Entrées par Ibrahim CHEAIB

LIBAN – A nouveau sur la carte internationale, mais sous conditions

Le Liban fait face à une nouvelle réalité après la deuxième visite de Macron. Une visite qui vise, selon le président français, à accélérer la formation d’un gouvernement pour mettre en œuvre les réformes et faire le point sur les développements concernant l’aide d’urgence au Liban. Il réaffirme le soutien de la France au peuple libanais.

Pour la deuxième fois en un mois depuis l’explosion du port, le président français Emmanuel Macron s’est rendu à Beyrouth lundi soir 31 août 2020, à la veille du premier centenaire de la renaissance du Liban.

Cette visite intervient quelques heures après la nomination de l’ancien ambassadeur du Liban en Allemagne, Mustafa Adib en tant que président chargé de former un nouveau gouvernement.

Lors de son arrivé à Beyrouth, Macron s’est déplacé de l’aéroport jusqu’au domicile de l’artiste libanaise Fairouz, décrit comme un symbole de l’unité du Liban. Le président français a décerné à Fairouz la plus haute médaille française: la Légion d’honneur du Commandeur. En retour, Fairouz l’a remercié et lui a présenté à son tour un souvenir, un tableau selon The National News Agency (site officiel libanais).

La première chanteuse libanaise, Fairouz, est considérée comme un symbole national. Elle est l’une des chanteuses les plus célèbres du monde arabe. Sa voix est considérée comme une bande originale du Liban malgré toutes les épreuves que le pays a traversé.

Danser sur les airs de Fayrouz

Revenant à la politique, le président français Macron voulait peut-être faire danser la politique intérieure libanaise sur l’air de la voix de Fairuz.


L’aide financière serait refusée au pays et que des sanctions lui seraient imposées si la corruption constituait un obstacle aux réformes.


Il a donné aux dirigeants libanais jusqu’à fin octobre pour commencer à mettre en œuvre des réformes, affirmant que l’aide financière serait refusée au pays et que des sanctions lui seraient imposées si la corruption constituait un obstacle aux réformes.

Il fait ainsi pression pour prendre des mesures et faire face à une crise financière décuplée par la corruption et la mauvaise gestion. Le chef d’Etat français a souligné qu’aucun chèque en blanc ne serait remis au Liban sans réformes.

Il a également rappelé que des sanctions ciblées peuvent être imposées en cas de corruption avérée et qu’une coordination sera établie avec l’Union européenne à cet égard.

Lors de sa première visite le 6 août, soit deux jours après l’explosion de Beyrouth, Macron a appelé les responsables à approuver une nouvelle charte politique, à effectuer des réformes urgentes et a promis de revenir pour évaluer les progrès qui ont été accomplis. Ce qui s’est produit lors de cette deuxième visite au Liban.

Macron, qui a tenu une réunion avec son homologue libanais Michel Aoun et le président du Parlement Nabih Berri, au palais présidentiel, où un déjeuner officiel a eu lieu en son honneur. En présence de hauts fonctionnaires, de chefs de blocs parlementaires et d’ambassadeurs, Macron a pris des positions de premier plan. Notamment en ce qui concerne la formation d’un gouvernement avec une mission spécifique dans les plus brefs délais.

Nommer un nouveau Premier ministre est le premier signe de changement

La désignation d’Adib résulte d’un consensus politique entre les forces les plus importantes du pays: en particulier le chef du Mouvement du futur, Saad Hariri, Aoun et le Hezbollah.

Macron a déclaré qu’il fallait donner au gouvernement nouvellement élu tous les moyens de réussir, après avoir confirmé quelques instants plus tôt que cette decision ne lui appartenaitpas.

Cependant, il considère que cette nomination rapide, soit trois semaines après la démission du gouvernement d’Hassan Diab, au lieu de six mois, représente le premier signe d’un changement plus rapide lié à la pression populaire sur la classe politique.

Lors d’un dialogue avec des représentants de la société civile et des Nations Unies à bord du porte-hélicoptère « Tonnier » dans le port de Beyrouth, le président français a indiqué la nécessité de se concentrer au cours des six prochains mois sur l’état d’urgence. Il souhaite continuer à mobiliser la communauté internationale, ajoutant qu’il est prêt à organiser, peut-être entre mi et fin octobre octobre, a-t-il dit, une conférence internationale de soutien avec les Nations Unies.

La présidence française a annoncé que Macron prévoyait une troisième visite à Beyrouth en décembre.

Disparité entre les parties françaises et américaines, le Hezbollah au coeur des tensions

À l’international, il est vrai que Macron s’est entretenu avec les responsables accusés de corruption, dans le cadre de son initiative. Mais il a utilisé des stratégies différentes lors de ses deux visites.

Que ce soit lorsqu’il s’est mêlé au peuple, s’engageant à traiter exclusivement avec des organisations non gouvernementales, ou lors de ses rencontres exceptionnelles, qui ont abouti à sa rencontre historique avec Madame Fairouz.

Cependant, le côté opposé était présent en marge de la visite du secrétaire d’État adjoint américain David Schenker.

L’élément (peut-être) le plus important de la visite de ce dernier était l’absence de tout rendez-vous officiel avec un haut fonctionnaire.

De sorte, les réunions diplomatiques traditionnelles étaient absentes.

Le responsable américain n’a pas rencontré le président de la République, le chef du gouvernement intérimaire, Pas même le Président du Parlement qui l’attendait, comme certains le disent, pour terminer la discussion avec le dossier délimitant les frontières, après que l’ambassadeur David Hale lui en ait parlé lors de sa dernière visite il y a quelques jours.

Beaucoup estiment que cette question indique un message de négligence envers la classe politique que l’administration américaine a voulu délivrer.

Bien que Washington ait confirmé la coordination avec Paris sur la ligne de sa dernière initiative, il s’agit d’un test pour les dirigeants libanais. La distinction est claire, notamment au niveau de l’approche du rôle du Hezbollah.

Schenker a affirmé que le parti devrait être exclu de la vie politique, car il est classé comme une organisation terroriste. En opposition de la volonté de Macron d’inclure le Hezbollah dans ses réunions car il fait parti intégrante de la société libanaise, et fait la différence entre ses ailes politiques et militaires, selon Macron.

Dans ce contexte tendu, le papier d’un célèbre journaliste français George Malbrunot, ancien otage en Irak et correspondant pour le journal Le Monde, a éclaircit les zones obscurs de ce dossier.

Georges Malbrunot avait justement écrit sur le Hezbollah et des rendez-vous officieux avec entre représentant français et ceux du mouvement chiite. Dans Le Parisien, Georges Malbrunot confirme ses dires: « Sur la forme, c’est inacceptable d’être attaqué comme ça. Sur le fond, j’ai dit au président que mes sources étaient sûres. Il m’a reproché d’avoir gêné son action, moi je fais mon métier de journaliste.« 

La France se fait-elle dépasser par les Etats-Unis au Liban ? 

Dans les milieux politiques locaux, on s’accorde presque à dire que le règlement français est intérimaire.

C’est-à-dire que sa mission est censée prendre fin après les élections présidentielles américaines prévues en novembre prochain. Ou au maximum jusqu’à ce que le prochain président américain arrange ses dossiers, c’est-à-dire quand le nouveau président américain élu aura constitué son identité politique et son administration. Il faudra donc attendre 4 ans pour ouvrir le débat sur les politiques américaines dans le monde et au Moyen-Orient en particulier.

La détermination par Macron de trouver dans son agenda une date pour sa troisième visite au Liban en décembre prochain n’est pas venue de nulle part. Sa première visite est intervenue immédiatement après l’explosion du port pour empêcher une nouvelle détérioration de la situation. La seconde avant l’entrée officielle des États-Unis dans la course présidentielle pour pousser vers un accord sur le nom du Premier ministre désigné.

Alors que sa troisième visite quand il saura l’identité du prochain président américain, ce qui confirme que le président français mise également sur ce pari dans l’élaboration de sa politique à l’égard du Liban.


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Le Liban sans capitale – Beyrouth sinistré

Une énorme explosion a frappé la capitale libanaise, Beyrouth, et ses causes ont commencé à émerger. Grâce aux multiples témoignages, il est certain que l’explosion s’est produite dans le quartier n°12 dans le port de Beyrouth, qui contient des stocks de nitrate d’ammonium. La laideur de ce qui s’est passée a suscitté la sympathie internationale, en particulier la France, dont le président Emmanuel Macron a annoncé sa visite au Liban aujourd’hui jeudi 6 août 2020 pour apporter son aide.

Soudain, sans avertissement, le Liban est sans sa capitale ! Beyrouth, qui a subi une grande explosion (qui ramène au souvenir 75 ans plutôt d’Hiroshima par le champignon lors de l’explosion), a changé ses caractéristiques géographiques et démographiques car la mort a frappé une partie de la capitale. 

Hier, les Libanais ont été stupéfaits par ce qu’ils ont vu, comme s’il s’agissait d’un film hollywoodien. Cette explosion digne de la fin du monde a commencé par une épaisse poussière qui a rempli le ciel, bientôt suivie d’une grande explosion qui a atteint les oreilles et le cœur de tout le Liban jusqu’aux voisins de Chypre et de Grèce qui l’entendent. Puis, les fantômes de la mort remplissent la capitale libanaise Beyrouth et ses environs.

Des cadavres brûlés ont envahi les rues avec des blessés partout, plus de 70 morts et 3000 blessés, selon ce que le ministre libanais de la Santé Hamad Hassan a annoncé jusqu’à présent tandis que de nombreux citoyens sont toujours portés disparus.

Les responsables ne connaissent pas la cause de l’explosion

Une véritable catastrophe humanitaire dont le monde s’est rendu compte. Noyés dans leur corruption et leur profonde constance à ne rien faire, les responsables politiques libanais ont diffusé des accusations sans déclaration officielle… Ils tentent d’expliquer à leur peuple ce qui s’est passé, comment et pourquoi ?

Selon les responsables de la sécurité, la cause indéterminée de l’explosion a enflammé un entrepôt à Beyrouth, celui contenait des explosifs, or personne ne s’en est pas rendu compte.

Dans d’autres déclarations, ils mélangent plusieurs éléments comm un un magasin contenant du nitrate d’ammonium, stocké de façon absurde à l’intérieur du port, qui devait s’installer ailleurs…

Aucune information sur la cause de l’inflammation précédant l’explosion. 

Le gouvernement déclare « Beyrouth ville sinistrée »

Comme aux pires heures d’un pays en guerre, le Conseil suprême de la défense s’est réuni au palais républicain en présence du président Michel Aoun et du Premier ministre Hassan Diab. Ils ont décidé de déclarer « Beyrouth ville sinistrée » et l’établissement d’un état d’urgence pendant deux semaines, en plus de former un comité d’enquête.

Des récits non officiels fournis par certains analystes militaires et journalistes libanais expriment 3 hypothèses :

  • Le premier parle d’une auto-explosion de nitrate stocké dans le port pendant des années de manière chaotique.
  • Le second parle de l’avion israélien ciblant le magasin de nitrate au moyen d’un missile aérien, des témoins oculaires ont rapporté qu’un avion israélien a volé dans les airs au moment de l’explosion.
  • Le troisième a rapporté que des avions israéliens avaient visé un magasin d’armes du Hezbollah situé dans le port.

Le président Donald Trump a lui aussi adopté la théorie de l’explosion dans un communiqué mardi soir. Les responsables militaires américains estiment que l’explosion de Beyrouth est un attentat à la bombe. Il a également exprimé sa sympathie au Liban après la mort de dizaines de milliers et de milliers de blessés.

Le résultat de l’enquête officielle apparaîtra selon les autorités dans les 48 heures pour déterminer les responsabilités et ce qui s’est passé le plus précisément possible. Mais d’autres questions sont importantes :

  • Que font ces matières dangereuses à l’intérieur du port de Beyrouth ?
  • Comment les responsables peuvent-ils permettre cela, alors qu’ils se rendent compte de son sérieux et de la situation géographique du port au cœur de Beyrouth ?
  • Qui porte la responsabilité du nombre de victimes qui sont tombées et qui indemnisera les personnes pour leur perte ? Et surtout, qui sera tenu responsable ?

Cette autorité corrompue dont la légitimité populaire est perdue depuis des mois, est-elle l’instance appropriée pour enquêter ? Une autorité avec tous ses appareils de sécurité, militaires et civils semblait ignorer ce que le port renferme de matériaux: est-ce qu’il existe un organisme compétent pour enquêter sur les causes de l’explosion ?

Le président français Emmanuel Macron arrivera jeudi au Liban

Personne au Liban ne fait confiance à l’autorité du gouvernement libanais qui se révèle incompétent. D’où l’espoir créé par le soutien international. Le président français Emmanuel Macron a été le premier à annoncer sur sa page Twitter (et s’exprimant en arabe) sa solidarité fraternelle avec les Libanais, déclarant que la France est et sera toujours aux côtés du Liban.

En attendant qu’il y ait une aide française concrête et des compétences transférer au Liban, nous attendons dès aujourd’hui la visite officielle du président français. 

Le Liban attend, ce pays millénaire sait que le monde entier le regarde. Ce petit pays riche avec son peuple plein de vitalité mérite la vie et mérite aussi un sérieux soutien international pour se remettre sur pied, et il mérite également de l’aide pour changer sa classe dirigeante qui est fatiguée, fatiguée de voler son peuple, fatiguée de le pousser à vivre en enfer.

Un stand de solidarité à Paris pour les victimes de l’explosion de Beyrouth

La communauté libanaise en France a tenu un stand de solidarité pour les victimes de l’explosion qui a frappé la capitale, Beyrouth, dans la cour de la basilique du Sacré-Coeur de la capitale française Paris, au cours de laquelle une minute de silence a été maintenue sur les âmes des victimes puis a chanté l’hymne national libanais.

Suite à l’explosion du 04/08/2020 des libanais et des français se sont réunis devant la basilique du Sacré Coeur à Paris par solidarité.

La tribune a été interrompue par des discours improvisés de certains des participants dans lesquels ils ont déclaré leur solidarité avec leurs compatriotes dans cette épreuve nationale, soulignant la nécessité de découvrir les circonstances de ce qui s’est passé et de tenir les auteurs responsables.

Il est à noter que l’appel à un stand de solidarité a eu lieu via les réseaux sociaux et a été accueilli spontanément par des Libanais, ainsi que par des citoyens français et étrangers, venus se receuillir ensemble.


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Liban – Visite de Jean-Yves Le Drian: « Aidez-nous à vous aider! »

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, est venu au Liban pour aider la francophonie. En effet, la France a décidé de financer directement les écoles francophones sans passer par l’Etat libanais. Durant son voyage, il a envoyé aux responsables libanais des messages fermes. Il faut faire des réformes.

La Conférence du Cèdre existe toujours, a-t-il souligné, mais dépend de l’issue des réformes que le Liban entreprend en premier et du résultat des négociations qu’il mène avec le FMI (Fonds monétaire internationale).

Le gouvernement libanais, en la personne de son président, Hassan Diab, a promis des réformes qui n’arrivent toujours pas.

Parmi ces réformes, celle du contrôle pénal des comptes de la Banque du Liban (passage obligé pour obtenir des financements) qui est très opaque. 

Jusqu’à présent, aucune réforme n’a commencé car aucun officiel n’ose ouvrir ne serait-ce qu’un seul dossier qui montre la corruption dans la classe politique dirigeante libanaise. Ils étaient auparavant au pouvoir et ont concentré la contrebande d’argent à l’étranger via la Banque du liban et quelques autres.

Diab a également annoncé que son gouvernement est déterminé à négocier avec le Fonds monétaire international, espérant que la France contribuera à accélérer les négociations, oubliant que jusqu’à présent, ce gouvernement n’a pas atteint des chiffres clairs et explicites liés à la situation financière du pays.

Les dernières semaines et mois ont été les témoins d’une confusion entre les piliers de ce gouvernement en termes de chiffres financiers et de carences.

La France a une feuille de route pour le Liban

Jean-Yves Le Drian, qui ne paraissait pas convaincu par les propos des responsables libanais, a souligné que les conditions de sortie de la crise économique pour le Liban sont connues depuis longtemps, signe de sa critique envers la lenteur du gouvernement dans la mise en œuvre des réformes économiques.

Ce n’est pas seulement la demande de la France, mais la demande des libanais, et avec eux, de la communauté internationale. Il n’y a pas de substitut au programme du Fonds monétaire international pour permettre au Liban de sortir de la crise économique, soit le gouvernement la met en place, soit le Liban s’enfonce dans la crise.

Jean-Yves Le Drian a également appelé à des réformes dans le secteur de l’électricité, essentiel pour le développement du Liban, et dont les signes énvoyés ne sont guère encourageant. Le ministre français a souligné que la France est prête à se placer aux côtés du Liban et est également prête à placer ses partenaires à condition que les réformes soient mises en œuvre.

Et soudain, Jean-Yves Le Drian s’exclame: «Aidez-nous à vous aider!»

Sa visite diplomatique est la première depuis que Hassan Diab a assumé la présidence du gouvernement libanais.

Les écoles francophones du Liban seront aidées par le gouvernement français

Ce qui est également remarquable à propos de cette visite, c’est l’annonce française d’une aide financière estimée à 12 millions d’euros aux écoles francophones. Une étape qui malgré sa symbolique a soulagé le peuple libanais qui craignait de faire des dons financiers directement au gouvernement !

En effet, la plupart des citoyens sont convaincus que donner de l’argent à l’Etat c’est donner de l’argent qui ira directement dans les poches des fonctionnaires de l’État libanais. Les hauts dignitaires libanais pratiquent le vol de l’argent du peuple, soit directement, soit en légitimant ce vol par des lois et des décrets qui ne répondent qu’à leurs intérêts.

Comment faire confiance en ces institutions informelles lorsque l’État est un symbole de corruption ?

Le peuple libanais a perdu confiance en lui et en ce gouvernement qui n’a laissé qu’une option, celle dictée par le FMI. Après avoir gaspillé des semaines et des mois de la vie du peuple libanais (depuis la démission du gouvernement précédent qui était dirigé par Saad Hariri), ce gouvernement énumère ses fausses réalisations en faisant croire qu’elles sont faites.

Les Libanais espèrent sortir du cycle de l’effondrement économique, mais malgré leurs demandes constantes de porter les symboles de la corruption et du retour de l’argent bien dépensé comme pilier du renouveau libanais, ils se sentent incapables de faire un changement en raison de l’autorité du gouvernement.

Les libanais n’arrivent décidemment pas à faire pression sur la justice libanaise pour qu’elle bouge et sanctionne enfin ce monde politique corrompu.

Alors le message des Libanais à la France d’aujourd’hui et à la communauté internationale est le suivant: «Aidez-nous à nous aider!»


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