Visite du Musée Albert-Kahn : la paix des peuples à l’épreuve du temps

[Par Johanna GALIS]

Que racontent donc ces végétaux en leur majesté ombrageante?
Quelles vertus relatent-ils à travers leur douce chorégraphie…
ainsi menée par le vent ?
Sont-ce des paroles augurantes ou le récit de leur trace séculaire?

Ces arbres demeurent le symbole d’une nature meurtrie qui s’époumone
reclus dans un bastion précaire, à l’abri de « celui » qui la saccage puis la préserve

Zéphyr et brise bousculent alors les feuillages de leur souffle salvateur
Que racontent donc ces murmures?

Nadia Ben Slima, « Les arbres me parlent, dit Idir »

C’est par une chaude après-midi de la fin du mois d’août que la Maison des journalistes s’est rendue au Musée départemental Albert-Kahn, à Boulogne.  L’occasion de profiter des jardins à l’architecture variée qui entourent le site et de voyager à travers le temps dans une exposition et des photographies datant du début du XXème siècle, appelées autochromes.

© Nahid Sislam
© Nahid Sislam

Une petite quinzaine de journalistes des locaux de la rue Cauchy – des actuels mais aussi des anciens résidents – étaient présents sur place. La visite commença par une présentation d’un homme au projet ambitieux, résolument philanthropique : celui du banquier français Albert Kahn. Il fit voyager, entre 1909 et 1931, des photographes d’époque sur plusieurs continents, majoritairement l’Asie et l’Europe. Il appela ce projet « les Archives de la Planète », étant persuadé qu’il fallait garder la mémoire de cultures qui seraient vouées à disparaître avec le temps. La Maison des journalistes a pu voir projetés sur une carte du monde quelques un de ces autochromes, vestiges d’une époque où les traditions de vie étaient plus ancrées et reliaient les peuples. L’ensemble de la collection, soit 72 000 autochromes, est d’ailleurs disponible sur un site d’open data consultable depuis le Musée ou bien de chez soi. La visite se poursuivit par une exposition temporaire de photographies autour du thème du rituel : des populations variées venant d’Italie ou bien des chefs de tribus y figuraient l’importance du déguisement ou de la procession comme rite de vie.

©Lela Lashki
©Lela Lashki

Les journalistes partirent par la suite visiter l’étendue des jardins du Musée. Albert Kahn avait eu cette idée : celle de faire cohabiter divers types de jardins aux arbres et végétation variés, dont une petite forêt vosgienne, un jardin japonais moderne, une petite forêt « bleue », un jardin à la française puis un autre à l’anglaise. Il souhaitait ainsi montrer que différents mode de vie, à l’image des arbres et plantes qui se développent dans les règles d’un espace donné, pouvaient cohabiter malgré leur différences. Tout comme les différents peuples de notre planète, qui à l’image de ces jardins, pourraient vivre pacifiquement.

La visite du Musée Albert-Kahn est apparue comme un message de paix, nécessaire pour nos journalistes en ces temps perturbés, où les raisons mêmes de leur fuite sont reliées à de la violence.

Pour voir le site du Musée et jardin départementaux Albert-Kahn, cliquez ici

Ci-joint les photos de Nahid Sislam, Lela Lashki, et Tijani Check:

©Nahid Sislam
©Nahid Sislam

 

©Lela Lashki
©Lela Lashki
©Tijani Chekh
©Tijani Chekh

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