CONGO BRAZZAVILLE – Des milliards destinés à la santé et à l’enseignement

Malgré  des financements et des dons alloués régulièrement par des partenaires bilatéraux et cohorte au Congo pour la réalisation de différents projets, le peuple broie toujours du noir. L’illustration nous est donnée par la gestion scabreuse de la pandémie de Covid-19. Des dons et bagatelles d’argent prennent la tangente; le nombre de personnes contaminées et décédées va toujours crescendo…

Jusqu’à ce jour, aucun hôpital digne de ce nom a été construit. Certes, il y a eu la réfection de quelques rares chambres des hôpitaux, l’achat de matériel de fortune surfacturé à 300% tel que nous l’avons révélé dans nos précédentes publications ; les tests de dépistages continuent à se faire en dents de scie par défaut des réactifs et du matériel de pointe.

Des ministères de la Santé à celui de l’Éducation nationale, les politiques congolais ne se donnent pas les moyens de réussir

Pire,  Gilbert Ondongo, ministre d’État chargé de l’économie depuis le 30 avril 2016, et deux autres ministres des finances, tergiversent trop longtemps avant de décaisser les fonds même quand ils sont en possession des devis à temps.

Au finish, c’est le ministre de la santé et le peuple qui en font les frais. Dans cet océan de malheurs, le bouquet final a été l’attribution par le Premier Ministre de la gestion des tests à l’aéroport International de Maya à un judoka Togolais.

Des milliards de francs CFA sont réservés pour la reprise des cours tandis que les habitudes  irresponsables des ministres des finances ne rassurent pas les congolais sur l’avenir de leurs enfants appelés demain à renouer avec l’école.

Des milliards en question Global Partenership for Education avait approuvé la requête relative au financement accéléré  de la riposte au Covid-19 visant à soutenir le secteur de l’éducation en république du Congo d’un montant de sept millions de dollars pour appuyer la continuité des apprentissages pendant la fermeture des écoles et la  préparation et l’assurance de la réouverture des écoles et les mesures  d’accompagnement socio-sanitaires et de la protection de l’enfant.

A cette bagatelle, le budget de 2020 avait aligné des milliards de francs CFA pour la reconstruction des bâtiments scolaires et la réalisation des examens.

La liste des promesses non tenues par l’éducation Nationale du Congo Brazzaville

Constat selon nos investigations :

  • Des salles de classe n’ont pas été construites
  • Les épreuves de l’examen du BEPC ont été corrigées en retard par le simple fait que les resources financières étaient indisponibles !
  • De même, la continuité des apprentissages pendant la fermeture des écoles traine…
  • La quasi totalité des établissements scolaires ne sont toujours pas alimentés en point d’eau permanent. Conséquence, comment transmettre aux apprenants et enseignants le simple geste de lavement régulier des mains !
  • Les salles resteront toujours pléthoriques avec 50 élèves par classe avec risques de contamination en masse de Covid-19. La norme devrait être de 30 pour respecter les règles de distanciation scolaire.
  • L’augmentation du financement en matière d’éducation pour atteindre 20% du budget intérieur n’est pas visible dans le budget révisé.

Il sied de dire haut et fort que, l’enseignement de qualité dépend inéluctablement des enseignants bien formés en nombre suffisant  et des infrastructures.

Loin de nous l’idée de remettre en cause le leadership d’Anatole Collinet Makosso qui tente de relever tant soit peu le système éducatif congolais. Cependant, son action sera voué à l’échec sans les Hommes consciencieux, les enseignants bien formés et les moyens financiers adéquats.

Les congolais ne doivent plus courber l’échine en laissant leurs enfants étudier dans des mauvaises conditions alors que leur argent est planqué dans les paradis fiscaux et dans diverses firmes.

Conscient de ce fait et pour soulager la misère des populations, le Conseil épiscopale des évêques du Congo depuis le 9 mai 2018 ne cesse de demander aux dignitaires de rapatrier au Congo les fonds qu’ils ont pillé .

En définitive, unité cohésion, patriotisme, amour du prochain, formation des enseignants, infrastructures, sont les leitmotivs qu’il faut pour booster le système éducatif congolais. 

D’autres articles sur l’Afrique

IRAN – Une vague d’exécutions pour maintenir le régime des Mollahs

Ces derniers jours, le régime iranien a condamné au tribunal de la prison d’Evine plusieurs partisans de l’OMPI pour « guerre contre Dieu », les mettant ainsi face au risque d’une exécution. Afin de créer un climat de terreur et pour empêcher la montée des soulèvements populaires, et par crainte de l’accueil réservé par l’ensemble de la jeunesse aux Moudjahidine du peuple d’Iran, (OMPI/MEK) le régime iranien a lancé une vague d’exécutions en Iran.

Le 10 septembre, pour la troisième fois, la 38e branche de la Cour suprême des mollahs a confirmé la condamnation à mort de sept prisonniers politiques sunnites détenus dans le quartier 7 de la prison de Gohardacht à Karaj, à l’ouest de Téhéran.

Farhad Salimi, Qassem Absteh, Davoud Abdollahi, Ayoub Karimi, Anwar Khezri, Khosrow Besharat, et Kamran Sheikha, incarcérés dans les prisons d’Oroumieh, Evine et Gohardasht depuis 11 ans, avaient été précédemment condamnés à mort par les 41e et 42e branche de la Cour suprême.

Le 6 aout 2020, la 27e chambre de la cour suprême des mollahs a confirmé la peine de mort inhumaine contre le prisonnier politique Heydar Ghorbani, originaire de Kamiyaran, en Iran.

Son dossier a été envoyé à l’application des peines de Sanandaj, en vue de son exécution. Au même moment, hier, le chef de l’appareil judiciaire du régime, Ebrahim Raïssi, a réagi au tollé international soulevé par l’exécution criminelle de Navid Afkari.

Il a déclaré: «Les juges en quête de justice qui doivent répondre à Dieu rendent des verdicts basés sur la loi et la charia. L’agitation ne doivent pas et ne peuvent pas influencer l’opinion d’un juge

Ali Bagheri, adjoint aux affaires internationales du pouvoir judiciaire, a évoqué les nombreuses manifestations contre la pendaison de Navid Afkari par des Iraniens à l’étranger et a déclaré: « Ceux dont les mains sont tachées du sang de la nation iranienne sont censés crier dans les capitales européennes: meurtrier, nous poursuivrons ton chemin ». Il a effrontément attaqué les pays européens pour avoir permis aux Iraniens d’exprimer leur indignation face à l’exécution barbare d’Afkari, en affirmant qu’ils « soutiennent le meurtre sous le couvert des droits de l’homme« .

Il a également fait référence à un tweet de l’ambassadeur allemand en Iran concernant l’exécution d’Afkari: « S’ils n’ont aucune idée de la justice et de la droiture, ils devraient au moins respecter les normes diplomatiques et ne pas devenir un porte-parole pour répandre des mensonges comme un groupe d’opposition« .

Soulignant ainsi que le régime iranien redoute au plus haut point son renversement et se livre à l’exécution des manifestants arrêtés pour l’éviter. La Résistance iranienne appelle le Conseil de sécurité de l’ONU, le Secrétaire général, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme et le conseil des droits de l’homme de l’ONU, le HCR, l’UE à prendre des mesures immédiates pour sauver la vie de prisonniers condamnés à mort à Evine et dans d’autres prisons.

Elle réaffirme également la nécessité d’envoyer une délégation internationale de visiter les prisons iraniennes et de rencontrer les prisonniers insurgés pour empêcher de nouvelles exécutions.

D’autres articles sur l’Iran

Congo Brazzaville – Les ex-présidents Lissouba et Yhombi inhumés en France

Pascal Lissouba et Jacques Chirac

Pascal Lissouba est mort il y a quelques jours à Perpignan. Élu démocratiquement président de la République en ne violente guerre civile qui l’opposa à l’actuel président du Congo Brazaville, Denis Sassou-Nguesso


Joachim Yhomby-Opango fut lui aussi président de la « République populaire du Congo » de 1977 à 1979 (ancien nom du Congo Brazaville de 1970 au 15 mars 1992) et lui aussi est mort en France, à Neuilly-sur-Seine. Lui aussi reste exilé dans la mort. Adversaire politique du président actuel, ses parents ont été tués lors du coup d’État de 1997.

C’est un secret de polichinelle, bien qu’officiellement les ex-présidents Lissouba et Yhombi étaient en disgrâce avec Denis Sassou Nguesso, ils étaient tout de même plus ou moins aux bons soins de la République : madame Jocelyne Lissouba et parents ainsi que Jean Jacques Serge Yhombi Opango et famille ne diront pas le contraire.

Nos deux illustres personnages ont droit aux honneurs de la République dus à leur rang. L’unique difficulté que devrait rencontrer le rapatriement du cadavre Lissouba est son statut de réfugié. Même mort, il ne devrait pas repartir chez lui.

La mort entraînant l’annihilation de la personnalité juridique, l’ouverture de la succession du défunt s’impose comme le prévoit l’article 720 du code civil français, avant d’engager une quelconque démarche.

Il est certes vrai que les loups ne se bouffent pas entre-eux. Sassou Nguesso l’a démontré en évacuant qu’un seul prisonnier: Mokoko Jean Marie Michel. 

Pourtant il y en avait tant d’autres, comme le professeur Boukadia, le Colonel Mpika et le journaliste Bemba (moi-même) qui n’ont été secouru que grâce au concours des officiels américains et français.

Mais, les dirigeants actuels doivent s’arranger à proclamer le « pardon et l’amour » ?

Nous parlons des dirigeants qui gèrent le Congo et non uniquement le président Sassou Nguesso, car il n’est rien tout seul, il représente un système.

Tous les membres du système, y compris les pseudos fraternels, sont comptables. Ils tuent, pillent, asphyxient, trichent… Bref, ils violent les droits des congolais ! Que la mort des présidents Yhombi et Lissouba unissent les congolais pour bâtir leur pays. Que Yahvé couvre le Congo.

Ghys Fortune BEMBA-DOMBE

D’autres articles sur l’Afrique

IRAN – La machine d’exécution ne s’arrête pas

Au matin du 5 août 2020, Mostafa Salehi, un homme de 30 ans qui avait été arrêté lors des manifestations de « décembre 2017 / janvier 2018 » en Iran, a été pendu dans la prison d’Ispahan. L’agence de presse Fars (affiliée aux services de renseignements iraniens) a confirmé l’exécution du jeune homme et a écrit qu’il était l’un des principaux auteurs des manifestations qui s’étaient déroulées de Kahrizsang à Nadjafabad. Il a été condamné à mort pour avoir tué un membre des pasdaran (Gardiens de la Révolution). Une accusation qu’il a toujours rejetée.

Selon le ministre de l’intérieur de la République islamique, au moins 100 petites et grandes villes à travers l’Iran étaient alors devenues le théâtre des manifestations et de soulèvements contre la dictature des mollahs.

Mostafa faisait partie des Iraniens protestataires qui sont descendus dans la rue dans Kahrizsang, petite ville d’une population d’environ 10.000 habitants.


C’est pourquoi Mustafa a été pendu sans aucun préavis et de manière lâche, sans même que sa famille ou son avocat en soient informés, et les organisations de défense des droits de l’homme ont pris connaissance de l’imminence de son exécution quelques heures seulement avant et n’ont pas eu le temps suffisant pour réagir.


Des dizaines de manifestants non armés ont été abattus par les gardiens de la révolution et les Bassiji (milice lié aux Pasdaran) lors des manifestations tandis que de nombreux autres manifestants ont été arrêtés puis tués dans les prisons du régime, le plus souvent agonisant sous la torture. Ces meurtres ont été déguisés en suicide.

Mustafa était l’une des 5.000 personnes arrêtées, torturées et maltraitées. Comme beaucoup de ses compatriotes détenus, il a été privé du droit à un procès juste et équitable.

Le système judiciaire répressif et sous le contrôle de l’Etat a porté de graves accusations contre lui, notamment le meurtre d’un des pasdaran. L’accusation, qu’il a toujours rejetée même sous la torture la plus atroce.

Les Mollahs ont-ils peur de l’opinion publique ?

Le mois dernier, la justice du régime des mollahs a confirmé les condamnations à mort de trois manifestants du soulèvement de novembre 2019. Aussitôt, une campagne en ligne a été lancée dans le cyberespace, et l’Hashtag “Ne les exécutez pas » sur Twitter est devenu la tendance mondiale principale [Trending Topic] pendant plusieurs heures, retweeté par des millions de personnes. Un événement que de nombreux observateurs et militants actifs sur les médias sociaux ont décrit comme «une alliance unique et exceptionnelle» ou «la plus grande marche virtuelle d’Iraniens».

Une vague d’opposition à l’exécution de ces jeunes condamnés s’est répandue dans tout le pays avant de s’étendre dans le monde entier.

Des artistes, des athlètes et des célébrités à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Iran l’ont rejoint.

Diverses organisations de défense des droits de l’homme dans le monde, des personnalités politiques et même les ministères des Affaires étrangères de certains pays ont exprimé leur inquiétude. Finalement, le régime a été contraint de céder et de suspendre ces exécutions.

La pendaison de Mostafa Salehi executée en toute hâte

Mais ce retrait pourrait envoyer un message dangereux pour le régime à savoir que celui-ci est dans une grave crise de légitimité et dans une position de faiblesse. Et si une pression suffisante est exercée, il est susceptible de donner des concessions.

Ce message de faiblesse, d’une part, a conduit à une baisse du moral des partisans de la dictature et, d’autre part, a renforcé le courage des personnes qui ont survécu aux conditions explosives de la société iranienne. Une population qui a connu deux soulèvements majeurs au cours des deux dernières années.


L’exécution de Mustafa montre une fois de plus que le fascisme religieux en Iran sait qu’il n’est pas possible de vivre sans répandre l’atmosphère d’oppression créée par l’emprisonnement, la torture, l’exécution et autres punitions médiévale.


En novembre dernier, en seulement trois jours, 1.500 manifestants sont morts, selon Reuters, lors de manifestations pacifiques.

C’est pourquoi Mustafa a été pendu sans aucun préavis et de manière lâche, sans même que sa famille ou son avocat en soient informés, et les organisations de défense des droits de l’homme n’ont pris connaissance de l’imminence de son exécution que quelques heures seulement avant et n’ont pas eu le temps suffisant pour réagir.

De plus, la justice de la province d’Ispahan a également annoncé les condamnations à mort de cinq autres manifestants du soulèvement de « décembre 2017 / janvier 2018 » dans cette province. Les défenseurs des droits de l’homme sont désormais de plus en plus préoccupés par la possibilité de l’exécution secrète de ces cinq condamnés à Ispahan.

L’exécution de Mustafa montre une fois de plus que le fascisme religieux en Iran sait qu’il n’est pas possible de vivre sans répandre l’atmosphère d’oppression créée par l’emprisonnement, la torture, l’exécution et autres punitions médiévales.

En conséquence, toute sorte de concession qui permettrait au peuple d’exprimer son opposition, même de la manière la plus pacifique possible, et tout facteur qui réduirait le coût de l’opposition à la dictature, même la libre expression d’opinion, conduirait à son effondrement.

Il semble donc que le régime des mollahs poursuivra sa politique de répression maximale jusqu’au dernier souffle, qui ne pourra pas durer longtemps.

D’autres articles sur l’Iran

Le Liban sans capitale – Beyrouth sinistré

Une énorme explosion a frappé la capitale libanaise, Beyrouth, et ses causes ont commencé à émerger. Grâce aux multiples témoignages, il est certain que l’explosion s’est produite dans le quartier n°12 dans le port de Beyrouth, qui contient des stocks de nitrate d’ammonium. La laideur de ce qui s’est passée a suscitté la sympathie internationale, en particulier la France, dont le président Emmanuel Macron a annoncé sa visite au Liban aujourd’hui jeudi 6 août 2020 pour apporter son aide.

Soudain, sans avertissement, le Liban est sans sa capitale ! Beyrouth, qui a subi une grande explosion (qui ramène au souvenir 75 ans plutôt d’Hiroshima par le champignon lors de l’explosion), a changé ses caractéristiques géographiques et démographiques car la mort a frappé une partie de la capitale. 

Hier, les Libanais ont été stupéfaits par ce qu’ils ont vu, comme s’il s’agissait d’un film hollywoodien. Cette explosion digne de la fin du monde a commencé par une épaisse poussière qui a rempli le ciel, bientôt suivie d’une grande explosion qui a atteint les oreilles et le cœur de tout le Liban jusqu’aux voisins de Chypre et de Grèce qui l’entendent. Puis, les fantômes de la mort remplissent la capitale libanaise Beyrouth et ses environs.

Des cadavres brûlés ont envahi les rues avec des blessés partout, plus de 70 morts et 3000 blessés, selon ce que le ministre libanais de la Santé Hamad Hassan a annoncé jusqu’à présent tandis que de nombreux citoyens sont toujours portés disparus.

Les responsables ne connaissent pas la cause de l’explosion

Une véritable catastrophe humanitaire dont le monde s’est rendu compte. Noyés dans leur corruption et leur profonde constance à ne rien faire, les responsables politiques libanais ont diffusé des accusations sans déclaration officielle… Ils tentent d’expliquer à leur peuple ce qui s’est passé, comment et pourquoi ?

Selon les responsables de la sécurité, la cause indéterminée de l’explosion a enflammé un entrepôt à Beyrouth, celui contenait des explosifs, or personne ne s’en est pas rendu compte.

Dans d’autres déclarations, ils mélangent plusieurs éléments comm un un magasin contenant du nitrate d’ammonium, stocké de façon absurde à l’intérieur du port, qui devait s’installer ailleurs…

Aucune information sur la cause de l’inflammation précédant l’explosion. 

Le gouvernement déclare « Beyrouth ville sinistrée »

Comme aux pires heures d’un pays en guerre, le Conseil suprême de la défense s’est réuni au palais républicain en présence du président Michel Aoun et du Premier ministre Hassan Diab. Ils ont décidé de déclarer « Beyrouth ville sinistrée » et l’établissement d’un état d’urgence pendant deux semaines, en plus de former un comité d’enquête.

Des récits non officiels fournis par certains analystes militaires et journalistes libanais expriment 3 hypothèses :

  • Le premier parle d’une auto-explosion de nitrate stocké dans le port pendant des années de manière chaotique.
  • Le second parle de l’avion israélien ciblant le magasin de nitrate au moyen d’un missile aérien, des témoins oculaires ont rapporté qu’un avion israélien a volé dans les airs au moment de l’explosion.
  • Le troisième a rapporté que des avions israéliens avaient visé un magasin d’armes du Hezbollah situé dans le port.

Le président Donald Trump a lui aussi adopté la théorie de l’explosion dans un communiqué mardi soir. Les responsables militaires américains estiment que l’explosion de Beyrouth est un attentat à la bombe. Il a également exprimé sa sympathie au Liban après la mort de dizaines de milliers et de milliers de blessés.

Le résultat de l’enquête officielle apparaîtra selon les autorités dans les 48 heures pour déterminer les responsabilités et ce qui s’est passé le plus précisément possible. Mais d’autres questions sont importantes :

  • Que font ces matières dangereuses à l’intérieur du port de Beyrouth ?
  • Comment les responsables peuvent-ils permettre cela, alors qu’ils se rendent compte de son sérieux et de la situation géographique du port au cœur de Beyrouth ?
  • Qui porte la responsabilité du nombre de victimes qui sont tombées et qui indemnisera les personnes pour leur perte ? Et surtout, qui sera tenu responsable ?

Cette autorité corrompue dont la légitimité populaire est perdue depuis des mois, est-elle l’instance appropriée pour enquêter ? Une autorité avec tous ses appareils de sécurité, militaires et civils semblait ignorer ce que le port renferme de matériaux: est-ce qu’il existe un organisme compétent pour enquêter sur les causes de l’explosion ?

Le président français Emmanuel Macron arrivera jeudi au Liban

Personne au Liban ne fait confiance à l’autorité du gouvernement libanais qui se révèle incompétent. D’où l’espoir créé par le soutien international. Le président français Emmanuel Macron a été le premier à annoncer sur sa page Twitter (et s’exprimant en arabe) sa solidarité fraternelle avec les Libanais, déclarant que la France est et sera toujours aux côtés du Liban.

En attendant qu’il y ait une aide française concrête et des compétences transférer au Liban, nous attendons dès aujourd’hui la visite officielle du président français. 

Le Liban attend, ce pays millénaire sait que le monde entier le regarde. Ce petit pays riche avec son peuple plein de vitalité mérite la vie et mérite aussi un sérieux soutien international pour se remettre sur pied, et il mérite également de l’aide pour changer sa classe dirigeante qui est fatiguée, fatiguée de voler son peuple, fatiguée de le pousser à vivre en enfer.

Un stand de solidarité à Paris pour les victimes de l’explosion de Beyrouth

La communauté libanaise en France a tenu un stand de solidarité pour les victimes de l’explosion qui a frappé la capitale, Beyrouth, dans la cour de la basilique du Sacré-Coeur de la capitale française Paris, au cours de laquelle une minute de silence a été maintenue sur les âmes des victimes puis a chanté l’hymne national libanais.

Suite à l’explosion du 04/08/2020 des libanais et des français se sont réunis devant la basilique du Sacré Coeur à Paris par solidarité.

La tribune a été interrompue par des discours improvisés de certains des participants dans lesquels ils ont déclaré leur solidarité avec leurs compatriotes dans cette épreuve nationale, soulignant la nécessité de découvrir les circonstances de ce qui s’est passé et de tenir les auteurs responsables.

Il est à noter que l’appel à un stand de solidarité a eu lieu via les réseaux sociaux et a été accueilli spontanément par des Libanais, ainsi que par des citoyens français et étrangers, venus se receuillir ensemble.

D’autres articles

Liban – Visite de Jean-Yves Le Drian: « Aidez-nous à vous aider! »

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est venu au Liban pour aider la francophonie. En effet, la France a décidé de financer directement les écoles francophones sans passer par l’Etat libanais. Durant son voyage, il a envoyé aux responsables libanais des messages fermes. Il faut faire des réformes.

La Conférence du Cèdre existe toujours, a-t-il souligné, mais dépend de l’issue des réformes que le Liban entreprend en premier et du résultat des négociations qu’il mène avec le FMI (Fonds monétaire internationale).

Le gouvernement libanais, en la personne de son président, Hassan Diab, a promis des réformes qui n’arrivent toujours pas.

Parmi ces réformes, celle du contrôle pénal des comptes de la Banque du Liban (passage obligé pour obtenir des financements) qui est très opaque. 

Jusqu’à présent, aucune réforme n’a commencé car aucun officiel n’ose ouvrir ne serait-ce qu’un seul dossier qui montre la corruption dans la classe politique dirigeante libanaise. Ils étaient auparavant au pouvoir et ont concentré la contrebande d’argent à l’étranger via la Banque du liban et quelques autres.

Diab a également annoncé que son gouvernement est déterminé à négocier avec le Fonds monétaire international, espérant que la France contribuera à accélérer les négociations, oubliant que jusqu’à présent, ce gouvernement n’a pas atteint des chiffres clairs et explicites liés à la situation financière du pays.

Les dernières semaines et mois ont été les témoins d’une confusion entre les piliers de ce gouvernement en termes de chiffres financiers et de carences.

La France a une feuille de route pour le Liban

Jean-Yves Le Drian, qui ne paraissait pas convaincu par les propos des responsables libanais, a souligné que les conditions de sortie de la crise économique pour le Liban sont connues depuis longtemps, signe de sa critique envers la lenteur du gouvernement dans la mise en œuvre des réformes économiques.

Ce n’est pas seulement la demande de la France, mais la demande des libanais, et avec eux, de la communauté internationale. Il n’y a pas de substitut au programme du Fonds monétaire international pour permettre au Liban de sortir de la crise économique, soit le gouvernement la met en place, soit le Liban s’enfonce dans la crise.

Jean-Yves Le Drian a également appelé à des réformes dans le secteur de l’électricité, essentiel pour le développement du Liban, et dont les signes énvoyés ne sont guère encourageant. Le ministre français a souligné que la France est prête à se placer aux côtés du Liban et est également prête à placer ses partenaires à condition que les réformes soient mises en œuvre.

Et soudain, Jean-Yves Le Drian s’exclame: «Aidez-nous à vous aider!»

Sa visite diplomatique est la première depuis que Hassan Diab a assumé la présidence du gouvernement libanais.

Les écoles francophones du Liban seront aidées par le gouvernement français

Ce qui est également remarquable à propos de cette visite, c’est l’annonce française d’une aide financière estimée à 12 millions d’euros aux écoles francophones. Une étape qui malgré sa symbolique a soulagé le peuple libanais qui craignait de faire des dons financiers directement au gouvernement !

En effet, la plupart des citoyens sont convaincus que donner de l’argent à l’Etat c’est donner de l’argent qui ira directement dans les poches des fonctionnaires de l’État libanais. Les hauts dignitaires libanais pratiquent le vol de l’argent du peuple, soit directement, soit en légitimant ce vol par des lois et des décrets qui ne répondent qu’à leurs intérêts.

Comment faire confiance en ces institutions informelles lorsque l’État est un symbole de corruption ?

Le peuple libanais a perdu confiance en lui et en ce gouvernement qui n’a laissé qu’une option, celle dictée par le FMI. Après avoir gaspillé des semaines et des mois de la vie du peuple libanais (depuis la démission du gouvernement précédent qui était dirigé par Saad Hariri), ce gouvernement énumère ses fausses réalisations en faisant croire qu’elles sont faites.

Les Libanais espèrent sortir du cycle de l’effondrement économique, mais malgré leurs demandes constantes de porter les symboles de la corruption et du retour de l’argent bien dépensé comme pilier du renouveau libanais, ils se sentent incapables de faire un changement en raison de l’autorité du gouvernement.

Les libanais n’arrivent décidemment pas à faire pression sur la justice libanaise pour qu’elle bouge et sanctionne enfin ce monde politique corrompu.

Alors le message des Libanais à la France d’aujourd’hui et à la communauté internationale est le suivant: «Aidez-nous à nous aider!»

D’autres articles

GUINÉE CONAKRY – Quand les fêtes religieuses développent le pays…

La célébration des fêtes est devenue l’occasion de favoriser l’économie locale et la protection de l’environnement. Cette transformation sociale a commencé par les tisserands pour s’étendre au renouvellement des arbres et aux fameuses pommes de terre de Guinée. Entre promesse politique non tenue et crise du covid19 empêchant l’export, les guinéens, à commencer par les jeunes, ont décidé de se prendre en main. 

Lors de la fête musulmane de l’Aïd el-Kebir (Eid el-Adha ou Tabaski en guinéen) durant laquelle un mouton (ou une chèvre) est sacrifié,  les familles se réunissent et partagent un grand moment de convivialité. C’est ainsi que les guinéens reviennent dans leur localité familiale pour fêter ensemble ce jour saint. 

Depuis l’an dernier, les efforts des habitants de la Moyenne-Guinée s’orientaient sur le textile guinéen appellé « Donkin léépi ». Ces habits que les tisserands et teinturiers locaux confectionnent sont idéals pour les fêtes comme l’Aïd. Or, le secteur était en perte de vitesse et les débouchées commerciaux se faisaient rares. La fête de l’Aïd a permis de booster les ventes. 

La Basse-Guinée a emboité le pas. Le textile de Kindia fut mis a l’honneur. Idem en Guinée-Forestière où les yeux des habitants sont ornées par des textiles. Cette partie du pays qui s’appelle « La Forêt Sacrée » a une tradition ancestrale de travailleurs locaux. 

En somme, les guinéens ont trouvé un équilibre assez simple : consommer des produits locaux pour relancer l’économie locale.

Délaissée malgré les promesses politique, la pomme de terre est de la fête

Sur la même lancée, les habitants de la Moyenne-Guinée ont compris que cette année 2020 allait être très difficiles. Des milliers de tonnes de pomme de terre (plus de 20.000 tonnes en 2010 pour la fameuse pomme de terre dite la « Belle de Guinée ») ont été produits pour l’export. Les frontières étant fermés, il suffit de les stocker. 

Sauf qu’il n’y a nulle part où les stocker à faute de graves faits de corruption et un manque de responsabilité de la part des autorité incapable de construire un lieu de stockage. Conséquence, les pommes de terre pourrisent. Imaginez le désastre sociale et économique plongeant la Moyenne-guinée dans une crise sans précédent. 

Un appel a été lancé pour sauver le secteur des pommes de terre. C’est le président de la Fédération des paysans du Fouta Djalon (FPFD) et du Conseil national des Organisations paysannes de Guinée (CNOPG) Moussa para Diallo qui a osé. Pari réussi ! Les guinéens, comme un seul homme, sont allés acheter des pommes de terre permettant la pérénité des commerces locaux. L’Aîd a été le point culminant de ce sauvetage in-extremis. 

En effet, le produit guinéen le plus vendu à l’étranger est la pomme de terre. Fait surprenant, la plupart des plats guinéens sont à base de riz, alors que la Guinée Conakry ne produit pas de riz ! A l’inverse, la consommation des pommes de terre n’est pas un aliment de base en Guinée malgré le fort coût d’importation.

Exclu du secteur économique, la jeunesse guinéenne pense au futur écologique

Dans notre prochain article, nous analyserons en détail la dégradation catastrophique de l’environnement en Guinée, une zone d’investigation à haut risque pour les journalistes. 

Mais ce qu’il faut savoir, c’est qu’il existe aussi un rapport entre la fête de l’Aïd et les arbres. En effet, la déforestation sauvage a joué un rôle désastreux pour l’environnement. Les sources ont besoin des arbres pour s’étendre et rejoindre le lit des fleuves, particulièrement nombreux en Moyenne-Guinée. Leurs suppressions ont tari plusieurs rivières.

Reprenant une tradition nouvelle qui consiste à planter un arbre à chaque anniversaire, les familles profitent de l’Aïd pour le faire à leur tour et ainsi reboiser la Guinée Conakry qui en a besoin. 

C’est dans ce sens que les filles et fils de la région de Moyenne-Guinée construisent ensemble une union sacrée autour des valeurs culturelles, économique et écologique. Bien loin des promesses non tenues par Alpha Condé et son gouvernement qui préfèrent l’argent de la corruption que le bien être des citoyens, que ce soit au présent ou dans l’avenir.

D’autres articles