Le point de vue du panda : billet n°2

L’environnement, c’est mon affaire !

Voici la seconde fois que je m’exprime sur le site de l’Œil de l’Exilé. J’y suis bien accueilli car j’y suis légitime, moi Yuan Meng, fils d’un couple enfermé dans un zoo français, enfermé comme je le suis aussi. Oui… Et à défaut de pouvoir jouir de ma liberté de mouvement, je tente de préserver ici ma liberté de parole. C’est toujours ça de pris.

Le sujet du jour, à mes yeux d’animal poilu et bien propre sur lui, c’est l’environnement. J’ai des tas de choses à dire là-dessus, entre deux dégustations de bambou, mon met favori.

Bien sûr, j’en ai touché deux mots à Brigitte Macron, laquelle est venue me visiter il y a un moment déjà je crois (ici on n’a pas vraiment la notion du temps qui passe …). Je lui ai dit, textuellement :

« Madame la première Dame, avec tout le respect que je vous dois, les humains sont en train de perdre la bataille de leur survie. Ils gaspillent, ils massacrent, ils se gavent comme des oies (je n’ai jamais sympathisé avec les oies mais peut-être suis-je mal informé sur leur sort). En deux mots comme en cent : les gens scient la branche sur laquelle ils se trouvent. L’environnement est chose trop sérieuse pour l’abandonner aux Hommes. Pourriez-vous faire savoir à votre époux que je possède toutes les compétences pour m’occuper du dossier ? »

Mes bons gènes

J’ai argumenté ainsi : «Je bénéficie de gènes d’animal sauvage apte à vivre en milieu hostile : la politique ne me fait donc pas peur. Je possède un flair incomparable, un œil (d’exilé) aiguisé, un don pour attirer tous les pays à mes pieds comme cela a été le cas récemment au zoo…et puis, là où je vis, même s’il s’agit d’un milieu clos il est globalement adapté à mes besoins vitaux. C’est un modèle. J’ajoute que de savantes personnes me soignent et sont à mon service… je pourrais les convaincre de suivre mes directives ici et là sur la Terre… à condition, bien sûr, de me remettre en liberté, sans quoi je manquerais d’efficacité.

A mon image, les humains devraient alors aussi se libérer, s’informer et vivre enfin, tout simplement ! Là est le secret, dans l’équilibre, l’équité, la capacité de chacun à œuvrer pour lui et les autres. Il n’y aura jamais de politique durable sans politique tout court. Na ! Ici vous n’êtes pas chez les Bisounours mais bien chez les pandas, des êtres absolument remarquables (et modestes) qui savent de quoi ils causent.

Je vous le dis : l’environnement, c’est mon affaire, nom d’un bambou !»

Yuan MENG

Traduction Denis PERRIN

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[PORTRAIT] Né le 12 janvier 1965 à Rosso, Biram Dah Abeid réalise de brillantes études en histoire et du droit à l'université Nouakchott à Cheikh anta Diop de Dakar, puis il oriente sa thése sur la question de l’esclavage. Déjà au lycée, certains de ses promotionnaires le décrive comme un homme du refus face à l'injustice qui a toujours défendu les plus faibles.