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IRAK/IRAN- Les illusions de la levée du blocus et de l’accord sur le nucléaire (3/3)

 À la fin de l’année 2003, le blocus a pris fin mais les Irakiens sont toujours confrontés à la pauvreté et à la privation. Beaucoup d’entre eux souhaitent même aujourd’hui revenir à l’époque pour pouvoir réceptionner des denrées alimentaires qui étaient alors distribuées gratuitement. Entre ce triste passé et ce présent tragique, l’illusion revient, portée par l’espoir d’un accord américano-iranien. 

A l’entrée de l’EI [Etat islamique] en Irak en 2014, les IRGC ont englouti toutes les factions irakiennes. Le rôle du VEVAK disparaît complètement et toutes les factions chiites s’associent aux Forces de mobilisation populaire (PMF), entièrement dirigées par Qassem Soleimani. Les Gardiens deviennent alors leur soutien direct en fournissant renforts, logistiques et armes. Grâce à ces factions, ils ont pu renverser le projet du VEVAK et contrôler tous les rouages de l’État en étendant l’influence des factions qui leur sont loyales sur des dossiers qui leur rapportent désormais de l’argent. Ainsi, le VEVAK a été vaincu parce qu’il a perdu la Syrie, l’Irak et le Liban. À l’origine, il n’avait d’ailleurs aucune influence au pays du Cèdre car Hassan Nasrallah avait un lien direct avec les Gardiens de la révolution et le duo Soleimani-Nasrallah est devenu dominant sur le dossier irakien, sur celui des factions et des groupes armés, sur les PMF et d’autres encore.

Tout au long de cette période, les négociations se sont poursuivies entre les IRGC et le politicien chiite qui penchait vers le VEVAK. Nouri al-Maliki, premier ministre sur le départ, coopérait avec eux tandis que le gouvernement de son successeur, Haider al-Abadi, essayait de les pousser à stopper le passage d’un avion iranien par l’aéroport de Bagdad pour aller soutenir le régime syrien, à la demande de l’administration américaine comme condition pour continuer à soutenir l’Irak dans la guerre contre l’EI. 

Le VEVAK, en accord avec l’Agence nationale de Sécurité dirigée par Ali Shamkhani (d’origine arabe), prévoyait de briser l’emprise des Gardiens sur le dossier irakien et de le ramener dans le giron des renseignements, bénéficiant de l’opposition de la plus haute autorité religieuse chiite, l’Ayatollah Ali Sistani, aux actions des IRGC et des factions qui les suivent à cause de leur manque de respect pour les valeurs de l’État irakien, projetant le pays dans des conflits en dehors de ses frontières qui se sont pas basés sur ses intérêts nationaux. Le chef du mouvement sadriste, Moqtada al-Sadr, s’aligne alors sur la position du Marja, en essayant de punir les dissidents de son courant ayant fait défection et ralliés à l’axe des Gardiens de la révolution, notamment Asa’ib Ahl al-Haq.

Ces développements ont abouti à une scission au sein des Chiites en Irak et en Iran. La scène était déjà claire avant les manifestations de 2018 à Bassora. Maytham al-Zaidi, l’un des chefs des factions chiites fidèles au grand Ayatollah d’Irak Ali Sistani, a annoncé son opposition à Abou Mahdi al-Mouhandis en raison de la subordination des PMF aux directives de Qassem Soleimani plutôt que du Marja et du gouvernement.

Najaf a répliqué aux gardiens de la révolution en recevant le président réformiste iranien Hassan Rohani et son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif. En revanche, il n’a pas reçu Soleimani ou encore Mahmoud Ahmadinejad, qui s’était rendu en Irak fin 2009. Le VEVAK était au courant de tout et savait qu’une frénésie populaire chiite sévissait à l’intérieur de l’Irak en raison du manque de services, de la misère, du chômage, de la sécurité délétère et de la corruption due à une classe politique protégée par les IRGC, jusqu’à ce que les manifestations d’octobre 2019 surviennent et représentent une occasion précieuse pour le VEVAK d’isoler les Gardiens.

Ces derniers peinent à trouver des solutions afin de faire face aux manifestations d’octobre, étendues à l’Iran. Leur fonction principale se limite en effet à autonomiser les groupes armés. Le VEVAK y a identifié l’opportunité de reprendre le contrôle sur le dossier irakien. Les États-Unis ont également exploité cette escalade en leur faveur en procédant, début janvier 2020, à l’élimination de Soleimani et d’al-Mouhandis pour profiter de la dispersion des factions armées et de l’élargissement du différend entre le VEVAK et les Gardiens, ceux-ci regardant celui-là comme s’il était impliqué dans le double-assassinat. Les renseignements iraniens commencent à reprendre le contrôle sur le dossier irakien à partir des manifestations de 2018, après que les Gardiens ont échoué à contrôler le mouvement dans le sud de l’Irak, en particulier à Bassora, où des manifestants chiites ont incendié le plus grand consulat d’Iran et brûlé les drapeaux et symboles de la République islamique, plongeant l’Iran dans l’embarras. 

La première pression exercée par le VEVAK sur les Gardiens a été de céder le pouvoir à Adel Abdel Mahdi mais ce dernier n’a pas réussi à faire face aux Gardiens de la Révolution. Ils ont ensuite favorisé Moustafa al-Kazimi, l’actuel Premier ministre, en espérant qu’il puisse réaliser ce qu’a fait Nouri al-Maliki au cours de son premier mandat. La stratégie des Gardiens et de ses ailes irakiennes est de poursuivre la confrontation militaire avec les Américains en Irak, même si elle consiste en des activités civiles, éducatives et d’investissement, pour briser la volonté de leurs adversaires chez eux (VEVAK) et de respecter l’accord avec les alliés chinois et russe.

Les raisons du conflit d’intérêts entre le VEVAK et les Gardiens en Irak sont les suivantes :

  • Premièrement : le VEVAK soutient le projet de diviser l’Irak en quatre régions, « sud, centre, ouest et nord ». Ses mandataires étaient chiites en 2004 et dirigés par le Conseil suprême islamique irakien, dans lequel il s’est beaucoup investi. Les gardiens de la révolution ont rejeté le projet et l’ont considéré comme un ciblage direct de leur plan dans la région dont ils espèrent une extension à l’Afrique.
  • Deuxièmement : le VEVAK s’oppose à la poursuite du soutien au régime de Bachar al-Assad, qui a coûté de lourdes pertes à la République islamique. Quant au soutien à Hassan Nasrallah, il doit s’inscrire dans la vision de la politique étrangère iranienne régionale. Nasrallah n’est pas censé se représenter lui-même mais agir comme le mandataire du système Velayat-e faqih.
  • Troisièmement : La popularité des conservateurs purs et durs a décliné à l’intérieur de l’Iran en raison de leur soutien continu à l’activité des Gardiens de la révolution dans les zones d’influence, à savoir en Irak, en Syrie et au Liban. Cet appui était centré autour du bloc conservateur au sein de l’Assemblée consultative islamique légiférant sur les lois pour soutenir les Gardiens, y compris à travers une augmentation de leur budget à des niveaux très élevés courant 2020.

Le soutien présent et passé que les Gardiens reçoivent des conservateurs a conduit à l’imposition de plus de sanctions économiques américaines contre le régime et à l’effondrement de la monnaie iranienne, avec, comme première victime, le citoyen iranien. De leur côté, les réformistes tentent de réduire le soutien aux Gardiens de la révolution au détriment d’un soutien croissant aux forces militaires iraniennes (l’armée). Les conservateurs interprètent l’opposition à la reprise du soutien aux Gardiens comme une tentative de leurs opposants réformistes visant à les isoler du contrôle du dossier externe iranien, en particulier dans les zones d’influence. Selon de nombreux observateurs, la mort du Guide suprême sera l’étape la plus difficile. Les deux partis (« conservateurs » et « réformistes ») envisagent d’acquérir le poste de nouveau guide de la République islamique.

  • Quatrièmement : continuer à violer les terres irakiennes et à traverser les frontières en Syrie et au Liban afin d’assurer l’expansion de l’influence des Gardiens de la révolution dans les pays du soi-disant Axe de la résistance, établir des groupes plus fidèles dans ces régions et gagner la loyauté des partis et des autorités en leur faveur au détriment des efforts de la diplomatie réformatrice iranienne.
  • Cinquièmement : Pour restaurer leur popularité, présenter les Gardiens de la Révolution devant l’opinion publique iranienne comme les seuls guerriers et véritables défenseurs des Perses, et la force principale contre les ennemis de la République islamique.

Alors que se profile l’élection de juin, Le VEVAK estime que la popularité de son aile politique, le mouvement réformiste, a reculé à l’intérieur de l’Iran. Cela est lié aux sanctions américaines imposées à Téhéran en raison du dossier nucléaire et du rôle des Gardiens dans la région. Cela est aussi dû à l’élimination de l’ancien commandant en chef de l’unité al-Qods au sein des Gardiens, Qassem Soleimani, et du savant spécialiste du nucléaire (Mohsen Fakhrizadeh NDLR), les bras les plus importants de Khamenei et des conservateurs. Les Gardiens ont donc commencé à battre en retraite à l’intérieur de l’Irak et la confusion a commencé à se faire sentir au sein des factions et ailleurs.

Le VEVAK considère Moustafa al-Kazimi comme un allié qui a commencé à retirer le bras des Gardiens de l’État en empêchant les PMF de continuer à surveiller la « sécurité des communications », à « contrôler la banque d’informations » et en levant les pouvoirs des IRGC les plus importants, tel que ceux de Abou Ali al-Basri et des responsables de la sécurité.

L’État a commencé à s’effondrer, permettant au VEVAK de parvenir à un accord avec les Américains et avec Mustafa Al-Kazimi pour avoir la main dans la construction d’un dossier irakien libéré des factions et des IRGC. Si ces derniers perdaient les élections, les « réformistes » gagneraient alors l’hégémonie et un nouveau contrôle sur les dossiers de sécurité qui étaient auparavant contrôlés par les Gardiens de la Révolution.

Quoi qu’il en soit, relier la question irakienne à l’escalade américano-iranienne, rappelle ce qui s’est passé dans les années 90, à l’époque du blocus américain, quand les Irakiens vivaient dans l’illusion que la pauvreté et la misère avaient été causées par l’embargo et que, par conséquent, sa levée signifierait leur sauvetage. À la fin de l’année 2003, le blocus a pris fin mais les Irakiens sont toujours confrontés à la pauvreté et à la privation. Beaucoup d’entre eux souhaitent même aujourd’hui revenir à l’époque pour pouvoir réceptionner des denrées alimentaires qui étaient alors distribuées gratuitement. Entre ce triste passé et ce présent tragique, l’illusion revient, portée par l’espoir d’un accord américano-iranien. 

Ahmed Hassan. © Karzan Hameed. 2021.

Ahmed Hassan © Karzan Hameed. 2021.

Ahmed Hassan, journaliste irakien résident de la MDJ

Contact : ahm_198950@yahoo.com

D’autres articles sur l’Iran

IRAK-IRAN. Les illusions de la levée du blocus et de l’accord sur le nucléaire (2/3)

Jusqu’en 2002, la condition posée par l’Iran pour accepter une intervention américaine en Irak et le renversement du régime de Saddam Hussein a été d’accorder le pouvoir aux chiites qui lui sont loyaux.

La division entre le VEVAK et les Gardiens de la révolution en Irak

Le négociateur iranien était représenté par le Ministère des Renseignements et de la Sécurité nationale (VEVAK – VEVAC). L’opposition irakienne en Iran était soumise au contrôle du VEVAK, tout comme l’opposition iranienne en Irak était soumise au contrôle du département du Renseignement. Feu l’ayatollah Mohammed Baqir al-Hakim, résidant en Iran, a pris part à la Conférence de l’opposition à Londres en 2002, en sa qualité de président du Conseil suprême islamique en Irak et de l’Organisation Badr, son aile militaire, et a déclaré son soutien à Washington et à ses alliés pour renverser le régime de Saddam. Par la suite, un conflit irano-américain est né au sujet de la nouvelle administration à mettre en place en Irak. L’administration américaine ne voulait pas donner le pouvoir au Conseil suprême islamique. La raison était que Washington pensait que le Conseil et ses forces militaires étaient sous la coupe du VEVAK.

L’administration du Président Bush fils, après la chute de Saddam Hussein, a ainsi été contrainte de tergiverser durant deux ans et demi afin de rechercher une alternative qui puisse satisfaire les deux parties, jusqu’à ce qu’elles s’accordent à remettre l’autorité élue, toute prête, au parti islamique Dawa, en dépit de la suprématie du Conseil suprême islamique irakien qui avait remporté les suffrages lors de la première élection le 30 janvier 2005, avec la liste 555. 

Cette période coïncide avec une démarche iranienne parallèle de la Force al-Qods affiliée aux IRGC et dirigée alors par Qassem Soleimani pour mener à bien la mission de défense du projet du VEVAK, voulant faire de l’Irak un point central pour l’équilibre et la négociation entre les Iraniens d’un côté et les Américains et leurs alliés occidentaux de l’autre, considérant l’Irak comme un terrain fertile pour leur influence et en possédant plus de connaissances qu’au sujet de n’importe quelle région.

Depuis, la vision du VEVAK est en contradiction avec celle de son rival, les Gardiens de la révolution, selon laquelle la Chine et la Russie sont les seuls alliés et amis de la République islamique et le rôle de l’Iran étant de surveiller attentivement les mouvements des États-Unis dans la région et de garder les frontières orientales et occidentales de l’Asie.

Pour le VEVAK, la Russie et la Chine sont deux pays idéologiquement et politiquement hostiles à l’Islam et aux principes fondamentaux de la révolution tandis que les IRGC s’obstinent à vouloir consolider ces relations et à protéger l’Asie de l’expansion américaine et européenne par fidélité aux directives du Guide de la révolution, l’Ayatollah Khomeini, et de son successeur l’Ayatollah Ali Khamenei.

Ce dernier avait mis en garde il y a un an contre les plans de ceux qu’il appelle les « chiites anglais » qui auraient trompé de nombreux loyalistes à la République islamique, pointant un doigt accusateur contre les Marajis à Najaf, contre des dirigeants politiques chiites irakiens et ceux qui les soutiennent parmi les Iraniens, c’est à dire des dirigeants au sein du VEVAK ou encore des « réformistes », qui bénéficiaient auparavant de la protection de hauts dirigeants iraniens tels que Hachemi Rafsandjani (ancien président iranien mort en 2017), Ali Hossein Montazeri (haut dignitaire chiite iranien mort en 2009) ou encore Mohammad Khatami, opposants à l’autorité du Velayat-e faqih.

Après 2003, il y a eu une montée en puissance significative du mouvement réformiste détenant le pouvoir sous la direction du président Mohammad Khatami. Période correspondant à une forte baisse de la popularité du mouvement conservateur fondamentaliste fidèle aux Gardiens de la révolution, indicateur s’expliquant par la reprise de l’économie à travers les grandes entreprises iraniennes investissant en Irak – à la suite du plan élaboré par le VEVAK – et par la volonté de renforcer un courant politique chiite fidèle à son autorité.

À partir de là, les Gardiens de la Révolution et son courant politique – opposé à l’origine au renversement du régime de Saddam Hussein par les Américains – ont commencé à s’inquiéter à l’idée de perdre le contrôle de la République islamique.

La Force al-Qods, associée aux Gardiens de la Révolution et dirigée par feu Qassem Soleimani, s’est vue confier la tâche de contrer le projet du VEVAK en Irak et a commencé à soutenir la création de nouveaux groupes chiites opposés à l’autorité de Bagdad perçue comme « chiite – à la solde du VEVAK – américaine ». Ainsi, la mise en place de l’Armée du Mahdi, l’aile militaire du mouvement sadriste dirigé par Moqtada al-Sadr, leur a permis d’en profiter pour changer la donne.

Milicien de l’armée du Mahdi

Milicien de l’armée du Mahdi

Mais le retrait de Sadr de la poursuite de la guerre pourtant menée deux fois – avec l’aide des Iraniens – à Najaf contre les Américains et contre le gouvernement de Iyad Allaoui, a incité la force al-Qods et les IRGC à établir des groupes spéciaux au sein de l’Armée du Mahdi, conduits par Qais al-Khazali, leader de Asaïb Ahl al-Haq, et par Akram al-Kaabi, le chef de Harakat al-Noujaba aujourd’hui, puis à réactiver les capacités de combat du Hezbollah irakien, qui avait été établi dans les années 90 en Iran, et qui, plus tard, serait amené à faire la guerre en Syrie.

L’activité de la Force Qods ne s’est pas limitée aux chiites, mais a fourni un soutien militaire parallèle au mouvement sunnite lancé depuis Falloujah contre les Américains et dirigé par Harith Al-Dhari. Elle en est même arrivée à soutenir militairement des groupes sunnites qui précédemment s’étaient faits connaître pour leur association avec Al-Qaïda, car l’intérêt commun était de combattre les Américains. Selon des informations de sécurité irakiennes et américaines, à l’époque, les Américains considéraient que les Iraniens s’étaient retournés contre l’accord, ce qui les avait forcés à demander un retour aux consultations avec le VEVAK par l’intermédiaire de Nouri al-Maliki, alors Premier ministre, et du feu Abdel Aziz al-Hakim, leader du Conseil suprême islamique.

Le VEVAK a estimé que les attaques contre les Américains et les intérêts communs par des « groupes spéciaux » ne représentaient pas formellement l’État iranien. Téhéran comme Washington ont alors accepté de les combattre en soutenant le gouvernement al-Maliki. Des affrontements ont eu lieu entre des groupes liés à l’armée du Mahdi et des éléments du parti Dawa, de l’organisation Badr et du Conseil suprême, avec l’incendie de leurs quartiers généraux et l’attaque de leurs maisons. Et il n’y a pas si longtemps, le mois dernier, une station satellite française a publié une interview avec al-Maliki, dans laquelle il disait : « J’ai encerclé ces groupes à Bassora en 2008, les obligeant à fuir en Iran. J’ai informé les Iraniens (il voulait dire aux gardiens de la révolution NDLR ) de les reprendre ». Et il a confirmé dans l’interview que ces factions ne représentent pas formellement l’État iranien.

Après 2010, l’affaire s’est muée en conflit entre le VEVAK et les IRGC, alors que les Gardiens de la révolution faisaient pression sur le gouvernement de Bagdad en entraînant ceux qui fuyaient les batailles avec les Américains entre les frontières irakienne et iranienne. Ils ont ensuite été capables d’attirer de nombreux jeunes du centre et du sud dans leurs camps et ont formé de nombreuses factions avant de les renvoyer en Irak afin de s’impliquer dans le travail d’investissement d’entreprises régionales et internationales – notamment turques, syriennes, chinoises, allemandes et russes – alliées aux Gardiens.

Le discours sur la confrontation américano-iranienne en Irak a pris fin après le retrait de 2011, selon les accords et traités conclus entre le gouvernement de Nouri al-Maliki au cours de son deuxième mandat et avec le consentement du VEVAK.

À la fin de la même année, le VEVAK et les IRGC soutenaient Bachar al-Assad en tant qu’allié stratégique. Les deux parties se sont mises d’accord pour mobiliser toutes les factions armées fidèles irakiennes au sein de la brigade « Abou al-Fadl al-Abbas », ayant pris en charge le sauvetage de Damas de la chute après avoir mené des combats acharnés avec les forces de l’opposition syrienne et le front al-Nosra.

Un nouveau différend a éclaté fin 2012 entre le VEVAK et les Gardiens concernant la Syrie, et cela après les déclarations américaine et européenne concernant leur intention d’intervenir en Syrie. Cela a poussé les services à réviser leurs calculs concernant ce pays, en vue de protéger le front irakien comme ligne de défense principale. Pour leur part, les Gardiens ont refusé de limiter leur présence en Syrie, les aidant à dominer les brigades d’Abou al fadl al-Abbas qu’ils ont pu diviser en plusieurs factions, dont les plus importantes étaient le « Mouvement du Hezbollah », « Al -Nujaba » et « Kataëb Hezbollah ».

Après 2013, le VEVAK a renoncé au dossier irakien, condition posée par les Gardiens de la Révolution pour que les réformateurs, menés par Hassan Rohani, puissent prendre le pouvoir en Iran. Les gardiens ont depuis monopolisé la domination du dossier irakien pour continuer à protéger secrètement le régime de Bachar al-Assad, le Hezbollah au Liban, et le renforcement de toutes ses défenses dans la région, sous prétexte que la menace de l’État islamique atteignait les frontières iraniennes.

 

Ahmed Hassan. © Karzan Hameed. 2021.

Ahmed Hassan © Karzan Hameed. 2021.

Ahmed Hassan, journaliste irakien résident de la MDJ

Contact : ahm_198950@yahoo.com

D’autres articles sur l’Iran

IRAK-IRAN. Les illusions de la levée du blocus et de l’accord sur le nucléaire (1/3)

Une délégation ministérielle de l'Union européenne en Iran lors des discussions sur le programme nucléaire iranien, le 21 octobre 2003.

Lors d’une session de dialogue sur la situation irakienne, un Français m’a posé une question sur les efforts du président américain Joe Biden pour rétablir l’accord nucléaire avec l’Iran, et si cela constituait un tournant pour clore le conflit américano-iranien en Irak. C’était, bien sûr, important, mais je n’avais pas de réponse immédiate.

Après des recherches approfondies sur l’importance de cet accord, j’ai constaté qu’il n’y avait aucun avantage pour l’Irak. En effet son budget – amputé d’environ un million de dollars en 2012-, a été dépensé en logistique pour les réunions à Bagdad du groupe des “5 + 1” [les 4 membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, plus l’Allemagne]. Cependant un retour à l’accord sur le nucléaire serait une étape historique pour la réconciliation irano-américaine, et, en soi, un prélude au règlement de la crise irakienne.

Cependant une question émerge : le terrorisme, les combats internes, et l’effondrement politico-économique sont-ils le résultat du conflit américano-iranien, ou l’aboutissement d’une mauvaise gestion des responsables irakiens ? Le responsable irakien devrait reconnaître au quotidien, face aux administrés, le déroulement du pillage des fonds de l’Etat et leur décrire le processus d’approbation faisant de l’Irak un abîme financier, industriel, urbanistique et éducatif.

Chronologie des négociations entre la CIA et le VEVAK 

Dans les années quatre-vingt, après l’avènement de la révolution de Khomeini, la proclamation de l’Iran comme République islamique avec pour rhétorique le «Grand Satan américain », la prise d’assaut de l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran, par des partisans de la révolution avec séquestration de 52 diplomates et employés pendant 444 jours, est à l’origine de la rupture des relations entre les deux pays.. Cet épisode choc pour les Etats-Unis fut, pour l’Iran des Pahlavi, leur allié stratégique, un tournant décisif dans la transition à la République khomeyniste, hostile aux Pahlavi. À l’époque, Washington observait aussi avec défiance le changement survenu fin 79 en Irak : l’arrivée de Saddam Hussein à la présidence de la République remplaçant Ahmed Hassan al-Bakr, suggérant l’analogie que l’Irak et l’Iran devenaient les “nouveaux Cuba et Venezuela” dans cette région. La diplomatie américaine a cependant tenté de pallier à son déclin en redoublant d’efforts pour se rapprocher du régime de Saddam Hussein et initier un dialogue continu avec lui. L’intention étant de constituer une ligne de défense avec l’Irak face à l’Iran, afin de préserver le reste de son hégémonie dans la région et assurer la sécurité de ses alliés dans le Golfe, notamment l’Arabie Saoudite, le Koweït, les Émirats arabes unis et Bahreïn, qui redoutaient la révolution iranienne. Washington était aussi confronté à la terrible incursion russe dans les profondeurs du monde arabe (Irak – Syrie – Égypte – Liban). Dans la tempête de ces événements, l’Irak a échoué comme médiateur pour libérer les familles des diplomates américains à Téhéran, tout comme la stratégie de sauvetage par hélicoptères de Washington malgré la présence de soldats d’élite à bord. Deux avions ont été abattus à la frontière iranienne pour des raisons obscures. Washington a accusé Moscou de l’accident, officieusement, et un défaut technique survenu dans les deux appareils a été attribué à l’incident

L’intensification du conflit américano-iranien après la révolution a incité les États-Unis à considérer le régime de Saddam Hussein comme protecteur du Golfe et de l’arabisme face à la marée irano-perse. Le renforcement de l’Irak en tant que force active a amené Saddam à réclamer à l’Iran une négociation pour l’application de l’Accord d’Alger sur la démarcation des frontières maritimes entre les deux pays, signé par l’Irak sous le règne d’Ahmad Hassan Al -Bakr et par l’Iran sous Mohammad Reza Pahlavi.

Selon l’Irak, l’Iran, après Pahlavi , a refusé de respecter ses engagements et demandé des amendements. L’entêtement des deux parties les auraient ensuite poussées à enfreindre l’accord, Téhéran voyant le « Shatt al-Arab et le Golfe » comme propriétés perses. Le nationalisme de Saddam Hussein en fut exalté, d’autant que ces développements étaient accompagnés du sentiment d’un fort soutien au sud et au centre de l’Irak pour la révolution islamique chiite de Khomeini.

Quarante ans après la guerre Iran-Irak, les Iraniens obéissant au Guide suprême et au Velayat-e faqih (les Conservateurs et les Gardiens de la révolution (IRGC)) restent fermement convaincus que les Américains étaient derrière l’implication du régime de Saddam Hussein dans la guerre. Selon les informations reçues de la part de proches des Pahlavi ayant cherché refuge après la révolution [principalement en Egypte], un mouvement populaire dirigé par Sayyed Mohammad Baqir al-Sadr se préparait à transformer l’Irak, République arabe en une République islamique chiite.

Au plus fort de la guerre des années quatre-vingt, les États-Unis ont continué à soutenir l’Irak. L’Arabie saoudite, les Émirats et le Koweït convaincus que Bagdad combattait en leur nom pour défendre le Golfe, ont contribué à des financements considérables. Les pays du Golfe et le Koweït ont contribué à 15 milliards de dollars de prêts à l’Irak.

Le régime de Saddam a, entre autres, investi ces fonds dans des projets de construction et d’urbanisation, et le développement de l’énergie et de l’activité pétrolière. Afin de contrer le soutien américain à l’Irak, et attaquer le régime de l’intérieur, l’Iran a développé une stratégie de soutien à l’opposition kurde au Kurdistan (au nord de l’Irak) et aux chiites (dans le sud). À cette époque, des milliers d’habitants du nord et du centre sont morts. L’attaque chimique en 1988 dans la ville de Halabja, dans le gouvernorat de Sulaymānīyah, a provoqué la colère de l’opinion internationale. De nombreux chefs religieux chiites – notamment Mohammad Baqir al-Sadr – ayant contribué à la fondation du parti Dawa, ont été arrêtés et exécutés. Parallèlement, Washington a inscrit tout parti en Irak recevant des financements de l’Iran sur la liste du terrorisme et des personnes recherchées, plaçant les deux partis kurdes, le Parti démocratique du Kurdistan de Massoud Barzani et l’Union patriotique du Kurdistan de Jalal Talabani sur la liste du terrorisme. Après les tragédies des combats et des déplacements dans les régions du nord et du sud de l’Irak, la dilapidation des fonds du Golfe, et l’entrée en jeu des Russes en faveur de l’Iran, les Iraniens et les Américains ont convenu indirectement, à travers la médiation russe, turque et française, d’arrêter la guerre Irak-Iran. La vision de l’accord reposait sur l’idée qu’il appartenait à chacun de suspendre le soutien aux opposants à l’intérieur de l’Irak, visant ainsi à empêcher l’Iran de financer les oppositions kurde chiite en échange de l’arrêt américain au soutien à Saddam Hussein. Les accords se déroulaient entre les services de renseignement des deux pays, entre la CIA et le VEVAK (principale agence de renseignement iranienne) en Irak.

Au début des années 90, Saddam Hussein refusait de payer les dettes qu’il avait contractées auprès des États du Golfe à titre de financements pour la guerre contre l’Iran. Le Koweït a ainsi porté plainte contre l’Irak aux Nations Unies et au Conseil de sécurité de l’ONU La Russie et la Chine figuraient parmi les bénéficiaires des emprunts irakiens,en lui vendant des armes et en développant ses usines.

Cependant L’administration de Bush père a développé une politique différente, estimant que Saddam Hussein était rusé et niait le soutien américain tout en ayant de plus en plus tendance à favoriser la politique des concurrents de Washington dans la région, à savoir la Russie et la Chine. Ces derniers l’auraient encouragé à attaquer les pays du Golfe, en particulier le Koweït, afin d’affaiblir l’influence américaine tant du côté irakien qu’iranien. La situation a ensuite tourné en faveur des Américains et de leurs alliés quand la Russie a concédé au silence pour sauver le Koweït et l’Arabie saoudite de l’incursion irakienne. 

À cette époque, l’armée américaine arrivait à Hafar Al-Batin, à la frontière irano-saoudienne. Après les frappes américaines sur al-Kut et à l’intérieur de l’Irak, le gouvernement irakien a commencé à se rapprocher de Cuba et du Venezuela, et la manœuvre a été interprétée par Téhéran comme un indice témoignant de l’intention de Washington d’intervenir en Irak et de s’en emparer en coopération avec les États du Golfe.

L’Iran ayant commencé à pousser les oppositions chiite et kurde qui lui étaient loyales à affronter le régime de Saddam Hussein, constituant un premier pas vers la prise du pouvoir par les chiites. Cette escalade désignée sous le nom de « soulèvement populaire », a conduit au contrôle de l’opposition sur toutes les régions, mis à part la capitale, Bagdad, sous le contrôle du régime. Les Américains et les Iraniens sont ensuite retournés à la table des négociations à travers une médiation régionale et internationale. L’Égypte et la Jordanie ont joué un rôle clé pour garder le régime de Saddam en échange du retrait américain et de l’arrêt iranien au soutien à l’opposition. Et le régime a de nouveau repris le contrôle de l’État.

 

Ahmed Hassan. © Karzan Hameed. 2021.

Ahmed Hassan © Karzan Hameed. 2021.

Ahmed Hassan, journaliste irakien résident de la MDJ

Contact : ahm_198950@yahoo.com

D’autres articles sur l’Iran

IRAN – Massoumeh Raouf: «Le régime n’a plus aucune base populaire»

À la fin du mois de juillet 1988, des dizaines de milliers de prisonniers politiques sont exécutés en Iran. À l’occasion du trente-deuxième anniversaire de ce massacre, Massoumeh Raouf, ancienne prisonnière politique, auteure de la bande-dessinée «un petit prince au pays des mollahs» et membre du Conseil nationale de la résistance iranienne décrit les évolutions du régime et de la société de son pays depuis 1988.

Dans votre livre «un petit prince au pays des mollahs», vous rendez hommage à votre frère, exécuté lors des massacres de 1988. Pouvez-vous nous raconter comment un tel événement a pu se produire une dizaine d’années seulement après la révolution de 1979?

Durant plusieurs décennies, le Chah a régné en Iran. Les révolutions de 1979 l’ont détrôné. Rouhollah Khomeini est arrivé au pouvoir cette année-là et jouissait d’un grand soutien populaire.

Cependant, son discours a changé lorsqu’il a pris la tête de l’Iran et qu’il a établi une République théocratique islamique. Il a imposé sa parole et sa pensée à tout le pays. Il ne fallait en aucun cas le critiquer sous peine de subir de lourdes répercussions.


Après la révolution, 120 000 jeunes ont été exécutés, dont 30 000 opposants politiques, tués en 1988 sous les ordres du Guide Suprême Khomeini. Mon frère Ahmad Raouf Basharidoust a subi le même sort.


D’un autre côté, l’Organisation des Moudjahidines du peuple avait une vision beaucoup plus moderne et progressiste vis-à-vis de l’islam.

Nous avons rejoint ce mouvement avec mon petit frère Ahmad. Nous étions des fervents défenseurs du parti. Nous voulions changer le cours de l’histoire. Mais, les choses ne se sont vraiment pas passé comme prévu.

Khomeini a commencé à réprimer toute forme d’opposition qu’il ne supportait pas. Il justifiait ses actes en prônant l’argument de l’islam et la charia.

Après la guerre Iran-Irak, toute la population s’attendait à une ouverture du régime. Ce ne fut pas le cas.

Après la révolution, 120 000 jeunes ont été exécutés, dont 30 000 opposants politiques, tués en 1988 sous les ordres du Guide Suprême Khomeini. Mon frère Ahmad Raouf Basharidoust a subi le même sort.

Massoumeh RAOUF portant la photo de son frère assassiné en 1988 par le régime iranien.

Rouhollah Khomeini meurt un an après ces événements. Le mode de gouvernance du régime s’est-il modifié depuis 1988?

Il n’y a eu aucune évolution du régime des mollahs. Le principe reste le même: le guide suprême dirige le pays et les institutions… Officiellement, des élections au suffrage universel ont lieu pour élire le Président et les députés du Majlis [Parlement monocamérale].


Les femmes ne détiennent aucun droit. Il suffit d’enlever son hijab pour être envoyée en prison. Aucun média d’opposition et indépendant ne couvre l’actualité dans le pays.


En réalité les élections ne sont que des pièces de théâtre puisque le Conseil des Gardiens les contrôle fermement. Il est composé de six clercs désignés par le guide suprême et six juristes nommés par le chef de la justice. Ce conseil vérifie et valide la candidature des personnes qui se présentent.

Nos libertés et nos droits continuent d’être bafoués année après année. Le régime ne supporte aucune liberté individuelle. Les femmes ne détiennent aucun droit. Il suffit d’enlever son hijab pour être envoyée en prison. Aucun média d’opposition et indépendant ne couvre l’actualité dans le pays. Les articles de presse ne doivent pas contrarier le régime, sinon une vague de censure risque de se produire.

Un journaliste a par exemple consacré un article pour commémorer les 10 ans du grand massacre de 1988. C’était son dernier article en Iran.

De gigantesques manifestations se sont déroulées dès novembre 2019. Quelle est la portée de leurs revendications?

Des millions d’Iraniens sont descendus dans les rues pour manifester leur mécontentement face à ce régime inchangé depuis plusieurs décennies. Quarante ans auparavant, les citoyens croyaient au régime iranien. Mais ils ont subi tant d’abus et crimes qu’aujourd’hui ils n’acceptent plus cette situation et souhaitent renverser ce régime. 


Le gouvernement [iranien] a recommencé à exécuter les opposants politiques comme il l’a fait en 1988.


Dans ce contexte, le gouvernement a recommencé à exécuter les opposants politiques comme il l’a fait en 1988. Ils ont tout d’abord étouffé les manifestations, durant lesquelles près de 1500 personnes ont péri et 12 000 ont été arrêtées – le régime décompte quant à lui 300 morts. Récemment, des prisonniers politiques emprisonnés lors des manifestations sont également liquidés.

Malgré la forte répression, le régime n’arrive plus à contrôler et censurer la population. Je crois sincèrement que le mouvement enclenché en novembre 2019 a beaucoup de chance de le renverser. La population continue de se rebeller malgré cette répression. Ils ne peuvent plus nous tromper avec leurs slogans d’antan.


Aujourd’hui le désir populaire est de renverser le régime. Il tombera, c’est inévitable. Je ne sais pas quand cela se déroulera mais il faut garder la flamme de l’espoir. Si on perd cette flamme, c’est fini pour nous.


Le régime trompait les gens en opposant les deux factions pour donner une illusion démocratique aux élections – les modérés et les conservateurs. Nous étions totalement au courant de cette tromperie. En novembre 2019, les manifestants iraniens scandaient «nous ne voulons ni modéré, ni conservateur».  Le régime n’a d’ailleurs plus aucune base populaire.

Ils ont tenté d’afficher le contraire lors des manifestations en l’honneur du général Gassem Soleimani – numéro deux et bras armé du guide Suprême. Ils ont en réalité fermé tous les commerces et administrations et ont obligé les gens à participé à cette mise en scène. Je crois que c’est la fin de l’histoire des mollahs.

Au sein de ce pays privé de liberté, comment s’organise l’opposition au régime des mollahs?

L’opposition s’ordonne à l’intérieur et à l’extérieur du pays. Dans un contexte de privation total de liberté, le Conseil national de la résistance iranienne est fondé en 1981 à l’initiative de Massoud Radjavi – dirigeant de la Résistance iranienne. Il regroupe différents partis politiques du pays: Organisation des moudjahidines du peuple iranien, Kurdes, Marxistes…

Je siège au sein du CNRI, composé de 540 membres. Nous avons adopté un programme pour préparer le pays à l’après-régime des Mollahs. Le CNRI dirigera l’Iran pendant six mois. Il organisera des élections libres sous l’égide de l’ONU et instaura la démocratie.

Le peuple iranien doit pouvoir exprimer librement ses choix. Aujourd’hui le désir populaire est de renverser le régime. Il tombera, c’est inévitable. Je ne sais pas quand cela se déroulera mais il faut garder la flamme de l’espoir. Si on perd cette flamme, c’est fini pour nous.

Dans la préface de votre livre, Ingrid Betancourt écrit que vous aviez «besoin de nous ramener [votre] frère vivant». Pouvez-vous nous en dire plus sur la volonté d’engagement de ce jeune frère ?

Pour moi Ahmad est toujours vivant. Il vit chaque instant à mes côtés. Je ne pouvais pas raconter son histoire autrement. 

Dans mon livre, c’est Ahmad qui raconte son histoire. Personnellement en tant que sœur c’est douloureux de parler des atrocités qu’il a subi. Pire, c’est voir l’indifférence de monde devant ce régime sanguinaire.

Ahmad est un exemple de la génération de la révolution qui a été écrasée par les mollahs. Elle a grandi si vite et si brillamment. Cette même génération qui a dit «non» à Khomeini et à ses bourreaux malgré les terribles conditions de détention. Une génération avec un rêve de liberté et de démocratie pour l’Iran.  

Après la révolution plus de 120.000 jeunes ont été exécutés par le régime des mollahs dont 30.000 en 1988 ont été exécuté en quelque mois. La majorité était membre ou sympathisant actif des Moudjahidine du peuple d’Iran, l’opposition démocratique aux mollahs.

Un dernier mot?

La lutte pour la liberté en Iran continu. En 1988, Khomeini, ce criminel impitoyable, a cherché à éliminer la résistance pour préserver son pouvoir. En vain ! Car la Résistance Iranien a survécu à tous les problèmes et obstacles et le mouvement pour la justice prend de l’ampleur en Iran et ne lâchera pas les mollahs.

Les générations qui sont nées après mon frère Ahmad sont aujourd’hui en quête de vérité et de justice pour les victimes du «plus grand crime commis sous la République islamique» comme l’a dit le 15 août 1988 l’ayatollah Montazeri, alors successeur de Khomeini.

Je vous assure que, le peuple iranien et sa Résistance ne connaitront pas de répit tant que les responsables du massacre des prisonniers politiques ne seront pas jugés. Nous continuerons à défendre la mémoire et les valeurs pour lesquelles Ahmad et ces milliers de héros ont donné leur vie.

L’organisation des moudjahidines du peuple iranien

L’organisation des moudjahidines du peuple iranien est un mouvement de résistance au Chah puis au régime des Mollahs. Allié de taille de Khomeini durant la révolution islamique, lors de son accession au pouvoir, le Guide Suprême réprime puis contraint à l’exil l’OMPI. Il représente le principal parti d’opposition et se caractérise de musulman progressiste.

L’OMPI croit en la lutte armée. Elle a été placée pendant quelques années sur la liste des organisations terroristes par les Etats-Unis et par le Conseil de l’Union européenne avant d’être retirée. Le 11 mai 2011, le juge français Marc Trévidic rend «une ordonnance de non-lieu des chefs de l’OMPI de tous les faits terroristes.»

Devenue effective en France et en Europe, l’ordonnance considère l’OMPI comme une organisation de résistance et non terroriste.

«Le régime s’en est pris violemment aux vastes rassemblements de l’OMPI, qui en retour a mené des actes de violence mortelle contre les mollahs au pouvoir», explique dans un rapport d’évaluation indépendant, l’ambassadeur Lincoln Bloomfield Jr en 2011.

Le régime des mollahs a souvent cherché à associer l’OMPI à des actions hautement préjudiciables à son image, tout particulièrement en Iran, en Europe et aux États-Unis. Par exemple, ils ont mis sur le dos de l’OMPI l’attentat du 28 juin 1981 durant lesquel 74 membres du Parti de la République islamique ont été tués. L’OMPI dément avoir orchestré cet acte.

«Ceci ne signifie pas que toutes ces assertions potentiellement préjudiciables à l’OMPI soient fausses, mais [ce document] vise seulement à signaler que le gouvernement iranien, à plusieurs reprises, a dévoilé son jeu, livrant ces informations sans citer de sources aux média étrangers» note Lincoln Bloomfield Jr.

Il notifie également ce qui suit :

  • «L’OMPI, durant environ vingt ans après la révolution de 1979 en Iran, a commis des actes de violence ciblés contre les forces, les biens et les responsables du gouvernement révolutionnaire iranien, sans pour autant commettre aucun acte de violence aveugle contre des civils innocents.»

Avant 2002, des unités de résistance des moudjahiddines du peuple d’Iran ont par exemple tué Assadollah Lajevardi, procureur des tribunaux de la révolution islamique de Téhéran, surnommé « Le Boucher » de la sinistre prison d’Evine.

  • «Il n’existe apparemment aucune trace d’actes de violence perpétrés par l’OMPI depuis 2001 ou 2002.»

D’autres articles

Iran – 1000 morts liés au coronavirus et des journalistes interdits d’en parler

Mensonge et dissimulation du régime provoquent la propagation de la catastrophe. Il y aurait jusqu’à « 60.000 » infectés dans le pays. L’Iran est donc au bord d’une des plus grandes catastrophes humanitaires de son histoire contemporaine. Mensonge et dissimulation du régimeont provoqué la propagation du coronavirus dans le pays.

Des experts internationaux s’interrogent sur l’étendue réelle de l’épidémie de nouveau coronavirus en Iran, pays qui concentre déjà le plus grand nombre de morts hors de Chine et foyer de contamination qui pourrait propager la maladie dans la région;  a annoncé  l’AFP le 29 février 2020.

Le ministère de la Santé, Ali Khamenei, Hassan Rohani et d’autres dirigeants étaient bien au courant de l’arrivée du virus en Iran il y a au moins un mois. Pourtant, la première directive pour y faire face a été émise à contrecœur le 20 février.

Sur ordre du guide suprême du régime, Ali Khamenei, une grande opération de dissimulation a été menée pour pemettre la tenue de l’anniversaire de la révolution de 1979, le 11 février, et à la mascarade électorale du 23 février.

Quelle est l’ampleur de l’épidémie du Coronavirus en Iran?

Ahmad Amir-Abadi Farhani, député de la ville de Qom et membre du bureau du parlement, a déclaré le 24 février que « 50 personnes à Qom étaient mortes du coronavirus« .


Le vice-ministre de la Santé, Qassim Janbabai , dans une interview télévisée a souligné que « il y a jusqu’à 60.000 infectés dans le pays ».


En réponse au démenti d’Ali Rabi’i, le porte-parole de Rohani, et du vice-ministre de la Santé, Iraj Harirchi, ce député a mis la liste des personnes décédées à la disposition du ministère.

Le régime continue de prétendre que seules 43 personnes sont mortes et 593 ont contracté le virus.  Mais d’autres bilans non officiels sont beaucoup plus lourds. Entre-temps, une officielle, Nahid Khoda-Karami, à la tête de la commission de la santé du conseil municipal de Téhéran, a révélé que 10000 à 15000 personnes ont été touchées par le virus.

Le vice-ministre de la Santé, Qassim Janbabai , dans une interview télévisée a souligné que « il y a jusqu’à 60.000 infectés dans le pays« .

L’Organisation des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI/MEK) sur la base d’informations de l’intérieur de l’Iran, a annoncé le lundi 2 mars 2020 à 20h que le nombre de personnes ayant perdu la vie à cause du coronavirus (COVID-19) dépasse les 1000.

Le virus s’est répandu dans les 31 provinces.

La même source détaille comme suit ce chiffre: quelque 209 victimes à Téhéran, 61 à Ispahan, 92 dans la province de Guilan, 18 dans celle de Lorestan et 45 dans les provinces de Kermanchah sont mortes jusqu’à présent.

En outre, 14 à Machad, 11 à Sorkh-Hessar, 116 à Shahsavar et au moins 300 à Qom ont également perdu la vie.

Dans d’autres villes, dont Ahwaz, Karadj, Andimeshk, Iranshahr, Bandar-Abbas, Saqqez, Oroumieh, Ilam, Tabriz, Saveh, Arak, Yassouj, Hamedan, Nichapour, Semnan, Yazd, Qazvine et Kashmar, une ou plusieurs personnes sont mortes.

«La situation dans la province de Guilan est plus critique qu’ailleurs. Les hôpitaux, et même leurs couloirs, débordent de patients contaminés. Dans les campagnes, des personnes sont mortes avec des symptômes de type corona. Personne ne connaît le nombre exact de personnes infectées ni de celles qui sont mortes. Les chiffres officiels relèvent plutôt de la plaisanterie», a affirmé Gholam-Ali Jafarzadeh, député de la ville iranienne de Racht.

Toutes les heures les ambulances amènent des cadavres au cimetière Baghé Rezvan de Racht nord Iran témoigne un citoyen sur twitter: « le nombre des morts et bien plus terrible que ce que nous croyons ».

Comment le virus est arrivé en Iran ?

En Iran, le doigt de l’accusation pointe vers les gardiens de la révolution. Alors que la plupart des pays ont annulé leurs vols vers la Chine, les vols de Mahan Air à destination et en provenance de la Chine ont continué après le 25 février 2020, malgré des appels nationaux et internationaux répétés à y mettre fin. Cela a contribué à la propagation rapide du virus en Iran et dans de nombreux pays voisins.

Le 19 février, le site web public Eghtsad Online a révélé l’inquiétude du personnel de service de l’aéroport international de Khomeini via des images pertinentes sur twitter.

« Alors que le coronavirus a fait [plusieurs] victimes en Iran, les vols de Mahan Airline vers la Chine se poursuivent. Un groupe de nettoyeurs de l’aéroport international « Imam » Khomeini a exprimé ses inquiétudes concernant le nettoyage des avions en provenance de Chine » a écrit Eghtesad Online.

Les vols de la compagnie des pasdarans Mahan Air à destination de la Chine continuaient encore le 28 février. Pour se justifier, le régime a affirmé qu’il transférait des kits de détection du virus de la Chine vers Téhéran.

Le régime des mollahs n’a pris aucune mesure préventive efficace pour faire face à la propagation du virus, y compris la mise en quarantaine des villes où le virus s’est propagé. Au lieu de prendre les mesures nécessaires, le président du régime, Hassan Rouhani, a déclaré que les personnes atteintes de coronavirus seraient mises en quarantaine, mais que l’épidémie était loin d’être suffisamment grave pour justifier la mise en quarantaine de populations entières.

De même, lors de la conférence de presse au cours de laquelle il est tombé malade, le vice-ministre de la Santé Harirchi a insisté sur le fait que de telles procédures de quarantaine à grande échelle étaient des reliques inutiles de «l’âge de pierre».

Arrestation des journalistes pour propagation de la rumeur du virus!

« L’Iran est maintenant face à une guerre de sécurité politique et biologique »; a écrit le site officiel de la télé Iranien.

Le commandant de la police de régime a déclaré: « Les policiers ont arrêté les responsables de deux pages Instagram qui parlaient du coronavirus, inquiétant le public. »

« Parler du coronavirus sera bientôt considéré comme troubler l’opinion publique, agir contre la sécurité nationale et insulter le président! », s’inquiète pour sa part une Iranienne sur twitter.

Le journal officiel Jahan-e San’at a reconnu le 23 février les mensonges des dirigeants du régime: «Il semble maintenant que les autorités aient d’abord voulu dissimuler l’apparition du coronavirus dans le pays, ou du moins jusqu’au 21 février, date des élections législatives. Mais la mort des deux personnes a perturbé les plans du gouvernement. Le comportement des responsables au cours des dernières décennies a sapé la confiance des citoyens à leur égard. Ce qui est plus dangereux qu’un Coronavirus pour une société, c’est la méfiance des citoyens envers les autorités. »

Cette semaine, l’ONG Reporters sans Frontières a critiqué Téhéran sur cette crise, accusant le régime de dissimuler des informations sur la propagation du nouveau coronavirus.

Samedi, le porte-parole du ministère de la Santé Kianouche Jahanpour a réagi à ces critiques en accusant les médias étrangers de diffuser de fausses informations.

Appel de l’OMS à envoyer une mission médicale en Iran

Cette situation a fait réagir Maryam Radjavi. La présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) a déclaré que le régime répète la même histoire avec le coronavirus que celle de la destruction de l’avion ukrainien, mais à une échelle beaucoup plus grande.

Radjavi a appelé les médecins, les infirmières et le personnel hospitalier à diffuser rapidement leurs informations afin de sauver des vies en Iran et de contrecarrer les dissimulations et les informations trompeuses du régime.

Elle a souligné que les Nations-Unies, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les autres organisations internationales des droits de l’homme doivent obliger la dictature religieuse en Iran à rendre public tous les faits et chiffres concernant le coronavirus et à les fournir aux organisations internationales concernées.

Elle a exhorté les Iraniens, en particulier les jeunes, à organiser des manifestations pour forcer le régime à dire la vérité et le contraindre à mettre à la disposition de la population, des hôpitaux et des médecins, les ressources et les équipements médicaux et de soins de santé, largement monopolisés par le Corps des gardiens de la révolution et les organes de sécurité.

« Un petit prince au pays des Mollahs », une dénonciation en version Bande Dessinée

Découvrez l’interview de l’auteure de cet article, Raouf Massoumeh, qui présente son livre « Un petit prince au Pays des mollahs ».  

L’histoire de son jeune frère, Ahmad Raouf Bachari Doust, arrêté cinq ans avant -à l’âge de 16 ans- et qui fera partie des 30 000 prisonniers politiques exécutés.

D’autres articles sur l’Iran

Iran – Les élections législatives ont été massivement boycottées

Ce boycott législatif sans précédent est un «non» retentissant à Khamenei, à Rohani et à l’ensemble du régime clérical. Cela reflète aussi l’enthousiasme de l’opinion publique pour le slogan des unités de résistance «je vote pour le renversement» comme le proclame l’opposante politique Maryam Radjavi.

Ce vendredi 21 février, les Iraniens étaient appelés aux urnes pour voter dans le cadre des soit disant élections législatives.

Des élections iraniennes surmédiatisées

Selon des chiffres non officiels publiés par l’agence Fars, 1,9 million de personnes avaient voté à Téhéran sur les plus de 9 millions d’électeurs que compte la capitale, donc beaucoup de votants semblent avoir boycotté le scrutin.

Cela signifie qu’en dépit des chiffres annoncés et plusieurs fois exagérées, moins de 20% des électeurs ont voté dans la capitale. En annonçant le taux de participation dans diverses villes, les autorités se sont abstenues de fournir le nombre de bulletins blancs ou invalidés, qui, selon les informations, atteint jusqu’à 10% des suffrages exprimés dans certains bureaux de vote.

Les quelques journalistes étrangers triés sur le volet,  ont été emmenés dans des bureaux de vote pour assiter à des mises en scène alors que gens ont largement boycotté cette mascarade électorale.

« Dans certains bureaux de vote, peu de gens s’étaient présentés pour voter. Cela reflète la désillusion et la méfiance généralisées des Iraniens », ont-ils écrit.

Parfois, il y avait plus de journalistes que d’électeurs.

Selon le reporter du journal Le Parisien à Téhéran. «Tout au long de la journée de vendredi, les bureaux de vote de Téhéran ont vu passer parfois plus de journalistes que d’électeurs, dans une grande opération de propagande dont on ne sait si elle était adressée aux Iraniens… ou à l’Occident.

Sans surprise le taux de participation dans la capitale, à mi-décompte, était de 25%. Au niveau national, le chiffre officiel annoncé de 43% devrait être révisé au minimum de 5 points à la baisse, si l’on veut avoir une idée de l’abstention réelle. Ici, les déçus de la politique parlent de « sélection » et non de véritables élections.»

Seulement 42% de participation aux législatives en Iran

La participation aux élections législatives de vendredi en Iran a été de l’ordre de 42%, a annoncé dimanche le ministre iranien de l’intérieur, soit la participation la plus faible depuis la révolution de 1979.

Cité par la télévision iranienne, Abdolreza Rahmani Fazli a précisé qu’un peu plus 24 millions d’électeurs avaient participé au scrutin. L’Iran compte 58 millions d’inscrits. Pour justifier la faible participation, Rahmani Fazli a déclaré: « Compte tenu de la situation politique et de questions telles que le crash de l’avion de ligne (ukrainien), les incidents [manifestation] de novembre (2019) et janvier (2020), et d’autres circonstances, ce niveau de présence et de participation de la population est totalement acceptable« .

C’est bien de noter que le boycott a eu lieu alors que le guide suprême Ali Khamenei, son président Hassan Rohani, le président du parlement Ali Larijani, le ministre des Affaires étrangères Javad Zarif, les commandants des pasdarans et de l’armée ainsi que les imams du vendredi avaient lancé de sévères avertissements.

Ils ont décrit à plusieurs reprises la participation à l’élection en des termes tels que: « devoir religieux », « test divin », « jihad public », « prières », « plus obligatoire que la prière et le jeûne », « assurer les prouesses du pays », « la crédibilité de l’État », « garant de la sécurité de l’État », « une autre gifle magistrale à l’Amérique » et « vaincre la politique de pression maximale ».

Ils ont averti que la non-participation signifierait « coopérer avec l’ennemi et trahir », « ne pas être musulman » et « préparer le terrain pour les opérations de sabotage de l’OMPI ».

Le Guide Suprême d’Iran accuse le coronavirus et la propagande de l’étranger

Ce dimanche 25 février, le chef suprême du régime, Ali Khamenei, a tenté de justifier cette écrasante défaite.

L’Iran est devenu dimanche le pays où le nouveau coronavirus a fait le plus de morts hors de Chine avec huit décès, et le guide suprême iranien a accusé la presse étrangère d’avoir utilisé cette maladie comme un « prétexte » pour nuire aux législatives.

Il a déclaré : « Une campagne collective a été entreprise contre la participation du peuple à l’élection. Sur les médias sociaux, diverses entités ont utilisé tous les facteurs possibles… Depuis un mois, il y a deux mois, ils disent que ce n’est pas une élection, pas une vraie élection, le Conseil des gardiens a fait ceci ou cela… Et cette dernière maladie (COVID-19) est devenue une excuse. En d’autres termes, ils n’ont pas manqué la moindre occasion et n’ont même pas perdu quelques heures« .

Ce boycott sans précédent est un «non» retentissant à Khamenei et son régime

Le seul mouvement qui à appelé au boycott des élections à l’intérieur et à l’extérieur de l’Iran était le Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI).

Madame Maryam Radjavi, présidente élue du CNRI, a félicité le peuple iranien pour le boycott national de la mascarade électorale du fascisme religieux au pouvoir. Madame Radjavi a estimé que l’échec du régime a intimidé les électeurs pour qu’ils se rendent aux urnes reflète l’hommage du peuple iranien aux 1500 martyrs du soulèvement de novembre 2019 et présage de prochains soulèvements.

Ce boycott sans précédent est un «non» retentissant à Khamenei, Rohani et à l’ensemble du régime clérical et reflète l’enthousiasme de l’opinion publique pour le slogan des unités de résistance «je vote pour le renversement».

Le boycott national de la farce électorale va attiser les querelles intestines du régime et aggraver l’impasse mortelle dans laquelle il se trouve. Il va aussi accélérer son renversement par le peuple iranien et sa Résistance. Il faut cesser de serrer les mains sanglantes de ce régime illégitime sur la scène internationale. La communauté internationale doit reconnaître le droit du peuple iranien et de sa résistance à changer de régime et à établir la démocratie et la souveraineté populaire.

Qui sont les nouveaux députés iraniens?

Plus de 80% de ceux qui ont été élus ou qui le seront au prochain tour sont des loyalistes de Khamenei. Ce sont des terroristes et des criminels des pasdarans impliqués dans la répression, l’exportation du terrorisme et du bellicisme.

Le général Mohammad Baqer Qalibaf, le principal candidat de Téhéran, est en lice pour présider le Parlement. Il a été commandant du Corps des pasdarans dans la guerre antipatriotique Iran-Irak, commandant de l’armée de l’air du Corps des pasdarans, commandant des Forces de sécurité de l’État et maire de Téhéran.

Il a toujours figuré au nombre des plus hauts responsables de la torture, des exécutions, du terrorisme et de la belligérance ainsi que du vol et du pillage des richesses de la population. Qalibaf a admis sa participation active à l’assassinat des Moudjahidines du peuple d’Iran (OMPI) dès le début, et de jeunes révoltés lors de manifestations telles que le soulèvement de 1999. Il doit être traduit en justice en tant que criminel de guerre et criminel contre l’humanité.

Le régime iranien ne peut continuer sans terrorisme. Mais l’approche des pays occidentaux a été la politique de complaisance et de tolérance à son égard.

De 1983 à 2020: de nombreux attentats attribués à l’Iran 

Sur la base de la déclaration de l’ancien chef du FBI, les Occidentaux savaient que les plus hautes autorités, du Guide suprême au ministre du Renseignement, sont impliquées dans l’explosion des tours Khobar le 25 juin 1996. Ils n’ont pas fait preuve de réaction sérieuse à cet attentat si ce n’est le déplacement des forces américaines hors de la région, ce qui a montré au régime qu’il ne paierait pas le prix de son terrorisme.

Malgré les enquêtes de monsieur Nisman démontrant l’implication des plus hautes autorités de Téhéran dans l’explosion du Centre culturel juif Amia en Argentine, enquête dans laquelle il a perdu la vie, le régime iranien poursuit sa politique terroriste.

L’attentat de l’Amia à Buenos Aires

C’est une attaque à la voiture piégée perpétrée le 18 juillet 1994 à Buenos Aires, la capitale de l’Argentine, qui visait un bâtiment abritant plusieurs associations juives, dont l’Association mutuelle israélite argentine (Amia).

Bilan: 84 morts et 230 blessés.

C’est l’attentat le plus meurtrier de l’histoire du pays, mais il n’a jamais été revendiqué.

En 2006, le nouveau procureur chargé du dossier, Alberto Nisman, accuse formellement le gouvernement iranien d’être le commanditaire de l’attentat, et le Hezbollah d’en être l’auteur

En 2009, Carlos Menem, le président argentin alors en exercice au moment des faits, est accusé d’entrave à l’enquête. Mais il bénéficie d’une immunité parlementaire.

Le 19 janvier 2015, Nismam est retrouvé mort, d’une balle dans la tête, malgré plusieurs gardes du corps et 170 caméras de surveillance. Mais les raisons restent mystérieuses, plusieurs entités y compris en Argentine, ont été soulagés par sa mort… la veille d’une audition officielle par la commission spéciale de la chambre des députés d’Argentine. 

En 2017, c’est l’avocat de Nisman (en exercice lors de l’attentat de Buenos Aires) qui est assassiné.

source Wikipedia

Un complot d’assassinat contre l’ancien ambassadeur d’Arabie Saoudite a été dénoncé et la tentative d’attentat à la bombe dans un grand rassemblement de l’opposition iranienne a été neutralisée. Cet événement en juillet 2018, rassemblait des dizaines de milliers de personnalités politiques américaines, européennes et arabes. Heureusement, les polices de Belgique, de France et d’Allemagne ont fait un excellent travail pour l’empêcher.


Ce qui doit être contesté c’est de traiter avec ce gouvernement terroriste.


De l’explosion du quartier général des Marines américains aux meurtres de soldats français au Liban le 23 octobre 1983, à l’explosion en Argentine le 18 juillet 1994, et à la dernière tentative terroriste ratée à Paris contre l’opposition iranienne en 2018, les plus hautes autorités du régime ont laissé leurs empreintes.

https://www.youtube.com/watch?v=0t–mwD8cj0

C’est pourquoi divers tribunaux en Argentine et en Allemagne ont condamnés les plus hautes autorités de Téhéran. Nul n’ignore la nature criminelle de ce régime et nul ne la conteste.

Par contre, ce qui doit être contesté c’est de traiter avec ce gouvernement terroriste.

Enfin une réaction américaine !

Lorsque les États-Unis ont réagi aux attaques terroristes du régime iranien contre leur ambassade en Irak en éliminant le général Qassem Soleimani le 3 janvier 2020, le régime a payé prix incommensurable pour ses menées terroristes.

Craignant de nouvelles attaques américaines, il n’a jamais osé d’attaquer à nouveau les bases américaines. Certains observateurs ont déclaré qu’il avait délibérément tiré par erreur. Mais il ne cessera son terrorisme aveugle qu’en payant un prix substantiel et en rendant des comptes.

Les 40 dernières années ont clairement montré que le régime iranien ne veut ni ne peut suivre les normes internationales du 21ème siècle.

Le soulèvement du peuple iranien en novembre 2019 et en janvier 2020 a montré que les Iraniens rejetaient la dictature religieuse dans son intégralité et appelaient à la mise en place d’un gouvernement moderne.

Il ne sera possible de libérer la région et la communauté internationale de ce terrorisme aveugle qu’en soutenant les peuples de la région qui appellent à se libérer du régime des mollahs.

« Un petit prince au pays des Mollahs », une dénonciation en version Bande Dessinée

Découvrez l’interview de l’auteure de cet article, Raouf Massoumeh, qui présente son livre « Un petit prince au Pays des mollahs ».  

L’histoire de son jeune frère, Ahmad Raouf Bachari Doust, arrêté cinq ans avant -à l’âge de 16 ans- et qui fera partie des 30 000 prisonniers politiques exécutés.

D’autres articles sur l’Iran

Iran – «Je vote le changement de régime» aux élections législatives

Le 21 février 2020, les «élections» législatives se tiendront en Iran pour les 290 sièges de «l’Assemblée islamique» appellée Majles. En réalité, le Guide suprême du régime et l’institution sous son contrôle, le Conseil des gardiens de la Constitution (CGC), sélectionnent les candidats sur la base de leur allégeance « dans le cœur » et « dans la pratique » au Guide suprême, Ali Khamenei.

Conformément à l’article 90 de la Constitution, toutes les candidatures à une élection sont examinées par ce Conseil de surveillance, qui est une chambre de 12 membres, dont six –issus du clergé– sont nommés par le guide suprême tandis que les six autres sont nommés par le chef du pouvoir judiciaire lui-même nommé par le guide suprême!

Au total, plus de 50% des personnes inscrites comme candidats aux 290 sièges du parlement ont été disqualifiées par le CGC comme inéligibles, principalement sous prétexte de manque de preuve suffisante d’allégeance à Khamenei.

Ironie de l’histoire, 90 membres du parlement actuel (donc qualifiés pour les élections précédentes) sont déclarés disqualifiés pour celles du 21 février 2020.

Ainsi cette farce électorale est devenue la crise la plus profonde du régime des mollahs depuis les soulèvements de novembre 2019 et de janvier 2020.

Élection ou sélection ?

Le régime est devenu si fragile que même Khamenei, comme tous les dictateurs dans la dernière phase de leur règne, ne peut tolérer sa faction «rivale». Et cela malgré le fait que les membres de cette faction lui aient prouvé à plusieurs reprises leur allégeance dans la pratique. Par le biais du CGC, sorte de Conseil de surveillance de la théocratie, qui est chargé de contrôler les candidats, Khamenei s’est employé à éliminer toute personne qui n’est pas à 100% obéissante.

La situation est si mauvaise que le président du régime, Hassan Rohani, a publiquement qualifié ces élections de «cérémoniale» qui s’apparente plutôt à des «sélections».

Pour sa part, la faction de Khamenei a attaqué Rohani pour ses commentaires, lui rappelant que ce sont les mêmes processus et procédés qui ont conduit Rohani lui-même au pouvoir. Ils soulignent que Rohani a déclaré publiquement avoir loué le Conseil des gardiens dans le passé. Mais fidèle à son cynisme habituel, Rohani vient de supplier le peuple de participer aux élections qu’il qualifie lui-même de «sélections».

Le 11 février 2020, la télévision d’État a diffusé les propos de Khomeiny sur le Conseil des gardiens, où il avait déclaré: «Celui qui dit que la décision du Conseil des gardiens est erronée, est corrompu. Une telle personne est corrompue et doit être poursuivie comme quelqu’un qui sème la corruption sur Terre.»

Querelles dans le cercle du sérail

Les querelles intestines entre les factions du régime ont atteint un niveau sans précédent. Il y a, en Occident, une perception erronée de la situation, qui est davantage encouragée par le régime iranien et ses lobbies, selon laquelle il existe une faction « modérée » au sein du régime, qui résiste aux « extrémistes » ou « durs ».

Cette analyse erronée signifie un grave manque de connaissances sur le régime iranien, sa nature et sa politique. Les luttes intestines en cours entre les deux principales factions du régime ne découlent pas de deux écoles de pensée différentes ni d’aucune véritable velléité de réforme. Elles relèvent plutôt d’une aggravation de la crise et l’incapacité du régime à contenir ses crises multiples, encore moins à les résoudre.

La principale divergence entre ces factions n’est pas entre les «réformateurs» et les tenants du statu quo, mais sur la meilleure façon de préserver le système. Il s’agit d’une crise existentielle profonde, où chaque faction soutient que l’approche du parti rival conduira au renversement du régime.

Paradoxalement, les deux factions ont raison. C’est le dilemme auquel le régime est confronté. D’un côté, il ne peut pas maintenir le statu quo beaucoup plus longtemps. De l’autre, il n’a pas la volonté, ni la capacité de changer de comportement.

Le changement de régime est sur l’agenda du peuple

Un sondage semi-officiel a montré que 83% de la population n’envisagent pas de participer à ces « élections ». Le sondage a été immédiatement retiré (du site de la TV officielle de l’Etat). Les « élections » pour cette nouvelle législature sont tenues dans un contexte très différent de celles de 2016.

Depuis 2017, le peuple iranien s’est insurgé à quatre reprises lors des soulèvements majeurs à l’échelle nationale pour réclamer un changement de régime. En novembre 2019, au moins 1500 manifestants ont été assassinés de manière sauvage et indiscriminée par le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) et d’autres forces répressives.

En janvier 2020, les gens sont descendus dans la rue une fois de plus, scandant «mort à l’oppresseur, que ce soit le chah ou le chef suprême».

Les gens scandaient également «conservateurs !réformateurs ! votre jeu est maintenant terminé», ce qui signifie que seul un changement de régime est sur l’agenda du peuple.

Ainsi, «mon vote est un changement de régime» est la réponse du peuple iranien à la farce électorale du régime. Madame Maryam Radjavi, présidente élue du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI), a appelé le peuple iranien à boycotter ce simulacre d’élections. Selon elle, boycotter cette mascarade est un devoir patriotique et signe de l’engagement de la nation envers les martyrs du peuple iranien, en particulier les 1 500 morts du soulèvement de novembre 2019. Il reflète également les exigences du soulèvement de janvier 2020 du peuple et des étudiants pour le renversement de la théocratie illégitime au pouvoir dans son intégralité.

Quelles leçons pourrons-nous en tirer?

Le fait que Khamenei ait eu recours à une purge aussi drastique signifie que face à la montée des crises et des pressions à l’intérieur et celles venant de l’extérieur, il a un besoin urgent de resserrer les rangs. La faiblesse et la vulnérabilité de son régime sont telles qu’il ne peut résister à aucun schisme interne, en particulier au sommet de l’Etat.

Le peuple iranien a voté pour un changement de régime lors de son soulèvement de mi-novembre 2019 et janvier 2020. Le renversement du régime est devenu inévitable. L’appel de Madame Radjavi à boycotter la farce électorale du régime bénéficie déjà d’un large soutien. Les appels à un changement de régime se multiplient sur les réseaux sociaux et des affiches et des bannières affichées dans des lieux publics à travers le pays reflètent l’aspiration du peuple iranien à un changement démocratique.

Le régime des mollahs en Iran est arrivé à son terme et n’a aucun avenir. Ce n’est qu’une question de temps pour le peuple de le renverser et d’instaurer la liberté et la démocratie dans leur pays d’une civilisation millénaire. Il est temps que le monde reconnaisse le droit du peuple iranien à un changement de régime et se range du côté du peuple iranien et de sa véritable alternative démocratique, le Conseil national de la Résistance iranienne dirigé par Madame Maryam Radjavi.

Le régime iranien ne peut continuer sans terrorisme. Mais l’approche des pays occidentaux a été la politique de complaisance et de tolérance à son égard.

De 1983 à 2020: de nombreux attentats attribués à l’Iran 

Sur la base de la déclaration de l’ancien chef du FBI, les Occidentaux savaient que les plus hautes autorités, du Guide suprême au ministre du Renseignement, sont impliquées dans l’explosion des tours Khobar le 25 juin 1996. Ils n’ont pas fait preuve de réaction sérieuse à cet attentat si ce n’est le déplacement des forces américaines hors de la région, ce qui a montré au régime qu’il ne paierait pas le prix de son terrorisme.

Malgré les enquêtes de monsieur Nisman démontrant l’implication des plus hautes autorités de Téhéran dans l’explosion du Centre culturel juif Amia en Argentine, enquête dans laquelle il a perdu la vie, le régime iranien poursuit sa politique terroriste.

L’attentat de l’Amia à Buenos Aires

C’est une attaque à la voiture piégée perpétrée le 18 juillet 1994 à Buenos Aires, la capitale de l’Argentine, qui visait un bâtiment abritant plusieurs associations juives, dont l’Association mutuelle israélite argentine (Amia).

Bilan: 84 morts et 230 blessés.

C’est l’attentat le plus meurtrier de l’histoire du pays, mais il n’a jamais été revendiqué.

En 2006, le nouveau procureur chargé du dossier, Alberto Nisman, accuse formellement le gouvernement iranien d’être le commanditaire de l’attentat, et le Hezbollah d’en être l’auteur

En 2009, Carlos Menem, le président argentin alors en exercice au moment des faits, est accusé d’entrave à l’enquête. Mais il bénéficie d’une immunité parlementaire.

Le 19 janvier 2015, Nismam est retrouvé mort, d’une balle dans la tête, malgré plusieurs gardes du corps et 170 caméras de surveillance. Mais les raisons restent mystérieuses, plusieurs entités y compris en Argentine, ont été soulagés par sa mort… la veille d’une audition officielle par la commission spéciale de la chambre des députés d’Argentine. 

En 2017, c’est l’avocat de Nisman (en exercice lors de l’attentat de Buenos Aires) qui est assassiné.

source Wikipedia

Un complot d’assassinat contre l’ancien ambassadeur d’Arabie Saoudite a été dénoncé et la tentative d’attentat à la bombe dans un grand rassemblement de l’opposition iranienne a été neutralisée. Cet événement en juillet 2018, rassemblait des dizaines de milliers de personnalités politiques américaines, européennes et arabes. Heureusement, les polices de Belgique, de France et d’Allemagne ont fait un excellent travail pour l’empêcher.


Ce qui doit être contesté c’est de traiter avec ce gouvernement terroriste.


De l’explosion du quartier général des Marines américains aux meurtres de soldats français au Liban le 23 octobre 1983, à l’explosion en Argentine le 18 juillet 1994, et à la dernière tentative terroriste ratée à Paris contre l’opposition iranienne en 2018, les plus hautes autorités du régime ont laissé leurs empreintes.

https://www.youtube.com/watch?v=0t–mwD8cj0

C’est pourquoi divers tribunaux en Argentine et en Allemagne ont condamnés les plus hautes autorités de Téhéran. Nul n’ignore la nature criminelle de ce régime et nul ne la conteste.

Par contre, ce qui doit être contesté c’est de traiter avec ce gouvernement terroriste.

Enfin une réaction américaine !

Lorsque les États-Unis ont réagi aux attaques terroristes du régime iranien contre leur ambassade en Irak en éliminant le général Qassem Soleimani le 3 janvier 2020, le régime a payé prix incommensurable pour ses menées terroristes.

Craignant de nouvelles attaques américaines, il n’a jamais osé d’attaquer à nouveau les bases américaines. Certains observateurs ont déclaré qu’il avait délibérément tiré par erreur. Mais il ne cessera son terrorisme aveugle qu’en payant un prix substantiel et en rendant des comptes.

Les 40 dernières années ont clairement montré que le régime iranien ne veut ni ne peut suivre les normes internationales du 21ème siècle.

Le soulèvement du peuple iranien en novembre 2019 et en janvier 2020 a montré que les Iraniens rejetaient la dictature religieuse dans son intégralité et appelaient à la mise en place d’un gouvernement moderne.

Il ne sera possible de libérer la région et la communauté internationale de ce terrorisme aveugle qu’en soutenant les peuples de la région qui appellent à se libérer du régime des mollahs.

« Un petit prince au pays des Mollahs », une dénonciation en version Bande Dessinée

Découvrez l’interview de l’auteure de cet article, Raouf Massoumeh, qui présente son livre « Un petit prince au Pays des mollahs ».  

L’histoire de son jeune frère, Ahmad Raouf Bachari Doust, arrêté cinq ans avant -à l’âge de 16 ans- et qui fera partie des 30 000 prisonniers politiques exécutés.

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