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L’Afrique à ses mots à dire

[Par Alareny BAH]

Les pays africains ne sont pas de simples figurants à la 21 ème rencontre mondiale sur le climat qui se tient depuis le 30 novembre à Paris.

Reuters/Thomas Mukoya

Reuters/Thomas Mukoya

Des ministres, ONG et autres acteurs essayent, chacun de leur côté, de dénoncer le mal et d’apporter une solution à cet épineux problème. Le FORIM (Forum des Organisations de Solidarité Internationale issues des Migrations) et l’Association des Jeunes Guinéens de France ont organisé une rencontre d’explications et d’échanges liée à la problématique. Les conférenciers venus de plusieurs pays d’Afrique dont la Guinée et le Sénégal ont avancé la thèse selon laquelle si rien n’est fait d’ici 10 ans, près de 135 millions de migrants vont fuir le réchauffement climatique rien qu’en Afrique.

Le représentant de « la muraille verte » s’est dit préoccupé par l’assèchement progressif du lac Tchad et du fleuve Niger et par la dégradation des ressources naturelles au vu et au su des dirigeants.
Pour anéantir ou arrêter la progression de ces risques de dégradation, il propose qu’il y ait plus de politique adéquate à la conservation de la biodiversité et des sols ainsi qu’une bonne gestion des déchets pour une utilisation meilleure dans les sociétés industrielles.

 

Paris, ouverture de la COP21

[Par Alareny BAH]

Au-delà  des menaces terroristes, le monde s’unit pour sauver la planète

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Illustration de la COP21 (source: lemontri.fr)

 

La 21ème Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques appelée « COP21 » a ouvert ses portes ce 30 novembre 2015 au Bourget au nord de Paris. Pendant 11 jours, 150 chefs d’États et de gouvernements vont se pencher sur un accord mondial pour limiter le réchauffement climatique à une moyenne de 2°c.

Le Président français François Hollande a appelé ses pairs à agir maintenant, pour pouvoir mobiliser chaque année la somme de 100 milliards de dollars US d’ici 2020, afin d’aider les pays en développement à faire face aux dérèglements climatiques.

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Un militant écologiste (source: rtl.fr)

 

Les États-Unis, la Chine et l’Arabie Saoudite (les plus gros pollueurs de gaz à effet de serre dans le monde) décident aussi de prendre un tournant plus vert.

L’Afrique n’est pas en marge ; par exemple, la délégation guinéenne s’engage en effet à réduire sa consommation énergétique : à l’avenir, 30% de sa consommation seront issus des énergies nouvelles et renouvelables.

 

 

Population mondiale en 2014, présentation du Rapport annuel du l’UNFPA

[Par Alareny Baillo BAH]

Mabingue Ngom, directeur à l'UNFPA

Mabingue Ngom, directeur à l’UNFPA

« Investir dans les 1,8 milliards d’adolescents et de jeunes à travers le monde et la transformation de l’avenir », tel est le thème choisi cette année par l’institution pour présenter l’examen du rapport annuel.

« Dans ledit rapport, la jeunesse prend une place prépondérante, ce projet va permettre l’émergence de nombreux jeunes, notamment des filles ». Au cours de son exposé, le Sénégalais Mabingue Ngom, directeur à l’UNFPA (en français : le Fond des Nations unies pour la population) a fait un plaidoyer pour inviter les pays à promouvoir leur développement, surtout en Afrique, ainsi qu’à profiter de leur avantage démographique et à renforcer la prévention et la lutte contre le virus du sida.

Selon lui, le monde connaît la croissance démographique la plus importante de son Histoire, et celle-ci sera doublée d’ici 2040, il faut donc mobiliser des fonds publics pour relever le défi de la jeunesse. Mais à travers tout ce qui sous-tend ce rapport, le monde est confronté aujourd’hui à plusieurs foyers de tensions, dont la jeunesse constitue un pôle important. On assiste notamment à l’enlèvement de jeunes filles par des groupes islamiques armés ; nombreux sont donc les observateurs qui se demandent comment ce rapport a été accueilli et si le public cible a été effectivement touché.

Guinée : un opposant arrêté et une plainte contre trois radios privées

[Par Alareny BAH]

La violation de la liberté d’expression est un fait réel désormais connu de tous les citoyens guinéens. Ceux qui se hasardent à se lancer dans cette aventure trouveront sur leur chemin des difficultés importantes. Il ne se passe pas un seul jour dans ce pays sans que des attaques, menaces, agressions, violations de domicile ou assassinats ne soient signalés.

Abdourahamane Bakayoko (source : guineelibre.com)

Abdourahamane Bakayoko (source : guineelibre.com)

Le jeudi 6 novembre dernier un jeune du nom d’Abdourahamane Bakayoko entré en politique en 2012, dans un parti agréé et reconnu par l’État, et candidat à la députation en 2013, a vu son véhicule incendié par de jeunes incendiaires surexcités, à Labé, ville située à plus de 400km de la capitale Conakry. Le reproche qui lui était fait était d’avoir dénoncé les malversations et les positions ethniques de l’opposition et du pouvoir. Invité par une radio privée de l’ endroit pour débattre des sujets de la vie nationale, ce jeune homme d’une trentaine d’années et président du parti (les Démocrates Guinéens) a répondu à une question du journaliste en ces termes: le président de la république a un parti ethnique, il n’a de militants que dans son ethnie, et d’enchaîner : Cellou Dalein (chef de file de l’opposition) ne pourra jamais battre Alpha Condé (pdt de la rép) aux prochaines présidentielles car il n’a de militants que dans son ethnie et dans sa famille. Fin de citation. Voilà les propos qui ont fait déborder le vase.

Cellou Dalein (source : tamtamguinee.com)

Cellou Dalein (source : tamtamguinee.com)

Avant même que l’émission ne soit terminée, les locaux extérieurs de la radio furent encerclés voire attaqués par des jeunes se réclamant de l’opposition et du parti de Cellou Dalein. Comme le jeune leader ne sortait pas, la foule s’est emparée de son véhicule et y mis le feu. Le pouvoir, c’est à dire les autorités locales, au lieu de le protéger, a procédé à son arrestation pour outrage au chef de l’État. Actuellement, il est détenu à la gendarmerie régionale en attendant son procès. A la suite de cela, les magistrats de Guinée ont jeté leurs robes pour porter plainte contre trois radios privées de Conakry. Le 4 novembre, lors d’une réunion spécialement tenue pour la circonstance, l’association des magistrats a fait savoir que ces trois radios avaient critiqué à plusieurs reprises leur institution et traité leur président d’incompétent. Chose jugée intolérable. Elle a donc déposé plainte contre ces trois médias malgré la dépénalisation du délit de presse dans ce pays. Le 5 novembre, des commandos armés jusqu’aux dents ont fait une descente musclée jusqu’à l’intérieur même du tribunal pour mettre à tabac le juge de ce tribunal ; ils se sentaient forts du fait qu’ils étaient armés. Où est passé l’État de droit? En tout cas, voilà ce qui se passe dans mon pays.

 

 

Crimes contre les journalistes : L’Afrique dans la tourmente

[Par Alareny BAH]

Le 2 novembre a été décrété « Journée internationale contre l’impunité des crimes commis contre les journalistes » par l’Unesco. L’Onu a également instauré la « Journée mondiale de la presse » qui a lieu chaque 3 mai. Ces initiatives pointent ce qui se passe notamment en Afrique.

Source : ifex.org

Source : ifex.org

En écho aux efforts de sensibilisation engagés à l’échelon international, on a assisté en Afrique – notamment dans l’ouest – à une floraison de médias audiovisuels et écrits. Toute chose qui avait suscité beaucoup d’engouements au sein des populations, car cette libéralisation permettait, du coup, la pluralité de l’information. Au fil des années cet espoir s’estompe petit à petit du fait des obstacles érigés sur le chemin de ceux qui sont censés travailler dans ces médias.

Des hommes s’érigeant en rois, chefs d’Etat, groupes terroristes ou autres personnes influentes usent de tous les moyens qui sont à leur disposition pour empêcher tout travail des médias non favorables à leur cause. Souvent ce genre d’attaque s’exprime par des menaces verbales, écrites, des persécutions, des arrestations, de la prison, des assassinats ou la destruction d’équipements professionnels : autant d’actes forçant à l’exil.

Le problème africain

Sur le plan mondial, l’Afrique occupe une bonne place pour ne pas dire la 1ère dans la violation des droits à l’information. Certains dirigeants sont prêts à sacrifier des journalistes pour sauver leur position. Or, ces mêmes dirigeants ont oublié que c’est grâce à la couverture médiatique qu’ils ont accédé au pouvoir. Et ce n’est pas un hasard s’ils entretiennent constamment des relations avec des médias sélectionnés pour vendre leur image.

Mon pays, la Guinée, n’est pas en reste dans ce genre de manœuvre. Récemment des journalistes ont été refoulés d’une ville où ils voulaient se rendre pour constater le nombre de morts lié à la révolte des populations face à la mauvaise gestion de la fièvre Ebola.

Aujourd’hui nombreux sont les journalistes qui ont pris la route forcée de l’exil à cause des vérités qu’ils énoncent sur des sujets sensibles, laissant derrière eux une famille meurtrie et à l’agonie. En se référant au rapport et au classement 2014 de Reporters sans frontières (RSF), on voit que la Guinée régresse d’année en année. De 82ème en 2013 elle est passée au 102ème rang sur 180 nations classées. Ceci signifie qu’il va falloir encore attendre encore bien des années pour que la protection des journalistes soit effective dans ce pays.

Source : http://rsf.org/

Source : http://rsf.org/

Globalement, à l’échelle de la planète, l’on assiste chaque année à l’assassinat et au départ massif de journalistes pour une destination inconnue à cause des persécutions dont ils font l’objet quotidiennement. Malgré la rituelle célébration du 3 mai (la Journée mondiale de la presse), les hommes et femmes, de plume, de micro et de caméras ne sont toujours pas à l’abri des esprits malveillants. Il faut tout de même se réjouir d’innombrables progrès réalisés dans la promotion d’une presse libre et responsable au service de la démocratie et de l’état de droit par certaines nations.

La célébration de l’Unesco le 2 novembre prochain vient à point nommé et s’ajoute à tant d’autres événements. Cette célébration fait référence à l’assassinat de deux éminents journalistes de RFI, en l’occurrence : Ghislaine Dupont et Claude Verlon alors qu’ils étaient en reportage à Kidal au nord du Mali. Ces deux envoyés spéciaux n’avaient comme armes que leur micro, leur badge et leur dictaphone. Ils ont été enlevés puis assassinés par leurs ravisseurs le samedi 2 novembre 2013 tout simplement parce qu’ils étaient à la recherche d’informations fiables et crédibles.

Cette date restera désormais gravée dans la mémoire de tous les hommes épris de justice mais surtout dans les annales de l’histoire de la presse mondiale. Ce 2 novembre sera alors mis à profit pour parler du travail de ses 2 journalistes disparus mais aussi des dispositions à prendre en faveur de la liberté d’information. Sans une presse libre : pas de démocratie et sans démocratie pas d’état de droit.

Source : mali-web.org

Source : mali-web.org