Le code de bonne conduite des médias en cas d’attentat: à chaque raté, sa mesure du CSA

En 2016, après l’intense couverture médiatique des divers attentats en France et les nombreuses dérapages des rédactions, le CSA (Conseil Supérieur de l’Audiovisuel) met en place un « code de bonne conduite des médias« . Dernière sanction en date, vendredi 2 août 2019, le Conseil met en demeure la chaine d’information BFMTV. En cause, sa « diffusion répétée d’une information erronée » lors de la couverture des attentats dans l’Aude, en 2018. L’occasion pour la Maison des journalistes de revenir sur les bourdes médiatiques et les précautions prises par le CSA.

Ces événements sont restés dans la mémoire de tous les français: entre janvier 2015 et juillet 2016, la France est victime d’une vague d’attentats (Charlie Hebdo, l’Hyper Cacher, les 13 novembre 2015 et 14 juillet 2016). Lors de chaque attaque, une grande couverture médiatique est mise en place.

Les attentats de janvier 2015 vont marquer un tournant dans le traitement de l’information à caractère terroriste. Le CSA sanctionne plusieurs rédactions pour leur couverture des évènements.

Le gendarme de l’audiovisuel leur adresse, au total, 15 mises en garde et 21 mises en demeure pour les raisons suivantes: divulgation de fausses informations, atteinte au respect de la dignité et de la personne humaine, trouble de l’ordre public, trouble des interventions des forces de l’ordre, ou encore mises en danger de la sécurité d’un individu.

Le CSA, c’est quoi?


Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel est une structure française, créée par la loi du 17 janvier 1989.

Le CSA régule le milieu de la télévision et de la radio: son rôle principal est de garantir la liberté de communication en France.

Le gendarme de l’audiovisuel a plusieurs missions:

  • attribuer les fréquences des radios et des télés
  • nommer les patrons de l’audiovisuel public
  • respecter le pluralisme politique
  • garantir la protection des mineurs face aux contenus diffusés
  • assurer une représentation de la diversité à l’antenne
  • faire respecter la dignité humaine
  • défendre la langue et la culture française
  • veiller aux dérapages
  • sanctionner les acteurs de l’audiovisuel.

En 2016, le CSA reconnaît l’importante couverture médiatique de ces événements et sa complexité. L’organisme s’interroge alors sur les pratiques utilisées par les rédactions.

Le 25 octobre de la même année, après plusieurs entretiens avec divers représentants des médias, des représentants des victimes, et le Procureur de la République de Paris, le CSA communique un « code de bonne conduite des médias« , proposant à ces derniers, un ensemble de précautions à prendre en cas d’attaque terroriste. A chaque raté, sa mesure.

La gêne au travail des forces de sécurité

Ce qu’il s’est passé: lors des attentats de janvier 2015, les chaînes BFMTV, Canal +, Euronews, France 2, France 24, LCI et TF1, avaient diffusés des informations et des images indiquant le déploiement des forces de l’ordre, leur positionnement exact ainsi que la stratégie mise en place, alors que les terroristes étaient encore retranchés à Dammartin-en-Goële et à l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes.

La divulgation de ces informations aurait pu porter préjudice aux déroulements des opérations, à la sécurité des forces de l’ordre et à celle des otages. Les chaînes auront une mise en garde.

France 2 est la première chaîne arrivée sur les lieux de la prise d’otage de l’Hyper Cacher. Le journaliste qui couvre l’intervention policière, est visiblement trop proche des forces de l’ordre, et se fait repousser.

La mesure du CSA: dans son « code de bonne conduite« , le CSA invite les rédactions à « agir avec discernement » lors de leur recherche d’information. Ceci dans le but d’éviter de gêner le travail des forces de l’ordre.

L’organisme met l’accent sur la gêne que peut occasionner la présence des médias sur les lieux d’interventions.

La prise de contact avec les terroristes

Ce qu’il s’est passé: vendredi 9 janvier 2015, il est plus de 15h lorsque la radio RTL appelle l’Hyper Cacher de Vincennes et parvient à entrer en contact avec Amedy Coulibaly.

Le preneur d’otage raccroche mal le combiné. RTL enregistre alors la conversation, et la diffuse à l’antenne le lendemain. Lien vers le podcast de RTL

La mesure du CSA: le Conseil précise la ligne de conduite à adopter lorsque des opérations sont en cours. Le gendarme de l’audiovisuel demande aux médias de s’abstenir d’une quelconque prise de contact, que ce soit avec les terroristes ou les otages, au risque d’entrainer des « conséquences dramatiques sur la sécurité des personnes et sur du déroulement de l’enquête« .

Dans le cas où les terroristes sont à l’origine de la prise de contact avec les médias, comme il a pu en être le cas avec Amedy Coulibaly qui avait contacté BFM TV, le CSA stipule qu’il est « indispensable que les pouvoirs publics en soient informés immédiatement et selon les procédures qu’ils auront définies ».

Les sanctions du CSA


La mise en garde est un courrier adressé aux éditeurs ou aux distributeurs leur rappelant la nécessité de se conformer à la réglementation.

La mise en demeure est une lettre envoyée aux éditeurs ou aux distributeurs qui ont reçu, au préalable, une mise en garde.

Le destinataire est sommé de rectifier sa faute, au risque de recevoir une sanction.

La sanction varie en fonction de la gravité de l’acte.

Elle peut aller d’une simple insertion d’un communiqué dans un programme, à la suspension d’une émission.​

Les témoignage des victimes, proches ou témoins.

Ce qu’il s’est passé: à l’époque présentatrice du journal de France 2, la journaliste Elise Lucet s’entretient au téléphone avec la sœur de Lilian Lepère, l’otage de l’imprimerie de Dammartin-en-Goële où sont retranchés les frères Kouachi.

La conversation est diffusée en direct à la télévision, alors que Lilian est toujours caché.

La mesure du CSA: la prise de contact avec les victimes, les témoins ou leurs proches est autorisée, même si le CSA demande une « vigilance particulière pour ne pas mettre en danger la sécurité des personnes« .

Autre cas: en 2016, un attentat a lieu sur la promenade des Anglais à Nice lors du feu d’artifice du 14 juillet. Les médias présents sur place interrogent victimes et témoins de l’attaque. Une vague de critique s’en suit sur les réseaux sociaux quant à la nature des témoignages recueillis par France 2 et LCI: entre image choque et témoignage incohérent de personnes déboussolés.


Visionner le journal de France 2 du 15 juillet 2016.


La mesure du CSA: lors du recueil de témoignage de victime ou de témoin, le CSA demande aux médias de prendre en compte « l’état de vulnérabilité » et « l’état de choc » des interrogés, qui ne sont pas forcément en mesure de « consentir de manière éclairée à la captation de leur image ou de leur propos ».

Renforcer la fiabilité de l’information

Ce qu’il s’est passé: lors de l’attentat du 14 juillet 2015 à Nice, plusieurs médias télévisuels et web relaient la rumeur d’une prise d’otage.​

La mesure du CSA: dans son communiqué, le CSA appelle à la prudence quant à la diffusion d’informations non confirmées: celles-ci sont susceptibles « d’alimenter la tension et la panique des personnes présentes sur les lieux (…) et plus généralement du public ».

L’organisme ajoute que l’emploi du conditionnel par les médias ne suffisent pas toujours « pour que le public ait conscience du caractère incertain d’une information« .

Le CSA rappelle que l’origine de l’information doit toujours être précisée. Si une information erronée est diffusée, celle-ci doit être rectifiées au plus vite, et de manière répétée.

Comment traiter l’image des terroristes et de leur propagande?

Ce qu’il s’est passé: de nombreux médias avaient pour habitude de diffuser le nom et la photo des auteurs des attaques terroristes dans leur journal télévisuel.

Capture d'écran de la chaine de télévision France 3

La mesure du CSA: le Conseil laisse le choix aux rédactions d’anonymiser, nominativement et visuellement, les auteurs des actes terroristes.

Il conseille également d’éviter la diffusion d’image ou de son de propagande, bien qu’elle soit utilisée à des fins d’information. Si ces éléments sont diffusés, le CSA demande aux rédactions de les accompagner « d’éléments éditoriaux adaptés et des précisions quant à leur origine ».

Depuis, comme l’indique France Culture, les médias français ont pris des mesures individuelles concernant la représentation des terroristes dans leur contenu.

Découvrez en 1 minute de podcast France Culture les raisons pour lesquelles les terroristes doivent rester anonymes. 

Acquisition payante d’image réalisé par des amateurs

Ce qu’il s’est passé: certains témoins d’attaque tentent d’obtenir une rémunération en échange de leur vidéo ou de leur prise de son.

Si les médias français refusent, la plupart du temps, ce genre de pratique, ce n’est pas le cas des médias étrangers, pour qui l’achat de contenus amateur est monnaie courante, comme l’explique Le Monde.

Certains achats pourraient avoisiner les 50 000 euros. ​

La mesure du CSA: le Conseil met en garde les rédactions quant à l’acquisition payante d’image ou de son fait par des amateurs lors de ces événements.

Il rappelle que cette pratique doit rester « exceptionnelle » afin d’éviter des captations réalisées dans l’unique but d’obtenir une rémunération.

Dans le cas où les contenus amateurs sont utilisés, le CSA demande un renforcement de la vérification de la source, et invite les rédactions à contextualiser ces supports amateurs.

En matière de règles générales, le Conseil invite les médias à mettre en place une cellule de crise au sein de la rédaction et à instaurer un contrôle et une validation de l’information renforcés. L’organisme préconise également une diffusion en « léger différé » de l’information pour garantir son contrôle et sa validation.

Contacté par la Maison des Journalistes, Jacques Esnous, Vice-Président du Directoire et Directeur de l’Information à RTL, affirme qu’ « il fallait une collaboration sur le terrain entre les autorités et les médias, qui eux ont une nécessité d’informer ».

Ce code de bonne conduite représente finalement un accord « permettant de respecter à la fois le droit à l’information, les besoins de l’enquête et le respect des victimes » déclare-t-il.

Cette mesure permet de « tracer une ligne jaune à ne pas franchir » ajoute-t-il.

Pour autant, le Directeur de l’information à RTL précise qu’une « responsabilité incombe à chaque média », et que malgré ce code « certains seront toujours tentés de franchir cette ligne ».

La dernière « mise en demeure  » de BFM TV, le 23 mars 2018


Une fusillade à Carcassonne, suivi d’une prise d’otage dans un supermarché de Trèbes, dans l’Aude, faisait quatre morts et quinze blessés.

  • Durant son direct, BFMTV diffusait, de manière répétée, une information erronée sur Radouane Lakdim, l’auteur de l’attaque: la chaîne affirmait qu’il avait été naturalisé Français en 2015 alors qu’il était fiché S depuis 2014. 
  • Erreur, puisque la naturalisation de Radouane Lakdim date en réalité de 2004.

Malgré les excuses de la chaîne, le CSA engage en octobre 2018, une procédure de sanction à son encontre.

Vendredi 2 août, le CSA a communiqué sa décision : il a « mis en demeure » la chaîne lui demandant de « faire preuve de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information. »

L’Elysée, la salle de presse et Macron : un épilogue contrasté

L’Elysée l’a confirmé : la salle de presse restera dans la cour du palais présidentiel. Après un bras de fer de plus de deux ans entre les journalistes et le gouvernement sur la délocalisation du lieu, Emmanuel Macron a définitivement mis fin à la polémique, vendredi 5 juillet 2019. Une situation rappelant celle des Etats-Unis, en 2017.

« L’APP se réjouit de l’issue positive de ce dossier » écrit l’Association de la presse présidentielle dans son communiqué, après l’annonce du président français, vendredi 5 juillet 2019, du maintien de la salle de presse au cœur de l’Elysée. Un débat clos, qui apaise les relations conflictuelles entre les journalistes et Emmanuelle Macron.


La surface de la salle « officielle » sera réduite de moitié.


L’entrée de la salle de presse de l’Elysée, 30 octobre 2018 / Ludovic MARIN – AFP

Maintenir la salle de presse sous conditions

L’accès à la salle presse sera permanant pour les agences de presse AFP, Reuters, AP et Bloomberg.

Les autres médias accrédités seront autorisés à y accéder de manière occasionnelle. Autrement, ils seront reçus dans une nouvelle salle, située rue de l’Elysée : une aubaine pour les chaines d’information en continu qui n’auront plus besoin de patienter sur le trottoir, en face de l’Elysée.

La surface de la salle « officielle » sera aussi réduite de moitié. Le gouvernement justifie cet aménagement par des besoins d’agrandissement des services de l’Elysée. Cette décision laisse l’APP perplexe. Dans son communiqué, cette dernière exprime sa vigilance « quant à la mise en œuvre des aménagements évoqués ».

Communiqué de presse de l’Association de presse présidentielle – 2019 – site officiel de l’APP :

Naissance d’une tension

L’annonce de la délocalisation en 2017 avait provoqué critiques et réticences : quelques semaines après le début de son quinquennat, Emmanuel Macron voulait déménager la salle de presse, située dans la cour du palais présidentiel depuis plus de 40 ans, dans une annexe, à une centaine de mètres de l’Elysée.

Un choix qui s’explique par deux raisons : consacrer cette salle à un nouvel espace de réunion pour ses conseillers, et offrir des « conditions de travail améliorées » à la presse.

Un choix vivement contesté par le milieu journalistique, notamment par l’APP, qui déclarait dans un communiqué que « la présence de ce lieu au sein du bâtiment principal ne relève pas d’un “privilège”, mais résulte de la volonté de transparence des présidents de la République, constamment réaffirmée depuis 1974″.

Dans cette décision, les journalistes y voyaient une volonté de les éloigner du pouvoir, de créer une « forteresse » autour de l’Elysée. En somme, délocaliser la salle de presse était perçu comme « une décision attentatoire à la liberté d’informer et de travailler des journalistes ».

Salle de presse de la Maison Blanche – 2017 – Mark Wilson

Une polémique faisant écho aux Etats-Unis 

La France n’est pas un cas isolé. En 2017, quelques jours avant son investiture, Donald Trump avait fait part de son intention de déménager la « briefing room ».

Originellement située dans l’aile Ouest de la Maison Blanche, accolée au bureau du porte-parole américain, celle-ci devait être délocalisée dans une pièce plus grande, en dehors de la Maison Blanche.

Là encore, la motivation du chef d’Etat était de proposer une salle pouvant accueillir un plus grand nombre de média, autant américains qu’internationaux. Donald Trump finit par céder à la pression journalistique, mais assure que son équipe fera une « sélection des personnes » pour accéder à sa salle de presse, qui ne compte qu’une cinquante sièges. 

« Je pense que partir, c’est abandonner ce pour quoi je me bats »

Maryna Zolotova est une journaliste Biélorusse. En 2018, elle a été placée en détention durant deux jours, accusée de négligence et « d’inaction » pour ne pas avoir contrôlé le travail de ses journalistes. Reçue à la Maison Des Journalistes (MDJ) pour échanger avec les résidents, elle a répondu à quelques-unes de nos questions.

Je ne peux pas dire que je me sentais en danger, mais j’étais préparée à ce que quelque chose de ce genre arrive.


Vous avez été arrêtée en août 2018, pouvez-vous nous rappeler ce qu’il s’est passé?

Maryna Zolotova: « Début août 2018, dix personnes sont venues chez moi pour effectuer des recherches. Deux d’entre eux étaient équipés de caméras. Quand je les ai vus, j’ai compris que je serais diffusée à la télévision le soir même.

Après la perquisition, ils m’ont amené au bureau du comité d’enquête pour m’interroger, mais ce jour-là, j’ai décidé de ne pas témoigner. L’affaire a commencé quand les appels de mon téléphone on été mis sur écoute. Personne ne m’expliquait pourquoi et combien de temps cela allait durer.

Puis j’ai été placé en détention. Ce jour-là, la police a perquisitionné de nombreux domiciles de journalistes en Biélorussie. Huit d’entre eux ont été arrêtés dont quatre sont originaires du même média que le mien TUT.BY.

Nous avons été relâchés deux jours plus tard, peut-être parce que la communauté internationale est intervenue ou parce que certaines personnes au sein de nos autorités ont compris que les forces de sécurité avaient commis une erreur. »

Qu’est-ce qu’il vous était reproché?

Dans le cadre de l’affaire Belta, 15 journalistes biélorusses ont été accusés d’avoir eu accès sans autorisation à l’agence d’information nationale (Belta). Mais l’infraction était insuffisante pour persécuter les journalistes de manière aussi brutale.

Quatre mois plus tard, la persécution de tous les journalistes a été stopée, mais ils ont quand même dû payer une amende. J’étais la seule personne encore accusée et j’ai dû comparaître en justice, bien que je n’ai jamais utilisé d’abonnement Belta, mais une autre accusation a été inventée contre moi pour m’inculper. J’étais accusé de négligence et d’inaction, pour ne pas avoir contrôlé le travail de mes journalistes.

Je n’étais pas d’accord avec l’accusation, mais le juge m’a condamné à une amende. C’était une punition assez légère. Il aurait pu y avoir d’autres types de sanctions, telles que l’interdiction d’exercer mon métier ou la détention jusqu’à cinq ans. Les médias d’Etat sur internet n’ont aucun succès. Cette affaire pénale était une bonne occasion d’affaiblir la concurrence. Bien que l’affaire soit terminée, je ne me sens pas libre dans mon métier.

Vous êtes vous sentis en danger avant votre arrestation?

Je ne peux pas dire que je me sentais en danger, mais j’étais préparée à ce que quelque chose de ce genre arrive. Le journalisme est une profession dangereuse en Biélorussie comme dans beaucoup d’autres pays. Mais j’avais l’espoir que ça se passe de cette façon en 2018.

Avez-vous continué à travailler?

Oui mais on fait beaucoup plus attention avec la cyber sécurité. Et bien-sûr, je ne discute plus de choses importantes par téléphone. Mais la façon dont on travaille est définitivement la même.

Comptez-vous rester en Biélorussie pour travailler?

Oui. Je ne veux pas quitter mon pays. Je suis née à Minsk et j’aime cette ville. Laissons les personnes désagréables quitter la Biélorussie. Je pense que partir c’est abandonner ce pour quoi je me bat.

Connaissiez-vous la Maison Des Journalistes? Qu’en pensez vous?

J’avais déjà entendu parlé de la MDJ mais je ne connaissais pas vraiment les détails de votre activité. Lorsque j’ai rencontré un ancien résident de la Maison des journalistes travailler à France 24, je me suis dit que ce travail est important. Accueillir des journalistes exilés et les aider à s’insérer dans la vie française est vraiment admirable. La MDJ donne de l’espoir aux personnes qui ont quitté leur pays et surtout la chance de démarrer une nouvelle vie. Merci pour ça.

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Médias indépendants : le nouveau combat des Gilets Jaunes

Le 6 juin 2019, Acrimed a organisé à la Bourse du Travail de Paris une réunion publique: « Médias et gilets jaunes, pour une information indépendante! » Différents thèmes ont été abordés comme la médiatisation des violences policières et le rôle des médias. L’occasion pour gilets jaunes et journalistes de débattre sur les initiatives à mener sur le terrain de l’information.


« Face au mépris des médias dominants, à leur traitement délétère des mouvements sociaux : mobilisons-nous ! »


Le jeudi 13 décembre 2018, Acrimed envoie un signal d’alarme. Les gilets jaunes crient à la censure du mouvement par les « médias dominants » qui se rangent du côté du pouvoir politique et des forces de répression.

A l’inverse, certains journalistes tels que Pascal Praud sur CNews estiment que la parole a assez été donné aux gilets jaunes sur les plateaux.

Une parole qui plus est trop peu modérée selon lui puisque le 18 mars 2019, face à Julie Garnier, l’animateur de l’Heure des Pros s’emporte : « J’entends sur les plateaux une forme de légitimité de la violence du samedi [lors des manifestations]. J’entends un certain nombre de mes confrères qui n’interrompent pas ceux qui développent ces thèses-là ».

Et pourtant, que l’information soit lue, écoutée ou regardée, les gilets jaunes ne se sentent pas soutenus.

Que reprochent les Gilets Jaunes aux médias ?

« Forte communication gouvernementale ; sommations à ne pas aller manifester ; surexposition des violences du côté des manifestants ; injonctions à les condamner ; délégitimation des revendications sociales et de certains représentants des mobilisations. »

C’est par ces mots que Pauline Perrenot d’Acrimed introduit le débat « Médias et gilets jaunes, pour une information indépendante ! ».

BFMTV, CNews et LCI comptent parmi les chaînes les plus citées et, donc, visées par les intervenants. Des médias qualifiés de « journalisme de préfecture », « bourgeoisie journalistique » ou encore « journalisme de maintien de l’ordre ».

Une conclusion commune se dégage des différentes interventions : les plateaux de télévision sont similaires à des tribunaux. On y pose des questions orientées, on y désigne « les bons et les mauvais gilets jaunes », on choisit qui est légitime ou non de parler des revendications.

copyright Dessin-Schwartz pour la SNJ

Un sentiment partagé par l’ensemble des gilets jaunes présents dans la salle mais nuancé par Corinne, militante à Rungis. « Une partie des Gilets Jaunes s’accordent à dire qu’on a quand même besoin des médias de masse pour se faire entendre ».

Une vision que partage Albert Ogien, directeur de recherche au CNRS et membre du Centre d’étude des mouvements sociaux. Il nous a notamment confié que « les médias ont contribué à ce que le mouvement des Gilets Jaunes fonctionne et se développe […] Si une action n’est pas filmée et diffusée sur les grandes chaines comme TF1, c’est comme si elle n’avait pas existée ».

Pour lui, la réappropriation de l’information souhaitée par les manifestants et l’Acrimed est impossible. « Il n’y a pas une seule revendication unique, une seule opinion des Gilets Jaunes, alors quelle tendance choisir pour un média? »

La « réappropriation démocratique des médias », c’est quoi ?

Cette expression signifie que les moyens de production de l’information, de la culture et des divertissements doivent être contrôlés directement par les salariés des médias (journalistes, pigistes), ainsi que par les citoyens eux-mêmes, réunis au sein d’associations à but non lucratif. En d’autres termes, la réappropriation démocratique, c’est le fait de considérer les médias comme un bien commun et non comme un bien marchand.

Selon Acrimed, cette réappropriation tend à « défendre le droit d’informer et le droit à être informé, tous deux gravement menacés. »

Comment remédier au « mauvais traitement médiatique »?

C’est naturellement sur le web, « seul espace de liberté de la presse » selon Corinne, que gilets jaunes et syndicats de journalistes ont décidé de se réapproprier le traitement médiatique des manifestations.

Associations, organisations de journalistes, médias, syndicats et organisations politiques se sont réunis au mois de février 2019 pour lancer une déclaration commune.

https://twitter.com/acrimed_info/status/1097451644781060096

On peut y lire que les « partis pris ont contribué à disqualifier les grands médias. La défiance à leur égard est profonde et sans précédent. D’autres sources d’information sont plébiscitées, médias indépendants ou réseaux sociaux. »

Et par médias indépendants cités par les Gilets Jaunes, il faut entendre Brut, les reportages de Vincent Lapierre ou encore RT France, média russe dont la neutralité est régulièrement remise en question puisque financée par le gouvernement russe.

Les militants s’accordent à dire qu’ils ne feront désormais confiance qu’aux reportages en direct sur Facebook, « au cœur de l’action et non retouché ».

Pour un grand nombre, la télévision a été mise de côté depuis décembre. « Tant que les chaines d’informations continues diffuseront des mensonges, on ne regardera plus la télé » martèle l’un des Gilets Jaunes durant le débat.

Pour Serge Fauber, journaliste sur Le Média, il faut changer le fonctionnement des grandes chaînes télévisées. « Il ne faut pas accabler BFMTV. Le problème c’est leur manque de temps et la pression financière ».

A la différence des médias « de masse », les médias indépendants ont le temps de traiter un sujet, de le retravailler plusieurs fois. « Nous n’avons pas le stress du 20 Heures et du format restreint à rendre ».

Selon Benoit Hazard, anthropologue et chargé de recherche au CNRS, le problème ne vient pas des journalistes eux-mêmes. « Les médias ont fait appel à des experts « autorisés » sur les plateaux, des chercheurs qui n’ont pas été étudié le mouvement des Gilets Jaunes sur le terrain » nous a-t-il confié. Pour l’anthropologue, la réappropriation médiatique souhaitée par les Gilets Jaunes répond simplement à un besoin de produire des discours librement « dans un espace public qui est saturé ».

Les journalistes ont été au cœur des critiques lors du mouvement des gilets jaunes, depuis mi-novembre. Selon Franceinfo, les Français sont divisés mais plus de 53% jugent que les médias ont mal couvert le mouvement. Toutefois, une large majorité assure qu’il est « inadmissible de s’en prendre physiquement aux journalistes », quelles que soient les critiques faites à leur égard.

Qu’est ce que l’ACRIMED ?

Acrimed est l’acronyme d’Action Critique Médias.

Crée en 1996 par Henri Maler, cet observatoire des médias est une association à but non lucrative. Leur site résume son action en 4 points : « informer, contester, proposer, mobiliser ».

Acrimed intervient publiquement, par tous les moyens à sa disposition lorsqu’il s’agit de sujets comme les dérives des journalistes ou la marchandisation de l’information. L’association réunit des journalistes et des salariés des médias, des chercheurs et des universitaires, des acteurs du mouvement social et des « consommateurs » des médias.

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    «Je ne conseille à personne, si celle-ci a le choix, de partir de son pays» témoigne Yousef, jeune activiste LGBT russe réfugié en France, à la table ronde organisée par IREX Europe au sein des locaux d’OXFAM, et de l’organisation Ensemble Contre la Peine de Mort (ECPM) le 19 novembre 2019 à Paris. Auparavant, ce […]

Notre-Dame de Paris sous les flammes : et après ?

Notre-Dame : « Cette cathédrale, nous la rebâtirons » , assure Emmanuel Macron. Le président s’est exprimé lundi soir, alors qu’un incendie ravageait une partie de la cathédrale Notre-Dame de Paris. Des mots graves dans un moment historique.

Alors que les pompiers venaient de sauver l’essentiel de la structure de Notre-Dame de Paris, mais que les flammes n’étaient pas encore éteintes, Emmanuel Macron s’est exprimé sur le parvis de la cathédrale.

« Cette cathédrale, nous la rebâtirons » a déclaré le président de la République accompagné du premier ministre Édouard Philippe et de la maire de Paris Anne Hidalgo, ainsi que des sapeurs-pompiers. Le pire a été évité, « même si la bataille n’es pas encore totalement gagnée », a-t-il expliqué. Le feu a été « maîtrisé » et « partiellement éteint » dans la nuit vers 3h30.

Le Chef de l’État a d’abord adressé « une pensée pour l’ensemble de nos compatriotes« , parce que Notre- Dame de Paris « c’est notre histoire, notre littérature, notre imaginaire, le lieu où nous avons vécu tous nos grands moments ».

Crédit Sophie Chediac

Un mot d’espérance

Puis il voulu avoir « un mot d’espérance » malgré un « terrible drame ».

« Cette espérance, c’est la fierté que nous devons avoir. Fierté de tous ceux qui se sont battues pour que le pire n’advienne pas. Fierté parce que cette cathédrale, il y a plus 800 ans, nous avons su l’édifier et à travers les siècles la faire grandir et l’améliorer », a-t-il lancé.

Emmanuel Macron avait été obligé de reporter, 20 minutes avant, son allocution télévisée en réponse à la crise des gilets jaunes, alors que le feu venait de démarrer au sommet de la cathédrale Notre Dame de Paris. On ne sait pas encore à quel moment aura lieu l’allocution.

Vidéo by Beraat Gokküs

« Notre-Dame de Paris en proie aux flammes. Émotion de toute une nation. Pensée pour tous les catholiques que je suis et pour tous les Français. Comme tous nos compatriotes, je suis triste de voir brûler cette édifice de nous. »

« Notre tristesse est au delà des mots mais nous sommes encore dans le combat. Ce soir les pompiers se battent, héroïques, contre le feu, pour préserver ce qui peut l’être », a réagi de son côté le chef du gouvernement Édouard Philippe.

La classe politique dans son ensemble de même que des représentants du monde entier, a fait part de son « immense tristesse ». La fondation du patrimoine a lancer ce mardi une « collecte nationale » pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris.

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Salon de l’agriculture 2019 : bonne présence de l’Afrique & cacophonie ivoirienne

Les lampions se sont éteints sur l’édition 2019 (du 23 février au 3 mars) du Salon International de l’Agriculture. Comme chaque année à la même période de nombreux exposants de la faitière agricole du monde entier se sont réunis au parc d’exposition situé Porte de Versailles à Paris.

Parmi ces exposants, nombreux sont venus de l’Afrique. Nous avons passé une journée avec eux.

Des stands africains très attractifs

Guy L. est très heureux en ce jeudi 28 février 2019. Responsable communication de la plus grosse entreprise ivoirienne qui fait aussi dans l’agro-alimentaire, cet ancien patron de presse est satisfait de l’affluence « aux braisés de… » le stand de son entreprise.

Un espace qui a refusé du monde et qui est la reproduction quasi-exacte d’un « maquis », sorte de restaurant à l’ivoirienne où l’on trouve à moindre cout des mets succulents de ce pays de l’Afrique de l’ouest.


Il n’y avait aucun moment de répit pour les animateurs des stands du Mali, du Maroc et de la Tunisie.


« Nous sommes à 6000 visiteurs depuis l’ouverture du salon et cela va au-delà de nos prévisions« . Nous dit-il avec un large sourire.

Au pavillon 5 du parc d’exposition de la Porte de Versailles, les stands très achalandés des pays africains ne désemplissent pas.

Des nationaux de ses pays, touristes et personnalités sont au nombre des nombreux visiteurs.

Il n’y avait aucun moment de répit pour les animateurs des stands du Mali, du Maroc et de la Tunisie. Ces trois pays mieux organisés ont véritablement plané sur le salon international de l’agriculture.

Cacophonie ivoirienne

Si le secteur privé ivoirien de l’agro-alimentaire a véritablement tiré son épingle du jeu à ce salon, la tutelle quand à elle, a encore fait des siennes.

Chaque année, avant la crise postélectorale, les entreprises et structures ivoiriennes encadrées par le ministère de l’agriculture marquaient de leur présence le salon international de l’agriculture de Paris.

Depuis 2012, deux ministères se chevauchent. Outre le ministère de l’agriculture, celui des ressources animales et halieutiques a pris place également au pavillon 5 du parc d’exposition de la Porte de Versailles.

Plusieurs observateurs ont noté depuis le changement de régime à Abidjan qu’une lourde ambiance règne entre les deux ministres.


Les ministres en charge des deux départements ministériels ont soigneusement évités de se croiser durant le salon.


Au ministère des ressources animales et halieutiques, il est reproché au ministère de l’agriculture de s’accaparer de structures spécialisées qui en principe relèvent du premier.

De manière factuelle, arrêtons-nous sur le laboratoire national d’appui au développement agricole –LANADA-

Ce laboratoire qui est chargé des opérations spécialisées relatives au domaine vétérinaire, notamment à la santé, l’alimentation et la reproduction animale, est sous tutelle du ministère de l’agriculture . Au SIA 2019, une dizaine de structures sous tutelle du ministère de l’agriculture ont fait le déplacement.

M. Coulibaly Sangafowa ministre ivoirien de l’agriculture en compagnie d’exposants

Du coté des ressources animales et halieutiques, seul le port autonome d’Abidjan est venu défendre sa position de premier port thonier en Afrique subsaharienne.

Les ministres en charge des deux départements ministériels ont soigneusement évités de se croiser durant le salon. Une véritable cacophonie.

Cette année le chiffre de visiteurs était en baisse comparé a celui de 2018. Officiellement 633 213 visiteurs ont arpenté les stands du parc d’exposition de la porte de Versailles. En 2018, ils étaient 672 000. Plus de 1000 exposants ont présenté leur meilleurs produits à la grande satisfaction des visiteurs et d’Emmanuel Macron qui y a passé quatorze heures trente minutes. La 57 e édition aura lieu du 22 février au 1 er mars 2020.

« L’insécurité du photojournaliste en reportage ne me fait pas peur car c’est ma passion. » Interview de Zakaria Abdelkafi – Photojournaliste à l’AFP

La Maison des journalistes s’associe avec Magnum Photos pour présenter l’exposition D’ici, réalisée à l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai. Cette exposition s’affichera du 3 au 31 mai sur la façade de l’hôtel de ville de Paris et a vocation d’être itinérante. Journalistes exilés et photographes de Magnum Photos se mobilisent pour défendre la liberté de la presse en textes et en photos.

Menacés dans leurs pays pour avoir voulu exercer leur métier librement, ces journalistes, désormais accueillis en France, reprennent le stylo. Ils croisent leurs regards avec celui de photographes qui, eux aussi, s’engagent au quotidien pour documenter la marche du monde. Un journal issu de l’exposition est édité par Ouest France, partenaire de la MDJ.

Zakaria Abdelkafi, photographe syrien, a été correspondant de l’AFP à Alep en Syrie de 2013 à 2015. Depuis 2016, il vit à Paris après avoir été hébergé à la Maison des journalistes.


Je suis photojournaliste, c’est ma passion.


Photojournaliste, auteur de plusieurs célèbres photographies, il a accepté de répondre à nos questions autour de son travail et de la manière dont il a couvert les manifestations Gilets Jaunes et plus particulièrement l’Acte XVIII durant lequel il a été blessé.

Vous travaillez pour l’Agence France Presse – AFP – comme photojournaliste, pouvez-vous nous expliquer votre travail ?

Zakaria AbdelKhafi : « Depuis 2016, j’ai couvert tous les événements que j’ai pu : des manifestations aux matchs du PSG en passant par des événements plus ou moins festifs et politiques. A Paris, il y a beaucoup d’activités. Et depuis novembre, j’ai couvert toutes les manifestations des Gilets Jaunes.

Contrairement à d’autres personnes, je ressens un insurmontable besoin d’aller voir et de partager ce que je vois. Je suis journaliste, je suis photojournaliste, c’est ma passion.

Travailler à Paris, cela doit changer des conditions de travail en Syrie…

*Sourire* En Syrie, les manifestations pacifiques étaient durement réprimées par des policiers ou des militaires qui tiraient à balles réelles, et ceci bien avant la guerre. De plus, si tu étais pris en marge d’une manifestation, tu étais arrêté et jeté en prison.

En France, à part quand il y a des violences, les manifestations sont beaucoup plus humaines. Les manifestants sont face à face avec les gardiens de l’ordre. Selon les moments, ils se parlent, discutent, se chambrent ou s’invectivent.


Et quand la police exerce la violence, c’est maximum du gaz lacrymogène, des jets d’eau et maintenant des tirs de flashball. Cela n’a rien à voir avec la Syrie.


Qui plus est, je peux faire mon travail de photojournaliste. Je peux être avec les manifestants ou avec la police et faire des va et viens, je peux même être entre les deux.

Par contre, durant l’acte XVIII, le climat de violence a changé. C’était comme la guerre, y avait juste pas de balle réelle. Mais où était la police ?

Justement, lors de l’Acte XVIII , vous avez été blessé plusieurs fois. Pouvez-vous nous raconter cette manifestation décrite comme « ultra violente » ?

Oui, tout a commencé au niveau de l’Arc de Triomphe sur les Champs-Elysées. J’étais entre les manifestants et la police. Il y avait des nuages de gaz opaques, des tirs de flashball retentissaient… Et moi je prenais plein de photos ! Du coup je n’avais pas de recul, j’étais dans l’action.

D’un seul coup, j’ai senti quelque chose me frapper le visage et c’est devenu immédiatement irrespirable. Sans exagérer, je ne pouvais plus respirer ! En fait, je venais de recevoir une grenade de lacrymogène sur le visage et sans m’en rendre compte, j’avais respiré le gaz à plein poumon.

Durant cinq longues minutes, je ne parvenais pas à reprendre mon souffle, j’ai eu très peur. Peur de mourir. Les street medics sont arrivés, ils m’ont mis sur un brancard et m’ont évacué. Au bout d’une quinzaine de minutes, j’allais beaucoup mieux.


Durant cinq longues minutes, je ne parvenais pas à reprendre mon souffle, j’ai eu très peur. Peur de mourir.


Le chef de l’AFP dont je dépends m’a appelé pour prendre de mes nouvelles et m’a demandé d’arrêter. Mais moi j’allais bien ! J’ai demandé de continuer. J’ai passé un bon moment à le rassurer avant de repartir faire mon travail. Hors de question que j’arrête alors que je peux continuer !

J’en profite pour te raconter une anecdote : lorsque je suis arrivé en France, j’ai du passer des entretiens d’embauche pour être photographe. On m’a alors fait remarquer que durant la guerre en Syrie, j’avais perdu un œil. Et alors ? Un photographe n’a besoin que d’un œil ! C’est mon histoire, ma façon de faire, je devais continuer mon travail.

Cette journée ne s’arrête donc pas là , et elle est encore longue…

Oui, c’était plus tard et plus bas sur les Champs-Elysées. Il y avait trois manifestants non gilet jaune : le premier a cassé une vitrine, le second est rentré à l’intérieur pour voler de la marchandise tandis que le troisième filmait. Bon, je me suis dit que cela ferait une bonne photo…

Soudain, la Brigade anti-criminalité est intervenue : deux des trois en ont réchappé mais le troisième et moi-même nous nous sommes retrouvés interpellés très brutalement au point que j’ai eu un coup de matraque à mon œil.

Heureusement, j’ai pu démontrer que j’étais journaliste assez vite grâce à ma carte de presse et d’identité. Ils m’ont laissé appeler mon chef à l’AFP qui leur a confirmé ma version des faits.

Cette fois-ci, la manifestation se terminait…

Non ! J’ai terminé la manifestation vers Trocadéro. Des chevaux de la Police montée sont passés sous mes yeux, du coup j’ai photographié ! J’étais avec ma collègue de l’AFP, brassard et casque identifiable.


Et là, un flic me met « gratuitement » un coup de matraque dans la côte !


Derrière les chevaux, des flics de la BAC arrivent vers nous. Et là, un flic me met « gratuitement » un coup de matraque dans la côte ! J’ai eu mal immédiatement.

Bien sûr je réagis en lui montrant que je suis journaliste:  « Ce n’est pas gentil, je fais juste mon travail ! ». « Dégage ! » a-t-il répondu. Moi et ma collègue sommes alors partis. Mais je n’ai pas compris. Cela m’a rendu triste.

Avez-vous informé votre chef à l’AFP ?

Oui, d’ailleurs dès la premier événement il a voulu que j’aille à l’hôpital. Moi je ne voulais pas. J’ai juste vu le médecin interne à l’AFP et trois jours après j’ai fait un check up à l’hôpital.


Je ne porte pas plainte, ni moi, ni l’AFP. Il y a tellement de confrères qui souffrent de blessures graves que je ne vais pas y aller pour quelques bleus.


Je ne porte pas plainte, ni moi, ni l’AFP. Il y a tellement de confrères qui souffrent de blessures graves que je ne vais pas y aller pour quelques bleus. Et puis c’est toute une procédure…

Moi, photojournaliste, je veux faire mon travail tant que physiquement je peux le faire.

L’insérurité ne me fait pas peur car c’est ma passion.

En tant que photojournaliste, que retenez-vous de cette vingtaine de manifestations que vous avez couvertes pour l’AFP ?

La France a un peuple incroyable ! Ici la démocratie vit. Quelle France !

J’ai été blessé cinq fois dans ces manifestations, dont une fois par flashball. Mais je ne regrette rien et je n’en veux à personne, chacun fait son boulot comme il peut, moi, c’est le photojournalisme! »

  • Egypte – Histoires de la plus grande prison pour femmes, Al-Qanatir13/02/2020 - 1:44

    C’est une matinée d’hiver ensoleillée au Caire où moi et un petit groupe de Maadi Community Church (MCC) prenons la route pour la prison d’al-Qanāṭir. Après une heure de route à travers différents quartiers entourant la capitale égyptienne, je me retrouve devant la porte principale de la prison, signalé par un gros écrit en arabe «Manṭiqa al-sujūn al-Qanāṭir» (Zone des prisons d’al-Qanāṭir) au sommet duquel flotte le drapeau tricolore égyptien.

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