Traite humaine, une lutte de tous et pour tous

La Convention de Palerme, organisée et signée en décembre 2000, est le premier instrument de droit pénal destiné à lutter contre les phénomènes de criminalité transnationale. C’est naturellement que le sujet de la traite des êtres humains y trouve sa place. A l’appel de la CONATT, le Cameroun insiste sur cette bataille dans laquelle tout un chacun a son rôle à jouer.

Point lexique : quelles différences entre “trafic humain” et “traite des êtres humains”?

Le droit international définit le trafic des personnes comme étant “la fourniture à une personne d’une entrée illégale dans le but d’obtenir directement ou indirectement un bénéfice financier ou un autre avantage matériel”.

Ce même droit international marque ainsi la différence avec la traite comme étant “le recrutement, l’accueil ou la prise en charge de personnes dans un but d’exploitation (sexuelle, services forcés ou esclavage)”.

Trois nuances fondamentales sont à apporter :

-le consentement (la personne déportée dans un trafic accepte ce déplacement)

-l’exploitation (le trafic prend fin lors de l’arrivée de la personne, ce qui n’est pas le cas dans le contexte de la traite).

-la transnationalité (la traite est indépendante des frontières tandis que le trafic implique un franchissement de celles-ci).

Un fléau bien installé

Les livres d’Histoire étudient la “Traite Atlantique” comme première grande vague de trafic humain. Installée sur une idéologie éminemment raciste, la traite des populations africaines déplace de 12 à 20 millions d’individus entre le XVIe et le XIXe siècle. Sa variante est la traite des esclaves de Barbarie qui sévit principalement entre les XIVe et XVIIIe siècles.

Devenue transnationale et protéiforme, la traite des personnes se décline aujourd’hui sous toutes ses formes: traite des femmes, des enfants, des migrants, d’organes…

La règle des 3P

Les 4 et 5 avril 2018 s’est tenu au Cameroun un séminaire organisé par la CONATT. Sara Delvin, représentant l’ambassade des Etats-Unis, entame son allocution par la règle des 3P:

Prévention – Protection – Poursuite

Ces critères sont présentés comme étant la meilleure stratégie de lutte contre la traite humaine.

Où agir? La “Liste Noire” répertorie les pays les moins engagés dans la lutte contre la traite des personnes. Établie par le gouvernement américain, le dernier pays à rejoindre la liste est la Chine. Une annonce faite dans cette vidéo relayée par la chaîne New Tang Dynasty Television (cette chaîne a pour but d’apporter une information non censurée dans et hors de Chine). 

L’Afrique centrale observe une pratique accentuée de ces types de trafic. Ils y sont tous répertoriés et les gouvernements font face à un cadre légal international interprété avec “légèreté”. Les sensibilisations diverses rentrent dès lors en compte.

A une échelle citoyenne

La prévention doit se baser sur les liens indirects de chacun avec les produits que les populations achètent. On aurait donc pratiquement tous un lien avec la traite d’êtres humains. Les réflexions se basent alors sur d’éventuelles sanctions commerciales. Ces dernières ne vont cependant pas sans une prise conscience citoyenne (d’où cela provient-il, les produits de commerce équitables, quelles entreprises ont des accointances avec les réseaux locaux…)

Les associations, à leur niveau, procèdent par publications de témoignages, des conférences et des soirées débat afin de faire connaître ce phénomène. Des campagnes sont ainsi menées, visages d’enfants placardés en étendard.

source: https://www.secours-catholique.org/actualites/traite-des-etres-humains-comment-lutter

A un niveau médiatique

Les ambassades se concentrent principalement sur les migrations légales. L’absence de sensibilisation étatique passe alors par un autre organe commun aux démocraties : la presse. Comment éduquer les populations et les sensibiliser à cette problématique? La mission de la presse devient cruciale. Le rôle des journalistes dans la dénonciation des pratiques de traite impacterait bien plus les citoyens.

Enfin, les gouvernements s’évertuent à penser une sensibilisation non seulement par la presse mais de la presse. Un cas particulièrement important dans les pays africains où, sans nécessairement le savoir, les médias se font le relais des traites. Petites annonces, mannequinats, jobs divers… Les individus dans le besoin se retrouvent vite confrontés à un mécanisme de terreur qui les dépasse. 

Afin de prévenir les mésinterprétations dans la façon de représenter les migrations, de parler de trafic ou encore de traite, Human Rights Watch lance un document « guide » à l’égard des rédactions. « Afin d’assurer que les articles et les titres identifient correctement à la fois les migrants et ceux qui les transportent, même si des gouvernements ont parfois brouillé les catégories« .

Une problématique mondiale que Christian Rim et d’autres personnalités comptent bien faire changer par une implantation d’activités afin de sensibiliser la population.