est depuis 2017 vice-premier ministre et Claude Alphonse Nsilou est ministre du Commerce, des Approvisionnement et de la Consommation du Congo Brazzaville.

Quand Sassou et Cie distraient les âmes naïves

Les grands esprits de la planète terre sont préoccupés par les conséquences néfastes du Covid 19 qui n’épargnent aucun État, ni humain, moins encore, le système économico-financier mondial. Les charlatans et les manipulateurs montent en puissance. Sur la base des fakes news, par exemple, des «hommes de Dieu» de la RDC et du Nigeria font le buzz.

Évidemment, la psychose généralisée et l’avilissement mental laissent difficilement la place à la réflexion, si ce n’est à la naïveté. Sinon, comment expliquer que même l’élite congolaise puisse spéculer sur la prétendue contagion et santé de Sassou Nguesso, alors qu’il est «bunkerisé» à Oyo, dépassé par le prix du baril de pétrole qui vient de chuter à 23 dollars américains et divers événements qui aggravent la situation?

Vivre c’est prévoir

Au lieu de se contenter des fakes news, il faudrait réfléchir par exemple aux solutions qui permettraient de stopper les effets dévastateurs de Covid 19 en saison fraiche en Afrique centrale ? Comment appliquer les règles d’hygiène ou de confinement dans un pays ou la pauvreté est endémique ? Comment améliorer ou gérer les déplacements dans les transports en commun ? Comment faire respecter les mesures barrières pour freiner le Covid 19 ? Pourquoi ne pas développer l’élevage et le potager ? Pourquoi ne pas ressusciter la médecine traditionnelle « des plantes » ? Les chercheurs vont-ils continuer à se taire ?

Que faisons-nous des valeurs du «Mbongui» ou de solidarité ?

Pourquoi ne pas prendre l’attitude des chrétiens de Berée dans la bible face à des inepties balancées çà et là par plus d’une personne ? Pourquoi ne pas forcer les dignitaires à rapatrier l’argent planqué dans les paradis fiscaux comme le conseille la conférence épiscopale de l’Église catholique du Congo.

Pourquoi ne pas achever et équiper les douze hôpitaux qui ont engloutis des milliards ? Pourquoi ne pas équiper et transformer les logements sociaux de Mpila en centre de confinement ?

Peut-on faire comme le Rwanda qui a acheté les drones qui pulvérisent des produits pour désinfecter les rues ? Pourquoi la Ministre des PME ne peut-elle pas par exemple donner des tissus, fils, argent pour fabriquer des masques ?

Bref, l’heure est venue de prendre des grandes décisions que d’épiloguer sur les fakes news et sur le silence de Sassou qui s’apparente à celui de Biya, Obiang, Deby.

Les ministres Ayessa, Nsilou et Cie ont-ils « distribué » la maladie ?

C’est un secret de polichinelle, Firmin Ayessa a été évacué sanitaire depuis quelques temps. Le ministre des fake news, Thierry Lézin Moungalla peut-il encore parler de mission comme il avait tenté de l’affirmer lors de l’évacuation du ministre Calixte Ganongo ?

Quant au ministre Claude Alphonse Nsilou, bien qu’il ne soit pas évacué à l’étranger, son péché capital a été celui de ne pas avoir mis en quarantaine tous ses collaborateurs dès qu’il avait appris le caractère positif au coronavirus du citoyen américain avec lequel il a eu des séances de travail.

Le bas peuple ne disposant pas des moyens pour vérifier s’il est sous traitement ou pas, se demande si monsieur Nsilou, avant le test qui l’aurait déclaré négatif, n’avait pas distillé le covid 19, dans le cas où il aurait été déclaré positif au contact du patient contaminé.

S’il est vrai que le gouvernement congolais vient de fermer les frontières, il est urgent pour lui de mettre sur pieds les mesures d’accompagnement de la quarantaine telles que la prise en charge les factures d’électricité, d’eau et une petite prime de transport pour tous les citoyens, financées par l’argent des générations futures dont parlait fréquemment Gilbert Ondongo et les fonds cachés quelque part, tels que l’évoquaient Isidore Mvouba et Bruno Jean Richard Itoua autrefois.

En attendant ces mesures, nous conseillons vivement aux congolais à s’abstenir de prendre les bus, de se laver régulièrement les mains, de respecter la distance d’un mètre, d’éviter les attroupements et de faire attention aux cabines téléphoniques.

Mais surtout, ne pas céder à la panique et à la peur qui provoquent des accidents cardiovasculaires et des gastro-entérites.

La peur précipite la mort.

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