Le Séparatisme en France et en Afrique

La loi contre le «Séparatisme» continue à soulever une kyrielle de polémiques en France et dans ses ex-colonies qui calquent leurs textes institutionnels sur la “mère patrie”. 

Après avoir rejeté 300 amendements et 144 adoptés sur 2700 déposés en commission, les locataires du palais Bourbon ont passé au crible 51 articles du projet de la loi contre le séparatisme. Au nombre de ces articles, trois continuent à susciter des polémiques : l’article 44 adopté mardi 16 février 2021 qui donne le feu vert aux préfets de fermer pour deux mois les lieux de culte où sont incités la haine ou la violence et l’article 6 qui se penche sur le contrôle renforcé des associations, sur une meilleure transparence des cultes et de leur financement. Et, enfin, l’article sur la lutte contre la polygamie ou les mariages forcés soutenu par la ministre Marlène Schiappa. Le premier est jugé partial par nombre des députés dont Stéphane Pen qui ne comprend pas pourquoi, « quand on a un curé pédophile on ne ferme pas l’Église ». L’exécutif, représenté par le ministre de la justice Eric Dupond Moretti, Jean Michel Blanquer de l’enseignement et Gérald Darmanin de l’Intérieur pensent que ce texte, voulu par Emmanuel Macron, « conforte le respect des principes de la République ». Cette disposition étend le champ d’une loi de 2017 qui prévoit de telles mesures dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Pour le second, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin a expliqué vouloir encourager les cultes à ne pas dépendre de « financements étrangers » comme le prévoit « l’esprit de la loi 1905 ». L’Exécutif suggère la possibilité d’exploiter des « immeubles de rapport » acquis à titre gratuit pour en tirer des revenus. Cette loi scrutée au Sénat depuis le 30 mars 2021 a des similitudes avec les instruments juridiques mis sur pied dans plusieurs pays africains pour lutter contre le terrorisme (sauf  l’article sur la polygamie que les populations de ce continent rejettent pour la plupart). Claude Muhamad qui fréquente la mosquée de Paris pense que si le mariage homosexuel a été autorisé, alors, interdire la polygamie qui est scripturaire fait de la France laïque et libertaire, injuste et dictatrice. Elle veut donc d’une chose et de son contraire, poursuit-il. Certains partisans de droite par contre parlent d’une loi insuffisante puisqu’elle ne s’attaque pas suffisamment à l’islam radical bien qu’elle soit minoritaire.

Un policier de Tracfin – qui a requis l’anonymat et qui enquête sur le fonctionnement des communautés religieuses, révèle que l’article sur les finances ne peut mettre en difficulté des associations de petite ou grande taille. Il cite en exemple, la jeune église évangélique, Impact Centre Chrétien à dominance afro antillaise, grâce aux cotisations des membres, elle participe à la formation des jeunes aux nouveaux métiers et aux œuvres caritatives dans la francophonie. Par une gestion rigoureuse, lesdits membres ont pu mobiliser la bagatelle de près de 29 millions d’euros pour construire le plus grand complexe évangélique d’île de France qui sera inauguré en 2021. En dehors d’I.C.C qui construit des mega-temples à travers le monde et assiste plus d’une personne par la règle de cotisations et dons des membres, ce flic cite également, les Mormons qui ont bâti près du château de Versailles un sanctuaire à hauteur de 60 millions d’euros par la règle des dimes. Bien que victimes quelques fois des signalements, mais ces communautés sont toujours blanchies au finish. Pourquoi alors crier si l’on ne se reproche de rien ? Conclu ce flic.

En définitive, il convient de voir que, partout ailleurs au monde, la révision des lois contre le terrorisme, la lutte contre les atteintes à la citoyenneté ou au repli identitaire, a toujours suscité des polémiques des tiers qui dénoncent des atteintes aux libertés (d’expression, de culte et d’association).

Ghys Fortune BEMBA-DOMBE, journaliste congolais, ancien résident de la Maison des journalistes (MDJ). Auteur du livre “De l’Enfer à la Liberté” (2019)

 

D’autres articles sur l’Afrique

Jean-Luc ROMERO MICHEL reçu à la Maison des journalistes

Il est environ dix heures, ce mercredi, lorsque Jean-Luc ROMERO-MICHEL fait son entrée à la Maison des Journalistes. L’adjoint à la Maire de Paris, également chargé des droits humains, de l’intégration et de la lutte contre les discriminations, est accompagné de son directeur de cabinet, Michel GELLY-PERBELLINI ainsi que de deux stagiaires.

L’ambiance est de suite conviviale. Darline Cothière, directrice de la Maison des Journalistes, commence la visite. Le hall retient déjà l’attention de Jean-Luc ROMERO-MICHEL “elle est belle cette exposition” en montrant les panneaux de l’exposition Cartooning for Peace. Il se retourne, remarque une seconde exposition à l’étage, mais Darline Cothière préfère garder le suspens, elle leur montrera plus tard.

Rencontre avec l’équipe de la Maison des Journalistes

La visite se poursuit, et Jean-Luc Romero-Michel fait la connaissance du personnel de la Maison des Journalistes. Antonin Tort, responsable d’action sociale et d’hébergement, explique comment il accompagne les journalistes exilés, à leur arrivée mais également tout au long de leur demande d’asile. Jeanne Albinet Chargée de mission Communication et Sensibilisation, échange avec Jean-Luc Romero-Michel sur l’importance de la sensibilisation du grand public, et en particulier des jeunes à travers le programme Renvoyé Spécial par exemple. Malgré la crise sanitaire, elle confie être heureuse d’avoir pu mener à bien la quasi-totalité des rencontres Renvoyé Spécial de l’année, dans les lycées et auprès des jeunes sous protection judiciaire. Le journaliste libanais, Ibrahim Cheaib nous a rejoint. Il revient tout juste de Marseille où il a effectué une rencontre Renvoyé Spécial et témoigne donc de son expérience : “Les jeunes ont beaucoup apprécié nos échanges et ils me l’ont fait savoir” explique t-il. “Le discours authentique de quelqu’un qui a vécu ça dans sa chair, ça leur parle”, confirme Darline Cothière. L’adjoint à la Maire de Paris soutient énormément cette initiative, et s’étonne d’ailleurs que la Maison des Journalistes ne reçoive pas de contributions de la part d’autres régions françaises alors même que Renvoyé Spécial se déplace dans toute la France. Après un regard complice avec Michel Gelly-Perbellini il indique “Nous pourrions sûrement vous aider à ce propos…”. L’adjoint à la Maire de Paris fait également la connaissance d’Hicham Mansouri, ancien résident de la Maison des Journalistes, et désormais chargé d’édition dans le média de l’association : l’Oeil de la Maison des Journalistes.

Visite des locaux, entre rires et émotions

L’équipe déambule dans les longs couloirs de la Maison des Journalistes, elle s’arrête parfois pour lire les nombreux articles accrochés aux murs. Nous montons à l’étage, puis Jean-Luc Romero-Michel s’arrête devant la fenêtre ouverte. Il lance, ironiquement, “Vous ne devez pas avoir de problème avec le voisinage”. En effet, la vue donne sur un cimetière. L’ambiance est à la rigolade, mais Darline Cothière évoque le choc de certains résidents à leur arrivée : “Certains résidents ont été choqués les premiers jours et m’ont expliqué que dans leur culture les vivants ne côtoient pas les morts. Moi je leur dis qu’il faut voir le bon côté des choses, car ils auraient pu bien être de l’autre côté !”, confie-t-elle. Cette symbolique a finalement aidé beaucoup de journalistes à accepter de vivre près des morts, cela a même aidé certains dans leur processus de reconstruction personnelle. “Depuis ma fenêtre en exil, je regarde avec envie les sépultures de Grenelle et j’entends l’écho des bien-aimés évoquer leurs tendres souvenirs.”, un extrait de l’exposition “D’ici” et plus particulièrement des propos de Hani Al Zeitani, journaliste syrien (pages 6 à 9 du Journal D’ici).

À la suite de ce passage à la fois drôle et touchant, Jean-Luc Romero-Michel découvre des photographies intriguantes, qui attirent l’œil. Darline Cothière explique qu’il s’agit d’une partie de l’exposition Alep Point Zéro, des photographies prises par Muzaffar Salman, d’origine syrienne. “Il a réussi à capturer des moments incroyables” remarque l’adjoint à la Maire de Paris. Après avoir finalement découvert les dessins que Jean-Luc Romero-Michel avait repéré dès le début de la visite, et illustrant la liberté de la presse et sa répression, l’ensemble du groupe descend au sous-sol pour y découvrir la bibliothèque et la cuisine.

Échange avec les résidents et anciens résidents de la Maison des Journalistes

La visite touche à sa fin. Mais Jean-Luc Romero-Michel prend le temps de découvrir chacun des journalistes présents. Ahmad, arrivé il y a peu depuis la Syrie, tient à offrir à l’adjoint à la Maire de Paris un cadeau, cadeau qui restera secret. Il échange ensuite pendant de longues minutes avec Vianney, journaliste burundais tout juste accueilli par la Maison des Journalistes. “Qu’est ce qui vous est arrivé ?” lui demande Jean-Luc Romero-Michel, et après la réponse de Vianney, l’adjoint s’émeut : “ça ne doit vraiment pas être facile de devoir quitter son pays, et tout ce qui s’y rattache”. Les résidents acquiescent, mais Ibrahim Cheaib ne manque pas d’ajouter que maintenant qu’ils sont là, à la Maison des Journalistes, tout va mieux.

Soudain, la porte s’ouvre. Mamoudou Gaye, journaliste mauritanien et ancien résident est venu faire une visite. Jean-Luc Romero-Michel s’étonne “Vous n’êtes plus résident et vous continuez à venir ?”, “Bien sûr, la Maison des Journalistes, ça a été ma Maison, mais c’est aussi une famille. J’y reviendrai toujours de temps en temps” confie Mamoudou.

L’adjoint à la Maire de Paris parle de la Maison des Journalistes comme d’un sanctuaire : “Chaque centimètre carré de mur est utilisé, ça rend le lieu unique”. Avant de partir, Jean-Luc ROMERO-MICHEL souhaite rappeler que la protection des droits humains et notamment de la liberté d’expression est une lutte de tous les instants. “La pandémie a été un prétexte pour réprimer et punir les voix dissidentes. La régression n’a pas touché uniquement les régimes autoritaires mais aussi des pays démocratiques”, affirme-t-il en donnant l’exemple de la France avec la loi Sécurité globale (le Conseil Constitutionnel a finalement censuré les articles les plus controversés).

Un échange profond et très intéressant qui s’est soldé par la réaffirmation du soutien de la Mairie de Paris envers la Maison des Journalistes.

Pour en savoir plus sur la visite de Jean-Luc ROMERO MICHEL à la maison des journalistes :  Jean-Luc Romero-Michel rencontre les journalistes de la MDJ

(*) Clémence Papion, étudiante en droit international, stagiaire à la Maison des journalistes

D’autres articles 

Everything France has given me

Paris, April 29, 2019. It was raining, passers-by were looking for shelter while running. No one noticed a wet bird. I looked at this bird while thinking about myself : the confusion of ignorance, the fear, the anguish provoked by the unknown… I was wondering, Meiirbek, why are you in France ? 

I kept wondering : Meiirbek, if you decided to remain silent in Kazakhstan, would you still have a peaceful and prosperous life over there ? Maybe. But I would not find peace deep in my heart. I could not stay silent so I started shouting: Liberty, Liberty ! But I received  threats instead. 

In Paris, all alone in my little room at the Maison des journalistes, whenever I cook or lay in my bed, I have my answer. Meiirbek, if you were in Kazakhstan you would be in prison, France gave you Liberty. 

France is my third homeland. It is true that France is not perfect. There are many problems that need to be solved. But at least in France, these problems are not hidden.

Meiirbek SAILANBEK

Besides in France, we as refugees, just like birds all soaked by the rain, have the same rights as French citizens. We can live in equality. Whether at work, in the field of education or displacement, we are granted the same rights (officially and politically at least). Therefore France gave me Equality. 

When we birds are shaking under the rain, a soft and warm hand reaches toward me. It wipes the water off my body and offers me  shelter… Thus I would like to thank you, professors, because in addition to teaching us French, you also teach us Fraternity.

I remember your smile well every time. Whenever I was facing difficulty, I remember the smile of my teachers and their encouragement such as “That’s okay Meiirbek, you can do it !”

So what has France given me ? Liberty, Equality, Fraternity. 

Thank you very much. 

 

Meiirbek SAILANBEK Kazakh journalist and former resident at the MDJ

  •  Translated from the French by Léna Jghima, trainee at Maison des journalistes (MDJ). You can read the original version HERE.

 

 

 

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Tout ce que la France m’a donné

29 avril 2019 à Paris. Il pleuvait, les passants cherchaient des abris en courant. Personne n’a remarqué un oiseau tout trempé. J’ai vu cet oiseau en pensant à moi-même : la confusion de l’ignorance, la peur, l’angoisse de l’inconnu… Je me demandais, Meiirbek, pourquoi tu es en France ?

Je me demandais sans arrêt : Meiirbek, si tu restais silencieux au Kazakhstan, est-ce que tu garderais ta vie tranquille et prospère là-bas ? Peut-être ? Mais je ne trouverais pas la paix au fond de mon cœur,  je ne pouvais pas rester silencieux ainsi j’ai commencé à crier : la liberté, la liberté. Mais au lieu de la liberté, c’est la menace que j’ai reçue.

À Paris, tout seul dans ma petite chambre [à la Maison des journalistes], chaque fois que je fais la cuisine et que je suis dans mon lit, j’ai ma réponse : Meiirbek, si tu étais au Kazakhstan tu serais en prison, et la France t’a donné la liberté.

La France est ma troisième patrie. Oui, la France n’est pas parfaite, il y a beaucoup de problèmes à résoudre en France. Mais au moins en France, on ne cache pas les problèmes.

Et puis, en France, nous les réfugiés, comme des oiseaux trempés par la pluie, nous avons les mêmes droits que les citoyens français. Nous pouvons vivre dans l’égalité. Que ce soit le travail, l’éducation ou le déplacement, nous avons les mêmes droits, au moins officiellement et politiquement. Donc la France m’a donné l’égalité.

Quand nous les oiseaux sommes en train de trembler sous la pluie, une main douce et chaude se tend vers moi, elle essuie l’eau sur mon corps et me donne un abri… Ainsi j’aimerais vous remercier, les professeurs, car non seulement vous nous apprenez le français, mais vous nous apprenez, en plus, la fraternité.

Je me souviens bien de votre sourire, à chaque fois. Chaque fois que je suis en difficulté, je me rappelle les sourires de mes professeurs et leurs encouragements: “Meiirbek, c’est pas grave, tu y arriveras!

Qu’est ce que la France m’a donné?   La liberté, l’égalité, la fraternité.

Merci beaucoup.

Meiirbek SAILANBEK, journaliste kazakh (ancien résident de la MDJ)

Corbeil-Essonnes

04.06.2021

D’autres articles 

Biélorussie. La répression brutale d’un régime de plus en plus isolé.

Depuis le 9 Août 2020 manifestations et contestation s’enchaînent en Biélorussie à l’encontre du président Loukachenko suspecté de fraude électorale qui le maintient au pouvoir. La répression continue et affiche un visage toujours plus brutal. Dernièrement un avion transportant un journaliste d’opposition a été contraint d’atterrir sur le sol biélorusse, un opposant a tenté de se suicider au cours de son procès au début du mois. Mais derrière la férocité de ce régime quasi-dictatorial se cache un pouvoir vacillant, de plus en plus dépendant d’un allié russe qui le voit presque comme un fardeau.

  •   Par. Ange Fabre, étudiant en droit et science politique, stagiaire à L’oeil de la Maison des journalistes.

Depuis le 9 Août 2020 manifestations et contestation s’enchaînent en Biélorussie à l’encontre du président Loukachenko suspecté de fraude électorale qui le maintient au pouvoir. La répression continue et affiche un visage toujours plus brutal. Dernièrement un avion transportant un journaliste d’opposition a été contraint d’atterrir sur le sol biélorusse, un opposant a tenté de se suicider au cours de son procès au début du mois. Mais derrière la férocité de ce régime quasi-dictatorial se cache un pouvoir vacillant, de plus en plus dépendant d’un allié russe qui le voit presque comme un fardeau.

Le gouvernement biélorusse multiplie les scandales

Parmi les derniers épisodes de brutalités à l’égard de ses opposants, il y a évidemment le scandale international de l’avion détourné. Le 23 mai, un vol commercial Ryanair survole la Biélorussie, intercepté par les autorités biélorusses il est forcé d’atterrir. Le prétexte étant un risque d’attentat à la bombe, mais les faits sont que Roman Protassevich un journaliste et militant d’opposition, et sa compagne Sofia Sapega ont été arrêtés, et détenus arbitrairement par les autorités. Les réactions d’indignations ont été nombreuses, propulsant Roman Protosevich à l’international comme symbole de la cause du peuple biélorusse. Ce journaliste militant d’opposition, de 26 ans, est toujours détenu arbitrairement par les autorités biélorusses. Les réactions diplomatiques n’ont pas tardé. L’Union européenne a fermement condamné cette action, puis établi des sanctions économiques contre la Biélorussie et travaille à de nouvelles mesures. Lundi 31 mai, le commissaire européen Thierry Breton déclarait à l’AFP que ce détournement était “un acte de piraterie d’état” et a déclaré que l’Union Européenne se concertait quant à des sanctions économiques supplémentaires contre la Biélorussie.

Le Kremlin soutient le régime Biélorusse. Vladimir Poutine a reçu à Sotchi le 28 mai son homologue biélorusse. Au cours de cet entretien public, le président russe a réaffirmé son soutien à son allié, indiquant être “en train de construire une union” avec la Biélorussie, et estimant la demande de l’Union Européenne de contourner l’espace aérien biélorusse d’“irresponsable”, ne voyant aucune raison de douter du gouvernement biélorusse.

Enfin, l’ultime épisode marquant de la répression biélorusse s’est déroulé au cours du procès de l’opposant Sciapan Latypov, qui a tenté de se suicider au cours de l’audience du 1er juin. Selon l’ONG Viasna de défense des droits humains, il faisait l’objet de brutalité et de tortures régulières de la part des autorités biélorusses depuis son arrestation en septembre 2020, pour organisation de mouvements de contestation du pouvoir en place. Sa famille a également été la cible de menaces du régime.

Ces évènements de répression brutale font suite au vaste mouvement de contestation qui traverse le pays depuis près d’un an.

L’origine de la contestation

Avant les manifestations d’août 2020, le régime semblait s’être quelque peu relâché en autorisant l’opposante Svetlana Tikhanovskaïa à se présenter à l’élection présidentielle. Celle-ci a acquis  de nombreux soutiens et  lancé des appels à manifester contre le régime, notamment lorsque son mari a été arbitrairement emprisonné par le gouvernement. Elle a fait pour promesse de campagne d’instaurer de véritables élections démocratiques. Le 9 Août 2020 des manifestations sont organisées en Biélorussie après les résultats du scrutin de l’élection présidentielle donnant à 80% des votes, la victoire au président sortant, Alexandre Loukachenko.

Protestation en août 2020

La volonté des manifestants étant de contester les résultats d’une élection frauduleuse et irrégulière qui le donne gagnant face à la candidate d’opposition, pratique qu’il exerce régulièrement depuis 1994. Les manifestations se poursuivent désormais régulièrement depuis près d’un an, de même que la violence de leur répression. Le mari de Svetlana Tikhanovskaïa est toujours en prison en Biélorussie et elle, menacée, vit en exil en Lituanie. L’État biélorusse ne cède pas face à la contestation et confirme par là son statut de “dernière dictature en Europe”.

Une dictature en Europe

En 1990 la Biélorussie sort de l’Union soviétique, quatre ans plus tard, A. Loukachenko est élu après deux ans de parenthèse démocratique, réprimée par le pouvoir.  Élu avec 80% des voix,  Alexandre Loukachenko jette les bases de son régime autoritaire, modifiant la Constitution au profit du président, étendant ses pouvoirs à sa convenance. Depuis cette première accession au pouvoir, le régime accumule les accusations de fraude électorale et d’atteinte aux libertés fondamentales, perpétuant les méthodes anti-démocratiques de la période soviétique. Loulia Shukan, maîtresse de conférences en études slaves à Paris-Nanterre expliquait en août dernier que «les fraudes sont un fait avéré en Biélorussie, pointé par les observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) à chaque élection».

Alexandre Loukachenko entretient une forte idéologie nationaliste et étouffe toute velléité libertaire. Cet état de fait repose à l’origine sur un certain statu quo établi avec le peuple de Biélorussie, lequel est privé du respect des libertés et droits fondamentaux et de toute protection des droits de l’Homme en échange d’une sécurité économique et nationale. Économique tout d’abord, en n’adhérant que partiellement à l’économie de marché après la fin de l’ère soviétique et ensuite une sécurité existentielle face aux puissances voisines, les Européens et la Russie. Alexandre Loukachenko s’appuie fortement sur ce besoin de sécurité du peuple et sur cette domination de type “charismatique” et paternaliste, passant par une forte personnalisation du pouvoir.

Alexandra Goujon, politologue française spécialiste des pays d’Europe de l’Est et en particulier de la Biélorussie nous offrait un décryptage du système politique biélorusse dans un article paru en 2002. Elle y qualifie la domination du président Loukachenko de “populisme autoritariste”, fréquemment appelé par ses opposants de “loukachisme”. Expliquant que ce régime s’appuie notamment sur la perpétuation de l’autoritarisme issu de la période soviétique et employant des discours basés sur une vision conflictuelle, martiale et autoritaire de la société, la justifiant par des antagonismes irrémédiables entre différents corps de la société, comme les riches contre les pauvres, les occidentaux et les slaves etc..

Le régime biélorusse a renforcé sa domination sur un besoin de sécurité du peuple, en présentant la figure forte d’Alexandre Loukachenko comme unique solution. Le président biélorusse instrumentalise ce besoin comme  argument de choix pour légitimer sa politique, son discours présente la situation sous la forme de deux choix possibles pour le peuple biélorusse : c’est lui ou le chaos et le désordre. Il s’affirme donc en garant de  paix, de  sécurité dans le pays, les opposants seraient les véritables porteurs de la violence. Au moment de l’éclatement des manifestations en août dernier, il fait jouer à l’opposition le rôle d’une menace pour le pays, manipulée par les ennemis extérieurs, ainsi les contestataires constituent un danger soutenu par les ennemis étrangers contre le peuple biélorusse. Il déclare alors que les manifestations s’accompagnent d’importants “agissements des forces de l’OTAN à proximité immédiate”, et qu’il est de son devoir de “prendre les mesures les plus strictes pour défendre l’intégrité territoriale de notre pays”.

La liberté de la presse bafouée 

Si les manifestations sont toutes systématiquement réprimées depuis 1994, la liberté de la presse y est aussi sévèrement bâillonnée. Reporter sans frontière faisait état de chiffres alarmants dans un rapport de novembre 2020, rapportant que “335 interpellations ont été recensées en trois mois par l’Association biélorusse des journalistes (BAJ), sur un total de plus de 400 exactions commises par les forces de l’ordre”. L’ONG apporte d’autres faits édifiants, “au moins 60 journalistes ont été victimes de violences graves, de mauvais traitements, voire de torture “, rappellant le calvaire de la journaliste Alena Doubovika, “frappée, à moitié nue, à coups de matraque lors de sa détention en août (2020), privée de nourriture pendant 24 heures, incarcérée avec une cinquantaine d’autres détenues dans une cellule de 12 m2, prévue pour 4”.

Le Bélarus est le pays le plus dangereux en Europe pour les journalistes (RSF)

Le Bélarus est le pays le plus dangereux en Europe pour les journalistes (RSF)

Une autre mesure liberticide a été prise le 13 septembre 2020, avec la suspension d’internet dans le pays, mesure inefficace car, comme l’expliquaient des opposants biélorusses exilés en Lituanie au micro d’Arte, bien souvent les images et communications des opposants sont conservées et envoyées une fois la connexion rétablie ou sont transmises de l’extérieur. Les témoignages de ces journalistes empêchés d’entrer ou de sortir du pays, ou encore les cas de torture des opposants durant leur détention se multiplient depuis près d’un an.

Un allié de la Russie, dépendant et embarrassant

Pour mieux comprendre la situation délicate du pays, il faut rappeler qu’économiquement, la Biélorussie est surtout dépendante de la Russie, avec 55% d’importations et 48% d’exportations. La Russie est un acteur économique nécessaire à la Biélorussie. Cependant le pétrole raffiné biélorusse, est destiné pour 50%, à l’Union Européenne, laquelle s’appuie notamment sur ses liens économiques pour entamer des sanctions contre le régime très dépendant de l’allié russe.

Les derniers évènements ont permis de constater que Vladimir Poutine continue d’afficher une ostensible confiance à l’égard de cet allié, car tous deux sont unis par une peur commune. Florent Parmentier, politologue, expliquait le 31 mai au micro de France culture ce qui rapproche les deux hommes, affirmant qu’ils ont “ un cauchemar commun : le rejet des révolutions colorées. Qu’est-ce qu’une révolution colorée dans le contexte post-soviétique ? C’est l’idée selon laquelle, des manifestations de masse populaires viennent renverser un pouvoir avec le soutien des services de renseignements étrangers afin d’aligner les préférences sur les préférences des politiques étrangères américaines.” La relation Poutine-Loukachenko est cependant traversée de divisions, le président russe n’apprécie pas vraiment la figure de Loukachenko mais soutient le régime dans son ensemble. Florent Parmentier explique aussi que Loukachenko essaie quant à lui de ne pas devenir intégralement dépendant du Kremlin, et de ne pas “se retrouver en tête avec la Russie. La Biélorussie ne peut être un acteur sur la scène internationale, que si elle est capable en même temps de profiter du soutien de la Russie (…), mais en même temps d’être capable d’avoir des relations avec les Etats-Unis et avec les européens.” Pour la Biélorussie il s’agit de profiter du soutien de la Russie, bien seule à la défendre sur la scène internationale, sans tomber dans une trop grande dépendance vis-à-vis de cette dernière. C’est pourtant bien ce qui semble se produire. Le Kremlin peut profiter de la faiblesse de cet allié pour étendre son influence, et renouveler un possible scénario ukrainien en Biélorussie.

Néanmoins, cet allié peut devenir préoccupant pour la diplomatie russe, qui ne tient pas à perdre cet appui dont elle peut profiter, mais qui doit le soutenir lorsqu’il devient embarrassant. Le détournement de l’avion intervient par exemple peu avant la rencontre avec Joe Biden prévue le 16 Juin, «Cette rencontre a été particulièrement difficile à organiser, et le Kremlin en attend beaucoup, explique le politologue Andreï Sinitsyne. Cela rend la démarche de Loukachenko très déplaisante pour Poutine.” En effet, cette fois le dictateur biélorusse semble être allé trop loin. Les pays membres de l’Union européenne, d’ordinaire peu enclins à s’unir sur des sanctions contre un pays étranger, se sont montrés unanimement fermes, adoptant immédiatement des premières sanctions économiques. L’UE, l’OTAN et l’ONU ont tous trois exigé la libération immédiate de l’opposant. Le Conseil de sécurité de ce dernier s’est d’ailleurs réuni en urgence mercredi 27 mai pour traiter la question biélorusse. Les Etats réunis exceptionnellement ont publié une déclaration, affirmant que le détournement du vol Ryanair “constitue une attaque flagrante contre la sécurité de l’aviation civile internationale et la sécurité européenne, et témoignant d’un mépris flagrant du droit international”, le lendemain, jeudi 27 mai, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a décidé d’ouvrir une enquête sur l’incident.

Alors que la répression brutale se poursuit et que le régime ne cède rien à la contestation, il se trouve de plus en plus isolé sur la scène internationale et finit par embarrasser son voisin russe. Les jours du “Loukachisme” sont peut-être comptés. 

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Les non-dits sur la messe françafrique du 17-18 et l’énigme Sassou

La France, craignant de perdre son pré-carré face à la Chine qui dicte de plus en plus la loi à travers ses investissements en Afrique et la Russie qui occupe le terrain militaire, ainsi que l’incontournable “dictateur-pyromane-pompier”, Sassou Denis, a lancé un appât les 17-18 mai 2021 sous le couvert du sommet sur la relance des économies africaines. 

Le 15 avril 2021, 18 dirigeants africains et européens ont publié une tribune pour affronter les conséquences de la crise sanitaire et économique consécutives à la Covid-19 en Afrique. Bondissant sur l’occasion, le président français Emmanuel Macron, qui meuble son bilan, appelait le 27 avril 2021 à “un New Deal”  pour “aider” les économies africaines dont les mécanismes de financement devraient être discutés au cours d’un sommet regroupant divers acteurs du 17 au 18 mai 2021.

Quelques jours après, la France passait à l’acte en invitant des pays et organisations internationales à participer à ce conclave. Ont été invités en présentiel : le Fonds monétaire international (FMI), la République démocratique du Congo (RDD), l’Angola, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, l’Egypte, l’Ethiopie, le Ghana, le Mali, la Mauritanie, le Mozambique, le Nigeria, le Rwanda, le Sénégal, le Soudan, le Togo, le Tchad, la Tunisie, l’Italie, l’Espagne, le Portugal, la Chine et en visioconférence : les Pays-Bas, l’Allemagne, le Japon, le Kenya, la Tanzanie, l’Afrique du Sud, l’Organisation des Nations unies (ONU), l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’Organisation mondiale du commerce (OMC), la Banque mondiale ainsi que plusieurs banques publiques internationales.

A la dernière minute, la France qui n’avait pas inscrit les mauvais élèves de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) à ce sommet, révise sa copie en conviant cette fois-ci, l’incontournable et l’indéboulonnable dictateur-pyromane-pompier Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville qui martyrise son peuple et tire des ficelles çà et là selon des sources concordantes. Dans la foulée, le président Sassou prend langue avec ses pairs Macky Sall, Félix Tshisekedi-Tshilombo et Faure Eyadema descendu en express à Brazzaville le 15 mai pour mettre en place une stratégie commune. Ce même jour, le colonel-Ambassadeur-directeur national du protocole congolais se plie en quatre pour le déplacement d’une petite délégation en France. Ali Bongo Ondimba, chef d’Etat gabonais par contre, se rend  au Royaume Uni. Le Camerounais Paul Biya hésite à se rendre en Europe depuis qu’il a été exposé à la vindicte populaire par les Occidentaux lors de son dernier séjour et il est toujours hanté par la mort d’Idriss Deby Itno alors qu’il rentrait d’une invitation à Brazzaville. Le centrafricain est en froid avec la France.   

Les grands axes du Sommet

Mardi 17 mai dès 9h00 GMT, des délégations, en format réduit dû au respect de mesures barrières, amorcent leur arrivée au Grand Palais Ephémère à Paris. Et à 11h00 GMT débute le sommet sur le financement des économies africaines clôturé le 18 mai 2021 par une conférence de presse animée conjointement par les présidents Emmanuel Macron,  Macky Sall, Félix Tshisekedi-Tshilombo de l’Union africaine et la Directrice générale du FMI Kristina Georgieva.

 

Ce sommet qui a regroupé une trentaine de chefs d’Etat et de gouvernement, ainsi que des dirigeants d’organisations internationales et quelques rares individualités, a tracé au cours de deux sessions de discussions, les grands axes de financement et de traitement de la dette publique et privée africaine jusqu’en 2023. 

Ladite dette avait pourtant baissé suite à l’initiative du FMI avec la Banque mondiale, avant de remonter en flèche entre 2006 et 2019, passant de 100 à 309  milliards de dollars par le fait de la gestion peu orthodoxe des pays d’Afrique, couplée à la crise sanitaire liée au Covid-19. Ainsi, les participants se sont convenus de la réaffectation des réserves du FMI « droits de tirages spéciaux » des pays riches vers les pays en développement qui sont exposés à un déficit de financement de 290 milliards de dollars d’ici 2023 nonobstant les prévisions de croissance de 4% du continent en 2022. S’il est vrai que le président Macron s’est  référé au « New Deal » mis en place par le président américain Franklin Roosevelt pour lutter contre la grande dépression des années 1930, cependant les initiés se demandent si l’Afrique va en tirer profit. Tenez ! Le FMI devrait décaisser 650 milliards de dollars pour les Africains mais 34 milliards de dollars seulement de ressources ont été actés, à la dernière réunion des ministres des finances et des gouverneurs du G20 et au sommet du 18 mai, qui leur seront attribués en juin 2021 via les DTS (droits de tirage spéciaux). Pire, ces 34 milliards devraient encore revenir aux Occidentaux par l’achat des produits de base et de matériel médical. Cela ressemble à “un usurier qui vous donne petit par la main gauche pour vous retirer gros par la main droite” ou encore, un “féticheur qui vous guérit d’une maladie mais vous colle un autre démon qui vous torture sur divers plans malgré la facture que vous payez”.

Les à-côtés du sommet

En marge de ce sommet, des audiences et des concertations ont eu lieu entre le 16 et le 20 mai. Les négociations du Soudan avec la France par exemple ont abouti à l’annulation de sa dette et d’un accompagnement. les cinq chefs d’Etat et de gouvernement du G5 Sahel ont tenu un mini-sommet le 16 mai 2021 à l’hôtel Péninsule où ils ont dégagé une position commune sur les moyens de lutter efficacement contre le terrorisme. M. Sassou a reçu à l’hôtel le Bristol le 18 mai entre 10 et 14h30, Audrey Azoulay, directrice générale de l’Unesco, Patrick Pouyanné, Pdg de Total, Cyril Bolloré, gérant statutaire du groupe Bolloré et Rachida Dati, maire du VII arrondissement de Paris. L’affront tant redouté par plus d’une personne à l’arrivée de M. Sassou, de la délégation tchadienne et autre n’a pas eu lieu. Toutes ses rencontres se sont déroulées en toute sérénité même quand d’infimes activistes se sont agités. Cela confirme que les intérêts diplomatiques et économiques ont primé sur le maintien des putschistes au Tchad et sur l’affaire Guy Brice Parfait Kolelas dont l’examen approfondi des conclusions confirme, le décès survenu le 21 et non le 22 mars 2021, ce qui reste un boulet sur le pied du pouvoir du Congo.

L’expert Lefort que nous avons interrogé au sortir de ce sommet nous avoue que, certes, la France offre des opportunités au Sud, cependant, le salut de l’Afrique ne viendra pas de la France mais, des Africains eux-mêmes. Par conséquent, ces derniers doivent transformer ou fabriquer des produits sur place, comme le propose Félix Tshisekedi pour les vaccins contre la covid-19. Mais pour obtenir les résultats escomptés, les africains doivent miser sur la formation tout en bannissant le tribalisme, qui est un frein au développement, au profit de l’amour, le patriotisme, la solidarité et par-dessus, chercher à rapatrier les fonds planqués dans divers paradis fiscaux pour le mieux vivre ensemble. 

Ghys Fortune BEMBA-DOMBE, journaliste congolais, ancien résident de la Maison des journalistes (MDJ). Auteur du livre “De l’Enfer à la Liberté” (2019)

 

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Michèle Léridon, notre grande amie de la Maison des journalistes n’est plus.

Ancienne directrice de l’information de l’Agence France-Presse, première femme à ce poste, Michèle Léridon est décédée brutalement, lundi 3 mai à l’âge de 62 ans, date de la journée mondiale de la liberté de la presse. Elle était une grande amie de la Maison des journalistes.

Figure du paysage médiatique français (lire sa biographie détaillée), membre du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) en charge du pluralisme, elle a œuvré – avec l’AFP – pour l’accueil et l’insertion professionnelle des journalistes réfugiés.

Reconnue à l’unanimité par ses pairs, de nombreux hommages saluent son professionnalisme, son engagement et son courage. “Quelle tristesse! Quelle perte pour le journalisme! (…) Michèle était une vraie amie de la Maison des journalistes”, a twitté Darline Cothière, directrice de la Maison des journalistes.

En juin 2017, Michèle Léridon et ses collègues[1] avaient reçu une délégation de journalistes de la Maison des journalistes au sein du siège de la rédaction de l’Agence France Presse (AFP), dans le cadre du partenariat. « L’AFP est heureuse et fière de s’associer à la Maison des journalistes. Celle-ci joue un rôle essentiel dans l’accueil et l’accompagnement des journalistes qui ont fui leur pays pour avoir voulu exercer leur métier d’informer au péril de leur vie ou de leur liberté », avait déclaré à cette occasion la directrice de l’Information de l’AFP, Michèle Léridon.

Michèle Léridon aux côtés des journalistes résidents de la MDJ

Pour Fabrice Fries, président de l’AFP, Michèle était “l’archétype du journaliste de l’AFP avec un parcours varié, une expérience internationale et faisait preuve d’un grand courage sur le terrain”.

Roch-Olivier Maistre, président du CSA, très ému, a salué sa très grande rigueur intellectuelle et professionnelle.

Le personnel de la Maison des journalistes et ses journalistes résident.e.s adressent à sa famille, ses proches et ses collègues, de chaleureuses et affectueuses pensées. Ils s’engagent à poursuivre son combat aux côtés de l’AFP dans le cadre de leur partenariat.

[1] Boris Bachorz (directeur régional Afrique), Sonia Bakaric (adjointe au chef du Desk international et chargée de la cellule Afrique), Sophie Wronecki (assistante à la direction de la communication),  Frédéric Dumoulin, (chef du service politique), Philippe Chetwynd (rédacteur en chef central), Rémi Banet (Journaliste réseaux sociaux), Leon Bruneau (chef du Desk international), Sébastien Casteran (adjoint du chef de Service Infographie) et Frédéric Bourgeais (Graphiste Web/Designer interactif).

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