Guinée Conakry – Entre élections et Goulag, interview de Thomas Dietrich, journaliste expulsé qui analyse la situation politique et sociale

Touché par le coronavirus, la Guinée Conakry maintient ses élections ce dimanche 22 mars 2020. Ce double scrutin devrait permettre à Alpha Condé de briguer un 3ème mandat présidentiel en modifiant la Constitution. Journaliste guinéen contraint à l’exil, Mamadou a rencontré un confrère du Media reporteur en Guinée, expulsé il y a quelques jours alors qu’il couvrait ces élections décriées.

Une rencontre, une interview.

C’est par Twitter que la rédaction de l’Oeil de la MDJ est rentré en contact avec Thomas Dietrich qui a tout de suite accepté de répondre aux questions de Mamadou. Loin de la censure guinéenne, il livre ses expériences et le traitement de son cas par les autorités lors de son expulsion.

Thomas Dietrich et Mamadou - Interview Guinée

Thomas Dietrich, journaliste pour Le Média

Diplômé de Science Po Paris, Thomas Dietrich a vécu et travaillé dans plusieurs pays africains.

Le continent noir (et en particulier la République Centrafricaine) est d’ailleurs le cadre de son premier roman, Là où la terre est rouge (Albin Michel, 2014), Prix Folire, finaliste du prix Emmanuel Roblès, du prix Senghor et du prix de la Vocation, sélectionné pour le prix Landerneau, le prix littéraire ENS Cachan, le prix du premier roman de Chambéry et le prix du jeune romancier.

En 2016, Thomas Dietrich est élu Président d’honneur de l’association des écrivains tchadiens.

Durant cette interview, plusieurs scandales sont traités. L’un d’eux attire particulièrement l’attention : l’existence d’un camp de déportation pour les opposants politiques dénoncées par Amnesty International.

Les méthodes du Président en exercice qui se sert du Coronavirus pour passer en force son referendum.

Par exemple, l’Organisation internationale de la Francophonie, qui accompagne le processus électoral en Guinée, a jugé « problématiques » près de 2,5 millions de noms d’électeurs figurant sur les listes des doublons et des personnes décédées.

Les mots « déportation » et « Goulag » sont associés au scandale du camp de Soronkoni. « La situation des droits humains et des libertés fondamentales, leur protection ne semble plus être la préoccupation première de ceux qui ont la charge. Le barreau de Guinée reste profondément préoccupé par la rumeur persistante quand à l’existence d’un “Goulag” dit de Soronkoni » a déclaré Maitre Djibril Kouyaté le 17 mars 2020.

Sans oublier le cas du gouverneur de la ville de Labé, grande ville Guinéenne, dont l’inspecteur de l’Éducation Nationale avait menacé de mort notre journaliste Mamadou, contraint de quitter le pays après avoir reçu ses menaces.

D’autres articles sur l’Afrique

Guinée – Comme à chaque campagne électorale, les journalistes sont menacés

La double campagne du référendum et élection législative a été lancé par le président Alpha Condé. Au programme des journalistes guinéens: menace de mort, arrestation arbitraire, assassinat, kidnapping, disparition, emprisonnement, attaque et saccage des médias ou au domicile des journalistes. Quelques-unes de ces affaires ont été retracées par notre journaliste.

C’est en plein automne, en octobre 2017, que le seul cas d’exaction dénoncé vis-à-vis d’un journaliste guinéen par RSF a eu lieu. Il s’agit d’Abdoubacar Camara, directeur de radio et télévision. Le week-end précédent, sa radio avait diffusé une musique funèbre suite au décès d’un de ses journalistes, crime imputé au président de la République Alpha Condé.

Depuis cet épisode, les arrestations arbitraires et les menaces de l’Etat se multiplient à l‘encontre des journalistes. En d’autres termes, la loi L002/22/ 06/2010, qui encadre la presse guinéenne et l’exercice du métier de journaliste en Guinée, est souillée sans scrupule.

Un premier journaliste sous la menace de l’Etat

Remontons au samedi 15 juin 2019. Ce jour-là, Elhadj Madifing Diané, ancien ministre de la sécurité et actuel gouverneur de la région administrative de Labé, a menacé de faire arrêter et emprisonner le correspondant de Guineematin.com et de l’Agence guinéenne de presse (AGP) à Labé. Il s’agit du journaliste Idrissa Sampiring Diallo.

Suite au meurtre de l’étudiant Amadou Boukariou Baldé, bastonné à mort par des agents de la sécurité, eux-mêmes envoyés à l’université de Labé sur ordre du gouverneur, le 31 mai 2019. L’étudiant est mort à l’hôpital régional de Labé.

Se contredisent alors la version des journalistes et celle du pouvoir. Les autorités locales ont fait croire que le jeune Amadou Boukariou Baldé a cessé de respirer au cours de son évacuation vers Conakry… à cause des manifestations qui auraient empêchées l’ambulance de circuler. Sans manifestant, il ne serait donc pas mort. Or, les médias locaux ont prouvé que le jeune est bien mort à l’hôpital et non dans l’ambulance.

Conséquence, malgré une loi adoptée en 2010 qui dépénalise les délits de presse, le journaliste a été entendu par le juge de Dixinn. En attente de son jugement, il pointe tous les mercredis et vendredis à 10 heures au TPI de Dixinn.

Fin 2019, répression contre des journalistes pour des motifs très futiles

Jeudi 31 octobre, une foule se rassemble pour accueillir le président Alpha Condé à Conakry. Mais le président ne s’arrête pas pour les saluer. Ce simple fait, évoqué par la presse, a provoqué une onde de choc répressive.

Le directeur général de la radio Lynx FM, Aboubakr Diallo a été inculpé et placé sous contrôle judiciaire pour « diffusion de données de nature à troubler la sécurité publique par le biais d’un système informatique ». Il avait juste diffusé cette information sur sa radio.

3 jours plus tard, c’est le chef des reporters de l’influent Guinée Matin, Ibrahima Sory Diallo, qui est agressé au siège du parti au pouvoir, le RPG, situé au quartier Aviation de Conakry. Parti couvrir l’assemblée générale ordinaire du parti comme plusieurs autres journalistes, il a été violemment pris à partie par des militants, avant d’être bousculé et traîné dehors manu militari par les agents de sécurité.

Mohamed Mara, agressé par la police puis menacé de mort depuis plusieurs mois

Depuis mi-décembre 2019, notre confrère Mohamed Mara, animateur de l’émission Les Grandes Gueules fait l’objet de menace de mort. Mohamed Mara avait été violemment agressé le 16 novembre 2019 par des policiers de la CMIS, Compagnie Mobile d’Intervention et de Sécurité à Conakry dans le quartier Cosa, dans la commune de Ratoma. Malgré une bataille qu’il a menée pour que justice soit rendue, les policiers identifiés comme auteurs de l’agression ont toujours bénéficié d’une impunité totale. Ils sont protégés par leur hiérarchie, plus exactement par le commandant Ansoumane Bafoé.

En 2020, des gens anonymes l’appellent pour le mettre en garde. «Il y a une sorte de contrat sur ta tête» avait lancé un inconnu. «Il y a une petite liste noire dans laquelle tu figures» martèle un autre.

Des appels et des messages téléphoniques se multiplient, des individus tapis dans l’ombre jurent de mettre fin à la vie de Mara, jugé trop critique sur les sujets concernant la violation des droits humain.

On pouvait lire dans le message que le journaliste a reçu le 30 Janvier 2020 notamment celui-ci: «Tu dois savoir que tu n’es pas le seul journaliste du pays, ou tu la fermes, ou on te la ferme pour toujours!».

Même les journalistes des médias français ne sont pas épargnés

Mercredi 12 février 2020, au marché de Coyah, Thomas Dietrich, journaliste presse pour «Le Media» s’est vu retirer son accréditation par un officier militaire, alors qu’il filmait des manifestations de rue.

Joint par mosaiqueguinee.com, à propos de la confiscation de son accréditation, le journaliste français Thomas Dietrich est revenu sur les faits.

« J’ai une accréditation en bonne et due forme, je travaille pour l’entreprise de presse française «Le Média ». Je filmais les manifestations à Coyah ce matin, et finalement un officier militaire est venu me dire que c’est interdit de filmer. Il m’a dit que c’est un lieu stratégique. Je lui ai répondu que je suis en train de travailler dans un quartier, ce n’est donc pas un camp militaire. L’officier militaire a voulu retirer les images que j’ai prises, j’ai refusé. Ensuite il a pris mon accréditation, en exigeant que je lui donne mes images. Il a donc confisqué mon accréditation, pour avoir filmé les manifestations. Je ne peux donc plus exercer mon travail»

2020, à l’approche des élections, la répression contre les journalistes s’intensifient

Mercredi 22 janvier 2020, à Kankan, le journaliste correspondant de la radio lynx FM, Abdoulaye N’Koya Sylla, a été mis aux arrêts par la police, détenu puis libéré au terme d’une audition. Joint par mosaiqueguinee.com quelques heures après sa libération, celui-ci est revenu sur les circonstances de son arrestation.

«Le matin, j’étais avec un confrère, on est venu pour couvrir une manifestation des élèves-maîtres de l’ENI, qui avaient érigé des barricades devant l’inspection régionale de l’enseignement technique et professionnel. C’était à 9 heures. Les agents de la CMIS ont investi les lieux pour disperser les manifestants. Les agents m’ont arrêté, puis ils m’ont embarqué avec certains élèves. J’avais mon badge et mes équipements. On m’a détenu au CMIS pendant 3 heures. J’ai été auditionné pour trouble à l’ordre public. Grâce à l’intervention de mes confrères, j’ai été libéré» a-t-il relaté à mosaiqueguinee.com. «Je suis déçu de la CMIS de Kankan, leur premier responsable m’a insulté père et mère».

Le 2 février 2020, le journaliste de la radio nostalgie FM Aunée, Thierno Madjou Bah,  l’animateur d’Africa 2015, l’émission politique phare de la radio Nostalgie, est menacé d’arrestation. Selon le journaliste, on lui reprocherait d’avoir tenu des propos malveillants et incitatifs à la violence dans son émission. En décembre 2018, la Haute Autorité de la Communication avait déjà suspendu Thierno Madjou et deux ses collègues pour une période d’un mois.

Cette menace d’arrestation a été lancée suite à une plainte du ministre de la communication Amara Somparé.

Même les enquêtes déconnectées des élections sont sujet à répression

Vendredi 21 février 2020, c’est au tour de Mamadou Aliou BM Diallo, journaliste reporter d’images arrêté par les services de la police routière d’Enco5. Selon nos informations, le journaliste était en train de filmer un scénario de corruption entre un policier et un conducteur de taxi.

«Nous avons vu un policier retirer de l’argent des mains d’un chauffeur de taxi et le journaliste s’est mis à filmer la scène. C’est ainsi qu’un autre policier est venu lui demander ce qu’il est en train de faire. Il a demandé à visionner le film et la discussion a commencé. Ils l’ont ensuite emmené au commissariat. Tout cela parce que les policiers rackettent les conducteurs de véhicules ou de motos. Et ils n’aiment pas que ces actes soient mis au grand jour» explique un témoin de la scène sous couvert d’anonymat.

Le matériel de travail du journaliste y compris son téléphone a été retiré. Le journaliste a été détenu au sein du commissariat d’Enco5 pendant 2 jours avant d’être libéré.

Le lendemain, samedi 22 février 2020, Alpha Ousmane Bah, journaliste reporter du site d’information Africaguinée.com et à la radio Espace Foutah et son collègue Mamadou Kossa Sow, ont été arrêté à Koundara. Foutah est une ville située à la frontière entre la Guinée et le Sénégal.

« Nos confrères étaient partis en reportage dans cette préfecture, sur la fermeture de la frontière aux camions transportant des marchandises dans des pays voisins. » déclare un journaliste de cette rédaction.

Ces quelques exemples ont été vérifiées par plusieurs sources mais ne reflètent que partiellement la dure répression que vit la liberté de la presse en Guinée. Notre journaliste, contraint à l’exil et dont voici l’histoire cf portrait, aurait pu étayer cet article par d’autres exemples. Mettre en lumière tous les journalistes guinéens menacés de mort pour avoir exercés leur métier de journaliste semble un travail titanesque. Bien qu’une aprtie de la répression soit liée à la campagne électorale et référendum qui aura lieu le 1er mars 2020, la liberté d’informer en Guinée est régulièrement et gravement remis en cause, y compris hors période électorale.

D’autres articles sur l’Afrique

Guinée – Kit de la répression avant les élections, par Alpha Condé

Pour briguer un troisième mandat présidentiel, le président guinéen en exercice Alpha Condé a lancé un référendum. Il aura lieu le 1er mars 2020, en même temps que les élections législatives. Une partie de la population est opposée au référendum.

En campagne pour la nouvelle constitution à Faranah, localité située dans la région de la Haute Guinée fief du parti au pouvoir, le président Alpha Condé a donné des «instructions» dit-on pour la «sécurisation des bureaux de vote».

Alpha Condé se préparer à l’affrontement pour faire passer son référendum

En lieu et place des forces de sécurité, le président demande à des jeunes gens de s’attaquer aux opposants. Cette campagne pour le référendum a déjà endeuillé le pays avec une trentaine de jeunes tués depuis octobre 2019.

«Le jour du vote, faîtes tout pour que chaque bureau de vote soit sécurisé par 10 jeunes. Quiconque veut saccager les urnes le jour de l’élection, frappez-le» a ordonné Alpha Condé il y a quelques jours, devant des milliers de partisans.

Alors que le président se doit d’assurer la sécurité de l’ensemble de la population, ces propos sont indignes.

2 jours plus tard à Kankan, il a réitéré ses menaces, «quiconque veut saccager un bureau de vote occupez-vous de lui». Alpha Condé multiplie ses propos incendiaires, de va-t’en guerre depuis belle lurette.

Le 22 mars 2019 au siège de son parti à Conakry, Alpha Condé avait déjà demandé à ses militants de se préparer à l’affrontement. Des propos qui risquent de plonger la Guinée dans le chaos et la guerre civile.

Comment rendre crédible ce référendum sans l’OIF et la COFEL ?

Pendant ce temps, l’OIF (Organisation Internationale de la Francophonie) suspend sa participation au processus électoral contesté du 1er mars.

Qu’est-ce que l’OIF ?

300 millions de locuteurs, répartis sur les cinq continents, parlent français.

L’Organisation internationale de la francophonie dit OIF est un dispositif institutionnel voué à promouvoir le français et à mettre en œuvre une coopération politique, éducative, économique et culturelle au sein des 88 Etats et gouvernements qui ont signé la charte sur la francophonie de l’OIF.

Ce dispositif est fixé par la Charte de la Francophonie, adoptée en 1997.

L’OIF a pour missions de :

  • Promouvoir la langue française et la diversité culturelle et linguistique
  • Promouvoir la paix, la démocratie et les droits de l’Homme
  • Appuyer l’éducation, la formation, l’enseignement supérieur et la recherche
  • Développer la coopération économique au service du développement durable

L’organisation internationale de la francophonie justifie sa suspension en évoquant la divergence  avec le pouvoir sur la question du fichier électoral.

«Sur le constat de ces insuffisances qui persistent, et qui ont été particulièrement signalées à la Commission électorale lors de la récente remise du rapport de mission, il sera difficile pour l’OIF de continuer à soutenir le processus électoral en Guinée, tant qu’un consensus sur le nombre d’électeurs ne sera pas négocié par toutes les parties prenantes nationales», a déclaré l’organisation dans un communiqué publié ce lundi matin. Source RFI.

En plus de l’OIF, la COFEL (Coalition des Femmes Leaders de Guinée), se retire aussi du dispositif d’observation des élections. Leur courrier a été adressé au NDI, ce mardi 25 février 2020 par la présidente de la COFEL, Fatou Baldé Yansané.

Qu’est ce que la COFEL ?

La Coalition des femmes leaders de Guinée est une ONG nationale qui a la volonté de donner aux femmes leur place en tant qu’acteurs de développement dans le monde, il s’avère important pour les femmes et les jeunes filles d’être solidaires entre elles afin de constituer une force incontournable en vue d’assurer leurs responsabilités et de participer pleinement au processus de développement.

C’est ainsi qu’un groupe de Jeunes Femmes Leaders se sont mises ensemble pour créer un réseau professionnel dynamique et innovateur favorisant l’esprit d’entraide et de solidarité, d’échange et de partage.

https://www.youtube.com/watch?time_continue=1&v=0BtUF52NiGo&feature=emb_logo

Dans ce courrier, la COFEL a énuméré plusieurs raisons ayant motivé sa décision de retrait de ce dispositif d’observation des élections. 

https://twitter.com/machiabel/status/1229196433967996930

Couvre-feu et réquisition pour mieux préparer ce référendum

Dans le but d’imposer une nouvelle constitution aux guinéens, avec ou sans l’appui des organes internationales et nationales pouvant crédibiliser une élection, Alpha condé use de tous les moyens illégaux pour arriver à son projet de troisième mandat. Au menu des guinéens: couvre-feu et réquisition de l’armée pour sécuriser les élections du 1er mars.

Selon le site de nos confrères de La Guinée 224 le couvre-feu  sera instauré du 28 février au 3 mars 2020. Le communiqué de presse précise que toutes les unités de l’armée de terre resteront en alerte.

Ce couvre-feu est instauré pour sécuriser les élections selon la même source. D’autres instructions concernant le contrôle systématique et la fouille effective des véhicules et des passagers au niveau des frontières terrestres sont aussi à noter. Selon le site Guinematin.com (au moment où nous publions cet article le site est inaccessible), dans un communiqué publié ce mardi 25 février 2020, le chef d’État-major de l’Armée de Terre a confirmé que toutes les unités de l’armée de terre sont en alerte à partir de ce jour.

https://twitter.com/Sam_hanryon/status/1232983122934992897

Il a invité les 4 régions militaires de l’intérieur du pays à organiser des patrouilles nuit et jour, du 28 février au 3 mars prochain. Les militaires sont appelés également à être disponibles pour renforcer la sécurité des bureaux de vote le 1er mars 2020, au besoin. 

Ce mardi 24 février, le FNDC, porteur des aspirations démocratiques du Peuple de Guinée, décide de ne plus reconnaître Alpha Condé comme Président de la République de Guinée et demande son départ immédiat et sans conditions du pouvoir. Lisez plutôt sa déclaration ci dessous.

DÉCLARATION N°69 du FNDC

La Guinée entame une semaine cruciale de son Histoire. Monsieur Alpha Condé est en passe de perpétrer son coup d’Etat constitutionnel en dépit de la désapprobation du peuple de Guinée et des multiples interventions des autorités morales et religieuses, des leaders d’opinion et de la communauté internationale.

Ayant noté que tous les sacrifices consentis par le Peuple de Guinée (assassinats, emprisonnement, kidnapping) ainsi que toutes les démarches engagées pour convaincre Monsieur Alpha Condé d’abandonner son projet de troisième mandat, ont toutes échoué ;

  • Considérant le Coup d’Etat civil en cours depuis le 19 décembre 2019 et qui est maquillé sous le label de ‘’référendum’’ ; 
  • Considérant le parjure dont M. Alpha CONDÉ s’est rendu coupable en violant son serment de respecter et de faire respecter la Constitution ;
  • Considérant le refus de M. Alpha Condé de mettre en place la Haute Cour de justice qui aurait pu le juger pour haute trahison ;

Le FNDC, porteur des aspirations démocratiques du Peuple de Guinée, décide de ne plus reconnaître M. Alpha CONDÉ comme Président de la République de Guinée et demande son départ immédiat et sans conditions du pouvoir.

Par conséquent, le FNDC :

  • Appelle toutes les guinéennes et tous les guinéens à sortir massivement à partir de ce jeudi 27 février pour empêcher par tous les moyens légaux le putsch constitutionnel de M. Alpha CONDE;
  • Invite tous les citoyens à user de la légitime défense pour résister, conformément à l’article 21, alinéa 4 de la Constitution, aux milices que M. Alpha Condé tente de constituer pour perpétrer son coup d’Etat constitutionnel ;
  • Appelle tous les citoyens guinéens civils et militaires à se mobiliser pour déjouer le coup d’Etat constitutionnel en cours ;  
  • Exhorte ses antennes dans les préfectures, les sous-préfectures, les communes, les quartiers et districts ainsi que toutes ses organisations membres et leurs démembrements sur l’ensemble du territoire à redoubler d’engagement pour éviter le recul démocratique; 
  • Met en garde les représentants des institutions de la République et les administrateurs territoriaux quant aux conséquences de leur collaboration directe ou indirecte avec ceux qui ont trahi la Constitution, la République et la souveraineté nationale ;     
  • Appelle l’Armée nationale à demeurer républicaine et à cesser de protéger un seul Guinéen, M. Alpha Condé contre tout le Peuple de Guinée.

Par ailleurs, le FNDC :

  • Invite la CEDEAO et l’UA au respect de leurs propres principes sur la gouvernance démocratique, notamment en ce qui concerne les coups d’Etat, car qu’il soit militaire ou civil, un Coup d’Etat équivaut à un Coup d’Etat ;
  • Félicite et remercie les députés européens pour leur courageuse prise de position et demande à la Commission de l’UE de prendre des sanctions concrètes contre le régime dictatorial et sanguinaire de M. Alpha Condé ;
  • Appelle la CEDEAO, l’UA et le Conseil de sécurité des Nations Unies à prendre des sanctions collectives et individuelles contre les promoteurs du coup d’Etat constitutionnel ainsi que les auteurs et commanditaires des répressions sanglantes et crimes contre l’humanité en Guinée ;

La lutte de longue haleine entreprise par le Peuple souverain de Guinée épris de paix et de justice, ne s’arrêtera pas au 1er mars et continuera jusqu’au départ de M. Alpha Condé.

Ensemble unis et solidaires, nous vaincrons !

Conakry, le 24 février 2020

Jeudi 27 février 2020, c’est au tour de la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.

Une mission de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest,  dit aussi Cédéao, pilotée par plusieurs chefs d’État de l’organisation devait se rendre en Guinée ce vendredi. Selon deux sources haut placées, la Cédéao, présidée par le chef d’État nigérien, Mahamadou Issoufou, envisageait d’envoyer ce vendredi une délégation en Guinée, à quelques jours des élections législatives et du référendum pour une nouvelle Constitution. La mission de haut niveau aurait dû regrouper quatre présidents : le Nigérian Muhammadu Buhari, le Ghanéen Nana Akufo Ado, le Burkinabè Roch Christian Kaboré et le Nigérien et dirigeant en exercice de l’institution régionale, Mahamadou Issoufou. Selon les informations de RFI, le président guinéen Alpha Condé aurait été approché par la Cédéao, mais le chef d’État a opposé une fin de non recevoir à la délégation.

La mission a donc été avortée. Cela faisait plusieurs jours que la Cédéao menait de démarches pour tenter de résoudre la crise en Guinée. Une situation qui agace certains, et qui en inquiète beaucoup d’autres.

Le scrutin réunissant le référendum et les élections municipales en Guinée aura lieu le dimanche 1er mars 2020 et les résultats sont attendus vers le 3 mars. 

D’autres articles sur l’Afrique

Afrique – Les dictateurs Sassou, Condé, Gnassingbé, Biya, Sissi… interpellés par le Coronavirus qui les menace

Après la Chine où la maladie s’est déclenchée, des cas de coronavirus ont été détectés en France, en Italie, au Japon, en Iran, en Irak, en Coré du sud, aux Usa… Des pays avec une surveillance médicale évoluée. L’Afrique, continent le plus vulnérable et le plus perméable, peine encore à prendre des dispositions solides. Pourtant la Chine, épicentre de la maladie, est devenue au cours de cette dernière décennie, le pays le plus prisé des Africains.

La difficulté dans l’obtention de visas pour l’Europe et les Etats-Unis d’une part et des avantages commerciaux vers la Chine d’autre part, ont fait que les Africains choisissent le pays de Mao comme destination de prédilection. Malheureusement c’est dans ce nouveau centre d’affaire mondial que le Coronavirus s’est déclenché, faisant à ce jour environ 2700 morts et plus de 77000 malades, dont la plupart sont mis en quarantaine.

«Il est impensable que le continent africain soit le seul épargné. Il est fort possible que nous ayons des cas sur le continent qui n’ont pas été détectés.»

Premier partenaire commercial du continent, avec des échanges qui ont dépassé les 200 milliards de dollars en 2019 et une augmentation de plus de 600%. des liaisons aériennes entre l’Afrique et la Chine. Il y a six vols directs d’Ethiopian Airlines, quatre vols direct de Royal Air Maroc, trois vols direct Kenya Airways, deux vols direct de Rwandair…

Tous relient la chine à l’Afrique chaque semaine. Tous les jours, des centaines des chinois posent leurs valises sur le continent noir et dans le sens contraire, de nombreux africains continuent à se fréquenter comme si le confinement ne concernait que les occidentaux.

Certes, le sous-sol africain est le plus riche de la planète terre cependant, ses habitants sont les plus désorganisés qui existent avec des structures sanitaires en lambeau. Face donc à cette désorganisation, pauvreté et divers échanges, on est en droit de paraphraser John Nkengue, directeur du centre africain de prévention de la lutte contre les maladies a l’UA qui a déclaré: « Il est impensable que le continent africain soit le seul épargné. Il est fort possible que nous ayons des cas sur le continent qui n’ont pas été détectés ».

Si par le passé, les africains ont bénéficié du concours des occidentaux pour lutter contre le virus Ebola au Libéria, en Sierra Leone, en Guinée Conakry, en République Démocratique du Congo (RDC), il n’est pas sûr aujourd’hui que ses mêmes partenaires préoccupés par leur sécurité par rapport au virus puisse voler à leurs secours.

Les dictateurs, pillards et gouvernants africains ne doivent donc plus tout attendre, des partenaires au développement, des institutions spécialisées des Nations Unies, de l’OMS (Organisation Mondiale de la santé) ou des pays du nord pour prendre des initiatives. La surveillance doit être organisée afin d’épargner les populations en proie à la pauvreté endémique et à des violences de tout genre. La Chine par exemple, a construit plusieurs centres hospitaliers spécialisés contre le virus en un temps record. En France, où 6 cas ont été déclarés, une batterie de mesures est prise et la sensibilisation se fait au quotidien au plus haut sommet de l’Etat afin d’empêcher la propagation de la maladie.

Le glas vient de sonner pour les dictateurs et violeurs des droits, plus préoccupés par leur image, par la tricherie des élections, par le pillage. Il faudrait faire plus que de bomber leur torse et leurs muscles pour combattre efficacement le virus Coronavirus sur le sol africain.

Par ailleurs, en présence des gouvernants irresponsables tels ceux qui ne communiquent pas et bâillonnent les voix discordantes, les populations doivent se prendre en charge elles-mêmes pour ne pas subir les effets pervers du Coronavirus.

Un espoir à confirmer

Testé en Chine dans une dizaine d’hôpitaux selon le Huffinghton Post, la chloroquine pourrait être un traitement efficace contre le Coronavirus. Cette information relayée par le docteur Raoult, spécialiste français des maladies infectieuses, reste à confirmer.

En attendant que l’espoir se confirme, j’appelle les africains à appliquer les méthodes de prévention classiques comme partout dans le monde.

Les médias doivent jouer leur rôle traditionnel d’enquêter et d’informer comme le site zenga-mambu qui traite ce sujet constamment.

Selon nos informations, le mardi 25 février plusieurs ressortissants chinois seraient confinés suite à leur retour de voyage en Chine. D’autres sources affirment que certains chinois au Congo sont aussi concernés. Nous espérons que le gouvernement communiquera précisément sur ce sujet brûlant.

Enfin, bien que débordé, l’OMS dont le siège régional est à Brazzaville, devrait aider le Congo pour une riposte et une prévention efficace contre l’épidémie du Coronavirus. Cette attitude de l’OMS mettra en confiance plusieurs africains qui pensent qu’ils sont abandonnés.

D’autres articles sur l’Afrique

Afrique – Kenya et Malawi annulent le résultat des présidentielles

Pour cause de fraude électorale, la Cour suprême du Kenya a pris la décision osée, le 1er septembre 2017, d’invalider le résultat de la présidentielle, organisée un mois auparavant. Une première en Afrique! A son tour, le Malawi vient de sauter le pas. Intrépide, la Cour constitutionnelle de ce petit pays d’Afrique australe s’est autorisée d’annuler, ce 3 février 2020, le résultat de la présidentielle effectuée en mai 2019. Pour le même motif que celui qui avait dicté le renvoi du vote au Kenya.

Comme à l’accoutumée, c’est le président sortant, Peter Mutharika, qui l’a emporté avec 38% des suffrages devant son principal opposant Lazaru Chakwera. 

L’annulation de l’élection présidentielle au Kenya

Victoire biaisée, a aussitôt crié l’opposition, qui a protesté et manifesté sans relâche dans les rues de la capitale, Lilongwe. Et à travers elle, les provinces du pays.

Obligée de revoir sa copie, et placée devant certaines évidences sur la fraude, la Cour constitutionnelle a simplement annulé le scrutin. Elle en a requis un nouveau dans 150 jours. Poser des tels actes judiciaires, en Afrique, où la dictature se cache derrière les démocraties tordues, n’est pas du tout anodin.

A titre d’exemple, c’est dans une auto blindée que les juges se sont rendus au siège de l’institution, à Lilongwe. Aidés en cela par une partie de l’armée malawite, dite «progressiste».

Est-ce là des signes donnés pour briser la glace ? Devra-t-on s’attendre à une réaction en chaîne ? Questions pertienentes, la réponse sera au cas par cas.  

Kenya: rivalité ethnique et enrichissement personnel

La réponse à celles-ci est d’autant plus difficile que la dictature, en Afrique, est multiforme. Au Kenya, elle est principalement assise sur la rivalité ethnique entre les Luo et les Kikuyu, dont leurs deux leaders respectifs (Odinga pour les Luo et Kenyatta pour les Kikuyu) se servent de la politique pour assurer leur puissance économique. De fait, ils sont les deux Kényans les plus riches, pour leur gloire personnelle, mais également pour le bien-être de leur communauté. On a donc assisté à un «arrangement à l’amiable», en sourdine, entre les deux leaders, pour leurs intérêts bien compris, lesquels auraient été mis à mal à travers une confortation ethnique menée de front.

Par conséquent, Odinga a «boycotté» la deuxième manche d’élections, organisées plus tard.

Malawi: un équilibre pour la paix sociale

Tel n’est pas le cas au Malawi, où c’est une partie de l’armée qui mène la barque pro-démocratique. L’armée, selon toute vraisemblance, serait divisée et l’arrêt de la Cour constitutionnelle, après le scrutin prévu dans 150 jours, ne donne aucune assurance qu’il sera accepté de bonne grâce par tous. Surtout par la partie recalée de Mutharika. Quel serait le rôle que pourrait éventuellement jouer l’autre fraction de l’armée restée silencieuse ? Est-elle pour la démocratie ou pour la survie de l’ancien régime ? Difficile à prévoir !

https://twitter.com/mgettoh_254/status/1224317178939351040

Qu’on se souvienne de la Gambie de l’ex-dictateur Yahya Jammeh, en 2017. Il aura fallu l’intervention des militaires de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest pour le résoudre à quitter le pouvoir.

Quoi qu’il en soit, la justice dans ces deux pays est sortie du bois. Elle a donné la mesure des problèmes qui vont surgir et la nature des solutions qui y seraient apportées. Elles sont largement différentes, selon chaque pays. C’est au cas par cas. Ce qui fait dire que l’instauration de la démocratie, d’une manière ou d’autre, avancera à pas de tortue, voire d’escargot.

Par Jean-Jules Lema Landu, journaliste congolais, réfugié en France

D’autres articles sur l’Afrique

Guinée : malgré la grève et plusieurs morts, le Président s’octroie par décret un 3ème mandat présidentiel

Exclu des rangs du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), Oumar Tounkara a conclu un accord avec l’État guinéen dans la nuit de mardi à mercredi 29 janvier. Ce protocole d’accord signé vise à améliorer les conditions de vie et de travail du personnel enseignant. En parallèle à cette grève, le président Alpha Condé a changé la Constitution par décrèt pour exercer un troisième mandat. 

En Guinée Conakry, les salaires de certains enseignants grévistes restent gelés. 

La grève de l’Éducation Nationale prend des proportions inattendues

Dans ce jeu de ping-pong, il reste à savoir si les enseignants grévistes vont se solidariser avec le principal syndicat, le SLECG et donc continuer la grève ou bien se ranger du côté d’Oumar Tounkara.

Le secrétaire général du syndicat enseignant, monsieur Soumah, a lancé un appel à continuer la gréve car il s’oppose aux accords signés entre Oumar Tounkara et le gouvernement.

GuinéeNews a interviewé Oumar Tounkara pour comprendre pourquoi il brisait la grève et en quoi le gouvernement lui a donné satisfaction. 

Pour savoir de quoi cet accord est fait, Guinéenews a joint Oumar Tounkara, le deuxième Secrétaire général adjoint «exclu» du SLECG (aile Aboubacar Soumah), qui précise: «Il s’agit d’une indemnité d’incitation. L’argent généré par le recensement du personnel enseignant était 14 milliards de francs guinéens (1 million et demi d’euros). Le gouvernement a mis la main à la proche pour ajouter 6 milliards. C’est ce montant qui a été réparti entre les enseignants comme prime d’incitation. Les enseignants de Conakry ont eu 450.000fg comme prime d’incitation alors que ceux des capitales des régions administratives auront 600.000fg.

Pour les enseignants des préfectures, ils ont eu 750.000fg (72 euros) comme prime d’incitation pendant que les enseignants des sous-préfectures ont été bonifiés à hauteur d’un million de nos francs.

Dans les districts et villages, nos camarades enseignants auront 1.300.000 fg (125 euros) comme prime d’incitation

Interrogé sur son état d’âme et sa représentativité à cette signature, Oumar Tounkara répond par cette déclaration:«L’être humain n’est jamais satisfait du point de vue de l’amélioration des conditions de vie et de travail mais, nous saluons l’effort du gouvernement. Je représentais dans la salle de signature du protocole, le Syndicat Libre des Enseignants Chercheurs de Guinée (SLECG) version Aboubacar Soumah.»

Retrouvez l’intégralité sur GuinéeNews

Certains enseignants balayent d’un revers de main l’accord et décident de continuer la gréve.

La région de Mamou est en grève

Toute la Guinée n’est pas en grève. Mais à Pita dans la région administrative de Mamou, la gréve continue.

Une enseignante, sous l’anonymat,  nous a laissé entendre par téléphone, que les directeurs d’écoles, le préfet de Pita et les DPE  (Direction Préfectorale de l’Éducation) leur intimidaient l’ordre de reprendre les cours.

« Ils ont bloqué les salaires des certains collègues, nous somme solidaires, donc s’ils ne payent pas nos collègues  d‘ici le 5 février nous mènerons des actions. Nous allons cadenassé la direction préfectorale de l’éducation (DPE). »

À Mamou, la gréve n’est pas totalement suivie car selon madame Binta, enseignante à Mamou centre, la politique à pris le dessus. Elle accuse certains responsables de l’éducation d’être au solde du parti au pouvoir.

« Mon collègue Ismael Camara à été emprisonné quelques jours avant d’être libéré. On lui reproche d’appartenir au FNDC et son salaire a été gélé. »

Plusieurs morts suite à la grève, un troisième mandat présidentiel illégal, le pays est en proie au chaos

Ce mardi 28 janvier 2020, le Front National pour la défense de la Constitution appelle à poursuivre la résistance active contre un éventuel 3ème mandat pour le Président Alpha Condé.

Comme les précédentes journées, celle d’aujourd’hui connait déjá des violences.

Selon nos informations, un jeune de 19 ans a été tué par balle ce matin dans le quartier Cosa, commune de Ratoma. La victime est Mamadou Moussa Bah, forgeron. Selon les images diffusées sur Twitter, il a été éventré.

https://twitter.com/bournombo/status/1222090445892857856

Les témoins incréminent les forces de l’ordre.

Depuis le début de la lutte du FNDC au moins 30 personnes ont été tuées dans des manifestations politiques.

Des morts et une répression qui continue

La journée du 29 janvier marquée par une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux.

Dans la vidéo on voit une femme prise comme bouclier par les forces de securités qui demandent aux jeunes manifestants de venir négocier la liberation de la pauvre maman.

Entre temps, les affrontement entre jet de pierres contre gaz lacrymogènes régnaient entre manifestants et police. Un policier tient la dame par ses cotes et la traîne par terre sur plusieurs mètres.

https://twitter.com/ndirediallo/status/1222670017340329984

Il y a aussi des actions improvisées comme ce blocage d’autoroute qui en rappelle d’autres.

https://twitter.com/sbskalan/status/1224282972368572418

Le Président Alpha Condé aura bien son troisième mandat présidentiel

Dans ce chaos social et politique, le Président Alpha Condé signe son propre décret. Celui qui l’autorise à exercer un troisième mandat présidentielle.

Dans un premier temps, un commissaire de la Commission  Électorale Nationale Indépendante (CENI) avait confirmé la faisabilité technique. Ce conseiller affirme même que ce couplage est rentable économiquement pour la CENI.

C’est donc tout naturellement que ce 5 février 2020, le Président a confirmé cette ratification, par Twitter.

https://twitter.com/President_GN/status/1224798648585932801

D’autres articles sur l’Afrique

Guinée : Un enfant de 10 ans tué lors d’une manifestation, le pays continue de s’embraser

La Guinée brûle, Alpha Condé s’en moque. Décidément, le chef d’État guinéen n’a pas fini d’humilier son peuple! Rien d’autre ne le préoccupe plus que de bâtir son empire avec le sang des innocents. Les manifestations appelées « résistance citoyenne, active et permanente » par le FNDC (Front National pour la défense de la Constitution), partis politiques pour contrer le président Alpha Condé, s’apprête à renoncer à son projet de doter la Guinée d’une nouvelle constitution.

Ajoutons à cela le mouvement de grève du SLECG -Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée- qui continue de faire des victimes et des dégâts matériels importants en Guinée.

Le 29 janvier 2020, la Guinée se réveille avec la vidéo de cette femme trainée par les forces de police pour avoir manifester. 

Avant d’aboutir à cette violence, un processus s’est mis en place en Guinée Conakry. La volonté du président de changer la constitution pour se rpésenter à déclenché la colère du pays et des mouvements de grève. Retour sur le début de ces manifestations. 

Un premier jour de révolte dramatique

La journée du lundi 13 janvier fut le début de la résistance active de la population guinéenne. Bilan : deux morts par balle selon des sources hospitalières.

Le premier s’appellait Thierno Mamadou Sow, jeune lycéen abattu à Conakry dans le quartier Cosa, les proches de la victime pointent du doigt accusateur les forces de sécurité. 

La seconde victime, Alhassane Diallo, un adolescent âgé de 15 ans apprenti carreleur, est la première victime de la manifestation à Labé. Sa mort s’est passée dans des circonstances non élucidées.

Selon  des sources bien informées, Labé a connu une révolte qui a touché les administrations : le bureau du procureur et la salle d’audience du tribunal de première instance de la ville de Labé ont brulé, idem pour le fief de l’opposition ; il y a aussi les véhicules garés dans l’enceinte de la brigade de proximité du quartier de Daka.

La même source indique que les forces de l’ordre étant pris de court, des militaires sont venus en renfort du camp Elhadj Oumar Tall.

Le second jour de révolte en Guinée : suite de la répression

Selon une source hospitalière, les affrontements entre jeunes partisans du FNDC et les forces de défense et de sécurité qui secouent la ville de Labé depuis le 13 janvier ont fait une nouvelle victime.

Souleymane Diallo, âgé d’une vingtaine d’années. Il aurait  succombé dans la salle de réanimation de l’hôpital régional de Labé où il avait été admis après avoir reçu une balle dans la tête.

L’annonce de ce nouveau décès continue à embraser les esprits : cela porte désormais à trois morts et plusieurs blessés ainsi que d’importants dégâts matériels.

A Conakry, l’horeur est à son paroxisme. C’est un enfant de moins de 10 ans qui a été touché dans le quartier Sonfonia, lui aussi touché par une balle dans la tête. Cette affaire amplifie les enjeux de communication : un enfant de 10 ans a été tué par balle lors d’une manifestation!

Dans une vidéo devenue virale sur la toile, on voit un individu à terre, se vider de son sang.

Le lendemain, un habitant de Sonfonia se présentant comme le grand-père et homonyme de l’enfant, a tout simplement nié les premières versions sur les circonstances de la mort du petit Fofana. Il affirme que l’enfant n’a pas été touché par les balles de la police mais par un explosif qu’il aurait ramassé dans une poubelle…

Cette version, contestée par l’opinion publique, laisse sans voix.

Ailleurs, on brûle les symboles de l’Etat

A Lélouma, une préfecture de la région administrative de Labé, le préfet est en fuite car sa résidence a été saccagée et des véhicules de commandement ont été brûlés.

A Pita, les locaux de la gendarmerie et de la police ont été incendiés. La tension est très vive dans cette ville située à 260 kilomètres de la capitale. Des forces de sécurité en renfort sont déployées dans toute la ville. Après trois jours de désobéissance civile, soldée par quatre morts, plusieurs blessés, des dégâts matériels importants et des arrestations à Conakry ainsi que dans plusieurs villes de la Guinée.

Le FNDC a décidé de suspendre les manifestations ce mercredi 15 janvier pour enterrer les victimes et permettre aux guinéens de se réapprovisionner en nourriture en vue des actions intenses qui vont suivre.

Les manifestations ont repris le 21 Janvier 2020 sur l’ensemble du territoire national selon le communiqué du Front National pour la défense de la constitution.

Suite à l’emprisonnement des enseignants grévistes et de certains syndicalistes, l’USTG  solidaire du SLECG annonce une grève générale et illimitée dès le mardi 21 janvier.

Pendant ce temps, le président Alpha Condé prend un décret d’ouverture de la campagne électorale  pour les élections législatives (le Président de la République) Alpha Condé a décrèté l’ouverture de la campagne électorale en Guinée pour les législatives le 16 Janvier 2020 à minuit et ferme le 14 février 2020 à minuit. Cette attitude du chef de l’Etat risque de mettre le feu aux poudres.

La France réagit à la situation en Guinée Conakry

Sur le plan international, la France a réagi, par la voix de son Ministre des affaires étrangères à l’Assemblée Nationale française, appelant toutes les parties à l’apaisement.

«L’engagement du président Alpha Condé à demander une réforme de la Constitution, ne nous paraît pas être obligatoirement partagée ni par sa population, ni par ses voisins», a déclaré Jean-Yves Le Drian, le chef de la diplomatie française. Jusque-là, la France avait opté pour la discrétion sur ce dossier.

Cet appel à l’apaisement, le ministre l’exprime dans un cadre bien précis: il ne s’agit pas d’une «déclaration», mais d’une prise de position prononcée en réponse à une question posée par la Commission des Affaires étrangères, minimise ainsi un député.

Mais sur le fond, le souci de respecter la Constitution a été soulevé à plusieurs reprises. Depuis plusieurs mois, Paris discuterait en coulisses de façon directe, en envoyant des messages de retenus au Président Alpha Condé, indique un parlementaire français.

D’autres articles sur l’Afrique