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Romaric Kenzo : « En Centrafrique, le peuple dort »

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Article paru dans ijsbergmagazine.com, le 11 février 2015
Par Laurène Perrussel-Morin

 

romaric IjsbergRomaric Kenzo était un des journalistes radio les plus connus de Centrafrique. Mais son émission, « À vous la parole », dérangeait. En France depuis deux ans, il conserve un regard engagé sur son pays.

Dès qu’il sort dans la rue, Romaric Kenzo voit la tour Eiffel. Pourtant, ce journaliste radio ne rêve que d’une chose : repartir en République Centrafricaine (RCA). À 35 ans, il s’exprime avec calme, d’une voix presque trop douce pour faire de la radio. « J’ai besoin de fouler du pied mon pays. Mais je suis tellement connu que je sais que dès que j’arriverai à l’aéroport de Bangui, je serai cueilli par la police. » Romaric Kenzo n’est pas un criminel, mais il dérange.

 

« À vous la parole »

Grand et mince, Romaric Kenzo cache derrière un aspect fragile des convictions pour lesquelles il a pris des risques. Ce défenseur de la liberté d’expression est accueilli depuis trois mois par la Maison des journalistes, qui aide des journalistes réfugiés à prendre leurs marques en France. Cela fait déjà plus de deux ans qu’il a quitté Bangui pour Paris. Il raconte sans pathos son périple, qui a commencé par 70 km de marche à pied pour traverser la frontière. « Travesti, rasé, je ne voyageais que la nuit. Je suis passé par le Cameroun, mais j’ai failli me faire arrêter par la douane. » […]

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Exil : Un journaliste centrafricain perd tout en prenant la fuite

Interview à Marciano Romaric KENZO CHEMBO
parue dans Global Journalist (version originale en anglais)
Par Laura Welfringer, le 10 Décembre 2014

« Certains ont détruit ma maison et ont arrête mon petit frère afin d’obtenir des renseignements me concernant. Nous n’avons toujours pas de nouvelles de mon frère à l’heure qu’il est. »

Marciano Romaric KENZO CHEMBO (photo Muzaffar Salman)

Marciano Romaric KENZO CHEMBO (photo Muzaffar Salman)

Fut un moment Marciano Romaric Kenzo Chembo n’aurait pas pu imaginer que son dévouement au journalisme démolirait sa famille et le forcerait à fuir son pays natal, la République Centrafricaine.
Avant la prise de pouvoir de François Bozizé en 2003 des journalistes étaient parfois censurés et suspendus, mais il était possible de parler des violations de la liberté de la presse. Depuis l’arrivée de Bozizé au pouvoir les menaces sont devenues plus sérieuses.
Il a fallu plusieurs années avant que Kenzo Chembo réalise l’importance de cette hostilité envers les journalistes. Au fil des années, il est devenu journaliste, producteur et présentateur de la station de radio Ndeke Luka. La station appartient à la Fondation Hirondelle, une organisation suisse spécialisée dans la création de médias indépendants en zones de crise.
Kenzo était responsable du programme journalier «A vous la parole », dans les rues de la capitale, Bangui, afin de recenser les opinions des gens ordinaires concernant l’actualité. « Je passais en revue toutes sortes de questions ; sociales, économiques, militaires ou religieuses » dit-il.
Les autorités locales considéraient que le franc-parler de Kenzo était subversif et proféraient des menaces et des intimidations continuelles envers lui et sa famille. Ces menaces devenaient de plus en plus fortes après un reportage de Kenzo sur une tentative supposée de Teddy, fils de Bozizé, d’enterrer vivant deux de ses amis qu’il soupçonnait d’une liaison avec sa femme. A cette époque, Chembo a réalisé qu’il n’était plus en sécurité.
Il est parti de RCA pour venir en France en 2012 au moment même ou le pouvoir de Bozizé était mis en question par une offensive des militants Seleka, de prédominance musulmane. Bozizé et sa famille ont été eux-mêmes obligés de s’exiler en mars 2013, alors que le pays entrait dans une guerre civile entre les Seleka et les militants anti-Balaka, à prédominance chrétienne.

Kenzo, 34 ans a parlé avec LW de Global Journaliste concernant ses actions contre la censure, des difficultés de son exile et de son adaptation à sa nouvelle vie :
Global Journalist : Comment étiez-vous touché par les pressions sur l’information ?
Kenzo Chembo : Mon programme à la radio était la bête noire des autorités politiques de la RCA. On m’accusait d’être trop curieux et subversif. Plusieurs fois des ministres sont arrivés au studio proférant des menaces. J’ai également reçu des menaces sur mon téléphone fixe et j’ai dû changer de numéro plusieurs fois. J’étais obligé de fuir ma maison et me réfugier où je pouvais. Les menaces sont devenues plus intenses entre 2011 et 2012. Je ne pouvais même pas sortir en voiture le soir. Le directeur de la station m’a demandé de cesser le programme. J’ai été agressé deux fois. La première fois j’ai été battu par deux inconnus en quittant le studio vers 19 h. Deux mois plus tard j’étais agressé près de chez moi.

Central African Republic’s then president Francois Bozizé, pictured at a 2011 conference in Equatorial Guinea (AP Photo/Rebecca Blackwell).

Central African Republic’s then president Francois Bozizé, pictured at a 2011 conference in Equatorial Guinea (AP Photo/Rebecca Blackwell).

GJ : Quel incident précis a provoqué votre fuite ?
Kenzo Chembo :  Le jour où j’ai parlé de l’incident concernant le fils de Bozizé qui a failli enterrer vivant deux de ses amis, celui-ci m’a appellé sur mon téléphone et a envoyé des gens chez moi. Il jurait de me tuer tôt ou tard. La pression augmentait sur moi et sur ma famille. Mon père a quitté le domicile et ma mère a perdu son travail. Le fils de Bozizé et ses amis avaient des contacts au tribunal de grande instance de Bangui et il m’ont incité fortement à quitter le pays si je voulais échapper à la mort. Quand je me suis rendu compte que ces menaces étaient sérieuses, j’ai décidé de partir.
GJ : Comment étiez-vous affecté par le conflit entre les milices de la Seleka et les anti-Balaka ?
Kenzo Chembo : Je suis parti avant l’arrivée au pouvoir de la Seleka en me disant que j’allais revenir à la chute de Bozizé. Malheureusement trois jours après la chute de Bozizé quand les milices de la Seleka ont pris le pouvoir en mars 2013, ils ont découvert que j’avais produit une émission les dénonçant. Certains ont détruit ma maison et ont arrêté mon petit frère afin d’obtenir des renseignements me concernant. Nous n’avons toujours pas de nouvelles de mon frère à l’heure qu’il est.
GJ : Est-ce que votre famille vous a suivi en exil ?
Kenzo Chembo : Non, avant que je ne parte pour la France ma compagne m’a quitté, avec nos enfants car elle pensait qu’ils étaient en danger. Aujourd’hui la seule connexion que j’ai avec la RCA est ma mère car elle dit qu’elle ne quittera jamais le pays. Elle est toujours dans le camp des déplacés à l’aéroport de Bangui.

Seleka Muslim militias drive through Bangui, Central African Republic Jan. 27, 2014. (AP Photo/Jerome Delay)

Seleka Muslim militias drive through Bangui, Central African Republic Jan. 27, 2014. (AP Photo/Jerome Delay)

GJ : Comment avez-vous quitté Bangui ?
Kenzo Chembo : Je voyageais la nuit. J’ai rasé ma tête et je me suis habillé comme un travailleur. Je ne portais rien avec moi sauf un petit sac de mendiant, et il a fallu que je voyage avec un véhicule de marchandise. Avant ça j’ai dû faire 75 kilomètres à pied afin de quitter la capitale et éviter tous les contrôles de police. J’ai pris une fausse identité jusqu’à mon arrivée à la frontière.
GJ : Comment est votre vie maintenant ?
Kenzo Chembo : Ça a été très difficile. Quand soudainement on est obligé de vivre loin de chez nous, en laissant derrière nous notre famille, notre travail, toute la vie que nous avons construite, nous avons le cœur brisé, même si nous avons pu nous trouver un l’abri dans un autre pays. Il faut tout recommencer, ce qui est encore plus difficile quand on est africain car les gens ont des préjugés. Quand je suis arrivé en France j’ai été accueilli par un compatriote. J’y suis resté deux mois avant devenir un sans-abri. Ensuite je suis tombé malade et j’ai dû passer six mois à l’hôpital. A ma sortie de l’hôpital j’ai entendu parler de la MDJ où l’on a pu m’héberger et me laisser continuer mon travail de journaliste. J’écris bénévolement pour le journal « L’œil de l’exilé » et je continue à collaborer à quelques journaux de la RCA.
GJ : Pensez-vous retourner chez vous ?
Kenzo Chembo : Mon pays me manque mais les conditions ne sont pas encore réunies pour que je puisse y retourner. D’abord parce que le pays est otage des milices Seleka et anti-Balaka. De plus il n’y a aucune sécurité dans le pays. Cette année quatre journalistes y sont morts dont une française, Camille Lepage. Ceci montre clairement la dangerosité ambiante et le manque de liberté de la presse.

 

8 Mars : Un quart d’heure de faiblesse pendant lequel j’ai failli haïr les femmes

[Par Johnny BISSAKONOU – johnnybissakonou @ gmail . com]

 

En général la date du 8 Mars ne me dit rien.  Est-il important de consacrer une journée à la femme ? Bof, si cela les amuse de se prendre pour le nombril du monde…Du moment qu’elles célèbrent cette journée entre elles,  de quoi je me mêle ? Il existe bien une journée internationale de l’homme mais qui passe quasiment inaperçue. Cependant, les récents évènements que j’ai vécu m’ont poussé à réfléchir plus longuement à cette question.

Catherine Samba-Panza (Photo de www.terrafemina.com)

Catherine Samba-Panza (Photo de www.terrafemina.com)

 

 

Il m’est même arrivé de haïr les femmes parce qu’elles ont le droit de pleurer, et le droit d’être faible. Moi je ne le peux pas, parce que chez moi un homme, un vrai circoncis n’affiche pas sa faiblesse devant les gens. Quand mon oncle me racontait au téléphone l’assassinat de mon petit-frère, j’ai eu un moment de faiblesse…Quelques secondes de sanglots qui ont suspendu son récit. Je n’ai pas eu droit à cette consolation qu’une de mes sœurs aurait eue. Il m’a reprit sévèrement : « Mo yeke ouali ? ….» Je traduis presque mot à mot : « T’es une femme ou quoi ? Arrêtes de sangloter dans mes oreilles, ce sont des hommes comme toi qui nous ont fait ça, nous irons à Bouca leur montrer notre virilité »…Il me demandait de payer son transport jusqu’au village, de payer des féticheurs pour régler leur compte aux assassins…

 
Une femme aurait eu raison de fuir et se réfugier en France si elle était dans mon cas. Mais comment un homme au-lieu de rester se battre a choisi de fuir comme un lâche? Quand je discute avec certains compatriotes, c’est à-peine s’ils me traitent de poltron, parce qu’eux sont restés et affrontent la mort…Chez moi un homme, un vrai ne recule jamais devant le danger. L’homme est celui qui défend sa maison face à l’ennemi, c’est encore celui qui peut fièrement brandir son coutelât ou sa machette et être aux premières loges lorsqu’il y a du danger.

 
Il y a cette tradition, je crois qu’elle existe partout même en France, qui veut à ce que l’homme soit l’être fort. C’est la femme qui a droit à la faiblesse, aux sentiments. La femme c’est le sexe faible…Moi je suis un homme, pleurer ne m’est pas permit.

 
Quand j’étais petit, pendant les grandes vacances grand-père nous réveillait à l’aube pour aller aux champs. Malheur à moi si je n’étais pas debout au premier appel de mon nom. L’homme ne dort pas comme les femmes. Au moindre bruit, l’homme doit pouvoir du plus profond de son sommeil demander qui va là ? Pauvre homme, la privilégiée, le bourreau c’est la femme ai-je pensé…

 
Alors je me suis permit de rêver, je me suis vu en patriarche établissant les règles de fonctionnement de la société que j’ai créé. Je me suis fait un film pour me consoler et me satisfaire de mon sort…Pourquoi être triste ? Je suis un homme et l’homme est le chef de la femme. L’homme est le chef du foyer c’est lui qui crie sur la femme il a toujours le dernier mot.

 
Je suis fier d’être un homme car c’est le garçon qui a le droit d’aller à l’école. La place de la fille est au foyer aux côtés de sa mère pour apprendre à devenir une bonne ménagère et à s’occuper d’un mari. A l’école, c’est le garçon qui est censé avancer de part ses propres efforts et la fille ne peut réussir que moyennant quelque chose…

 
Dans l’administration, une femme même si elle a le profile adéquat ne peut occuper un poste administratif réservé à la junte masculine. L’homme c’est le PDG, et la femme sa secrétaire. Si cette dernière est docile, soumise pourquoi pas une promotion ? (Canapé bien-sûr)…En un mot l’homme est un dieu c’est lui qui commande et c’est lui qui donne : Des coups à la femme battue, la femme violée l’est par l’homme, la femme réduite en esclave, celle qui n’a pas le droit d’avoir un point de vue, la moins que rien. J’ai aussi eu une pensée pour la femme qui souffre les douleurs de l’enfantement, après avoir porté une grossesse pendant neuf mois. J’ai pensé à celle qui allaite et éduque, celle qui nourrit les enfants et qui ne dort pas quand le bébé tombe malade. J’ai pensé à ma mère, à celles qui donnent la vie, j’ai pensé à mes sœurs…Quand j’ai pensé à toutes ces femmes, j’ai eu honte de moi, honte d’avoir pensé toutes ces choses. Heureusement qu’on est au 21e siècle et que plus personne (?)  n’a ce genres de pensée…

 
Et quand je pense à mon pays, je suis plutôt content qu’une femme soit à la tête de l’Etat Centrafricain comme Présidente de la transition.

 
Septième chef de l’Etat depuis l’indépendance de la RCA, Madame Catherine Samba Panza est la 3e femme Présidente en Afrique, après  Joyce Banda au Malawi et Elen Johnson Sirleaf au Liberia.  La première Cheffe d’Etat en Afrique francophone. Elle n’a pas été élue à l’issue d’une élection normale dira t-on. Mais tous les centrafricains sont unanimes sur la volonté de rupture. Les hommes politiques centrafricains, tous sans exception ont mis le pays dans cet état grabataire. Peut-être qu’une femme réussira là où ils ont tous échoué et montré leur limites.

 
Sur ce, je souhaite bonne fête du 8 Mars à toutes les femmes du monde et en particulier à toutes les femmes de Centrafrique. Que les femmes apportent la paix dans le pays, dans les foyers et dans les cœurs.

 
 

2013, retour sur une année qui a rendue la RCA tristement célèbre…

[Par Johnny BISSAKONOU – johnnybissakonou @ gmail . com]

 

La Centrafrique est devenue célèbre en 2013. Et pour cause, le monde est féru de scènes d’horreurs, et les centrafricains ont su leur en servir à profusion.

 

Pendant que tous se délectent des images apocalyptiques en provenance de la Centrafrique et que les Centrafricains se demandent comment ils ont pu en arriver là ?

 

Photo prise du site : www.comboniani.org

 

 

Je vous propose un retour sur les évènements majeurs qui ont marqué 2013, l’année pendant laquelle la RCA a connu sa plus grande popularité dans les médias internationaux :

 

Commençons par la nuit du 31 Décembre au 1er Janvier 2013, la pire Saint-Sylvestre jamais vécu par les centrafricains. Le pouvoir est dans la rue, des jeunes soudoyés par un régime devenu très impopulaire et impuissant face à l’avancée de la rébellion Seleka font la police. Ils érigent des barrières toutes les 20 mètres sur l’ensemble des grandes artères de la capitale. Les rebelles sont à la porte de Bangui et toute la capitale vit dans la psychose de leur arrivée. Ces jeunes délinquants, chanvreurs,  armés par la COCORA « la Coalition Contre les Rebellions Armés » de Lévy Yakété et par la COAC (Coordination des Actions Citoyennes » de Steve YAmbété faisaient la loi. Ils avaient carte blanche, arrêtaient qui ils voulaient : Officiers de l’armée, Ministre, femmes enceinte. Ce sont les mêmes jeunes qui ont caillassé l’ambassade de France le 26 Décembre 2012 pour montrer la colère du clan Bozize face au silence de la France devant l’avancée des rebelles …

 

Le 02 Janvier 2013, Bouffée d’oxygène. Les rebelles de la Seleka annoncent la suspension de leur marche sur Bangui et l’envoi d’une délégation aux pourparlers de paix à Libreville.

 

Le 11 Janvier 2013, les pourparlers de paix aboutissent à la signature des fameux accords de Libreville (il y’en a eu plusieurs).  Ces accords donnent sa part de gâteau à chacun et les grands bébés centrafricains reviennent à Bangui. Leur feuille route : La cessation des hostilités, le maintien de Bozizie au poste de Président, la formation d’un gouvernement de transition avec un Premier Ministre issu de l’opposition démocratique (sic !), des postes Ministériels stratégiques à la Coalition Seleka (dont celui du Ministre de la Défense jusqu’alors poste de Bozize et son fils Francis), l’organisation des élections législatives dans un délais de douze mois pour palier au problème de cette assemblée nationale monocolore dans laquelle on retrouve pêle-mêle les oncles, les enfants et concubines de Bozize. Le retrait de toutes les forces militaires étrangères de la Centrafrique à l’exception des forces de la FOMAC. (Reference faite aux forces Sud-Africaines qui protègent le pouvoir de Bozize). Voilà qui est parfait !

 

17 Janvier 2013, Bozize organise une réunion au palais de la renaissance avec toutes les entités ayant prit part aux pourparlers de Libreville ainsi qu’avec les autres partis politiques. Des chefs de partis politiques comme Boukanga ont vivement critiqué ces accords et demandent à Bozize de faire ce qu’il veut. A la suite de la réunion, Nicolas Tchangaï est nommé Premier Ministre.

 

15 Mars 2013, Bozize célèbre en grandes pompes au Stade 20.000 place les festivités marquant sa prise de pouvoir par les armes en Mars 2003. à l’occasion des représentants de la jeunesse, des musiciens, des associations prononcent des discours de soutien à l’homme fort de Bangui.

 

Le 17 Mars 2013, la Seleka lance un ultimatum de 72 heures au Président Bozize pour la mise en application complète des accords de Libreville qui prévoient entre-autre le départ des forces Sud-Africaine, la libération de tous les prisonniers politiques, et la levée de toutes les barrières dans la ville de Bangui. Une mission de médiation conduite à Sibut pour calmer le jeu tourne à la séquestration, ou du moins à quelque-chose du genre. Les éléments de la Seleka retiennent cinq Ministres de la délégation à Sibut, il s’agit tout simplement de ministres Seleka : Christophe Gazam-Betty, ministre de la Communication, Michel Djotodjia, vice Premier-ministre, ministre de la défense, Mohamed Daffahne, ministres des Eaux et forêts, Amalas Amias Aroune, ministre du commerce et Herbert Djono Ahaba, ministre de la recherche minière. Une simple stratégie pour ne pas les exposer aux représailles lors de ce qui va suivre.

 

20 Mars 2013 : La seleka annonce reprendre les hostilités à la suite de l’expiration de l’ultimatum,

 

24 Mars 2013 : La seleka prend le contrôle de la capitale centrafricaine à la suite d’une offensive éclair. Devant sa puissance de feu, Bozize qui participe au combat, fuit au Cameroun et déclarera plus tard qu’il avait vu des forces spéciales tchadiennes participer à l’offensive sur Bangui.

 

25 Mars 2013 : L’Union Africaine suspend la RCA comme Etat membre, et la France condamne le coup-d ‘état.

 

31 Mars 2013 : Formation du Gouvernement avec maintien de Nicolas Tchangaï comme premier Ministre et Djotodja ministre de la Défense (il nous réitère le scenario Bozize)

 

Le 14 Avril 2013, la seleka encercle Boy-rabe, pille, vole, viole. Devant l’ampleur des exactions, le gouvernement parle de désarmement des fanatiques de Bozize. Ce genre d’excursions meurtrières dans certains quartiers et villages devient régulier.

 

Le 30 Avril 2013, Le Ministre de la Justice Arsene Sendé  instruit le procureur Général de la cour d’Appel de Bangui d’ouvrir une procédure judiciaire sur les crimes et autres exactions commis sous le régime de l’ancien Président François Bozize…( no comment !)

 

19 Juillet 2013 : Devant la détérioration de la situation et l’incapacité de la FOMAC à désarmer et cantonner les nouveaux maîtres de Bangui qui s’illustrent en veritables desperados et commettent des exactions tous les jours, l’Union Africaine annonce l’envoi de 3600 hommes pour pacifier le pays.

 

27 Août 2013, Des civils fuyant les exactions de la coalition Seleka, prennent d’assaut le tarmac de l’aéroport Bangui M’poko qui est sous la protection des forces françaises. Ils sont restés près de 4 jours bloquant le trafic aérien.

 

14 Septembre, devant la gravité des crimes commis par la coalition Seleka et les multiples condamnations des ONG des droits de l’homme. Michel Djotodja annonce la dissolution de la coalition seleka,

 

05 Decembre 2013 ; une attaque des anti-balaka dans la matinée fait une cinquantaine de tués parmi la seleka et des civils musulmans. Les représailles de la Seleka est sanglante, des milliers de mort sont dénombrés parmi la population civile non-musulmane. Le Conseil de Sécurité selon la résolution 2127 donne un mandat de Six mois aux troupes françaises pour rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire centrafricain.

 

Le 06 Décembre, lancement de l’opération Sangaris « nom de code de la mission des troupes française en Centrafrique ».

 

2013 est tout simplement une année à placer en tête de liste dans les annales des périodes sombres de la République centrafricaine.  Là encore nous ne sommes pas allés dans les détails.  Ce pays peine toujours à voir le bout du tunnel. Selon la maxime « à quelque-chose malheur est bon »…Mais que peut-il y avoir de bon dans tout cela ? Peut-être le fait que tout le monde où presque est maintenant au courant que la Centrafrique n’est pas une région d’Afrique mais  bien un pays. Plus besoin d’évoquer Jean Bedel Bokassa le dernier empereur africain pour que les gens voient de quel pays il s’agit.