Comme dans notre précédente édition, en 2026, plusieurs zones du monde ont vu leurs populations malmenées, privées de voix et de droits par les régimes autoritaires au pouvoir.

Des conflits opposant des courants politique ont des répercussions graves sur les populations. C’est le cas en République démocratique du Congo. Mais aussi, d’une certaine manière, au Kurdistan iraquien. En Haïti, à cause de l’incurie des gouvernements successifs et de la montée en puissance vertigineuse des gangs surarmés, c’est la jeunesse qui est sacrifiée.

Les femmes, partout, paient un lourd tribut. Quand, au Mali, associations et ONG tentent de les aider à prendre leur autonomie et à se

former, la situation politique actuelle et les réalités socio-culturelles sont des freins puissants.

En Syrie, après la chute de Bachar Al-Assad, la liberté de la presse renaît à petit pas, mais rien n’est encore acquis. Dans tous ces pays, les journalistes, hommes ou femmes, tout en étant menacés, luttent pour exercer leur métier et doivent parfois s’exiler pour le faire.

Les étudiants de l’EPJT en deuxième année de master journalisme, option internationale, guidés pour la réalisation de dossiers éditoriaux par leurs mentors, eux-mêmes journalistes réfugiés de ces cinq pays et soutenus en France par la Maison des journalistes (MDJ), ouvrent une fenêtre nécessaire sur ces maux.

La rédaction

RDC

La prise, les unes après les autres, de plusieurs villes par le groupe rebelle l’AFC/M23 dans le conflit qui l’oppose à Kinshasa, illustre l’incapacité de l’armée à protéger le pays. Une situation qui interroge citoyens et observateurs

Selon l’ONU le pays compte en 2025 plus de 5,3 millions de déplacés internes et près de 25 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë. Auxquels s’ajoutent des violations graves des droits humains, des violences basées sur le genre, des atteintes aux civils.

La RDC est traversée par des cycles de violences armées quasi continus, révélateurs d’une instabilité politique durable, de luttes de pouvoir internes et d’ingérences régionales. La mutinerie de la Force publique en juillet 1960, suivie de l’intervention militaire belge, a ouvert une première séquence de crises.

En RDC, si la perception du chef politico-militaire, Corneille Nangaa, à la tête de l’AFC/M23 divise encore l’opinion, Alain Bolodjwa, acteur de l’opposition, et le politologue Christian Moleka se rejoignent sur l’essentiel : il est politiquement « inexistant ». Regards croisés.

Malgré des lois et des engagements internationaux, la condition des femmes maliennes reste façonnée par des normes socio-culturelles. Kédiatou et sa fille Nana connaissent une même réalité de lutte contre la pauvreté.

Dix ans après l’adoption de la loi 052 de représentation des femmes politiques, son application peine à s’imposer dans un environnement d’instabilité politique.

Si l’homme a besoin d’air pour vivre, les ONG ont besoin de financement pour survivre. La réduction des financements internationaux et le durcissement du contexte politique fragilisent l’action des organisations de défense des droits des femmes.

Le 8 décembre 2024, une offensive éclair de rebelles met fin à cinquante ans de dictature. Le président, Bachar Al-Assad, au pouvoir depuis la mort de son père en 2000, s’enfuit en Russie. Laissant derrière lui un pays morcelé à reconstruire. 

Informer dans un pays marqué par les conflits n’a rien de facile. Pour les journalistes syriens, l’enchainement des crises politiques a compliqué le travail médiatique. Deux journalistes témoignent de leur vécu.

Plus de quinze ans après le début de la crise syrienne, le journalisme reste confronté à de nombreuses difficultés. Entre nouvelles formes de pression et espoirs de liberté, les médias indépendants évoluent dans un paysage encore instable.

In the autonomous region of Iraqi Kurdistan, journalists who investigate sensitive topics are regularly subjected to pressure and reprisals. For women, practicing journalism also involves facing gender discrimination and the weight of social norms.

Presented as a stable enclave in a crisis-ridden Iraq, Iraqi Kurdistan nevertheless shows contradictory indicators in terms of press freedom. A clear legal framework does not seem to curb the sometimes deadly abuses of power.

Iraqi Kurdistan is governed by two majority parties, the Patriotic Union of Kurdistan (PUK) and the Kurdistan Democratic Party (KDP). This division has led to political paralysis and caused a social and economic crisis. Insights from Tom Préel.

La jeunesse haïtienne ne sait plus à quel saint se vouer. Entre la violence des groupes armés, qui contrôlent près de 90 % de Port-au-Prince, et l’absence de perspectives politiques et économiques, elle se retrouve confrontée à des choix difficiles : résister, subir, se résigner ou partir.

Malgré l’insécurité, les difficultés économiques et le manque d’infrastructures, la jeunesse haïtienne s’efforce de poursuivre ses études en Haïti ou à l’étranger. Des parcours semés d’embûches pour une génération qui garde espoir.

Violence armée, déplacements forcés et sous-financement fragilisent un système éducatif déjà exsangue. Pendant ce temps, l’État promet une refondation et des initiatives locales tentent de tenir la ligne.

À Port-au-Prince, l’insécurité limite les espaces de sociabilité et de création, mais dans d’autres régions, la vie culturelle se maintient sous des formes différentes. Entre contraintes sécuritaires, initiatives locales et pratiques artistiques, la culture continue d’occuper une place centrale dans le quotidien de nombreux jeunes.