Surpise électorale : un outsider gagne les élections en République Démocratique du Congo

Félix Tshisekedi Tshilombo a été déclaré vainqueur des élections organisées le 30 décembre dernier en République Démocratique du Congo. Malgré ce délais de dix jours pour comptabilsier les votes, les résultats sont contestés. A commencer par… la France.

La Commission Électorale Indépendante a rendu public les résultats provisoires de la Présidentielle ce jeudi 09 décembre 2019.

Le vainqueur a obtenu plus de sept millions de voix, tandis que Martin Fayulu Madidi arrive en deuxième position avec plus de six millions d’électeurs, largement devant le candidat adoubé par la Président actuel Kabila. En effet, avec plus de quatre millions de voix, Emmanuel Shadary n’occupe que la troisième position.

Sans surprise, ces résultats sont contestés au sein-même du pays. Mais pas seulement.

Le Quai d’Orsay par la voix du ministre français des Affaires Étrangères interviewé chez nos confrères de Cnews n’a pas hésité à déclaré que ces résultats ne sont « pas conformes aux résultats que l’on a pu constater ici ou là« , s’appuyant sur « des vérifications » de « la conférence épiscopale du Congo qui a annoncé des résultats totalement différents« . A ce sujet, nous vous invitons à lire cet article sur le poids de l’église en République Démocratique du Congo.

Si l’on s’intéresse au programme du vainqueur, on se rend compte que le candidat n’a pas seulement fait des promesses pour « vaincre la pauvreté« . Il propose également de développer des partenariats avec l’Inde, la Chine et la Russie. De quoi bousculer la relation France-Congo.

Ces résultats ne sont d’ailleurs pas si surprenant : ces derniers jours, Félix Tshisekedi avait aussi tendu la main au Président Kabila. Emergeait même l’idée d’une rencontre entre Tshisekedi et Kabila.

Félix Tshisekedi deviendra le 5ème Président de la République Démocratique du Congo. Cette passation de pouvoir devrait ouvrir la première alternance pacifique et démocratique de l’histoire du pays. 

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EN SAVOIR PLUS SUR CE THÈME

RD Congo : à l’heure de la révolte populaire?

Lundi 26 août. Le gouvernement que vient de nous offrir la coalition FCC-CACH, après sept mois de discussions qu’on savait d’ailleurs byzantines, est tout, sauf un gouvernement de «changement». Un beau mélange de genres et d’«équilibres budgétivores», loin des intérêts du peuple. Lisez le document et tirez objectivement la conclusion.

C’est, pour beaucoup, un supplément de mépris et de provocations. On en est ainsi arrivé au point de penser et de dire comme Jean-Jacques Rousseau, subodorant les effluves de la Révolution française: «Nous approchons de l’état de crise et du siècle des révolutions».

Entre chimère et hold-up électoral, « l’élection en RD Congo est une honte »

Qui a dit qu’un soulèvement populaire ne se préparait pas? Pourtant, il ne tombe pas du ciel. Il se crée, en réaction aux actes politiques machiavéliques. Puis, un jour, comme une bombe à retardement, il éclate. Il en a été ainsi pour la plupart des révoltes urbaines. D’une manière ou d’une autre, celles-ci se tissent… en sourdine.

Mais, on ne peut pas parler de la vacuité de ce gouvernement, sans rappeler ses origines, ses racines pourries. Il est le couronnement d’un rare mensonge politique, qui remonte aux résultats d’élections générales de décembre dernier, dont tout était faux. Truqué et tronqué. Car, ce n’était pas Félix Tshisekedi qui a gagné la présidentielle. Ce n’était pas non plus le FCC qui l’a remporté au niveau des législatives. On a montré et proclamé plutôt une chimère.

Si, pour l’Eglise catholique qui y a déployé quarante-mille observateurs, le vainqueur se nommait Fayulu, avec près de 62 % des suffrages exprimés, le FCC, par hypothèse, ne pouvait prétendre gagner les législatives, avec près de 70 % des voix. Il y a là un sophisme, car cela ne pouvait être possible dans le même temps et, avec les mêmes électeurs. Retenons, tout simplement, pour clore ce chapitre d’hold-up électoral, la petite phrase lumineuse du milliardaire soudanais Mo Ibrahim: «L’élection en RD Congo est une honte» (Jeune Afrique, n° 3054, du 21 au 27 juillet).

Ainsi donc, dès le départ, on a transigé avec le faux. On a flirté avec la théorie du «moindre mal».

Voici, par ailleurs, ce que dit à ce propos le philosophe Hannah Arendt :


«Politiquement, la faiblesse de l’argument du moindre mal a toujours été que ceux qui choisissent le moindre mal oublient très vite qu’ils ont choisi le mal.»  


C’est en cela que réside le fond du problème actuel.

Par conséquent, l’Onu, l’Union africaine (UA) et les grandes nations de la démocratie occidentales, en ayant finalement accepté, à rebrousse-poil, la «nomination» de Tshisekedi par Kabila, ont clairement choisi le mal.

Y compris l’Eglise catholique du Congo, qui a renié l’Evangile dont un des enseignements est basé sur la vérité (Jean 8 : 32). La sagesse populaire en fait constamment référence, comme c’est le cas dans cette fameuse chanson en lingala de l’OK-Jazz, intitulée «Mabele, traduire ‘la terre’». Dans ce morceau lyrique, l’auteur exalte la victoire éternelle de la vérité : «Aucun fusil au monde ne peut ‘tuer’ la vérité», crie-t-il.

Un ours mal léché

A partir de là, on ne pouvait espérer récolter que ce que les «faux partenaires» ont semé. Le monstre que vient d’accoucher le FCC-CACH ne peut surprendre personne. C’est un enfant illégitime, un ours mal léché. Illégitime, au regard de sa «conception incestueuse», liée à un accord caché, malsain, dont personne ne connaît à ce jour la teneur; ours mal léché, à cause de son gigantisme obtus, qui, dans la répartition des postes ministériels, accorde au FCC tout ce qui constitue le substrat d’un Etat. Laissant l’accessoire à  son allié le CACH, qui d’ailleurs s’en accommode, puisque, c’est à l’aune de moins de 20 % réunis que Tshisekedi et son comparse Kamerhe ont obtenus à la présidentielle.

Quid? Voici un gouvernement qui comprend soixante-cinq ministres, quarante-deux pour le FCC et 23 pour le CACH! Du fait même de sa taille, il y a à déplorer l’hybris (la démesure) que les Romains considéraient comme un crime. On a rarement vu au monde une telle absurdité politique, sinon dans les Etats faillis, où le peuple ne compte pas. Au fait, le FCC s’empare de tous les ministères régaliens stratégiques: Défense, Fiances, Mines et Justice.

A cet égard, il ne jette dans l’escarcelle de son allié que deux postes régaliens. Dont l’un, celui du ministère de l’Intérieur, déjà vidé de sa substance, étant donné que tous les gouverneurs de province sont du FCC, ainsi que celui des affaires Etrangères, qui n’est en réalité qu’un ministère de représentation.

Il en est de même pour le reste de tous les maroquins classiques. Le CACH n’hérite que de «morceaux à problème», tels que les ministères de l’éducation et de la santé publique, tandis que le ministère du Portefeuille, autre levier de taille, puisqu’il s’occupe de la gestion des entreprises de l’Etat, va engraisser les dividendes du FCC.

C’est peu dire qu’un gouvernement aussi bancal ait non seulement la chance de bien fonctionner, mais aussi celle de bénéficier de l’onction du peuple. Ce peuple qui, pour sa majorité, s’est dévêtu peu à peu de  son illettrisme pour ne pas manquer de comprendre le fond des enjeux politiques du moment. Arque-bouté sur ses millions de bacheliers ainsi que sur ses ceux, très nombreux également, qui ont vu les lumières académiques, il est aujourd’hui vent debout contre ce régime qui l’a asservi. C’est une armée redoutable en réserve au sein de laquelle bouillonne la révolte. Il se tient en embuscade, en attendant que sonne l’hallali.

La coulée de larve

Les signes ne manquent pas pour l’illustrer. Au grand dam des sceptiques. Le premier fait à épingler est que la peur s’est évanouie, sous l’effet de l’acte même d’avoir rejeté vigoureusement le régime Kabila au niveau des urnes.

Jamais les manœuvres du «raïs» n’ont été autant mises à nu, au point de le dépouiller de tout aura, en tant que chef. Cette fois-ci, il a dégringolé de l’Olympe pour rejoindre tous les humains sur terre, où il est couvert du mépris frontal. Touchée au vif, Olive, la première dame, est descendue dans l’arène pour défendre son mari de «raïs». A travers les réseaux sociaux ! Imaginez Brigitte Macron, épouse du président français, faire un jour de même. C’est que la peur a changé de camp. Sans le faire apparaître, les membres du FFC sont dans l’angoisse.

Le deuxième élément, corollaire du premier jalon posé sur le chemin de la victoire, est que la jeunesse est prête à en découdre. En effet, c’est pour la première fois que les Congolais ont publiquement réclamé des armes pour combattre la dictature. Quand on a entendu la foule formuler cette demande, à cor et à cri, au cours d’un meeting de Fayulu à Kisangani, beaucoup croyaient rêver. Une première ! Autres temps, autres mœurs, dirait-on, sinon, une clameur aux accents autant «subversifs» aurait conduit plusieurs personnes à la peine capitale. Sans doute, ce bon exercice de la démocratie est-il à mettre à l’actif de Tshisekedi. Même si cela reste à nuancer. Depuis, cette revendication a fait tache d’huile. A l’intérieur du pays comme au niveau de la diaspora congolaise.


«C’est seulement par le risque de sa vie qu’on conserve la liberté» (Hegel)


Enfin, l’implosion, qui plane sur toutes ces plates-formes de circonstance, est déjà à l’ordre du jour. Y compris sur Lamuka. Nous allons assister, bientôt, à leur éclatement aussi brillant que bruyant. Les fissures qui y apparaissent promettent la coulée de larve. Pas étonnant. Telle est inévitablement la destinée de toute alliance contre-nature: éphémère, météorique.

Pour le FCC, «l’affaire Bahati» [l’homme qui a claqué la porte de cette plate-forme] n’est pas anodine. Elle constitue un signe annonciateur de démantèlement prochain de la forteresse. Certes, Bahati l’a fait, sans aller jusqu’au bout. Intimidé et menacé qu’il était, par la suite. Mais l’avantage est que cet exemple reste pour renseigner qu’au sein du FCC alternent cajolerie et cynisme. Que c’est un monde des brutes quand leurs intérêts sont mis à mal. Sans doute, d’autres membres du FCC l’imiteront-ils quand ils se seront rendu compte que «c’est seulement par le risque de sa vie qu’on conserve la liberté» (Hegel).

Ceux-là le feront avec beaucoup plus de détermination. «On ne reste esclave que quand on veut le rester», affirme Frantz Fanon. Et, aucun homme normal ne peut aspirer à l’esclavage… puisque le FCC est un «enclave  d’esclaves psychologiques».

Quant au CACH, on sait que la mésentente sur la répartition des maroquins est l’arbre qui cache la forêt. Il y a, en son sein, beaucoup d’empoignades feutrées, qui ont déjà suffisamment miné la base de l’édifice, construit à la hâte à Nairobi (Kenya). Citons, à titre d’exemple, la colère biblique des partisans de Tshisekedi  vis-à-vis de Kamerhe, son directeur de cabinet et allié, qu’ils accusent d’usurpation en prenant souvent des postures de nature à éclipser le chef de l’Etat. D’aucuns demandent son écartement. Ce n’est rien de moins que l’indication claire d’une obsolescence programmée de la baraque.

Reste Lamuka. Instituée déjà comme parti politique, la plate-forme est en sursis, malgré l’unité de façade qu’elle présente. On ne peut imaginer, un seul instant, que les trois caïmans que sont Bemba, Katumbi et Fayulu, maîtres des marécages si éloignés les uns des autres, puissent accepter de vivre sur un même rivage, sous l’autorité de l’un entre eux. Alors que chacun a l’ambition affichée d’être appelé «Monsieur le président de la République».

Chassez le shah

Ainsi, de fil en aiguille, nous voici à l’approche de «l’état de crise». D’un soulèvement populaire. Si la Révolution française avait des origines d’ordre social, économique et politique, elle ne se matérialisa pas moins à travers une grave crise sur l’augmentation du prix du pain entre 1787 et 1789 (+ 75 %). Avec un pic de colère du peuple par la prise de la Bastille, en 1789.  C’est presque dans les mêmes conditions que le Palais d’Hiver de Saint-Pétersbourg, en Russie, fut pris d’assaut, en 1917.

Sous nos yeux, se déroulent en Algérie et au Soudan des événements similaires. Ils se sont vite mués en orage, qui a emporté deux dictateurs endurcis: Bouteflika et Al-Bachir. A l’origine, plus ouvertement liés à l’augmentation du prix du pain au Soudan, alors qu’en Algérie le phénomène se cachait plus ou moins derrière le refus du peuple de voir l’ex-président Bouteflika rempiler pour un cinquième mandat.

Enfin, en France -encore une fois-, les manifestations brutales des Gilets jaunes n’en sont qu’un autre versant lumineux, puisqu’il s’est agi de ceux qui n’arrivaient pas à nouer les deux bouts du mois.

Qu’en sera-t-il de la République Démocratique du Congo, sinon une violente révolte, où les trois quarts de la population vivent avec moins d’un dollar par jour, depuis plusieurs décennies?

Où dans l’Ituri profond (nord-est), on en est à manger des beignets à base d’argile?

Comment ne pas voir d’épais nuages s’amonceler sous le soleil congolais, sur cette République des faméliques?

Pour le peuple, à n’en pas douter, ce gouvernement n’est rien d’autre que la perpétuation du régime Kabila. Métamorphosé. Avec à sa tête un certain Sylvestre Ilunga Ilunkamba, un disciple inaltérable du «raïs». D’où la nécessité de passer par une révolte populaire, pour pouvoir en finir avec le «mal».

En finir avec le mal! Comme ce fut le cas, en Iran, en 1979. Le mal, ce fut le shah (roi) Mohammad Reza Pahlavi: tyran, prédateur, boucher, au même titre que Kabila. Il fut chassé du trône par la puissance de trois mots, en formule publicitaire: «Chassez le shah», contenus dans de simples cassettes audios, envoyées à Téhéran par l’ayatollah Khomeiny (en exil). Si l’empire persan, millénaire, fut emporté par ce moyen de communication à influence limitée, à combien forte raison l’empire, imaginaire, du «raïs» congolais, serait-il la proie facile vis-à-vis de la puissance que porte Internet, à travers les réseaux sociaux?

En écho, Francis Balle dans «Médias et sociétés» n’affirme pas moins que pour le moment ce sont «des médias qui redistribuent les cartes du pouvoir».

Si, hier, il y avait l’ayatollah Khomeiny, pour réveiller ses concitoyens, il y a, aujourd’hui, des milliers «d’ayatollahs Khomeiny-Congolais», à l’extérieur, pour secouer l’esprit du peuple congolais. La Toile en parle jusqu’à plus soif. Et puis, il y a ces exemples vivants et éclatants de révolte que donnent les Soudanais et les Algériens.

Chassez le «raïs» Kabila

Ailleurs, en Europe Occidentale, les lignes bougent: le populisme montre ses crocs et gagne du terrain; en Russie, Poutine ne dort plus sur ses deux oreilles, bouchées par des cris stridents réclamant la démocratie; en Asie, la question sur le Cachemire refait surface et met face à face deux Etats atomiques, à savoir l’Inde et le Pakistan, alors que Hong-Kong (mi-chinois, mi-occidental) proteste avec ses tripes dans les rues, pour défendre ses droits démocratiques, au point d’embarrasser Pékin; quant aux Etats-Unis, ils ont placé à leur tête un pyromane en chef, un certain Trump, qui se croit sortir de la cuisse de Jupiter et, de ce fait, dérange toute la vision classique du monde…

Tout cela, mis bout à bout, sonne le tocsin du bouleversement qu’engendre le «siècle des révolutions» de Jean-Jacques Rousseau, nouvelle version. Le Congolais n’est pas aveugle pour ne pas voir, ni sourd pour ne pas entendre, ni si ignare pour ne pas comprendre que c’est également à son tour d’entrer dans la danse. Il y est d’ailleurs poussé par une sorte de tropisme tentaculaire.

Pour ceux qui doutent encore de cet air du temps sous nos latitudes, prière de prêter l’oreille pour bien écouter, et d’ouvrir l’œil pour bien lire entre les lignes; des centaines de milliers de mots, soutenus par des images de toute sorte, qui sont déversés chaque jour contre le kabilisme, à travers Internet, se résume à cette formule subliminale: « Chassez le «raïs»Kabila ». Unique solution pour mettre fin à la «théorie du moindre mal» dans laquelle ce dernier puise encore ses dernières énergies.

RD Congo : un criminel au perchoir du Sénat

Tout se passe dans la logique de Kabila et de son FCC (Front Commun pour le Congo) de gagner tous les votes. Il y eut été étonnant, voire surréaliste, que Thambwe Mamba, candidat de la plate-forme fidèle à l’ancien chef de l’Etat, perde le scrutin pour l’occupation du perchoir du Sénat. Mais il l’a difficilement emporté par 65 voix contre 43 voix arrachées par Modeste Bahati Lukwebo, pour un total de 108 votants. Moins la voix de Kabila, absent à la séance. C’était le samedi 27 juillet.

Bahati Lukwebo est à féliciter avec un roulement de tambour, du fait que l’histoire retiendra qu’il aura été le premier homme politique à claquer la porte du FCC et à défier ensuite celui-ci à travers un vote.

En somme, l’ancien ministre de la justice, Thambwe Mamba, un des thuriféraires du premier cercle de Kabila, ne peut se réjouir d’un succès qui a tout d’une gloriole. Compte tenu de son âge (76 ans), de sa longue carrière politique, de sa richesse immense et de sa proximité avec le « raïs », il aurait dû faire mieux que par cette victoire poussive contre un Bahati Lukwebo, décidé à monter sur le ring et à combattre presqu’à mains nues.

Au-delà de cette décision téméraire de Bahati Lukwebo, il n’y a pas à voir que la victoire du courage d’un homme qui s’est arrêté, en se disant « ça suffit », mais la fragilité de l’édifice que Kabila est en train de construire pour se maintenir au pouvoir. L’acte du challenger de Thambwe Mamba  vient de démontrer que le FCC est une mosaïque constituée non pas de convictions politiques, mais plutôt d’illusions et de profits matériels.

Maintenant que la direction du Parlement est entièrement à la dévotion du « raïs », aussi bien l’Assemblée nationale que le Sénat, que reste-il à faire par le FCC? L’expérience nous montre que Kabila et ses comparses ne font jamais rien au hasard. Toutes les étapes que la vie politique congolaise est en train de traverser, depuis la grande mascarade de la passation du pouvoir entre Kabila et Tshisekedi, sont réglées comme du papier à musique.

Les temps sont mûrs

La réponse est simple. Le nouveau cap pour le FCC est maintenant l’amorce d’un travail de sape pour faire tomber Tshisekedi. Jusque-là, celui-ci n’a fait que multiplier des erreurs, après avoir pensé que Kabila le laissera évoluer sans anicroche. Puisqu’il aurait été élu par le peuple, donc « président élu », sa première démarche positive aurait été celle de s’émanciper de l’ancien président -rompre unilatéralement l’accord qui les lie. Il aurait, ensuite, cherché à démontrer que la majorité ainsi gagnée par le FFC, au niveau des législatives, était pure invention, sans aucune logique. Enfin, il se serait dépensé à faire cause commune avec Lamuka.

La formule aurait marché à merveille, puisque le peuple séparé par la mésentente des leaders, réconciliés, se serait réconcilié avec lui-même, à son tour, pour exiger le départ de Kabila. Au lieu de cela, Félix Tshisekedi a cherché le serrage de boulons de son siège éjectable à l’extérieur. Y compris au Rwanda et en Ouganda, dont le regard sur la situation en RD Congo, n’est pas du tout désintéressé. Que pourront faire ces pays contactés s’il arrive que le FCC décide le destituer? Rien du tout.

Or, tel est l’enjeu de la démarche entreprise par Kabila. Pour lui, c’est le pouvoir et rien d’autre. Et le chemin royal pour y parvenir, dans le contexte actuel, restait la mise en accusation et la destitution de Tshekedi par le Parlement. La suite passe comme une lettre à la poste : modification de la Constitution et élection d’un nouveau président par le Sénat. En la personne de Kabila.

Sur le papier ou dans l’imagination, tout cela semble facile à se réaliser. Mais, c’est sans compter, désormais, avec un effet de criquet : le peuple dont le FFC ne tient aucunement compte. Car, le peuple congolais de 2018 -qu’on nous le conteste ou non– n’est pas celui de 2019. En témoigne l’attitude homérique de Modeste Bahati Lukwebo. Par cette brèche s’engouffreront, sûrement, plusieurs autres kabilistes repentis. Mine de rien, les temps sont comme mûrs!

Les temps sont comme mûrs, puisqu’à consulter « les réseaux sociaux », les cris d’orfraie montent de partout, en RD Congo, et même en Afrique, pour moquer l’occupation du perchoir du Sénat par un criminel de guerre. En effet, Thambwe Mwamba est accusé de ce forfait par un juge belge.

Deux hommes du pouvoir congolais au coeur d’un système de répression

Il faut enquêter sur deux anciens responsables des services de renseignement ! En effet, deux anciens hauts responsables de l’Agence nationale de renseignements – ANR – ont été récemment limogés et devraient être traduits en justice.

Les autorités de la République démocratique du Congo devraient ouvrir des enquêtes sur deux anciens responsables des services de renseignement récemment limogés et accusés d’avoir commis de graves violations des droits humains, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui.

Vers la fin des abus systématiques commis par les services de renseignement congolais ?

En mars 2019, le président Félix Tshisekedi a relevé Kalev Mutond de ses fonctions de directeur de l’Agence nationale de renseignements -ANR- et Roger Kibelisa de son poste de chef du Département de la sécurité intérieure de cette agence.

Sous la direction de Mutond et de Kibelisa, l’ANR a été un instrument de répression politique contre les dirigeants de l’opposition ainsi que les activistes pro-démocratie et des droits humains, tout au long de la longue crise politique qu’a connu le pays.

Le président Tshisekedi a nommé Kibelisa au poste d’assistant du conseiller spécial du Chef de l’État en matière de sécurité. On ignore encore si Mutond se verra offrir un nouveau poste. « Le limogeage de Mutond et Kibelisa par le président Tshisekedi pourrait s’avérer être une étape importante vers la fin des abus systématiques commis par les services de renseignement congolais« , a déclaré Lewis Mudge, directeur pour l’Afrique centrale à Human Rights Watch.

« Mais au lieu de donner à ces hommes de nouveaux postes, la nouvelle administration devrait enquêter sur leur comportement passé et les poursuivre en justice de manière appropriée.« 

Le système Kalev Mutond : intimidations et menaces, arrestations arbitraires, détentions au secret durant des années, corruptions de juge, tortures… 

Il fut le principal architecte de l’entreprise de répression orchestrée par le gouvernement lors de la contestation politique qui avait secoué le payx alors que le président de l’époque, Joseph Kabila, se maintenait au pouvoir au-delà de la limite de deux mandats autorisée par la constitution, en décembre 2016.

Human Rights Watch s’est entretenu avec plus d’une douzaine de responsables gouvernementaux, de membres de la coalition de Kabila et d’agents de forces de sécurité, qui ont tous affirmé que Mutond avait joué un rôle central dans la répression exercée par le gouvernement à l’encontre des activistes des mouvements de jeunesse pro-démocratie, les journalistes et des dirigeants d’opposition et leurs partisans, ainsi que dans l’orchestration de violences à travers tout le pays, notamment dans la turbulente région centre du Kasaï.

L’Agence nationale de renseignements a détenu beaucoup des personnes arrêtées au secret pendant des semaines, voir des mois, des années, sans aucun chef d’inculpation, sans accès à leurs familles ou à des avocats.

Certaines personnes ont été jugées sur la base d’accusations montées de toutes pièces, tandis que prétendument, Mutond jouait aussi un rôle dans ces procès en intimidant les juges et en dictant des verdicts.

L’ANR a brutalement maltraité ou torturé certaines personnes détenues dans le cadre de cette répression, y compris en recourant aux électrochocs et à une forme de simulacre de noyade.

Des agents des services de renseignement placés sous l’autorité de Mutond, Kakiat (actuelle directeur de l’ANR), et Kibelisa, ont également à maintes reprises intimidé, menacé et harcelé des activistes, des journalistes et des dirigeants ou des partisans de l’opposition, apparemment dans le cadre d’une vaste campagne visant à semer la peur et à limiter leurs activités avant les élections nationales de décembre 2018.

Inzun Kakiat, devenu l’actuel responsable de l’ANR, aurait également été impliqué dans le recrutement de membres de la branche jeunesse du parti au pouvoir pour infiltrer les manifestations de l’opposition et répandre violence et désordre pour décridibiliser les opposants.

Les États-Unis ont sanctionné Mutond le 12 décembre 2016 pour avoir « entravé des processus démocratiques » et l’Union Européenne l’a sanctionné à son tour le 29 mai 2017 pour avoir « planifié, dirigé ou commis » de graves violations des droits humains.

L’UE a prolongé ses sanctions à l’encontre de Mutond en décembre 2018.

Kibelisa : l’autre artisan de la répression, toujours en poste et plus près du pouvoir

Kibelisa a également joué un rôle essentiel dans la répression exercée contre les activistes, les journalistes et l’opposition lors de l’administration Kabila.

Le bureau de Kibelisa était situé dans un immeuble de l’ANR à Kinshasa connu comme le centre de détention « 3Z » où, de 2015 à 2018, de très nombreux prisonniers politiques, journalistes, et activistes ont été détenus dans des conditions inhumaines et, dans de nombreux cas, maltraités ou torturés.

Les familles des détenus, leurs avocats et les défenseurs des droits humains se sont vu régulièrement dénier l’accès au centre 3Z lorsque Kibelisa était à son poste. En 2016, l’Union Européenne a sanctionné Kibelisa pour son rôle dans la perversion du processus démocratique, et pour avoir orchestré des violations des droits humains et incité à la violence.

Ces sanctions ont été prolongée en décembre, avant les présidentielle et législatives.

Il était le cerveau et l’organisateur de la répression anti-démocratique, c’est à lui que l’on doit les arrestations arbitraires de journalistes qui exerçaient leur travail librement. Nombreux sont les journalistes dont on ignore où ils sont, ou tout simplement s’ils sont encore en vie. 

Donc, la décision de Tshisekedi de nommer Kibelisa au poste d’assistant du conseiller spécial pour les affaires de sécurité est une indication qu’il ne fera pas l’objet d’une enquête pour ses abus présumés passés.

Bien que Mutond ne se soit pas encore vu offrir un poste dans le nouveau gouvernement, le choix de Justin Inzun Kakiat, qui fut son adjoint pendant de nombreuses années, pour lui succéder comme directeur de l’ANR est un signe de plus d’une absence de volonté de la part de la nouvelle administration de s’occuper de la question d’impunité au sein des agences de renseignement.

En tant que journaliste soucieux des droits de l’homme, j’ajoute qu’un examen approfondi du rôle joué dans le passé par Kakiat dans des abus devrait être effectué avant qu’il ne prenne son nouveau poste.

En echo, Lewis Mudge directeur pour l’Afrique centrale chez Human Rights Watch : « La manière dont le président Tshisekedi traitera les auteurs de violations des droits humains commises dans le passé sous l’administration Kabila sera très révélatrice de la future direction de son administration« .

Avec peu d’espoir sur la réponse, nous sommes tout de même en droit de nous interroger : y aura-t- il vraiment un véritable processus de responsabilisation et de réforme ou une continuation de la répression, des abus et de l’impunité qui prévalaient sous Kabila ?

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Dans la tête du peuple congolais

«Dans la tête de Kabila», tel a été un des titres de couverture de l’hebdomadaire Jeune Afrique, consacrés à la RD Congo. Au fond, c’était une interrogation qui, aujourd’hui, a trouvé sa  réponse tragique : le tripatouillage du résultat des élections générales du 30 décembre dernier. Le but ultime étant de modifier la Constitution, le moment venu, en vue de l’instauration d’un scrutin indirect à un tour (présidentielle au niveau du parlement). Qu’en pense le peuple ?

Cette question de fond a été rarement exploitée, du fait que depuis cette épopée à rebours réalisée par Kabila, l’actualité en RD Congo reste confuse. C’est là la première preuve irréfutable que rien n’a changé, après les élections. D’où l’explication d’une situation qui appelle contradictions, chahuts et divisions. Avec tous les risques que cela puisse aboutir à l’éclatement de grands conflits armés. Des conflits qui sont déjà présents au Nord-Kivu et en Ituri, où coulent des rivières de sang, depuis plusieurs années. La métastase a atteint le Kasaï et le Kwilu.

Pendant ce temps, le peuple se tait. Pourtant, il sait tout. Il observe  la suite, depuis le 30 décembre 2018, date des élections. Il ne constate que contradictions sans issue : un ancien chef de l’Etat, Kabila, qui, aux yeux de tous, continue de se comporter en président de la République. Et, le nouveau président, Tshisekedi, qui, aux yeux de tous, agit en sous-traitant. La libération des prisonniers ? Le changement intervenu à la tête de l’ANR (service des renseignements) ? De l’enfumage destiné à donner le change, à faire croire à l’opinion qu’il y a eu alternance.

Les accords secrets

Faut-il plus pour affirmer, sans conteste, que tout ce que nous voyons se faire relève des accords secrets, dont tous les points ont été réglés comme du papier à musique ? Et le tout, sans doute, à l’avantage du dictateur, en contrepartie d’un titre honorifique pour Tsisekedi ? Si Kabila père est parvenu au pouvoir, au détour des accords signés à Lemera (Sud-Kivu), en 1997, avec le Rwanda, l’Ouganda et le Burundi, il n’en sera pas de même avec ceux conclus entre Kabila fils et Tshisekedi fils.

Les raisons en sont simples. D’abord, les contextes sont tout à fait différents. Kabila père a bénéficié des circonstances favorables exceptionnelles : la détestation de Mobutu essentiellement par les Américains, et le désir ardent du peuple de connaître un nouveau régime politique. Enfin, la diminution physique de Mobutu, rongé par un cancer. Si, aujourd’hui, les Occidentaux ne manifestent pas ce qu’ils pensent réellement de Kabila fils, ils en sont moins ses soutiens, compte tenu de la montée du populisme en Europe, qui accuse le « système » d’exploiter l’Afrique. Ainsi donc, par substitution, Kabila fils se retrouve exactement à la case où était placé Mobutu avant sa chute.

Cette vérité n’appelle pas d’être grand clerc pour la mettre en lumière. Le peuple en sait quelque chose. Au fait, les succès incontestables que le leader de la coalition Lamuka, Martin Fayulu, vient de récolter, à travers ses tournées, aussi bien au pays qu’à l’étranger, ne traduisent-ils pas une autre version de la « vérité des unes » ?  La circonstance a créé, en tout cas, ce que l’on appelle la « rencontre d’un homme et d’un peuple ». Comme ce fut le cas de Lumumba et, dernièrement, celui de feu Etienne Tshisekedi.

Quoi qu’il en soit, un quarteron de Congolais, par fanatisme et solidarités négatives, continue de penser que le résultat des urnes, sanctionné par la Cour Constitutionnelle, et dont le corollaire a été l’investiture de Félix Tshisekedi comme président de la République, est irréversible. Certains observateurs non avertis, appuyant cette assertion, vont jusqu’à qualifier le peuple congolais d’amorphe, sur lequel il ne faut rien attendre pour renverser la vapeur. Ils poussent cet argument jusqu’à l’absurde, en démontrant l’ampleur de l’esprit servile du congolais, sous le règne du dictateur Mobutu pendant trente-quatre ans.

Ni amorphe ni servile

Or, en 1895, les colonisateurs belges sont surpris par la « Révolte des Batetela ». Quatre cents hommes de troupe se rebellent, en rupture avec leur hiérarchie militaire, pour venger l’exécution de leur chef, le célèbre Ngongo Lutete. Il en va de même de Simon Kimbangu (1887-1952).  Il crée, en 1921, un mouvement religieux qui fait peur aux Belges. Ils y voyent le ferment d’une révolte insidieuse. Arrêté, il est curieusement jugé par une cour martiale, qui le condamne à perpétuité. Mais ses adeptes, intrépides, défient toutes les mesures de répression. Ce mouvement est devenu, aujourd’hui, une grande église en RD Congo et dans certains pays voisins.  Lumumba, en clef de voûte, réclame l’« indépendance immédiate », face à la force brute du colon. Celui-ci lâche prise, le 30 juin 1960. Sans un seul coup de feu.

Qu’on ne s’y trompe pas, le peuple congolais n’est ni amorphe ni servile. Il est tout simplement patient. A travers l’histoire récente, il a démontré qu’il était autant réactif que résilient. Ceux qui connaissent l’âme de ce peuple le comparent volontiers aux habitants de Numance, une petite ville de l’Espagne antique qui résista durant vingt ans, au IIe siècle avant notre ère, face à la puissante armée de conquête romaine. Un phénomène inexplicable !

Les Congolais sont à intégrer dans ce lignage. Ils savent encaisser en attendant de réagir, le moment venu. En témoigne le « vote-révulsion » accordé au dauphin de Kabila, qui n’a récolté que 12 % des suffrages, en dépit de gros moyens mis à sa disposition. Le peuple sait donc qui il a voté entre Fayulu et Tshisekedi. Puisqu’il y a doute et suspicions sur la « vérité des urnes », il faut conclure que le processus d’élections n’est pas encore clos. La prochaine étape sur ce chemin de la démocratisation sera celle de la « révolte » spontanée et généralisée, à l’instar de celle qui se déroule actuellement en Algérie, sinon brutale comme celle, incendiaire, sur la prise de la Bastille, en 1789, en France.

Cette dernière hypothèse est la plus vraisemblable, à se fier aux messages de dégoût, sur les réseaux sociaux, livrés par le peuple à l’égard de Kabila et ses affidés. Mais pire, c’est  la demande des armes exprimée par des foules à Martin Fayulu, partout où il est passé, en vue de préparer la guerre contre les usurpateurs. A première vue, l’idée peut paraître saugrenue, mais, à l’analyse, elle traduit le fond de la pensée qui habite une large majorité des Congolais sur la situation postélectorale. C’est la première fois qu’on assiste à un tel ras-le-bol du peuple.

Le point culminant

« Dans la tête du  peuple berné », il se passe ce qui se passait dans la tête d’esclaves révoltés en Haïti, en 1791 : « en finir avec le maître ou mourir ». Après la résilience éprouvée comme celle des habitants de Numance (le calvaire à travers les régimes de Mobutu et des Kabila), ne suivra pour le peuple que l’exemple de la marche vers la « Bastille congolaise » : le régime honni de Kabila

En voici une bonne pétition de principe (affirmer ce qui reste à démontrer), diront les sceptiques ! Mais, c’est oublier quand un empire a atteint son point culminant, il doit chuter. C’est le cas de Kabila, dont le hold-up électoral de décembre 2018 constitue sa dernière astuce pour rester au pouvoir. C’est le point culminant. Il le sait fort bien. Son entourage aussi. Mais, « c’est un homme qui adore le pouvoir, qui ne sait qu’être dans le pouvoir, qui n’accepte pas en sortir, il va aller jusqu’au bout ». Réflexion faite par Kamel Daoud, écrivain algérien, pas à propos de Kabila, mais au sujet de Bouteflika (Ouest-France, 5 mars 2019).

Sur ce point, la comparaison entre les deux hommes est parfaite. Bouteflika, double malade physique (dont la sénilité) ; Kabila, malade mental, souffrant d’hybris (démesure ou orgueil). Dans la Grèce antique, l’hybris était considérée comme un crime, du fait qu’elle pouvait être à la base de « destructions massives ». Et donc condamnable.

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