L’Internat d’Excellence à Metz, une œuvre humanitaire qui fabrique les leaders de demain

[Par Pierre TOH [zahokoui @ gmail . com], Renvoyé Spécial à Metz le 20 février 2014]

 

L’Internat d’Excellence à Metz est un centre d’hébergement de lycéen(ne)s en difficulté pour une réussite garantie.

 

DSC_0048Initialement dénommé Internat de la Réussite et devenu aujourd’hui Internat de l’Excellence, le centre d’hébergement pour lycéens en difficultés est une véritable bouffée d’oxygène. Projet pédagogique d’envergure, l’IE s’adresse à des lycéen(e)s de l’enseignement général, technologique et professionnel ainsi qu’à des étudiant (e)s en lycées (CPGE-BTS) motivé(e)s, ne bénéficiant pas d’un environnement favorable pour réussir leurs études.

 

Peuvent faire également acte de candidature, les élèves et étudiant(e)s boursier(ère)s issus des territoires de la politique de la ville (Zone Urbaine Sensible, Contrats Urbains de Cohésion Sociale), ceux issus de la ruralité et présentant le profil requis. Sponsorisé par le Centre Pompidou de Metz, l’IE est administrativement rattaché au Lycée Général et Technologique Louis Vincent de Metz. En septembre 2014, selon Mme Luton la responsable de l’internat, le nombre de places disponibles passera à 300. L’« Internat de la Réussite » est accessible aux élèves et étudiants issus des 4 départements de l’Académie de Nancy-Metz. Au delà des dimensions pédagogiques, éducatives et citoyennes, les actions culturelles et artistiques y prennent une place importante. Une équipe expérimentée de l’Internat d’Excellence mixte de Châtel-Saint-Germain est mise en place pour favoriser la réussite par des conditions et méthodes de travail optimales. Il propose une pédagogie innovante et des moyens renforcés qui permettent aux internes de bénéficier d’un accompagnement éducatif et personnalisé assuré par des professeurs et des assistants d’éducation, d’activités sportives, scientifiques, artistiques et culturelles, des partenariats nationaux et internationaux, d’un large accès aux dernières technologies de l’informatique et de la communication.

 

DSC_0041Cette vie estudiantine, loin de la famille biologique, est bénéfique au jeunes, elle lui permet de changer un temps soit peu de cadre de vie, de construire un projet personnel et professionnel, de développer sa personnalité, son autonomie, et l’estime de soi, de s’épanouir au contact de camarades motivés aussi par leurs bons résultats scolaires. Par contre, l’IE n’accueille pas les élèves présentant des troubles comportementaux, faisant l’objet de mesure de placement judiciaire ou en substitution de toute autre alternative éducative. Quant aux parents ou responsables légaux leur étroite association est demandée, ainsi que leur engagement et celui de l’élève, le principal concerné. La ville qui abrite l’Internat motive ses Équipes de Réussite Éducative pour jouer un rôle essentiel dans le suivi des élèves en dehors du temps d’accueil en internat c’est-à-dire fin de semaine et vacances scolaires et dans la liaison avec les familles.

 

L’Internat de l’Excellence offre à la population de Metz un dispositif qui encourage la poursuite d’études supérieures comme « les cordées de la réussite ». Une œuvre à imiter pour tout gouvernement soucieux du devenir de ses jeunes, les cadres de demain.

 

A l’heure des diasporas / L’exil serait-il en crise ?

Par Larbi GRAINE, journaliste algérien.
La notion d’exil est-elle en crise ? Dans un contexte de mondialisation économique et culturelle, caractérisé par la prolifération de diasporas dans des métropoles gigantesques, peut-on être sûrs que les populations de métèques qui y vivent se sentiraient dépaysées et mal dans leur peau et souffriraient du calvaire du « vivre-séparés » ? Les étrangers qui viennent s’installer durablement dans un pays qu’ils ont peu ou prou connu éprouveront-ils le sentiment d’exil de la même façon nonobstant leur différence de race, de culture et de religion ? Peut-on supposer que l’éloignement géographique par rapport au pays d’origine soit à la base du sentiment ineffable d’étrangeté dont souffre l’exilé ?

Originaire d’Algérie, l’auteur de ces lignes, va tenter de répondre à ce pack de questions, tout en interrogeant les migrations contemporaines à partir de sa propre subjectivité (qui soit dit en passant, comme a dit le philosophe) permet de reconnaître les objets. Puisqu’il me faut parler de la France afin de permettre à l’exilé que je suis censé être de scruter les réalités françaises, c’est-à-dire aborder toutes choses qui m’éloigneraient de mon pays, qui m’exileraient encore davantage en me projetant loin de mon territoire habituel, c’est ce qui fait de moi du reste un journaliste d’un pays tiers, un apatride dont on espère qu’il va jeter un regard neuf sur des choses archaïques et peut-être passées de mode. La chose n’est pas sans rappeler l’exotisme qui jadis se pratiquait sur les contrées de l’ailleurs, dans cet orient lumineux que Flaubert avait cru déceler aux portes mêmes de la province. On se délecte bien du français de l’étranger, sa langue est d’autant plus attrayante qu’elle est habitée par des sonorités et des réminiscences de la langue première.Algérien, je vais dire aux Français dont des millions sont d’origine algérienne comment je les perçois. Et d’ailleurs comment prendre le fait que ce plat berbère qu’est le couscous soit devenu celui que préfèrent les Français ? Saviez vous qu’il est plus facile de manger un couscous dans les restaurants de Paris que dans ceux d’Alger ? Saviez-vous que l’exilé, algérien de surcroît, ne peut retenir de la France que ce qu’elle a d’Algérie en elle ? Barbès explose au rythme des victoires de l’équipe d’Algérie, ce qui nous donne parfois l’impression que c’est la France qui s’exile sur ses propres terres. On le constate bien les Algériens installés en France, y compris ceux qui sont en situation irrégulière, s’y comportent comme s’ils étaient chez eux. La même observation vaut pour les ressortissants de l’Afrique subsaharienne, relevant des anciennes colonies françaises. On le voit le poids de l’histoire y est prépondérant. Réfugié à Paris, un confrère syrien qui a fui la guerre civile qui déchire son pays souligne qu’il éprouve un sentiment d’exil encore plus profond que celui que ressentiraient « les Arabes d’Algérie, du Maroc ou de Tunisie » arguant qu’en France il n’a pas eu le loisir de rencontrer beaucoup d’Arabes du Moyen-Orient.
De tradition arabo-berbère et fortement présents en France, les Maghrébins en général et les Algériens en particulier seraient-ils plus proches des Français ? A vrai dire, les Français ont leurs Arabes depuis longtemps. Dans l’hexagone aujourd’hui on entend parler le kabyle et l’arabe d’Algérie à chaque coin de rue. En plus des places fortes tenues par les Maghrébins, la France abrite une floraison de sociétés diasporiques. L’agglomération parisienne en est la plus parfaite illustration, Italiens, Noirs Africains, Chinois, Turcs, Indiens et j’en oublie se disputent son sol. Mais s’il n’y a point de Syriens à l’horizon, les traces du pays perdu seront plus difficiles à retrouver. L’exilé s’attellera à les chercher, et la vision qu’il aura de son pays d’accueil en sera profondément marquée. A la quête du pays qu’il vient de quitter, il est sans cesse rappelé à la dure réalité de sa condition. Tout aussi exilé qu’il le fut chez lui, il l’est tout autant sur sa terre d’adoption. N’ayant jamais été prophète en son pays, il ne saurait devenir le messie chez les autres. Vivant un double exil, il atterrit (quand il a la chance d ‘appartenir à une forte communauté expatriée), dans une diaspora, substitut de la société d’origine, laquelle va en quelque sorte le travailler au corps, le malaxant ne serait-ce que parce qu’il va pouvoir continuer à faire usage de sa langue maternelle. Certes, la vie en diaspora peut atténuer le sentiment de l’exil mais elle ne peut empêcher le désarroi découlant de la coupure d’avec la terre d’origine – devenant par la force des choses la terre promise. 

 

Affaire Michel Thierry Atangana : Paul Biya cède face à la pression internationale

Par René DASSIE

Emprisonné depuis 17 ans au Cameroun pour des détournements de deniers qu’il a toujours contestés, le Français Michel Thierry Atangana va pouvoir être libéré, à la faveur d’une remise de peine décidé par Paul Biya, le président camerounais, suite aux pressions internationales (pour en savoir en plus, cliquez ici : « Affaire Michel Thierry Atangana : Paul Biya fait-il marcher François Hollande ?  »).

michel atangana 1La plupart des observateurs en conviennent : le décret signé mardi par Paul Biya « portant commutations et remise de peines au bénéfice de personnes condamnées et détenues pour infractions diverses » vise expressément Michel Thierry Atangana, même s’il ne désigne pas nommément prisonnier . Le premier des cinq articles du texte de trois pages indique en effet qu’une remise totale de peine est accordée aux personnes condamnées pour détournement de deniers publics, et qui auraient déjà passé plus de dix ans en prison.

Michel Thierry Atangana a été condamné pour la première fois à 15 ans de prison en 1997. Officiellement pour détournement de fonds publics. Alors qu’il avait entièrement purgé cette peine, il a été rejugé pour les mêmes faits en 2012, et a écopé d’une nouvelle condamnation à 20 ans, augmentée d’une contrainte par corps de 5 ans. Son compagnon d’infortune, l’ancien ministre Titus Edzoa, a subi le même traitement judiciaire.

Pour le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary, le décret pris par le président, à la veille de la célébration du cinquantenaire de la réunification du Cameroun, traduit l’esprit de « tolérance et de pardon » de Paul Biya. Une analyse qu’on ne partage pas à Paris. « Il y a tout un habillage autour de ce décret, mais c’est bien Atangana qu’on libère à travers ce texte », a réagi Me Dominique Tricaud, un des avocats français de Michel Thierry Atangana.

Pressions

Ces derniers semaines en effet, la pression s’est accru sur Paul Biya. Dans un rapport publié début février, le groupe de travail de l’ONU sur la détention constate le caractère arbitraire de la détention de M. Atangana : « Toutes les instances judiciaires intervenues dans sa très longue privation de liberté ont manqué d’impartialité et il a été jugé deux fois pour les mêmes faits », écrivent les experts onusiens. Les Nations unies réclament par conséquent sa «  libération immédiate » et conseillent à l’État camerounais de lui verser une « indemnisation réparatrice des préjudices causés ».

L’intervention de l’ONU qui aurait crée un vent de panique à Yaoundé, est venu renforcer d’intenses tractations diplomatiques, à la fois officielles et souterraines, engagées par François Hollande, dès son arrivée à l’Élisée. Alors que ses prédécesseurs, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy avaient fait peu de cas de la situation du Français d’origine camerounaise, le nouveau président va prendre son dossier en main. Au prisonnier, il écrit une lettre, dans laquelle il lui fait part de sa sollicitude. Lors d’une interview sur France 24 et TV5, il juge « inadmissible », sa longue détention. Mais surtout, il interpelle directement et régulièrement Paul Biya qu’il invite à trouver une issue rapide à l’affaire, de sorte que le président camerounais finit par lui promettre qu’il gracierait Michel Thierry Atangana. Et lorsque Paul Biya traîne des pieds, François Hollande reprend sa plume, pour lui rappeler sa promesse.

Pendant ce temps, sur le terrain en France, le comité de soutien à Michel Thierry Atangana, présidé par Dominique Sopo, ancien président de SOS Racisme multiplie les actions dans les médias et dans la rue. Les Parisiens se familiarisent avec le visage et l’histoire de M. Atangana, à travers des campagnes régulières de tractage, d’affichage et de manifestations publiques.

Toutes choses qui auront pour effet, d’écorner l’image de Paul Biya, réputé très discret et peu connu du public français, en dépit de ses plus de 30 ans de règne sans partage sur le Cameroun.

Paul Biya a donc cédé à la pression, et Michel Thierry Atangana devrait pouvoir respirer l’air de la liberté, après avoir passé plus de 17 ans dans un réduit aveugle de 7m², niché au sous-sol d’un immeuble du ministère de la Défense à Yaoundé. Toutefois, ses soutiens restent prudents. «  Tant que Michel Thierry Atangana n’aura pas quitté sa cellule, nous resterons extrêmement vigilants. Il faut qu’il y ait une décision formelle qui soit prise par le ministre de la Justice. Il y a aussi les délais pour la levée d’écrou, elle peut être extrêmement rapide comme elle peut prendre quelques heures ou quelques jours », a indiqué Dominique Sopo, sur RFI. Pour sa part, Me Dominique Tricaud prépare déjà le combat qui suivra sa libération. « Nous allons maintenant veiller à son indemnisation et à la prise de sanctions contre ceux qui sont responsables de sa détention », a-t-il indiqué. M. Atangana serait détenteur vis-à-vis du gouvernement camerounais d’une créance évaluée à 338 milliards de Francs CFA, c’est à dire plusieurs centaines de millions d’euros.

Le Comité pour Juger Duvalier dénonce la visite à Paris de Martelly et interpelle Hollande

Par Nguebla MAKAILA

La visite à Paris, jeudi 20 février 2014, du Président haïtien Michel Martelly, invité de François Hollande, a suscité l’ire et l’indignation du Comité pour Juger Duvalier composé à majorité des victimes du régime de Jean Claude Duvalier qui a régné par une redoutable dictature dans le pays de 1971 à 1986.

mnimg2Devant un parterre des journalistes et d’amis d’Haïti, Gérard Bloncourt et Paul BARON, deux responsables du Comité pour Juger Duvalier l’ancien dictateur, ont organisé une conférence de presse, le jeudi 20 février 2014 à 19heures 30 mn, au café Rally à Paris pour s’insurger contre cette visite à Paris de leur président. Le comité pour Juger Duvalier a adressé une lettre ouverte à François Hollande dans laquelle, il dénonce l’attitude négative du Président haïtien envers les actions concernant la vitale question de mettre fin à l’impunité, impunité héritée en ligne directe des trente (30) ans de tyrannie et de dictature des Duvalier père et fils. Selon les conférenciers, le Président Martelly ne fait aucun effort dans le sens de faire avancer le procès contre Jean Claude Duvalier dont le régime est accusé d’être responsable des 60.000 victimes et des délinquances financières durant son exercice au pouvoir. Il est reproché au Président Martelly de soutien essentiel à Jean Claude Duvalier et d’encourager le « Duvalirisme sans Duvalier » du système actuel.

La complaisance de la France dénoncée

Par ailleurs, Gérard Bloncourt et Paul BARON, jugent inconcevable le comportement successif des autorités françaises qu’elles soient de tendance politique de gauche ou de droite. Ils disent que la France refuse de juger Duvalier pour sa monstruosité qui constitue des véritables atteintes les plus répréhensibles des droits de l’homme à l’encontre du peuple haïtien. Selon eux, les tribunaux français se sont révélés curieusement incompétents devant toutes les procédures engagées pour juger Jean Claude Duvalier ce qui a fait que celles-ci n’ont pas abouti du fait des interférences politiques. Ils trouvent en revanche inadmissible que la France, qui est un pays des droits humains dérobe à ses obligations et continue la mascarade contre le déni des droits humains.

Complicité américaine et canadienne en Haïti relevée

Le Comité pour Juger Duvalier n’est pas passé par le dos de la cuillère pour taxer de complices les Etats-Unis et le Canada. Ils sont, quant à eux, tenus responsables pour leurs soutiens aux différents régimes qui se sont succédé à la tête du pays. Les orateurs ont dénoncé que les américains et canadiens d’empêcher à laisser émerger une démocratie triomphante en Haïti à cause des intérêts qu’ils préservent.

Espoir de juger Duvalier renaît

C’est en pleine conférence de presse qui tire à sa fin, qu’une nouvelle réjouissante est tombée. Elle est annoncée par le Comité pour Juger Duvalier qui a reçu un appel téléphonique d’Haïti selon lequel, la Cour d’Appel de Port-au-Prince, a déclaré recevables les plaintes des victimes de la dictature Duvalier . Ladite Cour d’Appel a estimé que de sérieux indices concordent sur la participation indirecte et à la responsabilité pénale de l’inculpé Jean Claude Duvalier. La conférence de presse a pris fin, avec le bon espoir, pour le Comité pour Juger Duvalier qui affirme qu’il ne cherche pas une vengeance mais que ce procès serve d’une sorte de thérapeutique de voir un jour juger Jean Claude Duvalier, bourreau du peuple haïtien.

Affaire Michel Thierry Atangana : Paul Biya fait-il marcher François Hollande ?

Par René DASSIE

Le président camerounais a promis à son homologue français qu’il ferait libérer Michel Thierry Atangana (pour en savoir en plus, cliquez ici : « Michel Thierry Atangana : un homme détruit pour rien »), citoyen français emprisonné depuis 17 ans au Cameroun officiellement pour détournement de fonds, sur la base d’un dossier vide. Mais il traîne des pieds, et laisse la situation du détenu désormais gravement malade se détériorer davantage. L’Onu a demandé au gouvernement camerounais de le libérer et de réparer les préjudices qu’il a subis.

michel atangana 2La scène se déroule le 31 janvier 2013 à Paris. Paul Biya, le président camerounais, sort d’une audience avec son homologue français, François Hollande, et fait face à la presse, sur le perron de l’Elysée. Un journaliste lui demande : « Michel Thierry Atangana, puisque vous parlez des droits de l’Homme est considéré comme un otage dans votre pays. Allez-vous bientôt ordonner sa libération ? ». Après une brève hésitation, Paul Biya répond : « (…) Son affaire est en instance. Il a fait appel et il a saisi également la Cour suprême. Nous attendons la décision de la Cour suprême pour voir ce qu’il y a lieu de faire. Notre souci c’est qu’il y ait le maximum de gens libres, mais je ne veux pas contrarier les décisions de justice».
Dans cette réponse, Paul Biya reprend, dans un langage plutôt diplomatique, une promesse qu’il a faite à François Hollande, un peu plus tôt, lors de leur entrevue. Pour la deuxième fois en effet, le président français l’a interpellé au sujet du Français Michel Thierry Atangana, qui entame alors sa seizième année de détention dans une cellule du ministère de la Défense à Yaoundé. La première fois c’était un peu de plus de trois mois plus tôt, en marge du sommet de la Francophonie, à Kinshasa, en République démocratique du Congo. Selon La Lettre du Continent, un confidentiel très introduit dans les chancelleries africaines, François Hollande avait alors longuement évoqué la situation du prisonnier, avec Paul Biya. Celui-ci n’avait pas réagi. Le président camerounais, visiblement surpris par la question, s’était contenté d’écouter son homologue français.

Promesse de grâce présidentielle

Un silence dans lequel il ne prospère pas à Paris. Paul Biya réagi face à l’insistance de François Hollande. Mieux, il lui fait la promesse de libérer Michel Thierry Atangana, quelle que soit la décision de la plus haute juridiction du Cameroun devant laquelle le prisonnier a introduit un recours, dans l’espoir de voir annuler ses condamnations. Traduction : le prisonnier sera gracié par le président, si la justice ne le libère pas.
L’obstination du président français à évoquer l’affaire à chaque rencontre avec son homologue camerounais traduit sa forte préoccupation au sujet du cas de M. Atangana. Depuis 1997, ce Français d’origine camerounaise est enfermé dans un réduit aveugle et humide de 7m², au sous-sol d’un bâtiment du secrétariat à la Défense de Yaoundé. Des conditions de détention inhumaines, qui lui ont valu d’être moralement brisé et physiquement handicapé : il souffre désormais d’une paralysie partielle de son corps. Marié à une Française et naturalisé en 1988, il n’a pas vu grandir ses deux enfants, dont le plus âgé avait 5 ans, au moment de son arrestation. Pourtant, il est innocent. Son crime c’est de s’être retrouvé au mauvais endroit au moment. Il est victime d’un règlement de compte politique. Il a été cité contre son plein gré, comme directeur de campagne de Titus Edzoa, un ministre dissident du gouvernement de Paul Biya, qui, après sa démission, avait décidé d’affronter celui-ci dans une élection présidentielle.
Accusés de détournement de denier publics, les deux hommes ont été condamnés à 15 ans de prison, à l’issue d’un procès expéditif. Sans la moindre preuve. En 2012, après qu’ils ont eu entièrement purgé leur première peine, ils ont été rejugés pour les mêmes faits, et ont écopé d’une nouvelle condamnation à 20 ans de prison, augmentée de 5 ans de contrainte par corps. Si rien n’est fait, Michel Thierry Atangana qui avait 32 ans au moment de son arrestation pourrait rester en prison jusqu’à l’âge de 72 ans. Pendant leurs mandats respectifs, les présidents Chirac et Sarkozy ont fait le choix d’ignorer sa lente agonie. François Hollande qui a jugé sa situation inadmissible est le premier chef d’Etat français à se pencher sur sa situation.
Mi-octobre 2013, au terme d’une audience éclair, la Cour suprême du Cameroun rejette le pourvoi en cassation de Michel Thierry Atangana. Cette décision ouvre la voie à la grâce présidentielle promise par Paul Biya. Confiants, des diplomates français estiment même que le président camerounais annoncerait la bonne nouvelle à la fin de l’année, ou juste après.

Yaoundé bombe le torse

Cependant, les semaines passent, et ils commencent à déchanter, un an après la promesse du président camerounais. A Yaoundé, c’est silence radio. François Hollande aurait même adressé un nouveau courrier à Paul Biya pour lui rappeler sa promesse, sans que celui-ci ne s’empresse de réagir. Le gouvernement socialiste que l’on dit peu initié aux mœurs politiques compliqués d’Afrique tropicales commence peu à peu à comprendre qu’à Paris et à Yaoundé, la notion de temps, le sens de l’honneur et du respect des engagements pris ne s’apprécient pas de la même façon.
De leur côté, les avocats de Michel Thierry Atangana qui visent un effacement des condamnations de leur client ont adressé au président camerounais une demande de grâce amnistiante. Ils attendent toujours sa réponse.
Il est vrai que dans cette affaire, la diplomatie française a souvent donné des signaux contradictoires. On a ainsi vu fin décembre dernier, Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères, tout sourire, congratulant Paul Biya, à Yaoundé. Sans un mot sur le cas Michel Thierry Atangana. Un silence injuste, pour les proches de prisonnier. Selon eux, s’il est vrai que l’occasion, la libération du prêtre français Georges Vandenbeusch, ancien otage de la secte islamiste Boko Haram au Cameroun se prêtait davantage aux réjouissances qu’à autre chose, il n’est pas moins vrai que la situation de tout autre otage mérite le même traitement, que son ravisseur soit un groupe terroriste ou un Etat en indélicatesse avec les droits de l’homme.

Une détention arbitraire selon l’Onu

Car pour ces proches du prisonnier qui ont créé un comité pour le soutenir, le mot « otage » utilisé par un journaliste face à Paul Biya sur le perron du palais présidentiel français correspond bien au statut de Michel Thierry Atangana. L’Organisation des Nations unies ne dit d’ailleurs pas autre chose. A la suite du gouvernement américain qui a inscrit cet homme aujourd’hui âgé de 48 ans dans sa liste de détenus politiques, l’Onu vient en effet de constater l’imposture de sa détention et d’exiger sa libération. Après enquête, et face au silence des autorités de Yaoundé qui ne lui ont pas répondu dans les délais, le Haut-commissariat aux droits de l’Homme de l’Onu a en effet émis un avis qui « recommande au gouvernement camerounais de procéder à la libération immédiate de M. Atangana». Le document invite également le gouvernement camerounais à lui verser « une indemnisation réparatrice des préjudices causés par la privation de liberté dont il est l’objet depuis le 12 mai 1997, son incarcération dans des conditions inhumaines et son jugement deux fois pour les mêmes faits ».
De quoi conforter le président François Hollande, dans ses efforts en vue de rétablir la liberté et la dignité de son concitoyen. A Paris, Me Éric Dupond-Moretti, un ténor du barreau français désormais engagé dans la défense de Michel Thierry Atangana a laissé entendre qu’il solliciterait une audience auprès de Paul Biya pour mieux lui expliquer les contours de l’affaire. Dans le même temps, le comité français de soutien au prisonnier, piloté par Dominique Sopo, l’ancien président de SOS racisme et Ibrahim Boubakar Keita, Président de la chaine de télévision BDM (Porte-Parole) prépare, en lien avec Amnesty International, de nouvelles actions en faveur de la libération de Michel Thierry Atangana.

Partenariat militaire franco-tchadien : obstacle à la démocratie en Afrique centrale

Par Nguebla MAKAILA

Le partenariat militaire que développent la France et le Tchad, pose un véritable problème pour de nombreux observateurs en Afrique.

partenariat franco-tchadien_photo

Durant des décennies, la France a joué au Tchad et en Afrique, un rôle non négligeable dans le domaine du partenariat militaire. Son but est de former et d’outiller les forces armées de plusieurs pays afin qu’ils puissent relever les défis de la défense et de la sécurité de leur région.

La conférence de La Baule du 20 juin 1990 qui entre dans le cadre de la 16e conférence des chefs d’État d’Afrique et de France, était censée imposer la démocratie aux pays africains. Elle a suscité un réel espoir aux populations, celui d’entrevoir la conquête du pouvoir par les voies des urnes au lieu des coups d’Etat militaires et des rébellions.

Aujourd’hui, tout porte à croire que la majorité des africains ont déchanté. La succession au pouvoir en France des Présidents depuis les années 1980 (François Mitterrand, Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande) n’a toujours pas aidé l’Afrique centrale à amorcer une véritable démocratie.

Pourquoi ?

Les relations qui lient la France avec les dirigeants africains restent obscures et n’aident pas à assurer les valeurs universelles de la démocratie dans la plupart des Etats. Ces dernières années, le partenariat militaire est au cœur des préoccupations des autorités françaises, au détriment de la promotion des droits de l’homme, des libertés fondamentales, de l’Etat de droit, de la bonne gouvernance politique et économique, et enfin de la justice sociale.

Avec la menace terroriste qui prend une proportion inquiétante, deux ministres français notamment Yves Le Drian de la défense et Manuels Valls, ministre de l’intérieur ont été successivement reçus en audience fin décembre 2013, par Idriss Deby dans la capitale tchadienne. Le Tchad est le seul pays africain dont les troupes sont jugées aptes, redoutables et suffisamment aguerries dans la lutte contre le terrorisme international, d’où l’intérêt de la France de privilégier et de maintenir la coopération militaire. Et pourtant, le pays d’Idriss Deby n’est pas un bel exemple de démocratie.

L’allié qui violait les droits fondamentaux

Force est de constater qu’aujourd’hui, le régime tchadien est perçu par Paris comme un allié de taille, malgré les atteintes massives des droits de l’homme dont il est tenu responsable, commises en direction de l’opposition démocratique, des acteurs de la société civile et des journalistes.

Avec un record de 23 ans de règne sans partage, le président tchadien Idriss Deby a verrouillé totalement l’espace des libertés à son peuple. Les critiques à son encontre et à celle des membres de sa famille, ne sont pas tolérées, et les manifestations ne sont pas autorisées et lorsqu’elles ont lieu, sont violemment réprimées dans l’indifférence générale. Le cas tchadien illustre la complaisance et la mansuétude dont Paris fait preuve à l’égard du régime d’Idriss Deby, ce qui pose véritablement problème à l’épanouissement de la démocratie au Tchad.

A l’instar d’Idriss Deby au Tchad, la plupart des dirigeants d’Afrique centrale totalisent la longévité au pouvoir ou l’accession au pouvoir de manière monarchique. En voici, le panorama : Teodoro Obiang Nguema (Guinée Equatoriale), 34 ans ; Paul Biya du (Cameroun), 30 ans, Denis Sassou Nguesso (Congo),18 ans ; Ali Bongo (Gabon), a succédé à son père Oumar Bongo mort en 2009, il a régné pendant 43 ans, François Bozizé (Centrafrique), chassé du pouvoir le 23 mars 2013, a régné pendant 10 ans, il était arrivé au pouvoir par les armes. Sa chute du pouvoir, a laissé place à une crise politique aujourd’hui, irrémédiable.

Au regard de ces faits alarmants, le pessimisme hante l’esprit des Français amis du continent africain, de voir un jour naître un véritable espoir de démocratiser l’Afrique centrale, nid des conflits politiques et des violences armées répétés. Si le partenariat militaire franco-tchadien doit prendre en considération la dimension sécuritaire et humaine dans la sous-région, elle doit en outre tenir compte des aspirations populaires des masses qui se mobilisent désespérément pour la démocratie et le respect de la dignité humaine face à des régimes impopulaires sans véritable légitimité. La France est invitée à aider les Africains soucieux de respecter les valeurs qu’elle prône à l’échelle universelle.

 

La guerre : une arme politique

Lela Lashkhi PHOTO

Par Lela LASHKHI

Je ne pense pas qu’il y ait dans le monde moderne un domaine plus passionnant que la politique. Le peuple la choisit, elle devient partie intégrante de notre mode de vie. Théoriquement, elle doit être juste et transparente, mais ensuite elle commence à ressembler à un marécage mouvant et impalpable qui vous attire et vous enfonce, vous laissant seul à jamais dans le sable.

L’aspiration essentielle des hommes n’est-elle pas le débat et la connaissance d’autrui qui ne nous laissent jamais nous perdre dans les labyrinthes de la politique ? Qui se soucie de cela maintenant ? Gagner le pouvoir est un jeu, à la suite duquel la confrontation devient absolument incontrôlable. Elle dépasse tout objectif déterminé, programmé et c’est ce qui mène à la passion. Alors l’objectif justifie-t-il le moyen ?

Winston

L’Etat adopte des lois. Les gens y obéissent ou non. Dans tous les cas, il y a un manque de logique flagrant dans les textes puisqu’on entend une multitude d’avis contradictoires sur nombre de sujets. A ce moment-là, une agression « non réalisée » semble une loi plus logique mais c’est absolument inadmissible pour l’Etat.Churchill conseillait de ne pas être délicat et raisonnable avec les personnages politiques qui l’entouraient. Il leur disait qu’ils perdraient, qu’ils n’arriveraient pas jusqu’à leur objectif. Le talent de l’homme politique est d’anticiper les jours, les semaines et les années à suivre. Aujourd’hui, l’Etat ressemble à une famille désordonnée où personne n’arrive à s’entendre. Tout le monde a son propre intérêt, des attitudes contradictoires avec celles des autres. Deux tendances se distinguent. Les uns prennent la voie de la honte, les autres celle de la guerre. Les premiers, au début, se heurtent à la guerre. Personne n’aime la guerre, sauf les enfants. Avec innocence, ils ont hâte de rentrer de l’école, de jeter leurs livres, et de mettre en marche des jeux vidéo dans lesquels ils ajustent des armes pour anéantir l’ennemi. Pour eux, l’objectif justifie vraiment tous les moyens réels ou pas.

Que deviennent les hommes politiques qui ont été élus ? Ils se sont battus pour le pouvoir puis ils ont laissé les sujets qu’ils défendaient derrières eux. Le choix est devenu impossible pour les électeurs… La majorité des gens n’a aucune envie de savoir : qui fait quoi, où et pourquoi ? Qui est le ministre de quoi, qui est son amant et qu’est-ce qu’ils ont mangé au dessert. L’essentiel pour eux c’est de savoir ce qu’ils sont et proposent, car ils savent exactement ce qu’ils aiment. L’implication des citoyens dépend dans la nation de leurs conditions de vie et des autres conditions sociales. Premièrement, cela dépend de la bonne éducation, or elle se dégrade non seulement en Géorgie, mais dans le monde entier. Dans le monde, c’est la guerre. Il y aura toujours la guerre. Elle est l’outil principal de la politique.

Qui a besoin des cabinet des ministres, de la chancellerie ou encore du parlement ? Ce sont des nids bien chauds pour raviver la guerre, où les braises de la haine sont toujours en action. Je ne veux pas de guerre. Je la hais. Je veux vivre pour moi-même, pour mes objectifs. Pour ma vie, que je n’ai pas choisie.