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La situation des journalistes dans le monde en 2019

Comme chaque année, RSF propose un bilan de la situation des journalistes dans le monde. Cette année, 49 journalistes ont été tués, soit le plus faible total depuis 2003. Mais la situation mondiale est hétérogène et très complexe. Certains pays sont à la pointe de nouvelles pratiques difficiles à évaluer statistiquement. Découvrez les statistiques de 2019, au cœur de la lutte pour la liberté d’informer.

49 journalistes tués en 2019, un chiffre en baisse

Parmi eux, 31 journalistes ont été assassinés en raison de leur travail. Les 18 autres l’ont été dans l’exercice de leur fonction mais n’était pas délibérément visés.

En tête de ces pays, la Syrie, qui est toujours en guerre, compte 10 journalistes tués et plus de 30 otages. Certains le sont depuis plusieurs années, comme le sud-africain Shiraaz Mohamed dont c’est la troisième année de captivité.

Parmi ces 30 journalistes retenus en otage, beaucoup d’entre eux ne donnent plus signe de vie.

Les pays en guerre sont-ils moins risqués pour les journalistes ? 

Le record de journalistes tués n’est pas détenu par la seule Syrie, le Mexique est à égalité.

Le pays aux 2000 fosses révélées par une équipe de journalistes (qui ont établi une carte consultable ici et fait changer les lois mexicaines grâce à leur enquête), est clairement un terrain de guerre pour les journalistes.

Découvrez l’enquêtes sur les 2000 fosses mortuaires recensées par les journaliste mexicains

Interview de Mago Torres: « la menace contre les journalistes existe, notre travail y répond ».

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Cette victoire des journalistes d’investigation sur l’Etat mexicain ne doit pas cacher les autres défaites du pays face à la liberté de la presse.

Face à la dizaine de journalistes tués, l’impunité est totale: 90% des meurtres de journalistes ne sont jamais jugés. Ce taux d’impunité de crime commis contre les journalistes est le pire au monde.

Le festival de cinéma Viva Mexico dont la MDJ est partenaire chaque année, a remis le prix du meilleur film au documentaire « Disparos », qui raconte l’histoire d’un journaliste mexicain dont les amis sombrent peu à peu dans les puissants gangs mexicains.

Festival Viva Mexico ! – Le prix de la MDJ remis au documentaire « Disparos ». 

« Lors d’une couverture à Guerrero, lui et d’autres journalistes sont pris au piège entre les mains d’un groupe armé qui va les kidnapper… »

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Aucun journaliste tué en-dehors de son pays

Cela peut sembler surprenant. Les journalistes qui enquêtent dans leur pays risquent plus qu’à l’étranger. Ainsi, couvrir une guerre, ou se rendre dans des pays pour enquêter sur des sujets dangereux comme le narcotrafic ou les problèmes environnementaux, serait moins dangereux qu’enquêter sur son propre pays.

La journaliste mexicaine Norma Garabia Sarduza en est un triste exemple: assassinée alors qu’elle avait reçu plusieurs menaces suite à ses enquêtes sur la corruption de la police locale.

Dans ce pays, même la protection étatique ne suffit pas quand elle existe: le journaliste Francisco Romero Diaz a été tué alors qu’il bénéficiait d’une protection rapprochée de l’État mexicain.

389 journalistes en prison

Ce chiffre fourni par RSF augmente de 12% en un an et ne prend pas en compte «les journalistes enfermés quelques heures, quelques jours, voire plusieurs semaines.» Pourtant ce type d’arrestation est en nette progression.

Outre l’arrestation et la privation de liberté, les conditions de vie des journalistes en prison sont particulièrement draconiennes. Le journaliste de la MDJ Ghys Fortuné Bemba Dombe en a fait l’expérience au Congo Brazzaville.

« De l’enfer à la liberté » – L’enfermement arbitraire durant 18 mois au Congo Brazzaville

En prison. «La nourriture est-elle empoisonnée? Peu importe, il faut la nettoyer avant consommation, elle est si rare: seulement trois repas par semaine. Les sévices physiques ne suffisant pas à briser un esprit combatif, l’humiliation est donc de mise.»

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RSF pointe aussi du doigt la situation des journalistes prisonniers en Turquie et en Chine.

La Chine détient à elle seule 120 journalistes en prison, soit le double de 2018. La plupart des nouvelles arrestations concernent la minorité ouighours pour laquelle les investigations sont très difficiles. La MDJ a accueilli cette année un journaliste ouighour en danger, son portrait est à lire prochainement. 

Des journalistes qui ne sont plus journalistes: l‘inquiétant exemple du Yemen

Mais au-delà des chiffres, certaines situations inquiètent, le Yemen est un exemple. Pays en guerre où la censure règne en maître comme en témoigne notre article, les journalistes changent de profession.

« La plupart des français ne savent pas ce qu’il se passe au Yemen »

« Aujourd’hui, beaucoup de journalistes sont en prison, comme les écrivains, les activistes… Il n’y a plus aucun journal qui publie quotidiennement au Yemen, sauf le journal intitulé 14 octobre qui est pro-gouvernemental. Il est uniquement publié dans la nouvelle capitale, Aden. Il glorifie les rebelles et les saoudiens au détriment du gouvernement légitime. »

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Bien que le bilan soit moins meurtrier que l’année passée avec deux morts contre 18, il y a en fait de moins en moins de journalistes. Ainsi le rédacteur en chef du célèbre journal Al Tafasseel est devenu vendeur d’objets d’occasion.

C’est aussi le cas de l’Afghanistan, pays le plus meurtrier pour les journalistes en 2018. En un an, il y a statistiquement moitié moins de journaliste dans le pays.

La liberté d’informer en 2020

Entre les arrestations arbitraires, la prison (et les conditions d’enfermement), les kidnappings (57 en 2019) et l’impunité des crimes contre les journalistes, le combat pour la liberté d’informer reste plus que jamais d’actualité.

L’intégralité du rapport RSF est à découvrir ici.

D’autres articles sur la liberté d’informer

«Ni le Congo du Sud, ni du Nord, mais le Congo du cœur» – Présentation du livre de Ghys Fortuné Bemba Dombe, résident à la MDJ

Malgré les efforts, certaines conférences se transforment en meeting politique. Il aura fallu toute l’énergie du journaliste Ghys Fortuné pour rappeler l’objectif de cette rencontre: la sortie de son livre «de l’enfer à la liberté». De nombreuses personnes sont venues l’écouter. Parmi eux, d’éminents représentants dont d‘anciens ministres congolais. Les propos du journaliste sontt donc scrutés à la lettre près.

En guise d’introduction, le rôle essentiel de la liberté d’informer pour exercer la liberté de voter. Sans les bonnes informations, comment peut-on savoir pour qui on vote?

Contextualiser le rôle de chacun est essentiel, mais c’est bien le parcours de Ghys Fortuné qui intéresse les invités. Par exemple, sa volonté inébranlable de ne pas céder malgré les pressions subies: 18 mois de prison, 19 kilos en moins.

Or, il suffisait d’avouer la non véracité des articles, reconnaitre la calomnie (alors que toutes les informations avaient été scrupuleusement vérifié par lui-même) ; si il avouait, il sortait.

Ghys Fortuné a donc pris la parole, énumérant les violences subies comme autant d’anecdotes trahissant le calvaire des prisonniers au Congo. Tandis que certains prisonniers entrent et sortent selon les bons vouloirs de la République, Ghys Fortuné croupit dans une cellule où les conditions sanitaires sont déplorables.

«Les Congolais continuent de payer un lourd tribut pour les manipulations tribalistes et les querelles manigancées par les politiciens pour leurs intérêts personnels. Quelques exemples :

  • Trois guerres civiles en trois décennies qui ont entrainés de milliers de morts
  • Malgré sa richesse (pétrole, forêt, hydrographie, végétation etc.), le Congo est classé par le PNUD parmi le pays à indice de développement humain faible ;
  • Une économie exsangue souffrant d’un endettement colossal et de crises à répétition alors que le pays a bénéficié d’une remise de sa dette à la fin de la première décennie des années 2000 et a accumulé des revenus pétroliers faramineux pendant en 2010 et 2015 ;
  • Délitement d’un État qui ne fonctionne pas, où règne l’arbitraire et l’impunité. La faillite systémique a permis l’émergence d’une catégorie de citoyens cherchant à dénoncer la mauvaise gouvernance et les multiples dérives régimes.

Dans cet élan Talassa, notre organe de presse, a pris une part active à cette démarche. À partir de ce moment nous étions devenus une cible pour le pouvoir. Les hommes du système nous ont intenté procès sur procès depuis la création du journal Talassa en 2001. J’ai été victime d’intimidations, d’harcèlements, de tentatives d’enlèvement et d’assassinat et de plusieurs arrestations avant la dernière, en janvier 2017, qui a duré 18 mois.»

En prison, les rumeurs courent. Dehors, il y aurait tel ou tel événement qui s’attaque au moral des prisonniers politiques.

En prison, les sévices s’attaquent aussi bien à l’esprit qu’au corps

La nourriture est-elle empoisonnée? Peu importe, il faut la nettoyer avant consommation, elle est si rare: seulement trois repas par semaine. Les sévices physiques ne suffisent pas à briser un esprit combattif, l’humiliation est donc de mise.


L’Etat congolais lui confisque ses biens, ses comptes en banque, les autorités ratissent larges: même les cadeaux apportés par sa famille en prison disparaissent.


Ghys Fortuné sort de la prison pour des interrogatoires qui ne mènent à rien, à peine a-t-il la possibilité de faire des allers-retours à l’hôpital malgré une condition physique qui se dégrade chaque jour.

«Mon incarcération a été un véritable enfer. Je suis sortie de là avec plusieurs pathologies. Mêmes à mes pires ennemis je ne souhaite pas qu’ils vivent ce que j’ai subi au cours des 18 mois d’incarcération:

  • Sévices corporels ;
  • Pressions psychologiques ;
  • Privation de visite ;
  • Privation de sommeil ;
  • Privation de nourriture (2 repas par semaine ; par compassion Norbert Dabira me donnait de la nourriture) ;
  • Privation de soins ;
  • Enfermement en isolement total et complet dans des cellules sans électricité où je dormais à même le sol. Elles prenaient l’eau à chaque pluie. Elles étaient d’une insalubrité insupportable et infestées de souris, cafards, scorpions et fourmis, moustiques et vers de terre. En guise de toilette j’avais un seau sans couvercle que je vidais selon l’humeur de la hiérarchie pénitencière (tous les 24, 48, 72 heures voir plus).
  • Il est arrivé de partager ma cellule de la maison d’arrêt de Brazzaville avec des psychopathes assassins envoyés surement dans le but de m’achever. Mais grâce à Dieu notre cohabitation de 2 mois s’est déroulée sans problème.»

Et à force d’insister, la folie, la paranoïa, la solitude et la crainte pour ses proches sont devenus ses compagnons de cellule. En revanche, le désespoir n’a jamais été la bienvenue.


L’Etat congolais lui confisque ses biens, ses comptes en banque, les autorités congolaises ratissent larges: même les cadeaux apportés par sa famille en prison disparaissent. On y découvre un système où chaque chef fait ce qu’il veut sur son territoire de compétence, c’est du harcèlement quotidien.

L’objectif? Faire craquer Ghys Fortuné. S’il ne craque pas physiquement, les autorités visent le mental. Et à force d’insister, la folie, la paranoïa, la solitude et la crainte pour ses proches sont devenus ses compagnons de cellule. En revanche, le désespoir n’a jamais été la bienvenue.

Soutien à Ghys Fortuné via Mediapart

«Pour sortir le Congo d’une situation économique délabrée et d’une situation politique qui fait craindre l’éclatement du pays, il faut un sursaut citoyen, surtout de la part des « intellectuels ».

Toutefois, les personnes qui ont connu la torture, le harcèlement, l’emprisonnement, les violences sexuelles, les familles qui ont perdu leurs biens gagnés à la sueur, ceux qui ont perdu des parents… portent dans leur chair et dans leur esprit des stigmates profonds indicibles.

Ces personnes sont souvent amenées à croiser les responsables de cette violence institutionnelle, leurs bourreaux, qui, en raison de l’impunité qui les protège, continuent à les narguer, à les intimider voire à les menacer afin qu’elles se taisent.

Leur peur l’emporte ainsi sur la rage. Alors, ce sursaut, la réconciliation et la paix sont-elles possibles dans un pays qui porte autant de blessures, autant d’injustice, autant d’impunités…?

Comment faire pour préserver réellement l’unité nationale dans un tel environnement et dans ces conditions?

Dans ces conditions: Comment vivre avec l’horreur? Nul ne doit empêcher le recouvrement de la mémoire, surtout pas les bourreaux. Ensuite l’oubli ne se fera qu’à certaines conditions…

Cependant, quelles que soient les souffrances subies et les difficultés il faut toujours positiver ; en effet, les congolais ont à vivre ensemble, ont à reconstruire un pays détruit par l’égoïsme, la bêtise et la folie des Hommes.

Il faut donc pardonner et aimer même les traitres et les bourreaux comme le firent Jésusde Nazareth pendant qu’on le clouait sur le poteau et, par la suite, ceux qui ont véhiculé son message de pardon, de réconciliation et de paix comme Paul de Tarse et, plus près de nous, Mahatma Ghandi, Martin Luther King, Nelson Mandela….

La force du pardon est le véritable antidote à la tristesse provoquée par la rancune et la vengeance. La réconciliation et la paix sont-elles possibles dans un pays qui porte autant de blessures ? Comment faire pour préserver réellement l’unité nationale dans un tel environnement et dans ces conditions?

Les Congolais peuvent-ils prendre exemple sur l’Allemagne et la France qui se sont fait des guerres atroces, mais qui ont pourtant trouvé la voie pour se réconcilier et se donner un avenir partagé. Les Congolais peuvent-ils prendre exemple sur le Rwanda et sur l’Afrique du Sud? »

Les questions du public

Le public est varié: des confrères prennent la parole pour apporter leur soutien, louer le courage et s’interroger sur l’avenir du Congo Brazzaville.

La réponse de Ghys est toujours la même. Il leur parle d’amour. «Il faut s’aimer et ainsi se respecter».


Quand un homme d’une cinquante d’années à qui on a gelé les comptes et fermer tous les titres de presse et les entreprises qu’il a créé, l’expression «nouvelle vie» n’est pas heureuse.


Au problème politique s’ajoute les problèmes ethniques, les congolais du nord et du sud ne se réconcilient pas, pire le cycle des vengeances continue. Face à cette dramatique situation qui perdure, Ghys Fortuné ose prendre cet exemple personnel.

Ses parents (sous-entendu des personnes de son ethnie) ont violé une femme et sa fille il y a des années. Pourtant, lorsque l’Etat congolais a gelé ses comptes et que ses meilleurs soutiens ne pouvaient plus rien pour lui, la fillette violée (devenue femme) a pris la décision de payer les frais scolaires des enfants de Ghys Fortuné. Au-delà de la somme, le risque social pris état conséquent (aider un paria politique). Elle a su pardonner. Elle a su mettre en place l’amour qui crée plus qu’un simple pont entre ceux du Nord et ceux du Sud, elle réunit les enfants du Congo.

Cette anecdote, comme beaucoup d‘autres, donne de l’espoir aux personnes venus assister à l’événement.

Démonstratif, Ghys Fortuné continue sur cette ligne lorsque le représentant officiel pour l’Europe du parti politique au pouvoir (qui l’a donc mis en prison) prend la parole. Ils évoquent leur constat respectif et mettent en valeur les points de convergence plutôt que de divergence.

Combattif, Ghys Fortuné peut enfin savourer ce moment qui représente pour lui la transition entre l’horreur qu’il a vécu et cette nouvelle vie qui s’offre à lui. Nouvelle vie? Quand un homme d’une cinquante d’années à qui on a gelé les comptes et fermer tous les titres de presse et les entreprises qu’il a créé, l’expression «nouvelle vie» n’est pas heureuse.

Mais il a de quoi être fier. Et c’est sans l’once du moindre doute qu’il affirme: «Je vous le dis chers amis, un jour je retournerai au Congo!»

D’autres articles sur le Congo

Partir ou rester ? Être homosexuel russe… en Russie

«Je ne conseille à personne, si celle-ci a le choix, de partir de son pays» témoigne Yousef, jeune activiste LGBT russe réfugié en France, à la table ronde organisée par IREX Europe au sein des locaux d’OXFAM, et de l’organisation Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM) le 19 novembre 2019 à Paris. Auparavant, ce groupe était venu rendre visite à la Maison des journalistes où un échange a pu avoir lieu entre journalistes exilés et militants de la cause homosexuel.

Pourtant, si certains peuvent «se battre», d’autres n’ont d’autres choix que de quitter leur pays pour des horizons plus tolérants vis-à-vis de leurs orientations sexuelles. C’est le cas de plusieurs activistes membres de la diaspora russe en France, qui ont connu résiliences et traumatismes, aussi bien moraux qu’institutionnels.


« Si on me le demandait, je ne conseille à personne, si celle-ci a le choix, de partir de son pays. »


Outre le défi de quitter son pays d’origine, il y a le défi d’intégrer son pays d’asile. La migration forcée entraîne une véritable souffrance, une isolation à plusieurs niveaux. Les barrières culturelles et linguistiques, mais aussi géographiques vis-à-vis de ses proches restés en Russie, rendent les enjeux d’une telle migration essentiels à prendre en compte.

Que dit la loi russe sur l’homosexualité ?

Si l’homosexualité est légale en Russie depuis 1993, une loi réprimant la «propagande homosexuelle» pour défendre les mineurs est entrée en vigueur en 2013.

Selon une décision de la Cour européenne des droits de l’homme en juin 2017, cette nouvelle loi renforce «la stigmatisation des homosexuels et encouragent l’homophobie, ce qui est incompatible avec les valeurs d’une société démocratique».


« L’homophobie ne cesse de grimper en Russie »


Appuyé par une étude du centre analytique Levada, Mikhail Tumasov représentant élu du Russian LGBT Network et activiste et défenseur des droits de l’Homme, confirme que l’homophobie ne cesse de grimper en Russie.

En 2017, c’est 83% de la population russe qui considère que les relations homosexuelles ou LGBT sont toujours ou presque toujours condamnables.

Depuis 2013, les activistes sur le terrain et présents à la table ronde témoignent qu’en effet, le rejet de la minorité LGBTQI+ et les violences à son encontre sont «plus fréquentes, plus visibles».

«Être un membre de la Communauté LGBTQI+ en Russie, c’est se confronter à des situations violentes, mais aussi paradoxales ou contradictoires.» affirme Mikhail Tumasov.

C’est le principal combat comme l’exprime Yousef.

«Ici, il faut créer ses propres liens, son propre entourage. Pour moi, ma famille, ce sont mes amis français désormais. Ce que je souhaiterais tout de même ajouter: je suis reconnaissant à la France pour cette décision et cela m’a sauvé, le système en France est costaud, je ne critique pas mais c’est mon fait et mon vécu.

Le système en France est assez darwinien. L’attente est longue sans que tes droits soient à 100% garantis. Logement, nourriture, santé. Tout est compliqué. Si tu es jeune et en forme tant mieux. Mais ta survie dépend essentiellement de toi. Si on me le demandait, je ne conseille à personne, si celle-ci a le choix, de partir de son pays.»


«Seul le peuple russe peut faire changer la Russie» conclut Mikhail.


A l’inverse, Temur Kobalia, fondateur de NCO TV Russia et journaliste, rajoute: «Si nous sommes persécutés pour nos articles et certains uniquement pour leur orientation sexuelle mais que l’on décide malgré tout de rester en Russie, ce n’est ni pour nous plaindre, ni pour subir sans rien dire, mais pour témoigner et éclairer nos concitoyens de ce qui se passe véritablement en Russie.»

«Seul le peuple russe peut faire changer la Russie» conclut Mikhail.

Crédit Sarah Villard

D’autres articles sur la Russie

Les graves dérives de la diplomatie américaine en Afghanistan

Les Etats-Unis négocient avec les Talibans avec l’intermédiaire du Qatar. Ce trio diplomatique agit au détriment du gouvernement afghan, qui subit la gestion américaine des Talibans. Bienvenue dans les méandres de la politique américaine de Donald Trump en Afghanistan et sa gestion du cas Talibans.
Le gouvernement afghan a libéré trois importants responsables talibans le 12 novembre 2019.
 

Echanges d’otages

Parmi eux, Hanas Haqani, le fils de Jalaluddin Haqani, fondateur de réseau Haqani, Mali khan et Abdul Rashid, membres du bureau politique de Talibans. Le porte-parole des Talibans Sohail Shahin a approuvé leur arrivée au Qatar le 19 novembre.
 
Cette libération est en réalité un échange avec deux professeurs de l’université américaine de Kaboul. L’américain Kevin King et son collègue australien Timothy Weekes, kidnappés par les hommes de Tlibans en août 2016.
 
Lors d’une intervention télévisée depuis le palais présidentiel le 12 novembre, le président afghan Ashraf Ghani a déclaré que cette libération était sous condition et a souhaité que cela puisse ouvrir la voie à des négociations directes «entre le gouvernement afghan et les Talibans» et ainsi réduire les violences.
 
Jusqu’alors, les Talibans ont toujours refusé les négociations avec les autorités afghanes.
 

Peut-il être possible d’obtenir un accord de paix sans le gouvernement afghan?


 
En effet, ce n’est pas le gouvernement afghan mais l’administration de Trump qui est à l’initiative de cet échange lors des négociations de Qatar avec les responsables Talibans.
 
La question qui se pose dans ce cas-là est: quel est le rôle de Kaboul dans les négociations américain-talibans? Peut-il être possible d’obtenir un accord de paix sans le gouvernement afghan?
 
Zalmaiy Khalilzad, le représentant américain a commencé les négociations avec les autorités de Talibans au Qatar en octobre 2018 afin de trouver des solutions à la une guerre la plus longue que l’histoire américaine ait connue.
 
 
Depuis octobre 2018, Khalilzad a rencontré neuf fois les responsables Talibans à Doha, où se trouve le bureau politique des Talibans. Ils se sont entendus sur un accord portant sur le retrait des troupes américaines d’Afghanistan et la reprise des négociations avec le gouvernement afghan lors de la dernière rencontre en septembre 2019.
 
Le président Ashraf Ghani et les représentants Talibans ont été invités aux Etats-Unis pour signer un accord entre les Etats-Unis et les Talibans au mois de septembre.
 

Militairement, aucun adversaire ne peut gagner cette guerre.


 
Trois jours avant cette rencontre, Trump l’a brusquement annulé dans un tweet, suite à un attentat à Kaboul causant la mort de 11 personne dont un soldat américain. Trump a déclaré que le cessez-le-feu et la diminution des attentats sont les préconditions à la reprise des négociations avec les Talibans.
 
La situation est compliquée. Militairement, aucun adversaire ne peut gagner cette guerre. Selon Dominic Tierney, le professeur de Swarthmore College aux Etats-Unis et l’auteur de «The right way to lose a war», les américains se jugent plus faibles qu’en 2001.
 
Malgré la dépense de 18 bilions dollars depuis 2001, les institutions politiques et les troupes afghanes ne sont pas en mesure de garantir la stabilité dans le pays.
 

Les autorités américaines souhaitaient […] réécrire la constitution afghane et ajouter les propos religieux des Talibans.

 
Par conséquent, les autorités et la société civile ont salué les tentatives de Zalmay Khalilzad dans la recherche d’une issue afin de construire la stabilité et la paix. Mais la direction que suit Mr Khalilzad fait l’objet de beaucoup de controverses dans les médias.
 
Dans l’accord qui aurait dû être signé en présence de Donald Trump, les autorités américaines souhaitaient accorder un gouvernement temporaire et transitionnel en Afghanistan, afin de réécrire la constitution afghane et ajouter les propos religieux des Talibans.
 
Ces deux propositions ont été sévèrement refusés par le gouvernement ainsi que par la société civile. Politologues et institutions politiques considèrent que la paix ne sera établie que par le gouvernement, les Talibans et les autres partis politiques du pays.
 

Les Etats-Unis affaiblissent le gouvernement afghan

Le négociateur américain Khililzad ne prenait pas en compte la place du gouvernement afghan dans les négociations depuis l’an dernier et, de ce fait, a affaibli la position et le prestige du gouvernement autant que les Talibans étaient encouragés à refuser la négociation directe avec les autorités afghanes.
 
Les Talibans ont changé, passant d’un groupe terroriste illégitime à une opposition légitime dans les débats politiques afghans grâce aux diplomates américains.
 
Dans une interview de Khlilzad sur Tolo News, en février 2019, il a considéré Molla Broder, un des dirigeants et le négociateur des Talibans, un patriote qui est fidèle au pays. Cette approche envers les Talibans a provoqué beaucoup de critiques dans la société qui considère les Talibans comme un groupe terroriste ne faisant que tuer les civils, bruler les mosquées, les écoles…
 

Si les troupes américaines quittent l’Afghanistan, il y aurait un manque du pouvoir poussant le pays au bord du chaos et une guerre ethnique.


 
Dans une enquête menée par l’Institut afghan d’études stratégiques en novembre 2018, 75% des afghans pensent que les Talibans sont un groupe terroriste illégitime dirigé par le Pakistan.
 
 
Pour davantage clarifier, il existe trois critiques majeures de la diplomatie américaine au sein du débat politique afghan:

1) Une diplomatie unilatérale: l’approche récente de la diplomatie américaine a isolé le gouvernement, qui est pourtant le pouvoir légitime dans le pays. De ce point de vue, les négociateurs américains se rapprochent aux idées pakistanaises et celles des Talibans qui voudraient délégitimer l’autorité à Kaboul élue dans un processus démocratique.

Le gouvernement et les politiciens considèrent les Talibans comme un groupe armé qui doit s’intégrer dans le système démocratique construit après 2001, mais les responsables de Talibans ont réussi à convaincre les diplomates américains, notamment Khalilzad, de redéfinir la constitution et construire un gouvernement à nouveau en faveur d’un système qui limite la démocratie.

Khalilzad a aussi négocié le retrait de troupes américaines alors qu’il existe un accord stratégique signé en 2014 entre le gouvernement afghan et celui des Etats-Unis, par conséquent, c’est Kaboul qui décide légitiment sur la relation bilatérale en long ou en court terme avec Washington. Si les troupes américaines quittent l’Afghanistan, il y aurait un manque du pouvoir poussant le pays au bord du chaos et une guerre ethnique.

2) Le résultat rapide: l’agenda américain est désigné pour l’élection présidentielle de 2020 et Trump veut se montrer aux américains comme gagnant de la guerre en Afghanistan. Donc l’administration de Trump désire avoir un résultat à n’importe quel prix. Alors que cette stratégie semble fragiliser davantage la situation au long terme.

Les groupes d’Al-Qaeda sont présents dans la région et Daech est en recherche d’un territoire pour se renforcer et se stabiliser après une défaite en Syrie et en Iraq. Le retrait des troupes américaines créera un manque de pouvoir en faveur des groupes terroristes.

L’Afghanistan peut devenir un terrain de compétition entre ces différents groupes.


Les vrais combattants sont les Afghans qui payent le prix de cette guerre.


3) L’exclusion des acteurs internes: Khalilzad pense que la guerre en Afghanistan est un problème que seul les Etats-Unis peuvent résoudre. Donc la négociation avec les Talibans est un projet américain.

Les vrais combattants sont les Afghans qui payent le prix de cette guerre. Le gouvernement et les institutions non gouvernementales sont toujours exclus de négociation avec les Talibans. Le gouvernement, les partis politiques et la société civile, ce sont eux qui déterminent la direction et de leurs pays.

Une politique américaine en Afghanistan au détriment des droits de l’homme

Depuis les premières rencontres en octobre 2018, les afghans ne sont pas au courant de ce qui se passe entre Khalilzad et les Talibans. Les Talibans ne sont pas seulement ennemis de l’armée afghane mais aussi l’ennemi de la démocratie, de la liberté individuelle, des médias et de tous les principes qui fondent une société démocratique.

L’administration  Trump sous-estime le rôle de tous ceux qui battent pour la démocratie, des droits de l’homme et le plus important, pour les victimes de guerre, dans les négociations qui déterminent le futur de leurs avenirs.

La voix des femmes, des jeunes et des militants des droits de l’homme et leurs visions sont absents de la doctrine américaine concernant la guerre en Afghanistan. La doctrine américaine pour l’Afghanistan semble unilatérale, exclusive et loin de la réalité de la société afghane. Elle ne prend pas en compte les rôles des acteurs principales – le gouvernement, la société civile et les dirigeants ethniques- dans le conflit actuel.

La divergence d’opinion entre le gouvernement afghan et les américains à propos de la guerre et de la paix rendent difficile la réalisation d’un accord qui représenterait équitablement les intérêts des Etats-Unis et d’Afghanistan.

D’autres articles sur l’Afghanistan

Une nouvelle attaque blesse gravement un journaliste afghan

[Attaque] L’Afghanistan ? Un cimetière pour journalistes. Détenant le record du nombre de journaliste tué en 2018, l’Afghanistan reste dans un rythme élevé avec déjà deux décès en 2019. Il s’agit d’une attaque le 5 février où les journalistes Rahmani Rahimullah et Arya Shafiq de la radio Hamseda ont été tués.

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Afghanistan : dans une province d’1,5 millions d’habitants, aucune femme journaliste

[JOURNÉE DE LA FEMME] En l’honneur de la journée de la femme ce vendredi 8 mars 2019, la MDJ vous propose exceptionnellement la traduction d’un article du média Pajhwok Afghan News. « Il n’y a pas de femme journaliste dans la province du sud-est de Khost sur 1,5 million d’habitants, ont annoncé mercredi 6 mars des responsables. » Au-delà de ce constat, pourquoi aucune rédaction (pourtant nombreuse), n’a pas de femme journaliste ?

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Les Talibans imposent toujours la terreur en Afghanistan

Un conflit meurtrier entre le gouvernement et les talibans ravage l’Afghanistan. Environ 4000 Afghans, dont 927 enfants ont été tués en 2018. Hafiz Ahmad Miakhel, journaliste afghan est contraint de quitter son pays, après avoir subi plusieurs menaces des talibans. Arrivé en France il y a moins d’un an, il vit en tant que réfugié politique et dénonce la situation déplorable de son pays. Il a accepté de répondre à nos questions. 

Quelles sont les divergences entre le gouvernement afghan et les talibans durant la médiation américaine?

Un processus de paix a débuté en septembre 2018 au Qatar à Doha. Durant ces pourparlers, les talibans maintiennent leurs positions : ils exigent le retrait total des troupes américaines du sol afghan et souhaitent établir un émirat islamique afin de remplacer la république islamique d’Afghanistan.

Ils disent se battre pour la liberté du pays et de sa population. Ils affirment que leur pays n’a pas besoin d’aide d’autres pays non-musulmans comme les Etats-Unis. Je pense que les talibans ne changeront jamais, c’est un groupe extrémiste. Ils ont été au pouvoir entre 1996 et 2001 et ce fut une très mauvaise expérience.

Les talibans reflètent un passé et un présent noirs pour l’Afghanistan. Ils continuent de tuer des soldats et des innocent, ils ne croient pas aux droits de l’Homme. Le peuple afghan ne veut plus des talibans au pouvoir. Au contraire, le gouvernement afghan se base sur les aides des organisations internationales. Il considère que l’Afghanistan a besoin de cette présence de troupes étrangères. Cela lui permet de se développer au niveau économique et politique. Le gouvernement croit en l’alliance avec les Etats-Unis.

Cependant, le processus de paix manque de cohérence, le gouvernement afghan est exclu.

Quelle a été la portée des élections présidentielles du 28 septembre?

Deux principaux candidats se sont présentés pour ces élections. L’actuel président afghan, Ashraf Ghani, et son chef de l’exécutif, Abdullah Abdullah.

Les deux hommes politiques ont chacun leur tour annoncé leur victoire. La situation devrait donc se muer en un conflit entre les deux camps: lorsqu’un des deux candidats va gagner, l’autre rejettera les résultats. Il s’agit du même problème qu’en 2014. Les deux mêmes candidats revendiquaient la victoire. Les Etats-Unis sont donc intervenus. Ils ont partagé le pouvoir en deux.

Durant les cinq années suivante, il n’y a eu aucune coordination entre les deux et le système s’est bloqué. Depuis, la situation du pays ne fait qu’empirer.

En 2014, davantage de personnes ont participé aux élections qu’en 2019. Les situations économiques, sociales et politiques se sont, elles aussi, dégradées. Aujourd’hui, les deux parties rejettent l’idée de reproduire cette situation.


« Si ces pays se coordonnent et souhaitent réellement une paix durable en Afghanistan, nous y arriverons. »


Ce sont les quatrièmes élections présidentielles depuis la chute des talibans en 2001. Les élections du 28 septembre n’ont toujours pas rendu leur verdict.

La commission électorale d’Afghanistan annonce leur publication pour le 14 novembre. L’abstention est apparue comme la plus grande difficulté. Neuf millions de personnes sont inscrites, et seulement deux millions sont allées voter.

Cette situation découle de l’insécurité omniprésente en Afghanistan. Les talibans ont attaqué plusieurs bureaux de votes. L’insécurité perdure depuis 40 ans.

Selon l’ONU, plus de 20 groupes terroristes sont enregistrés et se battent contre le gouvernement afghan, tuent des civils, des personnes innocentes. Malgré un processus de paix, les combats continuent. D’après les Etats-Unis, l’Afghanistan est l’un des pays les plus meurtriers en 2018, devant la Syrie et le Yemen. C’est un réel problème pour la population.

Il y a aussi d’autres challenges. La fraude et la corruption amplifient la défiance de la population vis-à-vis de la classe politique. Il n’y a aucune transparence.

copyright Muhammed Muheisen

Copyright Muhammed Muheisen

Quel est l’impact de cette instabilité sur l’émigration?

Dans les quatre dernières décennies, des millions de gens ont quitté le pays à cause des violences.

Plus de 7 millions de réfugiés afghans sont demandeurs d’asile. 90 % d’entre eux vivent au Pakistan et en Iran.

Le gouvernement essaye donc de retenir cette jeune génération. C’est essentiel pour le bon développement du pays. De plus, leur situation est très mauvaise dans certains pays. Des millions d’afghans n’y sont pas enregistrés. Certains vivent dans des camps, n’ont pas accès à l’éducation, aux soins médicaux, aux besoins vitaux. Parfois, les relations sont tendues entres les réfugiés et les populations locales ainsi qu’avec la police.

Quel est pour vous, le meilleur chemin pour restaurer la paix ?

Je pense que la guerre prendra fin quand les deux camps (le gouvernement afghan et les talibans) négocieront ensemble, avec l’aide des Etats-Unis.

Le gouvernement afghan fait entièrement partie de cette guerre. Des centaines de milliers de civils et des milliers de soldats afghans ont été tués.  Les talibans refusent les négociations avec le gouvernement afghan. Ils ne négocient qu’avec les Etats-Unis.

Par ailleurs, nous sommes en conflit depuis quatre décennies. Pour avoir un pays en paix dans le futur, il faut une coopération régionale et internationale. Certains pays ne sont pas honnêtes dans le combat contre les terroristes en Afghanistan. Tous ces pays ont des intérêts là-bas. La position du pays est très stratégique. Il y a une grande compétition entre les grandes puissances (Chine, Russie, Iran, Etats-Unis). Si ces pays se coordonnent et souhaitent réellement une paix durable en Afghanistan, nous y arriverons.

Nous n’avons pas encore évoquer les médias, pourriez-vous me dire quelle est la situation?
 
Les médias renaissaient en Afghanistan après la chute des Taliban en 2001 ; aujourd’hui le pays a des centaines de publications, une douzaine de stations de télé et de radio ainsi que plusieurs agences d’informations.
 
La croissance rapide du média est un grand accomplissement pour le gouvernement mais les journalistes afghans paient un prix élevé pour un tel development.
 
Selon Reporters Sans Frontières, l’Afghanistan était le pays le plus mortel du monde pour des journalistes en 2018.
 
Les journalistes sont régulièrement battus, menacés et tués par des bombardments de tous les côtés dans la guerre — des insurgés, des fonctionnaires du gouvernement, des élus locaux et parfois des forces étrangères.
 
La censure est un autre défi pour les journalistes en Afghanistan. Le phénomène existe mais il est difficilement quantifiable.
 

Articles d’Hafiz Ahmad Miakhel

Une nouvelle attaque blesse gravement un journaliste afghan

[Attaque] L’Afghanistan ? Un cimetière pour journalistes. Détenant le record du nombre de journaliste tué en 2018, l’Afghanistan reste dans un rythme élevé avec déjà deux décès en 2019. Il s’agit d’une attaque le 5 février où les journalistes Rahmani Rahimullah et Arya Shafiq de la radio Hamseda ont été tués.

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Hong Kong: comprendre la crise par la liberté de sa presse

Alors que la Chine est classée 177 sur 180 dans le classement de la liberté de la presse de Reporters sans Frontière (RSF), la presse de la région administrative spéciale de Hong Kong a elle, pendant longtemps, bénéficié de son système libéral. Mais depuis la rétrocession en 1997, la donne a drastiquement changé. Hong Kong a chuté de la 18e place en 2002 à la 73e cette année. Les manifestations se déroulant depuis 3 mois à Hong Kong pourraient annoncer un tournant décisif pour le futur de la presse.

Grâce au « un pays, deux systèmes », Hong Kong a longtemps accueilli les grandes agences de presse étrangère (AFP, Reuters pour ne citer qu’eux). Les réseaux Internet ne souffrent pas non plus du Grand Firewall chinois : des sites comme Google ou Facebook sont accessibles sans compromis. Mais derrière cette façade, la presse subit depuis les années 2000 de graves attaques de son voisin communiste.

Définitivement abandonné le 4 septembre, le projet de loi d’extradition vers la Chine a été pointé du doigt dès son annonce par les organismes de défense des droits de la presse comme étant une menace importante pour les journalistes hongkongais et leurs sources. Jusqu’ici, la Chine organisait des kidnappings pour ramener sur son territoire des opposants à l’étranger, mais le nouveau projet de loi menaçait, avec l’accord avec les autorités hongkongaises, de permettre des extraditions par la voie légale.

Hong Kong, un îlot pour la presse libre en Asie

En juillet 2018, on comptait à Hong Kong 78 quotidiens de presse, pour la majorité en langues chinoise ou anglaise. Ils cohabitent depuis toujours, à l’image de la société hongkongaise, une grande variété d’opinions dans la presse. Le grand clivage politique étant la relation avec la Chine, entre les médias dit pro-démocrates (Apple Daily, Passion Times) et les médias pro-chinois (Sing Pao Daily News, The Standard, Sing Tao Daily). Cependant, les sensibilités de ces médias varient également sur les questions politiques, libérales, internationales ou sociales.

En parallèle, deux journaux sont contrôlés par Pékin via le Bureau de liaison à Hong Kong (Wen Wei Po, Ta Kung Pao). Ces quotidiens diffusent la vision officielle de l’actualité mondiale et nationale du Parti communiste chinois (PCC), mais selon un sondage de l’Université chinoise de Hong Kong, ils sont considérés aux yeux des Hongkongais comme les journaux les moins crédibles.

Michel Bonnin dans l’émission d’Arrêt sur Images du 23 août 2019

Au départ opposé au projet de loi qui menaçait leur liberté économique, le milieu des affaires a ensuite fait marche arrière pour s’aligner avec la Chine après que le régime leur ait rappelé que c’est du marché économique chinois dont ils dépendent.

Des journaux hongkongais déjà sous influence chinoise

Fin 2015, le rachat du South China Morning Post (SCMP), le quotidien anglophone le plus important de Hong Kong par le groupe Alibaba (plateforme de vente Chinois) a mis en lumière la fragilité de l’indépendance des médias.

Depuis, le journal a été à plusieurs reprises accusé de collaboration avec les autorités chinoises. En juillet 2015, Zhao Wei est arrêtée et retenue prisonnière pour « incitation à la subversion du pouvoir de l’État ».

Un an après cette avocate et activiste des droits de l’Homme en Chine sort de prison mais reste sous le coup d’une importante surveillance. Au moment de sa libération, le SCMP publie alors les confessions de la jeune avocate qui explique « réaliser d’avoir emprunté un chemin dangereux et souhaite se repentir. Je ne suis plus la même personne. »

Ni son avocat, ni son mari n’avait pu obtenir le droit de s’entretenir avec elle depuis son incarcération.

Même histoire pour Gui Minhai, écrivain suédois d’origine chinoise qui travaillait pour la librairie hongkongaise Causeway Bay Books. Entre octobre et décembre 2015, cinq employés sont enlevés, dont Gui Minhai, kidnappé lors d’un voyage en Thaïlande. Début 2016, les cinq libraires réapparaissent à la télévision nationale. Ils confessent plusieurs délits, expriment leurs regrets puis purgent leurs peines. Gui Minhai est le dernier des cinq libraires à être libéré en octobre 2017 mais il est interdit de sortie de territoire.

Quelques mois plus tard, nouveau rebondissement, Gui Minhai retourne en prison. Prétextant une visite médicale, des diplomates suédois auraient tenté de l’extraire du pays mais les autorités chinoises l’ont intercepté avant.

« Gui a insisté pour l’interview [avec le SCMP], il souhaite dire la « vérité » au public » – Au South China Morning Post on reste évidement septique, on met des guillemets autour de « vérité »

C’est à ce moment que le journal hongkongais South China Morning Post intervient.

Dans un article publié en février 2018, le bouquiniste hongkongais réapparaît dénonçant une machination de la Suède qui l’aurait piégé. « J’ai honte de mon comportement. J’ai commis beaucoup d’erreurs (…) Je souhaite à ma famille une vie heureuse. Ne vous inquiétez pas pour moi. » « J’aimerais désormais rester vivre en Chine. (…) Je souhaite que le gouvernement suédois cesse de me contacter et arrête de dramatiser mon cas. »

C’est la seconde confession de Gui Minhai mais celle-ci ne convainc pas sa fille, Angela Gui, plus que la première. Depuis 2015, elle dénonce sa détention comme politique et exige le retour de son père.

En avril, Tammy Tam, rédactrice en chef du SCMP lui répondait dans un éditorial : « Nous vous assurons catégoriquement que nous n’avons pas collaboré avec les autorités chinoises. (…) En tant que journalistes, nous faisons couramment face à des décisions difficiles. Ici, nous avons dû choisir entre interviewer votre père dans ce cadre contrôlé ou ne rien faire. »

Mais cette déclaration d’indépendance de la rédactrice en chef sonne faux alors qu’en 2015, 6 mois avant le rachat du journal, quatre éditorialistes du SCMP, connus pour leur opposition au régime chinois, étaient forcés de quitter la rédaction.

Dans un éditorial, le Asia Sentinel (journal où travaille également Philip Bowring, un des éditorialistes écartés du SCMP) soupçonnait déjà le Bureau de liaison à Hong Kong, souvent taxé d’être un organe d’influence chinois, d’être derrière ces évictions.

Les confessions forcées, un « classique » des médias chinois

Les confessions publiques comme celles qu’on fait Zhao Wei et Gui Minhai sont très répandues dans les médias chinois, elles sont réalisées en collaboration avec les autorités et diffusées aux heures de grande écoute de la télévision publique chinoise.

En réalité, ces confessions sont produites sous la menace et représentent une des nombreuses pratiques utilisées par le régime pour tisser la toile de sa propagande. Celles-ci n’ont jamais fait illusion à Hong Kong ou à l’international et visent majoritairement le public chinois sensible à la propagande du PCC.

Mais voir apparaître ce type de pratique propagandiste à Hong Kong, dans un média pourtant censé être indépendant du pouvoir, semble indiquer que la Chine continentale a déjà commencé à reprendre la main sur la presse hongkongaise.

Dans un article pour la revue Made in China en novembre 2018, Magnus Fiskesjö, anthropologue et ami de Gui Minhai estimait la réputation du journal définitivement ternie: « Ces récentes affaires montrent que le South Chinia Morning Post [depuis son rachat par Alibaba] ne peut désormais plus être considéré comme une organisation de presse indépendante. »

Une opinion qui semble partagée par les Hongkongais, alors même que le journal était auparavant perçu comme le quotidien le plus sérieux de la presse. Selon un sondage de l’Université chinoise de Hong Kong, le SCMP est le journal qui a le plus perdu en crédibilité entre 2003 et 2016.

Un nouveau journalisme d’opposition

En réponse à la pression chinoise grandissante, de nouveaux médias web au financement alternatif sont apparus avec une ligne radicalement opposée à la rétrocession de Hong Kong.

Extrait d’une manifestation du 5 août filmé à 360° par Hong Kong Free Press

Né dans le sillage de la Révolution des parapluies de 2014, Hong Kong Free Press (HKFP) est un journal web anglophone.

Ce média fonctionne par donation, selon un modèle non lucratif et affiche une transparence sur ses finances. Sa couverture alternative des manifestations de 2019 diffère du reste de la profession, les journalistes filment les rassemblements et affrontements au côté des manifestants.

FactWire est une agence de presse bilingue apparue en 2016. Elle se concentre sur l’investigation des affaires nationales et fonctionne sur un modèle économique similaire à HKFP. Sa première enquête exposa les graves défauts de qualité des rames de métros hongkongaises importés de Chine continentale. Depuis le début des manifestations, FactWire couvre les cas de violences policières en recoupant le déroulé des événements grâce aux dizaines de vidéos disponibles sur la toile.

Face à une influence chinoise de plus en plus présente, ces nouveaux médias entendent peser sur le marché de l’information hongkongaise en mettant en avant la liberté d’expression, la démocratie et les droits de l’Homme contre le système chinois. Un climat de peur entretenu par des attaques contre les journalistes.

Des journalistes pro-démocratie pris pour cible

Kevin Lau au club des correspondants internationaux de Hong Kong le 9 mai 2015

« On m’a souvent demandé ces deux dernières années si la presse à Hong Kong était en danger. Maintenant, je crois que la réponse est claire comme de l’eau de roche. Elle l’est. »

Le Ming Pao est un des plus gros journaux de la presse hongkongaise, de tendance plutôt libérale et en faveur de l’ouverture vers Pékin. En 2014, le journal participait à une enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) sur les paradis fiscaux mis en place par le gouvernement de Xi Jinping et le PCC [Parti Communiste Chinois].

Le 26 février 2014, Kevin Lau, rédacteur en chef au Ming Pao est attaqué au couteau alors qu’il sortait de sa voiture. Deux hommes appartenant aux triades hongkongaises lui infligent de multiples blessures au dos et aux jambes.

Pour la sphère politique, aucun lien ne peut être établi entre l’attaque de Kevin Lau et une atteinte à la liberté de la presse. Mais le Ming Pao, rejoint par toute la profession journalistique, dénoncent alors cette attaque comme un crime contre la liberté de la presse.

Mais cette attaque rejoint la liste grandissante des violences contre les journalistes depuis la fin des années 90.

  • En 1996, le journaliste Leung Tin-Wai se fait mutiler au hachoir dans son bureau de travail.
  • En 1997, Albert Cheng, journaliste de radio se fait poignarder dans le parking de son lieu de travail.
  • Chen Ping éditeur du magazine iSun Affairs subit un passage à tabac en 2013
  • Deux jours plus tard le patron de l’Apple Daily, Jimmy Lai, retrouve une machette et une hache en guise d’avertissement à son domicile vandalisé.

Tous partagent une opinion opposée à la rétrocession de Hong Kong.

La question du mobile de l’attaque s’est ensuite posée. À ce moment là, Kevin Lau et la rédaction du Ming Pao collabore avec le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) pour une enquête sur les montages fiscaux organisés par l’élite politique chinoise du PCC.

Une corrélation qui n’a pas été plus approfondie, n’ayant aucune preuve que l’attaque ait été commandée depuis la Chine, les organisations de protection des journalistes ont préféré écarter toute hypothèse prématurée.

Après 11 arrestations et 2 condamnations, l’enquête n’est finalement pas parvenue à déterminer de commanditaire, cependant ces même triades hongkongaises sont depuis réapparues à plusieurs reprises. Contre le mouvement pro-démocrate en fin 2014, et également le 22 juillet dernier où cette fois-ci, elles ont été aperçues collaborant avec les forces de police hongkongaise dans de nombreuses vidéos amateur compilées par le New York Times.

La rétrocession de Hong Kong en 1997 a porté un grand coup au journalisme hongkongais et les affaires d’ingérence se sont succédées. Face aux pressions chinoises, le modèle libéral hongkongais ne semble pas capable de protéger la liberté de sa presse et tend au contraire, sous la pression, à collaborer avec Pékin. Reste la société hongkongaise, qui elle, après 14 semaines de mobilisation, ne semble pas l’entendre de cette oreille.

Une présence massive sur les réseaux sociaux et un important retour du journalisme citoyen

Si la situation pour la presse semble s’assombrir à Hong Kong, la mobilisation elle ne semble pas diminuer.

Alors que les manifestants étaient quelques dizaines de milliers dans les rues en 2014, les cortèges ont rassemblé cette année près de deux millions de personnes mi-juin et 1,7 million le 18 août, alors même que le mouvement tend à se radicaliser.

Dans Le Temps du débat sur France Culture, Eric Sautedé, analyste politique basé à Hong Kong, évoque un soutien populaire de près de 80% et une mobilisation de 25% des citoyens (pour une population de 7,4 millions).

« Be Water »: slogan phare de la mobilisation

Dans ce contexte, le mouvement a développé une présence d’une importance sans précédent sur les réseaux sociaux.

La communication autour des mobilisations, empreinte de culture asiatique, est massive et a largement dépassé les frontières chinoises (voir thread twitter du photojournaliste Maxime Reynié sur les visuels partagées sur les réseaux)

Suivant le modèle du réseau de journalisme citoyen Indymedia en Europe et Amérique du Nord (ensemble de médias citoyens locales de tendance de gauche radicale), In-Media version hongkongaise s’est développé à Hong Kong de façon collaborative depuis 2004.

Alors que le journalisme citoyen à connu un fort déclin en Occident au profit des réseaux sociaux, In-Media a continuer à fonctionner au gré des mobilisation contre la gouvernance chinoise.

Le site de In-Media connaît depuis le début des manifestations des pics d’affluence (classé 82.000e début juin, inmediahk.net est aujourd’hui 38.000e mondial selon les statistiques de trafic Web Alexa) tandis que la page Facebook compte elle plus de 560.000 abonnés.

Recrudescence des attaques contre les journalistes en RD Congo

Journaliste en danger (JED), s’insurge contre le regain d’attaques enregistrées depuis quelques semaines contre des journalistes et des médias. Le JED appelle les nouvelles autorités de la République Démocratique du Congo à prendre des mesures immédiates pour que cessent ces attaques répétées.

En l’espace de deux semaines, le JED a enregistré au moins 6 cas d’atteintes flagrantes à la liberté de l’information en RD Congo, à Kinshasa et dans les provinces où des journalistes et médias ont été victimes des attaques ciblées en rapport avec leur travail.

Voici une liste non exhaustive des journalistes concernées par la répression:

Simon BOFUNGA, directeur de Congo Nouveau, journal paraissant à Kinshasa, qui a été interpellé le mercredi 21 août 2019 au parquet près la Cour d’Appel de Kinshasa Gombe. Le journaliste s’y était rendu après avoir reçu un mandat de comparution. Détenu pendant environ 10 heures, le journaliste a été remis en liberté sans être auditionné et sans savoir le motif réel de cette interpellation. Il lui a été demandé de se présenter au parquet le vendredi 30 août.

Raim MAYAMA, journaliste présentatrice du magazine « Masolo ya Congo » et collaboratrice avec plusieurs médias émettant à Kinshasa, a été interpellée, le mardi 20 août 2019, successivement à la police criminelle et au parquet de grande instance de Likasi, dans la province du Haut- Katanga sur ordre de M. Kambaj, Chef de bureau des Mines. La journaliste s’était rendue au bureau du Chef de bureau des Mines pour réaliser une interview sur le présumé détournement de la taxe minière. Après avoir recueillie des informations auprès d’un proche collaborateur de M. Kambaj, Raim MAYAMA a été subitement mise aux arrêts. Accusée « d’extorsion », elle a été conduite dans les installations de la police criminelle avant d’être acheminée au parquet où elle a été gardée jusqu’à présent sans droit de visite ni d’assistance ou de conseil.

Serge SINDANI, journaliste à Kis24.Info, un média en ligne dont la rédaction est basée à Kisangani dans la province de la Tshopo, a été violemment molesté par un groupe d’éléments des Forces Armées de la RD Congo, le 18 août 2019, alors qu’il regagnait son domicile après avoir couvert le culte de dédicace de la province de la Tshopo à Dieu, organisé par le nouveau Gouverneur de province. Violenté, le journaliste a été dépouillé de tous ses biens, notamment ses deux téléphones portables. 

La radio Télévision Shaloom, l’une des stations des radios de Kananga, chef-lieu de la province du Kasaï Central, fermée depuis trois mois pour non paiement des redevances, taxes et impôts par la Direction Générale des Recettes Administrative, Domaniale et de Participation (DGRAD) a été visée, le vendredi 16 août 2019 dans la nuit, par un groupe de personnes non autrement identifiées. Tous les matériels de ce média ont été emportés. Il s’agit notamment du mixeur, le groupe électrogène, les ordinateurs, les micros, etc.

Michel Tshiyoyo, directeur de la Radio Sozer FM, une station communautaire émettant à Kananga, chef- lieu de la province du Kasaï Central est détenu depuis le mercredi 14 août 2019, dans les installations du Tribunal de paix de Kananga sur ordre du gouverneur de province M. Martin Kabuya qui « l’accuse d’incitation à la haine et outrage à l’autorité provinciale ». Le journaliste est poursuivi pour s’être interrogé sur sa page Facebook sur la rumeur d’une altercation qui aurait eu lieu entre le gouverneur Martin Kabuya et son adjoint Ambroise Kamukuny lors d’une mission officielle à Kalamba Mbuji, un poste douanier situé à 250 km de Kananga, dans le territoire de Luiza. Depuis son arrestation, Michel Tshiyoyo comparaît devant le Tribunal de paix de Kananga. À l’audience du lundi 26 août dernier, le journaliste a récusé les juges et a sollicité la recomposition du tribunal. Depuis, Tshiyoyo reçoit dans sa cellule des menaces de mort: « Michel, c’est nous que tu veux combattre. On va te tuer, retiens- le. Nous connaissons où habitent tes deux femmes. Nous t’avons piégé et nous t’avons eu. Tu n’es pas intelligent. Que le tribunal se prononce tu verras« .

Franck MUSUNZU, journaliste-correspondant de la Radio Pole FM à Masisi, un territoire de la province du Nord- Kivu, a été copieusement tabassé, le jeudi 1er août 2019, par un militaire des Forces Armées de la RD Congo. Le journaliste voulait interviewer la population de la localité de Kitshanga, victime de plusieurs exactions militaires.

Après plus d’un mois de fermeture arbitraire, un média proche de l’opposition a été re-ouvert. Aucune déclaration des officiels congolais n’a accompagné cette reprise, ni justifiée les raisons de la fermeture de cette chaîne. Il s’agit de la Radiotélévision par Satellite (RTV1) qui a repris ses activités le samedi 24 août 2019. Signalons que le signal de ce média a été brusquement coupé, le samedi 29 juin 2019, sans aucune notification, verbale ou écrite, adressée aux responsables de ce média diffusait une émission intitulé « Spécial Lamuka » appellant la population à participer à une marche pacifique, le 30 Juin 2019, pour notamment réclamer « la vérité des urnes ». Cette manifestation de l’opposition était interdite, la veille par l’autorité urbaine au motif le 30 Juin était un jour commémoratif de l’indépendance de la RD Congo.

Dorcas BAKANDA, journaliste de la Radio Communautaire Rurale FM, station émettant à Mbandaka, chef- lieu de la province de l’ Équateur, a été victime, le dimanche 28 juillet 2019, d’une violente agression. La journaliste a été poignardée à ses postérieurs par un groupe d’hommes munis d’armes blanches. Blessée et saignant à flots, Dorcas BAKANDA a été dépossédée de son sac à main contenant son téléphone portable, son dictaphone, etc. Dorcas BAKANDA a été attaquée sur son chemin de retour à son domicile après avoir présenté une émission consacrée au décryptage de l’actualité sociopolitique de la province. Dans cette tranche d’émission, elle a critiqué les autorités provinciales en les invitant à pouvoir résoudre le problème de l’inondations récurrente dont est victime la population locale.

Attaque avec violence, vol, enfermement arvitraire, peur au quotidien…

Le JED condamne avec la plus grande fermeté ces attaques dont sont actuellement victimes des journalistes qui doivent pouvoir exercer leur travail dans les meilleurs conditions, surtout à l’aube de cette période de l’alternance politique en RDC qui doit marquer une rupture avec les méthodes et pratiques prédatrices de l’ancien régime.

Près de huit mois après son avènement au pouvoir, et en dépit de ses déclarations des bonnes intentions, le JED constate avec regret que le nouveau Président de la République Félix Antoine Tshilombo Tshisekedi , n’a pris aucune mesure concrète pour promouvoir la liberté de la presse et assurer la sécurité des journalistes.

Rappelons que la RDC a perdu plusieurs journalistes (ses Fils maison) à cause des exactions commises en 2018 ; Nombreux sont en exil tandis que d’autres vivent dans la clandestinité bien qu’ils soient dans leurs propres pays ; d’autres ont été assassinés, enterrés dans des fosses communes à Kinshasa et à travers la République.

Lors de la célébration de la journée mondiale de la liberté de la presse le 3 mai dernier, il avait pourtant déclaré: « J’entends par quatrième pouvoir que vous avez des droits. Le droit d’être protégé, de parler librement ou d’investiguer…!« 

Les atteintes à la liberté d’expression, d’opinions et d’informations en République démocratique du Congo restent un combat pour la vraie démocratie dans le pays de Lumumba!

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    Que faut-il en penser ? En moins de deux ans consécutifs, deux événements d’une portée internationale ont marqué la RD Congo d’une pierre blanche ! Le 10 décembre 2018, le médecin gynécologue Denis Mukwege recevait le prix Nobel de la paix, à Oslo, en Norvège. Un an après, le 5 octobre 2019, son concitoyen Monseigneur […]

  • Afrique : la guerre de l’eau sur le fleuve Nil01/10/2019 - 8:47

    Les voix s’élèvent de partout, comme une incantation, pour parler de la crise prochaine de l’eau. Ce n’est plus un bruit de fond, perçu dans le cadre global du déréglément climatique. C’est maintenant, presque une affaire à part, que les médias mettent en relief. Vu son caractère va-t-en-guerre. Plusieurs points du globe seront touchés. Y […]

  • Afrique du Sud : les pires émeutes xénophobes depuis une décennie10/09/2019 - 1:22

    Cinq personnes ont été tuées et près de 200 autres arrêtées dans les émeutes xénophobes qui secouent depuis le 1er septembre l’Afrique du Sud, qualifiées de « totalement inacceptables » par les journalistes du monde entier. La police a tiré jeudi des balles en caoutchouc dans le centre de Johannesburg, la principale ville du pays, pour disperser […]

  • Arafat DJ: l’hallucinante vie du roi du coupé-décalé10/09/2019 - 11:02

    Dans la nuit du 11 au 12 aout 2019, une catastrophe incomparable de loin à la longue crise qui a secoué la Cote d’Ivoire, se produit. Le disc-jockey chanteur, aussi controversé qu’adulé de la nouvelle génération, Arafat Dj succombe de ses blessures suite à un grave accident de moto à Angré quartier de la commune […]

  • Makaila Nguebla: un journaliste tchadien devant la justice française05/09/2019 - 10:45

    Ancien résident de la Maison des Journalistes, Makaila Nguebla doit comparaître devant la justice française le 17 septembre prochain. Son tort? Avoir diffusé un article dénonçant les dérives financières et le clientélisme d’Abbas Tolli, neveu du président tchadien Idriss Deby et actuel gouverneur de la banque des états de l’Afrique centrale. Des publications remettant en […]

  • Recrudescence des attaques contre les journalistes en RD Congo03/09/2019 - 9:15

    Journaliste en danger (JED), s’insurge contre le regain d’attaques enregistrées depuis quelques semaines contre des journalistes et des médias. Le JED appelle les nouvelles autorités de la République Démocratique du Congo à prendre des mesures immédiates pour que cessent ces attaques répétées. En l’espace de deux semaines, le JED a enregistré au moins 6 cas […]

  • Cote d’Ivoire – Célestine Olibe Tazere: l’indomptable qui veut la primature01/09/2019 - 2:06

    A 52 ans, celle qui des décennies durant a été une inconditionnelle d’Alassane Ouattara a pris ses distances avec le RHDP (Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix) et son mentor. Célestine Olibe TAZERE veut jouer un véritable rôle dans la politique ivoirienne et ne s’en cache pas. Portrait d’une indomptable. Originaire du […]