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Ebola : La Zambie directement concernée

[Par John CHITAMBO LOBE]

Un laboratoire d'analyse du virus Ebola [Photo tirée de daily-mail.co.zm]

Un laboratoire d’analyse du virus Ebola [Photo tirée de daily-mail.co.zm]

Chaque pays africain tente de protéger ses frontières contre la maladie Ebola. Ainsi, des officiels botswais de l’immigration, à la frontière entre la Zambie et le Botswana – à Kazungula border post – ont refusé l’entrée des toutes les personnes en provenance de Zambie ayant un visa d’entrée ou de sortie sur la frontière avec le Katanga en République Démocratique du Congo. Par la suite, la Zambie va réagir contre les officiers Congolais et leurs concitoyens qui ont interdit l’accès de leur pays pour se préserver du virus Ebola : une mesure assez surprenante de la part du peuple Congolais qui dépend en grande partie économiquement de la Zambie. Dans le même temps, au Katanga, on a démenti toute présence de la maladie.

Des cas suspects multiples

Le ministre de la Santé en Zambie [Photo tirée de Joseph Kasonde en.africatime.com]

Le ministre de la Santé en Zambie, Joseph Kasonde  [Photo tirée de en.africatime.com]

Plus précisément, on sait que l’épidémie d’Ebola sévit dans la région de l’Equateur. Quatre cas sont confirmés. La souche de la maladie serait celle du Zaïre. Pour le ministre congolais de la Santé, monsieur Félix Kabange Numbi, cette épidémie n’a aucun lien avec celle d’Afrique de l’Ouest. Pour sa part, la Zambie a signalé quelques cas suspects dans une petite ville du sud appelée Mumbwa. Ici, quelques personnes ont été en contact avec des chauffeurs de camions des marchandises en provenance du Katanga. L’un des chauffeurs est mort de la maladie. Dans ce contexte, le pays a engagé la construction d’un centre de traitement et d’un laboratoire mobile. Des mesures préventives sont aussi prises dans cette petite ville reculée où se concentre l’épidémie d’Ebola. Le ministre de la Santé, le Docteur Joseph Kasonde, a confirmé très récemment avoir demandé tout de même plus de moyens pour lutter contre la maladie :« Nous lançons un appel à tous les partenaires nationaux, internationaux, pour nous venir en aide. L’alerte est déjà lancée dans la province pour pouvoir orienter les mouvements de populations, mais il y a des besoins énormes en termes de finance et en termes de logistique médicale. »

MSF sur le terrain

A Teldou, en Guinée, les habitants regardent Médecins sans frontières pour prendre des mesures pour lutter contre la propagation du virus Ebola. [Photo par Samuel Aranda, The NY Times/Redux]

Teldou (Guinée) : les habitants regardent Médecins sans frontières pour prendre des mesures pour lutter contre la propagation du virus Ebola. [Photo par Samuel Aranda, The NY Times/Redux]

Médecins Sans Frontières, pour sa part, a déjà lancé une opération d’urgence dans beaucoup de pays africains où la maladie est signalée. Des spécialistes et du matériel sont attendus sur place. Pour le coordinateur MSF en RDC, Jeroen Beijnberger, l’expérience acquise par les autorités lors des six épidémies précédentes est atout indéniable pour contenir la flambée : « La situation en Afrique de l’Est est tout à fait exceptionnelle. Il est vrai que cela mobilise beaucoup de moyens de MSF pour faire face. Le point positif, c’est qu’il y a déjà un certain savoir-faire au regard de l’expérience acquise. Ceci étant dit, la zone est assez reculée. Cela pourrait peut-être faciliter la maîtrise de la situation. Cela n’empêche pas qu’il faut organiser un suivi rigoureux en certains points précis aux environs immédiats cette région.»
Selon Félix Kabange Numbi, le ministre de la Santé, il va falloir au moins trois mois pour venir à bout de cette épidémie.

La cohabitation entre les peuples est-elle possible ?

[Par John CHITAMBO LOBE]

Depuis des siècles et des siècles les différents peuples du monde en Asie, en Europe, en Afrique et en Amérique ont eu des problèmes de cohabitation pour différentes raisons en rapport avec des questions de civilisation, de coutumes, de races, de religions, d’ethnicités, etc… Tous les humains sont appelés à vivre ensemble malgré les différences, et ce sont toutes les religions qui nous l’enseignent. Tel est le principe même de l’humanisme.

Un moment de la projection de « 1989 » de Djibril Diaw (2009 - Mauritanie) au Ciné-Club de la MDJ (29 août 2014)

Un moment de la projection de « 1989 » de Djibril Diaw (2009 – Mauritanie) au Ciné-Club de la MDJ (29 août 2014)

Au Ciné Forum de la Maison des Journalistes à Paris, nous avons récemment eu la preuve des difficultés de cohabitation entre différents peuples en Mauritanie qui fait partie de l’Union africaine, de l’Union du Maghreb arabe, de la Ligue arabe et qui constitue un point de passage entre l’Afrique du Nord Arabe et l’Afrique noire sud Saharienne. Elle est peuplée d’Arabes originaires du Nord du continent, de Haratins, de Peuls, de Wolofs et de Soninkés. Conséquence désolante : une situation discriminante au détriment des noirs comme ce fut le cas en Afrique du Sud sous le régime de l’Apartheid. Celui-ci s’est progressivement arrogé le contrôle de tous les lieux de pouvoir politique, économique, social et culturel. Il disposait également d’un soutien majoritaire parmi la population blanche (afrikaner), avant Nelson Mandela en 1990. Dans ce film documentaire consacré à la situation en Mauritanie (documentaire réalisé par Djibrl Diaw, un journaliste Mauritanien exilé France) on voit le problème terrible de cohabitation raciale en Mauritanie depuis la colonisation jusqu’à aujourd’hui… Or donc, je crois qu’il faudrait un leader pacificateur tel que Nelson Mandela ou un Georges Washington partout où les peuples ont du mal à cohabiter.

Une histoire agitée partout dans le monde
Voyons, à partir de là, ce que l’histoire nous raconte : en aucun moment les peuples du monde n’ont vécu en cohabitation pensant qu il y a toujours à se plaindre des autres. De ce fait, toutes sortes des guerres civiles, tribales, frontalières, politiques, ethniques marquent le parcours de l’humanité depuis toujours.

La carte de la CEDEAO [Image tirée du site foram-forum-mali.org]

La carte de la CEDEAO [Image tirée du site foram-forum-mali.org]

Après la Deuxième Guerre mondiale en 1945, le monde a formé les Nations – Unies pour inciter toutes les pays à vivre ensemble en paix mais les nations ne se sont jamais unies malgré les efforts déployés par des hommes d’ Etats et politiques, des religieux, des organisations et des organisations comme l’Union Européenne, l’Union Africaine, le Comesa, C.E.D.E.A.O. : Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest, l’Organisation économique créée par le traité de Lagos du 28 mai 1975.
La C.E.D.E.A.O. regroupe quinze États de l’Ouest africain : Bénin, Burkina, Cap-Vert, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Liberia, Mali, Niger, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone, Togo. Son objectif principal est de favoriser l’intégration économique en assurant la promotion de la cohabitation des peuples de cette région d’Afrique mais avec d’évidentes difficultés.

Des états disparus pour trois raisons

Détail d'une miniature représentant le roi du Portugal à la bataille de Juberotes (1385), attribuée au Maître de la Toison d'Or de Vienne et Copenhague (1480).

Détail d’une miniature représentant le roi du Portugal à la bataille de Juberotes (1385), attribuée au Maître de la Toison d’Or de Vienne et Copenhague (1480).

Les raisons provoquant la fin d’un pays indépendant sont multiples, que ce soit à la suite de sa conquête par un autre pays, par fusion, démembrement, changement de régime ou simplement de nom, etc. Néanmoins, on peut classer les disparitions d’états en trois types: absorption, fusion et scission. La disparition d’un état a toujours des conséquences. Les peuples de ces pays disparus ont, mécaniquement, des problèmes de cohabitation avec les autres du fait que les pays créés ensuite ne leur donnent pas la chance politique de gouverner et de se sentir chez eux, de vivre librement. Ils se sentent dominés, exploités et persécutés par le pouvoir alors il n’y a pas la volonté de vivre ensemble. Résultat : ils préfèrent la rébellion séparatiste ou la sécession dans le but de libérer leur territoire et de se libérer.

Bonnes barrières et frontières fortifiées
De l’Asie a l’Europe, les bonnes barrières frontalières font de bons voisins lorsqu’elles procèdent d’une volonté commune. Cela peut valoir d’un champ à l’autre, d’un jardin à l’autre, mais jamais d’un Etat à l’autre. Une frontière fortifiée ne fait évidemment pas de bons voisins. Ce n’est pas un camp qui s’impose à l’autre, mais une ligne d’armistice qui s’impose aux deux camps. Le mur des deux Corée est le type même de la frontière conflictuelle. Il a une parenté avec le mur de Berlin, cet enfant de la Guerre Froide. Depuis 1953, la Corée est coupée en deux par une frontière fortifiée de 238 kilomètres allant de la mer Jaune à la mer du Japon. Au nord, la République populaire démocratique de Corée du Nord avec 24,5 millions d’habitants, au sud, la République de Corée du Sud avec 48,7 millions d’habitants.

Séparatiste pro-russe à Donetsk. Un porte-parole de l'armée ukrainienne [Photo tirée du site fr.news.yahoo.com]

Séparatiste pro-russe à Donetsk. Un porte-parole de l’armée ukrainienne [Photo tirée du site fr.news.yahoo.com]

Le conflit russo-ukrainien (encours au moment où j’écris ces lignes), quant à lui, a d’abord débouché sur une sécession de la Crimée. Rappel : la République populaire d’Ukraine occidentale fut une partie de l’URSS. La Crimée fut la République autonome de Crimée au sein de l’Ukraine devenue indépendante. Sa capitale est la ville de Sébastopol pour ensuite être attachée à l’Ukraine tout en disposant d’un statut administratif spécial au sein de l’Ukraine. Jusqu’en mars 2014 lorsque, par les décisions du parlement à majorité russe, la Crimée a fait sécession en tant que République puis a proclamé son rattachement à la Russie. La majorité des pays du monde ne reconnait pas cette proclamation et considère toujours la Crimée comme un territoire appartenant de jure à l’Ukraine. Dans le Proche-Orient depuis des années, il y a eu toutes sortes des guerres, des tensions et des conflits qui continuent jusqu’à aujourd’hui : le conflit israélo-palestinien qui oppose, au Proche-Orient, les Palestiniens et l’État d’Israël. Débutant officiellement le 14 mai 1948, jour de la création de l’État d’Israël, il prolonge le conflit qui opposait depuis la Déclaration Balfour de 1917, les communautés arabes et juives. Ce conflit, non résolu à ce jour, est à caractère principalement nationaliste, mais il inclut également une dimension religieuse entre les Israéliens, principalement de religion juive, et les Palestiniens, à majorité musulmane. En Amérique, des peuples sont toujours en conflit racial (voir les tensions raciales aux Etats – Unis, entre blancs et noirs qui resurgissent ponctuellement faute de véritable résolution).

Des enfants de Goz Mino (Darfour-Ouest) courent depuis un hélicoptère de l'ONU (débarqué pour une visite officielle) vers l'école. Goz Mino a 550 familles, certaines d'entre elles sont rentrées dans les camps de réfugiés au Tchad. [Crédits photo :  Albert Gonzalez Farran / MINUAD]

Des enfants de Goz Mino (Darfour-Ouest) courent depuis un hélicoptère de l’ONU (débarqué pour une visite officielle) vers l’école. Goz Mino a 550 familles, certaines d’entre elles sont rentrées dans les camps de réfugiés au Tchad. [Crédits photo : Albert Gonzalez Farran / MINUAD]

L’Afrique offre aujourd’hui l’image d’un continent ravagé par des conflits que l’on a vite fait de qualifier d’ethniques. Qu’il s’agisse de la guerre du Darfour, depuis février 2003, cette zone est en proie à une guerre civile terriblement meurtrière du fait de tensions ethniques. Selon l’Organisation des Nations unies (O.N.U.), plus de trois cent mille morts et a provoqué le déplacement de plus de deux millions et demi de personnes. Depuis les années 1980, l’Anya Nya est le nom des combattants du Front de libération de l’Azanie (l’Azanie était l’ancien nom de cette région d’Afrique). Commencée en 1963 et close par les accords d’Addis-Abeba en 1972, la révolte Anya Nya et c’est un conflit inter-soudanais depuis le 21 mai 2011 entre le Soudan et des factions proches du Soudan du Sud pour le contrôle de l’Abyei, région riche en pétrole. Il fait suite au référendum sur l’indépendance du Soudan du Sud qui s’est déroulé du 9 au 15 janvier et qui prévoyait la scission du pays le 9 juillet 2011.

En icônes rouges, toutes les zones concernées par des prétentions séparatistes. [Carte tirée d site www.noorinfo.com]

En icônes rouges, toutes les zones concernées par des prétentions séparatistes. [Carte tirée d site www.noorinfo.com (2012)]

La sécession de l’Érythrée de l’Ethiopie forme l’État d’Érythrée, indépendant de l’Éthiopie depuis 1993. L’ONU décide en 1952 de fédérer l’Érythrée à l’Éthiopie qui l’annexe en 1962. C’est le début d’une guerre d’indépendance qui se termine en mai 1991 par la victoire du mouvement indépendantiste, le Front populaire de libération de l’Érythrée (FPLE mené par Issayas Afewerki), et la chute du gouvernement éthiopien. Au Kenya, en 2003, « Guerre inter-ethnique « , massacres à la machette , à Kisumu (province de Nyanza), aux Kikuyus, et dans le bidonville de Kibera les différents peuples s’entretuent de Luos et de Kikuyus et au Rwanda le conflit Tutsi et Hutu se massacrent parce qu’ils ne peuvent plus cohabiter (Génocide au Rwanda), le 6 avril 1994. La sécession de l’État du Katanga en 1961 : lors de l’indépendance de la République démocratique du Congo le 11 juillet 1960, la sécession katangaise se fit sous l’impulsion de Moïse Tshombe, qui fut son unique président, l’État du Katanga finit par être réuni de force au Congo Kinshasa, trois ans plus tard… avec la participation des troupes de l’ONU, mais la lutte continue encore jusqu’à aujourd’hui. L’année passée, en 2013, au mois de mars il y a eu la déclaration de la sécession du Katanga dans la ville de Lubumbashi devant le siège général de MONUSCO par le groupe sécessionniste Katangais (Mai Mai Bakata Katanga),puisque le peuple katangais ne veut plus cohabiter avec le peuple congolais. En Angola, il y a eu le conflit du Cabinda opposant le Front pour la Libération de l’enclave de Cabinda (FLEC) à l’Angola populaire depuis 1975. En Zambie depuis 2009 : la tension entre le gouvernement zambien et les partisans de la sécession de la province du Barotseland réunis sous la bannière du parti indépendantiste le « Barotse National Freedom Alliance » (BNFA). Depuis l’interruption à balles réelles d’une réunion des indépendantistes Barotse par la police zambienne en janvier 2012 jusqu’au procès, pour haute trahison, de 70 membres du BNFA en automne 2013, le clivage entre le gouvernement central et la province Barotse s’accentue et commence à mettre en question la stabilité du pays.

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon et Nkosazana Dlamini Zuma, résidente de la Commission de l'Union africaine. [Photo: ONU/Rick Bajornas]

Le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon et Nkosazana Dlamini Zuma, Présidente de la Commission de l’Union africaine. [Photo: ONU/Rick Bajornas]

Actuellement, surtout en Afrique, il y a des problèmes des cohabitation entre les hétérosexuels et les homosexuels (personnes LGBT). Pourquoi n’existe-t-il pas de tolérance? Plusieurs responsables occidentaux font la leçon aux pays africains pour qu’ils respectent les droits des homosexuels comme un peu partout le monde. Mais, au fait, où en est le continent en terme de discrimination raciale ou sexuelle? « Il faut en finir avec les discriminations liées à l’orientation sexuelle, ignorées et parfois approuvées par de nombreux États » a lancé Ban Ki-Moon le 29 janvier 2014, lors du dernier sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba.

QUI METTRA FIN AUX ATROCITÉS DANS LE KATANGA?

[Par KIKI, journaliste-photographe reporter du peuple, chroniqueur animateur socioculturel, pédagogue linguiste et défenseur des droits humains (*)]

Pour ceux qui ne connaissent pas le Katanga, il s’agit tout simplement d’une province très riche en ressources minières qui est située dans le sud de la République Démocratique du Congo. La ville de Lubumbashi est le chef-lieu de cette province, sa plus grande partie se trouve dans la République de la Zambie. Le Katanga partage ses frontières avec les provinces zambiennes de Luapula, du Copperbelt et du Nord-Ouest; elles ont d’ailleurs beaucoup en commun: mêmes tributs, mêmes langues locales, coutumes et cultures similaires. Par contre la langue officielle est différente : au Katanga, c’est le français belge, et en Zambie, c’est l’anglais. Enfin le Katanga partage aussi ses frontières avec l’Angola au sud.

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La Monusco en Katanga (Photo tirée par http://fr.africatime.com/)

L’Histoire du Katanga est longue, mais en un mot, la partie qui nous intéresse n’a pas commencée aujourd’hui. C’est une histoire qui date de l’époque coloniale belge et qui a toujours entrainé des violations massives des droits de l’Homme et des droits humanitaires. Les colonisateurs belges avaient accordé son indépendance à la R.D.C. en 1960, avec comme premier président Kasa-Vubu, et comme Premier ministre Patrice Lumumba, mais le Katanga fit sécession et devint un pays à part entière en 1961, avec comme premier président Moise Tshombe, d’où la confusion totale. Enfin a lieu le coup d’Etat du général Mobutu, qui finira par faire exécuter illégalement et d’une façon très inhumaine le fameux Premier ministre socialiste de la R.D.C. Patrice Lumumba au Katanga. Enfin, il mettra fin à la sécession du Katanga et le rattachera à la R.D.C comme province de la R.D.C.

Depuis lors, le peuple du Katanga n’a jamais connu une paix permanente. Il y eu encore des violations des droits de l’Homme, des tensions et des guerres civiles dans les années 1990 et 1996, entre le peuple kasaïen « Bilulu » du fameux politicien Tshisekedi wa Mulumba et le peuple katangais « Batoto ya maman » avec le fameux politicien Baba Kyungu wa Kumwanza. Maintenant, une chose surprend : le président « Mzee » Kabila, l’homme qui a renversé le maréchal Mobutu, est originaire du Katanga. Alors, si celui qui est au pouvoir est le vrai fils de Kabila, pourquoi ne parvient-il pas à trouver une solution aux problèmes des Katangais?

Récemment, en 2013, il y a eu des tueries entre les sécessionnistes rebelles Maï-Maï katangais et les forces armées de la République Démocratique du Congo (FARDC). On a assisté à une violation répétée des droits de l’Homme : enrôlement par la force d’enfants soldats, viols de femmes, tortures de suspects civiles et de journalistes innocents accusés de collaborer avec les leaders sécessionnistes katangais exilés en Zambie, ainsi qu’avec des ex-gendarmes katangais réfugiés en Angola.

Malgré la présence de la MONUSCO (La Police de la Mission de l’ONU pour la Stabilisation en République démocratique du Congo ), le peuple innocent souffre, accablé par la faim parce que ses champs et ses maisons ont été brûlés, soit par les soldats du gouvernement (soi-disant, c’est vous qui soutenez les rebelles sécessionnistes katangais), soit par les rebelles sécessionnistes parce que vous refusez de nous soutenir pour libérer le Katanga.

Le peuple est victime de fréquentes violations des droits humains, commises aussi bien par les forces gouvernementales que par des groupes rebelles ou sécessionnistes armées ou non armées katangais.

katanga

La province du Katanga, qui est située dans le sud de la République Démocratique du Congo.

Pendant la déclaration de la sécession du Katanga à Lubumbashi figuraient notamment parmi les atteintes aux droits humains : les assassinats de civils (hommes, femmes et enfants) non armés et innocents, les accusations infondées, les arrestations et détentions injustifiables, les tortures, les viols des jeunes filles et femmes innocentes et vulnérables, la répression de la presse libre et indépendante, la torture des journalistes indépendants, les mauvais traitements dans des centres de détention non-officiels administrés par des services de sécurité indépendants et hors de tout contrôle de l’autorité judiciaire, et surtout la persécution des défenseurs des droits humains et la persécution de journalistes.

La liberté de la presse, celle qui dénonce et informe la communauté internationale pour que celle-ci puisse agir et délivrer des mandats d’arrêt internationaux (comme par exemple dans le cas de Jean-Pierre Bemba Gombo), n’existe pas. Certains soldats du gouvernement disent : « si tu me filmes ou si tu prends une photo de moi, je te tue, toi, et toute ta famille. Moi, je ne suis pas ton grand-père! ». Ainsi, la liberté de la presse est menacée et la presse elle-même est accusée de soutenir la sécession du Katanga.

Voilà. Ce qui est important, c’est de savoir pourquoi le peuple katangais veut la sécession du Katanga. Cela ne sert à rien de s’entre-tuer. Souvent, ce sont les femmes et les enfants innocents qui en souffrent le plus avec les violations des droits de l’Homme. Alors c’est à vous, vous la communauté internationale, l’Union Africaine, l’ONU, la SADC. Vous êtes informés. Quelles sont vos réactions? Le peuple katangais a besoin de votre intervention rapide…

 

(*) Ceux qui veulent faire des commentaires ou m’informer pour que je puisse informer aussi les autres, écrivez à KIKI.voixdupeuple @ gmail . com