Un panda exilé peut-il être coté en bourse ?

Moi, Yuan Meng, Panda né en France de parents exilés, je découvre avec étonnement que je suis une monnaie d’échange. Vous me direz : en toute chose s’il y a du mauvais, on peut aussi y trouver du bon.

Tout en dévorant mon bambou de petit-déjeuner l’autre jour, en mon espace dédié du zoo de Beauval, j’ai donc découvert non sans surprise que je suis désormais, avant toute autre chose, une bête curieuse mais aussi une curieuse monnaie d’échange.

Je suis une valeur…

Non seulement mes parents ont été prêtés contre leur gré à la France par le Pouvoir chinois mais, en plus, le fruit de leurs amours que je suis a pris une valeur diplomatique, financière et – pourquoi pas, à terme – boursière (mais si…)

… A cheval entre la France et la Chine…

Moi-même et ma famille sommes donc le support de relations internationales dont nous incarnons le symbole. Nous avons été « prêtés » et, comme tout ceci se déroule dans un bel esprit de dialogue (me dit-on) on a même poussé la logique à son extrême : la France, vous le savez, a décidé d’offrir, en retour, un canasson de la Garde Républicaine, au leader de l’Empire du Milieu…

… Pendant que le Centre travaille avec l’Empire du Milieu

Vous me direz qu’un gouvernement français semble-t-il plutôt centriste travaillant avec l’Empire du Milieu… c’est cohérent mais le sujet n’est pas là… A mon humble avis, la machine s’étant emballée je vais bientôt me retrouver en effigie sur les billets de banque européens ou même être mué en action de la société mondialisée et, de ce fait, coté en bourse… de Pékin à Paris en passant par Francfort et Wall Street.

C’est ce qui s’appelle « être une valeur montante ». Vais-je y prendre goût et me dire que  « quand le panda va, tout va ? ». En attendant un tel rebondissement quasi philosophique, reste à espérer que je ne sois pas qu’une bulle de poils, une bulle qui finit par exploser, une passade, et qu’un retournement sur le théâtre des opérations ne rende pas inutile mon sacrifice, nom d’un bambou !

Crédit : Sylvie Howlett

Yuan Meng

(Traduction de Denis PERRIN)

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