Il n’y a pas de vérité suprême !

Moi, Yuan Meng, mangeur de bambou né en France de parents exilés, je tourne un peu en rond au zoo de Beauval. Mais dans ce handicap j’ai puisé une force : à défaut de gambader en liberté j’ai tout le loisir de méditer sans entrave.

Une évasion solitaire

Tu me diras (on peut se tutoyer maintenant…) que cela provient probablement de mes origines asiatiques : toujours est-il que c’est par l’esprit que j’arrive à m’évader. Un exercice salutaire ! Ne le dis pas à mes gardiens mais si la boule de poils que je suis est contrainte de vivre en vase clos, ce n’est certes pas le cas de mes idées. Elles surnagent, elles dominent, elles s’affranchissent des lois de la gravité terrestre et des obstacles de la nature revêche.

What a wonderful world !

Des poètes, des philosophes, des présidents (et autres grands conducators) se succèdent au zoo afin de me célébrer. Bien entendu, j’en ai profité pour échanger avec eux quelques libres propos en vue d’un monde meilleur, comme il se doit… un jour chanterons-nous en chœur « What a wonderful world » à l’instar du jazzman Louis Amstrong, je veux le croire.

Une planète décortiquée

En attendant, avec mes interlocuteurs, nous nous employons à carrément décortiquer la planète bleue, son Histoire, ses mœurs et tutti quanti, tu vois. Et nous en avons conclu ceci : « il n’y a pas de vérité suprême ».

Nous nous séparons à chaque fois convaincus que la lumière ne jaillit que du débat… à une condition : pas de vraie confrontation des idées sans liberté d’expression et pas de liberté d’expression sans Démocratie. Le serpent se mord un peu la queue, tu me diras … certes… mais c’est avec cette merveilleuse souplesse (quasi reptilienne) que nous pouvons prendre la mesure des choses, sois en certain.

Alors, viens donc causer avec moi, toutes affaires cessantes. Ce sera bon pour nous et, accessoirement pour les autres aussi, nom d’un bambou !

Crédit : Sylvie Howlett

Yuan Meng

(Traduction de Denis PERRIN)

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