Voyage au pays du souverain poncif

Moi, Yuan Meng, jeune panda exilé en France, fils d’exilés, mangeur de bambou et avocat des causes impossibles, les poils m’en tombent lorsque j’entends parfois ce que j’entends. Au royaume des poncifs il y a de la concurrence pour occuper le trône et capter la couronne.

J’entends …

A force de voir passer du monde là où l’on m’exhibe (au zoo de Beauval), j’ai fini par tendre l’oreille : ça occupe… les journées sont longues, comprenez bien. Je commence à saisir quelques bribes de ce qui se raconte à proximité de ma chambre. Je fais souvent mine de dormir mais, en réalité, j’écoute…

… Ces poncifs qui surgissent …

Et c’est dans ces moments précieux que surgissent ces fameux «souverains poncifs» qui me font plutôt rigoler : il y a ceux qui disent que d’aucuns «ont le rythme dans la peau» ou que d’autres sont bien évidemment «des voleurs de bicyclettes» ou qu’enfin certains «sourient en permanence» pour mieux dissimuler leur vraie nature, forcément sauvage. Si les poncifs avaient des dents, elles seraient dures.

… De tous les coins du monde …

Et tout cela se raconte en fonction de l’origine des individus incriminés : d’outre-méditerranée, de peuplades plus ou moins moyennes orientales ou très extrêmes orientales, comme moi qui suis pourtant plutôt aimable, non, hein ?

C’est décidé: quand les Belges et les Suisses cesseront d’habiter dans des histoires drôles et qu’on les placera enfin dans un zoo, j’irai voir «de visu» en quoi ils sont si risibles, nom d’un bambou !

Crédit : Sylvie Howlett

Yuan Meng

(Traduction de Denis PERRIN)

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