Evolution du journalisme

7 questions à Danièle Ohayon

7 questions à… Notre série d’entretiens avec des figures tutélaires du journalisme.

Premier volet de cette série: rencontre avec Danièle Ohayon, journaliste à France Info pendant 25 ans, ancienne présidente et cofondatrice de la Maison Des Journalistes. La lycéenne de mai 68, la journaliste radio ayant pris part à la résistance afghane, sa vision de l’avenir de la profession… Danièle Ohayon apporte un éclairage sur les évolutions du journalisme.

Le premier amour de Danièle Ohayon, c’est la radio. Une passion qui la mène à créer une radio libre,“Gilda”, avec laquelle elle s’engage auprès des résistants du commandant Massoud pour l’aider à monter une radio “Kaboul Libre”: On a fait cet entretien avec le commandant Massoud, les combattants qui tiraient en l’air leur joie d’avoir une radio pour la résistance”.

C’était mieux avant ? Très peu pour Danièle Ohayon qui souligne tout de même certaines petites différences: “On avait plus de temps et il y avait une forme d’éthique de séparation du journaliste et des autres métiers de la communication”.

Le positif? : “L’information organisée (…) avant il fallait payer pour avoir son média”

Le négatif? : “La dictature du temps, la rapidité de l’information qui n’est pas vérifiée, le fait que puisse circuler les bruits les plus farfelu »

Biographie de Danièle Ohayon

C’est avec les évènements de mai 68 et l’éveil d’une conscience politique que Danièle Ohayon choisit la voie du journalisme.

Des débuts au quotidien “Rouge” puis une carrière de 25 ans à la radio de France Info, Danièle Ohayon a cofondé et présidé la Maison des Journalistes, ayant accueilli plus de 300 professionnels contraints à l’exil. La SCAM lui a remis un prix d’honneur en 2013.

Grande lectrice de polars, elle est également l’auteure de plusieurs ouvrages comme “Les vieilles peaux” (tome 1 d’une série intitulée “La maison des dames”) et, plus récemment, un abécédaire, “Mai 68 de A à Z”, co-écrit avec Patrick Fillioud.

EN SAVOIR PLUS SUR CE THÈME

« Le journalisme est un combat » : réflexions sur un journalisme engagé

[JOURNALISME & ENGAGEMENT] Le 22 novembre 2018 a eu lieu, à la Maison de la Radio de Paris, la 1ère édition du Festival des Médias de demain. C’était une occasion pour les journalistes et pour les lecteurs de se rencontrer et d’approfondir plusieurs thématiques concernantes comment créer et divulguer l’information dans le futur.

Le journalisme d’enquête n’est pas un délit

[DÉBAT] Dès les premiers mots, le débat s’attaque aux certitudes et aux nuances. Nicolas Vescovacci prend la parole : « Sans le récuser entièrement, je ne crois pas au terme « journaliste d’investigation ». L’investigation est un terme judiciaire. Or, le journalisme n’a pas à prendre le rôle de la justice. Je préfère employer le terme de « journaliste d’enquête ». Car c’est ce que nous faisons, ni plus, ni moins. »

La protection des données personnelles : des lanceurs d’alerte et des journalistes pour l’accès à nos informations

[DÉBAT] Pendant la deuxième journée du salon “Du livre des lanceurs et des lanceurs d’alerte” à la Maison des Métallos, une discussion intitulé “Tous Sous Surveillance” lance la conversation nécessaire concernant la surveillance d’information en france.

L’impunité des crimes commis contre des journalistes

[RAPPORT UNESCO] Ces 12 dernières années, l’UNESCO a enregistré, dans le monde, 1 010 meurtres, dont 115 seulement ont été suivis d’une procédure judiciaire qui a abouti à la condamnation d’un ou plusieurs auteurs. Plusieurs éléments peuvent attirer notre attention. Le plus surprenant est le nombre de journalistes tués en dehors des zones de conflit armé. La majorité des meurtres commis en 2017 (55 %) ont été recensés dans des pays qui ne sont pas en conflit.

Informer dans le monde arabe, à quel prix ? – Débat à l’Institut du Monde Arabe

[DÉBAT] La liberté a un prix, il faut le payer. Si on ne se bat pas, on n’obtient rien. Moi j’ai choisi de combattre et j’en paie le prix. Même en Occident c’est comme ça. Il faut se battre et c’est le choix que j’ai fait. Au Maroc, il y a une censure différente qu’en France, car en France, quand les médias sont contrôlés par quelques personnes qui ont des intérêts économiques, il y a aussi une censure. Pas de démocratie sans la liberté d’information. Pas de liberté d’information sans démocratie.