Festival International du Film des Droits de l’Homme : « Une caisse de résonnance de la dignité humaine »

[Par Elyse NGABIRE]

14ème édition du Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH) –
Interview exclusive avec Laurent Duarte, secrétaire général du FIFDH.

Ce 5 avril, le FIFDH lançait sa 14 ème édition au cinéma Luminor-Hôtel de Ville sis au 20, rue du Temple, Paris, 4ème arrondissement. Le festival ira jusqu’au 19 avril. Et pour commencer en beauté, le film ‘les 18 fugitives’ a ouvert la série des 32 autres qui seront projetés. L’évènement a vu la participation et le soutien de plusieurs personnalités dont Hélène Bidard, adjoint à la Mairie, en charge de l’égalité femmes/hommes, la lutte contre les discriminations  et les droits de l’homme.

 

Affiche du Festival International du Film des Droits de l'Homme (FIFDH)
Affiche du Festival International du Film des Droits de l’Homme (FIFDH)

 

D’où est venue l’idée de ce festival ?

Il y a 15 ans, François Mercier, fondateur du festival, a pensé à ce projet. A l’époque et même aujourd’hui, il était très attaché à la question des droits de l’homme. Son objectif était de sensibiliser les gens aux droits humains à travers un festival ou un moment de rencontres, et ce à travers la création d’une télévision pour traiter ces questions en faisant passer des documentaires et des débats.

Laurent Duarte © Elyse NGABIRE
Laurent Duarte © Elyse NGABIRE

C’est un festival qui existe depuis 14 ans. Il a pour but de promouvoir un cinéma engagé d’auteurs et permet d’éclairer sur des sujets en rapport avec les droits humains dans une acceptation plus large. On englobe les droits humains mais également des droits sociaux, environnementaux et économiques.

Pourquoi  votre choix porte-t-il  sur les droits de l’homme et à travers le cinéma?

Parce que avec les fondateurs et associations qui nous soutiennent, nous estimons que le cinéma est un vecteur pour sensibiliser, pour créer une société plus inclusive et égalitaire. C’est un outil de prédilection  pour nourrir le débat non seulement pour les gens avertis mais également pour un public le plus large possible.

Qui sont les intervenants?

Des associatifs, des membres d’associations, des chercheurs, des responsables politiques, des spécialistes des droits humains. Quant au public, il est plus large : des étudiants qui font leurs recherches, personnes associatives, des jeunes, etc.

14 ans après, quel bilan faites-vous de ce festival ?

Ce qui est marquant, c’est que la question des droits humains s’est posée de façon très forte ici en France à travers différents canaux institutionnels, politiques ou extérieurs. C’est quelque chose de nouveau. Généralement, on a tendance à traiter les droits humains comme quelque chose qui est éloigné de nous à part par exemple la question migratoire qui revient régulièrement  et qui a impliqué la France.

Cette année, nous sommes confrontés à différents terrains : politiques, juridiques, etc. Malheureusement, cette année nous avons eu beaucoup de travail avec la crise des migrants notamment la guerre en Syrie, au Soudan, des élections en Afrique, etc.

 Pourquoi avez-vous choisi de lancer cette 14ème édition avec le film ‘ Les 18 fugitives’?

L’originalité du sujet a été le premier critère. Nous avons cherché  des films qui se démarquent, qui ont un parti pris. Le film ‘Les 18 fugitives’ traite de l’Intifada en Palestine. L’angle est très original. Il est capable de parler au plus grand nombre.

Hélène Bidard © Elyse NGABIRE
Hélène Bidard © Elyse NGABIRE

Grâce à l’histoire de 18 vaches achetées par des pacifistes en vue de produire leur propre lait, celles-ci se sont retrouvées dans l’effervescence politique et militaire comme une menace à la sécurité de l’Etat israélien.

C’est une histoire un peu rocambolesque. Comment les vaches peuvent devenir des menaces à l’Etat israélien ? On crée finalement des rapports entre pacifistes et  non pacifistes en Palestine, rapports entre militants palestiniens et israéliens, etc. Et dans le film, il y a un mélange de formats : c’est un documentaire avec des interviews des gens qui ont participé à ce mouvement, des reconstitutions et il a travaillé en animation. Tout cela fait qu’il soit un film très original. C’est un film drôle et  c’est rare de trouver ce genre de sujet.

Qu’attendez-vous à la fin de ce festival ?

Toute l’équipe du FIFDH espère que cette 14ème édition jouera, le mieux possible, le rôle qui est le sien : être une caisse de résonnance pour les acteurs engagés en faveur du respect de la dignité humaine.

En outre, comme dans tout évènement de ce genre, nous nous attendons à la participation maximale de personnes. Nous souhaitons qu’elles repartent  satisfaites, avec l’envie de s’instruire, de continuer à travailler sur ce sujet et qu’elles entrent en contact avec des associations présentes. Notre but, c’est de créer un forum où chacun se sente à l’aise de discuter, de prendre la parole mais aussi de changer les choses. L’idée du festival des droits de l’homme c’est que ceux-ci soient respectés et promus.


Elyse Ngabire

Journaliste burundaise, Elyse NGABIRE est licenciée en Sciences de la Communication à l’Université Lumière de Bujumbura et a également fait une année de Master en Journalisme à l’Université du Burundi. Elyse NGABIRE a commencé à exercer le métier de journalisme en 2008 au Groupe de presse Iwacu, chargée des questions politiques.

Elyse NGABIRE reste très active et continue de publier pour son journal et pour le site L’œil de l’exilé, des évènements qui se déroulent en France, en Belgique et ailleurs dans le monde. A la destruction des médias privés indépendants en mai 2015, Iwacu reste l’unique média indépendant du pays, pressions et menaces à son égard se sont multipliées.

Articles recommandés