La protection des données personnelles : une utopie ?

Pendant la deuxième journée du salon “Du livre et des lanceurs d’alerte » à la Maison des Métallos, une discussion intitulée “Tous Sous Surveillance” lance la conversation nécessaire concernant la surveillance d’information en france.

Le panel était composé de deux intervenants: Camille Polloni (journaliste: Les Jours), le lanceur d’alerte James Dunne (Qosmos) et à Jacques Follorou (Le Monde) à l’animation

Justice, police et liberté d’expression en France

Traitant majoritairement de sujets concernant la liberté d’expression, la justice et la police, aussi bien que les renseignements, Camille Polloni s’est lancée dans une mission personnelle devenue professionnelle en 2011.

Son but? Recevoir toutes les fiches de police et de renseignements qui la concernait. Elle s’est donc adressée au Conseil d’Etat par l’intermédiaire de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL). L’enquête « enjoint la ministre des armées (…) de procéder à l’effacement des données concernant Mme Polloni illégalement contenues dans les traitements de données nominatives de la direction du renseignement militaire. »

Huits ans après: elle n’a toujours pas de retour et n’est pas optimiste.

Voulant tester ces droits à l’accès à ses informations auprès des institutions publiques, elle décrit une découverte « d’obscurantisme. » Un système qui ne partage pas avec ses citoyens pour les garder dans le noir. Derrière l’excuse d’une lutte contre le terrorisme, le gouvernement français récolte des données de manière intrusive.

Selon Camille Polloni, les nouvelles technologies créent un « bloc de secrets qui n’existaient pas avant. » Mais pour elle, « avoir plus de secrets ne nous rend pas plus efficace, » en parlant de la France.

Une surveillance technologique et des fasifications

Passant la parole à James Bunne, l’ex-employé de la société française de surveillance Qosmos ouvre le débat sur son expérience : sa hiérarchie lui a ordonné de truquer des données à plusieures reprises. De plus, les informations impliquent des régimes dictatoriaux, notamment la Libye de Kadhafi et la Syrie de Bachar al-Assad, ce qui pousse M. Dunne à lancer l’alerte grâce au site French Leaks.

Qosmos emploie une nouvelle technologie qui permet de surveiller en profondeur toutes les communications numériques, sous le nom de Deep Packet Inspection (DPI).

Pour lui, « Être lanceur d’alertes c’est un statut et non une profession. » Par conséquent, il « pense que ce n’est pas une bonne idée de rémunérer les lanceurs d’alertes mais il est nécessaire d’avoir des associations qui les soutiennent. »

Camille Polloni est du même avis, en disant qu’il « faut un soutien morale pour les lanceurs d’alertes. » Elle le définit comme une « compensation et pas [une] rémunération. »

Même si leur expériences sont biens différentes, Camille Polloni et James Dunne on une vocation fondamentale en commun: augmenter la transparence. Les citoyens français, et dans le monde entier, on besoin de sortir de l’obscurité des informations personnelles. 

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[DÉBAT] Dès les premiers mots, le débat s’attaque aux certitudes et aux nuances. Nicolas Vescovacci prend la parole : « Sans le récuser entièrement, je ne crois pas au terme « journaliste d’investigation ». L’investigation est un terme judiciaire. Or, le journalisme n’a pas à prendre le rôle de la justice. Je préfère employer le terme de « journaliste d’enquête ». Car c’est ce que nous faisons, ni plus, ni moins. »

La protection des données personnelles : des lanceurs d’alerte et des journalistes pour l’accès à nos informations

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