Kabila « Père de la démocratie congolaise » et l’esclave congolais

Il y a quelque chose, dans le théâtre de la politique congolaise, qui évoque la Rome antique. En ce temps-là, il y avait une arène, des gladiateurs « duellistes à mort » et des spectateurs. Dans la formule où les deux gladiateurs étaient des esclaves  et se battaient pour recouvrer la liberté, à condition que l’un tuait l’autre, le combat était des plus violents. L’initiateur de cette scène macabre en était l’empereur, hilarant. Pour son amusement.

Le calque n’est pas loin de ce que la scène politique congolaise nous offre.

Il y a un empereur : Joseph Kabila. Avec ceci de différent qu’ici, l’empereur n’est pas d’humeur à la rigolade ; il veut établir une dynastie, avec l’aide des clercs esclaves qui l’entourent, aveuglés par des privilèges. 

Tsisekedi et Fayulu esclaves ? Peut-être.

L’un pour avoir avoué publiquement être « partenaire de l’empereur », l’autre pour avoir été vaincu (même par la voie de la fraude). « Vae victis », « malheur aux vaincus », disaient les mêmes Romains.

A l’instar de tous les dictateurs, Kabila observe. Il découvre avec stupéfaction que l’élite intellectuelle congolaise est « bêtement bête », selon l’expression de Frantz Fanon.

De cette première certitude, il en acquiert une seconde, par déduction : « Parce qu’ils sont bêtes, ils peuvent facilement devenir des esclaves bêtes« , se persuade-t-il. (Or, l’Histoire nous apprend, pourtant, que l’esclave était esclave, mais il n’était pas bête).

Enfin, pour parvenir à ses fins, il applique, à la lettre, un des principes machiavéliques: « Se faire craindre plutôt qu’être aimé… ». Kabila inspire effectivement la peur à son entourage, et partant, au peuple.

Tel César, Kabila s’amuse beaucoup 

Le résultat, pour l’autocrate, est épatant. Il réalise, un peu en philosophe -et c’est la dernière étape de son approche-, que l’élite intellectuelle congolaise « a perdu le feu de l’âme », cette flamme qui constitue, en fait, la fierté d’être un homme.

Il en tire donc profit -à travers la corruption-, jusqu’en à faire des orduriers dans lesquels il crache, sinon des « esclaves bêtes », qui lui obéissent au doigt et à l’œil. Quand il dit à l’un : « Va », et il va ; lorsqu’il dit à l’autre : « Viens », et il vient. A un autre encore: « Fais ceci ou cela », et il le fait.

L’âme damnée de la « kabilie »

Et, il en est ainsi de tous les thuriféraires, qui croupissent de bassesse dans sa cour. Ils sont là, à ramasser à la pelle comme des champignons, après la saison des pluies. A compter des nobles les plus proches de « Sa majesté », jusqu’aux sous-fifres, rompus au jeu des bakchichs.

Mais la vraie âme damnée de la « kabilie » ou « fonctionnement du régime de Kabila » est un certain Néhémie Mwinlanya Wilonja, chef de cabinet du chef de l’Etat, juriste et professeur des universités.

A ses côtés, se bousculent pour rendre service au « raïs », Kikaya Bin Karubi, conseiller diplomatique, licencié de littérature et des sciences politiques, Thambwe Mwamba, ministre de la Justice, licencié de sciences politiques et consulaires, juriste et Ramazani Shadary, le « dauphin », licencié de sciences politiques et administratives. En dehors de Mwinlanya, les deux autres vassaux sont originaires de la province du Maniema, terres de Mama Sifa, la mère de Kabila.

C’est l’attelage qui constitue le cœur battant de la « kabilie », selon les desideratas et les humeurs du chef. Le mot « raïs » dont Kabila est affublé aujourd’hui (mot arabe signifiant « chef ») est sorti, pour la première fois, de la bouche de Néhémie Mwinlanya, tout comme récemment, le titre de « Père de la démocratie congolaise ». Il en fut ainsi de Mobutu, à qui tous les titres de gloire de la planète furent attribués. Voilà comment les Congolais « fabriquent » eux-mêmes leurs dictateurs. Initiative d’une poignée de flagorneurs dépravés, au sommet de l’Etat, dont les conséquences enchaînent le peuple entier.

Qu’il s’agisse du temps de règne de Mobutu ou de celui de Kabila, une question taraude l’esprit : comment imaginer ceux qui ont reçu les « lumières académiques », pour éclairer le monde, puissent en arriver à penser et à agir comme s’ils étaient enfermés dans l’obscurité de l’illettrisme ?

Comment en arriver jusqu’au stade aberrant de signer un « acte d’allégeance » envers Joseph Kabila?

Ni Hitler ni Staline ne l’ont exigé à leurs collaborateurs. Et, même, c’eût été le cas, ces derniers l’auraient fait dans le cadre du triomphe d’une idéologie, à laquelle ils croiraient dur comme fer. Et non pas par esprit de servilité. Par esprit d’esclavage.

Des enchaînés de la caverne

Les leaders politiques du FCC, plate-forme politique de Kabila, revoient à « l’allégorie de la caverne » de Platon. On y voit des gens enchaînés et immobilisés dans une « demeure souterraine », par opposition au monde à la surface, où il y a la lumière du soleil qui symbolise la « connaissance du Bien ».

Le processus d’élections qui vient de se dérouler en RD Congo, manipulé honteusement par le dictateur et son camp, prouve que ce groupe de gens a tourné le dos à l’entrée de la caverne. Donc, à la possibilité de voir la lumière et le « Bien ». Avec pour conséquence, la continuation de l’existence de la dictature et de l’esclavage. Ce dernier mot pouvant se définir également par « personne soumise à un pouvoir arbitraire ». Le peuple congolais est en esclavage.

C’est à partir de cette réflexion que Félix Tshisekedi et Martin Fayulu entrent en scène, parce que l’un et l’autre, par nature, sont des leaders de l’opposition. De ce fait, supposés être différents de cavernicoles kabiliens. Qu’en est-il ? L’un a pactisé avec Kabila pour devenir président de la République, par « machination ».

L’autre a été démocratiquement élu président, mais exclu du pouvoir par la force, confirmant ainsi le propos de Trotski, qui disait que « tout  Etat est fondé sur la force ». Plutôt, ici, il s’agit de la violence. De la tromperie. Le premier (Tshisekedi) ne règne ni ne gouverne, car l’impérium appartient toujours au satrape « masqué » ; le second (Fayulu), avec en main « l’urne de la vérité », défloré, qui commence à peu attirer l’attention.

Tshisekadi et Fayulu, tous deux esclaves? A des paliers différents, tous deux esclaves. Le premier a oublié qu’en mangeant avec le diable, il fallait se munir d’une longue fourchette pour ne pas être attrapé par la main. Il risque de rejoindre les cavernicoles ou d’être supprimé ; le second pour avoir refusé de siéger, en qualité de député national, se réclamant « président élu », de droit.

La kabilie ne laissera jamais qu’il le devienne. Dans ce cas, il rejoindra la masse silencieuse, esclave, elle aussi, par extrapolation.

Si, dans cette situation, il prend le parti d’arborer le pavillon de la contestation, il sera jeté en prison ou liquidé, par son « frère d’armes » Tshisekedi. Au pouvoir sans pouvoir. L’image des gladiateurs duellistes se justifie, mais avec une entorse : ici, le gladiateur vainqueur restera esclave. A Moins que les spectateurs (le peuple) s’élèvent pour « dégager » l’empereur comme c’est le cas en Algérie et au Soudan. Peut-on y croire ? Sinon, Kabila poursuivra son projet, bien ficelé, de régenter la  RD Congo ad vitam aeternam. Tout y est fait : son Sénat, son Assemblée nationale, ses Provinces sont là pour saborder la République.

  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

    Alors que la Chine est classée 177 sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontière (RSF), la presse de la région administrative spéciale de Hong Kong a elle, pendant longtemps, bénéficié de son système libéral. Mais depuis la rétrocession en 1997, la donne a drastiquement changé. Hong Kong […]

  • Makaila Nguebla: un journaliste tchadien devant la justice française05/09/2019 - 10:45

    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

    Bien-connu dans la région pour sa tolérance en matière de liberté de la presse, le Liban accueille de nombreux journalistes en exil des pays voisins. Pourtant, de nombreux défis à plusieurs niveaux entravent le travail des journalistes en exil. Conséquence, ils arrivent au Liban mais ils ne souhaitent pas s’installer. Situé dans une région où […]

  • Recrudescence des attaques contre les journalistes en RD Congo03/09/2019 - 9:15

    Journaliste en danger (JED), s’insurge contre le regain d’attaques enregistrées depuis quelques semaines contre des journalistes et des médias. Le JED appelle les nouvelles autorités de la République Démocratique du Congo à prendre des mesures immédiates pour que cessent ces attaques répétées. En l’espace de deux semaines, le JED a enregistré au moins 6 cas […]

  • Corée du nordCorée du Nord & AFP: enquête sur le journalisme sous dictature27/08/2019 - 12:27

    En novembre 2016, l’Agence France-Presse (AFP) inaugurait son bureau à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Son objectif: couvrir le pays de l’intérieur en capturant tout ce qui lui était possible de voir, via des reporters présents sur place. Trois ans après, la Maison des journalistes est entrée en contact avec Philippe Massonnet, directeur […]

Toujours moins de zones « sûres » dans le monde pour les journalistes

La liberté de la presse a continué de se dégrader dans de nombreux pays et les zones « sûres » pour les journalistes se raréfient, affirme Reporter sans frontières dans son rapport 2019. Une hostilité croissante à l’égard d’une profession. Selon son rapport 2019 sur la liberté de la presse dans le monde, Reporters sans frontières dresse un bilan accablant: « La haine des journalistes a dégénéré en violence », prévient l’association, laquelle souligne que les passages à l’acte sont « plus graves et plus fréquents ».

Sur la carte du monde, seulement 24% des 180 pays et territoires étudiés affichent une situation « bonne » ou « plutôt bonne » pour la liberté de la presse, contre 26% en 2018.

L’ONG, qui établit ce classement annuel en relevant les violences commises contre les journalistes et en rassemblant les analyses de journalistes, juristes, et chercheurs du monde entier, constate « un accroissement des dangers et, de ce fait, un niveau de peur inédit dans certains endroits » parmi les journalistes.

Attaque en Afghanistan où 4 journalistes ont été tués.

Le harcèlement, les menaces de mort, les arrestations arbitraires, font de plus en plus partie des « risques du métier ».

En Afrique, la République Démocratique du Congo ne montre pas l’exemple

La liberté de la presse à l’heure des grands changements en Afrique Subsaharienne.

L’Afrique subsaharienne n’échappe pas à la nouvelle dégradation mondiale de la liberté de la presse. La haine des journalistes, les attaques contre les reporters d’investigation, la censure, notamment sur internet et les réseaux sociaux, les pressions économiques et judiciaires contribuent à affaiblir la production d’une information libre, indépendante et de qualité sur un continent où la liberté de la presse a connu d’importantes en 2018 mais plutôt pas le cas pour la RDC.

En République Démocratique du Congo (154ème au monde comme l’année dernière 2018), un climat toujours plus hostile, véhiculé par l’actuelle gouvernement dirigé par le président Félix Antoine Tshisekedi s’est installé.

« Jamais les journalistes congolais n’avaient fait l’objet d’autant de menaces de mort », et jamais non plus ils n’avaient « autant sollicité d’entreprises privées pour assurer leur sécurité » souligne RSF, alors que il y a eu alternance dans ce pays il y a pas longtemps.

Il y a deux semaines, plus de 80 journalistes et 4 employées d’une chaîne de télévision privée émettant à partir de Kinshasa (capital de la RDC) ont été violemment agressés et arrêtés pour avoir exigé de meilleures conditions de vie et dénoncé les entraves qu’ils subissent lors de leurs reportages sur terrain par des hommes en uniforme : la police, l’armée, les gardes républicaine communément appelé Bana Mura etc… Sans oublier les autorités politico-administratives.

Ces 80 journalistes et 4 employées ont tous été arrêtés et embarqués dans le jeep pendant leur seeting dans la capitale. Or il y a pas longtemps lors de la visite officielle du nouveau chef de l’État Félix Tshisekedi aux États-Unis d’Amérique, lors d’une conférence ouverte, il avait lui-même déclaré clairement qu’il va « déboulonner le système dictatorial installé dans le pays pendant plusieurs années… Et respecter la presse comme le 4ème pouvoir au monde! »

Mais ce que nous vivons c’est bien d’ autres que la continuité du système et l’impunité de droit de l’homme ; affirme Pierre Bordney assistant manager Desk- Afrique RSF.

La plus part des médias y sont contrôlés par le service de l’ANR (Agence Nationale de Renseignements), les derniers correspondant clandestins en exile sont « pourchassés sans relâche » condamne RSF.

Les journalistes africains sont soumis à des nombreuses formes d’intimidation et de pressions, et à un harcèlement judiciaire croissant. Si l’Europe demeure le continent qui garantit le mieux la liberté de la presse, les journalistes d’investigation y sont, plus que jamais, entravés dans leur travail.

  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

    Alors que la Chine est classée 177 sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontière (RSF), la presse de la région administrative spéciale de Hong Kong a elle, pendant longtemps, bénéficié de son système libéral. Mais depuis la rétrocession en 1997, la donne a drastiquement changé. Hong Kong […]

  • Makaila Nguebla: un journaliste tchadien devant la justice française05/09/2019 - 10:45

    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

    Bien-connu dans la région pour sa tolérance en matière de liberté de la presse, le Liban accueille de nombreux journalistes en exil des pays voisins. Pourtant, de nombreux défis à plusieurs niveaux entravent le travail des journalistes en exil. Conséquence, ils arrivent au Liban mais ils ne souhaitent pas s’installer. Situé dans une région où […]

  • Recrudescence des attaques contre les journalistes en RD Congo03/09/2019 - 9:15

    Journaliste en danger (JED), s’insurge contre le regain d’attaques enregistrées depuis quelques semaines contre des journalistes et des médias. Le JED appelle les nouvelles autorités de la République Démocratique du Congo à prendre des mesures immédiates pour que cessent ces attaques répétées. En l’espace de deux semaines, le JED a enregistré au moins 6 cas […]

  • Corée du nordCorée du Nord & AFP: enquête sur le journalisme sous dictature27/08/2019 - 12:27

    En novembre 2016, l’Agence France-Presse (AFP) inaugurait son bureau à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Son objectif: couvrir le pays de l’intérieur en capturant tout ce qui lui était possible de voir, via des reporters présents sur place. Trois ans après, la Maison des journalistes est entrée en contact avec Philippe Massonnet, directeur […]

Notre-Dame de Paris sous les flammes : et après ?

Notre-Dame : « Cette cathédrale, nous la rebâtirons » , assure Emmanuel Macron. Le président s’est exprimé lundi soir, alors qu’un incendie ravageait une partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Des mots graves dans un moment historique.

Alors que les pompiers venaient de sauver l’essentiel de la structure de Notre-Dame de Paris, mais que les flammes n’étaient pas encore éteintes, Emmanuel Macron s’est exprimé sur le parvis de la cathédrale.

« Cette cathédrale, nous la rebâtirons » a déclaré le président de la République accompagné du premier ministre Édouard Philippe et de la maire de Paris Anne Hidalgo, ainsi que des sapeurs-pompiers. Le pire a été évité, « même si la bataille n’es pas encore totalement gagnée », a-t-il expliqué. Le feu a été « maîtrisé » et « partiellement éteint » dans la nuit vers 3h30.

Le Chef de l’État a d’abord adressé « une pensée pour l’ensemble de nos compatriotes« , parce que Notre- Dame de Paris « c’est notre histoire, notre littérature, notre imaginaire, le lieu où nous avons vécu tous nos grands moments ».

Crédit Sophie Chediac

Un mot d’espérance

Puis il voulu avoir « un mot d’espérance » malgré un « terrible drame ».

« Cette espérance, c’est la fierté que nous devons avoir. Fierté de tous ceux qui se sont battues pour que le pire n’advienne pas. Fierté parce que cette cathédrale, il y a plus 800 ans, nous avons su l’édifier et à travers les siècles la faire grandir et l’améliorer », a-t-il lancé.

Emmanuel Macron avait été obligé de reporter, 20 minutes avant, son allocution télévisée en réponse à la crise des gilets jaunes, alors que le feu venait de démarrer au sommet de la cathédrale Notre Dame de Paris. On ne sait pas encore à quel moment aura lieu l’allocution.

Vidéo by Beraat Gokküs

« Notre-Dame de Paris en proie aux flammes. Émotion de toute une nation. Pensée pour tous les catholiques que je suis et pour tous les Français. Comme tous nos compatriotes, je suis triste de voir brûler cette édifice de nous. »

« Notre tristesse est au delà des mots mais nous sommes encore dans le combat. Ce soir les pompiers se battent, héroïques, contre le feu, pour préserver ce qui peut l’être », a réagi de son côté le chef du gouvernement Édouard Philippe.

La classe politique dans son ensemble de même que des représentants du monde entier, a fait part de son « immense tristesse ». La fondation du patrimoine a lancer ce mardi une « collecte nationale » pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

  • Cote d’Ivoire – Célestine Olibe Tazere: l’indomptable qui veut la primature12/09/2019 - 2:06

    A 52 ans, celle qui des décennies durant a été une inconditionnelle d’Alassane Ouattara a pris ses distances avec le RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix) et son mentor. Célestine Olibe TAZERE veut jouer un véritable rôle dans la politique ivoirienne et ne s’en cache pas. Portrait d’une indomptable. Originaire du […]

  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

    Alors que la Chine est classée 177 sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontière (RSF), la presse de la région administrative spéciale de Hong Kong a elle, pendant longtemps, bénéficié de son système libéral. Mais depuis la rétrocession en 1997, la donne a drastiquement changé. Hong Kong […]

  • Afrique du Sud : les pires émeutes xénophobes depuis une décennie10/09/2019 - 1:22

    Cinq personnes ont été tuées et près de 200 autres arrêtées dans les émeutes xénophobes qui secouent depuis le 1er septembre l’Afrique du Sud, qualifiées de « totalement inacceptables » par les journalistes du monde entier. La police a tiré jeudi des balles en caoutchouc dans le centre de Johannesburg, la principale ville du pays, pour disperser […]

  • Makaila Nguebla: un journaliste tchadien devant la justice française05/09/2019 - 10:45

    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

    Bien-connu dans la région pour sa tolérance en matière de liberté de la presse, le Liban accueille de nombreux journalistes en exil des pays voisins. Pourtant, de nombreux défis à plusieurs niveaux entravent le travail des journalistes en exil. Conséquence, ils arrivent au Liban mais ils ne souhaitent pas s’installer. Situé dans une région où […]

Algérie – Soudan : les « Gilets jaunes africains » à la manœuvre

Comparaison n’est pas raison. Mais à regarder de près, le fond qui émeut les Gilets jaunes en France, d’une part, et les protestataires dans les rues d’Alger, en Algérie, ainsi que dans celles de Khartoum, au Soudan, d’autre part, ne manquent pas de similitude entre les deux camps. Ici et là, la levée de boucliers est partie de ce que l’on appelle « portion congrue » ou « part inconvenable », mieux, « partage inégale des richesses nationales »…

Il y a, toute proportion bien gardée, comme une osmose entre la colère de Gilets jaunes, celle, spécifiquement, portée par la jeunesse algérienne, et le ras-le-bol exprimé par des foules soudanaises. Il s’agit, sociologiquement, de la catégorie de « personnes qui subissent la loi du plus fort« , selon la formule de la célèbre journaliste française Françoise Giroud.

En clair, il s’agit de ceux qui dirigent, d’un côté, et de ceux qui sont dirigés, de l’autre. Mais, ceux qui sont dirigés et « mal nourris » par le système de gouvernement. Des laissés-pour-compte.

Ici comme ailleurs, ces Gilets jaune sont « des laissés-pour-compte »

Selon une enquête réalisée le mois de mars par l’institut Elabe (Ouest-France, 23-24 mars, 2019), il ressort globalement que les Gilets jaunes sont, en majorité, des ouvriers.

Leur salaire moyen est de 1.486 euros par mois ; 65 % disent connaître des fins de mois difficiles.

Ceux qui battent le pavé en Algérie et au Soudan relèvent de cette catégorie de citoyens.

Mais, contrairement aux Gilet jaunes, la plupart d’entre eux sont de véritables crève-la-faim.

En France, le 17 novembre, un mouvement social sans leader tousse. Il proteste contre l’augmentation de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques. Cette nouvelle dépense est à associer au budget familial (1.486 euros), qui en prend un coup… supplémentaire. On connaît la suite : le mouvement enfle et englobe l’aspect politique et économique. Le gouvernement est bousculé, prend des mesures qui débouchent sur des milliards à dépenser pour améliorer le sort de « mal nourris ». Sans succès.

Le mouvement signe et persiste… jusqu’à susciter les assises d’un « Débat national », dont on attend l’issue.

Algérie : la chute du système Bouteflika

Le concept fait recette en Algérie et au Soudan, globalement, c’est presque la même antienne.

Dans le premier pays, c’est la décision de rempiler pour un cinquième mandat présidentiel, d’un président affaibli par la maladie, sans prise sur les affaires de la cité, qui déclenche les hostilités. Depuis, le 22 février, les Algériens marchent, pour protester. Comme en France, les décisions s’enchaînent, en guise de coupe-feu. Sans effet.

Le « système » cède, Bouteflika démissionne. Mais l’armée, qui a entraîné cette décision historique, semble ne pas vouloir tout lâcher. On parle maintenant de la mise en place d’un gouvernement, obéissant aux « règles constitutionnelles ». Les Algériens renâclent. Leur slogan reste d’actualité : « Qu’ils partent tous ». D’où un bras de fer entre l’armée et le peuple, à l’issue improbable !

Soudan : la rue veut du pain !

Enfin, depuis jeudi, le Soudan qui était déjà dans la zone de turbulence, a rejoint le cortège des tombeurs algériens. El Béchir, depuis trente ans au pouvoir, a été écarté par un coup d’Etat militaire. Et remplacé par le général Awad Benawf, à la tête du Conseil militaire de transition, lui-même ayant démissionné sous la pression de la rue et remplacé par le général Abdel Fattaf Abderahman.

Comme les Algériens, les Soudanais retoquent la formule. La question, dans ce deuxième pays, a concerné le prix du pain. Le 18 décembre, les Soudanais sont sortis pour y dresser une barrière. Le régime dictatorial charge et tue les manifestants, qui « persistent et signent » pour faire de la rue leur domicile.

En dernier lieu, avant la chute du satrape, ils ont submergé l’Etat-Major de l’armée, auquel ils demandaient le départ de Béchir.

France, Algérie, Soudan : des points communs entre ces Gilets Jaune

Le caractère commun de ces trois situations repose sur trois aspects différents : primo, Français et Africains, à des paliers différents, sont ceux qui non seulement subissent la loi, mais vivent difficilement ; secundo, les trois mouvements ont surgi sans leader ; tertio, tous trois ont levé l’option de résister « aux systèmes ».

Et, le résultat est là : les deux dictateurs sont tombés.

En dehors de Macron, que la France démocratique, à travers les urnes, vomira ou ménagera, selon ses capacités à faire revêtir les Gilets jaunes de la couleur qui leur plaît. Gilets couleur or, par exemple ! Gilets jaunes, en France. Quelque chose qui leur ressemble en Afrique, lequel a porté à conséquence : les fruits pourris sont tombés. D’autres tomberont. A coup sûr.

Les « Gilets jaunes africains » sont déjà à la manœuvre. Le concept fait recette, car les Gilets jaunes ont fait leur apparition en Australie. Là-bas, ils s’appellent « Yellow Vest Australia » et sont devenus un parti politique.

  • Cote d’Ivoire – Célestine Olibe Tazere: l’indomptable qui veut la primature12/09/2019 - 2:06

    A 52 ans, celle qui des décennies durant a été une inconditionnelle d’Alassane Ouattara a pris ses distances avec le RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix) et son mentor. Célestine Olibe TAZERE veut jouer un véritable rôle dans la politique ivoirienne et ne s’en cache pas. Portrait d’une indomptable. Originaire du […]

  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

    Alors que la Chine est classée 177 sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontière (RSF), la presse de la région administrative spéciale de Hong Kong a elle, pendant longtemps, bénéficié de son système libéral. Mais depuis la rétrocession en 1997, la donne a drastiquement changé. Hong Kong […]

  • Afrique du Sud : les pires émeutes xénophobes depuis une décennie10/09/2019 - 1:22

    Cinq personnes ont été tuées et près de 200 autres arrêtées dans les émeutes xénophobes qui secouent depuis le 1er septembre l’Afrique du Sud, qualifiées de « totalement inacceptables » par les journalistes du monde entier. La police a tiré jeudi des balles en caoutchouc dans le centre de Johannesburg, la principale ville du pays, pour disperser […]

  • Makaila Nguebla: un journaliste tchadien devant la justice française05/09/2019 - 10:45

    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

    Bien-connu dans la région pour sa tolérance en matière de liberté de la presse, le Liban accueille de nombreux journalistes en exil des pays voisins. Pourtant, de nombreux défis à plusieurs niveaux entravent le travail des journalistes en exil. Conséquence, ils arrivent au Liban mais ils ne souhaitent pas s’installer. Situé dans une région où […]

Côte d’Ivoire: le nouveau Nonce Apostolique échappe à la mort

Dimanche 7 avril, Monseigneur Ante Jozic, le nouveau Nonce Apostolique de la Côte d’Ivoire, a été victime d’un grave accident de la route. L’accident a eu lieu dans le tunnel Saint-Elias de Split, une ville côtière de la Croatie, son pays d’origine.

L’annonce a été faite, le lundi 8 avril, dans un communiqué, par la mission d’étude du Saint-siège, à Hong kong.

« Monseigneur Ante Jozic a eu un grave accident de voiture (…) et est maintenant hospitalisé pour traitement immédiat (…) Le drame est survenu le dimanche 7 avril, vers 18h. Le diplomate est rentré en collision frontale avec une autre voiture. Les deux conducteurs ont été immédiatement conduits à l’hôpital. Mais, le second (âgé de 24 ans) est décédé plus tard (…) L’état de santé d’Ante est devenu stable après sa première opération, dans la nuit du dimanche 8 avril », a déclaré Monseigneur Yavier Herrera-Corona, responsable de la mission du Saint-siège, à Hong Kong.

Un accident tragique qui en rappelle d’autres…

Il y a sept ans, Monseigneur Ambrose Madhta, n’avait pas eu la même chance.

Le Nonce Apostolique et Doyen du Corps diplomatique accrédité en Côte d’Ivoire, est décédé tragiquement à la suite d’un accident en voiture sur l’axe routier Biankouma-Man (Côte d’Ivoire), le samedi 8 décembre 2012.

Le représentant du Pape était alors en mission de paix dans l’ouest du pays. Pour l’immortaliser, un Centre d’actions culturelles et de développement lui a été dédié à Abobo, dans une commune d’Abidjan. C’est un projet d’une valeur de 500.000 FCfa, qui sera consacré à la promotion de la non-violence.

Il avait été remplacé par Mgr Joseph Spiteri, qui depuis a été affecté au Liban, le 7 mars 2018.

Monseigneur Ante Jozic est donc son remplaçant. Il a notamment été le représentant du Pape en Chine Continentale pendant 10 ans. L’accord provisoire entre le Vatican et la République populaire de Chine sur les nominations d’évêques, signé le 22 septembre 2018, a été approuvé au cours de son mandat.

Monseigneur Ante Jozic a été nommé en Côte d’Ivoire par le Saint Père le 2 février. Puis, il a quitté Hong-Kong pour Split, son diocèse d’origine, en vue de sa nomination épiscopale prévue à Abidjan, le 1er mai 2019. C’est pendant ce séjour que Monseigneur Ante Jozic a eu l’accident.

  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

    Alors que la Chine est classée 177 sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontière (RSF), la presse de la région administrative spéciale de Hong Kong a elle, pendant longtemps, bénéficié de son système libéral. Mais depuis la rétrocession en 1997, la donne a drastiquement changé. Hong Kong […]

  • Makaila Nguebla: un journaliste tchadien devant la justice française05/09/2019 - 10:45

    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

    Bien-connu dans la région pour sa tolérance en matière de liberté de la presse, le Liban accueille de nombreux journalistes en exil des pays voisins. Pourtant, de nombreux défis à plusieurs niveaux entravent le travail des journalistes en exil. Conséquence, ils arrivent au Liban mais ils ne souhaitent pas s’installer. Situé dans une région où […]

  • Recrudescence des attaques contre les journalistes en RD Congo03/09/2019 - 9:15

    Journaliste en danger (JED), s’insurge contre le regain d’attaques enregistrées depuis quelques semaines contre des journalistes et des médias. Le JED appelle les nouvelles autorités de la République Démocratique du Congo à prendre des mesures immédiates pour que cessent ces attaques répétées. En l’espace de deux semaines, le JED a enregistré au moins 6 cas […]

  • Corée du nordCorée du Nord & AFP: enquête sur le journalisme sous dictature27/08/2019 - 12:27

    En novembre 2016, l’Agence France-Presse (AFP) inaugurait son bureau à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Son objectif: couvrir le pays de l’intérieur en capturant tout ce qui lui était possible de voir, via des reporters présents sur place. Trois ans après, la Maison des journalistes est entrée en contact avec Philippe Massonnet, directeur […]

Algérie : la rue, Bouteflika et la victoire du peuple

« Qu’ils partent tous », c’est le slogan qui continue de gronder, alors qu’Abdelaziz Bouteflika a remis sa démission, mercredi 3 mars, dans la soirée. Démission entérinée aussitôt par le Conseil Constitutionnel. On voit clairement, à travers une telle diligence, pour une institution entièrement acquise à l’ancien chef de l’Etat, l’image d’une « main forcée ». Est-ce la fin du théâtre algérien ? Les astres se sont-ils alignés afin de souffler l’apaisement, qui débouchera véritablement sur le triomphe des réclamations des Algériens ?

En attendant, on en est au niveau des interrogations ainsi qu’à celui d’échafauder des hypothèses susceptibles de dégager l’horizon encore couvert de brouillard. Tant certains souvenirs du « Printemps arabe » constituent des abats-joie, comme c’est le cas en Libye. Pourtant les peuples n’avaient fait qu’exiger leurs droits, c’était sous-estimé le monde injuste dont les lois non écrites dominent sur les codes en vigueur. En général, et pendant un temps, les peuples sont toujours vaincus par des prédateurs.

Les deux à la fois. Sauf que l’armée a oublié qu’en s’écoulant oisivement, le temps s’est mis à composer, petit à petit, avec les nouvelles générations de citoyens. Certes, ces dernières continuent de célébrer les hauts faits des Moudjahidines [combattants pour l’indépendance], mais sans toutefois ne pas se laisser séduire par une autre façon de vivre et de voir les choses. Parmi celles-ci, se distingue l’exercice de la démocratie. C’est cette force de changement qui a fait se lever la jeunesse algérienne, comme un seul homme, en ce jour du 22 février, jusqu’à la chute du calife, mercredi soir.

Les leçons à tirer

Il reste encore un processus à suivre, avant de déboucher sur la normalisation de la situation. Car, pendant vingt ans, les racines du pouvoir en Algérie se sont solidifiées. Le pouvoir n’était plus, depuis 2013, l’affaire d’un chef malade frappé d’un AVC, mais une histoire de membres de famille, de l’armée, et d’une poignée de vautours de finances, en sous-main, agissant au nom des millions que laissent tomber les barils de pétrole.

Le Général algérien Gaïd Salah, l’homme qui a annoncé la démission de Bouteflika

Ainsi, de simples coups de pioche n’auront-ils pas suffi pour en venir à bout. Il aura fallu se munir d’une arme plus puissante, mais simple, qu’on appelle « pugnacité dans la rue ». C’est la bête noire des dictateurs. La jeunesse algérienne s’en est emparée, et le système Bouteflika est en train de s’écrouler comme un château de cartes. Après six bonnes petites semaines de manifestations, du reste « très » pacifiques. Souvenons-nous de la chute du burkinabè Blaise Compaoré, en novembre 2014, après trois mois d’affilée de manifestations chaudes de rue par la jeunesse du pays.

C’est là un des aspects de l’acte de cette jeunesse, comptée parfois par millions, que nous avons vue battre le pavé à Alger et à d’autres villes. Il y a, cependant, un autre versant à regarder utilement, à savoir les leçons à tirer de cet événement. C’est qu’en premier lieu, dans nos pays africains – en dehors de l’Afrique du Sud -, le vrai pouvoir se trouve entre les mains de l’armée.


Dans nos pays africains […] le vrai pouvoir se trouve entre les mains de l’armée.


Dans le théâtre qui se joue actuellement en Algérie, c’est le général Gaïd Salah qui est le maître des horloges. « Que Bouteflika cesse d’être président de la République », a-t-il dit, et il en était ainsi. C’est lui qui a brisé le cercle « infernal » des proches du jeune frère de l’ancien président et, même, jeté en prison Ali Addad, une des figures de proue de la haute mafia algérienne…  

Est-ce que l’armée, en dépit de ces gestes hautement patriotiques, va-t-elle continuer de jouer le rôle de gardien du temple ?  Pas sûr. Y croire un seul instant, c’est mal saisir la profondeur du slogan « Qu’ils partent tous ». C’est-à-dire y compris le général Gaïd Salah, une des pièces majeures du « système » que les protestataires entendent voir voler en éclats.

L’autre leçon à tirer est que les dictateurs que nous craignons ne sont rien d’autre que, en dépit de tout, des baobabs aux racines entamées par les temps, bien pourries, lesquels ne peuvent résister devant l’action soutenue du peuple. L’arbitrage du général Salah n’est pas un acte de bienveillance, mais plutôt le résultat de la peur d’être lui-même emporté par cet ouragan silencieux balayant les rues d’Alger.

Enfin, à la jeunesse africaine, qui veut légitimement voir une alternative politique, de comprendre que la violence appelle la violence. Que la discipline et la ténacité dans l’action représentent une force inouïe, capable de tenir en respect les armées au service de la dictature. En Algérie, il n’y a eu ni casse ni un seul coup de fusil. A moins que la situation, par mauvaise aventure, vire prochainement à l’affrontement entre la jeunesse et l’armée.

Enfin, le fin du fin

En troisième lieu, c’est là la leçon de sagesse pour les présidents qui s’éternisent encore au pouvoir, jouant à la modification des Constitutions en leur faveur et croyant que les peuples sont des moutons à ne mener qu’à leurs pâturages bien enclavées. Gare à eux ! Nombre de convulsions sociales surgissent avec une telle spontanéité et violence qui ne leur donnent que trois issues misérables : la mort, la fuite éhontée et l’exile déshonorant.

Enfin, pour le fin du fin, la leçon, encore une fois, est à être ingurgitée par la jeunesse de l’Afrique subsaharienne, qui semble somnoler. Faudra-t-il attendre que tous les « Printemps politiques » nous viennent du Maghreb ? Réveillez-vous. « Lamuka ». Humez le parfum de la victoire qui embaume déjà les rues de l’Algérie… A quand vos victoires ?

  • Makaila Nguebla: un journaliste tchadien devant la justice française05/09/2019 - 10:45

    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

    Bien-connu dans la région pour sa tolérance en matière de liberté de la presse, le Liban accueille de nombreux journalistes en exil des pays voisins. Pourtant, de nombreux défis à plusieurs niveaux entravent le travail des journalistes en exil. Conséquence, ils arrivent au Liban mais ils ne souhaitent pas s’installer. Situé dans une région où […]

  • Le code de bonne conduite des médias en cas d’attentat: à chaque raté, sa mesure du CSA20/08/2019 - 10:42

    En 2016, après l’intense couverture médiatique des divers attentats en France et les nombreuses dérapages des rédactions, le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) met en place un « code de bonne conduite des médias« . Dernière sanction en date, vendredi 2 août 2019, le Conseil met en demeure la chaine d’information BFMTV. En cause, sa « diffusion répétée […]

  • L’Elysée, la salle de presse et Macron : un épilogue contrasté11/07/2019 - 9:40

    L’Elysée l’a confirmé : la salle de presse restera dans la cour du palais présidentiel. Après un bras de fer de plus de deux ans entre les journalistes et le gouvernement sur la délocalisation du lieu, Emmanuel Macron a définitivement mis fin à la polémique, vendredi 5 juillet 2019. Une situation rappelant celle des Etats-Unis, […]

  • « Je pense que partir, c’est abandonner ce pour quoi je me bats »27/06/2019 - 9:24

    Maryna Zolotova est une journaliste Biélorusse. En 2018, elle a été placée en détention durant deux jours, accusée de négligence et « d’inaction » pour ne pas avoir contrôlé le travail de ses journalistes. Reçue à la Maison Des Journalistes (MDJ) pour échanger avec les résidents, elle a répondu à quelques-unes de nos questions. Je ne peux […]

Salon de l’agriculture 2019 : bonne présence de l’Afrique & cacophonie ivoirienne

Les lampions se sont éteints sur l’édition 2019 (du 23 février au 3 mars) du Salon International de l’Agriculture. Comme chaque année à la même période de nombreux exposants de la faitière agricole du monde entier se sont réunis au parc d’exposition situé Porte de Versailles à Paris.

Parmi ces exposants, nombreux sont venus de l’Afrique. Nous avons passé une journée avec eux.

Des stands africains très attractifs

Guy L. est très heureux en ce jeudi 28 février 2019. Responsable communication de la plus grosse entreprise ivoirienne qui fait aussi dans l’agro-alimentaire, cet ancien patron de presse est satisfait de l’affluence « aux braisés de… » le stand de son entreprise.

Un espace qui a refusé du monde et qui est la reproduction quasi-exacte d’un « maquis », sorte de restaurant à l’ivoirienne où l’on trouve à moindre cout des mets succulents de ce pays de l’Afrique de l’ouest.


Il n’y avait aucun moment de répit pour les animateurs des stands du Mali, du Maroc et de la Tunisie.


« Nous sommes à 6000 visiteurs depuis l’ouverture du salon et cela va au-delà de nos prévisions« . Nous dit-il avec un large sourire.

Au pavillon 5 du parc d’exposition de la Porte de Versailles, les stands très achalandés des pays africains ne désemplissent pas.

Des nationaux de ses pays, touristes et personnalités sont au nombre des nombreux visiteurs.

Il n’y avait aucun moment de répit pour les animateurs des stands du Mali, du Maroc et de la Tunisie. Ces trois pays mieux organisés ont véritablement plané sur le salon international de l’agriculture.

Cacophonie ivoirienne

Si le secteur privé ivoirien de l’agro-alimentaire a véritablement tiré son épingle du jeu à ce salon, la tutelle quand à elle, a encore fait des siennes.

Chaque année, avant la crise postélectorale, les entreprises et structures ivoiriennes encadrées par le ministère de l’agriculture marquaient de leur présence le salon international de l’agriculture de Paris.

Depuis 2012, deux ministères se chevauchent. Outre le ministère de l’agriculture, celui des ressources animales et halieutiques a pris place également au pavillon 5 du parc d’exposition de la Porte de Versailles.

Plusieurs observateurs ont noté depuis le changement de régime à Abidjan qu’une lourde ambiance règne entre les deux ministres.


Les ministres en charge des deux départements ministériels ont soigneusement évités de se croiser durant le salon.


Au ministère des ressources animales et halieutiques, il est reproché au ministère de l’agriculture de s’accaparer de structures spécialisées qui en principe relèvent du premier.

De manière factuelle, arrêtons-nous sur le laboratoire national d’appui au développement agricole –LANADA-

Ce laboratoire qui est chargé des opérations spécialisées relatives au domaine vétérinaire, notamment à la santé, l’alimentation et la reproduction animale, est sous tutelle du ministère de l’agriculture . Au SIA 2019, une dizaine de structures sous tutelle du ministère de l’agriculture ont fait le déplacement.

M. Coulibaly Sangafowa ministre ivoirien de l’agriculture en compagnie d’exposants

Du coté des ressources animales et halieutiques, seul le port autonome d’Abidjan est venu défendre sa position de premier port thonier en Afrique subsaharienne.

Les ministres en charge des deux départements ministériels ont soigneusement évités de se croiser durant le salon. Une véritable cacophonie.

Cette année le chiffre de visiteurs était en baisse comparé a celui de 2018. Officiellement 633 213 visiteurs ont arpenté les stands du parc d’exposition de la porte de Versailles. En 2018, ils étaient 672 000. Plus de 1000 exposants ont présenté leur meilleurs produits à la grande satisfaction des visiteurs et d’Emmanuel Macron qui y a passé quatorze heures trente minutes. La 57 e édition aura lieu du 22 février au 1 er mars 2020.

  • Cote d’Ivoire – Célestine Olibe Tazere: l’indomptable qui veut la primature12/09/2019 - 2:06

    A 52 ans, celle qui des décennies durant a été une inconditionnelle d’Alassane Ouattara a pris ses distances avec le RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix) et son mentor. Célestine Olibe TAZERE veut jouer un véritable rôle dans la politique ivoirienne et ne s’en cache pas. Portrait d’une indomptable. Originaire du […]

  • Afrique du Sud : les pires émeutes xénophobes depuis une décennie10/09/2019 - 1:22

    Cinq personnes ont été tuées et près de 200 autres arrêtées dans les émeutes xénophobes qui secouent depuis le 1er septembre l’Afrique du Sud, qualifiées de « totalement inacceptables » par les journalistes du monde entier. La police a tiré jeudi des balles en caoutchouc dans le centre de Johannesburg, la principale ville du pays, pour disperser […]

  • Makaila Nguebla: un journaliste tchadien devant la justice française05/09/2019 - 10:45

    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Recrudescence des attaques contre les journalistes en RD Congo03/09/2019 - 9:15

    Journaliste en danger (JED), s’insurge contre le regain d’attaques enregistrées depuis quelques semaines contre des journalistes et des médias. Le JED appelle les nouvelles autorités de la République Démocratique du Congo à prendre des mesures immédiates pour que cessent ces attaques répétées. En l’espace de deux semaines, le JED a enregistré au moins 6 cas […]

  • RD Congo : à l’heure de la révolte populaire?28/08/2019 - 1:14

    Lundi 26 août. Le gouvernement que vient de nous offrir la coalition FCC-CACH, après sept mois de discussions qu’on savait d’ailleurs byzantines, est tout, sauf un gouvernement de «changement». Un beau mélange de genres et d’«équilibres budgétivores», loin des intérêts du peuple. Lisez le document et tirez objectivement la conclusion. C’est, pour beaucoup, un supplément de […]