Les journalistes environnementaux : un climat hostile

Forbidden Stories, plateforme destinée à sécuriser le travail des journalistes, a dévoilé son projet environnemental. Une enquête aux côtés de 30 médias sur le secteur minier, particulièrement répressif à l’égard des reporters. L’occasion de faire le point sur l’une des formes de journalisme les plus menacées ; le journalisme environnemental.

« Les rapports d’enquête sur l’environnement peuvent être aussi dangereux que les rapports sur le narco-trafic »


Le Green Blood Project ou « le projet sang vert » est une enquête réunissant 40 journalistes, 15 médias dans 10 pays différents durant 8 mois. La série qui en découle est publiée à compter du 18 juin dans 30 organes de presse du monde entier dont Le Monde, The Guardian au Royaume-Uni, Expresso au Portugal et Süddeutsche Zeitung en Allemagne.

Ce nouveau projet est une enquête collaborative internationale lancée par le collectif Forbidden Stories qui poursuit les enquêtes de journalistes menacés, emprisonnés ou assassinés.

Trois continents sont explorés : l’Afrique, l’Amérique latine et l’Asie

L’enquête se penche sur les pratiques de trois compagnies minières, milieu opaque et devenu interdit aux journalistes et à l’investigation. « Sur chaque continent, l’industrie minière dissimule certains secrets inavouables » peut-on lire dans le teaser dévoilé ce jour.

Green Blood Project permet de dénoncer l’impact des mines sur la santé et l’environnement ainsi que leurs politiques d’expansion brutales tout en rendant publics les actes de censure et les menaces touchant les journalistes.

L’aventure commence en Tanzanie, où le journaliste Jabir Idrissa dénonce les agissements autour d’une mine d’or. Elle se poursuit au Guatemala, où l’industrie du nickel provoque la colère des populations locales et les autorités tentent de bâillonner le journaliste Carlos Choc. Elle se termine en Inde, où des journalistes comme Sandhya Ravishankar dévoilent au péril de leur vie les agissements de véritables « mafias du sable ».

Le journalisme environnemental sous haute tension

« Couvrir l’environnement est l’une des formes de journalisme les plus dangereuses, après le reportage de guerre » souligne The Guardian.

Bruce Shapiro, directeur du Dart Center for Journalism and Trauma a déclaré dans les pages du quotidien britannique que « les rapports d’enquête sur l’environnement peuvent être aussi dangereux que les rapports sur le narco-trafic ».

Lundi 17 juin, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) livre son rapport. Au moins 13 journalistes ont été tués depuis 2009 pour avoir enquêté sur des scandales environnementaux. Le total pourrait même atteindre 29 cas, le CPJ enquête toujours sur 16 autres décès suspects.

Une constatation qui n’épargne aucun continent

L’Inde se classe parmi les endroits les plus dangereux pour exercer le  métier de journaliste environnemental.

Trois des treize personnes qui ont été tuées au cours de leur travail depuis 2009 étaient originaires du pays.

Trois autres étaient basées aux Philippines.

Les autres sont morts au Panama, en Colombie, en Russie, au Cambodge, au Myanmar (ex-Birmanie), en Thaïlande et en Indonésie.

Pour le directeur exécutif du CPJ, Joel Simon, « la couverture de tels articles pour les médias nationaux et internationaux implique souvent de se rendre dans des communautés éloignées et de faire face à des intérêts puissants. Cela le rend intrinsèquement dangereux. […] Ce n’est pas un problème nouveau, mais il est devenu plus aigu à mesure que le changement climatique a un impact plus direct sur le quotidien des gens« .

La hausse des menaces envers les journalistes environnementaux pose des questions sur la vulnérabilité de ces derniers. Pour Eric Freedman, professeur de journalisme au Knight Center for Environmental Journalism, les « reporters devraient recevoir une formation à la sécurité, comme beaucoup de correspondants de guerre ou internationaux ». Comme le rappelle le Comité pour la protection des journalistes, « le meurtre est la forme ultime de la censure ».

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La « dépouille mortuaire-épouvantail » d’Étienne Tshisekedi

Si Etienne Tshisekedi, cet homme de conviction, faisait peur à ses adversaires politiques, de son vivant, il l’a fait autant, sinon plus, à travers sa dépouille mortelle, deux ans après sa mort. Non seulement à la « kabilie » (cf Kabila), mais aussi au camp de son propre fils, Félix, l’actuel chef de l’Etat de la RD Congo. Détail quasiment occulté.


« Charogne de serpent fait toujours peur », dit un adage bantou.


La démonstration de cette thèse n’appelle pas forcément une longue rhétorique, rompue aux règles de la dialectique. Elle est simple.

Tout est lié à la mort du leader, Etienne Tshisekedi, à Bruxelles, le 1er février 2017.

On attendait beaucoup de lui pour le dénouement du dialogue politique, parrainé par l’Eglise catholique. En vérité, dans le camp de Kabila, on ne s’était pas attristé de ce décès.

Dans une guerre, la mort du principal chef militaire induit souvent la débandade de ses troupes. Le constat est amer au niveau de l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Première force de l’opposition (à l’époque) au régime dictatorial de Kabila, celui-ci s’est mis à la dépecer, jusqu’à « apprivoiser » Félix Tshisekedi.

L’UDPS, qu’on le veuille ou non, est aujourd’hui en lambeaux. L’attitude des militants déboussolés, dans lesquels réside encore le cœur battant du parti, en dit long. Nous aurons l’occasion de le démontrer avec force détails dans notre prochain article: « RD Congo : le ferment d’une révolte populaire ».

Ironie de l’Histoire congolaise

Cette paralysie de toute l’opposition, après ce qu’il est convenu d’appeler l’ « Accord de la St-Sylvestre », est la raison pour laquelle le corps d’Etienne Tshisekedi est « resté orphelin » pendant plus deux ans à la morgue à Bruxelles.

La « kabilie » en avait effroyablement peur. Dans son fantasme de voir des millions des Congolais sortir, à Kinshasa, pour honorer la dépouille mortelle du « Sphinx de Limite », et transformer vite la circonstance en révolte populaire, le pouvoir aujourd’hui « échu » s’était chaque fois arrangé pour repousser le rapatriement du corps aux calendes grecques.

Ironie de l’histoire : depuis janvier, c’est son fils qui est devenu Président de la République. Felix Tshisekedi, fils d’Etienne, obtient donc le pouvoir supreme. Les Congolais se sont mis illico presto à espérer, car pour la plupart d’entre eux, feu Tshisekedi était un véritable combattant de la démocratie, un « bwana mkubwa » (un grand monsieur, en kiswahili), après Lumumba.

Son corps devait vite d’être rapatrié au sol qui l’a vu naître, et y être enterré avec des honneurs dus au rang des « Grands ». En France, il aurait été conduit, sans nuances, au Panthéon.

Qu’a-t-il fait, Félix Tshisekedi, à ce propos ?

Une opération en deux temps, trois mouvements.

Les premiers signes négatifs sont partis d’un document confectionné et signé par son chef de cabinet, Vital Kamehre. Un document vague, qui évoquait surtout des chiffres, astronomiques, sur la dépense liée aux obsèques. Or, la stature du défunt devait appeler, pour ce faire, la décision du Parlement congolais. Un acte qui devait être gravé dans les annales de la République. Pour quelle raison s’était-on précipité à réaliser vaille que vaille ces funérailles, qui devaient recevoir, au préalable, une onction de la Nation? Cherchait-on à engranger simplement des effets d’annonce? Ou avait-on véritablement peur? L’actuel chef de l’Etat et son « emblématique » chef de cabinet ont, en quatre mois de gouvernance, accumulé des erreurs d’amatérisme du genre: « M’as-tu vu? ».

Pour des actes sans importance, au regard des défis à relever que pose le pays. Que penser, par exemple, de l’image médiatisée à outrance de Félix Tshisekedi inaugurant la construction d’un pont vicinal, sinon associer celle-ci à un chef d’Etat protocolaire, assigné uniquement à « inaugurer les chrysanthèmes? ».

Avec cette dépouille mortuaire, tout pouvait arriver

Cette parenthèse fermée, revenons à la dépouille mortuaire qui a fait peur à tout le monde.

Il y a deux ans, à la « kabilie », et hier, au camp de Félix. Que s’était-il passé, à Bruxelles, mardi 28, à propos de l’avion?

A ce jour, l’imbroglio est resté total.

On parle de plusieurs choses, à la fois : c’est un gros appareil qui devait transporter plus de cent personnes (qui s’était volatilisé) ; la facture du propriétaire de cet avion n’aurait pas été honorée ; finalement, c’est un avion plus petit, dont on ne connait pas le propriétaire, qui a solutionné la question. Certaines informations ont cité le Togo ou le Gabon comme pays amis bienfaiteurs.

L’avion a décollé de Bruxelles, jeudi 30 mai à 11h25. Pour atterrir à Kinshasa à la nuit tombante. Interrogés, au sujet du retard, les responsables politiques belges ont décliné toute responsabilité.

Tout compte fait, et avec le recul du temps, il n’est pas vain de voir que quelque chose à cloché sur le rapatriement de la dépouille mortelle de Tshisekedi. Un véritable nœud gordien! Y avait-il intention, pour les autorités en place à Kinshasa, que certaines étapes du programme tracé constituant la haie d’honneur soient « brûlées », puisqu’elles étaient potentiellement périlleuses?

Imaginez une foule de centaines de milliers de gens, agglutinés sous le soleil équatorial, criant et courant tout autour du cortège funèbre! Tout dans pareil cas pouvait arriver. Une déferlante qui aurait l’opportunité de tout emporter sur son passage: la « kabilie » et tous ses alliés, c’est-à-dire Félix Tshisekedi, Kamerhe et consorts.

Une « dépouille mortuaire-épouvantail » qu’on a maîtrisée, à travers mille et un calculs savants, en choisissant notamment son débarquement, de nuit, à Kinshasa-La-Rebelle. Pour faire court, disons qu’il y a eu plus de peur que de mal. Heureusement. Paix éternelle à ce grand combattant de la démocratie. C’était un deuxième Lumumba, à sa manière. Quoi qu’on en dise!

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  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

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RDCongo : une nouvelle pierre d’achoppement dans les négociations sur le gouvernement

À dix jours de la fin de session parlementaire, prévue pour le 15 juin et au cours de laquelle le nouveau gouvernement congolais doit être investi, les négociations entre la coalition CASH de Félix Tshisekedi et le FCC de Joseph Kabila sont au point mort. Les deux camps ne s’accordent toujours pas sur la répartition des postes au sein du futur gouvernement.

La dernière réunion de négociations qui s’est tenue mardi soir à Kinshasa a tourné court. La réunion n’aura duré que quelques minutes pour se conclure sur un constat d’échec, avant même que la question du gouvernement à proprement parler ne soit abordée.

En cause : la décision lundi du chef de l’État Félix Tshisekedi de procéder à des nominations à la tête de la Gécamines et de la Société Nationale des Chemins de fer Congolais (SNCC), sans l’aval du nouveau Premier ministre.

Des nominations jugées « illégales »

Une décision jugée « illégale » par les pro- Kabila, qui n’ont pas fait mystère de leur mécontentement dès le début de la réunion.

Pour Constant Mutamba, avocat et cadre de cette coalition, elles « violent l’article 81 de la Constitution » car elles n’ont pas été contresignées par le nouveau Premier ministre. L’avocat menace de saisir le Conseil d’État.


« On ne peut pas éternellement bloquer tout un pays », abonde un cadre du parti présidentiel.


Une lecture contestée par Me Kapiamba, le président de l’Acaj (Association congolaise pour l’accès à la justice). Pour lui, le chef de l’État a agi en vertu de l’article 60 de la Constitution de l’État, alors que l’ex-Premier ministre est démissionnaire et que le nouveau Premier ministre n’est pas encore formellement investi, faute d’accord sur la composition du gouvernement. « On ne peut pas éternellement bloquer tout un pays« , abonde un cadre du parti présidentiel.

Mais au- delà du débat juridique, c’est aussi le choix de Gabriel Kyungu pour diriger le conseil d’administration de la société nationale des chemins de fer (SNCC) qui dérange, estime une source au FCC. Ce proche de Moïse Katumbi, ne fait pas partie de la coalition au pouvoir. « C’est un message subliminal de la part du chef de PPRD Joseph Kabila », explique cette source pour qui le Raïs laisserait ainsi entendre à ses partenaires qu’il pourrait au besoin se chercher de nouveaux alliés.

« Nous n’en sommes pas à la rupture, mais nous sommes bloqués »

Une pierre d’achoppement de plus en tout cas dans des discussions déjà bien difficiles. « Nous n’en sommes pas à la rupture, mais nous sommes bloqués », reconnaissait mercredi l’un des négociateurs du président Tshisekedi tout en accusant ses partenaires d' »entraver » les discussions avec des « manœuvres dilatoires » et de « refuser de céder » la moindre parcelle de pouvoir.

Les deux camps n’arrivent pas se mettre d’accord sur ce que doit être la répartition des postes entre les deux coalitions. Pas question côté FCC, largement majoritaire dans les deux assemblées de concéder aux pro-Tshisekedi plus 24% des postes ministériels, quand ces derniers en réclament 45%, avec pour argument « qu’ un poste de président « devrait peser » plus » dans les négociations que « quelques députés », explique l’un des négociateurs.

Bref, des positions encore très éloignées. Sans oublier l’épineuse question des postes régaliens, revendiqués par les deux camps, qui augure là aussi de tractations houleuses et n’a pas encore été abordée. Signalons que les plateformes de Tshisekedi et Kabila optent pour une coalition gouvernementale n’aspirent aucun confiance au sein de la classe politique, ni à la société civile et, moins encore à la presse congolaise qui constate que les violations des droits humains restent très élevées en 2019, selon l’ONU.

Les agents de l’État sont plus que jamais pointés du doigt en ce moment, ils sont même responsables selon l’ONU, d’au moins 73% des exactions comptabilisées sur tout le territoire national, contre 53% en décembre. A noter le nombre très élevé d’exécutions extrajudiciaires : au moins 47 dont 7 femmes, soit plus d’une par jour. Au total, l’ONU relève 574 violations, soit plus qu’en novembre ou décembre 2018, et sur ces 574, un bon tiers sont des violations à caractère politique.

Au moins une cinquantaine de personnes, pour l’essentiel des militants des droits de l’homme et des journalistes, ont fait l’objet de menaces ou d’attaques et ils ont eu besoin, dans les quatre semaines qui ont suivi l’enterrement à Kinshasa de sphinx de Limite Monsieur Étienne Tshisekedi (le père de l’actuel président Félix Tshisekedi), mesures de protection des Nations- unies. Nascimento Christian Journaliste politique.

Tribune : universitaires et chercheurs s’inquiètent de l’ingérence marocaine envers Maâti Monjib

Un procès ouvert en 2015, reporté 15 fois. Avec notre confrère de la Maison des journalistes Hicham Mansouri, Maâti Monjib est visé par une plainte suite à la création d’une application mobile aidant les journalistes marocains et depuis censurée par le pouvoir. Hicham a du quitter le Maroc après avoir connu la diffamation et la prison. Maâti Monjib, universitaire a pu rester au Maroc, mais à quel prix?

Le 22 avril 2019, l’historien Maâti Monjib est entré dans une grève préventive de la faim pour 48 heures. Enseignant-chercheur à l’Institut des études africaines (IEA) de l’Université Mohammed V de Rabat, il est menacé de se faire radier de l’université et de la fonction publique, après avoir accepté de participer, en qualité de rapporteur, à la soutenance d’habilitation à diriger les recherches (HDR) de Mounia Bennani-Chraïbi, le 13 février 2019, à l’École normale supérieure (ENS), à Paris.

L’affaire de l’ENS

Quatre ans plus tôt, Maâti Monjib a mené une grève de la faim illimitée qui a duré 24 jours, pour défendre son droit à la libre circulation. En lien avec la formation de jeunes journalistes à des outils de la presse citoyenne, il a été poursuivi avec six autres personnes, d’abord pour « atteinte à la sécurité intérieure de l’État ».

Le procès court toujours et Maâti Monjib fait l’objet de campagnes incessantes de diffamation et d’harcèlement moral. À l’origine des pressions que Maâti Monjib subit actuellement, rien de bien révolutionnaire : il a tenu à remplir ses engagements auprès de ses collègues en prenant part à un événement hautement académique.

Invité dès le mois de juin 2018 à faire partie du jury d’HDR de Mounia Bennani-Chraïbi, il a rapidement avisé les autorités de tutelle et produit tous les documents exigés, y compris la convocation officielle de l’ENS, sans pour autant obtenir un accord administratif formel, que peu d’universitaires sollicitent.

Maâti Monjib décide quand même de participer à la soutenance : sa présence est essentielle au bon déroulement de ce processus d’habilitation long et complexe. Peu après son retour à Rabat, il reçoit plusieurs « demandes d’explication » de la part des autorités universitaires pour non-présence sur son lieu de travail.

Un choix cornélien

Il y répond et dépose personnellement, à chaque fois, ses réponses à l’administration de l’institut ; preuve supplémentaire de sa présence. Or, son ministère de tutelle a engagé contre lui une procédure en abandon de poste (depuis le 11 février 2019), notifiée le 18 avril. Sommé de signer un formulaire de « reprise du travail » dans un délai de sept jours, Maâti Monjib a le choix entre reconnaître des accusations fallacieuses ou se faire radier.

Il a déposé un dossier officiel attestant qu’il n’a nullement abandonné son poste et 19 de ses collègues de l’institut ont témoigné par écrit qu’il « se présente régulièrement au poste de son travail » à l’institut et s’acquitte normalement de ses tâches.

Le procès-verbal signé par l’ensemble des membres du jury d’HDR atteste également de sa participation active à une activité scientifique, qui relève du cahier des charges de tout professeur universitaire.

L’Institut des études africaines se flatte sur sa page web de favoriser la coopération universitaire internationale et la mobilité des enseignants. N’est-ce pas contradictoire de soumettre Maâti Monjib à des épreuves kafkaïennes, alors même qu’il ne faisait que représenter son université dans une institution pour le moins prestigieuse ? En notre qualité de professeurs universitaires et de chercheurs, nous exprimons toute notre inquiétude face à cette entrave à la liberté académique.

231 signataires au 9 mai 2019 : 

NomPrénomPaysInstitut / fonction
Bennani-ChraïbiMouniaSuisseUniversité de Lausanne
AllalAminTunisieCNRS-IRMC
BoccoRiccardoSuisseThe Graduate Institute
BurgatFrançoisFranceCNRS
CamauMichelFranceInstitut d’études politiques d’Aix-en-Provence
CasimiroIsabel MariaMozambiqueEduardo Mondlane University
CatusseMyriamFranceCNRS
ChalcraftJohnRoyaume-UniLondon School of Economics and Political Science (LSE)
DakhliLeylaAllemagneCentre Marc Bloch
DesruesThierryEspagneIESA-CSIC
El KhawagaDinaLibanAmerican University of Beirut
FillieuleOlivierSuisseUniversité de Lausanne
GamalWaelÉgypteCarnegie Endowment for International Peace
GreemanRichardÉtats-UnisUniversity of Hartford
GusevAlekseyRussieMoscow State University
HammoudiAbdellahÉtats-UnisPrinceton University
HudisPeterÉtats-UnisOakton Community College
IharchaneOmarMarocUniversité Cadi Ayyad
JeppieShamilAfrique du SudUniversity of Cape Town
KaneOusmaneÉtats-UnisHarvard University
López GarcíaBernabéEspagneUniversité Autónoma
LöwyMichaelFranceCNRS
Miller G.SusanÉtats-UnisUniversity of California, Davis
MounaKhalidMarocUniversité Moulay Ismail
MounibNabilaMarocUniversité Hassan II
NaciriMohammedMarocGéographe, Université Mohammed V
NeveuErikFranceSciences Po Rennes
OfferléMichelFranceÉcole normale supérieure de Paris
RachikHassanMarocUniversité Hassan II
Siméant-GermanosJohannaFranceÉcole normale supérieure de Paris
StennerDavidÉtats-UnisChristopher Newport University
UysalAysenTurquiePolitologue (expulsée de l’Université d’Izmir)
VairelFrédéricCanadaUniversité d’Ottawa
VillalonLeonardoÉtats-UnisUniversity of Florida
VermerenPierreFranceParis 1 Panthéon-Sorbonne, France
WainscottAnn MarieÉtats-UnisMiami University
WaterburyJohnLibanAmerican University of Beirut

 

Les autres signataires par ordre alphabétique :

 

AainoussAbdelghaniMaroc 
AarourFatihaFrance 
AbdelmoumniSouadMaroc 
AbdelmoumniNaimaMaroc 
AchahbouneAbdellazizMaroc 
AchibaneMehdiMaroc 
AfkirMostafaFrance 
AfsahiKenzaFranceCentre Emile Durkheim – Université de Bordeaux
AghbalAhmedMarocUniversité Moulay Ismail
AhndarMohamedMaroc 
AitbaMouhssineMaroc 
AkanniSalouaFrance 
AkesbiNajibMarocInstitut agronomique et vétérinaire Hassan II
AksikasJaafarÉtats-UnisColumbia College Chicago
Alami MchichiHouriaMarocUniversité Hassan II
AllalTewfikFrance 
AlliouiHananeMaroc 
Andalous OuartassiKamalMaroc 
AnkariHamidMaroc 
AribAhmedMaroc 
AssidonSionMaroc 
AugierJean-PaulFranceHistorien
AzdemMehdiMaroc 
BaczkoAdamFranceUniversité Paris I
BajjajiGabrielFrance 
BalarbiNajatSuisse 
BaranziniRobertoSuisseUniversité de Lausanne
BelarbiMohamed  
BelfquihAbdelkhalekFrance 
BelghaziAmineMaroc 
BellaHassanMaroc 
Ben MamiAmineFranceSciences Po Aix
Ben SaudYoussefMaroc 
BenchebabAbdellatifMaroc 
BenmoussaYounesMaroc 
BennaniTaoufikMaroc 
BenslimaneDouniaMaroc 
BernichAbdallahMaroc 
BouabidAliMarocPolitologue
BouaggaYasmineFranceÉcole normale supérieure de Lyon – Triangle
BoubelrhitiLhoucineMaroc 
BouchraMouloudaMaroc 
BouguiyoudSaidQatar 
BouharouSullimanMaroc 
BoulaFaroukMaroc 
BoulakhrifAhmedMaroc 
BoutaharDrissMaroc 
BouzendagaAbdallahMaroc 
BrazekAbdeslamFrance 
BrouksyOmarMarocJournaliste et universitaire
ButinCyprienFranceConsultant en développement urbain
CaponCorinneSuisse 
CasaniAlfonsoEspagne 
ChahirAzizMarocPolitologue
CharpentierIsabelleFranceUniversité de Picardie
ChbibiMohamed  
CheikhMeriamFranceAnthropologue
CherbibMouhieddin e 

 

Militant des droits de l’homme tunisien

CherouaouBrahim  
CherquiIlhamCanada 
CherradouMohammedMaroc 
ChoubiMohamedMaroc 
ChoukriHmedFranceUniversité Paris Dauphine
ChraibiSaadMaroc 
DafirHassanMaroc 
DeğerOzanTurquiePolitologue (expulsé de l’Université d’Ankara)
DemetriouEleniChypreAix-Marseille Université
DerouichSaidMaroc 
DianiMoradQatarUniversité Cadi Ayyad (actuellement chercheur au Doha Institute)
DirècheKarimaFranceCNRS
DuchesneSophieFranceCNRS
DuthuFrançoiseBelgiqueUniversité Paris Ouest Nanterre
EichenbergerPierreÉtats-UnisChercheur invité à la New School
El AmineAmalMaroc 
El AyarMhamedMaroc 
El FahliMohamedMaroc 
El ImameSoumiaMaroc 
El KawkabiHassanMaroc 
ElalaouiCharifFrance 
ElAmineAdnanLibanAmerican University of Beirut
ElbelghitiRachidMaroc 
ElbouskyBelaidÉtats-Unis 
ElkhairiAyoubMaroc 
ElouajjaniSaidMaroc 
ElyamlahiZakiaMaroc 
EmperadorMontserratFranceUniversité Lyon 2
FakirIntissarÉtats-UnisCarnegie Endowment for International Peace
FarhatAbdellatifFrance 
FatmiYoussefMaroc 
Fernandez-MolinaIreneRoyaume-UniUniversity of Exeter
GanevVenelinÉtats-UnisMiami University
GaubertJulieSuisseChercheuse
GhadeerAhmedÉgypteChercheuse
GobilleBorisFranceÉcole normale supérieure de Lyon
GonnetAurélieFranceChercheuse
González García de ParedesMartaEspagneIESA-CSIC
GrazJean- ChristopheSuisseUniversité de Lausanne
GrottiLaetitiaMaroc 
GuediraAbdellahMaroc 
HayatSamuelFranceCNRS
HeddouchiOmarMaroc 
IdbelaidHamidMaroc 
IdhmidaMohamedMaroc 
IlahianeHsainÉtats-UnisMississipi State University
ImmAnasMaroc 
JahijaQendrimSuisse 
JamalAyoubMaroc 
Janne d’OthéeNathalieBelgiqueCentre national de coopération au développement (CNDD 11.11)
JenkalAbdelaziz  
JeradiMohamed  
JimenezMarEspagne 
JouvenetMorganFranceCNRS
KerdellassAchrafMaroc 
KhadirKhaddoujFrance 
KhalilOmniaÉgypteChercheuse
KheirAhmedÉgypteChercheur
KosuluDenizFranceChercheuse
KsikesDrissMarocÉcrivain et professeur à HEM
KurtoğluZerrinTurquieSociologue
LaaroussiOmarMaroc 
LahmamedElmehdiQatar 
LizéWenceslasFranceUniversité de Poitiers
López HernándezDoloresEspagneUniversidad de Navarra
Loukili ChrifAl MostafaMaroc 
MaaninouLarbiFrance 
MachAndréSuisseUniversité de Lausanne
MachrouhiDahbiMaroc 
ManryVeroniqueFranceSociologue
MasrourAissaMaroc 
MathieuLilianFranceÉcole normale supérieure de Lyon – Centre Max Weber
MayauxPierre-LouisFranceCentre international de recherche pour l’agriculture et le développement
MazighBahriMaroc 
McLaughlinFionaÉtats-UnisUniversity of Florida
MejjadGhaniMaroc 
MelianiYoussefMaroc 
MenouxThibautFranceUniversité de Nantes
MeziatyMouadMaroc 
MezziYoussefMaroc 
MiasColineFranceDoctorante Sciences Po Aix
Mohamed-ChaabaniSalihaFrance 
MortabitZouhairFrancePolytech Clermont-Ferrand
MotaMiltonSuisse 
Mouhallil-LeroySophieBelgique 
MoustekfuAbdellatifMaroc 
MrabtiMohammedMaroc 
MulhemMonifSyrieIntellectuel et militant syrien
NaguibMohamedFrance 
NaihMohammedMaroc 
NaimMustaphaMaroc 
NajemeIbrahimMaroc 
NaouaAdibaMaroc 
NasrAymanFrance 

 

Nuino Mourad

Mourad Nuino

 

Maroc

 

Docteur en droit

OcanaMorganFrance 
OlivierIsabelleFrance 
OubakaBrahimMaroc 
OukmeniIdirMaroc 
OumlilKenzaMarocUniversité Al Akhawayn
PaboeufJean-LouisFrance 
PagisJulieFranceCNRS
PapadopoulosIoannisSuisseUniversité de Lausanne
PaternotteDavidBelgiqueUniversité libre de Bruxelles
PereiraCristinaSuisse 
PierretMoniqueBelgique 
QmichouKhadijaMaroc 
RaddaouiRaddaouiMaroc 
RajibSaidMaroc 
RaoudMostafaMaroc 
RaymondCandiceFranceIREMAM
RhribSamiSuisse 
RivetBénédicteFranceCentre Max Weber
RuchetEvanSuisse 
RuelAnneFranceHistorienne
Ruiz de ElviraLauraFranceUniversité Paris Descartes

 

Sadki

Abdelouahe d

 

Maroc

 
SaidiRachidaMaroc 
SammouniMohamedMarocJournaliste et chercheur en sociologie politique
SefriouiKenzaMarocDocteure de l’Université Paris IV, journaliste culturelle, critique littéraire et éditrice
SillyVincaFrance 
SolanasFacundoArgentineUniversité de Buenos aires
SommierIsabelleFranceUniversité Paris 1
TajMustaphaMaroc 
TalbiAlaaTunisie

Docteur de l’Université de Tunis, Forum

tunisien pour les droits économiques et sociaux

TayebiMohammedMaroc 
TbeurIssam- EddineMarocUniversité Mohammed V
TekEylemTurquie 
TisserdiRachidMaroc 
TmartAhmedMaroc 
TokerNilgunTurquiePolitologue (expulsée de l’Université d’Izmir
TurkmenBuketFranceCentre Emile Durkheim
WahnichSophieFranceCNRS
YukselHakanFrance 
ZejlyNassimFrance 
ZwanenburgElsaSuisse 
  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

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    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

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  • Recrudescence des attaques contre les journalistes en RD Congo03/09/2019 - 9:15

    Journaliste en danger (JED), s’insurge contre le regain d’attaques enregistrées depuis quelques semaines contre des journalistes et des médias. Le JED appelle les nouvelles autorités de la République Démocratique du Congo à prendre des mesures immédiates pour que cessent ces attaques répétées. En l’espace de deux semaines, le JED a enregistré au moins 6 cas […]

  • Corée du nordCorée du Nord & AFP: enquête sur le journalisme sous dictature27/08/2019 - 12:27

    En novembre 2016, l’Agence France-Presse (AFP) inaugurait son bureau à Pyongyang, capitale de la Corée du Nord. Son objectif: couvrir le pays de l’intérieur en capturant tout ce qui lui était possible de voir, via des reporters présents sur place. Trois ans après, la Maison des journalistes est entrée en contact avec Philippe Massonnet, directeur […]

Confusion artistique au sommet de l’Etat congolais : tous masqués et perdants !

Des images contradictoires, futiles à souhait. Du sur-place politique. Au sommet de l’Etat, trônent deux présidents de la République, le premier visible (sans pouvoir), le second masqué (détenant illégalement l’imperium). Le tout rehaussé, en théâtralité, par un début d’éclatement du parti d’opposition LAMUKA. Voilà ce à quoi assiste le peuple congolais, depuis la « passation du pouvoir civilisée » entre Kabila et Tshisekedi. Il y a plus de trois mois. Au total, un vrai flou artistique !

Entre-temps, les cent jours probatoires pour le nouveau chef de l’Etat se sont consommés. Sans roulement de tambour. Quant au gouvernement, on continue de chercher le fil d’Ariane indispensable pour le tirer des labyrinthes de Kingakati (capitale politique des kabilistes). Tout cela sur le dos du peuple, qui en bave.

Quel est donc le problème de gouvernance en République Démocratique du Congo ?

Qu’est-ce qui enraye la machine, justifiant ainsi les allégations de ceux qui pensent que, globalement, c’est à cause des accords scélérats signés entre Kabila et Tshisekedi que tout va à vau-l’eau.

Dans cette vision -généralement partagée par nombre d’observateurs objectifs-, il y va des choses qui paraissent simples à celles qui relèvent d’une importance capitale : d’un président de la République logé en dehors du palais présidentiel, par exemple, au blocage de la nomination d’un Premier ministre et, dans la foulée, de la mise en place d’un gouvernement pour le fonctionnement normal du pays.

Marché de dupes

Une simple observation, par rapport au dernier point, suggère que les dessous de l’accord passé entre Kabila et Tshisekedi porteraient sur des intérêts divergents. Non avoués au moment ultime de la signature.

Si tel est le cas, il y a entre Kabila et Tshisekedi, un véritable dindon de la farce. Une dupe. Un jeu de « tel est pris, qui croyait prendre« . La formation du gouvernement achopperait à cette difficulté.

Sinon, la ruse de Kabila aurait préparé, à l’avance, ce scénario pour donner le change et faire croire à l’opinion que CACH a son mot à dire sur le déroulement des affaires.

Pendant ce temps, Kabila prend le plaisir de se lover dans un palais présidentiel où il n’a plus le moindre droit de séjourner, continuant à se regarder dans un miroir brisé, qui lui renvoie sa propre image brisée à laquelle il ne veut pas croire.

Pourtant, c’est cela la réalité de la situation qui prévaut. Il y a eu un « après Kabila », en dépit de la démonstration de force qu’il continue d’étaler.

Par exemple, convoquer « tous » les gouverneurs de province à Kingakati, sa ferme privée.

 

Alors, Tshisekedi « partenaire » de Kabila ou pas ?

Difficile à dire, pour le moment, en attendant que les masques tombent. Car, il n’y a pas que Kabila, dans cette pièce théâtrale tragi-comique, qui porte le masque ; Tshisekedi en porte un, également, quand il reste muet sur le contenu des accords qui le lient à Kabila.

Or, ces accords ayant un caractère secret ne seront pas connus de sitôt, faisant en sorte que Tshisekedi est aussi masqué, vis-à-vis du peuple.

L’Eglise se rétracte

Contradictions polluantes au sommet de l’Etat, mais contradictions également à l’extérieure de la sphère officielle du pays. L’Eglise catholique, appui indéfectible de la « vérité des urnes », se rétracte aujourd’hui avec force philosophie, en soufflant le chaud et le froid. Confirmer la « vérité des urnes » et, dans le même temps, accepter « d’accompagner le faux » est troublant.

Plus troublant quand le mot « vérité » traverse les pages de la Bible en se déclinant de plusieurs manières, et surtout lorsqu’elle évoque l’épître de Paul à Timothée, en parfaite corrélation avec la situation politique actuelle du pays :

« Je t’écris ces choses, avec l’espérance d’aller bientôt vers toi, mais afin que tu saches, si je tarde, comment il faut se conduire dans la maison de Dieu, qui est l’Eglise du Dieu vivant, la colonne et l’appui de la vérité » (1 Tim. ch. 3 : 14-15).

Le mot vérité est employé ici autant dans son sens général que dans celui qui voudrait prouver l’existence de Dieu.

En prenant l’attitude de mi-figue, mi-raisin, l’Eglise catholique du Congo se soustrait à ses responsabilités, alors qu’ailleurs c’est cette Eglise-là qui se place « au milieu du village » pour libérer la vérité.

L’Amérique latine nous en donne un exemple éloquent et, singulièrement, le cas de Cuba.

L’Eglise romaine y a mis du sien pour arriver à favoriser l’assouplissement du régime communiste tortionnaire, en matières de droits de l’homme. Les deux derniers papes (Jean-Paul II et Benoît XVI), y compris François actuellement à la tête du Vatican, y ont tous séjourné et, dans la foulée, des prisonniers politiques ont été libérés.

La vérité a triomphé sur l’obscurantisme entretenu pas le régime communiste vis-à-vis des droits humanitaires.

On y découvre le sens épanoui de cette expression « l’Eglise au milieu du village », hélas galvaudé pour des raisons diverses.

La communauté internationale n’est pas claire

La communauté internationale, quant à elle, a également versé dans l’ambiguïté. Et, spécialement, les Etats-Unis de Trump : ils confirment que le résultat des élections « n’est pas conforme à la volonté du peuple congolais », tout en acceptant d’accompagner le président non élu.

Dans la galère, il y a aussi la présence d’un certain Joseph Kabila, et, la cerise sur le gâteau, c’est ce dernier qui est le capitaine du bateau!

Faut-il admettre que cette dichotomie exprimée à la fois par l’Eglise catholique et les Etats-Unis résulterait d’une approche qui privilégie la notion de « fait accompli »? Tout en sachant qu’une telle délibération n’est qu’une fuite en avant, qui laisse derrière elle un problème non résolu?

Pour la communauté internationale, la compréhension y est aisée, elle qui ne jure que par le nom de ses intérêts. Mais, il est malaisé de comprendre la volte-face de l’Eglise. Son attitude aurait été moins choquante, si elle s’était résolue à garder le silence.

 

Faux et usage de faux

Qu’en conclure ? La réponse est des plus faciles. Depuis 1960, date de l’indépendance, la « Maison Congo » n’a jamais eu de fondement.

Et, aujourd’hui plus qu’hier, elle ressemble à une baraque construite sur le sable, destinée à être emportée par le vent, à tout bout de champ.

Jamais au monde élections n’ont été autant torpillées, suivies d’une période postélectorale aussi embrouillée. Comment imaginer, un seul instant, dans ce cas précis, que le pays sera gouverné, alors qu’il est assis sur le « faux et usage de faux « ?

Et, c’est à cet horizon déjà suffisamment brouillé que la plate-forme LAMUKA, qui incarnait plus ou moins les espoirs du peuple, donne les signes d’éclatement. Petit à petit la sirène des ambitions personnelles a fini par vaincre les nobles idéaux portés par ce regroupement politique pour la libération du peuple congolais. Demain, on le verra bien, chacun des leaders de LAMUKA jouera sa propre partition. Ces gens, dans leur ensemble, sont masqués et seront tous perdants! Au grand dam de l’avenir du pays.

  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

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  • Liban, un lieu de transit pour les journalistes en exil?03/09/2019 - 2:16

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  • Recrudescence des attaques contre les journalistes en RD Congo03/09/2019 - 9:15

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  • Corée du nordCorée du Nord & AFP: enquête sur le journalisme sous dictature27/08/2019 - 12:27

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Niger : une démocratie souvent perturbée

15 avril 1974, le Niger est à son tour victime du virus alors répandu des coups d’états en Afrique. Le lieutenant-colonel Seyni Kountché dépose Hamani Diori. Ce dernier, père de l’indépendance, démocratiquement élu par la chambre unique du parlement nigérien est emprisonné. Il sera ensuite contraint à une résidence surveillée jusqu’en 1987. Libéré par le successeur de Seyni Kountché, il se refugie au Maroc où il meurt le 23 avril 1989. Depuis lors, Diori a été réhabilité et le Niger a alterné coups de force et démocratie.

En 2021, cet immense (1,268 millions de kilomètres carrés) pays pauvre ira aux urnes pour élire le président de la république et les députés. Ces élections se feront sans Mahamadou Issoufou l’actuel président qui selon la constitution ne peut briguer un troisième mandat. Le Niger est en chantier mais la classe politique vit au rythme de la présidentielle de 2021. Reportage à Niamey.

Au coeur des discussions à Niamey : l’élection présidentielle plutot que Boko Haram

A la sortie de l’aéroport Diori Hamani, on est tout de suite « happé » par le béton qui coule et ces ouvriers qui travaillent à la pioche et sans grande protection. Le Niger est en chantier. Notre arrivée coïncide avec l’inauguration du deuxième hôpital de référence de ce pays sans façade maritime. Le gotha de la majorité au pouvoir s’est déplacé à Maradi à des centaines de kilomètres de Niamey pour mettre officiellement en service ce joyau hospitalier, fruit de la coopération sino-nigérienne.

Cependant, l’actualité au Niger c’est surtout la présidentielle de 2021.

Dans toutes les chaumières politiques, c’est le sujet le plus débattu loin devant l’insécurité créée par les djihadistes et les dernières attaques de Boko Haram dans la région de Diffa dans sud-est du pays.

A Niamey : code électoral, article 8, Ceni, sont les expressions qui reviennent fréquemment dans le langage des politiques.

La menace des groupes djihadistes et la présence de la secte terroriste Boko haram font de l’entrée de certains endroits de Niamey, de véritables « check points ». Mais les politiques n’en n’ont vraiment cure, seules les prochaines élections sont au centre de leurs préoccupations.

Soumana Sanda, député de l’opposition

Pour l’opposition, le code électoral dans sa mouture actuelle est un détonateur qui peut mettre à mal la relative stabilité du Niger. Dans son bureau cossu de questeur de l’assemblée nationale, le député vice-président de Moden Fa Lumana, le principal parti d’opposition assène ses vérités et la stratégie de son parti : « Nous allons faire un boycott actif des élections si l’article 8 du code électoral ainsi que la commission électorale nationale restent en l’état« .

Article 8 : l’inscription sur les listes électorales au Niger

Le fameux article 8 régit l’inscription sur la liste électorale nigérienne. Son alinéa 2 interdit le vote à toute personne condamnée à un an de prison de prison, donc in extenso inéligible.

Pour l’opposition cet article vise le chef de file de l’opposition l’ancien premier ministre Hama Hamadou. Condamné par la justice du Niger à un an de prison dans la fameuse affaire de « trafic de bébés achetés », Hama Hamadou qui est en exil à Paris est considéré par les autorités nigériennes comme en fuite.

Mohamed Bazoum candidat de la coalition au pouvoir

La majorité présidentielle semble sereine face aux accusations de l’opposition. Pour Mohamed Bazoum le super ministre d’état en charge de l’intérieur et candidat officiel de la coalition au pouvoir, le processus électoral est en bonne voie. Il balaie du revers de la main les dénégations de l’opposition et soutient mordicus que l’article 8 est impersonnel et qu’il figure dans le code électoral nigérien depuis belle lurette.

Le dauphin de l’actuel Président Mahamadou Issoufou est formel : « L’article 8 existe dans le code électoral du Niger depuis 1992 et ne concerne pas la question de l’éligibilité mais celui de l’inscription sur la liste électorale« .

Le rôle fondamental du CENI

L’institution la plus contestée du Niger est sans nul doute la commission électorale nationale indépendante appelée communément par ses initiales -Ceni-. Elle pilote en amont et en aval le processus électoral.

Prise à partie avec virulence par l’opposition qui la boycotte, son président l’avocat Issaka Souna invite les uns et les autres à prendre leur place dans le processus.

Le président de la CENI au Niger – Maitre Issaka Souna

Pour cet ancien ministre de la justice il est clair que « le code électoral n’est pas exempte de critique mais toutes les corrections sont entrain de se faire pour que tout le monde participe au processus« .

Au Niger les autres acteurs et observateurs de la vie politique notamment la société civile ne sont véritablement pas intéressés par l’article 8 du code électoral. Pour Nouho Arzika le coordinnateur de la coalition des associations de la société civile seule la Ceni pose problème du fait de sa prise en otage par les partis politique.

La Ceni actuelle ne remplit pas les conditions morales et éthiques pour rassurer les gens de faire confiance au travail de cette institution‘.

madame Barry

Les femmes nigériennes suivent de près le processus électoral en cours au Niger. La conférence nationale de 1991 a fait découvrir une catégorie de femmes leadeures. Maitre Barry Bibata, ancienne ministre et première femme gouverneure de Niamey en fait partie. Ayant réussi une belle reconversion au barreau de la capitale nigérienne, elle résume l’engagement des femmes nigériennes : « Nous avons dit aux femmes que non seulement vous pouvez être électrices mais vous pouvez être aussi des élues« .

Tout ce beau monde a pourtant un cadre permanent de discussion et de concertation: le conseil national de dialogue politique -Cndp- dirigé par le premier ministre et dont le secrétaire permanent El Hadji YahayaGarba dit José est un patron de presse réputé. Au Niger la succession de Mahamadou Issoufou est enclenchée et le processus est irréversible… 

  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

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Bureau de l’Assemblée nationale : la coalition FCC-CASH fête-t-elle la victoire d’une éléction ou d’une cooptation?

C’est au soir du mercredi 24 avril 2019 que la coalition au pouvoir Front Commun pour le Congo (FCC) et Cap pour le Changement (CACH) se sont réunis au Kempiski Fleuve Congo Hôtel, pour célébrer la victoire à l’élection. Nous pouvons aussi reformuler, ils fêtaient la cooptation de leurs nominés au bureau de l’Assemblée nationale, c’est selon.
Bien que tous les membres du bureau définitif soient connus, l’opinion retiendra qu’il n’y a pas eu de vote à l’Assemblée nationale mais plutôt une cooptation à des différents postes de ce bureau. En effet, une élection selon la définition simple du dictionnaire français, implique un choix parmi deux ou plusieurs candidats. Mais ce qui s’est passé au palais du peuple n’a rien d’une élection, se plaint un député de l’opposition et la population congolaise en général éparpillés à travers le monde.
 
« C’est comme si je mettais un téléphone sur la table et je vous demandais de choisir un téléphone. Avez-vous un autre choix que celui qui est sur la table? », s’interroge le député national de l’opposition Daniel Safu qui a boycotté, selon ses propres termes, ce scénario de mauvais goût qui, malheureusement, toujours selon lui, a eu curieusement la bénédiction de l’UDPS, parti qui s’est longtemps battu pour la démocratie!
 
« Nous avons vu la candidature de notre collègue Henri Thomas Lokondo recalée sans raison valable par une peur bleue de perdre alors qu’on se dit être majoritaire. Sans honte, on nous parle d’une motion politique non réglementaire. Mais ce qui nous choque, c’est de voir que le bureau provisoire de l’Assemblée nationale était conduit par un élu de l’UDPS qui n’a su résister à la pression de la machine FCC. Le FCC est dirigé par l’ancien président Joseph Kabila dont sa main mise rode toujours à la tête du pays, la désormais nouvelle majorité présidentielle », a déclaré un autre membre de la société civile congolais.
 
Interrogé à ce sujet, un observateur de la politique congolaise regrette que l’UDPS se soit livré à ce jeu malsain antidémocratique orchestré par le FCC ; comportement ayant caractérisé toutes ses législatives entre 2006 et 2011.
 
Comparant le passage en force qu’il y a eu à l’Assemblée nationale à la situation qui se passe au Sankuru avec l’élection du gouverneur et vice- gouverneur, et où toujours un candidat du FCC veut être l’unique candidat à cette élection, l’interlocuteur de la société civile ne s’est pas empêché de parler de la « Sankurusation » du bureau de l’Assemblée nationale.
 
La classe politique du monde entier ainsi que la population congolaise en particulier ne cesse de se poser cette question, à savoir si monsieur le Président Félix Antoine Tshisekedi sera-t-il en mesure de rompre l’impunité et sauver la liberté d’expression et de l’opinion? Un combat qui a coûté la vie à plusieurs journalistes, activistes des mouvements citoyens et de l’opposition congolaise!
  • Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse11/09/2019 - 10:07

    Alors que la Chine est classée 177 sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontière (RSF), la presse de la région administrative spéciale de Hong Kong a elle, pendant longtemps, bénéficié de son système libéral. Mais depuis la rétrocession en 1997, la donne a drastiquement changé. Hong Kong […]

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