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Guinée : Un enfant de 10 ans tué lors d’une manifestation, le pays continue de s’embraser

La Guinée brûle, Alpha Condé s’en moque. Décidément, le chef d’État guinéen n’a pas fini d’humilier son peuple! Rien d’autre ne le préoccupe plus que de bâtir son empire avec le sang des innocents. Les manifestations appelées « résistance citoyenne, active et permanente » par le FNDC, partis politiques pour contrer le président Alpha Condé, s’apprête à renoncer à son projet de doter la Guinée d’une nouvelle constitution.

Ajoutons à cela le mouvement de grève du SLECG -Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée- qui continue de faire des victimes et des dégâts matériels importants en Guinée.

Un premier jour de révolte dramatique

La journée du lundi 13 janvier fut le début de la résistance active de la population guinéenne. Bilan : deux morts par balle réelle selon des sources hospitalières.

Le premier s’appellait Thierno Mamadou Sow, jeune lycéen abattu à Conakry dans le quartier Cosa, les proches de la victime pointe du doigt accusateur les forces de sécurité. 

La seconde victime, Alhassane Diallo, un adolescent âgé de 15 ans apprenti carreleur, est la première victime de la manifestation à Labé. Sa mort s’est passée dans des circonstances non élucidées.

Selon  des sources bien informées, Labé a connu une révolte qui a touché les administrations : le bureau du procureur et la salle d’audience du tribunal de première instance de la ville de Labé ont brulé, idem pour le fief de l’opposition ; il y a aussi les véhicules garés dans l’enceinte de la brigade de proximité du quartier de Daka.

La même source indique que les forces de l’ordre étant pris de court, des militaires sont venus en renfort du camp Elhadj Oumar Tall.

Le second jour de révolte en Guinée : suite de la répression

Selon une source hospitalière, les affrontements entre jeunes partisans du Front National pour la défense de la Constitution (FNDC) et les forces de défense et de sécurité qui secouent la ville de Labé depuis le 13 janvier ont fait une nouvelle victime.

Souleymane Diallo, âgé d’une vingtaine d’années. Il aurait  succombé dans la salle de réanimation de l’hôpital régional de Labé où il avait été admis après avoir reçu une balle dans la tête.

L’annonce de ce nouveau cas de décès continue à embraser les esprits : cela porte désormais à trois morts et plusieurs blessés ainsi que d’importants dégâts matériels.

A Conakry, l’horeure st à son paroxisme. C’est un enfant de moins de 10 ans qui a été touché dans le quartier Sonfonia, lui aussi touché par une balle dans la tête. Cette affaire amplifie les enjeux de communication : un enfant de 10 ans a été tué par balle lors d’une manifestation!

Dans une vidéo devenue virale sur la toile, on voit un individu à terre, se vider de son sang.

Le lendemain, un habitant de Sonfonia se présentant comme le grand-père et homonyme de l’enfant, a tout simplement nié les premières versions sur les circonstances de la mort du petit Fofana. Il affirme que l’enfant n’a pas été touché par les balles de la police mais par un explosif qu’il aurait ramassé dans une poubelle…

Cette version, contestée par l’opinion publique, laisse sans voix.

Ailleurs, on brûle les symboles de l’Etat

A Lélouma, une préfecture de la région administrative de Labé, le préfet serait en fuite car sa résidence aurait été saccagée et des véhicules de commandement ont été brûlés.

A Pita, les locaux de la gendarmerie et de la police ont été incendiés. La tension est très vive dans cette ville située à 260 kilomètres de la capitale. Des forces de sécurité en renfort sont déployés dans toute la ville. Après trois jours de désobéissance civile, soldée par quatre morts, plusieurs blessés, des dégâts matériels importants et des arrestations à Conakry ainsi que dans plusieurs villes de la Guinée.

Le FNDC a décidé de suspendre les manifestations ce mercredi 15 janvier, selon le communiqué, la suspension est faite pour enterrer les victimes et permettre aux guinéens de se réapprovisionner en nourriture en vue des actions intenses qui vont suivre.

Les manifestations reprendront le 21 Janvier 2020 sur l’ensemble du territoire national selon le communiqué du Front National pour la défense de la constitution.

Suite à l’emprisonnement des enseignants grévistes et de certains syndicalistes, L’USTG  en guise de solidarité au SLECG annonce une grève générale et illimitée à partir du mardi 21 janvier.

Pendant ce temps, le président Alpha Condé prend un décret d’ouverture de la campagne électorale  pour les élections législatives (le Président de la République Alpha Condé a décrèté l’ouverture de la campagne électorale en Guinée pour les législatives le 16 Janvier 2020 à minuit et ferme le 14 février 2020 à minuit. Cette attitude du chef de l’Etat risque de mettre du feu dans le poudre.

Sur le plan international, la France a réagi par la voix de son Ministre des affaires étrangères.

Alors que société civile et l’opposition intensifient leur mobilisation contre un projet de nouvelle Constitution, le ministre français des Affaires étrangères a appelé mercredi 15 janvier à l’apaisement.

«L’engagement du président Alpha Condé à demander une réforme de la Constitution ne nous paraît pas être obligatoirement partagée ni par sa population, ni par ses voisins», a déclaré Jean-Yves Le Drian, le chef de la diplomatie française. Jusque-là, la France avait opté pour la discrétion sur ce dossier.

Cet appel à l’apaisement, le ministre l’exprime dans un cadre bien précis: il ne s’agit pas d’une «déclaration», mais d’une prise de position prononcée en réponse à une question posée par la Commission des Affaires étrangères, minimise ainsi un député.

Mais sur le fond, le souci de respecter la Constitution a été soulevé à plusieurs reprises. Depuis plusieurs mois, Paris discuterait en coulisse de façon directe, en envoyant des messages de retenu au Président Alpha Condé, indique un parlementaire français.

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Guinée : en grève, le pays refuse une nouvelle constitution

La Guinée est encore à la croisée des chemins pour cette année 2020. Une année de mouvements convulsifs pour nombre de guinéens fortement éprouvés par une crise politique, attisée par le projet d’une nouvelle constitution.

La création du FNDC (front national pour la défense de la constitution sous l’initiative de la société civile répond à cette préoccupation. Un mouvement qui rassemble autour de lui des leaders de l’opposition, syndicat, artiste et société civile, lancé le 03 Avril 2019 en Guinée.

Les hostilités commencent le 14 octobre 2019, date de la première mobilisation contre toute idée de changement constitutionnel ou de troisième mandat du président Alpha Condé.

La crise s’enlise, le FNDC multiplie les manifestions. A la veille de la manifestation du 14 octobre, Abdourahamane Sanoh et plusieurs de ses collègues sont arrêtés, jugés et condamnés plus d’un mois à la maison centrale suite a des pressions internationales et l’implication des corps diplomatiques accrédité en Guinée.

Sanoh et Sué sont libérés le 29 novembre 2019 suite à un non lieu prononcé par la cours d’appel de Conakry.

Parallèlement la CODENOC (coalition démocratique pour la nouvelle constitution) se positionne pour une nouvelle constitution et porte des graves accusations contre les opposants au projet de référendum constitutionnel.

La CODENOC déclare: ’’Au moment où nous célébrons la nouvelle année, contre toute attente, l’opposition dite républicaine réunie au sein du FNDC vient encore une fois de faire preuve d’extrémisme en omettant son droit élémentaire qui est celui de participer ou non à des élections, tout en déclarant publiquement sa volonté d’empêcher la tenue des élections législatives prochaines appelant à des actions d’incivisme et même de «djihad », entendez «appel à la guerre sainte». Cela se confirme par l’introduction frauduleuse d’armes et de munitions saisies au niveau de nos frontières sur des groupes de personnes mal intentionnées et déterminées dans leur déclaration à instaurer une situation de guérilla et de «djihad» dans notre pays’’.

Le F.N.D.C privilégiant les manifestations, a une nouvelle fois battu le pavé ce lundi 6 janvier 2020. A Conakry, c’est une marée rouge qui a inondée les rues de la capitale.

L’acte 7 dénommé «Marche ultimatu» par les organisateurs, s’est déroulé pacifiquement à Conakry et à l’intérieur de la Guinée. Il reste à savoir si le Président de la république fléchira à son projet de nouvelle constitution ou d’un troisième mandat.

Les jours à venir semblent préoccupant entre pouvoir, oppositions et FNDC qui projettent des marches continues à partir du 13 janvier. A Labé, la marche s’est déroulée sans incident. Pendant ce temps, le Président Alpha Condé a été accueilli à Kindia en grande pompe avec des pancartes ou l’on pouvait lire : « Oui à la nouvelle constitution ! ».

Selon le site guinews.org, la ville de Kankan été sous tension ce lundi 6 janvier suite à des attaques attribuées à une bande jeunes gens, proches du parti au pouvoir, qui ont visé des opposants. Le siège de l’Union des forces démocratiques de Guinée (Ufdg), principal parti d’opposition, ainsi que de nombreux commerces ont fait les frais de la fureur de la bande, qui agirait en toute impunité.

Le syndicat libre des enseignants et chercheurs de guinée (SLECG) annonce une gréve a partir de 9 Janvier 2020. un préavis de gréve serait déposé le 6 Janvier, Aboubacar soumah secrétaire général du SLECG soutient que « si rien n’est fait, nous irons en gréve le 9 janvier». Il rappel qu’auprès du gouvernement le syndicat a déposé une correspondance dans laquelle il a «rejeté purement et simplement» le rapport général de l’assainissement du fichier de l’éducation à la fonction publique.

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