Didier Decoin, nouveau président de l’Académie Goncourt – Réactions exclusives de Tahar Ben Jelloun et Philippe Claudel

Lors de leur réunion mensuelle qui se tient chaque mois au restaurant Drouant à Paris, comme le veut la tradition depuis 1914, les membres de l’académie Goncourt ont élu, presque à l’unanimité, le lundi 20 janvier 2020, Didier Decoin comme nouveau président de l’Académie.

Succédant à Bernard Pivot, Didier Decoin nous a livré ses sentiments en exclusivité, juste avant de tenir une conférence de presse qui a eu lieu à la Bibliothèque, l’un des salons chics du restaurant Drouant, établissement centenaire.

Le nouveau président du Goncourt Didier Decoin nous raconte son élection 

«C’est le plaisir d’avoir été reconnu comme un bon compagnon! C’est essentiellement ça. Ce n’est même pas une question d’autorité. J’ai présenté un projet axé, surtout, sur l’humain et les relations internationales. Il ya des grandes questions, notamment, les questions internationales, que je traiterais avec beaucoup d’attention. Je me suis présenté, après le retrait de mon ami Bernard Pivot et ça a bien marché ; je suis heureux du résultat, et le fait que je sois nommé à la tête de cette institution, c’est comme réaliser un rêve d’enfant» nous confie-t-il.

Il ajoute: «Ma collègue Françoise Chandernargor a présenté aussi un projet tout à fait recevable, basé sur les questions juridiques et administratives, qui est également important pour notre institution…»

Tahar Ben Jelloun et Philippe Claudet ont répondu à nos questions

En marge de cette rencontre, nous avons rencontré l’écrivain Tahar Ben Jelloun, lui aussi membre du jury du Goncourt. Il nous a fait quelques confidences sur le nouveau président.

«C’est un type très paisible et apaisant. Didier mérite d’être à la tête de cette mythique Académie! C’est le plus ancien parmi nous! Cela fait 25 ans qu’il est là! Il va apporter beaucoup de choses à l’institution, j’en suis persuadé!»

Quant à Philippe Claudel qui est resté dans le salon Goncourt, sirotant son Armagnac après un excellent repas, n’est pas uniquement le plus jeune représentant de cette vieille institution, c’est aussi le plus gentil et le plus avenant. 

Il se confie à l’Œil de la Maison des journalistes.

«On avait un choix difficile à faire ! Ils sont là depuis plus de vingt ans. Il faut savoir que Françoise et Didier sont les plus anciens membres de l’Académie Goncourt. Le choix a été porté sur Didier, parce qu’on voulait que l’académie soit présidé d’une façon humaniste et cordiale.

Et en même temps, l’autre candidate, qui est Françoise et qui ne démérite pas, a proposé quelque chose de différent et intéressant! Mais il ne faut tout de même pas prendre ça comme des élections politiques ou présidentielles (rires)! Françoise a présenté quelque chose, comment dirais-je, axé sur l’aspect, pas financier, mais administrative et juridique. Didier incarne, les valeurs de cette académie.»

«Ce que je veux dire aussi de primordial, c’est que l’académie Goncourt est plus forte que nous tous! Nous on passe et l’académie reste. Françoise, Bernard, Virginie, Didier ou moi, on passe. Cela fait plus d’un siècle qu’elle existe! On est juste là pour la servir et non pas pour se servir d’elle!» conclut l’auteur de L’archipel du Chien.

Qui remplacera Virginie Despentes et Bernard Pivot au jury du Goncourt? 

Tahar Ben Jelloun, le lauréat du prix Goncourt « La Nuit sacrée » de 1987 avoue: «On cherche encore! On n’en trouve pas! Vous savez; c’est difficile de trouver des gens qui vont travailler tout le temps. Il faut trouver le temps pour lire et écrire! Et ce n’est pas une mince affaire!»

À notre question s’il y avait des noms qui se profilaient à l’horizon ? «Pour l’instant je n’ai pas de noms à vous avancer. On le saura le 11 février 2020 lors de notre prochaine réunion qui se tiendra ici chez Drouant.»

Certaines rumeurs dont nous ne pouvons prouver le fondement murmure les noms de Yann moix et Daniel Pennac pour remplacer Bernard Pivot et Virginie Despentes !

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