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« Je devais faire un dessin » : Interview à Mesli (Le Monde, 31/01/2015)

« Je devais faire un dessin » : Interview à Mesli (Le Monde, 31/01/2015)
LE MONDE CULTURE ET IDEES | Par Frédéric Potet

Dessin Monde MesliSes crayons et ses feutres dormaient dans une armoire de son appartement parisien depuis deux ou trois ans. Ahmed Mesli avait arrêté le dessin et pensait que rien ni personne ne l’inciterait à s’y remettre. Peu de temps après le 7 janvier et son tragique dénouement, l’homme a retaillé ses pointes. « Par honnêteté, explique-t-il. Je me devais de faire au moins un dessin. Mais aussi parce qu’une partie de moi a été assassinée ce jour-là. » Sa mine de plomb a alors croqué un arbre en haut duquel un islamiste scie une branche en forme de crayon sur laquelle il est assis.
Ahmed Mesli ne s’est jamais considéré comme un dessinateur de presse à part entière, activité qu’il a pratiquée un peu par hasard et sur le tard en Algérie, au début des années 2000. Il en a, en revanche, subi les effets indésirables en décidant de quitter son pays il y a douze ans par crainte de faire partie des journalistes qu’on retrouvait a… […]

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Charlie Hebdo France et Charlie Hebdo Orient

[Par Mohammad AL HAMADI]

L’orient pour celui qui ne le connait pas est étendu entre la moitié du continent asiatique et la moitié du continent africain. Quant à la politique, à la religion et aux libertés, l’orient ressemble chaque jour à l’image du journaliste de la revue Charlie Hebdo Français.

(Source : fr.kichka.com)

Ali Farzat , 2011 (Source : fr.kichka.com)

Depuis la première guerre mondiale et le droit à l’auto-détermination jusqu’à ce jour, l’image de Charlie Hebdo Orient est représentée par deux points : le premier par le prix payé par ses populations en contraintes et détermination à garder leurs libertés, affrontant les extrémistes des régimes totalitaires ; le second par le silence de l’occident sur ces régimes dictatoriaux et l’établissement de consensus et des intérêts étroits. Mais grâce à l’obstination des foules « le Charlie Hebdo Orient » a su faire face à la vie ou plutôt à la non vie, ces accords et leurs intérêts étroits vont s’effondrer.

En Palestine, en Irak, en Syrie , au Caire et à Teheran, nous appellerons Charlie Hebdo Orient, l’obstination des gens à vivre malgré des régimes qui les tuent et qui procède au massacre de journalistes qui réclament la liberté de l’expression comme ceux de Charlie Hebdo Français .

A Damas le régime Assad a brisé les doigts du caricaturiste Ferzat et a arraché la gorge de Ibrahim Kachouch « l’artiste de la liberté » qui a osé crié à la liberté. Ce même régime a tué l’enfant Hamza Alkhatib et a détruit 1500 mosquées .

Maryam Radjavi, en 2006.

Maryam Radjavi, en 2006.

A Téhéran Maryam Radjavi, nominée « présidente de la république », a été élue par la résistance iranienne lors d’une réunion pour la tolérance et la démocratie afin de lutter contre l’extrémisme religieux . Elle a dit que le régime des khomeinis a tué plus que 150 mille personnes simplement parce qu’ils ont demandé leur liberté politique et le droit de vivre selon des principes contraires aux souhaits du régime intégriste .
Elle a ajouté : La complaisance de la direction américaine avec les crimes commis par le régime des khomeinis et de ses milices en Irak et en Syrie, est d’un grand secours pour développer la tendance à l’intégrisme dans la région.

Le Khomeini iranien et ses alliés essayent de profiter de l’opportunité de la mise en place de la coalition internationale pour faire la guerre contre Daesh . Leur objectif est de tirer le régime à l’extérieur du tourbillon des crises qui l’engloutissent donnant ainsi l’illusion qu’il est contre l’intégrisme.

Pourquoi l’orient est Charlie parce qu’il est porteur d’un message de démocratie, de liberté qu’il essaye de transmettre au monde entier. Malheureusement ce même monde ne l’ a pas soutenu pour qu’il puisse atteindre le droit à une vie démocratique et libre.

Quant à la similitude et la différence entre Charlie Hebdo Français et le Charlie Orient c’est une autre histoire.

Malgré le fait que toutes les populations dans l’orient, à l’exception des régimes dictatoriaux sont contre le massacre qu’exercent les extrémistes, la communauté internationale a soutenu Charlie Hebdo Français et a délaissé Charlie Hebdo Orient.

Il se peut que ceux qui demandent la liberté se trompent dans leur quête pour l’obtenir. Mais il est certain que la peine, la correction, la compatibilité ou la différence ne sont pas légitimes en vue des massacres que font les intégristes des régimes en Orient.

 

« Charlie Hebdo » : des leçons pour tous ?

[Par Jean-Jules LEMA LANDU]

Le 7 janvier, le terrorisme islamiste a frappé « Charlie Hebdo » et tué plusieurs personnes. Jamais journal n’avait encaissé pareil coup, décimant presque tous les membres de sa rédaction. En cause, le sacré, pour les tueurs, et la foi dans les principes démocratiques, pour les victimes. Ne se retrouve-t-on pas, ici, devant un véritable dilemme ?

JesuisCharlie photo Muzaffar Salman (4)La France est démocratique. La mobilisation, en un tournemain, de quelque quatre millions de manifestants, en est une preuve indéniable. C’était autant exemplaire que le fait odieux lui-même, à l’origine d’une telle effervescence. De toute manière, les choses ne se seraient pas passées autrement dans ce pays, héritier présomptif de l’esprit des Lumières, quand la liberté d’expression, une des valeurs républicaines fondamentales, était violemment heurtée.

Ainsi, ces valeurs étaient-elles inscrites dans le cœur des victimes de « Charlie Hebdo », car elles étaient le produit de la France de Voltaire et de Montesquieu. En toute circonstance, en France, cette « dimensions » doit être prise en compte.

L’autre « dimension » relève du sacré. Un domaine dont la complexité va jusqu’à l’infini. D’où cette locution latine « credo quia absurdum », qui veut dire « je crois, parce que c’est absurde ». Pour l’islam, la reproduction de l’image du prophète Mahomet est un blasphème. On n’y touche pas. C’est comme cela, tandis que dans l’Eglise catholique, « Dieu-Le Père » est représenté à travers un vieillard richement barbu. Sans dommage. Tout est donc question de foi de chacun.

Or, quelques journaux occidentaux, dont « Charlie Hebdo », forts du principe de la liberté d’expression, garanti par des textes fondamentaux, avaient reproduit l’image du prophète en caricature. Touchant hardiment au sacré pour près de deux milliards de musulmans. C’est une autre « dimension » non négligeable. Même si celle-ci se retrouve gangrenée, par l’islamisme, qui « tue au nom de Dieu » et pense au rétablissement de califats anachroniques.

Ces deux « dimensions », malgré tout, ne se devaient-elles pas un respect mutuel ? En visite aux Philippines, le pape François n’a pas dit autre chose.

Enfin, la phase des « réactions en chaîne », en guise de conséquences, à laquelle on assiste, est faite de sang, de revanche et d’incompréhension. Et si cette dernière persiste, elle débouchera sur un cercle vicieux, avec la probabilité de cheminer vers une forme de vendetta, autrement dit ce « choc des civilisations » dont on parle.

La situation appelle donc à résoudre ce dilemme, tout cornélien, en observant la modération. Dans tous les cas, c’est la règle d’or. Car, on sait que dans les démocraties occidentales, la notion de liberté n’est pas sans limite (il y va souvent de l’autocensure), tout comme on ne peut pas exclure la notion de retenue face au sacré, car si Dieu lui-même n’était modéré, il ne serait pas Dieu. L’Afrique doit en tirer aussi des leçons : garder la « mesure », en toute chose. Détruire et tuer flirtent avec l’extrémisme. Comme c’est le cas, aujourd’hui, au Niger.

Rukaya a été capturée avec ses deux enfants, dont un nourrisson de neuf mois. RFI/ Nicolas Champeaux

Rukaya a été capturée avec ses deux enfants, dont un nourrisson de neuf mois.
RFI/ Nicolas Champeaux

Les Français et la communauté musulmane : doutes et réalité

[Par Raafat ALOMAR ALGHANIM]

Traduit de l’arabe au français par Emmanuelle Ricard.

Le conflit entre l’Orient et l’Occident est antérieur au christianisme et à l’islam. Il s’agit d’une longue histoire.

Avant l’islam, Rome, se sentant menacée par le royaume de Palmyre gouverné par la reine Zénobie et dont les frontières atteignaient les rives du Bosphore, a rassemblé ses troupes pour le détruire. De même, avant le christianisme, Hannibal a tenté de franchir les Alpes avec des éléphants pour détruire Rome, dans une opération qui reflète un entêtement et une grande force de désespoir.
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A l’issue de l’une des rencontres auxquelles j’ai participé sur France 24, j’ai discuté avec le présentateur sur le pas de la porte et l’un des invités a dit : « en France, on peut douter de l’existence de Dieu mais on ne peut pas dénoncer l’holocauste ». Le présentateur a riposté : « nous avons fait une émission consacrée à l’holocauste dans laquelle nous avons invité des personnes qui le mettaient en doute ».

Avant, comme après cet épisode, j’avais discuté avec un grand nombre de membres de la communauté arabe et musulmane de France, de ceux qui considèrent que tout ce qui circule dans les médias français est prémédité, et pour cette raison j’avais volontairement critiqué le gouvernement français dans les émissions qui ont suivi en disant : « les français nous ont menti » lors d’une intervention sur la révolution syrienne. J’avais alors fait porter aux services de renseignement français la responsabilité du départ et du séjour des combattants en Syrie, et je leur avais demandé de les faire revenir car certains d’entre eux, une fois confrontés à la réalité, veulent revenir, et j’avais demandé que la route du retour ne leur soit pas fermée.

Des regrets exprimés

François Hollande (BERTRAND GUAY / AFP)

François Hollande (BERTRAND GUAY / AFP)

Dans ce contexte, j’avais également condamné la déclaration du Président de la République français François Hollande sur les combattants, dans laquelle il disait : « nous les combattons et nous les combattrons ». Ce que j’ai alors oublié de mentionner sur la chaîne de télévision est qu’une partie de ceux qui adoptent l’idéologie de combat le regrettent lorsqu’ils y sont confrontés. Cette idée a été exprimée par l’intellectuel français Régis Debray : « nous nous sommes impliqués comme des révolutionnaires à cause de notre amour de la littérature fantastique. Nous avons découvert que la réalité était différente ». Les textes invitant au jihad et les Dits du Prophète sur les anges et autres miracles ne sont pas loin de la littérature fantastique.

Les responsabilités des Etats-Unis

Lorsque le collègue Tawfiq Majid qui m’a invité à participer à l’émission «l’événement» pour aborder le thème : « l’Arabie saoudite réveille-t-elle les cellules dormantes ? », le débat a été particulièrement intéressant.

Ben Laden

Ben Laden

J’ai affirmé que les Etats-Unis étaient responsables de la montée du djihadisme car ils avaient développé et renforcé les djihadistes durant la période du conflit contre les Soviétiques en Afghanistan, en collusion avec la famille royale saoudienne. J’ai également affirmé que l’oppression et les expulsions auxquelles sont confrontés les Palestiniens, l’oppression à laquelle sont soumis les ressortissants du monde arabe de la part de gouvernements alliés aux Etats-Unis ont conduit la rue arabe (mais pas tous les Arabes, bien évidemment) à considérer Ben Laden comme un héros et à justifier les actions des djihadistes. J’ai alors cité un propos de Noam Chomsky « les Arabes ont soutenu Ben Laden, non pour ses idées mais à cause de l’injustice des Etat-Unis envers eux », en ajoutant qu’un grand nombre de ceux qui ont soutenu Ben Laden sont bien plus proches de la désobéissance à Dieu que de la religion et de ses enseignements.

J’ai développé ces idées sans être contredit, et lors de mes discussions avec des membres de la communauté musulmane, j’insultais, je discutais, je justifiais l’existence des djihadistes ; et les réponses que j’obtenais n’étaient jamais loin du proverbe « c’est un éléphant, même s’il est rose ».

Mon précédent développement, qui s’appuie sur le point de vue politique et qui a suscité l’intérêt, ne reflète naturellement pas l’intégralité du spectre. En effet, les liens entre le monde musulman et le monde occidental moderne intègrent un grand nombre d’éléments imbriqués et interdépendants, ce qui rend la problématique complexe. Le conflit entre l’Orient et l’Occident est antérieur à l’islam et au christianisme. Avant l’islam, Rome, se sentant menacée par le royaume de Palmyre gouverné par la reine Zénobie dont les frontières atteignaient les rives du Bosphore, a rassemblé ses troupes contre lui. De même, avant le christianisme, Hannibal a tenté de traverser les Alpes avec des éléphants pour détruire Rome, dans une opération qui reflète un entêtement et une grande force de désespoir.

Raafat AlGhanim lors d'une émission sur France24

Raafat Al Ghanim lors d’une émission sur France24

Un autre point, non moins important, est que l’on ne peut omettre ce que j’ai omis volontairement lors de rencontres sur le plateau de France 24, lorsque je m’efforçais de démentir les convictions ancrées dans l’esprit arabe disqualifiant des représentations fondées sur la généralisation aux autres de son propre réel et dont le résultat est que chacun pratique une forme d’oppression et que la vérité est dissimulée. J’avais en effet abordé le volet politique, qui préoccupe les musulmans au détriment du volet idéologique de la civilisation islamique. En effet, celle-ci se trouve encore au stade de l’adolescence politique et intellectuelle contrairement au christianisme et au judaïsme lesquels ont muri et franchi cette étape, ce que montre aujourd’hui le fait que Charlie Hebdo, qui a critiqué toutes les religions, a été attaqué par les seuls musulmans.

L’idéologie islamique en est au stade de l’adolescence

Concernant le volet idéologique que j’avais volontairement omis, il faut préciser que l’idéologie islamique se trouve au stade de son adolescence intellectuelle. Premièrement en raison du faible nombre d’intellectuels et de philosophes dans la civilisation musulmane, dont découle l’absence de critique de la pensée islamique dominante et son maintien sous le joug des préconisateurs de l’islam politique, contrairement au christianisme et au judaïsme qui ont produit un grand nombre d’intellectuels et de philosophes qui ont éclairé le chemin de leurs peuples, comme Spinoza et Voltaire.

Voltaire

Voltaire

Le lecteur ici pourra suggérer de nombreux penseurs arabes, à juste raison, mais, outre leur faible nombre comparativement à l’Occident, ils n’ont pas eu de réel impact dans leur milieu social qui n’a eu de cesse de les refuser depuis la défaite d’Averroès au Maghreb. Lorsque le Calife al-Mutawakkil est arrivé au pouvoir au Proche-Orient, il a combattu les Mu’tazilites qui représentent l’héritage rationnel de la civilisation islamique. En raison du refus des sociétés arabes de leurs intellectuels, on constate qu’un grand nombre d’entre eux a choisi de s’allier avec les dictatures contre le principe de la démocratie dont ils estiment qu’elle ne convient pas à ces peuples.

La deuxième raison est l’absence d’éducation responsable et impliquée dans le développement des sociétés. En effet, l’éducation se limite dans le monde arabe et musulman à glorifier le dictateur. La vie entière est centrée sur ce dictateur qui, lui, se préoccupe de ses plaisirs et de ses affaires personnelles, de son armée, de ses forces de sécurité, et de tous ceux qui s’occupent de sa sécurité et de la sécurité de ce dont il jouit.

Depuis la défaite d’Averroès, l’islam vit une situation de déclin intellectuel, ce qu’a appelé Mohammad Arkoun « le passage de l’âge classique à l’âge scolastique », c’est-à-dire de l’étape de l’effort personnel et de la joute intellectuelle à celle de la répétition mécanique, loin de son époque et ancrée dans le passé.

Après l’attaque terroriste que la revue Charlie Hebdo vient de subir, les interrogations concernant l’idéologie islamique ressurgissent. Dans la cacophonie des voix qui s’élèvent sur ce sujet, une voix arabe s’est distinguée, clamant que les services de renseignement français et le Mossad avaient orchestré cette opération avec pour objectif de ternir l’image de l’islam. Cette voix évite ainsi toute critique de l’islam politique tel qu’il domine actuellement… et peut-être même n’est-elle pas convaincue de ce qu’elle répète. Dans ce contexte, je me souviens avoir discuté avec une personne qui accusait le Mossad et les services de renseignement français d’avoir orchestré l’attaque contre le siège de la revue. Je lui ai alors fait écouter, sur Youtube, ce que prône le wahhabite Mohammad al-Arifi dans lequel il expose la nécessité de tuer tous ceux qui se moquent du prophète Mohammad. Al-Arifi a parlé durant 12 minutes, en citant uniquement des textes musulmans propres à faire naître la ferveur dans le cœur des auditeurs. Après avoir tout écouté, celui qui accusait le Mossad a finalement dit qu’il a été convaincu par le discours d’Al-Arifi.

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Débat à l’Unesco : Sécurité des journalistes, Liberté et Démocratie

[Par ADS]

Dans ses efforts pour soutenir la liberté d’expression, Irina Bokova, directrice générale de l’Unesco a exprimé sa solidarité à tous les journalistes lors d’une conférence tenue au siège de l’institution à Paris mercredi – ceux de Charlie Hebdo en particulier, qui « risquent leur vie pour accomplir leur devoir ».

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« S’attaquer à des journalistes, c’est s’attaquer au principe même de la liberté d’expression », poursuit la directrice générale. Et de conclure en appelant à « assurer et renforcer la sécurité des journalistes » dans son discours d’ouverture de la conférence sur la « Protection des journalistes » au lendemain de l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo.

Annick Girardin, secrétaire d’Etat française au développement et à la francophonie, représentante du gouvernement français à cette conférence a rappelé que « La France est pour l’information libre, indépendante, irrévérencieuse, que la France défend la liberté d’expression, sans oublier la liberté de conviction et de croyance ». « Nous respectons la sensibilité des opinions partout dans le monde. Tout media a le droit de publier en France dans le respect des lois. Chaque individu qui se sent lésé par une publication quelle qu’elle soit a le droit lui aussi et la possibilité de se tourner vers la justice pour faire respecter ses droits. Mais en aucun cas on ne peut avoir recours à la violence », a-t-elle précisé.

IMG_0870Les dessins de presse publiés, souligne-t-elle, peuvent véhiculer des idées extrêmement puissantes dans un langage universel. En cela les caricaturistes sont des sortes de fantassins de la démocratie. Selon la réprésentante du gouvernement, 90% des crimes terroristes sont impunis. La France apporte son soutien aux journalistes en danger à travers Reporters Sans Frontière et la Ligue européenne des droits de l’homme. Avant de conclure en rappelant une citation de Manuel Valls, Premier ministre Français à la représentation nationale Lundi : « La meilleure des réponses au terrorisme qui veut précisément diaboliser ce que nous sommes, c’est-à-dire une grande démocratie, c’est le droit, la démocratie, la liberté ».

Plantu caricaturiste au journal le Monde se lâche : « On est en colère depuis dimanche la marche merveilleuse des Français et du monde entier on se rend compte que la liberté d’expression c’est quelque qui ne touche pas forcément que les dessinateurs, que les journalistes mais tout le monde ».

Au cours des débats qui ont suivi sur « dialogue interculturel et sociétés fragmentées » qui a vu se succéder au micro d’éminentes personnalités du monde des médias et des défenseurs des droits des journalistes, les interventions étaient plus ou moins équilibrées et appelaient à « une prise de conscience » sur les limites de la liberté d’expression.

« On doit savoir que caricaturer le prophète Mahomet (Psl, ndlr) est offensant. Qu’il y a des gens qui sont prêts à mourir pour cette offense. En y prenant garde, on arriverait à lutter contre le fondamentalisme islamique», soutient Omar Belhouchet, journal à El Watan (Algérie).

John Ralston Saul, président du PEN international a exprimé son inquiétude face aux déclarations des politiques vis-à-vis de la montée du terrorisme : « Je suis inquiet quand on déclare la guerre au terrorisme : on a déclaré la guerre contre la drogue, contre le crime organisé, contre le terrorisme, ça n’a pas marché. Qu’allons-nous faire ? »

 

 

Marche républicaine à Paris : l’œil de Muzaffar Salman

Marche républicaine à Paris, le dimanche 11 janvier 2015.
Ci-dessous les photos de Muzaffar SALMAN

La MDJ : « Nous sommes tous Charlie »

Les journalistes de la MDJ expriment leur solidarité à Charlie Hebdo.

La lâcheté et la barbarie, les termes sont assez faibles pour exprimer ma révolte et mon indignation face à cet acte inhumain. Je suis Charlie. Je suis Charb, Cabu, Wolinski, Tignous…Vous ne réussirez pas à tuer nos œuvres.
Sékou Chérif DIALLO, journaliste guinéen
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La grande douleur ! Vive protestation, mes compatriotes !
Wanding REN, reporter chinois
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L’association des journalistes syriens condamne fermement l’attaque terroriste sur le magazine Charlie Hebdo. L’association des journalistes syriens a suivi avec consternation l’acte terroriste et lâche contre le magazine humoristique Charlie Hebdo à Paris et qui a coûté la vie à 12 journalistes et policiers. L’association des journalistes syriens condamne cet acte barbare qui que ce soit l’auteur. L’association des journalistes syriens exprime sa consternation et son refus de ce crime odieux qui va à l’encontre de tous les principes humains et, les plus simples enseignements de la tolérance des religions. L’association des journalistes syriens présente ses chaleureuses condoléances aux familles et amis des victimes des journalistes et policiers qui ne faisaient que leur devoir, et rappelle que à cette douloureuse occasion de la nécessité de de respecter la liberté de presse ; et de ne pas en aucun cas s’attaquer aux journalistes.
L’association des journalistes syriens
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Je m’incline avec une vive émotion devant la mémoire de toutes les victimes, policier et membres de l’équipe de Charlie-Hebdo, et présente mes condoléances aux familles éplorées en leur disant qu’elles ont perdu des patriotes, morts pour la démocratie et la liberté d’expression. Cela dit, je forme le vœu que le peuple français reste uni face à cette épreuve sachant que les tueurs n’ont pour projet que de provoquer la désunion au sein d’une société qui a su,- même s’il reste encore des choses à parfaire en ce domaine,- assurer la cohabitation entre communautés de différentes religions, origines et langues. Je suis convaincu que les institutions françaises sont assez fortes et sauront trouver les moyens de consolider le système laïque et républicain qui fait tant l’originalité de la France. C’est des solutions mêmes qui auront été conçues et les réponses qui auront été apportées au déferlement cyclique de la violence que dépendra le destin du reste du monde.
Larbi Graïne, journaliste algérien
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Nous, journalistes syriens exilés en France, avons appris avec extrême tristesse et sidération l’horrible crime commis à l’encontre de nos confrères de «Charlie Hebdo» par les ennemis de l’être humain, de sa liberté et de sa dignité.
Nous condamnons cet acte lâche et présentons toutes nos condoléances aux familles des victimes, leurs proches et leurs collègues. Nous faisons la promesse de faire triompher toutes les valeurs portées et défendues par les martyrs de la liberté d’opinion et de la liberté humaine partout dans le monde.
Nous, journalistes et écrivains syriens, percevons tout le sens de ce crime et les messages que les assassins cherchent à transmettre.
Nous le savons d’autant plus que, dans notre pays, la Syrie, nos amis et collègues croupissent dans les geôles ou les fosses des fascismes d’Assad et de Daech, les deux alliés contre la liberté, la dignité et tout ce qui est humain.
Les signataires :
Najati TAYARA
Nahed BADAWIA
Rashed ISSA
Rateb SHABO
Iyad ABDALLAH
Moaaoya hamoud
Omar ALKHATIB
Mazen ADI
Ali HAMRA
Khalil ALHAJ SALEH
Nart ABDALKAREEM
Raafat ALGHANEM
Ahmad SALAL
Fadwa SOULEIMANE
Rana ZEID
Muzaffar SALMAN
Mohamad AL AWAYD
lina CHAWAF
duha ASHOUR
Ahmad BASHA
Assem HAMSHO
Hazem AL SAIED
Mohammed SHA’BAN
Omar ALASAAD

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Je suis tant triste, je suis tant brisé… Quelle barbarie…..
Je pense aux mes collègues les victimes, à leurs familles et leurs proches et notamment aux blessés.
Mohamed Houssein, journaliste mauritanien
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Nos plus sincères condoléances au peuple français et toutes nos condoléances et notre solidarité envers le journal Charlie Hebdo
Ce qui est arrivé est un acte de criminel et terroriste terrible et inacceptable.
Nart ABDALKAREEM, journaliste syrien
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Je condamne l’attaque terroriste sur les journalistes de Charlie Hebdo. Toutes mes condoléances.
Je suis Charlie.
Oleksandr POMOYNYTSKYY, journaliste ukrainien
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Il ne faut pas arrêter la lutte contre des extrémistes, parce qu’ils ne sont pas justes! Ils n’ont pas de culture humaniste. Ce sont des sauvages ! Je suis Charlie avec tout mon coeur!
Vive la liberté !
Osman AHAMADI, journaliste afghan
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Je manifeste contre cette attaque terroriste sur la rédaction Charlie Hebdo.
Je suis solidaire de ce journal.
Mohammad ALHAMADI, journaliste syrien
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Un dessin de John CHITAMBO LOBE, journaliste zambien

Un dessin de John CHITAMBO LOBE, journaliste zambien

Un dessin de John CHITAMBO LOBE, journaliste zambien

Un dessin de John CHITAMBO LOBE, journaliste zambien

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Au nom de la Liberté de la presse, je suis Charlie Hebdo!
Benson SERIKPA, journaliste ivoirien
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Qui mieux que nous (journaliste exilé en France) pour parler de la liberté d’expression. Charb avait raison : Nous préférons mourir debout que vivre à genoux.
#je suis Charlie
Un journaliste guinéen
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J’étais un journaliste réfugie iranien en France, mais a partir le mercredi 07 janvier 2015, je suis CHARLIE. c’est tous.
Majid SEDGHI, journaliste iranien
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J’ai appris cette tragédie qui a profondément touché le monde entier particulièrement la famille de la presse, nous sommes touchés , je me pose la question au nom de quel Islam ces confrères ont tués, leur âme s’inscrira pas en lettre de sang comme ils ont tués mais en lettre d’or dans sa mémoire collective de l’ensemble de la presse mondiale.
Mes condoléances les plus attristées aux familles des victimes.
Alpha Ousmane BAH, journaliste guinéen
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Nous condamnons tous l’attaque terroriste contre le journal français Charlie Hebdo , condoléances aux familles des victimes et au peuple français
Tarek SHEKH MOUSA, journaliste syrien
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A dessein, la haine a frappé, mais, jamais, n’effacera le dessin de la liberté.
Charlie est mort, vive l’hebdo !
Léon KHAROMON, journaliste congolais
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Toutes mes condoléances.
Sumith DIAS, journalistes sri lankais
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Arsenal redoutable. L’attentat perpétré contre les journalistes de « Charlie Hebdo » est abominable. Quand on emprisonne un journaliste, on emprisonne la liberté d’expression. Quand on tue un journaliste, ô crime suprême, on tue l’homme mais on ne supprime pas sa pensée, qui demeure à jamais un arsenal redoutable pour d’autres combattants de la liberté.
Jean­-Jules Lema Landu, journaliste congolais
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Journalistes de Charlie,
Vous êtes le pont entre les ténèbres et la lumière…
Après la mort, il y a eu un fort éclaircissement venu renforcer l’avenir et la liberté.
Nabil SHOFAN, journaliste syrien
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C’est vraiment un acte barbare, inhumain, indigne, sans religion qu’aucun qualificatif ne peut-être employé pour qualifier cet acte d’un autre age.

CHARLIE :

c : consterné
h : horrifié
a : affligé
r : révolté
l : lubrifié
e : écœuré
Alareny BAH, journaliste guinéen
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Au lendemain de l’attentat terroriste contre le journal de Charlie Hebdo à Paris, je crois qu’il n’y a pas de foyer pour les journalistes, ni dans les pays occidentaux ni orientaux car les terroristes et les extrémistes sont partout dans le monde. Alors « Nous devons nous montrer solidaires de Charlie Hebdo sans oublier tous les Charlie Hebdo du monde. En outre, je pense que aujourd’hui les terroristes exploitent la démocratie et la libérée dans les pays occidentaux pour attaquer les valeurs de civilisation de ces pays. À mon avis si quelqu’un décide de vivre dans un pays occidental (par exemple la France), il faut qu’il respecte ses valeurs.
Karwan TAYIB, journaliste kurde d’Irak
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Ce soir la France est en deuil et …nous aussi. Nous parce que nous vivons désormais sur cette terre hospitalière de France. Nous parce que nous sommes avant tout journaliste. À chaque fois que la liberté d’expression sera réprimée de diverses manières, nous marquerons notre désaccord. Présentant nos condoléances au peuple français et au monde des médias meurtris par ce lâche attentat, nous ne pouvons nous empêcher de penser à ces crises à travers le monde. On oppose toujours les ethnies et les religions et on fait agir lâchement les esprits faibles, manipulés et désorientés. Lorsque la violence des armes devient un moyen de revendication, le monde perd son humanité.
Ce soir je pleure mes confrères de Charlie Hebdo et comme l’artiste, je crie haut et fort: « NE MELEZ PAS ALLAH A VOS ACTES CRIMINELS »
Armand IRÉ, journaliste ivoirien
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Je suis vraiment ému en regrettant d’arriver à ce cauchemar. À mon avis cette attaque vise toutes les personnes qui habitent en France et également la liberté de la presse. En dernier lieu, je souhaite juste écrire ce message simple et clair pour déclarer que je suis fière de Charlie Hebdo, en tant que journaliste.
Reza JAFARIAN, photojournaliste iranien
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La presse c’est comme un miroir. Elle vous informe de tout votre état, bon ou mauvais. Avec vive émotion, que j’ai suivi l’acte ignoble de ses islamistes contre Charlie Hebdo. Ils ont confirmé leur état que le miroir Charlie Hebdo avait reflété. On ne tue pas la vérité, la presse.
Simon MM, journaliste congolais
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Charb, Wolinski, Cabu et Tignous étaient parmi ceux qui ont péri dans cet acte ignoble mais vous serez Charlie! Charlie! Liberté! comme le scandaient ce soir place de la République des milliers de personnes en votre mémoire.
Out le terrorisme! Que vive la liberté de la presse de par le monde!
Abdoulaye Djibril SOW, journaliste guinéen
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C’est l’encre qui devrait couler et non le sang. Si vraiment ces meurtriers ont cru rendre justice, la violence n’en est en aucun cas un moyen. Le meurtre fait taire les bouches et non les coeurs, les idées ni les actions. Vous êtes morts mais vous laissez derrière vous des branches dont les fleurs produiront les fruits de vos actions. REST IN PEACE CHARLIE HEBDO attack victims
Une journaliste
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Ceux qui ont tué cherchent à pulvériser la liberté. Ils ont d’ores et déjà échoué. Chacun, à notre place, nous allons tenter de perpétuer les principes qui animaient nos collègues disparus. Devenons des veilleurs sinon des combattants, dans la mesure de nos modestes moyens. Nous sommes tous des Charlie. Définitivement.
Denis PERRIN, journaliste français
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Hommage aux journalistes de Charlie Hebdo, martyrs de la liberté de la presse!
Carole SERIKPA, journaliste ivoirienne
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A l’équipe de Charlie Hebdo, je souhaite adresser mes plus sincères condoléances. Mes pensées vont aux victimes, à leurs familles, à leurs amis et à leurs collègues qui ont perdu des êtres irremplaçables.
Aujourd’hui, j’ai envie de rire encore plus fort, d’être bousculée davantage, de m’interroger encore et encore, notamment en lisant Charlie Hebdo qui a eu l’art de ne jamais me laisser indifférente…
Alors, au-delà des peurs, des pleurs, de la tristesse, du deuil, si vous le pouvez encore, faites-moi rire, bousculez-moi, aidez-moi à réfléchir en restant encore et toujours politiquement incorrects, parfois si trash et subtiles à la fois…
Florence DAMIENS, traductrice français-arabe
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Journaliste tchadien, exilé, en France, j’estime que l’attentat terroriste qui a visé ce mercredi 07 janvier 2015, le journal, « Charlie Hebdo », faisant des lourdes pertes en vies humaines et de nombreux blessés, est un acte abominable d’une extrême cruauté. Il est inqualifiable et inadmissible. La liberté d’expression est un droit universel qui ne peut être transgressé. Attaquer et tuer injustement des journalistes dans l’exercice de leur fonction, est un délit lourdement répréhensible, une menace pour l’humanité dans sa composante globale. J’exprime ma solidarité internationale à la rédaction de Charlie Hebdo et j’invite les uns et les autres à la mise en place des réactions urgentes, massives et généralisées pour éradiquer ce phénomène qu’est le terrorisme. Aucune société moderne ne peut s’identifier ni adhérer, à l’agissement de ces criminels qui entravent la marche de l’humanité éprise de paix, de justice sociale et de dignité pour tous. En cette douloureuse journée de deuil, mes pensées particulières vont aux victimes, à leurs familles, amis et journalistes éprouvés par cette barbarie moyenâgeuse.
Makaila NGUEBLA, blogueur tchadien
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L’opposition Yéménite condamne sévèrement les derniers actes terroristes vécus dernierement en France et au Yémen. Ces actes terroristes lâches et perfides qui ont impliqué le journal Charlie hebdo de la capitale française, qui ont tué de nombreux innocents. Au Yémen, nous avons également subis mercredi dernier des attentats terroristes à la voiture piégée, faisant 40 morts et des dizaines de blessés.
Le terrorisme ne connaît aucune frontière et s’attaque à tous. Il ne défend aucune religion et ne peut en parler en son nom.
En tant que président de l’opposition Yéménite française je tenais à exprimer mon soutien à la France et à exprimer mes plus sincères condoléances aux familles des victimes françaises, tout comme aux familles des victimes Yéménites.
Mohamed AL SHAMI, journaliste yéménite
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Paris 10 Janvier 2015 photo: Muzaffar Salman

Paris 10 janvier 2015 – Photo: Muzaffar Salman, photojournaliste syrien

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Attentat Charlie Hebdo :
la Maison des journalistes se mobilise et lance un appel à la vigilance
en faveur de la liberté de la presse

La Maison des journalistes (MDJ) pleure les victimes du terrible attentat meurtrier perpétré à l’encontre du journal Charlie Hebdo ce mercredi 7 janvier. Elle témoigne de sa solidarité aux familles des journalistes, des policiers et au journal éprouvés par cet acte abominable.

Protéger les journalistes, protéger la presse, c’est protéger la démocratie et nos libertés. La Maison des journalistes entend plus que jamais soutenir les journalistes de par le monde qui ont trouvé refuge en France et qui, pour la plupart, ont été persécutés par ceux dont font partie ces barbares.

Aujourd’hui la Maison des journalistes lance un appel à la vigilance, à la mobilisation pour lutter contre tous les intégrismes et toutes les intolérances.

Fait à Paris, le 8 janvier 2015

Christian AUBOYNEAU
Président

Darline COTHIÈRE
Directrice

La Maison des journalistes