Un homme de consensus pour une Mauritanie plurielle

Né le 12 janvier 1965 à Rosso, Biram Dah Abeid réalise de brillantes études en histoire et du droit à l’université Nouakchott à Cheikh anta Diop de Dakar, puis il oriente sa thèse sur la question de l’esclavage.

Déjà au lycée, certains de ses promotionnaires le décrive comme un révolté  face à l’injustice qui a toujours défendu les plus faibles.

Le combat de tout un peuple porté par un homme

En 2008, il fonde l’Initiative pour la résurgence du mouvement abolitionniste (IRA-Mauritanie), qu’il définit comme « une organisation de lutte populaire pour obtenir par la lutte les droits humains inaliénables ». L’abolitionnisme étant entendu comme l’abolition définitive de l’esclavage, toujours présente.

Sa constance dans ce long combat pour la dignité et l’emancipation de l’être humain à travers son mouvement politique, lui a valu de très nombreuses représailles qu’il est long d’énuméré.

Des privations, l’exil forcé de sa famille, lui-même plusieurs fois emprisonné, un refus constant des autorités de reconnaitre son mouvement politique malgré sa popularité. A cela s’ajoute une pression perpétuelle, des intimidations, l’emprisonnement et la torture.

Les rapports de forces face au régime raciste et esclavagiste

Mais au lieu de le détruire,  cette répression  renforce ce mouvement dont l’ adhésion nationale et ineternationale augmente. Ainsi, le mouvement continue de briser les tabous sur  l’eclavage. Certes, l’esclavage est abolit par l’état de la Mauritanie  mais toujours il reste toujours d’actualité.

Au niveau de l’aplication, rien ne bouge ! Les défenseurs de la lutte contre l’esclavage sont poursuivis et traqués par les autorités.

Pour dénoncer les arrestations et les emprisonnnemments des membres actifs du mouvement sans défense, il n’y a qu’une solution : la manifestation pacifique. Ils decendent dans les rues pour montrer leur amertume faces aux graves violations  des droits humain. La police répond avec la force pour les réprimer dans le sang.

Finir avec avec l’hypocrisie de l’esclavage et le complot du silence

Biram Dah Abeid est condamné à une peine de prison puis gracié en février 2011 par le président Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz.

Puis en avril 2012, durant une manifestation à Nouakchott, il brûle des textes de droit de l’école malikite, l’une des écoles du droit musulman qui selon lui, encourage la pratique de l’esclavage. Il est emprisonné avec d’autres militants de l’IRA et accusé de porter atteinte à la sûreté de l’État.

Par la suite, il s’excusera de cet incident qui choqua l’opinion et la presse du pays. Après plusieurs mois de détention préventive et l’annulation de leur procès pour vice de forme devant la cour criminelle de Nouakchott, Biram Dah Abeid et ses codétenus sont libérés en septembre 2012.

Nouvelle libération, nouveau combat, toujours autour de l’esclavage. Biram Dah Abeid décide d’effectuer plusieurs missions dans les pays africains pour montrer la situation des haraatine en Mauritanie, peuple victime de toutes sortes d’abus, à commencer par l’esclavage. Mais les chefs d’Etat restent insensibles à cette question, même quand il y a une indignation au niveau international soulevée notammment par le cas de la Libye devoilée par la chaine américaine CNN.

L’esclavage plane comme une ombre sur les combats politiques en Mauritanie

Alors qu’en Mauritanie, 43000 personnes sont victimes de travail forcé et d’esclavage selon le rapport d’Amnesty International,  le combat politique s’enlise mais l’objectif final reste le même: une justice pour tous.

A l’inverse des partis politiques ne sont intéréssés que par le pouvoir et l’argent. Les problémes que vivent les populations sont reliés au second plan.

En 2014, Biram Dah Abeid se présente ensuite à l’élection présidentielle mauritanienne. Au 1er tour, il se classe second et obtient 8,6% des suffrages. Le président sortant est réélu avec 81 % des voix dans des élections boycottées par la Coordination de l’Opposition.

Son alliance avec le parti nationale arabe lui a valu beaucoup de critiques, mais sa vision eclairée sur la polique lui donna raison. De prisonnier politique, il devient député à l’Assemblée Nationale de Mauritanie.

Et Biram Dah Abeid retourne encore en prison à cause de sa lutte contre l’esclavage en Mauritanie

La terrible question des déportés est inclus dans son combat. Cela transcende en effet tous les maux des populations.

Ces personnes déportés du Sénégal, Mali ou d’ailleurs, vivent une misère absolue et sont victimes d’esclavage. Ils subissent de plein fouet les dérives du systéme de Mayoua avec  des tortures, des tueries et des déportations massives de population noir africaine dans cette zone.

Pour les avoir défendu, Biram  est arrêté, avec neuf autres membres de son groupe politique. Il avait pris part à une caravane contre l’esclavage dans cette vallée. Il est donc condamné le 15 janvier 2015 à une peine de 2 ans de prison ferme pour « appartenance à une organisation non reconnue, rassemblement non autorisé, appel à rassemblement non autorisé et violence contre la force publique ».

Les distinctions symboliques d’un combat d’une vie

En 2013, Biram Dah Abeid reçoit le Front Line award for Human Rights Defenders at Risk de l’ONG irlandaise Front Line Defenders et fait partie des six lauréats du prix des droits de l’homme, décerné tous les cinq ans par l’Organisation des Nations-Unies à des personnes ou associations ayant œuvré pour la défense des droits de l’homme.

Aujourd’hui il est toujours en en prison. Et, étonnement ce sont les Etats-Unis de Trump a sanctionné la Mauritanie pour la timidité de sa lutte contre l’esclavage. C’est une vraie leçon de démocratie à tous les pays qui n’ont pas osé confronter la Mauritanie à sa dure réalité.

Candidat aux prochaines élections, Biram Dah Abeid est un adversaire de taille que les autorités tentent d’éliminer avec la complicité des pays  africains.

Au banc des accusés, n’oublions pas les super-puissances qui pour maintenir leurs intérêts économiques et stratégiques dans un pays où le soufle d’espoir ne vient finalement que d’un homme qui lie son destin personnel au destin du peuple.

Actuellement, Biram Dah Abeid est toujours en prison. 

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