Média traditionnel VS Média streaming
Légionnaires & Réfugiés

28 Avril 2018. Je suis sur Facebook. Nonchalant, je regarde des contenus média fournis par l’algorithme. Soudain, je croise deux vidéos d’informations qui me poussent une fois de plus à poser cette question : “Quel type de monde ? Quel type d’humanité peut vivre ensemble ?”

L’une des deux, c’est la vidéo du média public (dans le sens étatique donc financé par l’Etat français) France 24, média connu, mondialisé et traditionnel. L’autre média est nouveau et sa ligne éditoriale est dédiée aux réseaux sociaux : Brut.

Ces deux vidéos reportages ont un point commun, elles traitent de la France et des étrangers.

Un reportage sans critique, est-ce de la propagande ?

Le reportage de France 24 s’appelle “La légion étrangère, l’exception française”. La légion étrangère, ce sont des gens qui ne sont pas du tout français. Ils ont d’autres nationalités. Mais ils font la guerre au nom de la France. Ils sont super équipés et bien rémunérés par les impôts français. Dans le reportage, j’ai appris que la légion étrangère existe depuis le XIXème siècle. Or, je ne le savais pas ça. C’est pour cette raison que lorsque j’ai appris l’existence de cette armée, j’ai été choqué: des italiens, des américains, des belges, des marocains, des algériens… N’importe quelle nationalité peut participer à l’armée d’un Etat nation ?

Mais quelles sont les motivations de ces légionnaires ? Dans le reportage de France 24, cette question n’est pas assez posée. Cependant, quelques légionnaires disent que c’est contre le terrorisme ou bien même pour certains de ces soldats “étrangers”, c’est un rêve d’enfance. Bien sûr : chacun ses rêves ! Et on sait très bien que ces soldats étrangers sont payés à fin de tuer s’il est nécessaire, selon leurs mesures et selon les ordres. Donc ça veut dire qu’ils tuent car c’est leur métier.

Dans le reportage de France 24, il y a eu plusieurs fois des répétitions sur un point commun : La France leur a donné une deuxième chance. La chance de recommencer. Mais il n’y a pas la réponse à la question: “Qu’est-ce qu’ils ont vécu ? Qu’est-ce qu’ils ont fait avant cette carrière militaire ?” Et les légionnaires ne répondent pas à ce type de question. C’est même le droit des légionnaires de ne pas en parler.

Au XIXème siècle, il y avait des empires, des colonisations, des esclavages… C’était un autre monde. Mais aujourd’hui, a-t-on besoin d’une armée comme celle-là ? Avant de répondre à cette question, est-ce que cette armée est vraiment légitime ? Avec quels droits ? Cette armée internationale sous drapeau français peut-elle faire des opérations à l’étranger ? Par exemple, est-ce que cette armée ressemble à l’ONU (je sais que même l’ONU n’a pas ce type d’armée) ou une organisation similaire ? La France qui fait une opération à l’étranger avec des armées étrangères est-elle un pays impérialiste ?

Malheureusement le reportage de France 24 ne pose pas ce type de question. Pourtant, cette question me semble naturelle, voir instinctive ! Je vais être clair : ce reportage ne contient aucune critique. Bravo ! De manière surprenante, ce reportage est digne de la Turquie d’Erdogan (dédicace à la chaîne public TRT), c’est une propagande de l’Etat.

REPLAY – À Paris, un nouveau campement de 2000 migrants installé à Porte de La Villette.Anne Hidalgo, Maire de Paris en direct sur place avec Rémy Buisine.

Publiée par Brut sur vendredi 27 avril 2018


Deuxième reportage, aussi sur les étrangers par un média web : Brut.

Mais cette fois, ces étrangers sont venus en France. Ils ne sont pas envoyés dans d’autres pays par la France comme la légion. En général, ces étrangers sont exilés car ils ont fuit des guerres ! A l’inverse des légionnaires qui sont allés vers les guerres. Voilà, ces étrangers sont juste des réfugiés, des réfugiés qui sont venus à Paris.

Dans la vidéo, que je trouve un peu amateur au niveau des images, Brut nous apprend que 2000 réfugiés sont installés dans les tentes à Porte de la Villette, au nord de capitale. Et cela dure depuis 5 semaines, ces gens-là sont dans la rue; dans ce camp.

Le reporteur de Brut commence avec une question assez directe à Anne Hidalgo, la Maire de Paris: “Qui est le responsable de cette situation ?” La réponse d’Anne Hidalgo est claire: «c’est l’État.» Anne Hidalgo souligne qu’en tant que maire, elle ne peut pas se contenter de regarder ou de plaindre ces êtres humains, elle doit proposer des solutions. Pour éviter ce campement de rues, les responsables de l’Etat et les maires doivent se rencontrer au tour d’une table pour trouver une solution plus efficace.

Avant de regarder ce reportage, quand j’ai vu ce campement de mes propres yeux, j’ai toujours cru que les réfugiés amenaient eux-mêmes leurs tentes. Et l’Etat, la mairie, la police… se content de laisser tranquille ces pauvres humains car il n’y a pas de logement. Mais grâce à ce reportage, j’ai appris que les autorités françaises proposent le camp de rue comme solution parce que ça se voit qu’ils n’arrivent pas à mettre en place au tour d’une table les responsables politiques. Responsables ? Le mot est-il exact ?

Anne Hidalgo, dans le reportage donne quelques chiffres. Elle dit qu’en Ile-de-France, il y a 700 places d’hébergement et à Paris, il y a 4 points d’accueil de jour à Paris. Dans la capitale d’un pays qui envoie les légionnaires étrangers au Mali ou ailleurs, il y a juste 4 points d’accueil de jour pour les réfugiés !

Après avoir vu cette situation, je pense qu’à côté de l’égalité, la liberté et la fraternité, il faut ajouter un peu d’humanité ! Accueillir les gens dans la rue qui ont droit de demander un refuge (selon les lois internationales). Ces humains issus de pays où il y a des guerres civiles et aucune sécurité alors que les «responsables» n’ont toujours pas de solution… Car je ne demande pas que la France accepte tous les réfugiés, je demande qu’elle accueille avec dignité ceux qui sont en France, comme ces 2000 personnes à la Porte de la Villette.

3 mai 2018, jour de la liberté de la Presse dans le monde, personnellement, je veux dire merci à Brut pour son approche critiqué envers l’État. Et je vous laisse regarder ces deux vidéos, ces deux reportages, ces deux approches journalistiques qui me font à la fois craindre et espérer pour la liberté d’informer en démocratie.